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	<title>Orchestra Internazionale d&#039;Italia - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Orchestra Internazionale d&#039;Italia - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Francesca da Rimini</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/francesca-da-rimini-eole-a-la-mise-en-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Mar 2017 13:43:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pier Luigi Pizzi a toujours été un esthète. Au fil des années, il a su à réduire son art à sa quintessence. Hélas, le dépouillement auquel il en est parvenu dans ses costumes et ses décors ne s’est pas accompagné d’un enrichissement de la substance dramatique de ses mises en scène. Il y a dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pier Luigi Pizzi</strong> a toujours été un esthète. Au fil des années, il a su à réduire son art à sa quintessence. Hélas, le dépouillement auquel il en est parvenu dans ses costumes et ses décors ne s’est pas accompagné d’un enrichissement de la substance dramatique de ses mises en scène. Il y a dans le spectacle capté l’été dernier à Martina France une seule idée, et encore se réduit-elle à une sorte de gadget à effet purement visuel : l’usage permanent de la soufflerie, qui transforme tous les protagonistes en sculptures du Bernin ou en nymphes de Botticelli. En soulevant leurs draperies, le vent – manifestement artificiel puisque les instrumentistes ne semblent pas du tout en être affectés – façonne autant de Victoires de Samothrace ou d’anges du Caravage. C’est d’abord assez charmant à regarder, mais on s’en lasse bientôt car, sur le plan théâtral, on est très proche du néant. Le corps de ballet convoqué pour animer les passages orchestraux ou choraux se déplace avec beaucoup de grâce ; les danseuses remettent chacune une tige de lys à l’héroïne, qui en forme une gerbe au creux de son bras. Pour un duo, les solistes arpentent la scène d’un bout à l’autre en sens inverse ; pour un trio, les trois chanteurs sont alignés à l’avant-scène et échangent leurs positions à intervalles réguliers. En cas de monologue, le monsieur ou la dame décrit des cercles pour bien faire flotter sa cape ou sa robe.</p>
<p>Autrement dit, cette « mise en scène » a l’énorme avantage de ne pas gêner l’écoute de la musique. Et il y a d’autant plus à écouter que cette <em>Francesca da Rimini </em>de Mercadante est une « <em>prima esecuzione assoluta</em> » : l’œuvre, conçue en 1829, aurait dû être créée en Espagne où le compositeur résida entre 1826 et 1830. De retour en Italie, Mercadante n’eut pas plus de succès lorsqu’il la proposa aux directeurs de théâtre, et elle resta donc dans ses cartons jusqu&rsquo;en 2016. Historiquement et musicalement, on se situe dans la même veine que Bellini et Donizetti, dont Mercadante était l&rsquo;aîné de quelques années à peine. Comme dans <em>I Capuleti et i Montecchi</em>, créé en 1830 à Venise, le héros confié à une mezzo en travesti a pour rival un ténor. La musicologue Elisabetta Pasquini suppose que si Milan refusa <em>Francesca da Rimini</em>, c’est parce qu’il n’offrait aucun rôle adéquat pour Giuditta Pasta, créatrice d’<em>Anna Bolena</em> à la fin de cette même année 1830. Et sans avoir les éclairs de génie de ses deux illustres contemporains, Mercadante n’a pas à rougir du rapprochement. Sa musique est belle, l’inspiration en est à peu près constante, ce qui n’est pas un mince compliment pour une œuvre qui dure près de trois heures et demie.</p>
<p>En s’assurant le concours régulier de <strong>Fabio Luisi</strong>, le Festival della Valle d’Itria a trouvé le collaborateur idéal pour ce genre d’entreprise, et nous avons déjà eu l’occasion de saluer sa direction toujours équilibrée et compétente à la tête d’autres œuvres présentées dans ce même cadre. La musique de Mercadante n’exige peut-être pas de prouesses des instrumentistes, mais l’Orchestra Internazionale d’Italia tient lui aussi fort dignement sa partie.</p>
<p>Quant à la distribution vocale, si elle est largement constituée de quasi-inconnus, elle n’en inclut pas moins de fort belles voix tout à fait à leur place dans cette résurrection. L’œuvre repose avant tout sur un trio vocal, et même la basse <strong>Antonio Di Matteo</strong> joue les utilités dans le rôle de Guido. Du ténor <strong>Merto Sungu </strong>(ou <strong>Mert Süngü</strong>), on avait surtout entendu parler à cause de sa démission <a href="http://www.forumopera.com/breve/lenlevement-au-serail-daix-fait-encore-des-siennes">lors de la reprise à Bologne de la production aixoise de <em>L’Enlèvement au sérail</em></a>, et <a href="http://www.forumopera.com/la-belle-helene-paris-chatelet-trop-belle-pour-ca">son Pâris au Châtelet</a> n’avait pas laissé une très bonne impression : c’est une injustice, car il excelle en Lanciotto Malatesta, avec une parfaite maîtrise de la technique belcantiste, un timbre dénué de toute nasalité et des pianos superbes. En 2013, <strong>Leonor Bonilla </strong>interprétait le très épisodique rôle du page <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/generation-rigoletto">dans <em>Rigoletto </em>à Séville</a> : trois ans après, elle incarne un rôle exigeant de soprano colorature qui lui impose une présence en scène quasi continue d’un bout à l’autre du spectacle, et si Francesca expire au dernier acte, la chanteuse, elle, arrive victorieuse au terme de la représentation. Quant à la mezzo japonaise <strong>Aya Wakizono</strong>, on pouvait l’entendre à Pesaro durant ce même été 2016, pour un récital de duos avec Pretty Yende, et elle y revient l&rsquo;été prochain pour <em>La pietra del paragone</em> : l’interprète est sensible, la voix est belle et point dépourvue de personnalité, peut-être en partie grâce à la tessiture grave, les sopranos d’origine asiatique tirant parfois vers la soubrette. Trio gagnant, donc, pour cette autre <em>Francesca da Rimini</em> (Dynamic en a également publié une version CD), trio qu’on aimerait retrouver bientôt dans d’autres œuvres relevant de la même esthétique, mais dans des spectacles un peu plus consistants et moins « esthétisants ».</p>
