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	<title>Opéra de Fribourg - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Opéra de Fribourg - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>WOLF, I gioielli della Madonna — Fribourg-en-Brisgau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-schmuck-der-madonna-fribourg-en-brisgau-des-bijoux-trop-discrets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Mar 2016 06:28:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi un grand opéra d’un compositeur pas totalement inconnu reste-t-il obstinément dans l’ombre depuis près d&#8217;un siècle ? Que l’Italie ait longtemps boudé I gioielli della Madonna s’explique par le côté blasphématoire d’une intrigue où un honnête forgeron dérobe les bijoux qui ornent une statue de la Vierge afin de posséder charnellement sa sœur adoptive. Mais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi un grand opéra d’un compositeur pas totalement inconnu reste-t-il obstinément dans l’ombre depuis près d&rsquo;un siècle ? Que l’Italie ait longtemps boudé <em>I gioielli della Madonna</em> s’explique par le côté blasphématoire d’une intrigue où un honnête forgeron dérobe les bijoux qui ornent une statue de la Vierge afin de posséder charnellement sa sœur adoptive. Mais cette unique incursion de Wolf-Ferrari dans le vérisme connut un grand succès à Berlin au cours de la saison 1911-1912, et fut très applaudie en Amérique, défendue par des artistes du calibre de Claudia Muzio ou Maria Jeritza. La notion de vérisme est d’ailleurs peut-être contestable, car cette histoire de vol de bijoux par désespoir amoureux se rattache aussi à un certain décadentisme, <em>Aphrodite </em>d’Erlanger d’après Pierre Louÿs, ou <em>Der Schatzgräber </em>de Schreker. La Première Guerre mondiale aurait-elle rogné les ailes à un opéra que tout promettait à un bel avenir ? Non, car il conserva un peu de sa popularité dans les années 1920. En tout cas, <em>I gioielli della Madonna </em>reste une œuvre étonnamment peu représentée (et enregistrée), alors que des titres de la même époque et de la même école connaisse des reprises ici et là (on pense à <em>Francesca da Rimini</em> ou à <em>L’amore dei tre re</em>). Grâces soient donc rendues au Théâtre de Fribourg-en-Brisgau de l’avoir inscrite dans sa programmation lyrique 2015-2016, après Bratislava qui l’a présentée en juin dernier.</p>
<p>Encore fallait-il se donner les moyens de la monter comme elle le mérite. Pour réunir les effectifs vocaux pléthoriques que requiert la partition, il a fallu réunir plusieurs chœurs, d’enfants et d’adultes, qui mêlent leurs voix au cours d’un premier acte qui semble mélanger l’acte du café Momus de <em>La Bohème</em> et le final du premier acte de <em>Tosca</em>, dans sa confusion savamment orchestrée entre rythmes de danse (des tarentelles, surtout) et musique religieuse (cantiques, hymne à la Vierge…). Le chef français <strong>Fabrice Bollon</strong> dirige avec rigueur tout ce petit monde, dans une partition clairement italienne d’esprit, et qui ne dédaigne pas le collage, convoquant mandolines et autres musiques populaires, mais qui laisse entrevoir à intervalles réguliers que Wolf-Ferrari était très au fait de ce qui se composait en Allemagne à la même époque : certains éclats orchestraux rappellent notamment que les grands succès de Strauss ne datent que de quelques années auparavant.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/m.korbel2016c2929.jpg?itok=u1KjFKW-" title=" © M. Korbel" width="468" /><br />
	© M. Korbel</p>
