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	<title>National Bordeaux Aquitaine - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 24 Sep 2026 11:21:17 +0000</lastBuildDate>
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	<title>National Bordeaux Aquitaine - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Concert-hommage à Béatrice Uria-Monzon &#8211; Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-hommage-a-beatrice-uria-monzon-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 04:01:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un an déjà et un peu plus. C’était en juillet 2025 et nous apprenions la disparition de Béatrice Uria-Monzon. Après l’effroi, il y eut le temps des hommages, venus de partout. Les voix se sont multipliées, les écrits ont afflué, comme pour conjurer cette sinistre nouvelle. Puis le moment fut venu de se recentrer sur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un an déjà et un peu plus. C’était en juillet 2025 et nous apprenions la disparition de <strong>Béatrice Uria-Monzon</strong>.<br />
Après l’effroi, il y eut le temps des hommages, venus de partout. Les voix se sont multipliées, les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/alain-duault-ma-derniere-lettre-a-beatrice/">écrits</a> ont afflué, comme pour conjurer cette sinistre nouvelle. Puis le moment fut venu de se recentrer sur le chant qui était – presque – toute sa vie. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/beatrice-uria-monzon-evocation-anglet/">Anglet a tenté l’expérience</a>, Bordeaux ne pouvait pas ne pas apporter sa pierre au piédestal que notre mémoire de tant de rôles dresse immanquablement à la fière Béatrice.<br />
Car c’est un peu à Bordeaux que tout avait commencé pour elle. Après la découverte du chant dans la chorale du lycée Saint-Jean de Lectoure, sous la houlette d’un professeur qui la marquera, elle intègre le Conservatoire de Bordeaux avant le  CNIPAL à Marseille puis l’Ecole d’art lyrique de l’Opéra de Paris. Et puis la suite, que l’on connait.<br />
Bordeaux, ville où les bases ont été posées – et même si sa carrière internationale l’entraînera bien loin des bords de la Garonne, elle saura y revenir, notamment pour le spectacle qu’<strong>Alain</strong> <strong>Duault</strong> avait conçu et monté pour elle : <em>Maria Callas, une passion, un destin</em>, où elle osera le pari fou de chanter une dizaine des grands airs de la diva.<br />
C’est aussi un pari difficile qu’a tenté <strong>Emmanuel Hondré</strong>, le directeur de l’Opéra de Bordeaux, de réunir pour une soirée une dizaine de chanteurs de bien des horizons et de toutes les générations ; certains l’ont connue, d’autres côtoyée, pour tous elle demeure une figure d’exemple ; certains n’ont pas pu se libérer (Karine Deshayes), d’autres qui étaient annoncés n&rsquo;ont pu être présents (Alexandre Duhamel ou Clémentine Margaine), mais l’essentiel était que le public fût là et partage des moments où les sourires devaient parfois résister aux larmes. Notamment quand <strong>Lionel Sarrazin</strong> a conclu son « Ô Isis und Osiris » d’un hommage émouvant à celle qui a partagé sa vie de longues années.<br />
On retiendra aussi les mots sobres et justes d’Emmanuel Hondré et de Judith Chaine (France-Musique), qui a présenté les deux parties du spectacle, ainsi que ceux, en fin de concert, de l’amie de longue date, <strong>Delphine Haidan</strong>.<br />
Et puis enfin la musique. Nous ne sommes pas sûr d’avoir tout compris dans l’agencement ou le choix des pièces, notamment orchestrales ; certes l’Ouverture des <em>Maîtres chanteurs de Nuremberg</em> fut une belle entame, mais les extraits (Prélude, Sérénade, Marche et danses bohémienne de <em>La jeune fille de Perth</em> étaient pour le moins dispensables).<br />
Pour les chanteurs la difficulté dans ce genre de récital c’est de monter sur scène à froid, au risque de manquer l’entame. Ce soir <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> a le souffle un peu court pour «  Di provenza il mar, il suol » (<em>La traviata</em>) malgré un timbre chaleureux et <strong>Sophie Koch</strong> est en difficulté (souffle bruyant, vibrato large) tout au long du difficile « Lorsque je t’ai vu soudain » (<em>Le Roi d’Ys</em>), même si la Barcarolle des <em>Contes d’Hoffmann </em>lui offre une planche de salut.<br />
Merci à <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong> d’avoir remplacé au pied levé Clémentine Margaine. Son « Habanera » est toute de séduction et d’aisance et donne envie d’en savoir plus sur ce rôle, <strong>Florian Sempey</strong> tout juste rentré de Vienne où il a fait ses débuts dans <em>Le nozze di Figaro</em> a été un Toréador séducteur et plein d’allant, on n’en attendait pas moins.<br />
<strong>Alexandra Marcellier</strong> a brillé dans un rôle qui est un peu son fétiche : Cio-Cio-San qu’elle a déjà proposé avec bonheur sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/debuts-inattendus-dalexandra-marcellier-a-lopera-national-de-paris/">plusieurs scènes</a>. Le duo du premier acte avec le Pinkerton de <strong>Julien Henric</strong> a emporté le public, à juste titre. C’est que tous les deux font la paire ; quelques menus décalages n’entameront pas la superbe impression que nous a faite ce duo d’amour, qui fut du reste le plus beau moment de la soirée. Réussite due aussi au Pinkerton ô combien charmeur de Julien Henric (que les Parisiens viennent de voir dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/debuts-inattendus-dalexandra-marcellier-a-lopera-national-de-paris/">Hamlet</a>). La voix est claire, parfois solaire, la puissance est là et aussi un cantabile comme on les aime. Henric confirmera cette belle première impression dans « La fleur que tu m’avais donnée », articulation parfaite, souffle bien maîtrisé, bref un véritable moment de grâce qui nous donne vraiment envie d’entendre plus avant ce ténor lyonnais décidément bien prometteur.<br />
Enfin <strong>Philippe Bach</strong>, à la tête d’un Orchestre National de Bordeaux Aquitaine en bonne forme a su donner une cohésion à cette soirée toute de <em>confetti</em> à la mémoire de Béatrice Uria-Monzon.</p>
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		<title>RAVEL, L&#8217;Heure espagnole &#8211; Saint-Jean-de-Luz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ravel-lheure-espagnole-saint-jean-de-luz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival Ravel propose L’Heure espagnole en version de concert à Saint-Jean-de-Luz dans l’église Saint-Jean-Baptiste, sanctuaire royal depuis que Louis XIV y convola en justes noces avec l’infante Marie-Thérèse le 9 juin 1660. En témoignent les circonvolutions baroques du retable, immense sculpture de bois doré qui s’élève sur trois étages jusqu’à la voûte dans une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival Ravel propose <em>L’Heure espagnole</em> en version de concert à Saint-Jean-de-Luz dans l’église Saint-Jean-Baptiste, sanctuaire royal depuis que Louis XIV y convola en justes noces avec l’infante Marie-Thérèse le 9 juin 1660. En témoignent les circonvolutions baroques du retable, immense sculpture de bois doré qui s’élève sur trois étages jusqu’à la voûte dans une pieuse orgie de saints et d’angelots.</p>