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		<title>La grotta di Trofonio</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-grotta-di-trofonio-il-y-a-grotte-et-grotte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Mar 2017 06:54:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En octobre 1785, La Grotta di Trofonio, opéra-comique de Salieri sur un livret de Giovanni Battista Casti, était créé au Burgtheater de Vienne. On y découvrait six personnages : deux couples de jeunes gens, le père des deux sœurs, et le magicien Trofonio ; comme dans Così fan tutte, à venir quelques années plus tard, les amoureux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En octobre 1785, <em>La Grotta di Trofonio</em>, opéra-comique de Salieri sur un livret de Giovanni Battista Casti, était créé au Burgtheater de Vienne. On y découvrait six personnages : deux couples de jeunes gens, le père des deux sœurs, et le magicien Trofonio ; comme dans <em>Così fan tutte</em>, à venir quelques années plus tard, les amoureux se livraient à l’échangisme, mais ici causé par les sortilèges de la susdite grotte. Avec une rapidité qu’on aurait crue l’apanage de notre époque, le Teatro dei Fiorentini de Naples affichait deux mois plus tard une autre <em>Grotta di Trofonio</em>, composée par Paisiello sur un livret assez différent. Pour corser les choses, le librettiste de la version napolitaine, Giuseppe Palomba, avait décidé d’ajouter deux personnages (la danseuse Madama Bartolina et l’aubergiste Rubinetta, délaissées par les deux jeunes hommes), et de modifier sensiblement le profil des amoureux : Eufelia la « femme savante » est courtisée par Artemidoro qui est en réalité épris de sa sœur Dori, celle-ci étant promise au balourd Don Gasperone.</p>
<p>En 2005, Christophe Rousset dirigeait à l’Opéra de Lausanne la <em>Grotte</em> de Salieri ; pour le bicentenaire de la mort de Paisiello, passé largement inaperçu en France, le Festival di Valle d’Itria  ressuscitait la <em>Grotte</em> du compositeur natif de Tarente. Comme souvent avec le label Dynamic, l’enregistrement aujourd’hui publié est une prise de son sur le vif réalisée lors de la résurrection de l’œuvre à Martina Franca en juillet 2016. Sans doute un DVD aurait-il mieux servi une partition qui ne possède peut-être pas tous les arguments nécessaires pour s’imposer à la seule écoute, mais dont la vivacité devait permettre un spectacle agréable à suivre. Dynamic n’a pas inclus le texte du livret, et il n&rsquo;est pas toujours facile de suivre l’action avec le seul résumé qui en est fourni. Les arias sont au total peu nombreuses, mais les duos et ensembles ne manquent pas d’inventivité, et le finale du premier acte, développé sur une vingtaine de minutes et animé d’une frénésie assez irrésistible, brille par moments d’une grâce quasi mozartienne, six mois avant la création des <em>Noces de Figaro</em>.</p>
<p>Norina à Rennes en décembre 2015, Traviata à Toulon en mai 2016, <strong>Angela Nisi</strong> n’en est pas moins manifestement dépassée par les exigences du rôle d’Eufelia ; passe dans les ensembles, mais on touche le fond avec les aigus qu’elle hulule quand Paisiello lui confie une aria de fureur digne d’un opera seria. Sa sœur mezzo, <strong>Benedetta Mazzucato</strong>, récemment pensionnaire du Jardin des Voix de William Christie, manque cruellement de personnalité et passe preque inaperçue, alors qu’elle dispose d’une occasion en or de se faire valoir, avec un air où, se prétendant actrice, elle dresse le catalogue de ses rôles. Son homonyme, sans aucun lien de parenté, <strong>Daniela Mazzucato</strong>, a derrière elle une longue carrière qui lui permet d’imposer son personnage, et <strong>Caterina Di Tonno</strong> est une fraîche Rubinetta. Le ténor <strong>Matteo Mezzaro</strong> n’est pas exempt de nasalités dans le timbre et paraît parfois à la peine dans l’aigu. Le baryton <strong>Domenico Colaianni </strong>peut compter sur son solide métier et sa maîtrise du chant syllabique pour tenir son rôle de <em>basso buffo</em>, tandis que son jeune confrère<strong> Giorgio Caoduro</strong>, paradoxalement distribué dans le rôle du père fait valoir une belle noirceur de timbre. <strong>Roberto Scandiuzzi</strong> complète la distribution, mais sa voix de basse accuse maintenant le passage des années : l’aigu plafonne un peu et le son est dans l’ensemble un peu cotonneux.</p>
<p>Finalement, peut-être aurait-il été préférable de capter le spectacle à Naples en novembre, quand les deux sœurs étaient campées par Sonia Prina et Maria Grazia Schiavo, dirigées par Alessandro De Marchi, même si l’Orchestra Internazionale d’Italia est ici tout à fait habilement conduit par <strong>Giuseppe Grazioli</strong>.</p>
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		<title>La Grande-Duchesse de Gérosltein</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-grande-duchesse-de-gerosltein-derniers-feux-dune-etoile-rossinienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2016 07:14:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rossinienne émérite, <strong>Lucia Valentini-Terrani</strong> est morte en 1998 à l’âge de 51 ans d’une leucémie détectée deux années auparavant. Sa dernière apparition sur scène fut, en 1996, <em>La Grande-duchesse de Gérolstein</em> au Festival della Valle d&rsquo;Itria à Martina Franca, proposée aujourd’hui en 2 CD par le label Dynamic. Une chanteuse familière des opéras de Rossini peut-elle mieux qu’une autre rendre justice à l&rsquo;opéra-bouffe d&rsquo;Offenbach ainsi que le décrète dans le livret d’accompagnement Sergio Segalini (qui fut l’instigateur de cette prise de rôle) ? Difficile de l’affirmer à l’écoute de cet enregistrement. Déjà malade, la mezzo-soprano italienne n’offre qu’une triste image de ce qu’elle fut, tenaillée par des registres disjoints, soumise aux écarts de justesse, désavantagée par une langue française qu’elle ne maîtrisait pas suffisamment pour la rendre compréhensible et en éviter les pièges les plus fréquents. Le fameux « dites-lui » devient ici par exemple « dites-louis ». Si atténuée soit-elle cependant, la personnalité fougueuse de celle qui chanta Arsace dans <em>Semiramide</em> coiffe la souveraine offenbachienne d’un panache flamboyant dont les contours ombrés d’une voix profonde projettent les derniers feux. </p>
