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	<title>Enea Barock Orchestra - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Enea Barock Orchestra - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>BONONCINI, Astarto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bononcini-astarto/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Nov 2025 07:28:21 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 27 avril 1720, l’Académie royale de musique de Londres est inaugurée avec une première version du <em>Radamisto</em> de Haendel. En octobre arrive Giovanni Bononcini (1670-1747), compositeur déjà fêté en Italie et en Autriche : les directeurs de l’Académie souhaitent le mettre en concurrence avec le Saxon, afin d’attirer davantage le public. Pressé par le temps, Bononcini propose, en novembre, l’adaptation d’un ouvrage antérieur, <em>Astarto</em>, primitivement créé à Rome en 1715. C’est un triomphe : le docteur Burney parle de 30 représentations successives (24, selon la police), soit beaucoup plus que n’importe quel ouvrage haendélien.</p>
<p>Il faut dire que Bononcini, dans cette seconde version d’<em>Astarto</em>, a la primeur de celui qui va devenir la coqueluche de Londres : le castrat alto Senesino, dans le rôle de Clearco. En décembre, Haendel, ayant compris la leçon, troussera une seconde version de <em>Radamisto</em> mettant en vedette le même Senesino…Détail amusant, les livrets des deux ouvrages s’inspirent tous deux de pièces françaises : <em>L’Amour tyrannique </em>de Scudéry pour <em>Radamisto</em>, <em>Astrate, roi de Tyr</em> de Quinault pour <em>Astarto</em>.</p>
<p>Fille d’un usurpateur, Elisa règne sur Tyr en craignant le retour de l’héritier légitime du trône, Astarto. Elle confie sa défense à son bien-aimé Clearco, sans savoir qu’il s’agit d’Astarto lui-même. Clearco, d’ailleurs, ignore sa propre identité : elle ne lui est révélée que par son père présumé, Fenicio, lequel l’enjoint de tuer la reine…Sur ce canevas dépouillé, Quinault avait composé une tragédie efficace, qui fut l’un des plus grands succès du siècle de Corneille. Le librettiste Apostolo Zeno y ajouta un couple secondaire d’amoureux (Sidonia/Nino) et, surtout, une fin heureuse : Elisa ne meurt plus mais, bien sûr, épouse Astarto.</p>
<p>Le docteur Burney a livré de l’opéra une analyse implacable &#8211; que CPO a intelligemment reproduite. Pour les férus de Haendel, la partition de son aîné de quinze ans peut en effet sembler simplette, d’autant que la distribution en est monochrome (4 sopranos, 1 alto, 1 basse) : les quelques trente morceaux, le plus souvent accompagnés par les seules cordes ou par le continuo, sont brefs (moins de cinq minutes), l&rsquo;ornementation y reste sage, les motifs y sont peu développés et volontiers répétés. Mais l’ensemble vaut mieux que la somme des parties et, comme l’admet Burney lui-même, la « tendresse et le pathos » propres à Bononcini se révèlent lors d’exécutions d’exception. Comme celle qui nous est ici offerte.</p>
<p>Nous avions déjà été séduit par le précédent enregistrement du formidable Enea Barock Orchestra, consacré, justement, à… <em>Enea in Caonia</em> de Hasse (CPO, 2019). Chic, précision, vitalité et humour caractérisent le travail de ces magnifiques musiciens (ils sont 27, ici), surtout italiens, qui, dans cet enregistrement capté à Innsbruck au cours de trois soirs d’été, nous font bénéficier des apports de la scène sans nous en imposer les désagréments (excellente prise de son ; pas d’applaudissements intempestifs) : dès la fulgurante ouverture, on est emporté !</p>
<p>Les violons, menés par Paolo Perrone, ne sont pas seulement flamboyants (« Mi veggo solo ») ; ils savent aussi danser, geindre (« Oh, quanto invidia il cor ») ou flotter en apesanteur (« L’esperto nocchier ») ; les continuistes, d’une réactivité surnaturelle, tremblent avec les personnages (début de l’Acte II), les admonestent ou, prenant de la distance, esquissent ça et là des mouvements de danse (un extrait des <em>Folies d’Espagne</em>), les violoncelles cajolent ou consolent, le théorbe berce et ensorcelle (« No, più non bramo »), les cors fanfaronnent (entrée de Clearco). Si, chez <strong>Stefano Montanari</strong>, le souci d’expressivité apparaît constant, ce n’est jamais au détriment de la musicalité : écoutez le merveilleux mélange de volupté et d’ironie conféré à la sicilienne en duo qui clôt le premier acte.</p>