<p>Que cette grivoiserie musicale résonne dans un édifice religieux, ne manque pas de piquant. C’est là son unique sel, car à l’épreuve du concert, l’acoustique diffuse du lieu se prête mal à une partition telle que <em>L’Heure espagnole</em>. Avec sa précision diabolique, son orchestre multicolore et ses dialogues au cordeau, Ravel fait de chaque mot un engrenage du mécanisme théâtral. La profusion des timbres – bassons, célesta, harpe, percussions et autres trouvailles sonores – n’est jamais décorative : elle souligne, prolonge ou contredit les vers de Franc-Nohain « tantôt longs, tantôt courts », dont elle épouse les inflexions et les sous-entendus. Encore faut-il l’entendre pour l’apprécier. Quand les voix se trouvent happées par la pâte orchestrale, c’est tout le jeu subtil entre parole et musique qui s’émousse.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LHeure-espagnole-3septembre-2026-%C2%A9-Festival-Ravel-Mathias-Bracho-Lapeyre-3-1294x600.jpg" />© Festival Ravel - Mathias Bracho Lapeyre</pre>
<p>Dans ces conditions, il devient difficile de se faire une juste impression des cinq chanteurs réunis pour l’occasion. À défaut de clarté d’élocution, soulignons combien leur jeunesse renforce le tour leste de la farce. Retenons l’émission saine et la plastique vocale d’<strong>Ambroisine Bré</strong>, Concepción moins virago qu’ardente, l’apparente facilité avec laquelle <strong>Enguerrand de Hys</strong> surmonte la hauteur d’écriture de Gonzalve jusque dans ses mélismes les plus tortueux, et la façon dont son timbre se distingue de l’autre ténor, Torquemada, caractérisé avec à-propos par <strong>Pablo Plaza</strong>. Le baryton métallique de <strong>Yosif Slavov</strong> ne correspond pas à l’idée que l’on se fait de Ramiro, moins viril ici que juvénile, moins rustique que falot, sans rien de cette force tranquille et vocalement de ce grain rugueux qui aide le muletier à soulever des horloges comme des sacs de plume. La pointe d’accent, perceptible en dépit de l’acoustique, joue également en sa défaveur. Finalement, c’est <strong>Thibault de Damas</strong> qui s’impose comme l’interprète le plus marquant de la distribution. Le plus expressif, le plus intelligible, le plus juste dramatiquement – même si sa silhouette longiligne détonne quelque peu avec le personnage censément ventripotent d’Inigo. Sans doute une pratique assidue du répertoire offenbachien lui a-t-elle insufflé cette <em>vis comica</em>, ce sens du geste et du mot que le rôle exige. Peut-être aussi sa position à l’extrême cour, face à nous, y est-elle pour quelque chose : plus proche, il n’en était que plus audible, et plus visible.</p>
<p>À la tête d’un Orchestre National Bordeaux Aquitaine d’environ quatre-vingts musiciens, <strong>Valentina Peleggi</strong> privilégie une lecture vive et très articulée de la partition, Si certains des innombrables détails orchestraux se perdent dans les voûtes, la cheffe maintient une transparence qui conjugue la précision de l’horlogerie et l’ironie du théâtre. Auparavant, le <em>Capriccio espagnol</em> de Rimski-Korsakov, servi en amuse oreille, avait donné le ton de la soirée : du rythme, de l’emphase, des contrastes a défaut de netteté, avec « un peu d’Espagne autour », conformément à l&rsquo;esprit de cette 6<sup>e</sup> édition du Festival Ravel*.</p>
<pre>* Créé sous sa forme actuelle en 2020, par la fusion de <em>Musique en Côte Basque</em> et de l’Académie Ravel, le Festival Ravel devait connaître sa première véritable édition en 2020, mais la pandémie en a empêché la tenue. Après un concert inaugural en septembre 2020, le festival a pris réellement son essor en 2021 : l’édition 2026 constitue donc sa 6e édition effective. Son histoire est toutefois plus ancienne : dès 2017, les deux structures avaient commencé à coproduire un Festival Ravel, prélude à la fusion de 2020. Depuis 2023, Bertrand Chamayou en assure seul la direction artistique. À noter : l’Académie Ravel, rendez-vous estival de formation et de transmission, a fêté cette année sa 56e édition</pre>
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		<title>HOLMÈS, La Montagne noire &#8211; Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/holmes-la-montagne-noire-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 06:37:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D’origine anglo-irlandaise, Augusta Holmès montre très tôt des dispositions pour la musique. Dès son plus jeune âge, elle étudie le piano et le chant avec d’éminents professeurs de l’époque, avant de devenir l’élève de César Franck. Parallèlement, elle fréquente divers salons dans lesquels elle croise Ambroise Thomas, Charles Gounod, Camille Saint-Saëns et même Rossini. En &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>D’origine anglo-irlandaise, Augusta Holmès montre très tôt des dispositions pour la musique. Dès son plus jeune âge, elle étudie le piano et le chant avec d’éminents professeurs de l’époque, avant de devenir l’élève de César Franck. Parallèlement, elle fréquente divers salons dans lesquels elle croise Ambroise Thomas, Charles Gounod, Camille Saint-Saëns et même Rossini. En 1869, elle rencontre Richard Wagner pour qui elle nourrit une grande admiration. Comme lui, elle mettra un point d’honneur à écrire elle-même les livrets de ses opéras et adoptera l&rsquo;usage des leitmotivs. En 1876, elle compose sa première symphonie et devient au fil du temps l’une des rares compositrices à écrire avec succès des œuvres d’une grande ampleur, saluées par la critique. Pour la voix, elle signe une centaine de mélodies et quatre opéras dont seul le dernier connaîtra les honneurs de la scène : <em>La</em> <em>Montagne noire</em> est créé à l’Opéra de Paris en 1895 avec un succès mitigé, notamment de la part des critiques. L&rsquo;ouvrage ne sera jamais repris avant les représentations de Dortmund en 2024, également sous l&rsquo;égide du Palazetto Bru Zane.</p>
<p><span style="font-size: revert; font-weight: inherit;">L’action se situe au milieu du dix-septième siècle dans un village du Monténégro, alors en lutte contre l’invasion ottomane. Aslar et Mirko, deux guerriers revenus vainqueurs d’une bataille, sont liés par une amitié fraternelle indéfectible. Ils ramènent avec eux une prisonnière, Yamina, dont Mirko ne va pas tarder à s’éprendre. Les deux amants décident de fuir le village. Aslar les retrouve et incite Mirko à se repentir. Les deux hommes s’invectivent tandis que Yamina blesse Aslar. Quelque temps plus tard, Aslar, soucieux de l’honneur de son ami qui a quitté sa fiancée, sa mère et sa patrie le retrouve dans un jardin luxuriant en Turquie, se livrant aux plaisirs du vin et de la chair. Après avoir tenté en vain de l&rsquo;arracher à ses vices, pour le sauver de l’infamie il le tue avant de tomber, victime d’une balle perdue.</span></p>
