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	<title>{OH!} Orkiestra - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>Récital Max Emanuel Cenčić &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-max-emanuel-cencic-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Feb 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Trop rarement invité sur les scènes françaises, Max Emanuel Cenčić retrouve le public versaillais pour un programme consacré aux compositeurs baroques qui lui sont chers. Au vu de l’accueil triomphal réservé au récital, nul doute que l’attente était vive – et pleinement comblée. Dans l’écrin du Salon d’Hercule, le contre-ténor autrichien, en forme olympique, se livre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-weight: 400;">Trop rarement invité sur les scènes françaises, </span><b>Max Emanuel Cenčić</b><span style="font-weight: 400;"> retrouve le public versaillais pour un programme consacré aux compositeurs baroques qui lui sont chers. Au vu de l’accueil triomphal réservé au récital, nul doute que l’attente était vive – et pleinement comblée. Dans l’écrin du Salon d’Hercule, le contre-ténor autrichien, en forme olympique, se livre à une magistrale leçon de chant baroque. Il revisite plusieurs rôles récemment défendus sur scène, de Guido dans </span><i><span style="font-weight: 400;">Flavio</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Haendel, créé pour le castrat Senesino et qu’il incarnait </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-flavio-bayreuth/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">en 2023</span></a><span style="font-weight: 400;"> au Bayreuth Baroque Festival, à Lottario dans l&rsquo;irrésistible </span><i><span style="font-weight: 400;">Carlo il Calvo</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Porpora, présenté dans ce même cadre </span><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carlo-il-calvo-bayreuth-quand-lopera-reenchante-le-monde/" target="_blank" rel="noopener"><span style="font-weight: 400;">en 2020</span></a><span style="font-weight: 400;">. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Il suffit de deux arias et d&rsquo;une dizaine de minutes pour que Cenčić déploie toute l’étendue d’un talent demeuré intact après près de trente-cinq années de carrière. Dans « Bramo te sola » (</span><i><span style="font-weight: 400;">Floridante</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Haendel), le contre-ténor fait résonner les élans passionnés de cet air avec une expressivité ardente, un engagement total et une virtuosité à toute épreuve. Changement complet de climat avec « Nume che reggi ’l mare » (</span><i><span style="font-weight: 400;">Arianna in Nasso</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Porpora), dont l’écriture, un rien guindée, pourrait aisément conduire à l’ennui. Portée par l’intensité du chant de Cenčić – legato souverain, demi-teintes subtiles et ornementation ciselée –, la page devient profondément déchirante. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le reste du récital se maintient à ce niveau d’exigence, sans la moindre baisse de régime ; l’artiste, en pleine confiance, livrant des variations et des cadences toujours plus audacieuses, notamment dans l’aigu. Chantant sans partition et incarnant pleinement ses personnages, Cenčić instaure un contact direct avec la salle, et l&rsquo;auditoire le lui rend avec ferveur. Deux bis superlatifs, extraits de </span><i><span style="font-weight: 400;">Rodelinda</span></i><span style="font-weight: 400;"> et de </span><i><span style="font-weight: 400;">Radamisto</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Haendel, tout aussi saisissants d&rsquo;aisance dans les coloratures, achèvent de mettre le public K.O.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le concert offrait également l’occasion de découvrir ou de redécouvrir l’excellent </span><b>{oh!} Orkiestra</b><span style="font-weight: 400;">, ensemble polonais parmi les plus engagés de la scène baroque actuelle. Malgré un effectif réduit à une dizaine de cordes seulement, l&rsquo;orchestre déploie une énergie et une précision remarquables tout au long de la soirée. Il faut voir avec quel panache les instrumentistes se lancent, par exemple, dans les ouvertures de </span><i><span style="font-weight: 400;">Radamisto</span></i><span style="font-weight: 400;"> ou de </span><i><span style="font-weight: 400;">Alessandro Severo</span></i><span style="font-weight: 400;"> de Haendel : rythmes pointés, attaques vives, effets de surprise, c’est un miracle permanent. Cette cohésion tient beaucoup à la direction du premier violon, </span><b>Martyna Pastuszka</b><span style="font-weight: 400;">, véritable moteur de la soirée. D’un panache affirmé et d’une présence magnétique, elle insuffle à l’orchestre un élan collectif parfaitement en phase avec la prestation de Max Emanuel Cenčić.</span></p>