<p>La profondeur de la voix, justement, n’a pas dû être sans influer sur le choix des autres protagonistes, dans une recherche légitime d’équilibre vocal. Ainsi, <strong>Carla di Censo</strong> habille Wanda d&rsquo;un soprano certes exotique dans la prononciation du français mais moins léger que d’habitude avec ce que cette matière dense donne de consistance à un rôle sinon pâlichon. De même, l’alors jeune <strong>Carlo Allemano</strong>, désormais polarisé sur le répertoire baroque et mozartien, présente un profil différent des ténors à l’émission haute imposés par les « taratata » claironnants de la chanson du régiment : plus épicé, plus viril, plus brusque mais aussi plus crédible. Dans un parti-pris inverse difficile à justifier, la jeunesse d’<strong>Etienne Ligot</strong>, baryton alors âgé de 29 ans et tragiquement décédé en 2011 d’un accident de ski, fait dégringoler Boum de quelques grades dans la hiérarchie militaire, moins général ici que lieutenant, fringant dans un « Pif, paf, pouf » d’une verdeur crédible mais inadapté aux noirs desseins du conspirateur. Mieux que le Baron Puck sans grand relief de <strong>Thomas Morris</strong>, <strong>Richard Plaza,</strong> vingt ans avant son <a href="http://www.forumopera.com/actu/linstant-lyrique-au-banc-dessai">Instant lyrique</a> qui aujourd’hui enchante les lambris d’Elephant Paname, zézaye drôlement un Prince Paul clair et sonore.</p>
<p>Outre l’ultime témoignage d’une grande dame du chant, l’intérêt premier de l’enregistrement résiderait dans la direction d’<strong>Emmanuel Villaume</strong>, elle aussi à la mesure de l’interprète du rôle-titre, vigoureuse, altière et non dénuée de second degré si la prise de son, approximative, ne transformait chaque coup de grosse caisse en coup de tonnerre et si le choix d’une version presque intégrale ne finissait pas focaliser l’attention sur l’œuvre au détriment de l&rsquo;interprétation. C&rsquo;est que Jean-Christophe Keck, le meilleur apôtre aujourd’hui de la parole d&rsquo;Offenbach, a fait pour l&rsquo;occasion le ménage dans plus d&rsquo;un siècle de petits arrangements et de coupures avec une partition qui le soir de sa création atteignait les quatre heures. Allégement des dialogues aidant, la présente version dépasse les deux heures, reprenant au troisième acte, la bénédiction des poignards – une parodie des <em>Huguenots</em> – et le chant des rémouleurs, supprimés dès le lendemain de la création, mais excluant au contraire de Minkowski en 2004 le « carillon de ma grand-mère », remplacé ici, comme l’avait alors suggéré Léon Halevy – le père de Ludovic –, par une reprise du trio de la conspiration que le retour sur scène de la Grande Duchesse transforme en quatuor. Ces explications fastidieuses pour donner une idée du travail d’orfèvre réalisé par Jean-Christophe Keck qui, pour parvenir à établir cette édition originelle, a infatigablement recherché, collecté, analysé et comparé les multiples sources à sa disposition. Grâce lui en soit rendu !</p>
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		<title>Medea in Corinto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/medea-in-corinto-litalie-sait-faire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2016 05:51:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Même si, très lentement, le Rossini serio commence à s’inscrire au programme des salles d’opéra du monde (Armide sera ainsi donné cette saison à Montpellier, et Semiramis à Nancy), il n’en reste pas moins que c’est en Italie seulement, et presque à Pesaro seulement qu’on peut voir les titres les moins courants. Alors quand il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Même si, très lentement, le Rossini <em>serio</em> commence à s’inscrire au programme des salles d’opéra du monde (<em>Armide</em> sera ainsi donné cette saison à Montpellier, et <em>Semiramis</em> à Nancy), il n’en reste pas moins que c’est en Italie seulement, et presque à Pesaro seulement qu’on peut voir les titres les moins courants. Alors quand il s’agit des œuvres d’un contemporain de Rossini, vous pensez… Enfin, dans son malheur, Giovanni Simone Mayr a la chance d’être né allemand, ce qui lui vaut parfois la considération de ses compatriotes, et explique l’assez sidérante  existence désormais de deux DVD de <em>Medea in Corinto</em>. Bien des opéras de Rossini sont loin de jouir d’un tel privilège, malgré une qualité musicale sans doute plus élevée. Certes, Mayr savait composer, mais toujours dans l’ombre de Mozart et du Pésarais et, pour être son chef-d’œuvre, sa <em>Medea</em> n’est pas pour autant un des incontournables de l’art lyrique.</p>