<p>Ce livret qui comporte des thèmes récurrents dans l’opéra du dix-neuvième siècle, comme le conflit entre l’amour et l’honneur, la passion qui trouble la raison, le patriotisme, la trahison, pour efficace qu’il soit, n’est pas exempt de maladresses comme les atermoiements répétés de Mirko ou la redondance entre la fin de l’acte trois et le début du quatre.</p>
<p>La musique, puissante et sensuelle, est influencée par celle des compositeurs qu’Augusta Holmès a côtoyés ou admirés, en particulier Saint-Saëns et Massenet.</p>
<p>Sur la scène de l’auditorium de Bordeaux, <strong>Dominique Pitoiset</strong> montre une répétition de l’ouvrage avec côté cour, des portants où sont accrochés des costumes et côtés jardin un salle de maquillage avec ses miroirs. Petit à petit l’intrigue prends le dessus et après l’entracte c’est un spectacle achevé qui nous est proposé.</p>
<p>&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Montagne-Noire-©FredericDesmesure-5-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-214017"/><figcaption class="wp-element-caption">©FredericDesmesure </figcaption></figure>


<p>Côté masculin, la distribution est d’un niveau artistique élevé. Doté d’une voix homogène et d’un grave profond, <strong>Guilhem Worms</strong> est un Père Sava sobre et bienveillant dont on regrette que ses interventions soient si brèves. <strong>Julien Henric</strong> possède un timbre agréable, un aigu aisé et claironnant mais son bas medium et son grave demeurent confidentiels notamment dans les passages où l’orchestre se déchaîne. <strong>Tassis Chritoyannis</strong> incarne admirablement ce guerrier obstiné, qui veut coûte que coûte, sauver son ami du déshonneur, quitte à y perdre la vie. Son interprétation à la fois vigoureuse et bouleversante capte durablement l’attention. Tous trois possèdent une diction exemplaire.</p>
<p>Côté féminin, <strong>Hélène Carpentier</strong> est une Héléna touchante et résignée en particulier dans son duo du deuxième acte avec Mirko. Cependant, son timbre frais et juvénile n’est pas exempt de dureté dans les aigus <em>forte</em>. <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong> possède une voix ample et chaleureuse qui convient tout à fait à ce personnage de mère aimante et de patriote intransigeante à la fois. Enfin, dotée d’un puissant tempérament et d’une ampleur vocale impressionnante, <strong>Aude Extremo</strong> parvient à exprimer avec bonheur tous les affects de son personnage. Elle campe une Yamina à mi-chemin entre Dalila et Ortrud, tour à tour ensorceleuse et sensuelle, notamment dans son air de du deux « Près des flots d’une mer bleue », haineuse et vindicatrice lors de ses imprécations émaillées d’aigus tranchants, après le duo entre son amant et sa fiancée.</p>
<p>Il convient de saluer également les excellentes interventions des chœurs, remarquablement préparés par <strong>Salvatore Caputo</strong>.</p>
<p>Pierre Dumoussaud s’empare de la partition avec fougue et un enthousiasme communicatif. Aussi à son aise dans les nombreux passages martiaux que dans les scènes élégiaques, il tire de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine des sonorités chatoyantes. Sa direction en tout point rigoureuse et exemplaire lui a valu un grand succès au salut final.</p>
<p>La partition est conforme à celle de la création avec le rétablissement de certaines coupures (l’ouverture) mais sans le deuxième tableau de l’acte quatre. Le Palazetto Bru Zane devrait faire paraître une intégrale de l&rsquo;ouvrage courant 2027 dans la collection « Opéras français ».</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/holmes-la-montagne-noire-bordeaux/">HOLMÈS, La Montagne noire &#8211; Bordeaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Reconduction de Joseph Swensen à la tête de l’ONBA</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/reconduction-de-jospeh-swensen-a-la-tete-de-lonba/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 08:22:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le chef et compositeur américain a pris le poste de directeur musical de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine au début de la saison 2024-25 succédant à Paul Daniel (de 2013 à 2021). Il est reconduit pour 3 ans à compter de la saison 2027-28. Emmanuel Hondré, directeur général de l’Opéra National de Bordeaux, est heureux d’annoncer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><u></u>Le chef et compositeur américain a pris le poste de directeur musical de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine au début de la saison 2024-25 succédant à Paul Daniel (de 2013 à 2021). Il est reconduit pour 3 ans à compter de la saison 2027-28.</p>
<blockquote><p>Emmanuel Hondré, directeur général de l’Opéra National de Bordeaux, est heureux d’annoncer la reconduction de Joseph Swensen à la direction musicale de l’ONBA pour 3 ans, à compter de la saison 2027/2028, après 2 années d’une collaboration particulièrement remarquée avec l’orchestre.</p>
<p>Fruit d’une rencontre musicale exceptionnelle et d’une relation qui s’est développée au cours des dix dernières années, Joseph Swensen a pris le poste de directeur musical de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine au début de la saison 2024-2025, succédant à Paul Daniel (de 2013 à 2021) à la tête de la phalange bordelaise, labellisée orchestre national en 1988.</p>
<p>Parmi les concerts qu’il a dirigés lors de son premier mandat, nombreux sont ceux qui ont marqué le public bordelais : les désormais incontournables Concerts dans la ville, retransmis sur écran dans tout Bordeaux à chaque rentrée de septembre, la Saga Trilogy qui a permis de mettre en résonance trois des concertos qu’il a composé avec des œuvres du répertoire ou le concert Un Américain à Bordeaux avec Lucas Debargue retransmis sur medici.tv pour n’en citer que quelques-uns. 3 premiers enregistrements ont vu le jour : Beethoven Hymne à la joie, Wagner Ring Odyssey, et sa création Saga Trilogy, qui a permis au public de le découvrir en tant que compositeur. 2 autres disques sont d’ores et déjà annoncés : le disque Hafiz/Shéhérazade enregistré lors duconcert du 23 avril durant lequel sera donné en création mondiale la symphonie Hafiz qu’il a composée, et Tableaux d’une exposition, qui sortira chez Alpha Classics à l’automne 2026. Pédagogue particulièrement attentif aux différents enjeux de notre société contemporaine, Joseph Swensen participe également aux actions de médiation de l’ONB : rencontre avec les enfants de l’orchestre Démos, concerts-rencontres au Grand Parc, rencontres de jeunes de la communauté musulmanes bordelaise lors de diners solidaires du ramadan pour évoquer sa nouvelle création Hafiz.</p></blockquote>
