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	<title>Les Ombres - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<title>Les Ombres - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>DESTOUCHES, Télémaque &#038; Calypso</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/destouches-telemaque-calypso/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jul 2024 06:49:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Encore une pluie d’enregistrements nous provient de Château de Versailles Spectacles, avec le 23e titre de la collection Opéra français. Quel fabuleux travail patrimonial réalisé en 20 ans&#160;! Destouches, redécouvert par beaucoup avec la très belle Callirhoé puis Sémiramis, nous revient avec un titre créé entre les deux&#160;: Télémaque et Calypso. Ce drame créé en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Encore une pluie d’enregistrements nous provient de Château de Versailles Spectacles, avec le 23<sup>e</sup> titre de la collection Opéra français. Quel fabuleux travail patrimonial réalisé en 20 ans&nbsp;! Destouches, redécouvert par beaucoup avec la très belle <em>Callirhoé</em> puis <em>Sémiramis</em>, nous revient avec un titre créé entre les deux&nbsp;: <em>Télémaque et Calypso</em>. Ce drame créé en 1714 est ici proposé dans la version sensiblement remaniée de 1730 – où le cast comportait bon nombre des artistes de l’<em>Hippolyte et Aricie</em> de Rameau et Pellegrin.</p>
<p>C’est justement Pellegrin qui puisa chez Fénelon la matière de cet opéra. Après un bref prologue (Minerve, Apollon, les Arts, et les muses…), nous voici chez la magicienne Calypso. Ulysse est parti mais Neptune réclame toujours son sang, menaçant toute l’île. Justement, Télémaque vient d’échouer sur ces rivages, où il a enflammé les cœurs de l’enchanteresse et d’Eucharis, princesse captive qui sait lui plaire. Ajoutons Adraste, amant malheureux de Calypso – il a le tort d’être baryton. Plusieurs aveux rythment le drame, entre les divertissements largement teintés de surnaturel : Télémaque se dit fils d’Ulysse au II (Calypso renonce à son sacrifice) puis reconnaît qu’il est amoureux au III, Adraste, défait par son rival, dénonce les tourtereaux à la magicienne au IV, Eucharis révèle qu’elle est Antiope au V… Les Dieux ont promis la princesse à Télémaque, et le couple fuit avec l’aide de Minerve pendant que Calypso fulmine.</p>
<p>Alors que le public du début du XVIIIe siècle se passionne pour les ariettes et divertissements (Destouches lui-même avait percé avec la pastorale <em>Issé</em>), Pellegrin s’inscrit résolument dans le sillage de la tragédie lyrique dès un acte I fort sombre, en misant fortement sur le surnaturel, et fait du pied à l’<em>Armide</em> de Lully-Quinault. À son instar, Calypso renonce à tuer l’objet de son amour, lui offre un langoureux divertissement, et évoque ensuite non pas la Haine, mais l’Amour.</p>
<p>Si Destouches se plaint auprès du prince Grimani de la réception de son opéra en 1730 (correspondance intéressante proposée dans le livret du disque), notre oreille n’a pas les mêmes envies que le public d’alors, et on ne se plaindra pas de la fidélité du compositeur au Surintendant tant la musique est belle – <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/destouches-telemaque-et-calypso-versailles/">Guillaume Saintagne s&rsquo;était enthousiasmé du concert</a>. Du reste, là où les contemporains du musicien préféraient les divertissements et scènes de genre, c’est aujourd’hui la « partie de sentiment » qui séduit le plus.</p>
<p>L’architecture dramatique de l’opéra n’a rien de particulièrement brillant. L’intérêt est néanmoins maintenu par des récits sont de belle facture, d&rsquo;où ressortent quelques répliques marquantes. Les épisodes se succèdent à vive allure, et les trois derniers actes regorgent de beautés musico-dramatiques. On peut relever la mobilité inusité du caractère des morceaux solistes, et l’intranquillité qui règne jusque dans les lamentations : la tragédie ne manque jamais de relief.</p>
<p><strong>Les Ombres</strong>, sous la houlette de <strong>Margaux Blanchard</strong> et <strong>Sylvain Sartre</strong>, tendent de belles lignes avec ce qu’il faut de d’incisivité dans le phrasé et de vivacité dans le rythme, tout en sachant s’attendrir. Certes, les cordes sont un peu chiches, mais la réalisation instrumentale est convaincante sans esbrouffe. <span class="bold"><strong>Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles</strong></span> sont à la hauteur en dépit d’un impact purement vocal parfois limité, surtout quand les pupitres sont séparés. Ces quelques limites d’effectif expliquent aussi pourquoi les moments intimistes convainquent plus sur les scènes appelant toutes les forces musicales et diluent sensiblement le contraste des tableaux.</p>
<p>Le principal atout tient à une très belle affiche, avec en partage une diction excellente : on suit l’opéra sans livret, ce qui est assez rare. On attendait <strong>Isabelle Druet</strong>, éminente dans ce répertoire : diseuse exceptionnelle, elle varie les colorations d’une voix pourtant assez mate. Acrimonieuse et poivrée dans ses frustrations, elle rosit en s’abandonnant à l’amour et se rendurcit une fois la trahison avérée. Autre grande tragédienne lyrique, <strong>Emmanuelle de Negri</strong> dessine une Eucharis douce et déterminée, très séduisante vocalement. Timbre fin, verbe net, <strong>David Witczak</strong> dessine Adraste au crayon graphite. La mort du personnage est un moment fort de l’œuvre. Suave, sobre et sensible, le jeune ténor <strong>Antonin Rondepierre</strong> se fond naturellement au sein de ce bel ensemble. L’expérience lui permettra d’acquérir plus de présence encore.</p>
<p>Plus qu’en d’autres occasions, <strong>Marine Lafdal-Franc</strong> peut se faire valoir en Minerve et grande prêtresse de l’Amour, tandis qu’<strong>Hasnaa Bennani </strong>prête sa voix délicieuse à diverses figures plus timidement incarnées. Moins sollicités, <strong>Adrien Fournaison</strong> et <strong>David Tricou</strong> s’acquittent bien de leurs interventions, tandis que <strong>Colin Isoir, </strong>sorti du chœur, est ténu sans démériter en grand prêtre de Neptune.</p>