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		<title>Serenissima – Sophie Junker</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/serenissima-sophie-junker/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut reconnaître ce talent rare à Sophie Junker : son chant suscite une empathie immédiate. Cette qualité avait attiré l’attention dans un premier récital consacré à Elisabeth Duparc, dite la Francesina, primadonna à Londres du temps de Haendel. Aujourd’hui, la voix est sensiblement moins légère et le programme moins virtuose, mais l’impact de ce &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut reconnaître ce talent rare à Sophie Junker : son chant suscite une empathie immédiate. Cette qualité avait attiré l’attention dans un premier récital consacré à Elisabeth Duparc, dite <em>la Francesina</em>, primadonna à Londres du temps de Haendel. Aujourd’hui, la voix est sensiblement moins légère et le programme moins virtuose, mais l’impact de ce chant franc et raffiné reste entier.</p>
<p>C’est probablement à l’occasion de l’enregistrement du <i>Gismondo</i> de Vinci, sorti en 2020, que la soprano et la cheffe – et violoniste – Martyna Pastuszka ont noué des liens forts. Sincère connivence artistique et humaine, perceptible à la lecture du livret comme dans l’exécution du programme.</p>
<p>Les musiciennes, avec l’appui de Pedro-Octavio Diaz, déjà conseiller musical pour l&rsquo;album consacré à <em>La Francesina</em>, ont choisi de rendre hommage aux grands compositeurs de l’école vénitienne du premier tiers du XVIIIe. Vivaldi bien sûr, mais aussi Marcello, Gasparini, Caldara, Lotti et Porta. On aurait bien voulu y ajouter Carlo Francesco Pollarolo, ou pousser jusqu’aux premiers Galuppi&#8230; De Venise, on retrouve les clartés, les vapeurs, la vivacité d’un théâtre directement hérité des premières représentations d’opéra de la Sérénissime en 1637. Un esprit fait d’expressivité directe et de mobilité harmonique, avant que les sublimes manières des Napolitains, portées par une virtuosité accrue, n’emportent tout sur leur passage. Pour l’heure Venise se défend encore, et essaime bien au-delà du Grand Canal : un Lotti créé à Dresde, des Vivaldi produits à Vicence, Florence et Rome, un Porta joué à Munich et des Caldara de l’époque viennoise composent le programme.</p>
<p>D’une voix bien timbrée et charnue du grave à l’aigu, <b>Sophie Junker</b> se saisit de chaque aria comme au théâtre, faisant oublier une technique impeccable ; le contexte de chaque scène est d’ailleurs indiqué, ce qui tend à se raréfier dans ce type de récital. Impavide, éperdue, souriante, pensive, blessée : on la suit sur tous les chemins. Sa sensibilité sonne juste, qu’elle rugisse « Con fiamme » (Lotti), s’étire sensuellement dans l’herbe (« Zeffiretti che sussurrate ») ou déploie mille nuances dans le cantabile pathétique qui constitue la majeure partie du programme : adieux d’Iphigénie (Porta), déplorations d’Arianna (Marcello), d’Aspasia (Caldara) et de Caio (Vivaldi)&#8230; Morceaux de haute qualité, choisis pour l’occasion qu’ils offrent de varier les couleurs et peindre des atmosphères évocatrices (magnifique « L’ombre, l’aure »). L&rsquo;inclusion d&rsquo;un beau récitatif accompagné de l&rsquo;<em>Atenaide</em> est une bonne idée, qui souligne les qualités dramatiques des musiciennes.</p>
<p><b>{OH!} Orkiestra</b> a un effectif limité, ce qui se fait parfois sentir. Mais le talent des instrumentistes et la sensibilité de la cheffe, à l’unisson de la chanteuse, suffisent à donner corps aux scènes choisies pour mettre en valeur les solistes, comme le hautbois dans « Vendetta, sì » de Gasparini et, bien sûr, le violon de <strong>Martyna Pastuszka</strong> elle-même, qui dialogue avec Junker dans l’extrait d’<i>Ambleto</i> (écho fortuit au beau disque récent de Mameli) et se double du violoncelle dans le péremptoire « Per combatter con lo sdegno » qui clôt le disque. Rares bémols, comme d’importuns gazouillis du clavecin blessant la dignité de « Chi mai d’iniqua stella », déjà joliment gravé par Robin Johannsen. On se demande aussi pourquoi Cassiopée est accompagnée par des accents de <i>fiddle</i> irlandais chez Albinoni. Ces couleurs plus rustiques fonctionnent en revanche fort bien dans le concerto pour violon RV357 ou la vignette pastorale de Vivaldi. Toujours chez Vivaldi, le traitement amer et métallique du singulier air de <i>La Silvia</i> est intéressant, et l’extrait du <i>Bajazet</i> de Gasparini surpasse aisément la version de l’intégrale Ipata. Des points de vue défendus avec panache pour une franche réussite globale.</p>
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