<p>Et bien, sûr, il faut pour de grandes voix pour incarner les personnages principaux. Le rôle de Maliella est assez écrasant et exige une interprète à toute épreuve. Lauréate de l’édition 2014 de la Competizione dell’Opera, la soprano russe <strong>Elena Stikhina</strong> est encore inconnue du grand public mais ne devrait pas le rester longtemps, à en juger d’après l’engagement total dont elle fait preuve en tant qu’actrice et par le déferlement de décibels dont elle est capable, n’hésitant pas à sacrifier parfois la beauté du son au profit de l’investissement dramatique. Même si une articulation plus incisive de l&rsquo;italien ne serait pas malvenue, le spectacle repose en grande partie sur ses épaules, mais elle trouve à qui parler avec <strong>Hector Lopez-Mendoza</strong>, grand habitué des rôles verdiens et pucciniens les plus lourds, dont la carrière s’est surtout déroulée en Roumanie et en Hongrie. Doté d’une voix de stentor, le ténor mexicain est extrêmement convaincant en Gennaro, ce <em>loser</em> dont Maliella rejette l’amour et qui vole pour elle les bijoux de la Vierge. Le baryton turc <strong>Kartal Karagedik</strong> a la prestance et le timbre qui conviennent au mafioso Rafaele, mais manque un peu de projection pour passer par-dessus l’orchestre. Quant à la mezzo <strong>Anja Jung</strong>, si son timbre est somptueux, il lui manque également un peu de puissance, et la diction laisse à désirer.</p>
<p>Parmi les rôles secondaires, on saluera la performance des trois « danseuses » qu’interprètent <strong>Amelia Petrich</strong>,<strong> Susana Schnell</strong> et <strong>Silvia Regazzo</strong>, qui réussissent à chanter leur air tout en jouant les entraîneuses, s’arrosant de champagne la poitrine et le postérieur tout en mimant une chorégraphique érotique et acrobatique.</p>
<p>Dans le décor extrêmement dépouillé de <strong>Bernd Damovsky</strong> (quelques médailles géantes et ex-votos suspendus au-dessus d’un plateau nu au premier acte) et sous les éclairages violemment colorés de <strong>Dorothee Hoff</strong>, la mise en scène de <strong>Kirsten Harms </strong>parvient à dépouiller l’œuvre de tout réalisme anecdotique pour se concentrer sur la représentation de la piété populaire et sur le drame passionnel. L’orgie du troisième acte est fort bien mise en place, renforçant la dimension blasphématoire par la Cène de Vinci que composent Rafaele et ses douze hommes de main, autour d’une table où évolue la danseuse Grazia, ici confiée à une authentique strip-teaseuse. Ainsi monté et défendu, l’opéra de Wolf-Ferrari a toutes les chances de revivre et de mener le parcours qu’il mérite.</p>
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		<title>L&#039;Arlesiana</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/larlesiana-voir-arles-et-mourir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jul 2014 06:13:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré des musiques souvent charmeuses, des orchestrations la plupart du temps riches et raffinées, des livrets qui, comparés à certains classiques du répertoire, se tiennent plutôt bien, les chefs-d’œuvre du vérisme italien ne bénéficient pas d’une discographie à la hauteur de leur intérêt historique et musical. A part Cavalleria rusticana  de Mascagni et Paillasse de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>
	Malgré des musiques souvent charmeuses, des orchestrations la plupart du temps riches et raffinées, des livrets qui, comparés à certains classiques du répertoire, se tiennent plutôt bien, les chefs-d’œuvre du vérisme italien ne bénéficient pas d’une discographie à la hauteur de leur intérêt historique et musical. A part <em>Cavalleria rusticana </em> de Mascagni et <em>Paillasse</em> de Leoncavallo, c’est même un peu le désert de la Crau… A l’instar de ses deux compatriotes, dont on gagnerait à entendre plus souvent d’autres ouvrages (que l’on songe seulement aux merveilleuses <em>Bohème</em> et <em>Zazà </em>de Leoncavallo par exemple), Cilea semble se réduire aujourd’hui à <em>Adrienne Lecouvreur</em>. Son <em>Arlésienne</em>, tirée des <em>Lettres de mon moulin </em>d’Alphonse Daudet, a pourtant tous les ingrédients pour « cartonner » sur scène : rôles en or pour ténor, soprano et baryton, vrai drame bien ficelé et ni plus ni moins vraisemblable que la plupart de ce qui se faisait à l’époque. Après un enregistrement (excellent, mais en mono) au début des années 50, avec