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	<title>Les Métaboles - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Les Métaboles - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>GLASS, Another Look &#8211; Vézelay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/glass-another-look-vezelay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Associées à la Cité de la Voix pour la troisième année consécutive, les Métaboles clôturent avec panache cette édition 2025 avec deux ambitieux concerts : avant l&#8217;incontournable Requiem de Mozart, c&#8217;est Another Look at Harmony Part IV de Philip Glass qui embrase la basilique bourguignonne. Soucieux de faire résonner musique ancienne et contemporaine, Léo Warynski &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Associées à la Cité de la Voix pour la troisième année consécutive, <strong>les Métaboles</strong> clôturent avec panache cette édition 2025 avec deux ambitieux concerts : avant l&rsquo;incontournable <em>Requiem</em> de Mozart, c&rsquo;est <em>Another Look at Harmony Part IV</em> de Philip Glass qui embrase la basilique bourguignonne.</p>
<p>Soucieux de faire résonner musique ancienne et contemporaine, <strong>Léo Warynski</strong> enrichit le<em> Requiem</em> d&rsquo;une somptueuse version de <em>Mnémosyne</em> de Philippe Hersant – crée l&rsquo;an passé à Saintes. De même, ici, le<em> Canone a 16 all&rsquo;unisono</em> d&rsquo;Andrea Basily constitue un contrepoint historique de qualité à la pièce de Philip Glass. Entrant et sortant de scène, les chanteurs nous immergent dans un bain sonore à la polyphonie infinie qui prépare l&rsquo;oreille à l&rsquo;univers assonant qui suit.</p>
<p>Léo Warynski connaît fort bien la musique du chantre du minimalisme puisqu&rsquo;il a dirigé <em>Einstein on the Beach</em> au Teatro Colón de Buenos Aires et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/akhnaten-nice-le-triomphe-du-pharaon"><em>Akhnaten</em></a> à l’Opéra de Nice dans la mise en scène de Lucinda Childs. Une équipe qu&rsquo;il retrouvera dès la rentrée pour <em>Satyagraha</em>.<br />
Il était donc logique qu&rsquo;il souhaite nourrir la représentation d&rsquo;<em>Another Look</em> d&rsquo;une dimension visuelle, d&rsquo;autant plus que le titre même de l’œuvre invite à garder les yeux grands ouverts. Cette mise en espace n&rsquo;a rien d&rsquo;accessoire et s&rsquo;avère une totale réussite :<br />
Vêtus de longues robes-manteaux noirs en <em>tie and dye</em> imaginés par<strong> Camille Pénager</strong>, les chanteurs semblent autant de serviteurs d&rsquo;un culte mystérieux et immémorial. Longs cheveux lâchés dissimulant entièrement leurs visages lorsqu&rsquo;elle ne chantent pas, mezzos et altos se font pythonisses au service de Chronos.</p>
<p>La scénographie imaginée par <strong>Céline Diez </strong>et<strong> Clément Debailleul</strong> fonctionne particulièrement bien dans la nef si haute de la basilique. Les vidéos projetées sur trois grands disques superposés qui surplombent les chanteurs constituent un remarquable support à l&rsquo;imaginaire. Le cheminement coloré, organique, à la limite de l&rsquo;abstraction, évoque tour à tour une trinité contemporaine, les quatre éléments, une matière impalpable et ondulatoire – cellule microscopique ou voix lactée – qui ne pollue pas le moins du monde l&rsquo;écoute mais au contraire semble en amplifier l&rsquo;effet hypnotique. Comme le souligne le chef, cette « partition visuelle transpose les principes de composition dans le champ du regard ».</p>
<p>Un singulier envoûtement saisi le spectateur à la découverte d&rsquo;une pièce qui, à tout juste cinquante ans, précède immédiatement <em>Einstein on the Beach</em>.<br />
<strong>Denis Comtet</strong>, impavide, sert superbement ce répertoire finalement assez réduit d’œuvres profanes pour chœur et orgue.<br />
Sa maîtrise rythmique souligne la stabilité et les qualités percussives des chanteurs. Dans ces boucles répétitives, c&rsquo;est la rythmique qui modifie l&rsquo;harmonie. Ici, la fluidité des décalages quasi imperceptibles, concourt à un puissant ressenti océanique.<br />