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		<title>MOZART, La Flûte enchantée – Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-la-flute-enchantee-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Bordeaux nous propose une bien belle Flûte, en coproduction avec l’Opéra de Beijing, ce qui explique un certain nombre de choix artistiques pour une féerie à destination de publics très différents. La mise en scène de Julien Duval est plutôt épurée, contrastée, avec de superbes tableaux où les costumes, entre oripeaux et haute &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra de Bordeaux nous propose une bien belle <em>Flûte</em>, en coproduction avec l’Opéra de Beijing, ce qui explique un certain nombre de choix artistiques pour une féerie à destination de publics très différents. La mise en scène de <strong>Julien Duval</strong> est plutôt épurée, contrastée, avec de superbes tableaux où les costumes, entre oripeaux et haute couture, confèrent originalité et élégance à un plateau sobre et dépouillé, ce qui laisse la part belle à la musique. Entre Orient et Occident, avec des oppositions de matières (grottes minérales ou nature sublimée entre autres par des arbres suspendus à l’envers), de sentiments ou encore de couleurs (de la « haute note jaune » solaire et rayonnante que n’aurait pas reniée Van Gogh à des violets intenses, qu’un Michel Pastoureau associerait à la fois à la royauté, à la spiritualité et au luxe, teintées de mélancolie et de mystère), le spectacle se veut visuellement universel. Dans leur note d’intention, directeur du théâtre, metteur en scène et chef évoquent conjointement les figures complémentaires, le ying et le yang et autres oppositions plus ou moins manichéennes qui se rencontrent, évoluent et parfois fusionnent pour aboutir à quelque chose de différent. Il en résulte une poésie qui correspond bien à l’esprit mozartien, quand bien même certains aspects (le symbolisme franc-maçon, par exemple) auront été laissés de côté. Contrastant fortement avec les espaces dépouillés et abstraits, on retiendra avant tout le travail sur les costumes, pour se souvenir longtemps des robes à col auréole des trois dames, mettant somptueusement en valeur leur ligne et encore davantage leur carnation, ou encore la merveilleuse robe de bal en organdi aux mouvements d’une élégance folle lorsque la Reine de la nuit s’en va, furieuse, cernée de ses épaulettes surmontées de bougies, géniales pièces montées. Les prêtres sont vêtus de robes semblant des abat-jours éclairés de l’intérieur, tout comme ceux des hommes d’armes, robes vitraux spectaculaires. Telle une armée de revenants, le chœur des fidèles de Sarastro apparaît couvert d’éléments végétaux et de sortes de scrofules vertes qui rappellent Louis de Funès dans l’usine de chewing-gum avant que l’on ne comprenne qu’il s’agit de scarabées de toutes les formes, aux couleurs iridescentes, formant un tapis d’insectes mouvant impressionnant. Chaque costume est ainsi une création qui attire l’attention, multipliant les clins d’œil et les références (comme pour le plissé d’où émergent des bras de squelettes dignes à la fois des <em>Histoires de fantômes chinois</em> autant que des yokais des estampes japonaises). Les chorégraphies ainsi que les déplacements des solistes ou des groupes génèrent une grande fluidité aux scènes tout à fait au service de l’œuvre. On ne s’ennuie pas un instant et de nombreuses pistes de réflexion sont proposées à l’œil et à l’esprit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20260323_LaFluteEnchantee_General_c_AnthonyRojo_26-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211021"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Anthony Rojo</sup></figcaption></figure>


<p>Le plateau vocal est très satisfaisant, quand bien même plusieurs interprètes ont un fort accent ou une élocution appuyée, voire forcée, dans leur prononciation de l’allemand. Il est vrai que les germanophones ne sont pas majoritaires à Bordeaux. Ils le seront encore moins en Chine et les dialogues parlés ne seront pas une gêne. Il est toutefois à noter que le livret a été adapté pour correspondre à des normes actuelles non discriminatoires, ce qui lisse le propos mais l’amoindrit d’une certaine manière, les dialogues étant raccourcis. La soprano cubano-américaine <strong>Elena Villalón</strong> est une ravissante et énergique Pamina, courageuse, tourmentée puis triomphante, que l’on suit avec intérêt. Voix brillante et posée, la jeune femme parvient aisément à nous entraîner dans son parcours initiatique tout en coups d’éclats, avec une évidence et une autorité naturelle rassurantes. Le ténor italien <strong>Omar Mancini</strong> ne laisse pas la même impression ; vulnérable et apparemment poussé dans ses extrémités, son chant manque de relief dans l’émotion. Il apparaît presque plus timoré que Papageno au départ de son périple mais s’affirme tout de même et finit par convaincre. <strong>Julia Knecht</strong> est une Reine de la nuit toute en nuances dans sa première apparition, sublimée par un décor à la Cocteau, avant de laisser « der hölle Rache » bouillir en aigus éclatants et percutants de furie déchaînée à faire grimper aux rideaux (il y a d’ailleurs beaucoup à dire sur l’art des plissés et des tombers des drapés en tous genres de ce spectacle…). La soprano parvient à construire un personnage des plus intéressants, doté d’une grande brillance et d’une vraie intensité dramatique. Très applaudie, la basse <strong>Jean Teitgen</strong> nous gratifie de graves caverneux et prend son temps pour développer tout en rondeur et profondeur ses arias, malgré un vibrato bien ample. En poussin virevoltant et faussement maladroit, âme simple au grand cœur, le baryton <strong>Thomas Dolié</strong> fait fondre (et rire) l’auditoire avec un art consommé et une technique éprouvée : ce Papageno est absolument idéal. En couleur tagada avec fraise en guise de collier, <strong>Sofia Kirwan-Baez</strong> nous offre comme une friandise une Papagena délicieuse au timbre fruité. <strong>Mathias Vidal</strong> tire son épingle du jeu en Monostatos et <strong>Ugo Rabec</strong>, souffrant, n’assure que le rôle parlé, doublé en coulisses par <strong>Andoni Etcharren</strong> qui se sort mieux que bien du rôle de l’Orateur. Les trois dames, aux timbres bien distincts, s’accordent cependant avec brio (mention spéciale pour <strong>Axelle Saint-Cirel</strong>, dont on se souvient de la prestation aux Jeux olympiques de 2024). Les autres artistes complètent efficacement la distribution. Obligeant les artistes sur scène à se surpasser dans la projection, le chef <strong>Joseph