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	<title>Münchener Rundfunkorchester - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Münchener Rundfunkorchester - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>HEROLD, Zampa ou La Fiancée de marbre – Munich (Prinzregententheater)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/herold-zampa-ou-la-fiancee-de-marbre-munich-prinzregententheater/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 06:16:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un prix de Rome largement oublié hormis pour une musique de ballet (La Fille mal gardée) et un livret convenu tirant des ficelles un peu grosses : en se rendant à la représentation du rare Zampa de Herold, on était loin de penser que la soirée s’achèverait sur une standing ovation (bavaroise qui plus est). &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un prix de Rome largement oublié hormis pour une musique de ballet (<em>La Fille mal gardée</em>) et un livret convenu tirant des ficelles un peu grosses : en se rendant à la représentation du rare <em>Zampa</em> de Herold, on était loin de penser que la soirée s’achèverait sur une standing ovation (bavaroise qui plus est). Et pourtant, la surprise nous a coupé le souffle. Non pas que la musique de Herold ait révélé des profondeurs insoupçonnées : il reste toujours quelques pages laborieuses au milieu d’une partition juste charmante, qu’on dirait à moitié faite de finales, cadences, strettes et autres traits conclusifs déchaînés, et à moitié de longues mesures de reprise. Mais c’est bien le niveau exceptionnel de l’interprétation qui emporte toutes nos résistances au fur et à mesure de la soirée, si bien que le spectacle <em>prend</em>. Il a bien fallu suspendre notre incrédulité, selon la formule romantique anglaise, moins incrédulité du fond (une variation sur le mythe de Don Juan) qu’incrédulité de la forme : la partition de Herold procède de juxtapositions artificielles d’atmosphères contraires, d’une bonne dose de naïveté dans les passages sentimentaux et d’un usage très daté de l’alternance parlé-chanté.  S’il possède un sens communicatif de l’écriture pétillante et de la petite ritournelle qui explose en barouf de tous les diables, il n’a pas le génie du finale efficace : l’acte II et l’acte III s’achèvent tous les deux, après une agitation culminante, sur le retour de thèmes lents qui se veulent introspectifs et sublimes et font surtout retomber l’attention du public. On trouve du charme et de la matière dramatique dans les trios et quatuors, contrairement aux airs un peu plats. Et pourtant, la conjonction de forces vives bavaroises et d’un échantillon brillant du chant français ont permis l’étonnante réussite de ce <em>Zampa</em>.</p>
<p>L’œuvre a été abordée avec une ambition presque démesurée : une soixantaine de musiciens, autant de choristes et sept solistes qui, jusqu’au plus petit rôle, ont des voix taillées pour les plus grands défis du répertoire – soit quelque cent trente musiciens de haut niveau sur scène pour Herold. Le choix de l’effectif a pu créer quelques problèmes sur lesquels nous reviendrons, mais la soirée démontre que l’excellence de l’interprétation peut racheter les faiblesses d’une œuvre et mettre en avant ce qu’elle a de plus charmant.</p>
<p>La direction d’abord. <strong>Erik Nielsen</strong> a le mérite d’insuffler un peu de relief partout où il le peut, sans chercher à superposer une lecture ou des effets recherchés qui n’auraient pas leur place et feraient ressortir plus encore la relative inanité de la partition. La netteté de son du <strong>Münchner Rundfunkorchester</strong> est irréprochable, les pupitres jouent comme un seul homme (c’est particulièrement vrai des violons) et obéissent avec précision aux gestes du maestro. Ce dernier manie comme il faut le rubato et les dynamiques, et évite intelligemment d’étirer le tempo des parties les plus maladroitement mélodramatiques. Sa direction précise est ainsi suffisamment inventive pour qu’on décide de se prêter au jeu. Faisant fi de légers bémols (des cors qui savonnent leurs entrées et quelques mesures d’orgue très laborieuses dans le finale de l’acte II), on saluera une belle clarinette solo et une connexion admirable entre l&rsquo;orchestre et les chanteurs, alors même que le chef tourne le dos à ceux-ci.</p>
