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	<title>Le Concert Lorrain - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<title>Le Concert Lorrain - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Israel in Egypt</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/israel-in-egypt-mollassonnes-grenouilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2015 06:53:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Même sans remonter jusqu’aux versions historiques « pré-baroqueuses » – Malcolm Sargent en 1956, ou Eugen Jochum en 1959, en allemand ! –, Israel in Egypt est une œuvre qui a déjà été beaucoup enregistrée. Œuvre hybride, avec une première partie presque exclusivement chorale, qui est en fait un réemploi de The Ways of Zion do mourn (1737), &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Même sans remonter jusqu’aux versions historiques « pré-baroqueuses » – Malcolm Sargent en 1956, ou Eugen Jochum en 1959, en allemand ! –, <em>Israel in Egypt</em> est une œuvre qui a déjà été beaucoup enregistrée. Œuvre hybride, avec une première partie presque exclusivement chorale, qui est en fait un réemploi de <em>The Ways of Zion do mourn</em> (1737), écrit pour les obsèques de la reine Caroline (et tout récemment encore enregistré par William Christie), musique que le compositeur aurait voulu réutiliser dans <em>Saul</em>. N’ayant pas pu l’employer dans cet oratorio qu’il venait de terminer, Haendel décida aussitôt de l’ajouter en guise de première partie à « Moses’ Song », dernier volet d’<em>Israel in Egypte</em>, et à « Exodus », volet central qu’il composa en dernier.</p>
<p>Même dans ses deux autres parties, l’œuvre repose avant tout sur les forces chorales, et les solistes n’ont finalement qu’assez peu d’occasions de briller. Pour la soprano, un air, « Thou didst blow with the wind », quelques phrases en solo et un duo avec la soprano II. Pour le ténor, un air, « The enemy said, I will pursue », quelques récitatifs et un duo avec l’alto. Deux airs en revanche pour ce dernier, « Their land brought forth frogs » et « Thou shalt bring them in », mais les deux basses n’ont guère droit qu’à un duo. Plusieurs de ces airs ont d’ailleurs été ajoutés par Haendel après la création de l’œuvre, afin d’attirer davantage le public. Et un certain nombre de pages chorales relèvent du recyclage, ou ont été « empruntées » à d’autres compositeurs, notamment des Italiens du siècle précédent, comme Stradella. C’est seulement à l’époque victorienne qu’<em>Israel in Egypt</em> finit par s’imposer, pour les raisons qui l’avaient fait échouer : le XIXe siècle, friand d’œuvres pour chœurs pléthoriques, s’empara de cette partition au même titre que le <em>Messie</em>.</p>
<p>Venant après John-Eliot Gardiner, Andrew Parrott, Stephen Cleobury et quelques autres, que peut apporter Roy Goodman à cette œuvre ? Avant tout, une exécution fidèle à l’édition Carus de la partition, due au musicologue Clifford Bartlett, avec quelques mesures supplémentaires ici ou là, une basse continue plus étoffée dans tel air. Pas de modification radicale, en tout cas, qui justifierait à elle seule l’achat de cette version. Le <strong>Concert Lorrain </strong>n’a pas à rougir de la comparaison avec ses aînés parmi les orchestres baroqueux, et le <strong>Nederlands Kamerkoor</strong> est une formation éminemment respectable, dont on apprécie la vigueur et la netteté ; cette dernière qualité est en partie liée au nombre relativement limité de chanteurs (deux chœurs de douze personnes), loin des effectifs pléthoriques chers à l’époque victorienne.</p>
<p>Compte tenu du rôle assez limité réservé aux solistes, <em>Israel in Egypt</em> est une œuvre où l’on n’exige pas nécessairement des chanteurs une personnalité très affirmée. Les grands haendéliens n’ont pas toujours daigné s’intéresser à une partition qui ne leur laisse guère l’occasion de briller, et l’équipe réunie par Gardiner était sur ce plan particulièrement fade. La soprano <strong>Julia Doyle</strong> ne saurait rivaliser avec une Rosemary Joshua ou Susan Gritton, mais elle l’emporte sans mal sur l’Elisabeth Priday de la version Gardiner.  Sans avoir le tranchant d’un Ian Bostridge, le ténor <strong>James Gilchrist </strong>remplit fort bien dans son contrat. <strong>Roderick Williams </strong>et <strong>Peter Harvey </strong>doivent se contenter de jouer les utilités. C’est donc surtout vers le contre-ténor que se tourne l’attention, un <strong>David Allsopp </strong>hélas assez mou et peu expressif, même dans l’évocation des grenouilles pleuvant sur l’Egypte dans le cadre de la deuxième des dix Plaies évoquées dans la deuxième partie de l’œuvre.</p>