Autant la justesse de l&rsquo;ensemble nous avait posé question en début d&rsquo;été dans le <em>Boléro</em> de Maurice Ravel au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ravel-bolero-evian">festival d&rsquo;Evian</a>, autant ici, elle est indiscutable. Le chœur conserve présence et intention en dépit de l’enchaînement des séquences. L&rsquo;exigence du travail accompli force le respect.<br />
Philip Glass laissant beaucoup de liberté à ses interprètes dans le jeu des nuances, peut-être aurait-il été enivrant de plus en user. Ceci dit, l’homogénéité du son, la précision dans les couleurs des phonèmes, la densité de la pâte sonore soulignent les subtils dérèglements qui font de ces cinquante minutes un temps de transe suspendue.</p>
<p>Notre consœur Christine Ducq, avait beaucoup apprécié le <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/glass-another-look-les-metaboles">Cd</a> sorti ce printemps chez b.records. Le spectacle, crée le 15 mai dernier à la Filature de Mulhouse, sera repris à la Philharmonie de Paris les 18 et 19 septembre prochain et en version concertante au festival de la Chaise-Dieu dès le 29 août.<br />
Les rencontres Musicales et les Métaboles renouvelant leur compagnonnage pour trois années supplémentaires, les festivaliers retrouveront l&rsquo;Ensemble l&rsquo;an prochain.</p>
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		<title>RAVEL, Boléro &#8211; Evian</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ravel-bolero-evian/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La danse s&#8217;invite aux Rencontres Musicales d&#8217;Evian pour une ambitieuse soirée entre répertoire et création. Le Béjart Ballet&#160;Lausanne a traversé le Léman pour offrir son Boléro dans une version inédite, celle pour chœur de voix mixtes initiée par l&#8217;Ensemble des Métaboles.L&#8217;air de rien, ainsi, un vent quasi révolutionnaire souffle sur l&#8217;institution suisse garante de l&#8217;héritage &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La danse s&rsquo;invite aux<strong> Rencontres Musicales d&rsquo;Evian</strong> pour une ambitieuse soirée entre répertoire et création. Le <strong>Béjart Ballet</strong>&nbsp;<strong>Lausanne</strong> a traversé le Léman pour offrir son<em> Boléro</em> dans une version inédite, celle pour chœur de voix mixtes initiée par l&rsquo;Ensemble des <strong>Métaboles</strong>.<br>L&rsquo;air de rien, ainsi, un vent quasi révolutionnaire souffle sur l&rsquo;institution suisse garante de l&rsquo;héritage du chorégraphe&nbsp;: c&rsquo;est peut-être la première fois que ses formidables danseurs se produisent dans leur programme phare sur une musique qui n&rsquo;est pas celle de la version historique.<br><strong>Thibault Perrine</strong> en a écrit une transcription pour chœur mixte à la demande de <strong>Léo Warynski</strong>. L&rsquo;ensemble, qui fête ses quinze ans, relève là un défi de taille : alors que la voix est l&rsquo;un des seuls instruments à ne pas être utilisé par Maurice Ravel dans son <em>Boléro</em> ; transformer une apothéose de l&rsquo;orchestre en ivresse vocale.<br>Indéniablement, l&rsquo;a cappella renforce la dimension primitive et tribale de l’œuvre, cassant l&rsquo;aspect savant de la partition. Onomatopées, sifflements, percussions corporelles enrichissent discrètement la technique lyrique classique.<br>Les chanteurs, magnifiquement installés sur la galerie, en fond de scène, parmi les troncs de bouleaux, surplombent le plateau, participant à une cérémonie mystérieuse relevant de la transe incantatoire.<br>La superposition des timbres, très individualisés, constitue un joli écho à celui des vents qui entrent successivement au début du <em>Boléro</em>, mais il n&rsquo;est pas simple pour l&rsquo;oreille d&rsquo;accueillir cette perturbation et aussi riche que soit le travail de couleur des Métaboles, elles peinent à atteindre la plénitude de la version orchestrale.</p>