<p>En comparaison, le <strong>Chœur la radio bavaroise</strong> est en retrait. Desservis par une acoustique défavorable qui ternit la netteté de leur son (on n’a quasiment pas entendu les ténors) et par une disposition scénique qui les engonce en fond de scène, les chœurs livrent une prestation propre sans parvenir à trouver de relief et de verve, et ce malgré leur nombre impressionnant.</p>
<p>La distribution, d’un niveau de préparation et d’investissement exemplaire, ne souffrait d’aucun défaut et affichait collectivement une fraîcheur et des moyens vocaux qui avaient de quoi réjouir sur l’état du chant français. La partition, bizarrement, réclame quatre ténors : le quatuor réuni formait une vraie <em>dream team</em> de la clé de sol, chacun s’adonnant dans un festival enthousiasmant à de fréquentes et puissantes incursions dans le registre aigu.</p>
<p><strong>Pierre Derhet</strong>, peut-être le meilleur acteur de la soirée, incarne un Dandolo hilarant, poltron et facilement soumis, avec un timbre trompetant qui tire vers le ténor de caractère. <strong>François Rougier</strong> (il y a peu <a href="https://www.forumopera.com/breve/benjamin-bernheim-chantera-t-il-dans-la-damnation-de-faust-au-tce/">Faust imprévu au TCE</a>) régale la salle avec espièglerie en pseudo-veuf désespéré de voir sa femme réapparaître. Acteur accompli (il faut le voir chanter sous la contrainte, alors qu’il est terrifié, la chanson à boire de son maître), il fait entendre un magnifique timbre de ténor brillant. Il faut toute la délicatesse précieuse de <strong>Cyrille Dubois</strong> pour intéresser au personnage bien mièvre d’Alphonse. On peut ainsi heureusement apprécier la pureté de son timbre et son legato impressionniste, ponctué d’un vibratello charmant, notamment dans la barcarolle du troisième acte, même si sa projection modeste le dessert notablement face à un orchestre surdimensionné et dans un duo, très déséquilibré en termes de volume, avec la soprano.</p>
<p>La stupéfiante surprise de la soirée est le Zampa de <strong>Julien Henric</strong>. Il a du rôle la teinte barytonnante dans le medium et le grave et possède surtout des aigus stables et rayonnants, émis avec une facilité confondante à de (très) nombreuses reprises. Sa maîtrise impeccable de la voix mixte lui permet de monter plusieurs fois dans le contre-aigu, tantôt pianissimo, tantôt fortissimo, proposant même quelques diminuendos époustouflants à cette hauteur et d&rsquo;une beauté désarmante. La sensibilité de son chant fait même un moment marquant de quelques phrases de déclaration amoureuse pourtant banales au troisième acte. Si son jeu pourra gagner en justesse (on lui reproche notamment une déclamation très tubée et haut placée, un peu monotone), il est assurément un jeune talent dont on guettera les prochaines apparitions.</p>
<p>À ces quatre ténors s’ajoute pour quelques phrases <strong>Lukas Mayr</strong>, un baryton sorti des rangs du chœur, d’un très bon niveau.</p>
<p>Du côté des dames, <strong>Héloïse Mas</strong> est l’autre grande triomphatrice de la soirée. Sur le plan théâtral, elle est simplement désopilante dans son rôle efficace de femme à poigne et de commère, confirmant un abattage déjà remarqué dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-larlesienne-le-docteur-miracle-paris-chatelet/">Le Docteur Miracle</a>. Vocalement surtout, elle impressionne par son volume ainsi que par la richesse et le velours d’un timbre chaud qu’elle déploie jusque dans un authentique registre de contralto sur quelques mesures parallèles avec la soprano. Elle témoigne même au deuxième acte d’une agilité à toute épreuve dans les uniques coloratures de cette partition, auxquelles elle donne un relief théâtral convaincant ; voici une seconde chanteuse qu&rsquo;on a hâte d&rsquo;entendre dans d&rsquo;autres rôles.</p>