Swensen</strong> parvient à restituer avec force et bel équilibre la richesse de la partition mozartienne, à la tête d’un orchestre très en forme. Une bien belle réussite…</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🕯️🌙 La Flûte enchantée : Julien Duval en coulisses" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/3eRpgSnkoJg?start=1&#038;feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="🪡 Dans les coulisses des costumes de La Flûte enchantée" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/_KB059xDKu4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Discothèque idéale : Meyerbeer – Robert le diable (Minkowski, Palazzetto Bru Zane – 2022)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-meyerbeer-robert-le-diable-minkowski-palazzetto-bru-zane-2022/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 17:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On peine à croire que le grand opéra compte encore tant de contempteurs. Lentement disparu des théâtres, méprisé – à l’instar de tout le répertoire français –, réputé impossible à monter, inchantable, superficiel… Pourtant, les opéras français de Rossini, Meyerbeer et Halévy enthousiasment le public à chaque réapparition. Depuis une vingtaine d’années, ce patrimoine fait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On peine à croire que le grand opéra compte encore tant de contempteurs. Lentement disparu des théâtres, méprisé – à l’instar de tout le répertoire français –, réputé impossible à monter, inchantable, superficiel… Pourtant, les opéras français de Rossini, Meyerbeer et Halévy enthousiasment le public à chaque réapparition. Depuis une vingtaine d’années, ce patrimoine fait l’objet d’une juste réhabilitation, portée par les efforts du Palazzetto Bru Zane et l’ouverture d’esprit de nouvelles générations d’interprètes et de spectateurs.</p>
<p>Il a sans doute fallu attendre un certain alignement de planètes pour redonner vie à <i>Robert le diable</i>, fracassante création de 1831 dont il n’existait scandaleusement aucun enregistrement de studio. Un chef sincèrement amoureux de l’opéra français, une distribution capable d’affronter des parties conçues pour les monstres sacrés qui ont fait le genre… Leur réussite collective atteste la viabilité de ce répertoire, même sans faire appel à des légendes vivantes. Le polystylisme de Meyerbeer est magistralement assumé par tous les chanteurs, <strong>John Osborn</strong> en tête, éloquent et virtuose dans un rôle d’une ahurissante difficulté. <strong>Amina Edris</strong> campe une Alice jeune et fougueuse, Morley est une princesse brillante et frémissante et <strong>Nicolas Courjal</strong> porte haut les couleurs du chant français. Ainsi servi, <i>Robert le diable</i> devrait retrouver le chemin des théâtres.</p>
<p><em>John Osborn (Robert), Nicolas Courjal (Bertram), Amina Edris (Alice), Erin Morley (Isabelle), Nico Darmanin (Raimbaut), Joel Allison (Alberti/un prêtre), Paco Garcia (héraut d&rsquo;armes). Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Chœur de l&rsquo;Opéra national de Bordeaux. Direction : Marc Minkowski.</em></p>


<figure class="wp-block-image size-large"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dossier/la-discotheque-ideale-de-lart-lyrique/"><img decoding="async" width="1024" height="355" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/vers-la-discotheque-ideale-2-1024x355.png" alt="" class="wp-image-207785"/></a></figure>
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		<title>VERDI, La traviata &#8211; Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Feb 2026 07:20:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Proposer La traviata dans une ville où l’opéra est devenu variable d’ajustement budgétaire, c’est ouvrir grandes les fenêtres d’une pièce privée d’oxygène. Le public bordelais, avide d’air lyrique, s’engouffre dans la brèche. Le Grand Théâtre, rendu à ses fonctions premières, affiche complet, du fauteuil de première catégorie au strapontin le plus reculé du paradis. Tout à la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Proposer <em>La traviata</em> dans une ville où l’opéra est devenu variable d’ajustement budgétaire, c’est ouvrir grandes les fenêtres d’une pièce privée d’oxygène. Le public bordelais, avide d’air lyrique, s’engouffre dans la brèche. Le Grand Théâtre, rendu à ses fonctions premières, affiche complet, du fauteuil de première catégorie au strapontin le plus reculé du paradis. Tout à la joie des retrouvailles, l’indulgence semble de mise. Les applaudissements fusent au tomber du rideau. Il revient au critique de tempérer cet enthousiasme légitime, au risque de jouer les trouble-fêtes.</p>
<p>Créée à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-toulouse-revue-ou-opera/">Toulouse en 2018</a> et régulièrement reprise*, la mise en scène de <strong>Pierre Rambert </strong>s’inscrit dans une démarche avant tout esthétique. Les décors d<strong>’Antoine Fontaine </strong>structurent l’espace dans une temporalité flottante, entre Second Empire et réminiscences du XXᵉ siècle. Les costumes haute couture de <strong>Franck Sorbier</strong> prolongent l’impression de luxe. Quelques symboles transgressifs — une poupée, la présence de la mort incarnée par des danseurs grimés en squelettes — viennent troubler la lisibilité de l’ensemble, sans convaincre de leur pertinence – parce que c’est l’usage aujourd’hui ? Afin d’éviter d’être accusé de manquer d’idées (alors qu’il vaut mieux ne pas en avoir qu’en avoir de mauvaises) ? Tout cela est bien joli, mais cruellement dépourvu de théâtre. Les artistes des chœurs, irréprochables au demeurant, sont parqués dans les coins, les chanteurs figés à l’avant-scène comme au bon vieux temps des toiles peintes – l’inverse en quelque sorte de <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-werther-paris-opera-comique/">Werther, </a></em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-werther-paris-opera-comique/">la semaine dernière à l’Opéra-Comique</a>, où un travail profond sur le geste compensait l’absence de décors et de costumes.</p>
<p>La première Violetta de <strong>Federica Guida</strong>, jeune soprano italienne dont l’essentiel de la carrière s’est déroulé jusqu’ici de l’autre côté des Alpes, s’inscrit dans la même optique. Belle voix pulpeuse d’une largeur supérieure à ce que suggère la lecture de son parcours — Nanetta dans <em>Falstaff</em>, Musetta dans <em>La Bohème</em>, Oscar dans <em>Un Ballo in maschera…</em> —, homogénéité, projection, médium solide, aigus brillants : autant d’avantages altérés par une fâcheuse propension à l’uniformité expressive, de la courtisane du premier acte à la femme blessée du deuxième, l’une et l’autre chantées à l’identique. Le troisième acte, plus animé, laisse espérer qu’avec le temps la palette d’intentions et de couleurs se développera. Reste à savoir si l’on peut concevoir Traviata sans bagage belcantiste, privée d’effets, en difficulté dès que l’émission se veut piano (« Addio del passato » d’une fragilité involontaire) ou agile (« Sempre libera » aux vocalises imprécises, sans contre mi-bémol pour les fétichistes de la note extrême), la ligne de chant limitée entre <em>mezzo forte</em> et <em>forte </em>? Mimi, sans doute ; Violetta, difficile.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20260123_LaTraviata_PreGeneral_c_FredericDesmesure_86-1294x600.jpg" />© Frederic Desmesure</pre>
