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	<title>Orchestre de chambre fribourgeois - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Orchestre de chambre fribourgeois - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>ADÈS, Powder Her Face — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/powder-her-face-paris-athenee-powder-her-fesses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jun 2021 21:32:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On raconte que ClassicFM, sorte de sous-Radio Classique outre-Manche, jugea Powder Her Face de Thomas Adès impropre à la diffusion. Il faut dire que le compositeur anglais l&#8217;avait bien cherché. L&#8217;histoire sensationnelle de Margaret Campbell, la Duchesse aux 88 amants était le sujet d&#8217;opéra idéal pour un jeune créateur déjà connu pour bousculer les habitudes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On raconte que ClassicFM, sorte de sous-Radio Classique outre-Manche, jugea <em>Powder Her Face</em> de Thomas Adès impropre à la diffusion. Il faut dire que le compositeur anglais l&rsquo;avait bien cherché. L&rsquo;histoire sensationnelle de Margaret Campbell, la Duchesse aux 88 amants était le sujet d&rsquo;opéra idéal pour un jeune créateur déjà connu pour bousculer les habitudes d&rsquo;écoute de l&rsquo;époque. Dans cette nouvelle production du Nouvel Opéra Fribourg à l&rsquo;Athénée, les représentations sont d&rsquo;ailleurs déconseillées aux moins de seize ans&#8230;</p>
<p>Sans bien regarder, on donnerait le paradis sans confession à la musique d&rsquo;Adès. Sortie de l&rsquo;école Goehr, elle est solidement ancrée dans la « note », renoue avec un certain diatonisme et reprend volontiers des styles de musiques populaires. Mais ce vernis cache une complexité rythmique et une virtuosité instrumentale délirantes, et plus généralement une fascination pour les extrêmes de toute sorte. La musique de <em>Powder Her Face</em> est ainsi toute bricolée d&#8217;emprunts, de citations et de pastiches. Les personnages dansent au son de tangos déglingués, de fox-trots grabataires, d&rsquo;un jazz cancéreux. On se perd dans un labyrinthe instrumental pourrissant, où la Musique Classique éructe ce qui lui reste de noblesse : rien n&rsquo;est beau, et c&rsquo;est très bien ainsi.</p>
<p>A ce titre, la direction de <strong>Jérôme Kuhn</strong> mérite tous les éloges. Si l&rsquo;Orchestre de chambre fribourgeois a encore un peu de mal à sonner durant les premières scènes, la sauce instrumentale prend véritablement au fil de la partition, et les instrumentistes se démènent comme de beaux diables face à un tel défi.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/191819547_4709938349022101_7670114908367071695_n.jpg?itok=QBx_CyBe" title="© Magali Dougados" width="468" /><br />
	© Magali Dougados</p>
<p>La mise en scène de <strong>Julien Chavaz</strong> tient avant tout par l&rsquo;attention portée à la direction d&rsquo;acteurs. Naturelle quand il le faut (rarement), caricaturale le plus souvent, elle est le prolongement naturel de la partition. Malgré une économie de moyens dans les décors et les costumes, le spectacle est suffisamment bien conçu pour ne jamais s&rsquo;enliser.</p>
<p>Quatre personnages dans un livret qui doit en compter une bonne trentaine ? Qu&rsquo;à cela ne tienne, il n&rsquo;y a que la Duchesse elle-même qui ne se travestit pas tout au long du spectacle. <strong>Graeme Danby</strong> n&rsquo;a plus beaucoup de voix, mais encore juste assez pour rendre crédibles les personnages qui lui sont confiés. Avec un timbre pointu et une voix agile à en faire pâlir un ténor rossinien, <strong>Timur</strong> ne fait qu&rsquo;une bouchée des difficultés de la partition, et allie sa prestation vocale à un jeu de scène prude mais également décalé. <strong>Alison Scherzer</strong> a elle aussi le mérite de se confronter avec brio à une partie où l&rsquo;on ne compte plus les contre-uts, sans perdre à l&rsquo;esprit l&rsquo;incarnation de ses multiples personnages.</p>
