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	<title>Ensemble Neyredas - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ensemble Neyredas - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>The Royal Chapel of Madrid</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-royal-chapel-of-madrid-pres-des-remparts-de-madrid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Aug 2021 04:58:04 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr" id="docs-internal-guid-867e6040-7fff-e302-1817-7248ba59e67a">Le réveillon de Noël 1734, un incendie dévaste l’Alcázar royal de Madrid, réduisant en cendres toutes les archives musicales de la chapelle royale. C’est à Francesco Corselli, <em>maestro de música</em> de la cour arrivé l&rsquo;année précédente, qu’il revient alors de reconstituer tout un corpus liturgique.</p>
<p dir="ltr">Près de trois cents ans plus tard, <strong>Javier Ulises Illán</strong> a pris sur lui d’explorer ce répertoire important de la culture musicale madrilène. Ce n’est pas la première fois que le chef s’intéresse à la musique baroque en Espagne, notamment avec le contre-ténor Filippo Mineccia, qu’il accompagne en outre efficacement dans plusieurs disques.</p>
<p dir="ltr">C’est ici <strong>Maria Espada</strong>, native de l&rsquo;Estramadure, qui se charge de ressusciter la musique de son pays. Il émane une délicate lumière de son soprano au timbre plaisant, dont l’aigu n’est toutefois pas assez affirmé. L’émission est plutôt droite, et la technique suffisante pour servir un belcanto décliné en délicats mélismes, trilles et phrases longuement déroulées. Malgré une louable attention au texte, il faut avouer que la palette expressive et les couleurs ne soutiennent pas constamment certaines pages. Ainsi des <em>Lamentations</em> de Corselli qui ouvrent le disque, dont le dolorisme tendre et égal suscite la monotonie, en dépit d’une belle partie de violoncelle obligé. De même, le <em>Salve regina</em> de 1761 ne nous aura pas vraiment accroché, et souffre de la retenue de la soprano.</p>
<p dir="ltr">Les cantates sont évidemment plus dramatiques : joli villancico, cantate en langue profane traditionnellement interprétée à Noël (« Pastores que habitáis » de 1743), qui manque toutefois de pur brillant et de joie. Le style est en phase avec l’art lyrique du temps, comme l’autre cantate « ¡Oh qué pena! » (1749). La belle aria « Ea afectos caminad » a comme un parfum de Porpora, et l’allègre « Estruendos sonorosos » vient apporter une respiration légère au programme, même si un peu plus d’extraversion du côté des interprètes n’aurait pas été de refus, là encore. Rien à redire du côté des solistes de l’orchestre : Rodrigo Gutiérrez au hautbois pour la première aria, Ricard Casañ à la trompette pour la seconde.</p>
<p dir="ltr">La qualité de <strong>Nereydas</strong> dans son ensemble se confirme dans deux pages instrumentales signées Corselli et Domenico Porretti, premier violoncelliste de la cour. Un peu platement exécutée, l’ouverture composée par ce dernier ne nous donne pas particulièrement envie d’en découvrir davantage, mais le concertino à quatre de Corselli exalte une pâte chaude et boisée.</p>
<p dir="ltr">Le disque se referme sur d&rsquo;autres <em>Lamentations</em> signées d’un illustre inconnu, élève de Corselli, l’Espagnol José Lindón (1748-1827). Agréable découverte, dont le style bien postérieur au reste du programme correspond au vocabulaire des années 1790, encore trop méconnues. On songe au jeune Mayr ou aux chefs-d’œuvre sérieux de Cimarosa et Zingarelli qui faisaient alors florès : le geste se fait plus ample, déclamatoire et moins décoratif, l’atmosphère s’assombrit, avec une mobilité expressive qui anime efficacement les différentes sections. Un beau pathétique sentimental et théâtral qui, pour le coup, excite l’oreille.</p>