<p>En Alfredo, <strong>Julien Behr</strong> se montre plus soucieux de nuances, en dépit d’un état de méforme audible : émission en arrière, timbre fibreux, absence d’éclat, cabalette à bout de souffle. Souhaitons que le ténor français retrouve vite les qualités qui ont fait sa réputation pour affronter prochainement Jason, dans <em>Médée</em> au Théâtre des Champs-Élysées.</p>
<p>Des trois protagonistes, <strong>Lucas Meachem </strong>tire le mieux son épingle du jeu. Son baryton feutré sied aux tempes grisonnantes de Germont père. Même si capable d’éclat et de mordant, sa vraie violence réside non dans le chant mais dans la norme sociale qu’il incarne avec justesse. « Di Provenza il mar » se distingue par un legato parfait, une diction claire, et une émotion sincère sans excès.</p>
<p>Les seconds rôles pâtissent du manque général de caractérisation. Ainsi Flora voudrait plus qu’une robe fendue pour trouver la substance dramatique que le mezzo chaleureux de <strong>Marine Chagnon</strong> laissait espérer – Verdi, il est vrai, lui concède peu.</p>
<p><strong>Tito Ceccherini</strong> dirige l’ouvrage comme un drame intime, sans grands élans héroïques ni <em>rubati </em>démonstratifs. Sobriété, respiration, équilibre et clarté dominent. Ajoutée à l’acoustique du Grand Théâtre, cette recherche d’une texture instrumentale claire, presque chambriste, dessert l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Mise à nu, la petite harmonie tire la première phalange d’Aquitaine vers l’orphéon municipal. Après avoir figuré sur la carte de France lyrique comme capitale régionale, Bordeaux doit-elle se satisfaire d’un statut de sous-préfecture ?</p>
<pre>* dans nos colonnes, à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-bordeaux-lamour-au-temps-du-corona/">Bordeaux en 2020</a> (double distribution) et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-toulouse/">Toulouse en 2023</a>.</pre>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Iolanta (Bordeaux)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-iolanta-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Nov 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créé en 1892 au Mariinski au cours d&#8217;une soirée qui comprenait Casse-Noisette en deuxième partie, Iolanta est, par la force des choses, le testament lyrique de Tchaïkovski. Cette œuvre courte (1h30 environ) est souvent donnée en diptyque avec un autre opéra en un acte  – ou plus exceptionnellement avec Casse-Noisette, comme à Paris en 2016. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créé en 1892 au Mariinski au cours d&rsquo;une soirée qui comprenait <em>Casse-Noisette</em> en deuxième partie, <em>Iolanta</em> est, par la force des choses, le testament lyrique de Tchaïkovski. Cette œuvre courte (1h30 environ) est souvent donnée en diptyque avec un autre opéra en un acte  – ou plus exceptionnellement avec <em>Casse-Noisette</em>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/iolanta-casse-noisette-paris-garnier-lamour-et-la-vie-dune-jeune-femme-enfin-de-deux/">comme à Paris en 2016</a>. L&rsquo;équipe artistique réunie pour cette nouvelle production bordelaise fait le choix judicieux de laisser l&rsquo;œuvre se suffire à elle-même, pour en révéler toute la singularité et la beauté.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Stéphane Braunschweig</strong>, qui a déjà fréquenté <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-paris-tce-oneguine-sur-tapis-vert/">un autre opéra de Tchaïkovski</a> il y a quelques années avec moins de réussite, choisit d’épouser complètement la dimension symbolique du livret, écrit dans les mêmes années que le <em>Pelléas et Mélisande </em>de Maeterlinck. Sous son regard,<em> Iolanta </em>devient un drame symboliste qui parle de connaissance de soi et de connaissance du monde. Protégée dans l’<em>hortus conclusus </em>où son père la retient, Iolanta ignore que les autres humains possèdent une faculté qu’elle n’a pas : pouvoir voir la lumière du jour et la couleur des fleurs. Ses compagnes, tout comme elle et l’époux de sa nourrice, sont revêtus de costumes d’inspiration médiévale, d’un vert omnipotent (dessinés par <strong>Thibault Vancraenenbroeck</strong>), comme si son père lui avait également caché que le temps avait passé et que les hommes portaient aujourd’hui des costumes trois pièces gris et noirs (c’est le cas de son père, de son écuyer, du médecin et des deux chevaliers).</p>
<p style="font-weight: 400;">La jeune fille, recluse dans l’espace rassurant du conte – un monde clos et immuable où le danger de la vérité est retenu par une simple inscription projetée sur les murs – va voir son existence renversée par l’arrivée de deux hommes, qui entrent dans son « jardin » par la salle de spectacle, en traversant la fosse d’orchestre sur une passerelle. Vaudémont, épris de sa beauté, va lui révéler malgré lui qu’elle est aveugle, en lui demandant de cueillir une rose rouge. Ne parvenant à saisir que des roses blanches et ne comprenant pas ce que « rouge » signifie, Iolanta va se rendre compte que quelque chose lui échappe : les yeux ne servent pas qu’à verser des larmes. La condition étrange posée par le médecin de son père pour que la « guérison » de Iolanta soit réussie est qu’elle souhaite activement guérir (comme un prêtre exige qu’on ait la foi pour qu’un miracle puisse avoir lieu). La condamnation à mort de Vaudémont, si le traitement échoue, va résoudre Iolanta à désirer cette « guérison ». Elle réapparait finalement après son traitement, voyante, tandis que le salle s’éclaire et que les solistes brisent le quatrième mur en se plaçant au bord du plateau. Les choristes chantent depuis les côtés du parterre, englobant les spectateurs dans ce nouvel espace unifié : l’espace clos de Iolanta s’est ouvert et la jeune fille embrasse du regard le monde entier.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce passage de l’ombre à la lumière, de l’enfermement du moi à l’ouverture au monde, est bien rendu par le metteur en scène, qui multiplie les écrans et les parois pour « surcadrer », comme au cinéma, le lieu dans lequel Iolanta est enfermée. Le visage de la jeune fille, projeté en grand pendant l’air du roi René, rappelle aussi combien la tentative paternelle de protection est une forme de fixation. Le travail de la lumière est particulièrement soigné, ménageant des moments scéniques clairement différenciés pendant les différents airs. En outre, le soudain assombrissement du plateau au moment où Iolanta prend conscience de sa cécité est un bel effet, quoique facile. On regrettera seulement une direction d’acteur un peu sèche, qui enferme parfois les personnages dans des poses figées, où la passion peine à affoler les corps. Cependant, tout le cheminement méta-théâtral, jusqu’à l’union finale entre le plateau et la salle ainsi qu’entre les artistes et le public a un effet thérapeutique certain : on se prend à rêver, porté par la musique hymnique de Tchaïkovski, qu’il suffirait de désirer que la lumière triomphe pour qu’elle triomphe effectivement.</p>