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		<title>DESTOUCHES, Télémaque et Calypso &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/destouches-telemaque-et-calypso-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Destouches est un compositeur aussi extraordinaire que rarement joué, et si nous avions été déçus tant par l’œuvre que l’interprétation de sa Sémiramis il y a quatre ans, nous sommes conquis par ce Télémaque et Calypso. Créé deux ans après sa formidable Callirhoé et révisé en 1730, ce drame mythologique l’égalerait presque si le livret &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span lang="fr-BE">Destouches est un compositeur aussi extraordinaire que rarement joué, et si nous avions été déçus tant par l’œuvre que l’interprétation de sa </span><span lang="fr-BE"><i><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/semiramis-versailles-nuisibles-ceremonies/">Sémiramis</a> </i></span><span lang="fr-BE">il y a quatre ans, nous sommes conquis par ce </span><span lang="fr-BE"><i>Télémaque et Calypso. </i></span><span lang="fr-BE">Créé deux ans après sa formidable </span><span lang="fr-BE"><i>Callirhoé </i></span><span lang="fr-BE">et révisé en 1730, ce drame mythologique l’égalerait presque si le livret ne surjouait pas avec les fausses identités qui complexifient l’action, tout en ménageant des airs splendides et rien moins que deux invocations aux « Enfers » (dont une dès l’acte I !). Inspiré par le roman de Fénelon, l’histoire est celle de Calypso qui tente de séduire Télémaque après l’avoir sauvé d’un sacrifice à Neptune, irrité contre son père Ulysse. Mais évidemment Télémaque en aime une autre sur cette même île. En conséquence, l’équilibre entre les personnages est original : le rôle du « méchant » est divisé entre le personnage d’Adraste et la figure changeante de Calypso qui suscite autant la sympathie que l’effroi, tandis qu’Antiope/Eucharis a presque autant d’importance que la nymphe éponyme. L’orchestration recèle des richesses harmoniques, la prosodie donne l’illusion du naturel tout en conférant un poids fabuleux au texte, les personnages n’hésitent pas à s’interrompre et à s’affronter dans des duos enflammés qui semblent vouloir porter à incandescence le modèle lullyste, tout en lui rendant hommage avec cette fin de l’acte III, où se déploie une immense et splendide chaconne intégrant chœurs et couplets. Parmi ses meilleurs moments, citons aussi les deux airs graves d’Antiope et Calypso qui ouvrent le premier acte, le duo entre Calypso et Télémaque au III, avec flûtes concertantes (qui rappelle étrangement le « O nuit, témoin de mes soupirs secrets » de </span><span lang="fr-BE"><i>Callirhoé)</i></span><span lang="fr-BE">, et le formidable acte V tout entier. </span></p>
<p><span lang="fr-BE">Une équipe d’exception a été réunie ce soir, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/destouches-telemaque-ambronay/">deux ans après Ambronay</a>, dans la salle des croisades du château de Versailles pour défendre cette partition. Tous sont parfaitement intelligibles (d’autant plus appréciable en l’absence de surtitres), attentifs à la justesse de l’expression et de la déclamation, tout en faisant valoir des personnalités très différentes. Si <strong>Colin Isoir</strong> (sorti du chœur) nous semble parfois manquer d’assurance en Grand Prêtre de Neptune, <strong>David Tricou</strong> et <strong>Adrien Fournaison</strong> font bien plus que jouer les utilités. Mêmes éloges pour la très vivante et coruscante <strong>Marine Lafdal-Franc</strong> tant en Minerve rouée qu’en Grande prêtresse de l’Amour enthousiasmée. Déclarée souffrante, <strong>Hasnaa Bennani</strong> n’a pourtant pas ménagé ses efforts pour apporter luxe d’ornementations et finesse d’élocution à ses apparitions. Elle ne renonce qu’à quelques aigus en fin de phrases et à l’air de la Matelote. <strong>David Witczak</strong> use un peu trop de son formant pour donner plus d’ampleur au vilain Adraste, mais l’incarnation est très réussie, notamment dans sa mort vengeresse, qui glace autant le sang de l’héroïne que celui du spectateur. </span></p>
<p><span lang="fr-BE">Télémaque prend les traits du jeune <strong>Antonin Rondepierre</strong> qui accède ce soir avec bonheur à un rôle de premier plan. L’émission est claire mais solide, l’acteur sensible et, si l’on peu trouver que l’expression manque parfois de variété, elle convient finalement bien à la juvénilité et à l’héroïsme naïf du fils d’Ulysse. Les deux rivales campées par <strong>Emmanuelle de Negri</strong> et <strong>Isabelle Druet</strong> nous offrent un duel au sommet. A la première les déplorations alarmistes et les élans contrariés, servis par un style à la fois royal et humble qui touche immédiatement grâce à une voix pleine et moelleuse à la technique affûtée. A la seconde, la variété des sentiments et affects : angoisse, attendrissement, ruse, trahison, sorcellerie. Autant de facettes qui brillent grâce aux talents d’actrices phénoménaux d’Isabelle Druet, qui sait doser ses effets avec une économie fulgurante tant dans les mots (ces « Ah » parfaits dans son premier air, cette façon fragile mais sans afféterie de dire « charmer ses yeux » pour appeler les esprits au secours de sa séduction, ou encore le pourtant très plat « Je t’aime, tu me hais » qu’elle sort de la banalité au dernier acte) que dans les gestes (il faut la voir lever les bras pour faire taire le chœur, suivre des yeux ses collègues qui quittent la scène, ou s’emporter sur son pupitre au point de le détacher de son piquet dans un élan trop véhément !).</span></p>
<p><span lang="fr-BE">Le chœur des <strong>Chantres du CMBV</strong> se montre excellent, presque toujours compréhensible, jamais scolaire, n&rsquo;ayant que quelques détails d&rsquo;unisson à peaufiner, ils nous offrent un splendide « Fille de Jupiter ». Enfin, l&rsquo;orchestre <strong>Les Ombres</strong> mérite tous les éloges, d&rsquo;abord pour la qualité de ses solistes : Marie-Ange Petit s&rsquo;en donne à cœur joie dans la variété de percussions prévues par Destouches ; les bois atteignent un équilibre idéal entre rugosité et liquidité ; la basse continue est fournie et chantante ; on regrettera juste un nombre de violons trop limités qui les fait parfois sonner avec acidité (mais peut-être est-ce dû à l’exiguïté de la salle). La direction <em>in vivo</em> de <strong>Sylvain Sartre</strong>, alliée au travail de <strong>Margaux Blanchard</strong> en répétition, est attentive à ne jamais interrompre le flux musical qui semble irriguer le drame, tout en ménageant un bel équilibre avec les chanteurs. Bref, une représentation historique pour Destouches et la tragédie lyrique en ce siècle.</span></p>