<p>Avec ses colliers de perles et son rouge à lèvres clinquant, la Duchesse a quelque chose d&rsquo;une Didon vénéneuse, ou d&rsquo;une Elina Makropoulos nymphomane. On retrouve d&rsquo;ailleurs la tessiture de grand soprano lyrique de Janaček, compositeur connu et admiré d&rsquo;Adès. Dès les premières répliques, <strong>Sophie Marilley</strong> emporte l&rsquo;adhésion de la salle. La voix est ample et généreuse, mais cela n&#8217;empêche aucunement la chanteuse de faire preuve de nuance et de musicalité lorsque le rôle le requiert. Tragédienne dans tous ses faits et gestes, elle donne vie et âme à une partie qui aurait rapidement pu devenir ingrate.</p>
<p>Chaleureusement accueillie par le public, la production est à voir jusqu&rsquo;au 18 juin au Théâtre de l&rsquo;Athénée.</p>
<p> </p>
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		<title>BARRY, The Importance of Being Earnest — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-importance-of-being-earnest-paris-athenee-linconstance-detre-important/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 May 2019 05:51:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ah, quel bonheur de voir une nouvelle fois confirmé que la musique contemporaine n’est pas imperméable à l’humour, et qu’il est possible de composer aujourd’hui des œuvres lyriques sur autre chose que des livrets abscons et sinistres ! Gerald Barry l’a prouvé avec son opéra d’après Oscar Wilde, créé en concert en 2011, puis en version scénique &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ah, quel bonheur de voir une nouvelle fois confirmé que la musique contemporaine n’est pas imperméable à l’humour, et qu’il est possible de composer aujourd’hui des œuvres lyriques sur autre chose que des livrets abscons et sinistres ! Gerald Barry l’a prouvé avec son opéra d’après Oscar Wilde, créé en concert en 2011, puis en version scénique en 2013 (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-concombre-demasque">à l’Opéra de Nancy</a>, il est bon de le rappeler), après quoi il s’est attaqué à un autre monument de la littérature victorienne avec une <em>Alice au pays des merveilles </em>qui cultive tout aussi délicieusement l’absurde. Car derrière l’apparence d’une comédie boulevardière, <em>L’Importance d’être Constant </em>est en réalité un superbe exemple de non-sens à l’anglaise ; derrière son intrigue à la symétrie savoureusement improbable se cache un vertigineux jeu sur le langage, ou pratiquement pas une phrase n’est à prendre au premier degré. Partant de ce constat, Barry s’autorise toutes les fantaisies et joue avec les sons comme Wilde avec les mots. Sa musique évoque ce que le Groupe des Six aurait pu écrire sous l’effet de substances toxiques si <em>Les Mariés de la Tour Eiffel</em> avait été un opéra, ou ce que Chostakovitch aurait pu composer en multipliant par dix les audaces du <em>Nez</em>. Bref, une partition qui secoue l’auditeur sans jamais le caresser dans le sens du poil, même s’il y passe des réminiscences de refrains connus ou de valses. A la tête de l’Orchestre de chambre fribourgeois, <strong>Jérôme Kuhn </strong>organise en fosse le délire sonore ; les cuivres dominent très sensiblement, ainsi que Barry l’a prévu pour conférer à cette heure de musique un caractère de joyeuse hystérie. On a déjà beaucoup parlé des quarante assiettes que l’on brise, mais bien d’autres effets encore mériteraient d’être relevés, et sur lesquels le spectacle a l’intelligence d’attirer spécialement l’attention.</p>