<p><strong>Hélène Carpentier</strong>, tout comme Cyrille Dubois, pâtit un peu de la faiblesse de son personnage et de l’écriture musicale qui lui revient. Elle possède pourtant un soprano solidement émis du grave aux grands aigus, au souffle parfaitement maîtrisé, au volume généreux, capable de pianissimi exquis, flottant pendant de longues mesures par-dessus un orchestre pourtant pas avare en décibels. Le timbre est néanmoins un peu dur et métallique à partir du <em>forte</em> et le vibrato semble parfois trop large – sans que cela fasse oublier les qualités indéniables de sa voix.</p>
<p>L’équipe de chanteurs, galvanisée par l’émulation et comme enivrée de sa propre excellence, n’était pas loin de faire sauter le plafond du très chic Prinzregententheater sous la décharge sonore dans les tutti, notamment pour le finale de l’acte II. Une telle débauche de virtuosité vocale et de précision musicale ne pouvait laisser personne de marbre et le public munichois ne s’y est pas trompé.</p>
<p>Par bonheur, ce concert faisait l’objet d’un enregistrement live pour la collection des livres-CD du label Bru Zane. En attendant, la captation est disponible sur <a href="https://www.br-klassik.de/audio/20251130-on-demand-br-chor-ro-ferdinand-herold-zampa-ou-la-fiancee-de-marbre-100.html">le site de la radio bavaroise.</a></p>
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		<title>Emmerich Kálmán &#8211; Gräfin Mariza</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/emmerich-kalman-grafin-mariza-les-derniers-feux-de-loperette-viennoise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Musique légère ? Pourquoi ne parle-t-on jamais de musique « lourde » pour désigner les autres ? Pour n’avoir pas la célébrité d’Offenbach ou de Johann Strauss, Emmerich Kálmán, hongrois devenu viennois, puis installé à Broadway, connut un succès planétaire, égal à celui de Franz Lehár. Avec ses mélodies qui s’impriment dans la mémoire, ses duos romantiques, ses incises &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Musique légère ? Pourquoi ne parle-t-on jamais de musique « lourde » pour désigner les autres ? Pour n’avoir pas la célébrité d’Offenbach ou de Johann Strauss, Emmerich Kálmán, hongrois devenu viennois, puis installé à Broadway, connut un succès planétaire, égal à celui de Franz Lehár.</p>
<p>Avec ses mélodies qui s’impriment dans la mémoire, ses duos romantiques, ses incises comiques, et une orchestration riche (avec tárogató et cymbalum, imposés par le contexte tzigane), <em>Gräfin Mariza</em> [Comtesse Maritza] répondait aux exigences du genre et connaîtra une diffusion universelle et durable, à l’égale de celle du <em>Zigeuner Baron</em> (<em>Le</em> <em>Baron tzigane,</em> que cite le texte parlé). On n’en compte plus les enregistrements. Au moins quatre films furent tournés, dont un avec René Kollo… Cependant, sa programmation s’est raréfiée ces dernières décennies.</p>
<p>Contemporaine à sa création, l’action se déroule en Hongrie. La belle comtesse Maritza, lasse de ses soupirants, annonce par la presse ses fiançailles avec le baron Zsupan, fruit de son imagination. Son intendant, qu’elle ne connaît que sous son nom d’emprunt – Bela Torek – n’est autre que le comte Tassilo, ruiné par son père pour doter sa sœur Lisa, qui ignore tout. Or un « vrai » baron Zsupan se présente pour faire la connaissance de sa promise…Tout se termine pour le mieux, évidemment. Le fiancé imaginaire s’éprend de Lisa comme Tassilo qui s’unira à Maritza, après avoir récupéré son héritage. Pour autant la musique n’est pas à l’eau de rose. Le folklore tzigane, avec ses csardas opposant le lassu au friss, la valse viennoise, bien sûr, et même le fox-trot irriguent une partition riche en couleurs, renouvelée, continue, qui fait toujours le bonheur des auditeurs.</p>