<p style="font-weight: 400;">S’il est courant d’émettre des réserves sur une proposition scénique, force est d’admettre qu’on a rarement l’occasion d’entendre une distribution aussi équilibrée et juste que celle réunie par l’Opéra de Bordeaux pour cette <em>Iolanta</em>. La jeune soprano française <strong>Claire Antoine</strong> est idéale de musicalité et de tempérament dans le rôle de l’héroïne. La voix est ductile, ample, d’une rondeur homogène, avec ce qu’il faut de frémissement pour restituer la juvénilité du personnage et éclairer ses failles. À ses côtés, le Vaudémont de <strong>Julien Henric </strong>impressionne par sa vigueur et sa sensibilité. On se demande presque quel rôle l’interprète pourrait ne pas chanter, tant la tessiture est contrôlée et saine sur toute son étendue. Il se permet des aigus en voix mixte d’une beauté renversante à la fin de sa romance, tandis que son duo avec Iolanta, un des sommets de la partition, fait éclater toute la puissance de feu d’une voix lyrique aux accents cuivrés et dramatiques.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le roi René d’<strong>Ain Anger </strong>s’impose par un charisme et une autorité naturelle qui donne immédiatement au personnage sa crédibilité : un homme puissant, mais doux et sensible au sort de sa fille et de Vaudémont. À part quelques fragilités d’intonation dans le grave, la voix claque avec autorité et il fend l’armure dans son arioso, poignant de bout en bout. Dans le rôle du médecin, le baryton mongol <strong>Ariunbaatar Ganbaatar </strong>impressionne tout autant. La voix est tour à tour mordante et moelleuse, conduite avec une dextérité qui force l’admiration. Par ailleurs, les aigus de son arioso sont assurés avec une assurance implacable, au terme d’un crescendo vocal parfaitement mené. L’autre grand rôle de clé de fa se trouve être le compagnon de Vaudémont, Robert, ici incarné par le jeune baryton russe <strong>Vladislav Chizhov</strong>. Par sa morgue, sa vivacité scénique et sa classe vocale, il fait du personnage un lointain cousin d’Onéguine, séduisant <em>bad boy</em>, certain de ce qu’il désire.</p>
<p style="font-weight: 400;">Tous les seconds rôles sont tenus avec probité et élégance par des chanteurs français, qui servent avec bonheur la musique de Tchaïkovski. <strong>Abel Zamora</strong> continue en Albéric de confirmer tous les espoirs qu’on a pu placer en lui : le timbre est doux, la ligne soignée et la voix passe l&rsquo;orchestre avec aisance. Dans le rôle de Martha, <strong>Lauriane Tregan-Marcuz</strong> nous fait parfois penser aux contraltos russes des vieux enregistrements : la voix est très dense et sombre, sans perdre sa dimension incisive. Son mari est incarné par <strong>Ugo Rabec</strong>, qui conduit avec soin sa voix de basse pleine de noblesse. Enfin, les deux suivantes de Iolanta, Brigitte et Laura, sont interprétées respectivement par <strong>Franciana Nogues</strong> et <strong>Astrid Dupuis</strong>. La première charme par la lumière de son timbre et la seconde apporte des teintes plus sombres à l&rsquo;ensemble.</p>
<p data-start="272" data-end="838">Seule véritable ombre au tableau : la direction un peu frustre de <strong>Pierre Dumoussaud</strong>. Impossible d’accuser les instrumentistes de l’<strong>Orchestre national Bordeaux Aquitaine</strong> de jouer trop fort ou de négliger le fondu des timbres ; c’est au chef de veiller à l’équilibre de la masse orchestrale et à ce qu’elle ne couvre pas les voix. Comme les chanteurs disposent ici de moyens solides et n’ont aucune difficulté à passer l’orchestre, le volume orchestral crée surtout un déséquilibre sonore, donnant l’impression que l’orchestre se dresse devant les voix au lieu de les porter. On est également surpris d’entendre certains instruments se détacher de façon excessive, presque au point de laisser croire (fait impensable !) que Tchaïkovski aurait mal orchestré son œuvre. Le déploiement dramatique n’en demeure pas moins assuré : Dumoussaud maintient une tension constante et reste pleinement engagé d’un bout à l’autre de la représentation.</p>
<p data-start="272" data-end="838">Le chœur, surtout les pupitres féminins, n’appelle que des éloges et contribue à la réussite de ce très beau spectacle, capté le soir où nous y étions. Tout le monde peut l’apprécier en ligne sur la chaîne YouTube d’Opéra Vision.</p>
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		<title>Bordeaux : Lakmé sera-t-il déprogrammé ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bordeaux-lakme-sera-t-il-deprogramme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 10:34:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a du mal à le croire : ainsi que le révèle Philippe Gault, sur le site de Radio Classique la société universelle de l’hindouisme demande au Grand théâtre de Bordeaux de déprogrammer Lakmé, prévu en février prochain. Rajan Zed, président de la Société Universelle de l’hindouisme, estime en effet que  Delibes « banalise gravement les traditions &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On a du mal à le croire : ainsi que le révèle Philippe Gault, sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.radioclassique.fr/classique/concerts-festivals/des-representants-hindous-demandent-a-lopera-national-de-bordeaux-de-retirer-lakme-de-sa-programmation/">le site de <em>Radio Classique</em></a> la société universelle de l’hindouisme demande au Grand théâtre de Bordeaux de déprogrammer <em>Lakmé</em>, prévu en février prochain. Rajan Zed, président de la Société Universelle de l’hindouisme, estime en effet que  Delibes « banalise gravement les traditions hindoues » et que cette œuvre « constitue un dénigrement flagrant d’une riche civilisation et témoigne d’attitudes orientalistes du XIXe siècle […], se moque des autres cultures, utilise une terminologie coloniale, présente une caricature occidentale de l’héritage oriental, encourage les stéréotypes ethniques et réimagine les traditions-pratiques-divinités hindoues ».<br />
Une demande du même ordre avait -vainement- été faite en 2022 au Washington Concert Opera.<br />
