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	<title>Gabrieli Consort &amp; Players - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Gabrieli Consort &amp; Players - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>PURCELL, King Arthur — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/king-arthur-beaune-paul-mccreesh-divin-conteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Jul 2019 15:48:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le roi Arthur, Merlin et Philidel, ses associés, sont ici cantonnés dans le rôle de défenseurs de la Bretagne (la Grande !) en proie aux ambitions des Saxons, conduits pas Oswald, secondé par Grimbald, le premier convoitant aussi Emmeline, bien-aimée d’Arthur. Les pouvoirs magiques interfèrent avec les combats pour une fin heureuse, qui célèbre le pays uni &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le roi Arthur, Merlin et Philidel, ses associés, sont ici cantonnés dans le rôle de défenseurs de la Bretagne (la Grande !) en proie aux ambitions des Saxons, conduits pas Oswald, secondé par Grimbald, le premier convoitant aussi Emmeline, bien-aimée d’Arthur. Les pouvoirs magiques interfèrent avec les combats pour une fin heureuse, qui célèbre le pays uni et le triomphe de l’amour.</p>
<p>Le masque, faut-il le rappeler, s’apparente davantage à une musique de scène qu’à l’opéra. Le chant et les divertissements illustrent avant tout une action scénique complexe. Ainsi, jamais nous n’entendrons Arthur, pas plus qu’Osmond, son rival. Seuls Philidel, pour le premier, et Grimbald, pour le second participeront au chant, avec les figures allégoriques et mythiques, nymphes, sirènes, prêtres, bergers…</p>
<p>Comme c’était déjà le cas la veille (<em><a href="/the-fairy-queen-a-beaune-vigueur-drolerie-et-emotion-en-attente-de-photos">The fairy Queen</a></em>) l’approche de <strong>Paul McCreesh</strong> danss cette version de concert de <em>King Arthur</em> est aussi dramatique que musicale. Le texte, sa traduction corporelle comme chantée sont au cœur de sa démarche. Le lyrisme et la force, pour être constants, n’en prennent pas pour autant les codes hérités du classicisme ou du romantisme. Tous les chanteurs sont des comédiens convaincants. Bien que privés de décors, de costumes et d’éclairages, les acteurs sont admirablement dirigés : la gestique, les mimiques de chacun suffisent à la compréhension dramatique. Dès les premières scènes, après l’intervention des prêtres saxons, après que le <em>British warrior</em> – merveilleux <strong>James Way</strong> – appelle les Bretons au combat, ceux-ci bondissent ensemble de leurs sièges pour lui répondre en chœur.</p>
<p>Le chef dirige tout par coeur et a le texte sur les lèvres. Souple, son geste clair, dansant et précis, lui permet d’animer sans cesse le discours. On oublie l’effectif, généralement plus nombreux, pour une lisibilité qui ne se démentira pas, sans que les passages brillants, martiaux soient altérés, tant l’équilibre, la puissance, la projection sont au rendez-vous. Toutes les cordes frottées jouent debout, y compris les violoncelles. L’orchestre, comme la veille, se montre animé, incisif, virtuose, bondissant comme rêveur. Les chanteurs jouent et s’amusent toujours autant. A quelques rares changements, ce sont les mêmes : si nous sommes privés de Gillian Keith et Charles Daniels, apparaît <strong>Rowan Pierce</strong>, très sûre, vive, tant vocalement que scéniquement, voix ample, épanouie, qui traduit une profonde intelligence de ses rôles, comme du texte.</p>
