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	<title>Grazer Philharmonisches Orchester - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<title>Grazer Philharmonisches Orchester - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Luigi Dallapiccola &#8211; Il Prigioniero</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jan 2018 06:08:47 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Libertà ? », telle est la question provocatrice, sarcastique du Grand Inquisiteur qui ferme l’opéra en un acte <em>Il Prigioniero</em>, de Luigi Dallapiccola. Vision très sombre, pessimiste, de l’homme aspirant vainement à la liberté, cet ouvrage concis, dense, est en effet un hymne à celle-ci.  Le prologue et les six scènes transposent l’action de la nouvelle de Villers de l’Isle-Adam à Saragosse, sous Philippe II. L’œuvre s’ouvre sur la révolte de la mère du prisonnier,  qui voit en rêve Philippe II assimilé à la mort. Entretenu par le Geôlier,  l’espoir de libération de son fils croît de scène en scène , jusqu’à ce qu’il trouve sa cellule ouverte sur le jardin. Mais cette ouverture est celle sur le bûcher, réalisée par son faux « frère » de gardien, qui avait laissé entendre sa sympathie pour le soulèvement des Flandres. La torture a été l’espérance, et le supplice sera l’aboutissement, le salut dont le grand inquisiteur-geôlier aura été l’agent.</p>
<p>Dès la campagne d’Abyssinie, jusqu’à son dernier souffle, Dallapiccola n’aura eu de cesse de s’engager auprès des humbles, des persécutés. A côté de <em>Vol de nuit</em> puis <em>Ulysse</em>, faisant suite aux <em>Canti di Prigionia</em>, le plus connu de ses opéras  sera suivi de l’oratorio <em>Job</em> (1950), toujours animé des mêmes préoccupations. Une sorte de <em>Fidelio</em>, pour la portée du message et la similitude des situations, et de <em>Wozzeck</em>, pour ce qui relève du pessimisme, du langage et de la force dramatique, l’ouvrage apparaît à la fois moderne et traditionnel. « <em>Au lieu de s’exprimer par petits dessins grimaçants brutalement sectionnés, il use de degrés conjoints, il rend aux notes leur sociabilité (…) il fait de l’humain avec de l’inhumain</em> »  écrivait Emile Vuillermoz, peu suspect de sympathies pour l’écriture dodécaphonique. Celle-ci, amendée de références tonales, et surtout mâtinée de bel canto, autorise un raffinement qui suscita l’admiration de Charles Koechlin : « <em>lui parle, les autres bafouillent</em> ». Le succès ne s’est jamais démenti et plus de soixante ans après, le public l’a assimilé, découvrant combien le lyrisme pouvait se nourrir de toutes les écritures. Du début à la fin, l’émotion nous étreint, la force, la violence se conjuguent à un extrême raffinement.</p>
<p>La France s’est montrée avare en productions, depuis sa création à Paris, il y a cinquante ans avant que<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/figures-de-lemprisonnement"> le Châtelet, Garnier, Lyon</a> puis <a href="https://www.forumopera.com/il-prigioniero-a-kekszakallu-herceg-vara-le-chateau-de-barbe-bleue-toulouse-debuts-aleatoires">Toulouse</a> reprennent le flambeau</p>
<p>Sans star internationale, l’Opéra de Graz s’affirme au fil des ans comme une scène avec laquelle il faut compter. <strong>Dirk Kaftan</strong>, son chef principal, dirige avec un engagement sans faille et obtient de son orchestre et des chœurs une puissance énorme comme une transparence arachnéenne. La force de l’expression est proprement gigantesque, magnifiée par les deux intermèdes choraux somptueux,  par l’évocation de la grande cloche de Gand que le prisonnier croit entendre au troisième tableau, la prenant pour un signe du salut. On en sort bouleversé. La figure christique du Prisonnier est l’intense <strong>Markus Butter</strong>, splendide baryton autrichien, dont la réputation a conquis les grandes maisons européennes.  Sa prière du Prisonnier (1er tableau et 3ème) «Signore, aiutami» [Seigneur, aide-moi], est un moment particulièrement poignant. Sa mère, <strong>Aile Asszonyi</strong>, jeune soprano lyrique estonienne, en début de carrière, fait très forte impression. La voix est lumineuse, chaude, d’une rare intensité et chargée d’une émotion toujours juste. Familière du rôle, elle a inscrit les oeuvres de Zemlinsky, Hindemith, Schoeck, Goubaïdoulina à côté de celles de leurs illustres prédécesseurs. Gageons qu’elle nous réserve encore de belles surprises. Le Geôlier et l’Inquisiteur sont chantés par un même interprète, deux faces d’un même Janus, qui se révèle à la fin comme seul et même personnage : c’est <strong>Manuel von Senden</strong>, ténor attaché à l’Opéra de Graz. Ce double rôle, exigeant et conséquent, lui convient fort bien. Il en trouve les couleurs comme les intonations les plus crédibles pour donner vie à cette personnalité complexe. Ses nombreuses et longues interventions de la deuxième scène ( ainsi « Sull’Oceano, sulla Schelda ») sont d’une vérité émouvante. Les deux prêtres, le ténor Roman Pichler et le baryton <strong>David McShane</strong>, complètent une distribution très homogène, soudée, qui se signale par ses qualités exceptionnelles.</p>