<p>Manifestement très préparée, l’équipe vocale n’est pas en reste. Dotée d’une voix timbrée au beau métal, à l’impeccable legato, <strong>Dara Savinova</strong> étincelle dans un rôle de reine impérieuse autant qu’amoureuse destiné à la Durastanti (créatrice d’Agrippina et de Sesto, chez Haendel), se montrant particulièrement touchante dans ces airs <em>parlanti</em> propres à Bononcini, qui commencent comme des récitatifs (« In che peccasti ? » ; « Non mi seguire »). Chez Hasse, <strong>Francesca Ascioti</strong> nous avait impressionné par sa sombre autorité : elle en impose toujours autant, bien qu’elle apparaisse désormais plus fatiguée, avec un vibrato élargi et une virtuosité précautionneuse, que le chef ménage habilement (« Stelle ingrate »). Dans le rôle du rival malheureux, l’ardente <strong>Ana Maria Labin</strong> ne lésine ni sur les aigus, ni sur les vocalises, tandis que les deux jeunes amoureux (<strong>Theodora Raftis ; Paola Valentina Molinari</strong>) font assaut de douceur et de charme. Enfin, dans une partie exigeante conçue aux mesures de Giuseppe Maria Boschi (Argante dans <em>Rinaldo</em>, Achilla dans <em>Giulio Cesare</em>), le seul homme de la distribution, <strong>Luigi De Donato</strong> fait tonner sa puissante voix de basse et ses graves granitiques, quitte à savonner quelques épineux ornements.</p>
<p>En somme, une lecture incandescente qui mériterait bien cinq « cœurs », quand l’ouvrage ne peut en revendiquer que quatre. Notons enfin que, si l’on fait abstraction de la belle sérénade <em>Polifemo</em> (DHM, 2020), nous tenons là le premier enregistrement intégral d’un opéra de Bononcini !</p>
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		<title>Donne all&#8217;opera</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/donne-allopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En décembre 1718, le compositeur et maître de chant bolonais Carlo Antonio Benati écrit à la toute jeune cantatrice Vittoria Tesi pour lui donner des nouvelles de sa santé et du mercato musical du moment, commentant l’actualité des scènes vénitiennes et les pérégrinations d’une flopée de chanteuses. Sous sa plume défilent ainsi les contraltos Lodi, Ambreville, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-175620 alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/pastiche-marcello-300x243.gif" alt="" width="300" height="243" />En décembre 1718, le compositeur et maître de chant bolonais Carlo Antonio Benati écrit à la toute jeune cantatrice <a href="https://www.quellusignolo.fr/contraltos/tesi.html">Vittoria Tesi</a> pour lui donner des nouvelles de sa santé et du mercato musical du moment, commentant l’actualité des scènes vénitiennes et les pérégrinations d’une flopée de chanteuses. Sous sa plume défilent ainsi les contraltos <a href="https://www.quellusignolo.fr/contraltos/lodi.html">Lodi</a>, <a href="https://www.quellusignolo.fr/contraltos/ambreville-a.html">Ambreville</a>, <a href="https://www.quellusignolo.fr/contraltos/mucci.html">Muzzi</a>, <a href="https://www.quellusignolo.fr/contraltos/fabri-am.html">Bombacciari</a>, <a href="https://www.quellusignolo.fr/contraltos/laurenti.html">Laurenti</a> ou encore les sopranos Zani, <a href="https://www.quellusignolo.fr/sopranos/bordoni.html">Bordoni</a> et <a href="https://www.quellusignolo.fr/sopranos/cuzzoni.html">Cuzzoni</a>. Tout comme la mythique Tesi, ces deux dernières n’en sont alors qu’à l’orée d’une brillante carrière. Benedetto Marcello s’amuse à mettre la lettre en musique, dans une pochade certainement réservée à des proches. Elle prend la forme d’un long récitatif au parfum <em>seicento</em>, parsemé de motifs virtuoses et bourgeons d’ariettes, ironisant les plaintes de l’auteur ou pastichant le style des artistes citées (voir extrait ci-contre).</p>
<p>Françoise Masset s’était intéressée à cette page dans un récital sur le thème épistolaire paru en 2019. La lettre de Benati est ici prétexte à tout un disque : outre la cantate de Marcello, le programme donne à entendre des airs du répertoire des artistes évoquées sous sa plume. C’est donc une sorte « photo de groupe musicale » qui vient enrichir ce que la lettre peut avoir d’anecdotique, pour un album capturant <em>grosso modo</em> le panorama lyrique des années 1710 et 1720 à Venise mais aussi Parme, Naples, Londres&#8230;</p>