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		<title>DESTOUCHES, Télémaque &#8211; Ambronay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/destouches-telemaque-ambronay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a cinq ans, Ambronay et les mêmes interprètes nous révélaient la Sémiramis de Destouches. C’est le tour de ce Télémaque et Calypso (1). Si Ulysse et Pénélope figurent parmi les personnages connus sur la scène lyrique, on a quelque peu oublié Télémaque, que Campra plaça au cœur de son opéra-pastiche de 1704. Fénelon l’avait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a cinq ans, Ambronay et les mêmes interprètes nous révélaient la <em>Sémiramis </em>de Destouches. C’est le tour de ce <em>Télémaque et Calypso</em> (1). Si Ulysse et Pénélope figurent parmi les personnages connus sur la scène lyrique, on a quelque peu oublié Télémaque, que Campra plaça au cœur de son opéra-pastiche de 1704. Fénelon l’avait peint intrépide, généreux, aussi orgueilleux que naïf. On se souvient que, témoin des méfaits des prétendants, sous l’inspiration d’Athéna, guidé par Mentor, il avait pris la résolution virile de partir à la recherche de son père, retenu captif de la nymphe Calypso. Après que Destouches réalise sa tragédie lyrique avec l’abbé Pellegrin, on compte plus d’une dizaine d’opéras, le plus souvent italiens, d&rsquo;après Capecce, jusqu’au tournant du XIXe siècle. L’ouvrage, sur un livret remarquable (2), comporte, selon les règles du temps, un prologue où Minerve, Apollon, l’Amour et leurs suites, chantent la gloire du roi et préparent l’action.</p>
<p>D’une distribution relativement inégale, retenons déjà les trois principaux personnages. <strong>Isabelle Druet</strong> nous vaut une admirable Calypso. La voix, les moyens dramatiques, l’engagement sont au rendez-vous et chacune de ses apparitions est un moment fort. Dès son entrée (« Dieu des mers, terrible Neptune ») elle impose cette figure forte, passionnée, reine humaine qui tutoie les dieux.  « Le dépit, la haine et la rage » (III) l’autorité de « Tout l’enfer m’obéit », tout est là, auquel nul ne peut rester insensible. C’est évidemment au dernier acte qu’elle déploie tous ses moyens, servie par une écriture musicale et dramatique exceptionnelle de force et de justesse (« Tout fuit, injustes dieux…Quels sifflements affreux… »).  Le souci d’une expression intelligible, les couleurs, les inflexions dramatiques, la projection d’une grande tragédienne emportent l’adhésion. Télémaque est jeune, tant le héros que son interprète, et c’est heureux. <strong>Antonin Rondepierre</strong>, haute contre à la française, nous vaut un chant de qualité, soigné, sonore, auquel ne manque qu’un je ne sais quoi d’héroïsme. <strong>Emmanuelle de Negri</strong>, Eucharis (Antiope), égale dans tous les registres comme dans les expressions, avec un constant souci du texte et des couleurs séduisantes, s’y montre au mieux de sa forme. Son dialogue passionné avec Télémaque au début du II est un sommet d’émotion. Mais c’est encore aux derniers actes qu’elle nous touche le plus. Sa plainte qui ouvre le IV est poignante, comme son duo avec Télémaque.</p>
<pre style="text-align: center;"><strong><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Hasnaa-Nennani-1294x600.jpg" /></strong>Hasnaa Bennani © DR</pre>
<p><strong>Hasnaa Bennani</strong>, dès son Amour au prologue, s&rsquo;impose par son émission ronde, son souci expressif et sa longueur de souffle. Dans ses emplois suivants (Cléone, Prêtresse de Neptune, une nymphe, matelote), elle se montre exemplaire. Pour modestes que soient ses interventions, l’Adraste de <strong>David Witczak</strong> mérite d’être signalé. Le trio « Dieux vengeurs », avec Eucharis et Calypso, était prometteur. L’air qui ouvre le III (« Tout répond sur ces bords à ma douleur profonde »), véhément, dont la seconde partie – vivement – traduit le désespoir, est servi avec art et conviction. La voix est puissante, bien timbrée. Son duo avec Calypso, « Le dépit, la haine, la rage » (III), est particulièrement réussi. <strong>Marine Lafdal-Franc</strong>, Minerve, puis la Grande prêtresse de l’Amour, à l’émission charnue, s’accorde bien aux premiers rôles. Arcas, un des Arts, un Plaisir, est confié à <strong>David Tricou</strong>, que l’on regrette de n’entendre pas davantage. Le Grand-prêtre de Neptune, campé par <strong>Colin Isoir</strong> manque encore quelque peu d’autorité, de maturité. L’Apollon d’<strong>Adrien Fournaison</strong> paraît en retrait, mais son Idas est plus solide, malgré une prononciation pâteuse. La direction de <strong>Sylvain Sartre</strong>, engagée, mais toujours symétrique, vaut par l’élan qu’elle communique à chacun. Toujours ça avance, avec souplesse et rebond, et un soin particulier porté aux rythmes comme à la métrique. Le travail est appliqué, avec les reprises renouvelées des airs et danses. Mais l’expression pèche par une certaine uniformité (2). La palette des nuances se résume le plus souvent aux changements d’effectifs.</p>
<p>Les nombreuses pièces instrumentales (ouverture, sarabandes, symphonies, airs, menuets, marches, gavottes etc.) sont illustrées avec brio : leurs phrasés, leurs rythmiques invitent réellement à la danse. La monumentale chaconne, où tous les moyens sont mobilisés, à la fin du III, qui soutient la comparaison avec les plus belles de Lully, y compris celle de <em>Phaëton</em>, suffirait à elle seule à justifier l’écoute de l’ouvrage.</p>
<p>Renouvelés et nombreux, d’écriture homophone ou en imitations, les chœurs sont l’occasion pour Destouches de démontrer sa maîtrise. Mon placement et la réverbération de la nef en amoindrissent la portée. L’intelligibilité est ponctuelle, voire exceptionnelle (malgré une prosodie exemplaire), seuls les dessus tirent leur épingle du jeu, les autres pupitres semblant moins engagés, et l’orchestre trop sonore. L’enregistrement, n’en doutons pas, rétablira les équilibres attendus.</p>
<p>Nul doute que la plupart des réserves – mineures – liées à cette première auront disparu à Versailles, qui accueillera ce <em>Télémaque</em> le 19 juin 2024 (coproduction du C.M.B.V.).</p>
<pre>(1) On peut s’étonner que, pour la circonstance, l’ouvrage intitulé simplement « Télémaque » soit rebaptisé. A la lecture du livret, et davantage encore, à l’écoute, il est légitime d’associer la figure de la nymphe à celle du héros, tant l’action lui réserve le premier rôle. 