<p>Dès le premier acte, suivant les ponctuations chorales « We have sacrified » des invocations des prêtres de Wotan, Thor et Freia, la fugue « Brave souls » est magistrale, puissante et s’achève dans le recueillement. La chanson à boire qui suit, « I call you all to wooden’s hall », est truculente, avant que la bataille soit figurée par l’orchestre, commentée par le guerrier britannique et le chœur. Du deuxième acte, retenons le double chœur admirable de vie,  repris après l’air de Grimbald, où chaque groupe essaie de persuader Arthur d’emprunter une direction opposée, admirable de vie. Le duo piquant de sopranos « Shepherd, leave decoying » est un régal. Du suivant, la ravissante scène du froid, avec un Cupidon facétieux (Rowan Pierce) et le Génie du froid (<strong>Ashley Riches</strong>) est stupéfiant de beauté, depuis l’air « What power are thou ? », aux railleries de Cupidon, comme au chœur « See, see, we assemble ». L’orchestre, à l’articulation contenue, est magique. Du quatrième acte retenons les deux sirènes, tentatrices d’Arthur, Sylvain et une nymphe « For love ev’ry creature » sur ostinato de quarte descendante. La chaconne « How happy the lover », la plus inventive dans ses combinaisons, est un régal. Le dernier réserve la drôlerie au dialogue  de Comus et des paysans, avant que Vénus  ouvre la page patriotique. Paul McCreesh ne fait pas mystère de son attachement à Beaune, de son amour des vins de Bourgogne, de ses liens à l’Europe, de son opposition au Brexit. Ce soir, la chanson à boire « Old England », avant l’ode à la nation « Fairest Isle », est l’occasion pour les musiciens, les chanteurs et le chef de brandir de petits drapeaux anglais et européens en signe d’attachement au vieux continent. Les acclamations amusées et spontanées éclatent.</p>
<p>Les visages, lors des saluts, en disent long sur le bonheur – contagieux – de tous les interprètes. Le public, enthousiaste se voit offrir, en bis, la fameuse chaconne dont Paul McCreesh (qui s’est éclipsé) a laissé la direction à Catherine Martin, son premier violon.</p>
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		<title>PURCELL, The Fairy Queen — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-fairy-queen-beaune-vigueur-drolerie-et-emotion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jul 2019 15:41:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Gabrieli Consort, dont la naissance correspond à celle du Festival, y offre deux chefs d’œuvres de Purcell, pour les deux derniers soirs du week-end de clôture de sa 37ème édition : The fairy Queen, et King Arthur. The fairy Queen, œuvre la plus longue, la plus riche et la plus variée du compositeur, va tenir &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Gabrieli Consort, dont la naissance correspond à celle du Festival, y offre deux chefs d’œuvres de Purcell, pour les deux derniers soirs du week-end de clôture de sa 37ème édition : <em>The fairy Queen</em>, et <em>King Arthur</em>. <em>The fairy Queen</em>, œuvre la plus longue, la plus riche et la plus variée du compositeur, va tenir le public en haleine pendant deux bonnes heures. « J’étais proprement émerveillée par cette musique toujours si inventive, élégante, de registre si varié…  Ce second acte est une splendeur, parmi d’autres » déclare une auditrice. On ne peut que souscrire à son propos, même si la compréhension de l’intrigue – ici amputée des textes parlés de Dryden – n’est pas évidente sans un minimum de références. Féérie musicale, parée de tous ses attraits, récits, airs, ensembles, chœurs, danses, pièces instrumentales, son esprit est celui du divertissement, du théâtre. Pour la servir, une équipe efficace, avec l’esprit d’une troupe. Bien que tous soient familiers de l’ouvrage, aucune trace de routine n’est décelable. La sûreté, l’engagement de chacun confèrent une vie extraordinaire. Tous les chanteurs et le chef connaissent l’ouvrage par cœur : il en résulte une aisance, une liberté de jeu qui leur permet l’expression la plus épanouie. Même si le programme ne fait pas état d’une mise en espace, les chanteurs sont d’excellents acteurs qui évoluent sur la surface ménagée devant eux. La scène où le Poète pris de boisson se fait pincer à colin-maillard est un premier divertissement. Plus tard, un seul accessoire suffit à pimenter la relation du bouillant Corydon à la jeune Mopsa (ici chantée par <strong>Charles Daniels</strong>, revêtu d’une monumentale perruque blonde à nattes). Comme la veille, avec <em>les Indes galantes</em>, les conditions météorologiques ont conduit à déplacer le concert de la Cour des Hospice à la Basilique. </p>