<p>D’un groupe de musiciennes à l’autre : <em>Donne all’opera</em> est aussi un projet exclusivement féminin. Des artistes qui ont déjà collaboré notamment pour interpréter le charmant <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/enea-in-caonia-hasse-a-napoli/"><em>Enea in Caonia</em></a> de Hasse. Cette fois dirigé par <strong>Valeria Montanari</strong>, dont le frère Stefano était à la baguette pour le Hasse, l’<strong>Enea Barock Orchestra</strong> qui ne compte que des musiciennes, et quatre chanteuses donnent voix à leurs prédécesseures.</p>
<p><strong>Francesca Ascioti </strong>est cofondatrice de l’ensemble. Outre une page de Fago, elle affronte deux airs écrits pour le castrat Bernacchi ensuite repris par la Tesi. Et par d’autres encore : rythme entêté, motif entêtant, « Leon feroce » fut intégré dans divers pasticcios de Londres à Hambourg. La contralto, elle, laisse partagé : voix grave bien timbrée, chant souvent empesé.<strong> </strong></p>
<p><strong>Eleonora Bellocci</strong> charme dans « Apre il seno alle rugiade » (air pour Strada repris par Cuzzoni à Londres), sans négliger les trilles dont Porpora est toujours prodigue. Elle ne démérite pas dans les extraits de <em>Polifemo</em> et <em>Riccardo primo</em>, même si sa fraîcheur rime parfois avec verdeur.</p>
<p><strong>Paola Valentina Molinari</strong> possède un soprano svelte et expressif : ses interventions sont les plus franchement théâtrales. C’est surtout vrai de « Ti scorgo amante » de Giovanni Porta, veiné d’amertume, témoignage de l’art subtil d’un des derniers piliers de l’école vénitienne face à la vague napolitaine. Porta a été peu enregistré, mais <span class="mw-page-title-main">Cenčić </span><span style="font-size: revert;">comme DiDonato l’ont fort bellement défendu (« Mormorando quelle fronde », « Madre abbracciami »). Dommage que Molinari ne chante que deux airs, là où ses camarades en ont trois !*</span></p>
<p>On ne boude certes pas le plaisir d’entendre <strong>Vivica Genaux</strong> dans son répertoire d’élection. L’Américaine grave ici trois superbes airs composés pour sa chère Faustina. Les impétueuses notes martelées d’Orlandini comme l’<em>aria di tempesta</em> de Vinci attestent une haute virtuosité dont la flamboyance est à peine émoussée par trente ans de carrière – Genaux les chantait déjà en concert il y a une douzaine d’années. Son métier lui permet de donner vie aux huit minutes de tendresse du « Vengo a darti » de Giacomelli.</p>
<p>Dans un programme essentiellement allant et vif, l’<strong>Enea Barock Orchestra</strong> et sa cheffe claveciniste se montrent largement à la hauteur, avec vigueur rythmique, nuances, justesse, et un style adapté, de Haendel aux Napolitains. Reste à pousser certaines idées avec plus de franchise, car l’accompagnement donne parfois l’impression de ne pas vouloir faire de l’ombre aux vocalistes.</p>
<p>La cantate de Marcello clôt le programme. C’est <strong>Nicholas Tamagna</strong> qui prête son fausset de caractère aux mots de Benati. Il soutient une tessiture grave – après tout la lettre est adressée à « Vittorina » Tesi – et sopranise sans faillir à l’évocation de l’« amie » (Margherita Zani) ou la Cuzzoni. Tantôt geignard, tantôt emphatique, enrhumé, langue de vipère, pathétique ou guilleret, Tamagna dose parfaitement ses effets et restitue tout le sel de cette facétie musicale, qu’il sera plus facile de goûter avec le texte : dommage que le livret ne comporte qu’une présentation de ce joli projet**.</p>
<pre>* Un troisième air est en fait disponible en version numérique : il s'agit du « Falsa immagine » de Lotti, créé par Santa Stella à Dresde au même titre qu'<em>Ascanio</em> du même auteur, dont l'ouverture constitue un autre bonus numérique.</pre>
<pre>** Le texte complet de la lettre est consultable en italien <a href="https://www.museibologna.it/musica/gaspari/scheda/&amp;id=8372">ici</a>.</pre>
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		<title>Enea in Caonia</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/enea-in-caonia-hasse-a-napoli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Jan 2021 06:22:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut l’avouer : on ne rigole pas trop, ces derniers temps. L’état du monde fin 2020 ne prête guère à sourire, alors vous prendrez bien une petite touche de légèreté ? Cette délicieuse serenata de 1727 ne vous étreindra pas d’émotion, et ce n’est d’ailleurs pas son but. Le propos est mince : après la chute de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut l’avouer : on ne rigole pas trop, ces derniers temps. L’état du monde fin 2020 ne prête guère à sourire, alors vous prendrez bien une petite touche de légèreté ?</p>