Tagliavini, Tassinari et Silvestri, il avait fallu attendre 2006 pour que le festival de Montpellier-Radio France propose une nouvelle lecture  discographique par une captation de concert. Le label allemand CPO a, quant à lui, opté pour de véritables sessions de studio pour rendre justice à cet ouvrage, profitant de l’engouement du ténor italien <strong>Giuseppe</strong> <strong>Filianoti</strong> pour le rôle de Federico : le livret de présentation nous apprend qu’il a en effet retrouvé un air original perdu depuis les nombreuses retouches et révisions effectuées par Cilea sur l’ouvrage tout au long de sa vie, air ici replacé au dernier acte. Car si la version originale remonte à 1896, il faudra attendre 1938 pour que Cilea lui donne sa forme définitive, en trois actes (au lieu des quatre originaux, ce qui implique nombre de coupures), mais augmentéd&rsquo;un Prélude et d&rsquo;un bel <em>Intermezzo</em> ouvrant le III<sup>e</sup> acte.</p>
<p>
	Disons-le d’emblée : le présent enregistrement bénéficie d’une distribution remarquable et homogène. La Rosa Mamai d’<strong>Iano</strong> <strong>Tamar</strong>, avec son soprano sombre, sa poignante mélancolie, semble l’incarnation idéale du personnage de cette mère torturée par les mésaventures de son fils. Son air final, « Esser madre è un inferno », est pour une fois autre chose qu’un simple air de récital propre à mettre en valeur la voix de l’artiste. Vécu de bout en bout, son personnage en devient presque le pilier essentiel du drame qui se joue à nos oreilles. Autre réussite incontestable, le Baldassare de <strong>Francesco Landolfi</strong>. Certes, la voix n’a pas le charme ravageur de Paolo Silvestri dans la version de 1954, mais quelle allure, quelle présence ! Dès sa première scène, avec son sol dièse aigu, il impose cette figure tutélaire (le vieux berger sage, qui raconte aux jeunes gens des légendes qui devraient les mettre en garde – mais comme de bien entendu, il prêche dans le désert) et dans le superbe duo de l’acte II avec Federico, il volerait presque la vedette à Filianoti. Même la Vivetta de <strong style="line-height: 1.5">Mirela Bunoaica</strong> touche par son adéquation au personnage, frêle et fragile, tendre et compréhensive – et avec ce petit souffle sur le timbre qui n’est pas sans rappeler une certaine Cotrubas ! </p>
<p>
	Reste le cas du Federico de Filianoti. Est-ce parce que, pour ce rôle, dans le célèbre  « lamento » du moins, les références les plus prestigieuses ne manquent pas, de Gigli à Pavarotti en passant par Bjoerling et Di Stefano ? Le fait est que si l’artiste emporte l’adhésion par son engagement, par l’émotion, la mélancolie qu’il insuffle à la moindre phrase, les moments plus dramatiques le montrent en revanche à la limite de ses moyens (un rôle créé, rappelons-le, par Caruso). Dans les <em style="line-height: 1.5">forte</em> et les aigus, le souffle s’est sensiblement raidi, le vibrato n’a plus le naturel d’antan. Méforme passagère ou évolution normale après une carrière déjà bien remplie, et avec des rôles parfois un peu trop lourds ? Le fait est que, sans démériter toutefois, le ténor italien semble un peu en retrait par rapport à ses collègues.</p>
<p>
	La direction de <strong>Fabrice Bollon</strong>, à la tête d’un Philharmonique de Fribourg étincelant, souple, tendre, énergique, n’a pas le côté un peu unidimensionnel des deux intégrales précédentes dont nous parlions plus haut. Le dialogue qu’il instaure entre l’orchestre et ses solistes vocaux est un modèle de lyrisme ; il porte de bout en bout l’ouvrage avec un enthousiasme communicatif. Un nom à suivre.</p>
