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	<title>Orchestre de Cadaquès - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Orchestre de Cadaquès - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Stabat Mater&#124;La morte di Didone — San Sebastian</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stabat-mater-san-sebastian-le-miracle-zedda-renouvele/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2015 05:19:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La longévité de nos artistes ne cesse d&#8217;étonner. Prenez Alberto Zedda : 87 ans dépassés ; une vie consacrée à Rossini dès le premier opéra dirigé – Il barbiere di Siviglia en 1956 ! – puis la révision critique de bon nombre de partitions, plusieurs enregistrements et certains des temps forts du festival de Pesaro &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La longévité de nos artistes ne cesse d&rsquo;étonner. Prenez <strong>Alberto Zedda</strong> : 87 ans dépassés ; une vie consacrée à Rossini dès le premier opéra dirigé – <em>Il barbiere di Siviglia</em> en 1956 ! – puis la révision critique de bon nombre de partitions, plusieurs enregistrements et certains des temps forts du festival de Pesaro dont il vient cette année d&rsquo;abandonner la tête* ; la silhouette courbée ; le visage froissé par le ressac du temps ; et pourtant une présence lumineuse et une baguette d&rsquo;une vigueur juvénile. Connue (<a href="http://www.forumopera.com/v1/concerts/stabatmater_pesaro20061808.html">2006</a> et <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/zedda-mage-non-cest-dommage">2008</a> en ce qui nous concerne) mais inaltérée, sa direction du <em>Stabat Mater</em> demeure une expérience bouleversante que l&rsquo;on recommande absolument, du premier au dernier des dix numéros, des mesures introductives au « In sempiterna saecula » fugué, sensationnel bouquet final d&rsquo;un feu d&rsquo;artifice dont chaque fusée auparavant éblouit. Nul mieux que Zedda pour en tirer les différents coups en une progression savamment mesurée où la recherche d&rsquo;effets ne prend jamais le pas sur la charge spirituelle. Car n&rsquo;en déplaise à ceux qui méprisent un ouvrage moins religieux que profane, il est aussi question d&rsquo;éternité dans ces pages à la séduction immédiate, tour à tour enflées de colère ou baignées de douceur sensuelle et résignée. Et Zedda sait comme nul autre dévoiler à maintes reprises derrière l&rsquo;épais rideau de velours pourpre la profondeur azuréenne des cieux.</p>
<p>L&rsquo;originalité de la lecture, ce qui la rend unique et mémorable, ne tient pas tant en un choix particulier de <em>tempi </em>ou en une volonté systématique de contrastes mais en une somme d&rsquo;intentions, toutes à propos, et en une tension permanente qui ne desserre son étreinte que pour empoigner davantage. Le bras commande d&rsquo;un geste lent, souvent indéchiffrable, parfois même imperceptible ; l&rsquo;Orquesta de Cadaqués, hypnotisé, obéit. Ovationné à la fin du concert, l&rsquo;Orféon Donostiarra sait être aussi uni et précis que nuancé sur une échelle sonore allant du murmure à l&rsquo;éclat le plus orageux. </p>
<p>Dommage que Nicola Alaimo, rendu aphone par une laryngite, ait dû céder sa place à <strong>Fernando Latorre</strong>, moins basse que baryton, mal assuré et pénalisé par un nombre insuffisant de répétitions. Fidèle à son interprétation d&rsquo;Arnold à Monte-Carlo puis <a href="http://www.forumopera.com/guillaume-tell-paris-tce-o-massis-idole-de-paname">à Paris en début d&rsquo;année</a>, <strong>Celso Albelo</strong> ne recule devant aucune des notes les plus exposées du « Cujus animam », toutes conquises en voix de poitrine, sans que l&rsquo;excès d&rsquo;héroïsme n&rsquo;entrave ailleurs l&rsquo;afflux des sentiments. Reine blessée en première partie, le temps d&rsquo;une <em>Morte di Didone</em> que la direction d&rsquo;Alberto Zedda a rendu haletante, la chair à vif et l&rsquo;aigu perçant,<strong> Maria José Moreno</strong> se consume dans le brasier d&rsquo;un « Inflammatus » trop ardent pour son soprano léger. Mais dans le « Quis est homo », tout ce que la voix peut avoir d&rsquo;acéré se voit tempéré en une complémentarité bienvenue par le mezzo onctueux de <strong>Marianna Pizzolato</strong>. Si le ciel s&rsquo;entrouvre d&rsquo;ailleurs ce soir pour nous laisser deviner la félicité promise, c&rsquo;est assurément le temps d&rsquo;un « Fac, ut portem » déroulé comme un ruban de caramel : ambré, miellé, étiré en certains sons qui semblent ne pas vouloir finir, égal sur la longueur, souple et brûlant. </p>