<p>« Puisse-t-on reconnaître mon dessein de plaider auprès des hommes la cause de l’Amour et de la Paix, la Paix non pas dans le sens galvaudé des politiciens, mais celle conforme à la définition qu’en a donnée Saint Bernard « pureté de l’esprit, simplicité de l’âme, douceur du cœur, lieu de l’amour » écrivait Dallapiccola à propos de ses <em>Tre canti di prigionia</em> (1938-1941), qui devançaient de peu cet opéra. C’est maintenant chose faite.</p>
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		<title>Jenůfa</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jenufa-si-vous-traitez-ainsi-belle-iris-qui-vous-aime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Aug 2015 07:39:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tandis que l’industrie du DVD multiplie les parutions pour rien, combien de spectacles dont on regrette qu’aucune trace n’ait été préservée ! Les photographies incluses dans le livret d’accompagnement, les 2 minutes 30 de teaser visibles sur YouTube et la réputation sulfureuse de Peter Konwitschny suffisent à donner envie de voir et pas seulement d’entendre cette &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tandis que l’industrie du DVD multiplie les parutions pour rien, combien de spectacles dont on regrette qu’aucune trace n’ait été préservée ! Les photographies incluses dans le livret d’accompagnement, les 2 minutes 30 de teaser visibles sur YouTube et la réputation sulfureuse de Peter Konwitschny suffisent à donner envie de voir et pas seulement d’entendre cette <em>Jenůfa</em>. Inutiles regrets, et l’on s’estimera déjà heureux de pouvoir écouter un témoignage sonore des représentations données à l’Opéra de Graz au printemps 2014. Sans star de réputation internationale, cette maison d’opéra n’en a pas moins pu présenter un spectacle de très haute tenue, auquel participaient d’excellents artistes.</p>
<p>Après sa prestation remarquée dans le <em>Chant plaintif</em> de Mahler <a href="http://www.forumopera.com/breve/iris-vermillion-reine-du-chant-plaintif-a-la-philharmonie">à la Philharmonie de Paris</a>, on était surtout curieux de découvrir la mezzo <strong>Iris Vermillion </strong>en Kostelnička. Dans un rôle trop souvent abordé par des chanteuses en bout de course, et où l’on a pris l’habitude d’excuser la pire usure vocale au nom de l’efficacité dramatique, il est réjouissant d’entendre une artiste en pleine possession de ses moyens ; le rôle étant peut-être plutôt destiné à un soprano dramatique, la mezzo allemande ne trouve que partiellement ici l’occasion de mettre en valeur ses graves abyssaux, mais sa composition n’en est pas moins impressionnante. On pouvait aussi se demander à quoi ressemblerait <strong>Dunja Vejzović</strong> en Grand-mère Burya : la Kundry de Karajan en 1980, pour qui elle fut aussi Senta et Ortrud, enseigne à Stuttgart depuis 1999 mais reprenait ici du service, fidèle à la tradition qui veut que le personnage soit confié à des artistes ayant quasiment l’âge du rôle. Comme prévisible, la voix n’est plus ce qu’elle était, mais la présence d’une ex-grande wagnérienne est infiniment plus acceptable dans cet emploi que pour la Sacristine.</p>
<p>Vue tout récemment dans <em>La Juive</em> à Gand et Anvers (où elle alternait avec Asmik Grigorian, et où elle retrouvait Peter Konwitschny à la mise en scène), <strong>Gal James</strong> est une Jenůfa capable de distiller une grande émotion, grâce à la pureté de ses aigus piano. On imagine que son grand monologue du deuxième acte (où le violon solo était présent en scène à ses côtés) dut être un grand moment du spectacle. Si <strong>Taylan Reinhard </strong>propose un Števa nasillard et pleutre, <strong>Aleš Briscein</strong>, qu’on a beaucoup entendu à l’Opéra de Paris, notamment dans les œuvres de Janáček, est au contraire un Laca sensible, à la voix légère mais fort agréable. Il est aussi le seul chanteur originaire de République Tchèque dans cette production qui prouve, si besoin était, que la version originale de l’œuvre a su supplanter en terre germanique la traduction de Max Brod. Même s’il paraît peu probable que le premier opéra de Janáček soit un jour donné dans le monde entier sous son véritable titre, <em>Její pastorkyňa</em>, les travaux de Charles Mackerras ont permis d’imposer la partition authentique telle que l’avait voulue le compositeur et non dans la réorchestration arbitraire pratiquée par le directeur de l’Opéra de Prague en 1916. Malgré les aléas de la prise de son en direct, <strong>Dirk Kaftan</strong>, à la tête de l’<strong>Orchestre philharmonique de Graz</strong>, nous fait partager toute la saveur et toute la finesse de l’écriture de Janáček, qu’on aimerait toujours aussi bien défendue.</p>
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