<p>Le premier obstacle réside dans la langue, qui supporte mal une traduction, compte tenu des facéties langagières dont le livret est truffé. Ici, elle est toujours intelligible au germaniste moyen, et les dialogues – soutenus souvent par l’orchestre – passent sans mal, d’autant qu’ils doivent avoir été abrégés. Le second obstacle consiste dans l’aptitude des chanteurs à brûler les planches comme de vrais comédiens. Rien n’indique qu’ils aient été doublés et le passage du registre chanté à la voix parlée s’effectue avec naturel.</p>
<p>Les airs sont rares et interviennent opportunément. Duos et trios abondent, deux scènes dansées, et des ensembles dignes de finales d’opéras, la leçon a été assimilée des évolutions du langage des décennies précédentes. Les quatre principaux solistes vont autoriser pas moins de sept duos, aussi variés et ravissants les uns que les autres. Les voix s’y accordent à merveille. Tous sont autant de réussites. Le premier rôle est celui du Comte Tassilo, alias Belá Torek. « Grüss mir mein Wein », mais plus encore le célèbre et nostalgique « Komm Zigan » (introduit par un récit accompagné, à l’alto, qui ouvre le finale du premier acte), sont des réussites indéniables. Ténor viennois, avec déjà une belle carrière internationale, <strong>Mehrzad Montazerri</strong> a la voix ample, noble, colorée, expressive, toujours intelligible. L’égal de ses plus grands prédécesseurs. La californienne <strong>Betsy Horne</strong>, adoptée par l’Allemagne et l’Autriche, illustre aussi bien Brahms que Wagner ou Chausson. Elle chante ici la Comtesse Maritza. Son soprano bien timbré, chaud, aux aigus séduisants, servent fort bien l’héroïne. Sa czardas « Wo wohnt die Liebe » est d’anthologie. La caractérisation est réelle, et son personnage bien vivant. Bien plus qu’une soubrette, <strong>Lydia Teuscher</strong> est Lisa. La voix est fraîche, claire, mozartienne, chargée d’émotion. Ses duos avec le baron Koloman Zsupan sont un régal. Ce dernier, qui arrive dans l’histoire comme un cheveu sur la soupe, est chanté par <strong>Jeffrey Treganza</strong>. Notre ténor, américain installé Outre-Rhin, connaît une belle carrière internationale. Le rôle bouffe qu’il endosse ici lui va à merveille, et le chant, comme les dialogues sont savoureux. Le prince Moritz Dragomir Populescu, confié à <strong>Peter Schöne</strong>, baryton au large répertoire, n’intervient que dans les ensembles. La voix se marie remarquablement à celles de ses partenaires. Manja, une jeune tzigane, est chantée par <strong>Pia Viola Buchert</strong>, mezzo. Avec une aisance remarquable, « Glück ist ein schöner Traum », l’air du début, aux aigus splendides, d’une émotion discrète, est ravissant. Les chœurs du Volksoper viennois, depuis le touchant chœur d’enfants qui dialogue avec Tassilo (« Also los ») jusqu’aux ensembles dont les interventions sont fréquentes, se signalent par leur cohésion et leur entrain.</p>
<p>Il y a lieu ne de pas confondre les deux orchestres associés à la Radio bavaroise, la prestigieuse phalange que créa Jochum en 1952, et le <em>Münchener Rundfunkorchester</em>, son cadet de trois ans, que nous écoutons ici. La liste des grands chefs qui se succédèrent à sa tête atteste à elle seule la qualité de la formation (de Eichhorn à Ulf Schirmer, en passant par Gardelli, Patané et Roberto Abbado). Spécialiste reconnu de ce répertoire, <strong>Ernst Theis</strong> a fait ses classes à Vienne avant de diriger nombre de formations renommées, toutes germaniques et russes. Si nous ne sommes pas dans la capitale autrichienne, nous n’en sommes pas loin par l’esprit, la souplesse et les couleurs. L’ensemble est ductile, parfaitement rôdé, conduit avec entrain et élégance, sachant ménager les passages où l’émotion s’exprime et animer de façon endiablée les csardas. Une belle réalisation, d&rsquo;autant mieux venue que les enregistrements de l&rsquo;œuvre se sont raréfiés.</p>
<p>En allemand et en anglais, la brochure d’accompagnement, faute de reproduire les textes chantés (et dits), détaille l’action scène par scène.</p>
<p> </p>
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