<p>Comme à chaque fois avec Zedda, les soupirs recueillis du « Quando corpus morietur » cèdent sans transition aux coups de boutoir des « Amen » conclusifs et comme à chaque fois, ce n&rsquo;est pas par la vitesse que cet ultime numéro ouvre des abîmes vertigineux mais par le déferlement sonore qui, peu à peu, submerge l&rsquo;auditeur, brassé par le flot choral, secoué, transporté, retourné, abandonné lors du rappel des premières mesures de l’introduction, puis repris et de nouveau chahuté, bousculé, chaviré tel le galet brimbalé par les vagues de l&rsquo;Atlantique, à quelques pas du Kursaal, sur la plage de la Zurriola.</p>
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		<title>Concert Juan Diego Florez — Peralada</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-juan-diego-florez-peralada-faena-triomphale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2015 01:49:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« En approchant de la quarantaine, j’ai acquis un centre plus large, davantage de volume et de rondeur. Alors j’ai cherché à retravailler sur la respiration, à revoir le legato. Cette évolution me permettra d’aborder des personnages nouveaux sans renoncer à ceux qui sont déjà les miens. » C’est en substance ce que déclarait Juan &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>«<em> En approchant de la quarantaine, j’ai acquis un centre plus large, davantage de volume et de rondeur. Alors j’ai cherché à retravailler sur la respiration, à revoir le legato. Cette évolution me permettra d’aborder des personnages nouveaux sans renoncer à ceux qui sont déjà les miens.</em> » C’est en substance ce que déclarait<strong> Juan Diego Florez</strong> à nos confrères de la revue <em>Opera Actua</em>l il y a quelques années. Le concert qu’il donne dans le cadre enchanteur de l’auditorium du parc du Château de  Peralada est l’occasion d’apprécier en direct le bien -fondé de ces affirmations. Sans doute le ténor est-il mieux placé que personne pour ressentir les changements dont il parle et qui sont, d’autres concerts antérieurs l’ont confirmé , bien réels. Mais si à Marseille ces gains en volume avaient impressionné, l’accompagnement était alors celui d’un piano. A Peralada, avec l&rsquo;orchestre de Cadaquès, malgré la direction « sur mesure » d’<strong>Espartaco Lavalle</strong>, Péruvien lui aussi et associé depuis l’origine au projet Sinfonia por el Perù, patronné par Juan Diego Florez sur le modèle vénézuélien de El Sistema, les intentions ou les espoirs du ténor semblent trouver leurs limites, surtout dans la première partie.</p>
<p>Car il y a en effet un avant et un après la césure de l’entracte. Si « Tomba degli avi miei » ne lui pose aucun problème perceptible et met en valeur le subtil équilibre de sensibilité et d’élégance qui caractérise l’art de ce chanteur, il en va autrement de « Salut ! Demeure chaste et pure », où il prend bien l’élan nécessaire pour atteindre les crêtes, mais où l’on sent l’effort, comme on le sentira dans « O Nature pleine de grâce ». Il est juste de dire qu’à son entrée en scène le ténor nous avait paru fatigué, peut-être éprouvé par la chaleur, et qu’un autre soir cette tension aurait été probablement moins perceptible. Il n’en reste pas moins que cette première partie nous laisse et perplexe et frustré. Perplexe parce que Werther est au programme du chanteur la saison prochaine à Barcelone et que le rendu des extraits chantés ce soir ne garantit pas a priori la réussite, nous voulons dire : une réussite à la Juan Diego Florez, lui qui nous a habitués, dans la prudence avec laquelle il gère son répertoire, à un sans-faute quasi permanent. Et frustré parce que tout en comprenant le désir du ténor de se mesurer à des rôles plus exigeants en termes de puissance le résultat, tout honorable qu’il soit, n’est pas à la hauteur de ce qui l’a rendu unique dans le répertoire de ses débuts, cette enivrante illusion qu’il lui suffisait d’ouvrir la bouche pour enchaîner sans effort agilités et sauts d’octave.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/teresa_berganza.jpg?itok=DNy9xNnh" title="Teresa Berganza reçoit l'hommage de Juan Diego Florez © DR" width="468" /><br />
	Teresa Berganza reçoit l&rsquo;hommage de Juan Diego Florez © DR</p>