<p><strong>Paul Mc Creesh</strong> est l’artisan de ce festin dont on savoure chaque pièce avec délectation. Il dirige tout mains nues, par cœur, sculpte les phrasés, dessinant une vraie chorégraphie, souple comme précise et ferme. Son art de la narration est-il surpassable ? Dans ce cadre, les effectifs, relativement réduits, constituent l’idéal : la lisibilité demeure toujours parfaite, au point que les sur-titrages s’avèreraient presque superflus. Toutes les lignes sont claires, les équilibres les plus subtils parfaitement maîtrisés. Les cordes sont superlatives dans leur texture moelleuse comme dans leur articulation, les pièces allégées renvoient à l’esprit de la sonate en trio.  Les trompettes naturelles, virtuoses sans ostentation, capables de jouer pianissimo (les échos), nous valent une ornementation discrète et admirable. Il en va de même des flûtes à bec, oiseaux ravissants du « Come, all ye songsters », et du hautbois. Les cordes pincées, de la guitare baroque au théorbe, fréquemment sollicités, confiés à trois merveilleux musiciens, participent au régal, tout comme le clavecin de Jan Waterfield. Malgré les déambulations et gesticulations de chacun, liées au jeu dramatique, le chœur de solistes, enrichi de deux ténors, d’un ensemble parfait, articule, projette à souhait et sonne toujours très rond. Le texte gouverne tout, servi autant par le théâtre que par sa traduction musicale.</p>
<p><strong>Gilian Keith</strong>, soprano d’origine canadienne, dont la virtuosité se joue de toutes les subtilités de la partition, fait preuve d’une aisance scénique surprenante. La voix, puissante, est extrêmement riche et souple, piquante, entachée rarement d’un vibrato large. Sa Junon, « Thrice happy lovers » est un régal, mais surtout « O let me ever, ever weep », la plainte sur basse obstinée, avec le hautbois solo et les cordes pincées, qui constitue un des sommets de l’ouvrage. <strong>Charlotte Shaw</strong>, timbre charnu, voix sonore, chante Titania (« If love’s a sweet passion », « Ye gentle sîrits of the air, appear ! » avec un art consommé. <strong>Jessica Cale</strong>, voix colorée aux phrasés remarquables, chante le Printemps, suivi d’un court et délicieux intermède confié aux vents et aux cordes pincées. Pas de contre-ténor, mais des ténors au registre aigu clair, comme au large médium. Ainsi, le premier air du Chinois (à l’acte V) «  « Thus, thus the gloomy world », confié à <strong>Jeremy Budd</strong>, et à la trompette surprend par son énergie, son aisance et ses longues vocalises décoratives. <strong>James Way</strong>, puissant ténor à l’émission claironnante, traduit la rêverie avec la même aisance, ainsi, l’Automne (« See many coloured fields »). <strong>Charles Daniels</strong>, toujours apprécié, sera Mopsa, hilarant avec sa perruque blonde à nattes, puis l’impérieux Phoebus, introduit en fanfare, pour son hymne à l’amour accompagné par deux violons.  <strong>Marcus Farnsworth</strong>, remarquable basse, grand corps dégingandé, chante le rôle bouffe du Poète ivre, irrésistible, puis le Sommeil, excellent comédien tout autant que voix saine et riche. Enfin, le baryton-basse <strong>Ashley Riches</strong>, puissant, somptueux, complète l’équipe de solistes.</p>