<p>C’est donc d’Italie que nous vient cette nouvelle captation, et plus précisément de Martina Franca, source régulière de raretés (on se souvient de l’<em>Artaserse</em> de Hasse <a href="http://www.forumopera.com/dvd/artaserse-jonas-gregory-et-franco-fagioli">récemment paru</a>). Cette <em>Medea in Corinto</em> du Festival della Valle d’Itria entre donc en concurrence directe avec le reflet des représentations données à Munich en 2010, publié en 2012 <a href="http://www.forumopera.com/dvd/mayday">chez Arthaus</a> (si le boîtier Dynamic s&rsquo;orne de l&rsquo;inscription « World Premiere on DVD », c&rsquo;est sans doute en référence à l&rsquo;édition critique utilisée). Et comme on peut vite s’en rendre compte, on n’a pas lésiné sur les moyens. Là où la Bavière avait opté pour un chef baroqueux, Martina France privilégie avec <strong>Fabio Luisi</strong> un grand connaisseur du répertoire romantique, qui sait faire respirer la musique de Bellini et de Donizetti, et qui déploie tous ses efforts pour que la partition un peu hétéroclite de Mayr sonne le mieux possible. L’Orchestra Internazionale d’Italia est la solide formation que l’on a pris l’habitude d’entendre dans la fosse du festival, quel que soit le répertoire.</p>
<p>Du côté des solistes, on rencontre avec les deux ténors le gratin du chant rossinien actuel : le toujours stupéfiant <strong>Michael Spyres</strong> en Jason et le mieux que prometteur <strong>Enea Scala</strong> en Egée. L’Américain est bien connu pour la densité de son grave, pour sa virtuosité et sa diction incisive, autant de qualités qui lui permettent de donner au personnage une véritable épaisseur ; l’Italien arrive à faire exister ce symétrique masculin de Médée (en tant qu’opposant à l’union de Créüse), ce qui n’est pas un mince exploit. Ce n’est pourtant pas avec eux qu’éclate le plus nettement la plus-value par rapport à la version munichoise. <strong>Roberto Lorenzi</strong> est infiniment préférable à Alastair Miles, et offre un chant bien plus espectueux du style. <strong>Mihaela Marcu</strong> est une Créüse à la voix puissante, plein-air oblige, mais à la vocalise sans doute un peu moins nette que sa rivale munichoise. Mais c’est surtout pour le rôle-titre que le choix est vite fait : si Nadja Michael avait des choses à dire dans la <em>Médée </em>de Cherubini, qui ressortit encore à l’<em>urlo francese</em>, c’était sans doute une erreur que de lui confier le personnage homonyme chez Mayr, alors que <strong>Davinia Rodriguez</strong> a précisément la formation belcantiste nécessaire : elle chante régulièrement Amelia Grimaldi et fut notamment Lucrezia Contarini d’<em>I due Foscari</em> au Theater an der Wien face à Placido Domingo. Cette chanteuse s’investit pleinement dans son rôle, avec notamment des graves « callassiens » d’une énergie impressionnante, et l’on aimerait que ses pas la conduisent vers la France, ce qui ne semble hélas pas prévu pour l’instant.</p>
<p>Reste le spectacle réglé par <strong>Benedetto Sicca</strong>, qui se laisse regarder sans déplaisir, avec son grand décor de prarie parsemée de fleurs rouges (qui disparaît au deuxième acte pour révéler une surface exclusivement minérale), au pied du mur du Palais ducal. Cette scène très large est assez habilement occupée par des danseurs et par les choristes habilement groupés, même s’il ne se passe rien de bien renversant sur le plan théâtral. Le résultat est en tout cas infiniment préférable au salmigondis concocté par Hans Neuenfels et immortalisé par le DVD Arthaus.</p>
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		<title>Rodelinda</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rodelinda-fagioli-la-fagioli-qua/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2016 05:08:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’affiche de l’Eliogabalo de Cavalli à l’ONP, l’événement – historique autant qu’artistique, espérons-le – de cette rentrée parisienne, mais également très attendu au disque dans un album Rossini qui doit sortir le 30 septembre chez Deutsche Grammophon, Franco Fagioli est partout et tout semble lui réussir depuis le triomphe de l’Artaserse de Vinci (2012) &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’affiche de l’<em>Eliogabalo</em> de Cavalli à l’ONP, l’événement – historique autant qu’artistique, espérons-le – de cette rentrée parisienne, mais également très attendu au disque dans un album Rossini qui doit sortir le 30 septembre chez <a href="/actu/franco-fagioli-de-cavalli-a-puccini-je-percois-une-ligne-historique-continue">Deutsche Grammophon</a>, <strong>Franco Fagioli</strong> est partout et tout semble lui réussir depuis le triomphe de l’<a href="/spectacle/one-god-one-fagioli"><em>Artaserse </em>de Vinci (2012</a>) qui l’a propulsé sous les feux de la rampe. Six années séparent cette production de <em>Rodelinda </em>donnée à Martina Franca (2010) de sa diffusion, une entreprise que motive surtout, n’en doutons pas, la présence de la nouvelle star argentine dans la distribution, davantage encore que pour l’<a href="/dvd/artaserse-jonas-gregory-et-franco-fagioli"><em>Artaserse </em>de Hasse (2012)</a>, autre spectacle du Festival della Valle d’Itria immortalisé par Dynamic. Mais alors que ce dernier ouvrage lui permettait d’aborder l’intégralité d’un rôle écrit pour Farinelli (Arbace), défi relevé avec panache et doublé d’une découverte passionnante à l’instar du Farnaspe incarné par Ann Hallenberg dans le somptueux <em>Adriano in Siria </em>de Veracini (Glossa), le costume de Bertarido pourrait sembler, a priori, un peu étriqué pour la flamboyante vocalité du contre-ténor. Or, si Franco Fagioli explose le cadre et confère au mélancolique souverain une envergure inédite qui ne fera probablement pas l’unanimité, il sauve aussi du naufrage une lecture bancale et franchement oubliable.</p>
