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	<title>Nationalphilharmonie Warschau - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nationalphilharmonie Warschau - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Penderecki conducts Penderecki &#8211; Choral Music (Warner)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/penderecki-conducts-penderecki-choral-music-warner-krzysztof-par-penderecki/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Mar 2018 05:55:03 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">La discographie on ne peut plus abondante consacrée à <strong>Krystof Penderecki</strong> montre qu’à 84 ans, le compositeur a encore de beaux jours devant lui. En effet, nombreux sont les chefs polonais et internationaux défendant sa musique : du révérend Antoni Wit au jeune lion Krzysztof Urbanski, en passant par de grands noms tels que celui d’un Gergiev ou d’un Dutoit. Cette quantité d’interprètes ne masque pas pour autant les activités de Penderecki en tant que chef de sa propre musique, et c’est par un triple album que Warner souhaite en célébrer l’œuvre pour chœur.</p>
<p class="rtejustify">On connait brièvement le parcours esthétique du compositeur : à la pointe de l’avant-garde polonaise des années 1960, aux côtés de Tadeusz Baird et de Witold Lutoslawski, celui-ci s’est peu à peu assagi avec le temps, pour finir en chef de file de ceux que l’on qualifie souvent mesquinement de « néo-tonaux ». L’avantage de ces trois CDs, est qu’il permet de découvrir les différentes facettes de ce compositeur à l’œuvre bien plus vaste que l’on ne le croirait. Dans cette discographie-portrait, Penderecki bénéficie de tous les honneurs nationaux qui lui sont dûs. En effet, la qualité du Chœur de la Philharmonie de Varsovie<strong> </strong>n’est plus à démontrer. Capable de contrastes dramatiques impressionnants, du <em>fortissimo</em> le plus brillant au <em>piano</em> éthéré semblant venir d’ailleurs, la phalange polonaise peut se vanter d’une intonation impeccable, qualité tout sauf acquise en musique contemporaine. L’orchestre de la même Philharmonie est lui aussi irréprochable dans son interprétation précise mais engagée, sous la surveillance du maestro Penderecki à la baguette.</p>
<p class="rtejustify"><em>Les Psaumes de David</em>, pour chœur mixte et percussions (comptez également deux pianos et une contrebasse) sont dans la veine du <em>Thrène</em> ou du <em>Concerto pour violon</em>, encore très peu donnés. Les textures grouillantes, sombres et fourmillantes instaurent à coup sûr l’atmosphère cauchemardesque caractéristique des premières œuvres du compositeur. Pourtant, derrière l’austérité de la pièce se cachent des effets dramatiques biens sentis (la fin du Psaume 143) annonçant les chefs-d’œuvre tardifs à venir. Poussant le mélange d’influences encore plus loin, le  <em>Stabat Mater</em>, mais aussi les autres extraits de la <em>Passion selon Saint Luc</em> intègrent le chant grégorien à une méditation tendue faite de collages et de superpositions modales, et comptent certainement parmi les pièces les plus réussies de l’album. </p>
<p class="rtejustify">C’est lors de la bascule vers un post-romantisme aveugle que nous nous avouons cependant moins convaincus. Avec un langage harmonique réduit à sa plus simple expression et une recherche rythmique qui semble s’être essoufflée, le <em>Dies Illa</em> (datant de 2014) ne se définit plus que par la pompe grandiloquente qui l’habite. Les sempiternelles septièmes diminuées plaquées au chœur et à l’orchestre empâté rappellent les heures les plus sinistrement ennuyeuses d’un 19e siècle que l’on pensait avoir laissé à juste titre derrière nous (le « Rex tremendae » ferait volontiers rire si tout cela n’était pas à prendre avec le plus grand des sérieux). A cet effet, les voix choisies par le compositeur arrivent à propos : les timbres opulents de la soprano <strong>Johanna Rusanen</strong> et d’<strong>Agnieszka Rehlis</strong> s’insèrent volontiers dans cette écriture qui privilégie le son large. Il en va de même pour la basse chaleureuse et grasse de <strong>Nikolay Didenko</strong>, mais ce n’est probablement pas suffisant pour faire avaler à l’auditeur les imprécations misérabilistes de la musique. Dans cette dernière phase compositionnelle, ce sont donc avant tout les pages <em>a cappella</em> – le « Recordare » ou la <em>Missa brevis</em>, plus humble dans l’expression – qui sont à privilégier. Les œuvres de plus grande envergure telles que les deux hymnes à Saint Daniel et Saint Adalbert valent elles aussi une écoute plus attentive, bien qu’elles ne se défassent pas encore pleinement de leurs facilités d’écriture et de décibels gratuits. Regrettons enfin le deuxième volume, qui n&rsquo;est qu&rsquo;une compilation de pièces chorales <em>a cappella</em> tirées des œuvres symphoniques du compositeur, sans lien apparent puisque nous réentendons certaines pièces déjà publiées dans le premier volume.</p>