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		<title>BACH, La Passion selon saint Jean — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/passion-accomplie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 21:59:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    Comme un joyau dans une parure étincelante, l’aria « Tout est accompli » (Es ist vollbracht) chantée avec une sensibilité bouleversante par le contre-ténor Andreas Scholl après le superbe solo de viole de gambe d’Ulrike Becker peut fournir les termes qui, dans tous les sens possibles, rendent compte de cette magnifique soirée consacrée à la &#8230;</p>
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					Comme un joyau dans une parure étincelante, l’aria « Tout est accompli » (<em>Es ist vollbracht</em>) chantée avec une sensibilité bouleversante par le contre-ténor <strong>Andreas Scholl</strong> après le superbe solo de viole de gambe d’Ulrike Becker peut fournir les termes qui, dans tous les sens possibles, rendent compte de cette magnifique soirée consacrée à la <em>Passion selon Saint Jean</em> en la Chapelle de la Trinité de Lyon. Sous la direction profondément humaine, sobre et chaleureuse en même temps, tout à la fois sensible et pondérée, de <strong>Christoph Prégardien</strong>, le <strong>Concert Lorrain</strong> et le <strong>Nederlands Kamerkoor</strong> ont donné une interprétation d’une fluidité et d’une homogénéité parfaites de cette vaste architecture dans laquelle s’enchâssaient sans solution de continuité le récit de l’Évangéliste – impeccable <strong>Eric Stoklossa</strong>, d’une précision n’excluant jamais l’émotion contenue – et les airs des solistes.</p>
<p>
					L’ondulation qui porte le chœur de l’ouverture, dirigée sur un tempo relativement soutenu, nous emportait d’emblée vers une autre dimension : pris dans le mouvement incessant de la musique, l’auditeur devenait particulièrement sensible au texte et à l’éclat sonore de ses mots clés (« Herr », « Herrscher », « herrlich »). Articulation, phrasé, nuances, équilibre des voix et relief des effets (comme l’explosion de joie lors de la réponse « Jesum von Nazareth »), tout concourait à la perfection. On ne pouvait donc que regretter l’apparente pâleur – ou l’excessive retenue – de la première intervention d’Andreas Scholl (« Von den Stricken meiner Sünden »), qui peut-être se ménageait pour l’aria de la seconde partie, évoquée plus haut, à moins que ce ne fût une façon d’opposer l’âme souffrante à l’âme heureuse, dont la partie est confiée au soprano. Et c’est en effet d’une voix beaucoup plus limpide et lyrique que <strong>Sibylla Rubens</strong> a chanté l’aria « Ich folge dir gleichfalls », merveilleusement accompagnée par les deux flûtes à l’unisson, ainsi que le très émouvant « Zerfließe, mein Herze » (en parfaite osmose avec les hautbois et les flûtes, soutenus par l’orgue). Ce dernier air était ponctué par une gestuelle dramatique un peu emphatique contrastant avec la rigueur et la sobriété exemplaires de l’Évangéliste (mais rendant justice en un sens à la dimension opératique de l’œuvre, relevée par les membres du Consistoire de Leipzig qui en firent reproche au candidat Bach en 1723 avant de l’interdire par contrat). Eric Stoklossa a réservé ses trémolos – sans jeu de scène – au moment d’indignation que constitue l’évocation de la flagellation du Christ (« Barrabas aber war ein Mörder… »).</p>
<p>
					Le baryton-basse <strong>Dietrich Henschel</strong>, véritablement habité par son rôle, s’est montré particulièrement convaincant en Pilate déchiré, auquel il a su conférer toutes les nuances d’une personnalité complexe, tandis que la basse <strong>Yorck-Felix Speer</strong> campait un Christ d’une apparence un peu désinvolte (ou très distanciée ?) mais à la voix profonde et qui, après quelques interventions insuffisamment articulées et émises avec un timbre un peu sourd, dévoilait peu à peu toutes ses potentialités vocales. Le ténor <strong>Andreas Weller</strong> ne s’est pas toujours hissé au niveau des autres solistes, restant parfois en deçà des attentes et manquant d’éloquence pour la fervente aria « Erwäge, wie sein blutgefärbter Rücken …».</p>
<p>				On ne saurait trop souligner à quel point l’interprétation constamment maîtrisée d’Eric Stoklossa, sa très belle diction et son articulation remarquable ont joué un rôle décisif dans l’harmonisation et la conciliation de ces diverses individualités, parallèlement à la direction, dont on a dit tout le bien qu’on pensait, parfois très enlevée (le choral « In meines Herzens Grunde » paraissait même presque un peu rapide), mais aussi méditative, de Christoph Prégardien. Du grand art ! Et une Passion parfaitement accomplie, dans le recueillement, certes, ainsi que le montrait la concentration du luthiste, du contrebassiste ou celle du violoncelliste, mais aussi dans la joie, comme le prouvaient entre autres les sourires des exécutants, la complicité sereine des violonistes ou encore la mine hilare du bassoniste tout au long du concert.</p>
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