<p>Cette délicieuse <em>serenata</em> de 1727 ne vous étreindra pas d’émotion, et ce n’est d’ailleurs pas son but. Le propos est mince : après la chute de Troie, Énée et son fidèle Nisus débarquent en Chaonie, au nord-ouest de l’Épire. Ils y badinent avec une charmante chasseresse nommée Ilia, et retrouvent Andromaque, désormais épouse d’Hélénus, fils de Priam. Luigi Maria Stampiglia a ici adapté un livret inspiré de l’<em>Énéide </em>écrit par son père Silvio, fameux dramaturge (<em>Il Trionfo di Camilla</em>, <em>La Partenope</em>…). Deux parties bien troussées s’écoulent promptement au fil de galanteries autour d’Ilia – personnage non présent chez Virgile – et d’évocations des destins troyens, jusqu’à la fondation de Rome.</p>
<p>Dans ses notes d’accompagnement, Raffaele Mellace, grand spécialiste de Hasse, fait le point sur les hypothèses liées à la genèse de l’ouvrage, probablement donné en l’honneur de la visite à Naples de Violante-Béatrice de Bavière, veuve du Duc de Toscane Ferdinand de Médicis, accompagnée de son neveu Clément-Auguste, nouvel archevêque-électeur de Cologne. Cela faisait déjà cinq ans que Johann Adolf Hasse s’illustrait à Naples où il avait bénéficié des conseils du vieux Scarlatti, s’inscrivant ainsi dans la nouvelle et brillante école napolitaine portée par Mancini, Sarro, Porpora, Leo et Vinci.</p>
<p>En dépit de l’immense renom dont Hasse jouissait de son vivant, son œuvre reste aujourd’hui dans l’ombre, même si elle bénéficie de la résurrection des compositeurs de cette école depuis une douzaine d’années. La première période créatrice de Hasse est sans doute la plus négligée… Sauf en ce qui concerne son opus le plus joué aujourd’hui, la <em>serenata</em> <em>Marc’Antonio e Cleopatra</em>, antérieure de deux ans à <em>Enea in Caonia</em>, et plus dense dramatiquement.</p>
<p>Le jeune musicien donne ici le meilleur du style des années 1720 avec une vivacité rythmique constante et des mélodies immédiatement accrocheuses (« Ti bacio » par exemple). Jamais il ne s’appesantit au cours de récitatifs brefs et d’airs tantôt vifs, tantôt gracieux qui sont autant de petits tableaux charmants. On distinguera la nostalgie de « Spargo rami di fiori » d’Andromaque, ou « Le memorande imprese » d’Hélénus.</p>
<p>La contralto <strong>Francesca Ascioti</strong>, récemment remarquée en <em>Dori</em> de Cesti, a elle-même cofondé l’ensemble <strong>Enea Barock Orchestra</strong> pour ressusciter cette œuvre. C’est un nouveau signe de l’<em>aggiornamento</em> baroque de l’Italie, qui a attendu le XXI<sup>e</sup> siècle pour s’intéresser aux deux cents ans de patrimoine lyrique qui précèdent Rossini. Mis à part le ténor, toute la distribution est d’ailleurs italienne ! Les artistes ont mûri le projet lors d’un atelier placé sous la houlette de Vivica Genaux, autre fine experte de Hasse. À défaut de personnalités vocales exceptionnelles, il faut saluer une belle réussite d’ensemble, sans effet de manche, sous la baguette dynamique et équilibrée de <strong>Stefano Montanari</strong>. Voix graves prometteuses de <strong>Francesca</strong> <strong>Ascioti</strong> et <strong>Raffaella</strong> <strong>Lupinacci</strong>, la première plus mate et profonde, l’autre plus onctueuse et ductile. Habituée de répertoires plus lourds, <strong>Carmela Remigio</strong> a manifestement conservé de la souplesse, et on se félicite d’entendre une autre voix solide en la personne de <strong>Celso Albelo</strong>, habitué à Bellini et Donizetti, plutôt que de modestes <em>tenorini</em> baroqueux. On sent néanmoins la première peu inspirée, et il leur reste à polir leur approche de ce répertoire. En revanche, l’Hélénus fluet mais expressif de <strong>Paola Valentina Molinari</strong> touche juste, dans certains des plus beaux airs de cette <em>serenata</em>.</p>
<p>Est-ce un chef-d’œuvre ? Non, mais assurément l’un des meilleurs hommages rendus au disque au génie de Hasse.</p>
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