(2) L’abbé (Pellegrin), plus que tout, aimait <em>Thésée </em>(me souffle un esprit satirique). 
(3) Ainsi, entre les délicieux airs avec flûtes, les airs joyeux et les passages violents, tourmentés, le contraste nous paraît-il insuffisamment accusé. A propos de flûtes, pourquoi n’avoir recours qu’à des traversières, alors que la partition distingue clairement « flûtes » de « flûte allemande » ? La richesse de la palette sonore y aurait gagné.</pre>
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		<title>DESTOUCHES, Sémiramis — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/semiramis-versailles-nuisibles-ceremonies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2020 21:12:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dernier opéra de son compositeur, Sémiramis n’est hélas pas le chef-d’œuvre testamentaire que l’on espérait. La faute d’abord à un livret bancal : l’exposition est confuse et ne permet pas de cerner clairement les enjeux et sentiments de chaque personnage ; l’action progresse mal, gênée qu’elle est par de longues cérémonies qui nuisent au drame et se &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dernier opéra de son compositeur, <em>Sémiramis</em> n’est hélas pas le chef-d’œuvre testamentaire que l’on espérait. La faute d’abord à un livret bancal : l’exposition est confuse et ne permet pas de cerner clairement les enjeux et sentiments de chaque personnage ; l’action progresse mal, gênée qu’elle est par de longues cérémonies qui nuisent au drame et se répètent maladroitement (la cérémonie de mariage au I interrompue par le tonnerre, la cérémonie de Zoroastre pour charmer la reine au II, la cérémonie des vœux d’Amestris au IV… interrompue par le tonnerre, elle aussi !) ; la séparation entre l’acte II et l’acte III est totalement superficielle, elle coupe bêtement l’invocation infernale de Zoroastre et en dilue la puissance (comparez ce « Qu’ai-je appris ? » avec le « Quel écho vient me frapper ? » de <em>Callirhoé</em>). De plus, Sémiramis est une reine grise, pas assez méchante pour effrayer, pas assez superbe pour que sa chute impressionne. Restent de fortes scènes de confrontation et de beaux moment pour Amestris, mais pas pour la reine, qui ne mérite d’être l’héroïne éponyme qu’in extremis, puisque ce sont ses derniers soupirs et mots qui referment sans fracas l’opéra. Ce sont d’ailleurs les moments qui ont le plus inspiré Destouches, car la profusion mélodique qui enchantait les danses de sa <em>Callirhoé</em> fait ici défaut, rendant les divertissements plus longuets encore. L’orchestration est néanmoins souvent originale, à commencer par la suppression de la quinte de violons, créant un « creux sonore » (selon l’heureuse formule des notes de programme) entre les cordes « aigues » (taille, haute-contre et dessus de violon) et les basses de violon (violoncelles, viole de gambe, guitares et théorbes). Cela produit la sensation assez déstabilisante d’avoir deux orchestres concurrents dans le même ensemble, sensation renforcée par leur disposition symétriquement opposée sur scène. On pourrait difficilement cependant parler de coup de génie, car les effets de cette innovation n’ont pas l’éclat de l’incontestable réussite, ils apportent certes un trouble, un déséquilibre supplémentaire aux tourments des personnages, mais ne sont plus qu’un artifice vain dans les interminables cérémonies qui plombent le drame. On peut néanmoins voire dans cette tentative inaboutie, les prémisses des recherches d’impact dramatique plus violent qui seront bientôt celles d’un Salieri ou d’un Grétry.</p>
<p>Pour servir cette partition oubliée, l’orchestre <strong>Les Ombres</strong> ne manque pas d’atouts, chaque pupitre appelle des éloges (notamment Marie-Ange Petit, percussionniste en chef, du tonnerre aux chants d’oiseaux en passant par timbales et tambour) et l’ensemble fait preuve d’une forte collégialité sous les gestes très « niquetiens » de Sylvain Sartre. Pourtant cela manque de contrastes, d’arrêtes et de tension théâtrale. Tout est bien posé mais rien ne tends. Le <strong>Chœur du Concert Spirituel</strong> illustre une fois encore son excellence mais la partition n’en demande souvent pas tant. Pour jouer les utilités, <strong>Judith Fa</strong> et <strong>Clément Debieuvre</strong> déploient une virtuosité aérienne agréable et <strong>David Witczak</strong> est plus à son aise en sonore oracle qu’en grave ordonnateur.</p>
<p>Devant eux, les solistes ne sont hélas pas irréprochables. Si tous font briller une prononciation française limpide, leur jeu est hélas souvent trop simpliste pour émouvoir. A commencer par <strong>Mathias Vidal </strong>à la voix toujours aussi percussive, mais qui investit trop la moindre de ses phrases : les mots sont articulés en trois dimensions mais totalement éclipsés par la véhémence, il soutient toujours l’attention par ses emportements, mais son Arsane univoque finit par lasser tant il est prévisible. En Zoroastre, <strong>Thibault de Damas </strong>doit composer avec une partition assez pauvre. Si sa prestance est indéniable, le rôle semble néanmoins trop grave pour lui, et son émission est souvent forcée, ses graves assez nasaux, faisant sonner le formant plus que le timbre. <strong>Eléonore Pancrazi</strong> ne peut sauver une reine en manque de noirceur, son émission légèrement engorgée lui offre un medium riche mais la psychologie du personnage n’est pas assez fouillée. Seule <strong>Emmanuelle de Negri</strong>, pourtant déclarée souffrante, brille pleinement ce soir. La technicienne n’élude aucune vocalise, lance de superbes aigus (« Faible secours des malheureux »), l’interprète est sincère et juste, contrastée. Elle a aussi la chance d’être la plus gâtée par Destouches : c’est la seule à avoir des introductions d’airs aussi dépouillées qu’émouvantes. Ses accents poignants et simples dans « J’immole aux dieux le printemps de mes jours » accompagnés par un chœur et un orchestre solennels donnent à cette scène une félicité lugubre, le plus fort moment de la soirée, sans aucun doute.</p>