<p>Que s’est-il passé durant l’entracte ? Délivré de la tension que pouvaient générer des airs redoutables, l’artiste s’est-il rasséréné ? L’impression sera unanime : Juan Diego Florez nous est revenu , faisant des airs de Fernando « Un ange, une femme inconnue » ou de Gennaro « T’amo qual s’ama un angelo » des condensés de lyrisme où l’apparente sincérité du sentiment passe dans les miroitements d’une voix alliant l’ardeur à la caresse. C’est avec le même bonheur qu’il chantera Roméo, et l’on serait prêt à dire aussi Pâris si le deuxième é de « Evohé » n’était régulièrement nasal, peccadille qui ne prend de relief qu’au sein d’un flux délicieux et restera circonscrite. A l’enthousiasme du public, qui est allé croissant avec les performances vocales jouant de la longueur du souffle et de la tenue des aigus,  il sera répondu par quatre bis, qui soulèveront encore plus le délire et provoqueront un standing ovation de stade. Des tubes comme  «  La donna è mobile  » et « Una furtive lagrima » encadrent l’air plus rare de Jerusalem qui fait partie des « airs de baule » du ténor. Pourtant, c’est le premier bis qui, loin des habiletés apprises avec le temps et le métier, nous fera fondre, cette Malagueña  salerosa dédiée si gracieusement à la princesse en rose fuchsia du premier rang du balcon, Teresa Berganza, venue la veille pour participer à l’hommage à Victoria De Los Angeles. Avec la guitare noire et blanche qu’il avait prise en coulisse pour s’accompagner, Juan Diego Florez renoue avec l’adolescent facétieux qu’il fut, mais dans sa langue maternelle il distille un philtre intemporel. Puisse-t-il, quelles que soient ses curiosités ou ses témérités, revenir toujours à ce répertoire populaire et immémorial, qui n’a rien pour lui du cross over, où ses racines s’expriment avec un charme irrésistible et dont son art de chanteur fait un authentique bijou vocal !</p>
<p>Dans ces conditions, la prestation de l’Orchestre de Cadaquès et la direction, proprement troublante dans le ballet des <em>Troyens</em>, littéralement massacré par des tempi sirupeux ou des accents de tyrolienne – recueillent eux aussi des applaudissements, si bien que rien ne gâche le triomphe. Que nos amis catalans nous pardonnent ce vocabulaire de course de toros, encore une faena menée à bien  !</p>
<p> </p>
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		<title>Récital Jonas Kaufmann — Peralada</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-jonas-kaufmann-peralada-un-artiste-creusant-son-sillon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Aug 2014 04:47:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Récemment une révolution a été annoncée dans la perception des spectacles, grâce aux caméras intégrées qui permettraient de partager en direct la vision de certains participants, y compris les solistes. Ce dispositif nous aurait-il donné accès à ce que voyait Jonas Kaufmann, tandis qu’il chantait sur la scène de l’auditorium du château de Peralada ce dimanche &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Récemment une révolution a été annoncée dans la perception des spectacles, grâce aux caméras intégrées qui permettraient de partager en direct la vision de certains participants, y compris les solistes. Ce dispositif nous aurait-il donné accès à ce que voyait <strong>Jonas Kaufmann</strong>, tandis qu’il chantait sur la scène de l’auditorium du château de Peralada ce dimanche 3 août ? A ses pieds s’étendaient les rangs d’orchestre, en fond desquels s’élève la tribune. Mais les voyait-il ?  Ses yeux étaient ouverts, mais il donnait tellement l’impression d’être entièrement absorbé dans ce qu’il chantait qu’il ne pouvait qu’être absent à ce qui était devant lui. Absent ? Mais comment un chanteur pourrait-il faire abstraction de ses partenaires, en l’occurrence un chef et plusieurs dizaines de musiciens ? Tel le comédien de Diderot, Jonas Kaufmann ne peut pas éprouver réellement les émotions qu’il chante, car elles l’en empêcheraient, mais il crée l’illusion en jouant de sa voix avec une telle maestria qu’elle va jusqu’à sembler près de se rompre ou de s’évanouir avant de s’enfler et de s’élever dans les airs. Et c’est ce jeu, cette poursuite d’une limite dont il explique calmement qu’elle est la sienne et qu’il ne voit pas quels ukases pourraient lui interdire de la chercher, dans ce parcours qui revendique pour un chanteur d’aujourd’hui le droit de faire ce que faisaient jadis les grands ancêtres, d’avoir des répertoires ouverts, qui déchaînent ses détracteurs. Certains étaient présents, bien sûr, masochistes qui ne renonceraient pour rien au monde à l’amère satisfaction d’avoir raison. Raison ? Oui, car leur jugement a le tranchant d’une vérité absolue. Nous en aurons fâché quelques-uns en répétant qu’il n’était qu’une opinion.</p>