<p>En effet, pour sa mise en scène, <strong>Julien Chavaz</strong> a bien compris qu’il serait aberrant de monter cet opéra comme on donne encore souvent la pièce d’Oscar Wilde : dans des décors et costumes tout à fait réalistes, et avec un style de jeu non moins réaliste. Dès le lever du rideau, le spectateur est plongé dans un univers improbable, dont rien ne cherche à nous persuader de l’existence. De larges bandes de tissu écossais susceptibles de bouger en tous sens forment la scénoraphie, où à peine un meuble ou deux apportent un semblant d’ancrage dans le réel. Les tenues des personnages renvoient vaguement aux années 1960, mais les perruques de couleur pastel et les maquillages de la même teinte achèvent de déréaliser le tout. Surtout, la gestuelle adoptée par tous se calque sur la musique, avec des moments tout à fait irrésistibles (on pense notamment à ces passages où le manuel d’allemand de Gwendolen semble transmettre un courant électrique à haute tension). Sans jamais être redondants, ces mouvements soulignent au contraire tout le potentiel comique de la musique, pour un résultat ô combien jubilatoire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/the_importance_of_being_earnest_nofmagali_dougados-0960_1000_1000.jpg?itok=YOSeU40q" title="© Magalie Dougados" width="468" /><br />
	G. Danby, E. Ballard, N. van Essen, Timur, V. Casagrande, A. Scherzer, J. Walker, S. Beard © Magali Dougados</p>
<p>Et loin de paraître éprouvé par cette gesticulation superposée à des lignes de chant qui ne sont pas de tout repos, les chanteurs se tortillent comme ils respirent, avec une aisance confondante. Les deux héros sont idéalement interprétés, par le baryton britannique <strong>Ed Ballard </strong>et par le ténor <strong>Timur</strong> (on imagine qu’il a jugé plus commode pour faire carrière de laisser de côté son patronyme d’origine kazakh). Du côté des jeunes filles, on est bluffé par les suraigus que l’Américaine <strong>Alison Scherzer</strong> émet avec une facilité déconcertante et sans la moindre aigreur, tandis que la mezzo néerlandaise <strong>Nina van Essen </strong>se montre également convaincante dans son personnage. On sait que Gerald Barry a eu l’idée loufoque de confier le rôle de Lady Bracknell à une basse : moins brutal dans son jeu scénique qu’Alan Ewing, titulaire à la scène <a href="https://www.forumopera.com/breve/apres-nancy-the-importance-of-being-earnest-au-disque">et au disque</a>, <strong>Graeme Danby </strong>est superbe de suffisance. Mention spéciale pour <strong>Jessica Walker</strong>, qui confère à Miss Prism un relief inattendu, faisant de la gouvernate une sorte de « ravie de la crèche » tout à fait réjouissante. Préposé au cassage d’assiettes, <strong>Vincent Casagrande</strong> est un domestique à la présence lunaire, tandis que <strong>Steven Beard</strong>, bien qu’acteur, s’intègre parfaitement à l’équipe de chanteurs.</p>
<p>Après cette première parisiennes, les trois autres représentations auront lieu les 22, 23 et 24 mai : il est important d’y assister.</p>
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		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Fribourg-en-Brisgau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-fribourg-en-brisgau-choudens-ou-presque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jan 2018 06:55:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans ce vaste chantier que sont devenus Les Contes d’Hoffmann, il semble aujourd’hui permis d’abattre des pans de mur construits depuis longtemps ou d’en ériger de nouveaux à partir de matériaux inédits, mais il n’est pas certain qu’un édifice viable soit apparu, malgré tous les travaux des uns et des autres. Work éternellement in progress, l’œuvre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce vaste chantier que sont devenus <em>Les Contes d’Hoffmann</em>, il semble aujourd’hui permis d’abattre des pans de mur construits depuis longtemps ou d’en ériger de nouveaux à partir de matériaux inédits, mais il n’est pas certain qu’un édifice viable soit apparu, malgré tous les travaux des uns et des autres. <em>Work</em> éternellement <em>in progress</em>, l’œuvre d’Offenbach doit désormais se plier à toutes les restructurations, comme l’ont récemment montré les <a href="https://www.forumopera.com/les-contes-dhoffmann-dijon-des-contes-non-conformes">représentations dijonnaises</a>.</p>