<p dir="ltr">En mars 2020, les répétitions en cours au Teatro Real pour l&rsquo;<em>Achille in Sciro</em> de Corselli (Madrid 1744) ont été interrompues par la progression d&rsquo;un certain virus. Le spectacle a été reporté : espérons y retrouver Francesca Aspromonte et Franco Fagioli, qui devraient nous aider à mieux évaluer la musique du compositeur.</p>
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		<title>Hommage aux castrats — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/hommage-aux-castrats-versailles-filippo-mineccia-met-le-feu-a-la-chapelle-royale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Jun 2018 05:06:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bien malin qui aurait pu prédire qu’un des pires scandales de l’histoire de l’art, qui a fait des dizaines de milliers de victimes,  puisse un jour favoriser l’avènement d’une nouvelle catégorie de chanteur lyrique : celle des contre-ténors. Exclusivement masculin, l’hommage aux castrats programmé à Versailles du 8 au 10 juin offrait une nouvelle et formidable &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Bien malin qui aurait pu prédire qu’un des pires scandales de l’histoire de l’art, qui a fait des dizaines de milliers de victimes,  puisse un jour favoriser l’avènement d’une nouvelle catégorie de chanteur lyrique : celle des contre-ténors. Exclusivement masculin, l’hommage aux castrats programmé à Versailles du 8 au 10 juin offrait une nouvelle et formidable revanche aux « faussets » ou « dessus mués », comme on les appelait alors, qui étaient encore moins prisés en France que les « incommodés » italiens et n’étaient guère tolérés que dans les chœurs de la Chapelle Royale. Sans remonter au Siècle des Lumières, il y a seulement quarante ans, personne n’aurait pu imaginer qu’un contre-ténor français accède à une notoriété planétaire et incarne la figure d’Orphée ni qu’un jeune Américain évoluant dans la même tessiture remporte le premier prix du Concours International Renata Tebaldi [<em>sic</em>]. Entre deux représentations de l’<em><a href="https://www.forumopera.com/orfeo-ed-euridice-paris-tce-en-demi-teinte">Orfeo ed Euridice</a> </em>de Gluck à l’Opéra, avec Philippe Jaroussky et Patricia Petibon – Versailles coproduisant le spectacle de Robert Carsen qui vient d’être créé au TCE –, et la soirée de clôture dans la Grande Salle des Croisades avec, en invité, Eric Jurenas, le cycle conçu par Laurent Brunner nous donnait aussi rendez-vous avec  <a href="https://www.forumopera.com/actu/filippo-mineccia-en-tout-mechant-il-y-a-un-enfant-qui-pleure">Filippo Mineccia</a>, Franco Fagioli et Riccardo Angelo Strano.  </p>
<p>Dans la famille des contre-ténors, je demande l’<em style="line-height: 1.5">alto robusto </em>: la densité du timbre, ses couleurs charnelles et vivantes, la fermeté de l’émission, l’ampleur de l’organe de <strong style="line-height: 1.5">Filippo Mineccia</strong> n’ont absolument rien d’angélique, contrairement à ce que pourrait faire croire le titre du concert (« Jommelli, la voix des anges »). <em style="line-height: 1.5">Alto robusto</em>, certes, mais aussi <em style="line-height: 1.5">alto dramatico</em>, car le chanteur se double d’un interprète passionnant. Filippo Mineccia apparaît, d’emblée, extraordinairement concentré et il vaut sans doute mieux qu’il le soit pour s’attaquer, à froid, au vaste et fort lent « Se mai senti spirarti sul volto » de <em style="line-height: 1.5">La Clemenza di Tito</em> – une concentration qu’il conservera tout au long de sa prestation, habité par un sens aigu du théâtre. Le contrôle de la dynamique, qui lui permet d’impressionnants <em style="line-height: 1.5">crescendi </em>mais aussi de très suaves <em style="line-height: 1.5">piani</em> sans aucun détimbrage, comme la longueur du souffle sont mis exclusivement au service de l’expression chez cet artiste qui, d’ailleurs, ne conçoit pas autrement la virtuosité et se fond tout entier dans la musique. Moins véloces que chez des falsettistes à l’organe léger et naturellement plus flexible, les traits ne manquent cependant pas d’énergie et ne souffrent aucune imprécision, le contre-ténor montrant une belle endurance, en particulier dans le vaste numéro de bravoure qui conclut le programme (« Salda rupa », <em style="line-height: 1.5">Pelope</em>).