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	<title>Latinitas Nostra - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<title>Latinitas Nostra - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>I Dilettanti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Oct 2014 05:28:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme Greta Garbo dans Ninotchka, Xavier Sabata rit. Sur la pochette de son disque, du moins. Et il le fallait bien, après la mine patibulaire qu’il avait affichée pour Bad Guys. Mais si cette trogne peu engageante était de circonstance pour un récital consacré aux méchants de Haendel, rien n’indique qu’il y ait vraiment de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme Greta Garbo dans <em>Ninotchka</em>, <strong>Xavier Sabata </strong>rit. Sur la pochette de son disque, du moins. Et il le fallait bien, après la mine patibulaire qu’il avait affichée pour <em>Bad Guys. </em>Mais si cette trogne peu engageante était de circonstance pour un récital consacré aux méchants de Haendel, rien n’indique qu’il y ait vraiment de quoi s’esclaffer avec le présent enregistrement.</p>
<p>Une voix de contre-ténor et trois instrumentistes (clavecin, luth et violoncelle) : avec un tel effectif, il n’est pas toujours facile de retenir l’attention de l’auditeur pendant toute la durée d’un disque. Et même si celui dure à peine moins d’une heure, à une époque où l’on s’autorise souvent à frôler les 80 minutes, l’écueil de la monotonie ne semble pas avoir été entièrement évité. Le programme retenu propose un choix d’œuvres datant de la première moitié du XVIIIe siècle, essentiellement des cantates de chambre. Répertoire intimiste, donc, auquel s’adjoignent néanmoins deux airs tirés de l’<em>Armida abbondonata</em>, œuvre lyrique scénique de Giovanni Maria Ruggieri. Et la dernière plage est réservée à une œuvre hors-normes, véritable opéra en miniature : la <em>Lucrezia</em> de Benedetto Marcello, l’un des cinq monologues « expérimentaux » composés par ce Vénitien, contemporain de Vivaldi.</p>
<p>Le disque offre un échantillonnage de la production musicale italienne, du nord au sud, à travers des compositeurs sur lesquels on sait parfois fort peu de choses : il s’agissait pour la plupart de dilettantes – d’où le titre du disque –, d’amateurs éclairés que leur statut social empêchait de s’adonner pleinement à la musique.</p>
<p>Ce qui frappe d’abord, c’est le contraste entre la douceur du timbre de contre-ténor et l’âpreté de la basse continue, où les instruments de l&rsquo;ensemble <strong>Latinitas Nostra </strong>semblent rechercher une rugosité extrême. Passé cette première impression, on se dit surtout que toutes ces musiques se ressemblent un peu, malgré quelques rares moments plus guillerets. Tous ces amants (ou amantes, car la première plage donne la parole à la bergère Phyllis, et la dernière, après une introduction confiée à un narrateur, laisse s’exprimer Lucrèce en personne, jusqu’à son dernier soupir) exhalent leur douleur sur un ton assez uniformément éploré. L’ensemble ne respire donc pas la franche gaieté, mais peu importe ; le plus gênant est que les morceaux se succèdent sans que l’attention soit jamais véritablement accrochée. Seule exception : la <em>Lucrezia</em> susmentionnée, où Marcello impose à l’interprète un numéro de cirque en faisant alterner voix de tête et voix de poitrine, aigus « féminins » (on ignore si l’œuvre était destinée à un castrat ou à une chanteuse) et graves barytonaux.</p>
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		<title>Lamento</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lamento-un-tresor-sorti-de-lombre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Carine Seron]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2014 04:32:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Nous avons enregistré dans un état de tension insoutenable, nous efforçant de pousser jusqu’aux limites tout facteur de trouble, tout effet, tout « tic » qui nous semblaient à même de saturer, même provisoirement, les deux micros stéréophoniques. » Ce souvenir de la session d’enregistrement, narré par Markellos Chryssicos, directeur artistique de l’ensemble Latinitas Nostra, n’est en rien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">
	« Nous avons enregistré dans un état de tension insoutenable, nous efforçant de pousser jusqu’aux limites tout facteur de trouble, tout effet, tout « tic » qui nous semblaient à même de saturer, même provisoirement, les deux micros stéréophoniques. » Ce souvenir de la session d’enregistrement, narré par <strong>Markellos Chryssicos</strong>, directeur artistique de l’ensemble <strong>Latinitas Nostra</strong>, n’est en rien exagéré à en juger par le résultat : un trésor d’expressionnisme baroque, du vrai théâtre en musique.</p>
<p class="rtejustify">
	Certaines prestations musicales, rares, sont difficiles à rendre compte : elles nous embarquent, au-delà du temps et de toute matérialité, et une fois terminées, nous laissent impuissants face à la page blanche parce qu’utiliser des mots pour en parler est ridicule et, dans tous les cas, inopérant. Le CD <em>Lamento</em> fait partie de celles-là. Nous nous contenterons d’énumérer quelques qualités techniques, qui en disent déjà beaucoup mais ne peuvent expliquer l’essentiel, ineffable, qui s’écoute, se vit et se ressent.</p>
<p class="rtejustify">
	Les premières notes, celles de la <em>Toccata </em>de Kapsperger, introduisent doucement l’auditeur dans le mélodrame. Les arpèges du théorbe, aux accents tristes, sont rapidement chassés par des coups d’archets de plus en plus acérés et prémonitoires avant de céder au chagrin de la reine Christine à l’annonce de la mort de son mari, dont le cheminement, entre douleur, noble colère et renonciation, est retracé dans le <em>Lamento de la regina di Suezia</em> de Luigi Rossi. La mezzo-soprano <strong>Romina Basso</strong>, dotée d’un timbre vocal androgyne constituant le pendant négatif du castrat, y est exceptionnelle : par son interprétation versatile, elle donne un sens à chaque mot. Rien n’est oublié : la violence et le sang côtoient les cris de désespoir et l’énergie éphémère de la soif de vengeance de la veuve, finalement assaillie par le retour à la réalité. La grande sophistication de la ligne vocale, qui rejaillit sur l’accompagnement instrumental, est toujours justifiée par la recherche de véracité et de la meilleure expression – aucun effet gratuit ou abandonné au hasard. Il en va de même pour le reste du programme. Le sublime <em>Lagrime mie </em>de Barbara Strozzi ajoute la virtuosité de l’ornementation, le poids des silences et la délicate exécution des chromatismes. Le célèbre <em>Lamento d’Arianna</em> de Monteverdi, maintes fois entendu, n’a jamais été aussi abouti : la cruauté de la trahison prend toute sa mesure. Ce magnifique enregistrement est conclu dans la joie et le divertissement avec une parodie du <em>Lamento </em>de Rossi, le <em>Squarciato appena havea</em> du napolitain Francesco Provenzale : à chaque fois – sept au total – que la souveraine éplorée veut partager sa souffrance, une chanson populaire ou une comptine écrite dans un dialecte débarque pour lui couper la parole, tandis que les instrumentistes s’amusent à singer le galop du cheval ou la voix plaintive de l’ambassadeur. Délicieuse ironie…    </p>
<p class="rtejustify">
	Un pur chef d’œuvre à mettre entre toutes les mains, sans la moindre réserve.</p>
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