<p>A Fribourg en Suisse, audace suprême : on revient à la bonne (?) vieille version Choudens, mais pas tout à fait, ce serait trop simple. Pour sa troisième mise en scène du testament offenbachien, <strong>Olivier Desbordes</strong>, cette fois secondé par<strong> Benjamin Moreau</strong>, reste fidèle aux options de ses précédentes moutures : pas plus qu’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ivres-de-vin-et-de-liberte">à Saint-Céré en 2008</a>, on ne trouvera ici aucun des morceaux – pourtant superbes – révélés par les recherches musicologiques depuis une cinquantaine d’années. On n’entend que ce qu’offre la version « traditionnelle » (avec cependant l’ajout du menuet du final du premier acte de <em>Don Giovanni</em>, évocation du spectacle dans lequel se produit la Stella). On entend même nettement moins que la partition éditée par Choudens, puisque la plupart des récitatifs de Guiraud ont été remplacés par des dialogues parlés ou des textes baudelairiens déclamés. Et on suppose, à lire le compte rendu rédigé par notre collègue Jean-Marcel Humbert en 2008, que sur le plan visuel, le spectacle n’a guère changé en dix ans. Même espace fermé par trois murs, même table-plateau où se déroule l’action principale, entourée de choristes spectateurs-voyeurs. Même effet digne du mamelon sablonneux de Winnie dans <em>Oh les beaux jours</em> pour l’acte d’Antonia. Cette mise en scène tourne résolument le dos à tout réalisme, même fantastique, pour inscrire l’action dans une sorte de cirque : les quatre diables ne sont qu’un seul (aucun changement de costume d’un acte à l’autre), et la remarque vaut aussi pour les quatre valets. Nicklausse n’est plus muse mais clown. Le résultat est indéniablement efficace, même si le trait est parfois épais – ah, ces éclats de rire « sataniques » dont sont régulièrement pris les méchants&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/contes3.jpg?itok=jx2LJpG9" title="Y. Badier (Spalanzani), E.A. Tuca (Olympia), E. Vignau (Cochenille) © DR" width="468" /><br />
	Yannick Badier (Spalanzani), Elodie Ada Tuca (Olympia), Eric Vignau (Cochenille) © DR</p>
<p>Musicalement, c’est une grande satisfaction d’entendre, ici encore, <a href="https://www.forumopera.com/les-contes-dhoffmann-saint-etienne-etrangete-du-familier">comme à Saint-Etienne</a>, des <em>Contes d’Hoffmann</em> très majoritairement francophones, même si ce critère est loin d’être suffisant pour toujours assurer l’intelligibilité du texte chanté. Ainsi, la Giulietta de <strong>Charlotte Despaux</strong>, trop uniformément véhémente, et aux graves sourds, pêche par une articulation déficiente. <strong>Serenad Burcu Uyar</strong> s’exprime, elle, dans un français excellent, mais l’énergie de son chant gagnerait parfois à être mieux canalisée : « Elle a fui, la tourterelle » demande plus de modération, et cette Antonia écrase un peu son entourage par sa puissance sonore. Magnifique découverte avec <strong>Elodie Ada Tuca</strong>, resplendissante Olympia à la diction ciselée et au suraigu d’une facilité déconcertante. Et quel plaisir de retrouver <strong>Lamia Beuque</strong>, jadis membre de la jeune troupe de l’Opéra du Rhin, dont la belle voix de mezzo bénéficie de l’ajout du rôle de la mère d’Antonia (Choudens est très peu généreux pour Nicklausse). Chez les messieurs, on remarque parmi les personnages secondaires la jolie prestation de la basse <strong>Nathanaël Tavernier</strong>, chanteur qui est également passé par Strasbourg, et de Spalanzani déchaîné de <strong>Yannick Badier</strong>. si <strong>Eric Vignau</strong> est parfait dans son incarnation des quatre valets, on pourra formuler quelques réserves