<p>Rendre le colossal crescendo symphonique par la seule présence des voix semble une gageure quasi impossible à relever. L&rsquo;ensemble ne démérite pas et propose un travail très abouti bien que la justesse s&rsquo;avère parfois hasardeuse.<br>Happé par l&rsquo;hypnotique chorégraphie, submergé par cette sensualité triomphante, le spectateur ne peut que s&rsquo;enthousiasmer devant l&rsquo;extraordinaire prestation de la soliste, <strong>Kathleen Thielhelm</strong> et du Béjart Ballet.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MJ3_3696-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193663"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Les Mélèzes &#8211; Matthieu Joffres</sup></figcaption></figure>


<p>Avant l&rsquo;hymne à la vie que constitue le Boléro, deux courts ballets avaient explorés son revers, le thème d&rsquo;une fin inéluctable. L&rsquo;occasion de découvrir la proposition prenante, pleine de souffle des frères <strong>Pierre et Théo Fouchenneret</strong> de l&rsquo;adagio cantabile de la sonate pour violon n7 de Ludwig van Beethoven. Cet <em>Adage pour deux</em>, superbement dansé par <strong>Elisabet Ros</strong> et <strong>Julien Favreau</strong> reprend le propos du ballet <em>Rendez-vous</em> de Roland Petit&nbsp;: un homme rencontre son destin&nbsp;; sa mort a visage de femme.</p>
<p>En ouverture, cinq danseurs illustraient les <em>quatre derniers Lieder</em> de Richard Strauss, dans une chorégraphie toute aussi classique. <strong>Marianne Croux</strong> et Théo Fouchenneret – habitués du festival –&nbsp;en offrent une version sensible et habitée qui mène la chanteuse au bord des larmes au moment des saluts.<br>La soprano franco-belge a déjà travaillé avec les danseurs de l&rsquo;opéra de Paris en 2019 comme soprano solo dans les <em>Noces</em> de Stravinsky. Elle termine cette saison avec deux beaux succès à son actif, avec d&rsquo;une part, un <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bizet-integrale-des-melodies/">disque des <em>mélodies</em> de Bizet</a>, et d&rsquo;autre part une <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-tce/">Donna Anna</a> remarquée au Théâtre des Champs Elysées.</p>
<p>Ce soir encore, le timbre est opulent, rond et bien couvert. Le legato se fait sensuel et les nuances caressantes dans « September ». Si la diction est perfectible, en quatre Lieder, du printemps au soleil couchant, l&rsquo;émotion est prégnante ; l&rsquo;écoute, intense. Désemparée dans« Beim Schlafengehen », elle reprend – après la ligne surprise du violon qui s&rsquo;invite un instant, comme un clin d&rsquo;oeil à la version orchestrale –&nbsp;dans un beau crescendo, bien canalisé, qui flatte l&rsquo;ampleur de la voix avant que cette dernière ne s&rsquo;épanouisse dans une déchirante lamentation.<br>Le piano, très affirmé dans « Im Abendrot &nbsp;», sait également se nuancer de beaucoup de délicatesse et s&rsquo;avère d&rsquo;un soutien sans faille face à la belle présence hiératique et fragile de la cantatrice.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MJ3_1705-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193654"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Les Mélèzes &#8211; Matthieu Joffres</sup></figcaption></figure>
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		<title>GLASS, Another Look &#8211; Les Métaboles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/glass-another-look-les-metaboles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Belle conjonction de planètes. Alors que l&#8217;ensemble Les Métaboles fête ses quinze ans d&#8217;existence et sa place originale dans le paysage musical, il a enregistré au disque lors d&#8217;un concert à la Cité de la Voix de Vézelay une rare œuvre vocale de Philip Glass sur l&#8217;excellent label b-records qui fête lui-même ses dix ans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Belle conjonction de planètes. Alors que l&rsquo;ensemble <strong>Les Métaboles</strong> fête ses quinze ans d&rsquo;existence et sa place originale dans le paysage musical, il a enregistré au disque lors d&rsquo;un concert à la Cité de la Voix de Vézelay une rare œuvre vocale de <strong>Philip</strong> <strong>Glass</strong> sur l&rsquo;excellent label b-records qui fête lui-même ses dix ans d&rsquo;existence. Cette œuvre excitante de 1975, c&rsquo;est <em>Another Look at Harmony-Part IV </em>composée de huit sections d&rsquo;une durée variable de seize secondes à plus de onze minutes, composée alors que Philip Glass vient de débuter l&rsquo;œuvre ogresse <em>Einstein on the beach </em>(qui lui prendra quatre années). On connaît l&rsquo;appétence de l&rsquo;ensemble dirigé par <strong>Léo Warynski</strong> pour les répertoires originaux, et ce CD vient admirablement le prouver. Avec cet « Another Look » il s&rsquo;agit pour le chef de démontrer l&rsquo;excellente tenue technique de son ensemble tout en mettant en lumière l&rsquo;importance de la place occupée par le compositeur américain, dont on connaît l&rsquo;extraordinaire influence sur la musique des années 70 à celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui (avec de nombreux héritiers appartenant à des territoires très divers, du rock progressif à la musique électronique, de la techno-house à la pop, et surtout à la jeune et meilleure création contemporaine qui refuse de camper sur l&rsquo;Aventin de la musique dite « sérieuse »). Bref la musique minimaliste (ou répétitive) a essaimé plus qu&rsquo;aucune autre esthétique avec ses fascinants « objets sonores » – comme le dirait Pierre Schaeffer.</p>
<p>Remplaçant l&rsquo;orgue électronique prévu dans la partition par un orgue baroque (superbe jeu de <strong>Yoann Héreau</strong>, vieux complice de l&rsquo;ensemble), le geste du chef des Métaboles tend à réinscrire cette pièce dans une histoire chorale multi-séculaire. Mais l&rsquo;ensemble formé de dix-huit chanteurs rend pleine justice à l&rsquo;invention toute moderne de cette musique pulsée, répétitive mais non mécanique (P. Glass n&rsquo;est pas S. Reich), car imperceptiblement déroutante, inventive avec ses micro-changements de rythme organisant des effets de surprise subtils, et des modifications ténues mais marquantes de texture grâce aux boucles de l&rsquo;orgue, aux entrées et modulations des voix. La force hypnotique que parvient à recréer le chœur, en huit sections déroulant une expérience temporelle bouleversant nos repères, est des plus exaltantes. Il réussit ici une prouesse technique (mûrement répétée) pour une œuvre vocale extrêmement difficile à mettre en place pour une cinquantaine de minutes. Cette continuité de l&rsquo;histoire vocale voulue par Léo Warynski est par ailleurs réaffirmée avec l&rsquo;enregistrement (en plage 9) d&rsquo;une composition récemment redécouverte, un <em>Canon</em> du XVIIIe siècle d&rsquo;<strong>Andrea Basily</strong>. Il est permis de trouver ce dernier bien  moins intéressant, en regard du chef-d&rsquo;œuvre d&rsquo;un compositeur de notre temps, malgré l&rsquo;ambition du <em>Canon</em> de nous faire accéder à l&rsquo;éternité avec ses superpositions et reprises de voix. Notons enfin qu&rsquo;une création visuelle accompagnera la reprise du disque au concert à la Filature de Mulhouse le 15 mai 2025.</p>
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		<title>The Angels (Byrd, Harvey, Purcell, Palestrina)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-angels-byrd-harvey-purcell-palestrina-les-anges-planent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Feb 2021 05:24:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec une belle constance, les Métaboles ont signé plusieurs enregistrements que l’on peut qualifier de singuliers. Le premier (2014), intitulé « Mysterious Nativity » révélait les richesses du répertoire russe depuis un siècle, puis vinrent la « Nuit américaine » (2016), et l’extraordinaire « Jardin féérique » (2020) qui avaient imposé l’ensemble parmi les références chorales de notre temps. Ils signent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec une belle constance, les Métaboles ont signé plusieurs enregistrements que l’on peut qualifier de singuliers. Le premier (2014), intitulé « Mysterious Nativity » révélait les richesses du répertoire russe depuis un siècle, puis