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	<title>Candide Orchestra - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 04 Oct 2025 05:41:42 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Candide Orchestra - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>LETERME, La Revanche de l&#8217;arbre &#8211; Namur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Oct 2025 05:41:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pianiste, compositeur, arrangeur, mais aussi homme de radio et de télévision, Patrick Leterme est un homme hyper actif, débordant de talent et d’imagination, sans cesse en mouvement et peu soucieux de conformisme. Son catalogue de compositeur, qui s’enrichit d’année en année, le menant vers des pièces de plus en plus vastes et ambitieuses, comprenait déjà &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pianiste, compositeur, arrangeur, mais aussi homme de radio et de télévision, <strong>Patrick Leterme</strong> est un homme hyper actif, débordant de talent et d’imagination, sans cesse en mouvement et peu soucieux de conformisme. Son catalogue de compositeur, qui s’enrichit d’année en année, le menant vers des pièces de plus en plus vastes et ambitieuses, comprenait déjà deux opéras pour enfants (<em>Okilélé</em> 2015 et <em>Momo</em> 2017). Comme arrangeur ou comme chef d’orchestre, son attention s’est souvent portée vers la comédie musicale. Après une grande partition symphonique intitulée Lumières en 2021, voici qu’il nous livre une vaste pièce lyrique en forme d’oratorio sans soliste, <em>La revanche de l’arbre</em>, sur un poème de l’écrivain wallon Henri Simon, auteur largement oublié du grand public, mais qui fut en son temps académicien et pétri de culture latine. Bien menacée aujourd’hui, la langue wallonne était encore largement pratiquée en milieu rural à la fin du XIXe siècle dans la moitié sud de la Belgique. A l’instar d’autres langues régionales, elle a souffert de l’enseignement obligatoire en français, et ne subsiste aujourd’hui qu’artificiellement soutenue par quelques régionalistes passionnés.</p>
<p>Le livret revêt une double dimension, naturaliste et sociale ; dans sa première partie il raconte la gloire puis la mort d’un grand chêne qu’on abat pour en avoir de l’argent, et dans la seconde partie – mais ne comptez pas sur moi pour divulgâcher le fin mot de l’histoire – comment l’arbre finit par se venger de celui qui par lucre provoqua sa chute. De caractère très différent, ces deux parties sont traitées par le compositeur dans des styles bien distincts, une musique savante, nostalgique et sombre pour la première partie, largement burlesque et inspirée de traditions populaires pour la seconde, dans un style proche de Nino Rota, avec entre les deux un somptueux mais très virtuose solo de violon, en guise de requiem pour l’arbre déchu. Ces deux parties normalement s’enchaînent, sauf qu’à Namur, en raison d’un incident technique (l’arbre ne s’est pas effondré exactement comme on l’attendait) il a fallu ajouter un quart d’heure d’entracte pour remettre les choses en ordre.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025-10-02-La-Revanche-de-larbre%C2%A9Gabriel-Balaguera-37-1294x600.jpg" /></p>
<p>La mise en scène due à <strong>Ingrid von Wantoch Rekowski</strong>, sobre et efficace, poétique, distanciée, épurée, contribue beaucoup à la réussite de la soirée. Evitant les pièges du manifeste écologiste, des verdures de carton-pâte ou d’une ruralité caricaturale, elle ne montre que l’arbre, seul élément de décor symbolisé par un lourd faisceau de cordes tombant des cintres, et en fait le centre d’un dispositif scénique relativement réduit, dans la mesure où orchestre et chœurs occupent déjà une grosse moitié de la scène. Un jeu de lumières habile et des costumes très simples évoquant le monde paysan d’avant la grande guerre complètent le visuel du spectacle. Les gestes des choristes, relativement réduits mais pleins de sens, parfois presque chorégraphiés, suffisent à dire l’essentiel d’un texte qui vaut par sa qualité poétique au moins autant que par ce qu’il raconte.</p>