<p>Même un chef ultra doué ne peut transformer le plomb en or et le geste, comme toujours, éminemment dramatique, de <strong>Diego Fasolis</strong> ne parvient pas à compenser les carences du casting qui minent le triangle amoureux formé par Rodelinda, Bertarido et Grimoaldo. Championne de la constance, Rodelinda s’affirme comme la figure la plus forte de l’opéra, dès lors, pourquoi ne pas la doter d’une cuirasse aux reflets fauves ? Voilà le genre de fausse bonne idée qui pourrait expliquer le choix, malheureux, de <strong>Sonia</strong> <strong>Ganassi</strong>. Si une certaine tradition a réussi à imposer un mezzo en Adalgisa, comparaison n’est pas raison et un monde sépare l’héroïne de Bellini, dont la cantatrice italienne s’est faite une interprète recherchée, de celle destinée au soprano aigu et suave de Francesca Cuzzoni. Ce ne sont pas tant les quelques notes éludées par cette voix manifestement fatiguée et trop courte qui retiennent notre attention que son incapacité à embrasser la gamme d’émotions qui saisissent Rodelinda, gamme au moins aussi vaste que celle que parcourt Cléopâtre. Le personnage ne commence vraiment d’exister qu’au III, lorsque le chagrin le submerge (« Se’l mio duol non è si forte »). Autant dire que nous ne regrettons pas les coupures réalisées au profit d’une version ramassée de deux heures et demie et qui tient d’ailleurs en deux CD, notamment celle d’un air de Rodelinda au II ou encore l’absence du second duo des amants, publié tardivement et enregistré par Alan Curtis (Archiv), la raideur du mezzo-soprano plombant irrémédiablement le premier (« Io t’abbraccio »).</p>
<p>Il avait créé le buzz sur la Toile en exhibant fièrement ses <a href="http://www.francemusique.fr/actu-musicale/le-jeune-tenor-italien-paolo-fanale-nouvelle-coqueluche-du-web-109665">biscotos</a>, malheureusement pour lui ou plutôt pour Grimoaldo, <strong>Paolo Fanale</strong> n’a pas la carrure nécessaire pour endosser cette partie de ténor  très centrale destinée à Francesco Borosoni, déjà titulaire de Bajazet (<em>Tamerlano</em>) quelques mois avant la première de <em>Rodelinda</em>.  Le jeune Palermitain a de l’énergie à revendre et sait habiter son texte, en particulier dans le formidable <em>accompagnato </em>« Fatto è inferno il mio petto », mais il tente vainement d’assombrir son émission alors que ses échappées hors de la tessiture du rôle trahissent la légèreté d’un organe au demeurant trop séduisant pour mériter un tel travestissement. L’ennui s’installe rapidement au fil des plages et les prestations honorables, mais relativement impersonnelles, de <strong>Marina De Liso</strong> (Unulfo), <strong>Gezim Myshketa </strong>(Garibaldo) et <strong>Antonio Giovannini </strong>(Unulfo) ne nous y arrachent guère.</p>
<p>Difficile d’imaginer une entrée plus marquante pour un chanteur que l’<em>accompagnato </em>de Bertarido « Pompe vane di morte » ; encore faut-il la réussir, rien n’est moins évident. Là où d’ordinaire un <em>recitativo secco</em> permet à l’artiste de prendre ses marques et ne comporte aucun enjeu, cette page constitue un pur et surtout un intense moment de théâtre où tout doit être immédiatement en place, senti, juste. Haendel pouvait compter sur le talent d’acteur de Senesino, il l’avait bien sûr à l’esprit en composant cette scène que Franco Fagioli investit à son tour avec une acuité admirable. Le reste est à l’avenant et nous en venons, cette fois, à déplorer certaines options du chef – à moins qu’il ne s’agisse du metteur en scène – qui, par exemple, ne laisse pas le chanteur explorer le potentiel de la merveilleuse sicilienne « Con rauco mormorio » et l’interrompt prématurément. L’ornementation ébouriffante de « Vivi tiranno », avec ses impressionnants sauts de registre, ravira les admirateurs du virtuose et en agacera certains. Toutefois, ce n’est pas qu’une affaire de goût. L’imagination est le sel du premier <em>bel canto</em> et la raison d’être du <em>Da Capo</em>, elle lui est consubstantielle au même titre que les trilles et les sons filés dont Fagioli, du reste, n’est pas avare, contrairement à beaucoup de musiciens qui s’aventurent dans ce répertoire. En outre, le chant de bravoure se veut une démonstration, une performance et la tiédeur, la réserve y sont un contresens, une hérésie. En l&rsquo;occurrence, l&rsquo;invention et les prouesses de Franco Fagioli nous font l&rsquo;effet d&rsquo;une oasis au milieu du désert.</p>
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		<title>Giovanna d’Arco</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/giovanna-darco-jessica-darco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Sep 2016 05:46:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Longtemps méconnu et souvent tenu pour une œuvre mineure dont le principal intérêt aurait été de préfigurer l’expression du surnaturel en musique – qui trouvera son aboutissement dans Macbeth –, Giovanna d’Arco, opéra créé en 1845 à la Scala de Milan, a bénéficié ces dernières années d’un regain d’intérêt, jusqu’à faire l’ouverture de la dernière &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps méconnu et souvent tenu pour une œuvre mineure dont le principal intérêt aurait été de préfigurer l’expression du surnaturel en musique – qui trouvera son aboutissement dans <em>Macbeth</em> –, <em>Giovanna d’Arco</em>, opéra créé en 1845 à la Scala de Milan, a bénéficié ces dernières années d’un regain d’intérêt, jusqu’à faire <a href="http://www.forumopera.com/giovanna-darco-milan-la-chevalerie-nest-pas-morte">l’ouverture de la dernière saison scaligère</a>. Voilà qui pourrait suffire à justifier la sortie du DVD, sous le label Dynamic, d’une captation du spectacle donné en 2013 au <em>Palazzo Ducale</em> de Martina Franca, dans le cadre du festival de la Vallée d’Itria. C’est aussi l’occasion de découvrir comment, en accord avec Verdi, le librettiste Temistocle Solera, directement ou indirectement inspiré par la pièce de Schiller (<em>La Pucelle d’Orléans</em>, 1801) – bien qu’il prétendît avoir fait œuvre originale –, a écrit un texte pour trois rôles (Jeanne, son père Jacques et le roi Charles VII), auxquels s’ajoutent les chœurs. Ce trio verdien par excellence, pour lequel a été inventé l’incompréhensible soupçon du père de Jeanne la croyant ensorcelée par les démons, témoigne à la fois de la réception italienne de la « tragédie romantique » de l’écrivain allemand (portant sur un personnage et un moment de l’histoire franco-anglaise), du contexte patriotique du <em>Risorgimento</em> et de cet élément clef de la dramaturgie verdienne que constitue le rapport père/fille dans l’économie de la relation amoureuse.</p>