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		<title>Voix d’Automne : Don Quichotte, Le Miroir d’Armide — Evian</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/voix-dautomne-don-quichotte-le-miroir-darmide-evian-lavenir-de-lopera-se-prepare-aujourdhui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Oct 2019 04:00:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En septembre 2015, Stéphane Lissner annonçait la création de l&#8217;Académie de l&#8217;Opéra national de Paris, une extension de l&#8217;Atelier lyrique à la mise en scène, la musique instrumentale, la danse et les métiers d&#8217;art – couture, perruque, tapisserie, menuiserie… Mot d’ordre (ou tagline comme disent les pros du marketing) : « L’avenir de l’Opéra se prépare aujourd’hui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En septembre 2015, Stéphane Lissner annonçait la création de l&rsquo;Académie de l&rsquo;Opéra national de Paris, une extension de l&rsquo;Atelier lyrique à la mise en scène, la musique instrumentale, la danse et les métiers d&rsquo;art – couture, perruque, tapisserie, menuiserie… Mot d’ordre (ou <i>tagline</i> comme disent les pros du marketing) : « <i>L’avenir de l’Opéra se prépare aujourd’hui !</i> ». C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une trentaine d&rsquo;artistes du monde entier complètent leur formation aux côtés de professionnels confirmés dans différents domaines. En parallèle, un pôle d’éducation artistique s’emploie à faire découvrir l’opéra, le ballet, la musique de chambre et le récital à des milliers de jeunes chaque saison. Telle est la théorie.</p>
<p>Et la pratique ? Sous le prétexte des 350 ans de l’Opéra de Paris, deux rendez-vous de l’édition 2019 de Voix d’automne, le festival d’art lyrique organisé à Evian, en offrent un fugace aperçu – fugace car il serait réducteur de résumer en deux concerts une somme d’actions conduites sur la durée qui combinent partenariats et initiatives pédagogiques avec formations, masterclasses et mises en situation professionnelle.</p>
<p>Le premier de ces rendez-vous réunit le baryton <b>Vladimir Kapshuk</b> et le pianiste <b>Benjamin Laurent </b>dans un programme conçu autour de Don Quichotte. Des pièces musicales inspirées par le héros de Cervantes alternent avec le récit de ses aventures. Depuis 1605, année de la publication d’<i>El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de La Mancha</i>, le « Chevalier de la longue figure » a donné lieu à bon nombre de mélodies, d’opéras et même de comédies musicales, comme le rappelle en fin de programme la chanson de Jacques Brel « La quête », extraite de <i>L’Homme de la Mancha</i>. L’ordre d’interprétation des extraits musicaux se calque sur la narration des exploits de Don Quichotte, de l’adoubement à la mort – avec la si poignante mélodie de Jacques Ibert dont l’ultime note, comme à chaque fois, déchire le cœur. En une répartition judicieuse des rôles, Vladimir Kapshuk chante Don Quichotte ou Sancho Pancha tandis que Benjamin Laurent accompagne et récite. Diable d’artiste que cet ancien de de l’Académie de l’Opéra de Paris, aussi éloquent en pianiste qu’en récitant, capable de jouer en virtuose Ravel, Paisiello ou Massenet et de déclamer son texte avec une aisance que pourraient lui envier bien des comédiens chevronnés. Nice lui a commandé un <i>Opéra minuscule</i> et le Festival de Radio France à Montpellier présentait en juillet dernier son <i>Dormeur du Val</i>, une partition pour mezzo-soprano et piano. Benjamin Laurent est aussi arrangeur et auteur de musiques de documentaires et de court-métrages, co-créateur, compositeur et interprète de l’émission « Les Actualités chantées » sur France Musique ainsi que titulaire du Certificat d’Aptitude aux fonctions de professeur d’accompagnement. Doué ou surdoué ? Les deux, mon capitaine !</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/ac4b.jpg?itok=MpBY7gwx" width="403" /></p>
<p>Le lendemain, un deuxième rendez-vous propose sous le nom du<i> Miroir d’Armide</i>, un parcours musical allant des balbutiements de l’opéra en France au milieu du 17<sup>e</sup> siècle jusqu’aux derniers feux de la tragédie lyrique avant la Révolution. Un prologue et trois entrées donnaient à comprendre l’évolution du genre en quatre compositeurs – Rossi, Lully, Rameau, Gluck –, une quinzaine de pages musicales et autant d’occasions de découvrir, sous la direction de <b>Margaux Blanchard</b> et <b>Sylvain Sartre</b> à la tête de leur ensemble Les Ombres, quelques chanteurs anciennement et actuellement en résidence à l’Académie lyrique de l’Opéra de Paris. Des contraintes logistiques nous ont empêché d’assister à la deuxième partie de cet « opéra imaginaire ». Dès la première partie cependant, se dégagent quelques personnalités vocales en devenir. Citons la soprano américaine <b>Ilanah Lobel-Torres</b>, Euridice (Rossi) puis Aricie (Rameau), dont le timbre de miel fléchirait Cerbère même, et la mezzo-soprano indienne <b>Ramya Roy</b>, qui, dans le monologue de Phèdre, « Cruelle mère », laisse entrevoir un tempérament de feu. Pour elles, comme pour leurs camarades, l’articulation de la langue française est un objectif de progrès que l’Académie de l’Opéra national de Paris – n’en doutons pas – saura prendre en compte aujourd’hui, pour des demains qui chantent bien.</p>
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		<title>DESTOUCHES, Sémiramis — Ambronay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/semiramis-ambronay-babylonienne-pre-voltairienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Oct 2018 23:25:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la Sémiramis rossinienne depuis longtemps connue s’était récemment ajoutée une consœur lyrique, celle de Catel (1802), sans oublier toutes celles qu’Anna Bonitatibus avait dénichées pour un récital consacré à la reine de Babylone. Pourtant, il restait encore à en découvrir au moins une qui, pour être française, ne doit cependant rien à la pièce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la <em>Sémiramis</em> rossinienne depuis longtemps connue s’était récemment ajoutée une consœur lyrique, celle de <a href="https://www.forumopera.com/cd/vingt-ans-apres-ou-vingt-ans-avant">Catel (1802)</a>, sans oublier toutes celles qu’Anna