<p>La longue scène allégorique du deuxième acte est d’une rare poésie.  La Nuit, où le soprano est accompagné des cordes avec sourdines, sans basses ni basse continue, nous émeut. Les seuls théorbes et le clavecin en soutien du Mystère, que chante Charlotte Shaw, confortent l’atmosphère féérique. « One charming night », bien connu, avec ses flûtes à bec, puis « Hush, no more, be silent all » que chante Titania, soutenue par les cordes les plus ténues, sont autant de réussites. Le lamento « O let me ever, ever weep », sur sa basse obstinée, est miraculeux, superbe d’intériorité, avec un hautbois aussi émouvant que la voix. Les saisons, le divertissement chinois du dernier acte, tout mériterait d’être cité tant le bonheur est au rendez-vous. Malgré l’abondance des versions enregistrées, il faut que Paul McCreesh grave cette production, à nulle autre pareille, tant elle respire la vie et le bonheur.</p>
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		<title>PURCELL, King Arthur — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/king-arthur-versailles-un-roi-sans-faste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Apr 2018 06:56:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’Opéra royal de Versailles, on aime le King Athur de Purcell. On ne se lasse apparemment pas d’y accueillir le spectacle monté par Shirley et Dino créé en 2008 à Montpellier, qu’on a pu voir dans la salle conçue par Gabriel en 2010, en 2013 et en 2016. Le public versaillais pouvant aussi aspirer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’Opéra royal de Versailles, on aime le <em>King Athur</em> de Purcell. On ne se lasse apparemment pas d’y accueillir le spectacle monté par Shirley et Dino <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/asterix-chez-les-monty-python">créé en 2008 à Montpellier</a>, qu’on a pu voir dans la salle conçue par Gabriel en 2010, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/trop-de-gags-tuent-le-gag-et-la-musique">en 2013</a> et en 2016. Le public versaillais pouvant aussi aspirer à entendre la musique de Purcell sans les facéties proposées par le duo qui a, depuis, récidivé en ces mêmes lieux <a href="https://www.forumopera.com/don-quichotte-chez-la-duchesse-versailles-toujours-plus-lourd">avec <em>Don Quichotte chez la duchesse</em>, de Boismortier</a>, il a été jugé bon de proposer du semi-opéra de Purcell une version de concert. Hélas, le compte n’y est pas tout à fait et, ainsi accueilli dans le palais des rois de France, le légendaire monarque britannique paraît singulièrement privé de tout faste.</p>
<p>Bien sûr, redonner la pièce de Dryden dans son intégralité pour replacer les musiques de Purcell dans leur contexte reste une opération lourde et rarissime. Bien sûr, comparé à <em>The Fairy Queen</em>, <em>King Arthur</em> pâlit un peu : à part « Fairest Isle » et un tube comme l’air du Génie du froid, on n’y trouvera rien qui se hisse sur les même sommets que « Let me weep », la fête d’anniversaire de Thésée ou le divertissement chinois. L’état dans lequel la partition a survécu y est aussi pour quelque chose, semble-t-il. Mais cette version de concert a malgré tout d’autres raisons de laisser un peu l’auditeur sur sa faim.</p>
<p><strong>Paul McCreesh</strong> dirige un ensemble vocal et orchestral pratiquement réduit au strict minimum : quinze instrumentistes en tout, dont trois sur le plateau pour le continuo, et neuf chanteurs. Ce relatif dépouillement permet parfois des effets saisissants, et les premières danses de l’ouverture prennent un savoureux caractère rustique, avant que les vents ne rejoignent les cordes. Hélas, on ne saurait passer sous silence la prestation assez désastreuse de la trompette, qui accumulent les fausses notes même si, on le sait, les cuivres sont souvent soumis à rude épreuve dans les orchestres d’instruments anciens.</p>
<p>Neuf chanteurs en tout, cela signifie que tous peuvent être à la fois solistes et artistes du chœur. Tous britanniques, ils connaissent bien cette musique et savent lui donner vie, jusque dans ses aspects les plus outrageusement nationalistes (ah, cet éloge de la laine anglaise confié à un trio de voix masculines !), ils mettent tout leur cœur dans l’éloge de la Grande-Bretagne (pour lequel Paul McCreesh a préféré emprunter un extrait de <em>Dioclesian</em>, considérant que la partition connue n’est pas de Purcell mais doit être une réécriture très postérieure).</p>