<p>C’est l’un des grands mérites de cette production que de donner à voir avant tout, sur fond de batailles, de marches militaires et de scènes de foule, un drame intimiste. Renonçant à l’illustration scénique souvent proposée d’une musique conçue pour se suffire à elle-même, l’ouverture est jouée à rideau fermé, tandis qu’ensuite le chœur entre progressivement en scène pour l’introduction, ponctuant de drapeaux bleus flottant au vent le cadre de l’action. On verra ainsi, dans cette mise en scène de <strong>Fabio Ceresa</strong>, qui en a également conçu les décors, une grande sobriété permettant de mettre en valeur les contrastes marqués entre l’obscurité inquiétante de l’arrière-plan, les couleurs bleues de la France et les blancs atours de Jeanne, le rouge et le noir des Anglais ainsi apparentés aux démons. Le travail précis de <strong>Giuseppe Calabrò</strong> aux lumières est très efficacement secondé par le souffle vigoureux du vent qui donne aux voiles et costumes de <strong>Massimo Carlotto</strong> une belle plasticité et une sorte d’élégance naturelle.</p>
<p>Dans ce cadre, les chanteurs rendent justice à la subtilité de la partition : sans emphase inutile, ils tendent vers l’expression d’un naturel poignant. Dès sa première apparition, <strong>Jean-François Borras</strong> convainc entièrement : il est ce jeune roi désespéré, prêtant à Carlo VII la clarté de son émission, la candeur résignée de ses inflexions, l’intensité de son lyrisme, tout en respectant du début à la fin de la représentation les nuances voulues par Verdi (ainsi de l’indication <em>mezza voce</em> pour la cavatine de l’introduction, par exemple).</p>
<p>Le rôle de Giovanna d’Arco semble taillé sur mesure pour <strong>Jessica Pratt</strong>, qui fait preuve d’une présence rayonnante dès sa première apparition, d’une grande justesse de chant comme de jeu scénique, accentuant la dimension dramatique par la vaillance et la solidité de sa voix qui se joue des difficultés (« <em>Fatidica foresta</em> ») en exprimant les nuances les plus délicates (prière de l’acte III). Les duos sont de grand moments de beau chant, quoi qu’on puisse penser par ailleurs de l’inspiration de Verdi ici par rapport à d’autres œuvres. Le finale de l’introduction, avec son trio <em>a cappella</em>, tout en retenue, est saisissant</p>
<p>Même s’il paraît bien jeune pour être le père de Giovanna, le baryton coréen <strong>Julian Kim</strong> réussit une prise de rôle remarquée. Son Giacomo inquiétant à souhait lors de son entrée, de belle assise vocale, doté d’une projection impressionnante, est justement applaudi, notamment pour son air de l’acte II (« Speme al vecchio era una figlia ») qui révèle une maîtrise consommée du <em>legato</em> et, là encore, des subtilités de la partition.</p>
<p>Pas toujours très audibles, et parfois en décalage, notamment au début, les <strong>Chœurs du Théâtre Petruzzelli</strong> sont de bon aloi à défaut d’être parfaitement synchronisés. Sans démériter, ils n’imposent pas vraiment ce « quatrième personnage » qu’y voient certains exégètes. Il leur faudrait sans doute plus d’ampleur. Mais cela entre aussi, du moins peut-on le penser, dans une stratégie d’ensemble qui détache sur fond de foule (villageois, officiers, esprits, soldats, gens de cour etc.) la qualité singulière des personnages principaux. Réduits à jouer les utilités, <strong>Roberto Cervellera</strong> et <strong>Emanuele Cordaro</strong>, incarnant respectivement Delil et Talbot, s’acquittent au mieux de leur tâche.</p>
<p>À la tête de l’Orchestra Internazionale d’Italia, <strong>Riccardo Frizza</strong> a fait le choix d’un tempo assez lent. Sa direction précise, sobre, mesurée, n’a rien de la nervosité d’un Riccardo Chailly. On peut avoir au début une impression de platitude, parfois de lourdeur. Pourtant, chaque instrument se détache distinctement dans l’<em>andante</em> de l’Ouverture, contribuant au climat pastoral. Reste qu’un peu plus de mystère, un peu plus de frémissement ne nuiraient pas à l’exécution, de même que certaines attaques un peu plus marquées ou encore un rythme un peu plus enlevé au début de l’acte II par exemple. Il faut toutefois louer l’attention portée aux nuances et la mise en valeur constante des chanteurs principaux ainsi que les introductions musicales des airs (violoncelle, clarinette…), très soignées dans l’ensemble.</p>
<p>Le montage est bien conçu,  en dépit de quelques plans d’orchestre un peu sombres et donc moins utiles une fois passée l’ouverture. La prise de son ne paraît pas toujours irréprochable (plus pour ce qui concerne l’orchestre et les chœurs que pour les solistes), mais ce sont les aléas des enregistrements en plein air, qui n&rsquo;enlèvent rien à la qualité de l&rsquo;ensemble.</p>
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		<title>Artaserse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/artaserse-jonas-gregory-et-franco-fagioli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Mar 2016 06:42:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jonas Kaufmann chante le Faust de Berlioz et celui de Gounod. Gregory Kunde chante l’Otello de Rossini et celui de Verdi. Eh bien, Franco Fagioli, lui, chante l’Arbace de Vinci et celui de Hasse. Et s’il le souhaite, il a encore du pain sur la planche, car des Artaserse, il en existe environ quatre-vingts, semble-t-il. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jonas Kaufmann chante le Faust de Berlioz et celui de Gounod. Gregory Kunde chante l’Otello de Rossini et celui de Verdi. Eh bien, Franco Fagioli, lui, chante l’Arbace de Vinci et celui de Hasse. Et s’il le souhaite, il a encore du pain sur la planche, car des <em>Artaserse</em>, il en existe environ quatre-vingts, semble-t-il. Le livret dans lequel Métastase mettait Babylone à la sauce opera seria fut en son temps un tel succès que les compositeurs se bousculèrent tout au long du siècle pour le mettre en musique. Pourtant, avant même la résurrection scénique de la version Leonardo Vinci <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/one-god-one-fagioli">à Nancy en novembre 2012</a>, le festival de Martina Franca s’était chargé de celle de l’œuvre « concurrente » de Hasse, en confiant au même interprète le rôle d’Arbace, créé à Venise par Farinelli (à Rome, c’est Carestini qui avait créé l’Arbace de Vinci). Pourtant, on serait tenté de dire la présence du contre-ténor italo-argentin est à peu près le seul point commun entre les deux spectacles.</p>