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		<title>OFFENBACH, Le Voyage dans la lune — Freiburg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-selene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jan 2014 22:59:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Chef-d’œuvre d’humour absurde et satirique, l’opéra-féerie de Jacques Offenbach, Le Voyage dans la lune, sur un livret d’Albert Vanloo, Eugène Leterrier et Arnold Mortier, s’inspire lointainement de Jules Verne (De la Terre à la Lune, 1865) et sans doute aussi, sans que cette source ne soit citée, des Aventures du Baron de Münchhausen, bien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Chef-d’œuvre d’humour absurde et satirique, l’opéra-féerie de Jacques Offenbach, <em>Le Voyage dans la lune</em>, sur un livret d’Albert Vanloo, Eugène Leterrier et Arnold Mortier, s’inspire lointainement de Jules Verne (<em>De la Terre à la Lune</em>, 1865) et sans doute aussi, sans que cette source ne soit citée, des <em>Aventures du Baron de Münchhausen</em>, bien avant Georges Méliès, dont le film intitulé également <em>Le Voyage dans la lune </em>date de 1902. La musique enjouée, souvent parodique et par endroits lyrique d’une œuvre qu’Offenbach n’a pas appelée opérette mais opéra, fût-il féerie, mérite d’être mieux connue dans son intégralité – et non seulement par le fameux « Ballet des flocons de neige » ou la valse chantée du prince Caprice. Aussi ne peut-on qu’être reconnaissant à l’Opéra de Fribourg de proposer ce spectacle, dont l’argument mêle aventure scientifique, histoire d’amour, dialogues désopilants, satire sociale et réflexion philosophique.</p>
<p>			Sur terre, le roi V’lan veut remettre sa couronne à son fils le prince Caprice, qui la refuse et demande à aller dans la lune. Le savant Microscope, mis à contribution bien qu’il ne rêve que de rejoindre sa Cascadine, danseuse de cabaret, fait forger un canon géant qui enverra sur le sol sélène un obus dans lequel prendront place Caprice, lui-même et le roi, avec quelques provisions dont d’importantes quantités de pommes. Sur la lune, le roi Cosmos, aussi persuadé de l’impossibilité que la terre soit habitée que les astronomes de l’observatoire terrestre consultés par le roi V’lan étaient certains de l’absence d’atmosphère sur la planète morte, découvre avec surprise l’arrivée des voyageurs, entouré de sa femme la reine Popotte, de sa fille la princesse Fantasia et de son conseiller Cactus. Double inversé du monde terrestre, l’univers lunaire ne connaît pas l’amour – considéré comme une maladie – et Fantasia se trouve donc dans l’incapacité de répondre aux avances empressées de Caprice, qu’elle ne peut comprendre. Mais lorsqu’elle le voit manger une pomme, elle veut goûter à ce fruit inconnu et tombe aussitôt amoureuse du prince. Le roi Cosmos apprend alors aux voyageurs que lorsque les femmes ne remplissent plus leur fonction ou tombent malades, comme Fantasia, elles font l’objet d’une vente au plus offrant. C’est le prince Quipasseparla, « roi de la Bourse », qui acquiert Fantasia sur ce marché. Après diverses aventures, les Terriens sont condamnés, à la suite d’un jugement sommaire caricaturant juges et avocats, à passer cinq ans dans un volcan éteint, absolument privés de toute nourriture. Or la reine Popotte, qui a croqué une pomme avant d’apercevoir Microscope, en est devenue éperdument amoureuse et, par vengeance, consigne le roi Cosmos avec les condamnés, auxquels s’est jointe, cachée, la princesse Fantasia. Une éruption du volcan mal éteint chasse les hôtes de cette prison et tous ensemble contemplent le clair de terre en se promettant de partir bientôt pour cette planète « où il ne reste presque plus du tout d’amour ».<br />
			 </p>
<p>			De fait, après les premiers tableaux sur terre, d’un classicisme de bon aloi évoquant l’époque de Jules Verne, un certain nombre d’inventions fantaisistes sont remplacées par l’introduction dans le livret et dans la mise en scène très vivante d’<strong>Olivier Desbordes</strong> d’accessoires et de textes renvoyant aux années 60 du vingtième siècle. L’idée, excellente, place les personnages devant un futur improbable qui est notre passé, devenu en partie aussi étrange à nos yeux qu’il l’est en tant que science-fiction pour V’lan, Microscope et Caprice. Réfrigérateur géant, machine à laver par le hublot de laquelle on aperçoit bientôt