vinrent la « Nuit américaine » (2016), et l’extraordinaire « Jardin féérique » (2020) qui avaient imposé l’ensemble parmi les références chorales de notre temps. Ils signent aujourd’hui « The Angels », titre emprunté à l’une des pièces de Jonathan Harvey, sur lequel est centré le CD. <strong>Léo Warynski</strong> nous a accoutumés au croisement des styles et des époques au travers de ses albums. Il poursuit sa quête en associant au compositeur britannique trois grands noms de la polyphonie sacrée (Palestrina, Byrd et Purcell). Le programme est conçu avec habileté, ménageant les juxtapositions, les continuités comme les mutations. Ce disque demeure le témoin d&rsquo;un concert donné à Royaumont en septembre 2019.</p>
<p>Les deux-tiers de l’enregistrement sont réservés à Jonathan Harvey. Celui-ci fit irruption en 1980 avec son fascinant <em>Mortuos plango, vivos voco</em>, créé à l’IRCAM, oeuvre pour sons concrets traités par ordinateur, dont chacun se souvient par l’exploitation des harmoniques d’une cloche monumentale. Disparu en 2012, il s’est imposé comme une figure majeure de la musique britannique, laissant une œuvre variée dont le signe distinctif est la quête de spiritualité. Sa musique chorale a connu un succès équivalent à celui d’Arvo Pärt, particulièrement au Royaume-Uni, où tous les ensembles et chœurs réputés ont enregistré les œuvres que nous écoutons ici. Aedes, le chœur de Mathieu Romano, avait déjà abordé le répertoire de Jonathan Harvey. Evidemment son langage s’est approprié nombre de techniques contemporaines, proprement vocales ou influencées par l’électroacoustique. Les polyphonies font appel à des formations variées, de l’unisson du plain-chant, du quatre ou cinq voix mixtes, du double chœur, avec des pièces qui font de chacun des seize chanteurs un authentique soliste.</p>
<p>Dans ce répertoire, la preuve est faite qu&rsquo;un chœur français peut se hisser au niveau des meilleures institutions britanniques. S’il force l’admiration, le résultat n’emporte pas forcément l’adhésion. D’essence immatérielle, désincarnée, cette musique d’inspiration religieuse, par la pureté de sa nature, remplira d’aise les chercheurs de spiritualité. On se prend à évoquer Arvo Pärt et ses disciples planants, souvent orientalisants, qui ont le pouvoir de conférer une certaine sérénité, quittes à devenir ennuyeux – faute de propositions – au bout d’un certain temps.</p>
<p>Le récital s’ouvre sur l’<em>Ave verum corpus</em> de Byrd, populaire ici comme outre-Manche.  Tout est d’une beauté lisse, d’une fusion idéale des voix, d’où les contrastes semblent amoindris, voire gommés. Ainsi, le <em>Remember not, Lord</em> , de Purcell, privé de sa basse continue, apparaît-il plus dépouillé que jamais. Le déroulé est émouvant, les modelés de la supplique centrale (<em>Neither take your vengeance</em>) parfaitement rendus, bien que retenus. Quant au <em>Stabat mater</em> de Palestrina, étonnamment puissant, projeté, avec des soli admirables, on regrette seulement que les oppositions des deux chœurs ne soient pas davantage soulignées. L&rsquo;écriture appelle autant l’union des voix que l’opposition des groupes, point n’est besoin de rappeler l’histoire de la polychoralité.</p>
<p>Les Métaboles n’ont plus à démontrer leurs qualités : équilibre, plénitude, précision et clarté d’émission. L’excellence chorale est manifeste. Pour autant, cette musique séraphique manque de battements d’ailes, propres à donner corps à une expression musicale moins désincarnée. L’enregistrement s’adresse davantage aux passionnés d’une polyphonie a cappella, comme aux néophytes en quête spirituelle, qu&rsquo;aux mélomanes qui attendent du discours musical expression renouvelée et dynamique.</p>
<p>Petit regret : le temps est suspendu, mais le disque est avare. Certes l’écoute exige une attention de tous les instants et l’on peut comprendre que Léo Warynski ait veillé à éviter une forme de saturation de l’auditeur, mais le support n’autorisait-il pas d’aller au-delà de quarante-cinq minutes ?</p>
<p> </p>
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