<p>L’orchestration est brillante, très colorée et la partition incorpore en seconde partie des musiques de tradition populaire wallonnes, que la fanfare reprend sur un rythme particulièrement entrainant de cramignon liégeois, menant à un long final en forme d’apothéose extrêmement brillant et réussi. Toute cette seconde partie est dominée par un humour déjanté irrésistible, avec sa part de dérision, de macabre et de carnavalesque assumé qui met la salle en joie, de sorte que le spectacle s’achève dans l’allégresse générale, standing ovation et applaudissements scandés à l’appui. La fanfare continuera à entonner les hymnes wallons bien après la fin du spectacle, prolongeant jusque dans le foyer la joie des spectateurs, le tout dans une très entrainante atmosphère de fête populaire.</p>
<p>Si la conception de l’œuvre et du spectacle impressionnent, sa réalisation laisse parfois entrevoir quelques faiblesses : le Candide Orchestra, phalange d’une quarantaine de musiciens amis fondée par le compositeur, n’est pas tout à fait le New-York Philharmonique, le solo de violon est un peu ardu pour les capacités techniques de l’interprète, mais une fois lancé dans la seconde section de l’œuvre, ces quelques lacunes paraissent sans importance face à la force de la partition et à son énorme pouvoir de conviction.</p>
<p>Le chœur de chambre de Namur, qui joue ici le rôle du narrateur, livre une très belle prestation empreinte de noblesse et de grandeur, et les enfants du chœur de la Monnaie, très attachants comme souvent, sont excellents également, bien que finalement peu sollicités.</p>
<p>Partition largement atypique, ni opéra ni oratorio, révélant différentes facettes de son compositeur et donc très personnelle, accessible à un public très large, la <em>Revanche de l’arbre</em> entame une tournée dans toute la Wallonie. On ne peut que lui souhaiter un rayonnement plus large et une postérité à la hauteur de ses qualités.</p>
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		<title>LEGRAND, Les Parapluies de Cherbourg — Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-parapluies-de-cherbourg-metz-douceur-et-amertume/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 May 2019 05:14:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rendre compte d’un tel spectacle lorsqu’on chausse les lunettes de critique lyrique, est un exercice délicat, malaisé. L’univers de la comédie musicale n’est pas celui de l’opéra. Les voix sont amplifiées, comme l’orchestre, et les exigences ne se recouvrent pas toujours. Rappelons succinctement le sujet. En 1964, Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy et Michel Legrand &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rendre compte d’un tel spectacle lorsqu’on chausse les lunettes de critique lyrique, est un exercice délicat, malaisé. L’univers de la comédie musicale n’est pas celui de l’opéra. Les voix sont amplifiées, comme l’orchestre, et les exigences ne se recouvrent pas toujours.</p>
<p>Rappelons succinctement le sujet. En 1964, <em>Les Parapluies de Cherbourg</em> de Jacques Demy et Michel Legrand triomphent en salle et obtiennent la Palme d&rsquo;Or au Festival de Cannes. L&rsquo;histoire se déroule à Cherbourg en 1957 : Madame Emery et sa fille Geneviève tiennent une boutique de parapluies. Cette dernière aime éperdument Guy, jeune mécanicien appelé à faire son service militaire en Algérie. Il vient annoncer son départ. Les deux jeunes gens se promettent un amour éternel, mais la vie va en décider autrement&#8230;</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/les_parapluies_de_cherbourg_c_gael_bros_9.jpg?itok=obfwvHir" title="Geneviève et Guy © Gaël Bros" width="468" /><br />
	© Gaël Bros</p>