Bonitatibus avait dénichées pour un <a href="https://www.forumopera.com/cd/anna-bonitatibus-semiramide-la-signora-regale-et-anna-inventa-le-recital">récital consacré à la reine de Babylone</a>. Pourtant, il restait encore à en découvrir au moins une qui, pour être française, ne doit cependant rien à la pièce de Voltaire (1748) qui inspira ensuite les librettistes. Alors que la <a href="https://www.forumopera.com/isse-de-destouches-montpellier-festival-applaudissez-isse">tournée d’</a><em><a href="https://www.forumopera.com/isse-de-destouches-montpellier-festival-applaudissez-isse">Issé</a> </em>se termine samedi prochain à Versailles, le festival d’Ambronay a permis de ressusciter un opéra situé à l’autre extrémité de la carrière d’André Cardinal, dit Destouches, une <em>Sémiramis</em> exactement tricentenaire. Sur un livret du même Pierre-Charles Roy qui lui avait fourni le texte de <em>Callirhoé</em>, Destouches donnait en 1718 son ultime tragédie, sans toutefois renouer avec le succès qu’avaient pu connaître ses précédentes œuvres lyriques. A ce propos, on invoque en général l’évolution du goût : sous la régence, le public était désormais friand de spectacles plus légers. Mais deux ans auparavant, l’extrêmement tragique <em>Hypermnestre</em> de Gervais – tout récemment <a href="https://www.forumopera.com/hypermnestre-budapest-gervais-jen-veux">recréée à Budapest</a> – avait été fort applaudie, et devait être régulièrement reprise tout au long du siècle. Peut-être la musique de Destouches se laisse-t-elle moins facilement apprivoiser ; toujours est-il qu’au bout d’un mois sa <em>Sémiramis </em>fut retirée de l’affiche pour n’y plus revenir.</p>
<p>Réduit à quatre personnages principaux, le livret se révèle particulièrement dense, voire opaque, malgré une intrigue resserrée. Sans avoir préalablement lu l’Argument, il est en effet difficile de comprendre les motivations des uns et des autres. Bien que gratifiés de monologues développés, qui permettent de suivre les méandres de leur psychologie, les personnages s’expriment un peu trop à mots couverts, comme si la situation – en grande partie imaginée par le librettiste – était limpide pour tous. Sur ce texte, Destouches compose un récitatif sinueux, aux contours imprévisibles, rendu plus ardu lors de ce concert par un continuo particulièrement touffu. Dirigé ce soir par les gestes amples de <strong>Sylvain Sartre</strong>, son cofondateur et codirecteur avec la gambiste <strong>Margaux Blanchard</strong>, l’ensemble<strong> Les Ombres </strong>est encore assez peu familier du genre opéra ; on avait beaucoup apprécié, il y a deux ans, le programme présenté <a href="https://www.forumopera.com/jonas-et-la-tempete-ambronay-des-lumieres-plein-les-oreilles">à Ambronay autour d’airs de Purcell et de Rameau</a>, mais conduire le discours d’une tragédie lyrique nécessite d’autres compétences encore. Même un peu écourtée (le prologue n’est pas donné, et quelques coupes ont été faites, surtout au troisième acte), <em>Sémiramis</em> exigerait un souffle théâtral que la partition peine à trouver lors de cette version de concert, où les jeux d’éclairage réglés par <strong>Nathalie Perrier </strong>ne suffisent pas entièrement à créer les contrastes souhaitables. Par ailleurs, l’Abbatiale d’Ambronay n’est sans doute pas le cadre idéal pour ce genre d’œuvre : l’acoustique « généreuse » du lieu a tendance à estomper les contours de la musique, à nimber les voix d’un flou auquel elles résistent plus ou moins bien. L’oratorio s’en accommode assez bien, l’opéra un peu moins. Le chœur du Concert Spirituel, « prêté » par Hervé Niquet, intervient à chaque divertissement, mais une solennité qui ne se distingue pas tout à fait assez du reste des différents actes. Issus de ses rangs, <strong>Benoît Descamps</strong> est un oracle au timbre étonnamment clair pour celui qui se fait la voix de Jupiter, <strong>Clément Debieuvre</strong> a la volubilité voulue pour les deux petits rôles confiés à une haute-contre, mais <strong>Julia Beaumier </strong>reste un peu froide dans ses incarnations successives.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="246" src="/sites/default/files/styles/large/public/photo-1538830865.jpg?itok=vpMGlpEP" title="E. De Negri, M. Vidal, J. Van Wanroij © Bertrand Pichène" width="468" /><br />
	E. De Negri, M. Vidal, J. Van Wanroij © Bertrand Pichène</p>
<p>Après avoir été un ministre, puis un mémorable Corésus dans <em>Callirhoé</em> sous la baguette d’Hervé Niquet en 2005 et 2006, <strong>João Fernandes</strong> revient en Zoroastre, auquel il offre ses graves superbes et sa science de la déclamation française. Bien que déclencheur du drame, le personnage n’apparaît qu’à la troisième scène du deuxième acte, mais occupe ensuite entièrement l’acte central consacré à l’invocation des puissances infernales. En Arsane, fils ignoré de la reine de Babylone, <strong>Mathias Vidal </strong>se montre une fois de plus l’interprète idéal des rôles de haute-contre de tout ce répertoire, avec cette ferveur et ce dramatisme qu’on lui connaît. <strong>Emmanuelle De Negri</strong> trouve en Amestris un personnage de princesse éplorée auquel elle confère des accents déchirants. En Sémiramis, <strong>Judith Van Wanroij</strong> se joue des difficultés d’un rôle a priori destiné à une voix plus grave, celle de la Lyonnaise Marie Antier, bas-dessus à l’Académie royale de musique de 1711 à 1741, et future créatrice de Phèdre dans <em>Hippolyte et Aricie</em>, entre autres. On aimerait voir sur scène ce que la soprano néerlandaise tirerait de cette impitoyable héroïne ; en attendant une très hypothétique recréation théâtrale, et un possible enregistrement discographique, on pourra entendre cette œuvre sur France-Musique le 14 octobre.</p>