<p>Si à Nancy, Silviu Purčarete proposait un show abracabrantesque, mêlant les coulisses à la scène, jouant sans cesse sur la théâtralité de déguisements hallucinants, <strong>Gabriele Lavia</strong> règle pour le festival de Valle d’Istria un spectacle des plus sages, un peu comme du Pierluigi Pizzi en moins raffiné. Décor sobre, dont la monumentalité néo-classique est tempérée par la chaleur du bois brut. Elégants costumes militaires fin XIX<sup>e</sup>-début XX<sup>e</sup> pour les messieurs, tous identiquement bottés et vêtus d’un uniformes noirs à parements rouges, seuls le nombre de médailles les distinguant ; silhouette empire pour les robes des dames, elles aussi transformées en jumelles. Bref, rien qui aide à caractériser les personnages ou à les distinguer les uns des autres. Quant au jeu, il se borne à une série d’allées et venues, et aux poses les plus convenues, exprimant l’affliction, le désarroi ou le mépris. Rien qui puisse offusquer l’œil, mais rien qui risque d’enflammer l’imagination. Par chance, la captation alterne constamment plans larges et plans rapprochés, et multiplie les angles de prise de vue, pour lutter contre l’ennui que pourrait susciter l’aspect purement visuel du spectacle.</p>
<p>Autre différence majeure par rapport à l’<em>Artaserse</em> de Vinci : à Venise en 1730, les femmes étaient admises sur les scènes lyriques, et la production de Martina Franca inclut donc plusieurs chanteuses. Les deux héroïnes, respectivement amante et sœur d’Arbace, n’ont donc pas lieu d’être interprétées par des contre-ténors travestis : à la Cuzzoni en Mandane et à Maria Maddalena Pieri en Semira succèdent ainsi <strong>Maria Grazia Schiavo</strong> et <strong>Rosa Bove</strong>. La première est bien connue grâce à ses nombreuses participations à divers spectacles « baroqueux », mais on est heureux de l’entendre ici sans l’acidité qui caractérisait ses aigus encore peu de temps auparavant. Belle découverte avec la mezzo, au timbre prenant et à l’interprétation pleine de vie dramatique. Si travesti il y avait à Martina Franca, c’était dans le sens inverse, puisque le rôle d’Artabano, conçu à l’origine pour  le castrat Nicolino, est confié à <strong>Sonia Prina</strong>, qui ne s’épanouit jamais autant que dans ces rôles de salaud (meurtrier de Xerxès, Artaban tente d’attribuer son crime au fils du roi, qu’il tue également, avant d’envoyer à la mort son propre fils Arbace, accusé du régicide). La carapace se fissure néanmoins à la fin du deuxième acte, et la mezzo hérite d’un de ces airs de désolation que Farinelli chantait au roi d’Espagne pour bercer sa mélancolie, « Pallido il sole »). Autre air souvent interprété pour Philippe V, « Per questo dolce amplesso » est peut-être le sommet de la partition de Hasse, auquel <strong>Franco Fagioli</strong> rend justice, en montrant qu’il n’est pas qu’une machine à vocalises ; et même quand les airs sollicitent avant tout sa virtuosité, on sait que le contre-ténor est capable de les investir d’une émotion largement portée par son timbre vibrant. L’autre contre-ténor de la distribution, <strong>Antonio Giovannini</strong>, a la voix souple et claire, sans doute moins caractérisée, mais on n’en demande pas tant au personnage secondaire de Megabise. Le rôle-titre, enfin, ayant été écrit pour le ténor Filippo Giorgi, <strong>Anicio Zorzi Giustiniani</strong> montre combien il a su progresser en quelques années, pour devenir un mozartien respectable et, plus récemment, un haendélien apprécié (Oronte <a href="http://www.forumopera.com/alcina-versailles-des-sanglots-longs">à Versailles</a> et <a href="http://www.forumopera.com/alcina-geneve-tirez-lui-la-queue-il-pondra-des-oeufs">à Genève</a> en février).</p>
<p>Différence finale : le très pompeusement nommé <strong>Orchestra Internazionale d’Italia</strong> ne peut pas tout à fait déployer les mêmes charmes instrumentaux que le Concerto Köln, mais <strong>Corrado Rovaris</strong>, dont on a notamment pu apprécier le travail sur Pergolèse à Jesi, en tire le maximum tout en assurant la partie de clavecin.</p>
<p>______</p>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B01AU02AW0/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B01AU02AW0&amp;linkCode=as2&amp;tag=forumopera-21" rel="nofollow"><strong>Commander ce DVD</strong> &#8211; Johann Adolf Hasse : Artaserse &#8211; Festival della Valle d&rsquo;Itria, 2012</a><img decoding="async" alt="" border="0" height="1" src="http://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=forumopera-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=B01AU02AW0" style="border:none !important; margin:0px !important;" width="1" /></p>