sur les autres rôles principaux. Bon comédien, diction impeccable, <strong>Jean-Noël Briend </strong>est pénalisé par un timbre qui se nasalise cruellement dans l’aigu dès que le chant est émis en force, jusqu’à frôler l’accident au dernier acte. Dommage, car les passages pris plus en douceurs sont tout à fait réussis. Quant à <strong>Christophe Lacassagne</strong>, voilà un artiste qui laisse perplexe : aucun problème en termes de projection, car ses quatre diables remplissent la salle fribourgeoise sans la moindre difficulté, mais quelle curieuse façon de chanter, en alternant un style clairement lyrique (superbe aigu final dans « Scintille, diamant », entre autres) et un quasi parlando, un chant fort peu timbré qui s’apparente à la chanson plus qu’à l’opéra.</p>
<p>Passé une ouverture dont les premières mesures sont prises à une vitesse étonnante, <strong>Laurent Gendre</strong> adopte des tempos modérés, voire lents, pendant tout le reste de la représentation, mais ne peut pas toujours éviter les décalages flagrants, notamment pendant l’air des étudiants au prologue. </p>
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		<item>
		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Avenches</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-avenches-la-calomnie-sur-internet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jul 2015 17:06:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel est le but affiché d’un festival populaire, sinon de faire découvrir à son public une œuvre dans les meilleures conditions ? Dans ce sens, pari gagné à Avenches cette année encore avec ce Barbier original, que la très grande majorité du public ne connaissait visiblement pas. La rouerie de Rosine, la vivacité d’Almaviva, la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel est le but affiché d’un festival populaire, sinon de faire découvrir à son public une œuvre dans les meilleures conditions ? Dans ce sens, pari gagné à Avenches cette année encore avec ce <em>Barbier</em> original, que la très grande majorité du public ne connaissait visiblement pas. La rouerie de Rosine, la vivacité d’Almaviva, la duplicité de Figaro et la balourdise de Bartolo ont réjoui au premier degré un auditoire réceptif qui rit de bon cœur à leurs facéties et aux nombreux anachronismes. Car l’astucieuse mise en scène de <strong>Marco Carniti </strong>est inventive et drôle, et c’est la grande force du spectacle. Alors que l’œuvre relève quasiment du théâtre musical de chambre, et que toute l’action se déroule pratiquement dans une seule pièce, la grandeur du plateau des arènes romaines d’Avenches nécessitait un dispositif scénique d’une tout autre ampleur. C’est ce qu’a fort bien réalisé <strong>Emmanuelle Favre</strong> en concevant un ensemble à la fois poétique et spectaculaire, un village aux petites maisons luminescentes sur pilotis, transparentes et légères, très joliment éclairées par <strong>Henri Merzeau</strong>, prenant au fil de l’action mille couleurs appropriées. Tournant sur elles-mêmes, s’unissant et se séparant en un ballet continu de construction et de déconstruction, créant des espaces scéniques de dimensions variées, elles participent ainsi pleinement à l’action, et constituent l’un des plus beaux décors qu’il ait été donné de voir à Avenches. Bel espace donc que ce village, où néanmoins Rosine est enfermée : c’est l’univers du <em>Corbeau</em>, chacun épie et juge son voisin. Et qui plus est lorsqu’Internet intervient et que les tablettes apparaissent au milieu des amusants costumes d’époque revisités par <strong>Amélie Reymond</strong>, permettant à travers les « réseaux sociaux » toutes les forfaitures imaginables, et notamment la diffusion ultra rapide sous la pression de tous les Basile du monde, de fausses nouvelles et de calomnies horribles.</p>