La direction de l’ONB, directement interpellée, n’a pas réagi à l’heure où nous publions.</p>
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		<title>OLIVARES, Les Sentinelles – Paris (Opéra-Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/olivares-les-sentinelles-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2025 06:50:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Né de la rencontre à Aix en 2019 de la compositrice Clara Olivares et de la librettiste Chloé Lechat, l’opéra Les Sentinelles est donné cette fin de semaine à l’Opéra-Comique, après avoir été créé à Bordeaux en novembre dernier. La vénérable salle Favart se fait une spécialité depuis plusieurs saisons d’accueillir les créations mondiales ou &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Né de la rencontre à Aix en 2019 de la compositrice <strong>Clara Olivares</strong> et de la librettiste <strong>Chloé Lechat</strong>, l’opéra <em>Les Sentinelles</em> est donné cette fin de semaine à l’Opéra-Comique, après avoir été créé à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/olivares-les-sentinelles-bordeaux/">Bordeaux en novembre dernier</a>. La vénérable salle Favart se fait une spécialité depuis plusieurs saisons d’accueillir les créations mondiales ou parisiennes, ce qui mérite d’être chaudement salué, d’autant que la prise de risque commerciale n’est pas négligeable. C’est donc avec curiosité et enthousiasme que le public, certes peu nombreux, a pris place jeudi soir pour assister à un opéra au programme stimulant : une œuvre de femmes sur des femmes, dont la mise en scène repose sur un principe « zéro achat » aussi écologique qu’économique.</p>
<p>Le livret décrit le lent délitement mortifère de toutes les relations entre les personnages, qu’elles soient amoureuses ou familiales. Le couple de B et C vacille : B, une architecte d’intérieur un peu plus âgée que sa comédienne de femme, ne semble plus lui inspirer qu’un ennui profond. Dans l’appartement mitoyen, A est une libraire esseulée qui tente tant bien que mal d’élever E, sa fille surdouée et inadaptée, obsédée par l’étude des animaux et suivie de longue date par des pédopsychiatres. Une passion éphémère enflamme A et C, qui convainquent B de s’installer à trois, mais le projet ne satisfait personne. De plus en plus isolée, bourrée de médicaments qui n’apaisent pas son mal, E finit par se donner la mort en coulisses le soir de l’anniversaire de B.</p>
<p>On voit que l’absence d’une partenaire viable pour A (ce « D » qui fait défaut dans la liste des personnages) provoque un déséquilibre qui pose la question du partage de l’attention et de l’amour, ou plutôt de la possibilité de ce partage au sein d’un trouple d’une part, dans le cœur d’une mère qui est aussi une amante d’autre part. Cette histoire, dominée par des thèmes résolument contemporains, n’est pas dénuée d’ingrédients dramatiques, à commencer par un triangle amoureux qui rend tout le monde malheureux et finit par peser surtout sur une enfant innocente. Le livret que <strong>Chloé Lechat</strong> en tire ne convainc qu’à-demi, notamment en raison d’une juxtaposition des tableaux sans vraie progression qui n’est pas toujours efficace pour construire la tension et expliquer les revirements psychologiques des personnages. Cette subtilité fait en partie défaut dans l’écriture du personnage de l’enfant, dont les séances chez le psy donnent lieu à de longues analogies entre les méandres des couples humains et la perfection des couples de pigeons ou de cygnes, et dont le suicide final est annoncé à de multiples reprises. Les scènes entre les adultes se rapprochent par leur écriture du théâtre de Nathalie Sarraute, avec une langue littéraire travaillée mais simple, qui recourt souvent aux mots tout faits, à la répétition avec de minimes variations ou aux phrases interrompues. Cela donne lieu à des moments plus réussis, où une vraie synergie s’établit avec la musique, notamment dans le monologue de A dans le deuxième acte ou dans la dernière saillie désabusée de B, qui n’est pas dupe face aux déclarations d’amour de C (« Elle dit « je t’aime », car c’est plus court que « je ne t’aime plus » »).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Les-SENTINELLES-S.Brion_07-1184x600.png" />© S. Brion</pre>
<p>La partition de <strong>Clara Olivares</strong>, résolument tournée vers la musique minimaliste et répétitive, connaît de beaux moments d’inspiration, comme la lecture de la lettre d’amour de C à A au premier acte ou le monologue de A dans le deuxième acte. La musique convainc surtout dans les passages chantés, où son caractère minimaliste mais plein de tension soutient avec justesse le <em>Sprechgesang</em> des interprètes, en accompagnant parfois la voix sur quelques notes du son d’une harpe ou d’une flûte. D’autres passages n’évitent pas des longueurs, et la musique se fait plus incidentelle (c’est particulièrement frappant lors des séquences vidéo ou des changements de décor). Elle se concentre sur les jeux de masses et de vagues sonores, avec un recours récurrent aux sons plutôt qu’aux notes (les cordes jouant <em>col legno</em> par exemple) et avec une utilisation abondante des percussions.</p>
<p>Comme à Bordeaux finalement, c’est le trio vocal qui fait l’intérêt premier de la soirée. <strong>Anne-Catherine Gillet</strong> fait une bouchée du rôle de A, qui n’est pas le plus difficile de son répertoire mais qui épouse parfaitement les contours de sa voix, aux aigus faciles d&rsquo;un beau métal. À cela s’ajoute un vrai engagement scénique qui fait beaucoup pour la crédibilité du personnage (celui qui nous plaît le plus), touchant dans sa perte de repères, tragique dans son échec total à tenir ensemble ses aspirations et ses désirs. <strong>Camille Schnoor</strong> prête à C sa voix plus dramatique et ample et sa nonchalance érotique qui habille ce personnage d’un égoïsme ravageur (y compris pour elle-même). <strong>Sylvie Brunet-Grupposo</strong>, certes sous-employée au regard de son talent de musicienne, campe une B à la fois désespérée et lâche, qui ne semble jamais croire au ménage à trois mais couve E d’une tendresse émouvante. Les trois voix se marient magnifiquement dans quelques mesures <em>a cappella</em>, si bien qu&rsquo;on regrette que le procédé n&rsquo;ait pas été retenu plus souvent. Le rôle de l’enfant est tenu par la talentueuse <strong>Noémie Develay-Ressiguier</strong>, qui, sans les ressources du chant, parvient à tenir tête au reste du plateau. Notons pour les quatre interprètes une attention sans faille à la diction.</p>
<p>La direction de <strong>Lucie Leguay</strong> se signale surtout par une grande précision, à laquelle la partition la restreint largement (il faut assurer la synchronisation entre la fosse et le dessin animé, le chant, la déclamation).</p>
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