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		<title>Crispino e la Comare</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/crispino-e-la-comare-vive-la-camarde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Feb 2016 06:00:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les frères Ricci, tous deux compositeurs réputés de l’école napolitaine, écrivirent ensemble quatre ouvrages lyriques, dont Crispino e la comare. Très populaire au XIXe siècle, chanté par les plus grandes voix, diffusé par les compagnies transalpines faisant des tournées internationales, ce dernier opéra bouffe de tradition italienne a pratiquement disparu des répertoires au siècle suivant, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les frères Ricci, tous deux compositeurs réputés de l’école napolitaine, écrivirent ensemble quatre ouvrages lyriques, dont <em>Crispino e la comare</em>. Très populaire au XIXe siècle, chanté par les plus grandes voix, diffusé par les compagnies transalpines faisant des tournées internationales, ce dernier opéra bouffe de tradition italienne a pratiquement disparu des répertoires au siècle suivant, malgré deux enregistrements (Marco della Chiesa, RAI, 1974 et Paolo Carignani, San Remo, 1994). C’est fort dommage, car l’ouvrage, écrit dans le droit fil de <em>L’Elisir d’amore</em> et de <em>Don Pasquale</em>, en a les mêmes qualités.</p>
<p>Le nom de Piave, attaché à celui de Verdi, est l’assurance d’un livret efficace. L’histoire n’aurait pas déparé les Foires parisiennes du XVIIIe siècle : Crispino, pauvre savetier pourchassé par son propriétaire qu’il ne peut payer, veut se jeter dans un puits. La Mort, voilée, l’en dissuade et lui promet la fortune à condition de se faire passer pour médecin, dont elle éclairera le diagnostic. Deux d’entre eux, appelés à secourir un maçon tombé d’un toit, Bortolo, le promettent à la mort. Crispino prédit sa guérison, qui intervient rapidement. Devenu riche grâce à sa réputation, il devient insolent et tyrannique à l’endroit de sa femme, Annetta, qui joue à la grande dame. La Comare l’entraîne aux enfers d’où il ne revient qu’après avoir promis d’être raisonnable… Ajoutez un Sicilien propriétaire de la maison de Crispino, riche, avare et libidineux, qui veut épouser sa propre nièce, aimée d’un Comte dont elle est éprise, et vous avez tous les ingrédients pour un aimable divertissement, qui ne peut que bien se terminer.</p>
<p>A l’écoute, on comprend ce qui put séduire les grands interprètes et les publics du XIXe siècle. Riche, soignée et variée à souhait, l’écriture musicale est toujours juste dans son expression dramatique. La partition comporte de beaux numéros propres à faire valoir la virtuosité des chanteurs. C’est là que la lecture qui nous est proposée trouve ses limites. Tous Italiens, ces derniers se produisent pour l’essentiel dans leur pays et maîtrisent évidemment une langue dont la compréhension est essentielle dans ce type d’ouvrage. Hélas, Annetta, rôle central, dépare l’ensemble.</p>
<p>Trois rôles principaux. Familier de Martina Franca, <strong style="line-height: 1.5;">Domenico Colaianni</strong> domine la distribution. Il campe un Crispino de qualité, en parfaite adéquation avec le rôle bouffe, sans les excès auquel il pourrait prêter. Voix claire, à la diction exemplaire, sa présence dramatique est toujours convaincante (la chanson du savetier, l’air « Io sono un po’ filosofo », tout le dernier acte.) Par contre n’est pas Adelina Patti qui veut… L’Annetta de <strong style="line-height: 1.5;">Stefania Bonfadelli</strong> est très en deçà des attentes. La Violetta de Zeffirelli a pris beaucoup de rides et a renoncé à sa carrière, à juste titre. Le timbre est aigre, l’émission souvent tendue, forcée, le vibrato difficile à supporter dans les aigus. Du début (sa cavatine « Istorie belle e legere ») au finale, la voix n’est plus qu’artifices, enlaidie. Oublions. <strong style="line-height: 1.5;">Romina Boscolo</strong>, la Comara, dès la scène du puits, s’affirme comme un beau mezzo, bien timbré, avec des graves profonds, égale dans tous les registres. Ses qualités d’articulation et de projection rares lui font trouver les accents justes. Une très grande voix, que l’on se réjouit de découvrir ici. Le début du dernier acte, dramatique, où La Comare et Crispino dialoguent est peut-être le sommet vocal et orchestral de l’ouvrage. Aucun rôle secondaire ne dépare, ni le Comte de <strong style="line-height: 1.5;">Fabrizio Paesano</strong>, ni sa nièce, Lisetta, dont le rôle a été écrit pour une mezzo, chantée ici fort correctement par une jeune soprano, <strong style="line-height: 1.5;">Lucia Conte</strong>, ni Fabrizio, campé par <strong style="line-height: 1.5;">Mattia Olivieri. </strong>Une mention spéciale pour Mirobolano, <strong style="line-height: 1.5;">Alessandro Spina</strong>, qui fait merveille, particulièrement dans le trio des médecins, au 2<sup>e</sup> acte. La voix est bien timbrée, sonore. Le débit est impeccable et la ligne de chant remarquablement soutenue. Les ensembles, fort nombreux (on retient en particulier le trio des médecins de l’acte 3), se remarquent par leur traitement toujours juste. Les rares récitatifs, accompagnés au piano forte, sont frais et inventifs. Le chœur, très en forme, intervient fréquemment, et sa qualité est indéniable. On n’en écrira pas autant de l’orchestre, attaché au festival, qui fait son travail, sans grâce, avec des cordes quelque peu triviales. Les couleurs sont insuffisantes. S’il le conduit avec souplesse et nervosité, <strong style="line-height: 1.5;">Jader Bignamini</strong>, jeune chef dont l’expérience symphonique est attestée, n’a certainement pas pu en obtenir davantage. Par contre sa direction des chanteurs et du chœur s’avère exempte de toute réserve. L’enregistrement public n’évite pas de trop nombreux bruits de scène, liés aux déplacements particulièrement. La prise de son, médiocre, ne sert pas l’ouvrage.</p>
<p>Les notes en italien et en anglais, ne proposent qu’ un simple résumé du livret, hélas. Puisse cet enregistrement convaincre nos directeurs de la pertinence de remonter un tel ouvrage, de grande qualité, avec une Annetta et un orchestre à la hauteur !</p>
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