<p>Les deux sopranos solistes présentent des qualités bien distinctes, qui s’unissent avec bonheur dans le duo des Sirènes. La voix d’<strong>Anna Dennis</strong>, Philidel dans « Hither this way », et interprète de « You say ’tis love » et de « Fairest Isle » possède une belle densité de couleur, mais manque un peu de dessin, et les mots n’ont pas toujours des contours aussi nets qu’on le voudrait. <strong>Mhairi Lawson</strong> séduit par une diction beaucoup plus claire et par un timbre plus limpide, qui fait merveille en Amour, face au Génie du froid. Celui-ci trouve en <strong>Dingle Yandell</strong> un interprète convaincant, qui chante son air de manière beaucoup moins fragmentée et « tremblante » que ce n’est parfois le cas. On signalera aussi les belles interventions du ténor <strong>James Way</strong>, claironnant à souhait dans « Come if you dare », et délicatement songeur dans l’hommage aux bergers.</p>
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		<title>Récital Haendel — Paris (Pleyel)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pleyel-debout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 May 2010 12:56:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lors de son récital au Théâtre des Champs Elysées, le 18 avril dernier, Rolando Villazón, n’était pas apparu dans la meilleure forme. De plus, le répertoire choisi ne correspondait pas toujours à sa personnalité. On craignait donc le pire dans un concert entier consacré à Haendel. A tort. Le ténor, à Pleyel, s&#8217;est montré bouillonnant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Lors de <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1641&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">son récital au Théâtre des Champs Elysées, le 18 avril dernier</a>, <strong>Rolando Villazón</strong>, n’était pas apparu dans la meilleure forme. De plus, le répertoire choisi ne correspondait pas toujours à sa personnalité. On craignait donc le pire dans un concert entier consacré à Haendel. A tort. Le ténor, à Pleyel, s&rsquo;est montré bouillonnant de vie et de générosité, au risque de perdre le contrôle technique que requiert tant de virtuosité (et même si sa voix n’a pas encore retrouvé tout son éclat). Les musiciens et les chanteurs ont su créer une immédiate sympathie, qui est allé croissante jusqu’aux bis finaux. Ambiance chaleureuse donc et confiance retrouvée dans une salle comble, où <strong>Rolando Villazón</strong> était accompagné de la soprano <strong>Lucy Crowe</strong> et des <strong>Gabrieli Consort &amp; Players</strong> sous la direction de <strong>Paul McCreesh</strong>.</p>
<p>Dire que l’on n’attendait pas <strong>Villazón </strong>dans ce genre de répertoire serait faux, car justement on l’y attendait et certains auraient même juré qu’il allait s’y fourvoyer. C’est mal le connaître ! Rien n’est plus baroque que la manière avec laquelle le ténor approche ce répertoire. On se prend même à penser que les Farinelli et autres castrats avaient, sans nul doute, cette même fougue, cette même urgence dans le chant et l’expression, quand ils déclenchaient l’enthousiasme inouï que décrivent les chroniqueurs de l’époque. Ce baroque échevelé c’est un peu l’église de Tonanzintla transplantée aux bords de la Tamise. Et tant mieux, car Haendel aurait aimé cela, lui qui a toujours rêvé de musique flamboyante et ensoleillée, après son voyage en pays latin.</p>
<p>D’ailleurs les musiciens britanniques sont ravis de voir leur flegme sympathique secoué par tant d’insolence. C’est si vrai, qu’après l’ouverture de <em>Solomon</em>, superbe de précision, de nuances, et menée avec panache par Paul McCreesh, l’arrivée de Villazón détend l’atmosphère et ajoute ce grain de folie épicé que requiert en permanence une musique si théâtrale.</p>
