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	<title>Chapelle Rhénane - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Chapelle Rhénane - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Heinrich Schütz : Auferstehungshistorie; Musikalische Exequien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Jun 2018 05:18:36 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’<em>Auferstehung-Historie</em> (Histoire de la Résurrection) s’inscrit dans la longue tradition allemande des XVIe et XVIIe siècles des histoires sacrées. Elle reprend le modèle de Scandello, l’un des prédécesseurs de Schütz à la Cour de Dresde, mais celui-ci innove par l’adjonction constante de la basse continue. Un assemblage des textes des quatre évangiles ayant trait à la résurrection  est encadré par une annonce introductive et suivie d’un verset de Paul. Le chœur d’ouverture relève de la tradition polyphonique germanique, alors que la conclusion, festive, marquée par les « Victoria » est confiée au double chœur (traité de façon homophone) et à l’évangéliste. La portée spirituelle est la première dimension de cette œuvre dont la narration n’est que le support. C’est à un authentique récit de la résurrection que nous convie <strong>Benoît Haller</strong>, évangéliste proprement inspiré et émouvant. Comme dans les Passions, plus tardives, la récitation est proche du plain-chant dont elle adopte la modalité et la souplesse.  Son caractère descriptif, imagé, les figuralismes, l’harmonie, tout concourt à l’expression dramatique et à la méditation. Les solistes ponctuent la narration, seuls ou associés par deux ou trois. Il est vrai que Schütz a prévu que chaque personnage soit chanté par deux voix, l’une d’elles pouvant être supprimée ou remplacée par un instrument. Les dix solistes-choristes de la Chapelle Rhénane, rompus à l’exercice s’y montrent sous leur meilleur jour. Les formations vocales et instrumentales réduites auxquelles fait appel Benoît Haller sont conformes aux attentes du compositeur – on est en pleine guerre de Trente ans – et sont idéalement équilibrées. Lumière et ombre se conjuguent, tout comme le doute et la foi. Avec humilité, sans maniérisme, mais avec délicatesse comme avec force, voilà une interprétation marquante qui renouvelle opportunément la discographie.</p>
<p>Etrangement, le <em>Musikalische Exequien</em>, par les mêmes interprètes, nous laisse moins enthousiaste. La beauté des voix est indéniable, tout comme celle des instruments. Toujours le discours avance, la plénitude est constante. La prise de son privilégie par trop le continuo, si beau soit-il. Autant que la violence surexpressive de Gardiner en son temps, le parti pris de retenue, de résignation dérange. Les oppositions, les contrastes semblent amoindris, dans les passages à double-chœur tout particulièrement, la vigueur contenue. Les progressions sont conduites avec une grande intelligence du texte. Mais celui-ci et les figuralismes qu’il génère appellent  davantage d’expression, croyons-nous. Le <em>Cantique de Siméon</em>, qui conclut, se signale par sa sérénité confiante.</p>
<p>A signaler le riche livret, où les œuvres sont présentées avec clarté, avec les textes chantés et leurs traductions française et anglaise.</p>
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		<title>Mouton — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mouton-strasbourg-sortir-du-troupeau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jan 2018 04:14:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un petit prince et un mouton&#8230; La librettiste néerlandaise Sophie Kassies reprend la formule éprouvée de Saint Exupéry comme un clin d’oeil pour Mouton, un pasticcio initiatique qui se veut également introduction au répertoire baroque pour le jeune public. Mouton ( Julien Freymuth) vit anonyme au milieu de son troupeau jusqu’à sa rencontre avec Lorenzo &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un petit prince et un mouton&#8230; La librettiste néerlandaise <strong>Sophie Kassies</strong> reprend la formule éprouvée de Saint Exupéry comme un clin d’oeil pour <em>Mouton</em>, un <em>pasticcio</em> initiatique qui se veut également introduction au répertoire baroque pour le jeune public. Mouton ( <strong>Julien Freymuth</strong>) vit anonyme au milieu de son troupeau jusqu’à sa rencontre avec Lorenzo (<strong>Sébastien Dutrieux</strong>), prince en fuite qui refuse son nom en raison d’un héritage trop lourd à porter. L’amitié qui lie rapidement les deux personnages plonge Mouton dans un gouffre existentiel : cette amitié le rend unique, et pourtant il n’a pas de nom, il n’est donc pas un individu à part entière.</p>
<p>Le voyage qu’il entreprend alors en quête d’identité suit la trajectoire inverse de celle du prince qui aspire à l&rsquo;anonymat. Il les mènera du cimetière – où tout ce qui vous reste, c’est votre nom – à une confrérie religieuse qui vous le confisque, en passant par un bal où masqué, l’on peut échapper à soi-même. Les deux amis finiront par reprendre chacun leur rang, qui sur le trône, qui au sein du troupeau ; à ceci prêt que désormais, leur place dans le monde ne sera plus subie mais choisie.</p>
<p><strong>Anna Stolze</strong> a eu la belle idée d’une plateforme rotative sur laquelle se déroule l’essentiel de l’action. Ainsi, elle rend perceptible la dimension circulaire de cette expérience qui ramène ses protagonistes à leur point de départ. Les artistes peuvent s’y cacher, la transformer en portail, en cimetière en en verticalisant certains éléments, ou encore faire descendre des cintres tout un attirail d’accessoires aussi charmants que loufoques. A cette scénographie brillante, complétée par de très beaux costumes, <strong>Rogier Hardeman</strong> adjoint une direction d’acteur intelligente, précise, où même les trois instrumentistes deviennent partie prenante de l’histoire. Il n’est pas toujours facile d’obtenir un véritable engagement scénique des musiciens. Or les artistes de la <strong>Chapelle Rhénane</strong>, bêlant de concert, sont tout à fait convaincants. Ils sont également très bien entourés par un comédien de haute volée, habitué des scènes lyriques – <strong>Sébastien Dutrieux</strong> – ainsi que par deux bons comédiens-chanteurs. <strong>Julien Freymuth</strong>, juvénile, dégingandé, incarne le rôle-titre en lui insufflant une naïveté touchante. Le contre-ténor n’est peut-être pas au mieux de sa forme en cette journée glaciale : les aigus sont un peu pincés, le second air chanté mezza voce à l’excès ; qu’importe, Mouton nous touche et c’est là l’essentiel. <strong>Anaïs Yvoz</strong>, membre cette année de l’Opéra Studio de l’Opéra du Rhin, lui donne la réplique avec brio. La voix est charnue, remarquablement homogène dans l’ensemble des registres et bien timbrée dans les graves .</p>
<p>D’après le programme, <em>Mouton</em> relève du genre du théâtre musical et ce que l’on peut regretter peut-être, c’est que cette équipe talentueuse ne serve pas des partitions plus marquantes. Ceci dit, les pièces courtes choisies chez Purcell, Haendel ou Monteverdi acceptent aisément les textes français de circonstance – une tradition éminemment baroque. De même, la réduction à trois instruments (claviers, violone et harpe) fonctionne bien même si le volume est un peu faible parfois, notamment, et c’est logique, sur le Presto de <em>l&rsquo;Estate</em> de Vivaldi. Cette évocation de tempête s’agrémente d’artifices scéniques de l’époque, qui, tout comme la fluidité de l’alternance parlé/chanté, permet au jeune public de se glisser aisément dans les codes du répertoire baroque.</p>
<p>Crée il y a 5 ans, ce spectacle connaît un succès qui ne se dément pas. Il sera repris fin janvier à Mulhouse, puis en février à l’opéra de Metz.</p>
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