<p>S’il a laissé nombre d’œuvres « classiques », Michel Legrand n’a jamais touché à l’opéra. Manque de confiance, de temps ? Comment ne pas le regretter à la sortie de cette transcription lyrique des <em>Parapluies de Cherbourg</em> ? La musique « classique » tout autant que le jazz infusent son écriture. Le prodigieux inventeur de mélodies – « enfant caché de Fauré et de Gershwin » (Eric-Emmanuel Schmitt) – le formidable arrangeur, orchestrateur (3 Oscars, jamais le moindre César) disparu récemment, nous lègue bien des trésors, succès impur des musiques écrites dans l’instant, pour certains.</p>
<p>Le film trouve ici sa traduction scénique fidèle, fruit de l’adaptation de <strong>Patrick Leterme</strong>, qui dirige ce soir son ensemble <em>Candide Orchestra</em>. La réalisation, belge, mobilise une équipe jeune dont les parcours individuels ressemblent étrangement aux voies empruntées par Michel Legrand. La musique « classique » s’y marie au jazz, à la chanson, à la comédie musicale, à la danse. Les polyvalences sont nombreuses et participent à l’esprit du spectacle : comme il se doit, les comédiens chantent, les chanteurs sont de bons comédiens, et se joignent parfois aux danseurs.</p>
<p>La mise en scène – modestement nommée « mise en espace » – ne vise rien d’autre que de servir l’histoire comme la musique, et de transmettre l’émotion, ce qu’elle réalise parfaitement. Un dispositif ingénieux, partageant l’espace scénique en quatre, ou en deux, dans des formats variés, avec l’illusion de gros plans lorsque le cadre se resserre, autorise des séquences brèves, à un rythme soutenu, procédés on ne peut plus cinématographiques. C’est une symphonie de couleurs, souvent crues, délibérément datées. L’usage qui en est fait participe à l’unité et au climat dramatique : rouge le temps de la passion, vert pour celui des tourments et de la trahison, bleu pour la nostalgie et la consolation, le blues. Les chorégraphies sont inventives et leur illustration est toujours un régal, des mécanos, collègues de Guy, aux ébats des filles à matelots. La scène du mariage, en blanc, de Geneviève enceinte jusqu’aux yeux, sur une musique qui parodie avec humour la pompe baroque française, est une réussite singulière. La lecture silencieuse des deux lettres (de Guy, puis de Roland) par Geneviève, le texte étant chanté par leurs auteurs, dont l’image apparaît derrière la jeune fille, n’est pas moins achevée. Ni pathos, ni mièvrerie, le sujet (la guerre d’Algérie et la vie des appelés du contingent) ne s’y prête pas. L’émotion, la tendresse, la pudeur sans pudibonderie, sont de rigueur.</p>
<p>La chanson de Geneviève est dans toutes les oreilles, fil conducteur de l’ouvrage, qui pare la mélodie d’habits renouvelés. Le finale, chanté en polyphonie par tous les acteurs, est repris avec bonheur par un public ému et conquis, et restera longtemps encore en mémoire. Seul petit regret, l’inégalité vocale des interprètes.<strong> Jasmine Roy</strong> (Madame Emery), <strong>Marie-Catherine Baclin</strong> (Tante Elise) sont d’authentiques chanteuses, voix timbrées, chaleureuses, articulation parfaite. Les voix d’hommes ne comportent aucune faiblesse. <strong>Gaétan Borg</strong>, ténor, campe un Guy parfaitement convaincant, excellent comédien de surcroît, tout comme les barytons <strong>Grégory Benchenafi</strong> (Roland Cassard) et <strong>Franck Vincent</strong> (Monsieur Dubourg). Geneviève, que chante <strong>Camille Nicolas</strong>, ne singe jamais Catherine Deneuve, mais n’a pas la voix de Danielle Licari, qui lui prêtait la sienne. Dès qu’elle force, elle se fait nasale, ingrate. Il en va de même pour Madeleine (<strong>Julie Wingens</strong>), jolie voix qui perd ses qualités de fraîcheur pour se faire acide, pointue dès qu’elle projette. Mais ne boudons pas notre bonheur : l’ensemble est réjouissant et l’on sort conquis. D’autant que l’orchestre de solistes se prête avec vigueur et souplesse à la direction inspirée et attentive de Patrick Leterme, à qui l’on doit les arrangements.</p>
<p>17 musiciens en fosse, tous solistes, autant de chanteurs-comédiens-danseurs en scène, voilà une réalisation exemplaire pour un budget modeste, à laquelle on souhaite la plus large diffusion.</p>
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