Caprice et Fantasia enlacés, téléviseur, aspirateurs et autres fruits du progrès sont entre les mains de personnages vêtus comme des poupées Barbie et des mannequins très sixties, aux couleurs vives et coiffés de perruques argentées permanentées. La scénographie de <strong>David Belugou</strong> et les costumes de <strong>Jean-Michel Angays </strong>et <strong>Stéphane Laverne</strong> sont très soignés et fonctionnent remarquablement bien : c’est un enchantement visuel. On regrettera simplement que les dialogues d’origine, si savoureux et bien écrits, soient largement remaniés, coupés, voire remplacés par un texte au rythme parfois en perte de vitesse dans les passages parlés. Les allusions à l’actualité politique française, qui ne sont pas toujours du meilleur goût, sont superflues et gâtent un peu, par leur lourdeur, la qualité du livret. C’est une pratique courante dans les opérettes, ce que n’est pas <em>Le Voyage dans la lune</em>, sauf à considérer que le compositeur a choisi sans raison l’appellation d’« opéra-féerie ». Car il apparaît que nous sommes là entre la critique sociale de <em>La Vie parisienne</em> et la poésie des <em>Contes d’Hoffmann</em>. Caprice est un rêveur et un poète, Fantasia annonce Olympia. Pourquoi avoir actualisé là où le texte pouvait garder une dimension pour partie intemporelle, pour partie d’une désuétude qui fait aussi le charme de l’œuvre ?</p>
<p>			Quoi qu’il en soit, <strong>Christophe Lacassagne</strong> en roi V’lan et <strong>Éric Vignau</strong> en Microscope s’en donnent à cœur joie, formant un duo comique du meilleur effet, avec des voix sonores et bien timbrées, auquel répond avec la même qualité le duo sélénite composé de <strong>Jean-Claude Saragosse</strong> en roi Cosmos et de <strong>Michel Mulhauser </strong>en Cactus. La soprano <strong>Marlène Assayag</strong> (qui chante en alternance avec Jennifer Tani) prête au prince Caprice son dynamisme et la clarté de sa diction, passant avec aisance de l’énumération blasée (air « Ah, j’en ai vu ! j’en ai vu ») au lyrisme de la romance à la lune (« Ô reine de la nuit »), au rondeau (« Monde charmant que l’on ignore ») ou au duo d’amour (« Le doux fruit par toi mordu »). La reine Popotte trouve en <strong>Hermine Huguenel </strong>une interprète de talent, révélant dans sa subite passion amoureuse toutes les nuances de son mezzo.<strong> Jonathan Spicher</strong>, prince Quipasseparla grimé en Elvis Presley, dispose d’une voix souple et séduisante mais dont la projection est insuffisante, notamment dans les ensembles, ce qu’il compense par un jeu d’acteur parfaitement convaincant dans ce rôle de composition. Absolument remarquable de précision, de clarté d’émission et de maîtrise des nuances dans la grande variété des airs et la difficulté des vocalises, la jeune soprano <strong>Magali Arnaud Stanczak</strong> campe une princesse Fantasia d’emblée très affirmée, et incandescente dès lors qu’elle a eu la révélation de l’amour. Sa puissance vocale et l’homogénéité dans les différents registres s’accompagnent d’un engagement physique proprement époustouflant – elle est irrésistible de drôlerie, entre autres dans l’air « Je suis nerveuse / Je suis fiévreuse ».</p>
<p>			Les Chœurs de l’Opéra de Fribourg, qui se chargent également des changements de décor à vue entre les tableaux, sont parfaitement coordonnés, et investis dans le jeu scénique tout en apportant aux ensembles vocaux une intensité particulière. Sous la baguette énergique de <strong>Laurent Gendre</strong>, l’Orchestre de chambre fribourgeois donne de cette partition subtile une interprétation expressive et riche de contrastes. On revient enchanté et le cœur joyeux de ce<em> Voyage dans la lune</em>.</p>
<p>			Prochaines représentations à Lausanne les 17 et 19 février 2014 de cette nouvelle production de l’Opéra de Fribourg (en coproduction avec l’Opéra de Lausanne et le Festival de St-Céré).<br />
			<br />
			 <br />
			 </p>
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