<p>Dès l’air de Grimoaldo<em> </em>(<em>Rodelinda</em>), Villazón s’empare des mots, des phrases, et leur donne une densité telle qu’il transforme une pastorale, somme toute banale, en un chant bouleversant de fureur retenue et de poignante humanité. De plus, sa voix a renoué avec ce <em>belcanto</em> de ténor lyrique qui la magnifie et qui, à n’en pas douter, lui redonnera bientôt tout son brillant. Il y peut, tout à son aise, utiliser l’incroyable palette expressive qui est la sienne (nul besoin d’affronter des si naturels et des contre ut dramatiques !). Il mord dans les mots, les sculpte ; il teinte chaque vocalise, chaque trait, de tels sentiments et de telles couleurs qu’il n’y a pas une virtuosité ou un artifice qui ne soit plein de sens et d’émotion. On en vient même à oublier que dans chaque air il y a toujours un <em>da capo</em> ! De plus, il parvient à projeter les consonnes sans jamais rompre la ligne et le legato. Ce n’est pas si évident dans un répertoire écrit à l’origine pour des castrats, et transposé pour la voix de ténor, comme <em>Ariodante</em> par exemple. Le registre grave y est souvent sollicité. Villazón est prudent : il ne timbre pas à outrance pour compenser. Au contraire ! Sous l’exubérance et la faconde, se cache une grande maîtrise. Conscient des erreurs passées, il évite de mettre sa voix à rude épreuve. Quelle intelligence, donc, de revenir sur scène dans un répertoire belcantiste !</p>
<p>Un bel canto qui s’épanouit dans le magnifique « <em>Piú che penso »</em> de <em>Serse</em> où les piani sublimes ne se déparent jamais du feu qui couve sous l’apparente sérénité du chant d’amour. Chaque air devient, avec Villazón, un résumé du drame dont il est issu.</p>
<p>Comme un bonheur n&rsquo;arrive jamais seul, ce concert est un moment de musique au plus haut niveau. Que ce soit dans le <em>Concerto Grosso op.3 N°</em>2 ou le <em>Concerto pout hautbois N°3</em> (avec le son si sensuel du hautbois baroque d’<strong>Hanna McLaughlin</strong>), l’orchestre est le protagoniste essentiel de la soirée. Villazón lui rend hommage en permanence, tout comme à la soprano <strong>Lucy Crowe,</strong> que les Parisiens avaient entendu avec bonheur dans <em>The Fairy Queen</em> à l’Opéra Comique, et qui déchaîne l’enthousiasme, en particulier dans l’air de <em>Cléopâtre</em> de <em>Giulio Cesare </em>où sa voix superbe, sa technique impeccable et son tempérament s’en donnent à cœur joie.</p>
<p>Villazón réserve le feu d’artifice vocal pour la deuxième partie, avec cet air qui est devenu son cheval de bataille, le plus célèbre air de ténor écrit par Haendel : « Ciel e Terra » de <em>Tamerlano</em>. Les vocalises fusent, le ténor s’amuse des risques qu’il prend tout en gardant, dans l’expression de la fureur et de la passion, un petit clin d’œil distancié et moqueur. Quoi de plus baroque !</p>
<p>En grand musicien, le chanteur termine le concert par l’air de la mort de <em>Bajazet</em>. Rien de spectaculaire ici : tout n’est qu’émotion, intériorité et la soirée s’achève dans un murmure : le dernier souffle de la vie. Bravo ! Le public est debout !</p>
<p>La fatigue se fait sentir dans les bis<em>, </em>« Ombra mai fu » de <em>Serse</em> et une reprise de « Dopo notte »<em>,</em> même si Villazón se donne à fond, comme toujours. Les spectateurs lui crient « Merci ». Il répond qu’il est heureux d’être « revenu à la maison ». On sort heureux en se disant que la musique est vraiment essentielle à la vie et l&rsquo;on souhaite à Rolando Villazón de repartir d’un bon pied dans des répertoires où son tempérament et sa générosité sauront s’exprimer sans mettre à nouveau sa voix en danger.</p>
<p><strong>Marcel Quillévéré</strong></p>
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