<p>À côté de ce drame de l’enfermement et de la privation de liberté, tout un univers de dérision et de <em>commedia dell’arte </em>se donne libre cours : Figaro arrivant dans un char bordé de deux énormes ciseaux pendant que des coursiers à vélo lui apportent des rendez-vous ; Bartolo pétrifié dont Figaro utilise les bras dans toutes sortes de positions bouffonnes ; Bartolo toujours, caricaturant le chant de ses partenaires, ou encore Basilio emmené par quatre infirmiers psychiatriques dans une chaise à porteurs marquée de la croix rouge.</p>
<p class="rtecenter"><img loading="lazy" decoding="async" alt="" height="249" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/05_barbier_bd.jpg?itok=CtKwfyud" width="468" /><br /><font color="#000000">© Photo Marc-André Guex </font></p>
<p>Malheureusement, comme souvent aujourd’hui, les plus belles idées de mises en scène ne sont pas forcément très bien défendues par les interprètes. Le plateau de ce soir est au demeurant plus qu’honorable, joue remarquablement bien la comédie et sait se faire entendre dans l’un des rares espaces de plein air non sonorisés. Mais il y manque déjà une vraie Rosine. <strong>Lana Kos</strong>, plutôt une Nedda, a certes l’abattage que nécessite le rôle mais n’en traduit ni la jeunesse ni la virtuosité vocale. Comme la plupart de ses partenaires, elle ne savonne pas vraiment, mais esquisse nombre de notes plus qu’elle ne les chante. Et comme eux, elle profite de la folie générale pour laisser place à une certaine nonchalence vocale, assez largement partagée. <strong>George Petean</strong> a chanté Figaro sur toutes les grandes scènes internationles, y compris à Bastille dans la mise en scène de Coline Serreau. Il est comme à son habitude pétillant de drôlerie et de présence scénique, mais cela s’accompagne d’une certaine mollesse vocale. Le chanteur chinois <strong>Yijie Shi</strong>, découvert à Pesaro il y a quelques années, a toujours ce caractère juvénile physique et vocal, et cette belle projection – encore qu’un tant soit peu nasale – parfaitement adaptés au rôle d’Almaviva, mais sa décontraction rejaillit par trop sur sa précision vocale. Le Fiorello pétillant de <strong>Fernando Afara</strong>, le Bartolo de <strong>Miguel Sola</strong> et le Don Basilio de<strong> Rubén Amoretti </strong>sont bien dans la tradition. On se saurait oublier la désopilante Berta de <strong>Carine Séchaye</strong>, et le non moins amusant Ambrogio (rôle muet) de<strong> Yaël Rion</strong>, façon Deschiens.</p>
<p>Le côté musical est un peu déstructuré. Les départs des chanteurs ont souvent une fraction de seconde de retard, et l’ensemble dirigé par <strong>Nir Kabaretti</strong> paraît surtout lourd et pesant bien que les tempi soient corrects. En fait, une direction plus légère et rapide aurait posé d’autres problèmes, car les chanteurs n’auraient pas pu suivre. S’y ajoute la présence d’un orchestre de chambre (Orchestre de Chambre Fribourgeois), de bonne qualité certes, mais au volume très insuffisant pour remplir l’espace de ces arènes romaines. Le Chœur de l’Opéra de Lausanne participe de manière très impliquée et excellente au travail théâtral de l’ensemble.</p>
<p>Notons une nouveauté instaurée cette année après la désastreuse saison de l’an dernier, où la pluie avait perturbé voire fait annuler plusieurs représentations : en cas de météo incertaine ou pluvieuse – comme mardi dernier –, la représentation a lieu dans le grand manège de l’Institut Équestre National d’Avenches, spécialement aménagé pour l’occasion. La décision, prise chaque jour de représentation à 14h30, est visible sur le site Internet d’Avenches Opéra. On ne pourrait que s’en féliciter si, malheureusement, le nombre de places dans cet espace couvert n’était insuffisant ; de ce fait, les places les moins chères – non numérotées – ne sont pas mises en vente, ce qui ne va guère dans le sens de la démocratisation du théâtre lyrique.</p>
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