<p>La nôtre est la suivante : pour discutables que soient certaines options du chanteur, les sons mourants et les notes en voix mixte sur le fil, les passages où il allège quasiment jusqu’à la rupture – mais il l’évite &#8211;  et ceux où un chuchotement se substitue à l’éclat possible, elles relèvent de la même logique, celle d’un interprète plus soucieux de faire de la musique que de mettre en valeur sa voix. Sans doute peut-on, en hédoniste, regretter les éclats dont il nous prive quand ceux dont il nous gratifie sont galvanisants. Mais il nous semble particulièrement mal venu de reprocher à un chanteur de se comporter en artiste et non en histrion, particulièrement un soir où son émission est quasiment exempte des sonorités en arrière qui créent parfois des perplexités.  Tout au long de ce programme, où se mêlent des airs de ses enregistrements passés et à venir, on ne perçoit pas qu’il ait un autre but que celui de servir le texte et la musique, sans jouer le moins du monde au divo.  De l’amertume désespérée de Don Carlo, révolté par la décision d’un père tout-puissant, à  la soumission passionnée de Rodrigue aux desseins du Père Tout-Puissant, en passant par la foi de Manrico dans son union avec Leonora fût-ce dans la mort, et l’appel  déchirant du proscrit Alvaro à celle qu’il croit morte et prie comme une sainte, les puristes sauront chipoter sur tel ou tel accent vocal. Nous les laisserons à leur délectation morose, tant la vie et la noblesse que le chanteur confère à ces personnages rendent émouvantes leurs douleurs au point que la performance passe au second plan. Car, et c’est encore à l’actif de Jonas Kaufmann, il n’en rajoute jamais dans l’effet vocal, on pourrait même dire que c’est son style d’émouvoir le plus en en faisant le moins. D’aucuns ricaneront : il n’est pas à la hauteur ! Nous sommes persuadé du contraire.</p>
<p>A cette première partie italo-française succédait Wagner, dans une progression aussi cohérente. Le monologue de Siegmund dans <em> La Walkyrie</em>, où l’épreuve des appels  (« Wälse ! Wälse !) est franchie de façon encore plus triomphale et spectaculaire que dans l’enregistrement, est suivi de deux des <em>Wesendonck Lieder </em>liés par le thème du passage (la mort) qui conditionne le renouveau de la vie, que le ténor s’approprie sans en outrer l’intensité. En guise de conclusion, la vision hallucinée de Parsifal  au terme de laquelle il repousse Kundry, où douleur et angoisse sont d’autant plus déchirantes qu’elles sont plus contenues. Même les cigognes qui résident à l’année sur les toits en oublient de craqueter, et le silence dure plusieurs secondes avant que la houle des applaudissements ne submerge l’espace. De tiède après l’extrait de <em>Don Carlo </em>le public est désormais à incandescence. Jonas Kaufmann vient d’imposer ses interprétations avec une maîtrise telle qu’elles en deviennent des références, faisant mentir la réputation des ténors et de leur faiblesse d’esprit. Car au-delà de la beauté vocale que ses moyens lui permettent, c’est la puissance de l’incarnation qui ravit littéralement par sa force prenante, ne laissant aucune place au doute.</p>
<p>Un bonheur ne venant jamais seul, il en est deux autres, l’engagement de l’orchestre et la direction de Jochen Rieder. Composé dans sa grande majorité de jeunes musiciens, <strong>l’orchestre de Cadaquès</strong> se montre sous un jour flatteur, avec une remarquable section de cuivres, des vents dont certains proprement virtuoses, et des cordes expressives et homogènes tout au long du copieux programme. Même si leurs Wagner n’étaient pas aussi nuancés qu’on aurait pu les rêver leur prestation  est sensiblement nourrie d’un enthousiasme qui la valorise. A la tête de l’ensemble, <strong>Jochen Rieder</strong> séduit d’emblée par la netteté continue des divers plans plans sonores qu’il sait obtenir, ce qui en dit long sur son talent compte tenu du nombre restreint de répétitions ; ses tempi sont à la fois justes et adaptés à un chanteur dont il est un fréquent partenaire depuis une douzaine d’années. Leur entente palpable n’a pas peu contribué à la réussite du concert, que l’enthousiasme inlassable du public a prolongé jusqu’à obtenir que sans se départir de sa réserve élégante le ténor concède un, puis deux, et de standing ovation en standing ovation  jusqu’à quatre bis, « Donna non vidi mai&#8230; » de la <em>Manon Lescaut </em>de Puccini,  le <em>lamento</em> de Federico de <em>L&rsquo;Arlesiana </em>à faire renifler, et deux airs de Lehar, un tiré de <em>Paganini</em> et l&rsquo;autre du <em>Pays du Sourire </em>qui annoncent un disque futur. A l’heure du bilan, dira-t-on que le chant de Jonas Kaufmann est raffiné jusqu’à la préciosité, voire jusqu’au maniérisme ? On pourrait. Loin de lui en faire le reproche nous lui savons gré de ne pas se contenter du minimum qui consisterait à faire briller sa voix. Sa démarche artistique est risquée. Elle lui acquiert notre sympathie et notre respect.</p>
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