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		<title>François Couperin, Leçons de Ténèbres et motets</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/francois-couperin-lecons-de-tenebres-et-motets-piete-sincere-et-emouvante-du-grand-siecle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Jun 2018 08:11:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Seules ces Trois leçons pour le mercredi saint, écrites pour le convent de Longchamp, nous sont parvenues, celles du jeudi et du vendredi étant considérées comme perdues. Elles ont fait l’objet de nombre d’enregistrements tant leur écriture et leur forme sont parfaitement achevées.  Le seul air de la deuxième leçon, « Recordare est Jerusalem », le justifierait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Seules ces <em>Trois leçons pour le mercredi saint</em>, écrites pour le convent de Longchamp, nous sont parvenues, celles du jeudi et du vendredi étant considérées comme perdues. Elles ont fait l’objet de nombre d’enregistrements tant leur écriture et leur forme sont parfaitement achevées.  Le seul air de la deuxième leçon, «<em> Recordare est Jerusalem</em> », le justifierait pleinement, sorte de lamentation sur passacaille parmi les plus réussies du temps. Les vocalises souples et sensuelles des lettres hébraïques, comme les versets, récitatifs ou ariosos, sont d’une grande justesse stylistique, assis sur une basse continue tonique. Les images contrastées, les figuralismes sont remarquablement servis et la voix d’<strong>Anne Magouët</strong> à laquelle se joint celle de <strong>Chantal Santon-Jefferey</strong> (pour la troisième) nous valent une gravure de référence. Nous les retrouvons pour les <em>Quatre versets du psaume Mirabilia testimonia</em>. Dès le premier, l’entrelacs des deux voix est un régal. C’est une merveille de fraîcheur que celles-ci, dans leur jeu avec les flûtes et les violons de l’<em>Adolescentulus sum ego</em>, tout particulièrement. De la <em>messe pour les couvents</em>, antérieure de plus de dix ans, nous n’aurons que l’<em>Agnus Dei.</em> L’instrument, sa registration et l’interprétation de <strong>Marc Meisel</strong> nous font regretter de n’en pas écouter davantage.</p>
<p>Le CD nous vaut un bonheur supplémentaire : le premier enregistrement mondial de huit motets à voix seule, deux ou trois parties, et symphonie (1705), dont la ferveur sincère rejoint celle des autres pièces du programme. <strong>Benoît Arnould</strong> y confirme toutes ses qualités vocales et stylistiques, les mots ont leur sens. Quant aux Ombres, l’ensemble s’y révèle coloré et animé à souhait, de quoi réjouir tous les auditeurs, bien au-delà des frontières du baroque.</p>
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		<title>BASSANI, Giona — Ambronay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jonas-et-la-tempete-ambronay-des-lumieres-plein-les-oreilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Oct 2016 06:48:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival d’Ambronay ne fait pas les choses à moitié. Lorsqu’il propose une redécouverte comme l’oratorio Il Giona (1689) de Giovanni Battista Bassani (1647-1716), il ne se contente pas d’offrir à son public ces soixante-dix minutes de musique qui pourraient se suffire à elles-mêmes. Non, à la reprise de ce concert donné pour la première &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival d’Ambronay ne fait pas les choses à moitié. Lorsqu’il propose une redécouverte comme l’oratorio <em>Il Giona</em> (1689) de Giovanni Battista Bassani (1647-1716), il ne se contente pas d’offrir à son public ces soixante-dix minutes de musique qui pourraient se suffire à elles-mêmes. Non, à la reprise de ce concert donné pour la première fois en juin à l&rsquo;abbaye de Bonmont, en Suisse, il ajoute une première partie qui est elle aussi tout à fait substantielle, en parallèle avec la tempête qui précipite le prophète biblique dans le ventre de la baleine. Et comme s’il n’était pas assez de ravir les oreilles, il faut aussi envoûter les yeux par une féerie lumineuse, les colonnes et le plafond de la nef de l’abbatiale accueillant des éclairages féeriques aux mille couleurs. Plein les yeux, plein les oreilles, les spectateurs sortent rassasiés d’impressions musicales et visuelles.</p>
<p>Dans la première partie, concoctée par <strong>Margaux Blanchard </strong>et <strong>Sylvain Sartre</strong>, co-directeurs de l’ensemble <strong>Les Ombres</strong>, on n’ira pas chercher une ligne directrice trop stricte : avoir réuni un florilège de pages de Rameau et de Purcell contribue amplement au bonheur de l’auditeur, même si le thème de la tempête est bientôt perdu de vue. Mais comment s’en plaindre lorsque ses deux compositeurs sont servis par des chanteurs au sommet de leur art comme <strong>Mathias Vidal</strong> et <strong>Alain Buet</strong> ? Le ténor éblouit une fois de plus par sa maîtrise des nuances, passant sans effort du fortissimo au pianissimo, subitement ou par une gradation subtile, avec un art qu’on admire autant dans sa première intervention, le délicat « L’éclat des roses » des <em>Indes galantes</em>, que dans la dernière, le non moins ineffable « Music for a while » de Purcell. Le baryton n’est pas en reste, avec une expressivité toujours aussi impressionnante, dans la gravité des airs du froid ou de l’hiver comme dans la burlesque du duo Corydon-Mopsa. Les treize instrumentistes des Ombres font merveille dans les pages les plus célèbres des <em>Boréades</em> (une aérienne « Entrée de Polymnie », une énergique Contredanse), et il faudrait pouvoir tous les citer pour saluer l’élégance et l’émotion de leur jeu. Seul le terme de Mise en espace paraît un peu pompeux pour les quelques déplacements des chanteurs, malgré la belle idée de faire entrer, puis sortir les musiciens un par un, sur la pointe des pieds, alors que l’obscurité se fait peu à peu.</p>