<p class="rtejustify">Si Krzysztof Penderecki reste à coup sûr bien plus que le compositeur du <em>Thrène</em> mondialement joué, il n’est pas certain que les dernières œuvres de celui-ci se frayent un chemin jusque dans les salles de concert françaises.</p>
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		<title>STRAUSS, Vier letzte Lieder — Bad Kissingen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vier-letzte-lieder-waltraud-meier-bad-kissingen-le-dernier-des-quatre-derniers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2015 15:27:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la Max-Littmann-Saal de Bad Kissingen, vaste salle de concert tapissée de bois de cerisier, elle n&#8217;est qu&#8217;une parenthèse vocale au sein d&#8217;un programme instrumental. Avant la quatrième de Brahms et après un Concerto pour clarinette d&#8217;une élégance toute viennoise joué sans un pli par Sabine Meyer, Waltraud Meier interprète les Quatre Derniers Lieder. Amusante &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la Max-Littmann-Saal de Bad Kissingen, vaste salle de concert tapissée de bois de cerisier, elle n&rsquo;est qu&rsquo;une parenthèse vocale au sein d&rsquo;un programme instrumental. Avant la quatrième de Brahms et après un Concerto pour clarinette d&rsquo;une élégance toute viennoise joué sans un pli par Sabine Meyer, <strong>Waltraud Meier</strong> interprète les <em>Quatre Derniers Lieder</em>. Amusante homonymie entre les noms des deux artistes invitées, qui se prêterait à jeux de mots si l&rsquo;élégante sévérité du lieu ne rendait la plaisanterie déplacée.</p>
<p>Composé en 1948, le dernier cycle de mélodies de Richard Strauss est souvent présenté comme une ultime déclaration d&rsquo;amour à la voix de soprano, ce que – ironie de la soirée –, Waltraud Meier n&rsquo;a jamais vraiment été. Sa vocalité se situe plutôt  dans une tessiture incertaine à l’image de Kundry qui, à Bayreuth en 1983, lança sa carrière internationale. Isolde dix ans plus tard, renforçait l&rsquo;ambiguïté. Si son palmarès, glorieux, compte aussi Venus, Eboli, Sieglinde, Amneris, jusqu’à Clytemnestre dans la production désormais historique de Patrice Chéreau à <a href="www.forumopera.com/spectacle/on-se-leve-tous-pour-electre">Aix-en-Provence en 2013</a>, il omet les héroïnes straussiennes dont les <em>Vier lezte Lieder</em> se veulent la sublime synthèse : Salome, La Maréchale, Ariane, Arabella, Daphné&#8230; Il n’est pas étonnant alors que, tout au long du cycle, de nombreuses notes prennent en défaut la projection de la voix, paradoxalement dans les registres grave et médian quand l’aigu s’épanouit, radieux encore, non sans quelques duretés.</p>
<p>Mais l&rsquo;intérêt de cet intermède straussien, entre Mozart et Brahms, ne réside pas dans l&rsquo;interprétation purement musicale d&rsquo;une œuvre que la direction stressée de <strong>Jacek Kaspszyk</strong>, à la tête d’un Nationalphilharmonie Warschau sans envergure, nous aidera à vite oublier. Non, ce qui fait le prix de l&rsquo;instant, c&rsquo;est la présence, toujours magnétique, de Waltraud Meier, l&rsquo;image prégnante de la femme, le visage saillant, le port de tête altier, la silhouette sanglée dans une robe noire de velours qui, recouvrant les épaules, souligne une gorge d&rsquo;albâtre. Waltraud Meier balançant doucement le corps comme si la musique en avait pris possession – Isolde encore – les yeux mi-clos ou au contraire le regard fixe, presque hébété. Waltraud Meier en un rictus amer, caressant ou cravachant le mot, poursuivant derrière ces consonnes chères à la langue allemande une implacable quête de sens. Waltraud Meier interpellée elle aussi sans doute par cet adieu à la vie serein, par cette page qui se tourne si doucement qu&rsquo;on ne s&rsquo;aperçoit pas qu&rsquo;elle marque la fin du livre. Waltraud Meier soudain figée, comme pétrifiée lorsqu&rsquo;une fois la dernière note de la partition éteinte, plusieurs secondes interminables – dix, vingt, trente, soixante, impossible de compter mais rarement silence n&rsquo;aura semblé aussi long – prolongent la musique avant que la salle ne se répande en applaudissements. Et ça, on ne l&rsquo;oubliera pas.</p>
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