</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/filippo_m_portrait_1_0.jpg?itok=IOxND5Md" title="Filippo Mineccia" width="312" /><br />
	Filippo Mineccia ©DR</p>
<p>S’il affiche donc un aplomb indéniable dans le versant pyrotechnique du récital, néanmoins, le chanteur s’épanouit davantage dans le <em style="line-height: 1.5">cantabile</em>, nous révélant un merveilleux air de sommeil tiré d’<em style="line-height: 1.5">Il Vespasiano</em> de Domenico Sarro (« Sonno vieni »), et parvient à s’approprier le dolorisme intense, mais empreint de noblesse, du prophète Jérémie (« O vos omnes », extraite des <em style="line-height: 1.5">Lamentazioni per il Mercoledi Santo</em>) comme les sentiments ambigus du berger, entre langueur et sursauts d’ardeur (« Pastor son io », <em style="line-height: 1.5">Cantata per la Natività della Beatissima Vergine</em>). Les paupières closes n’ont ici rien d’une posture et quand Filippo Mineccia rouvre les yeux, ce n’est pas pour décocher des œillades appuyées au public ni adresser des sourires de connivence au chef, <strong style="line-height: 1.5">Javier Ulisse Illán</strong>, ou aux musiciens de l’<strong style="line-height: 1.5">Ensemble Neyredas</strong>. Du reste, il n’a nul besoin de souligner leur complicité et de donner à voir ce qui s’entend immédiatement, quel que soit le registre ou le climat où s’éploie leur musicalité rayonnante.</p>
<p>Trois brefs mouvements de <em style="line-height: 1.5">sinfonia </em>(Hasse et Jommelli) nous laissent, forcément, sur notre faim, quoiqu’ils suffisent à attiser notre curiosité à l’endroit de cette formation à géométrie variable fondée seulement en 2010, mais déjà très soudée, impeccablement stylée, brillante et manifestement galvanisée par son directeur. Hormis le joyau de Domenico Sarro et une étincelante <em style="line-height: 1.5">aria de paragone</em> de Francesco Durante où chant et guitare (<strong style="line-height: 1.5">Manuel Minguillón</strong>) rivalisent d’adresse et de fougue, Filippo Mineccia reprend des fragments d’opéras et d’oratorios qu’il a gravés avec Neyredas pour un disque entièrement dévolu à Jommelli, après avoir déjà publié un splendide <a href="https://www.forumopera.com/cd/attilio-ariosti-london-arias-for-alto-aimez-vous-ariosti">album Ariosti </a>– autant de choix originaux qui témoignent de son goût pour l’exploration du patrimoine ainsi que de ses recherches. L’auditoire de la Chapelle Royale réserve aux musiciens une <em style="line-height: 1.5">standing ovation </em>et ils auraient sans nul doute offert un second <em style="line-height: 1.5">bis</em> si certains spectateurs ne devaient rejoindre l’Opéra pour un autre concert, celui de Franco Fagioli. Quitter Filippo Mineccia et ses complices s’avère d’autant plus difficile après l&rsquo;ineffable et ensorcelante berceuse de Scarlatti « Dormi o fulmine » (<em style="line-height: 1.5">La Giuditta</em>) empruntée à leur dernier enregistrement – une autre mine de raretés à découvrir (« Siface, l’amore castrato »). Mais nous nous en voudrions de ne pas signaler également le florilège de <em><a href="/cd/a-due-alti-incandescent">duetti da camera</a> </em>paru chez Glossa où, avec Raffaele Pe, Filippo Mineccia insuffle à ce genre négligé un dramatisme inouï. </p>
<p> </p>
<p> </p>
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