<p>Changement assez radical pour la deuxième partie : non plus un collage d’airs d’auteurs variés, mais une œuvre intégrale, et une musique qui n’est plus ni français ni anglaise, mais italienne, et interprétée par un autre ensemble français, <strong>Chiome d’Oro</strong>, dirigé depuis le clavecin par <strong>Pierre-Louis Rétat</strong>. Les déplacements ont cette fois plus de sens, et suivent ce qu’on pourrait appeler « l’intrigue » de <em>Giona</em>, même si le fil narratif en est assez ténu. L’oratorio consiste se déroule surtout dans la tête de Jonas, le prophète étant partagé entre les sollicitations de l’Espérance et de l’Obéissance. C’est seulement dans la deuxième partie que le malheureux fuit Ninive en bâteau : lors d’une tempête, le capitaine, curieusement nommé Atrebate (SENS), le désigne comme responsable et le fait jeter à la mer, après quoi vient le fameux épisode de la baleine. Comme souvent à l’époque, le récit principal est confié à un narrateur qui est ici une basse, le monumental <strong>Renaud Delaigue</strong>, à la voix puissante de l’aigu jusqu’à l’extrême grave, et à la diction particulièrement incisive ; on s’étonne en l’entendant que les ensembles baroques ne fassent pas plus souvent appel à lui. Jonas est un contre-ténor : passé son premier air qui dénonce l’impiété et l’arrogance des puissants, le prophète se révèle un personnage faible, victime des événements, et cette résignation est bien traduite par la douceur du timbre de <strong>Maximiliano Baños</strong>. Entièrement maîtresse de jeu apparaît l’Espérance de <strong>Capucine Keller</strong>, tant par les riches couleurs de son timbre fruité et ses qualités d’articulation que par son aisance « scénique », même pour cette version de concert. <strong>Alice Kamenezky</strong> en Obéissance lui donne fort dignement la réplique, avec une voix un rien plus sombre mais tout aussi agile. Dans le petit rôle du capitaine, le ténor <strong>Valerio Contaldo </strong>assume la mission d’évoquer le tumulte des eaux dans son air « Si terribile, tant’orribile ». Treize instrumentistes aussi pour Chiome d’Oro, mais répartis différemment : deux fois plus de violons et d’altos, mais ni basson ni percussions, pour une musique qui frappe surtout par la virtuosité qu’elle requiert des chanteurs, Bassani n’évoluant sans doute pas tout à fait sur les mêmes hauteurs orchestrales que Rameau et Purcell.</p>
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		<title>Concert baroque The Tempest — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-baroque-the-tempest-montpellier-les-ombres-se-mettent-en-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2014 06:59:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Montpellier renoue donc avec la musique baroque en invitant à demeure, après Les Talens Lyriques, Le Concert Spirituel et une éclipse de plusieurs années, l’ensemble Les Ombres, dont la direction artistique est assurée par Margaux Blanchard (viole de gambe) et Sylvain Sartre (flûte traversière). En ce mois d’octobre où se sont succédé Les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Montpellier renoue donc avec la musique baroque en invitant à demeure, après Les Talens Lyriques, Le Concert Spirituel et une éclipse de plusieurs années, l’ensemble <strong>Les Ombres</strong>, dont la direction artistique est assurée par <strong>Margaux Blanchard</strong> (viole de gambe) et <strong>Sylvain Sartre</strong> (flûte traversière). En ce mois d’octobre où se sont succédé Les Talens Lyriques, Les Paladins de Jérôme Corréas (avec Sandrine Piau)  et le claveciniste Pierre Hantaï, Les Ombres proposent, après un concert consacré aux quatuors parisiens de Telemann, trois représentations autour du thème de La tempête. Shakespeare oblige, le premier, donné ce 23 octobre, fait la part belle à Purcell,  avec des extraits de <em>The tempest, The Indian Queen, King Arthur, The Fairy Queen, Dido and Aeneas, Dioclesian </em>et <em>Oedipus.</em> Mais 2014 signifie aussi Rameau et il vient en hors d’œuvre et en trou normand, <em>Les Boréades </em>l’emportant naturellement sur <em>Les Indes Galantes </em>par cinq extraits à un.</p>
<p>Donner sans surtitres une majorité d’airs chantés en anglais à un public qui ne le comprend pas forcément peut sembler risqué, mais il semble que le plaisir du son ait suppléé à celui du sens, à en juger par l’enthousiasme au moment des saluts. Le spectacle commence et se termine par la vision des quinze musiciens alignés, de noir vêtus, en fond de scène. Ils rejoignent au début du concert la fosse surélevée grâce à trois escaliers, un central et deux latéraux, et ils la quitteront l’un après l’autre, comme dans la <em>Symphonie dite des Adieux </em>de Haydn pour retrouver leur place initiale. Cette organisation du concert qui théâtralise la présence des instrumentistes avant et après la musique est due à <strong>Olivier Collin,</strong> qui règle par la suite les entrées ou la cohabitation des chanteurs, en utilisant au mieux l’espace scénique dont la fosse devient le prolongement. Est-ce lui aussi qui parfois leur fait tomber la veste ? Cela suffit à caractériser un personnage. Cette imagination à l’œuvre est étayée par les éclairages très maîtrisés de <strong>Nathalie Perrier</strong>, quelques projections d’images et la création de champs de focalisation à géométrie variable (par le jeu des panneaux noirs latéraux et verticaux) dont l’instabilité s’accorde profondément au thème de la soirée.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="293" src="/sites/default/files/styles/large/public/les_ombres_cop._marc_ginot_0.jpg?itok=yQ8gyISK" title="Marc Callahan et Jean-François Lombard © Marc Ginot " width="468" /><br />
	Marc Callahan et Jean-François Lombard © Marc Ginot</p>
<p>Si çà et là quelques tempi semblent un peu complaisamment étirés et quelques tenues des cordes un peu trop acides, tous les musiciens cueillent les occasions que leur donne le programme de mettre en valeur une belle virtuosité. Ils ont pour partenaires le ténor <strong>Jean-François Lombard</strong> et le baryton <strong>Marc Callahan</strong>, qui est annoncé souffrant et en effet la voix est d’abord comme étouffée. Cependant elle se réchauffe rapidement et l’on ne peut qu’admirer, chez les deux interprètes, la probité stylistique et la clarté de l’élocution. Conçu comme un tout, de l’obscurité initiale à l’obscurité finale, ce concert-spectacle ne peut offrir de bis. Calibré à quatre-vingt minutes, il propose un produit de qualité où la faiblesse manifeste des moyens financiers est palliée par la force des idées, ou, si l’on préfère, par celle du talent. A l’évidence Les Ombres n’en manquent pas. En résidence à Montpellier ces Ombres ne sont plus errantes : on leur souhaite d’y être heureuses !</p>
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