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	<title>Orchestre du Théâtre national de la Sarre - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Orchestre du Théâtre national de la Sarre - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Versailles (Opéra Royal)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-versailles-opera-royal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 07:19:30 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 13 août 1876, le festival de Bayreuth propose pour la première fois un<em> Ring</em> complet avec le Prologue les trois journées de l’<em>Anneau</em> <em>du Nibelung</em>. Wagner a achevé peu de temps auparavant les deux dernières journées, qui seront créées donc en 1876. À Versailles, depuis quatre ans (depuis 2022) en prévision des 150 ans du Ring, l&rsquo;Opéra du<strong> Théâtre national de la Sarre</strong> a été invité à créer ce Ring dans le château qu’adorait Louis II, mécène du compositeur et du festival de Franconie. L’orchestre est venu donc à quatre reprises avec musiciens et chanteurs l&rsquo;interpréter dans l’écrin merveilleux de l’Opéra Royal. Cette année précisément, en mai 2026, le public a pu assister au <em>Crépuscule des dieux</em>, cette magnifique et ultime page, sans doute la plus sombre de l’œuvre avec une distribution de grand talent et un orchestre qui a donné le meilleur de lui-même. Wagner, dans une note rédigée juste avant la création du Ring à Bayreuth, réclamait au chef d’orchestre de la clarté dans l’exécution. C&rsquo;est donc un véritable défi que d’illuminer cette partition crépusculaire, dont l’ultime moment est peut-être celui d&rsquo;une Aurore, mais précédée de tant de pages ténébreuses : l’amour condamné de Siegfried et Brünhilde à cause de l’anneau maudit par Alberich, la trahison de Siegfried manipulé par Hagen, le fils d’Alberich, le sacrifice final de Brünhilde, qui met fin à l’ère des dieux et inaugure peut-être celle des hommes. Une fin et une catastrophe qu’avait décidées depuis longtemps Wotan, que le récit saisissant de Waltraute à l’acte II présente sur son trône, dans son palais du Walhalla entouré des branches coupées du frêne du monde prêtes à s’enflammer.</p>
<p>Avec un chef français, <strong>Sébastien Rouland</strong>, directeur musical de l’orchestre du Théâtre national de la Sarre depuis quelques années, on pouvait espérer effectivement ce choix de la clarté française. Et on le retrouve souvent, ainsi que les très belles cadences des musiciens solistes. Et quelle expérience de proximité et de partage plus entière peut-on connaître que cette version de concert dans cette salle-là ? Cependant, parmi tant de belles page réussies, on remarque quelques approximations ici ou là (dans une œuvre de plus de quatre heures, c’est pardonnable) des musiciens solistes ou non, avec parfois un manque de fusion des timbres dans la texture sonore &#8211; les plans sonores ne se superposant pas toujours avec la finesse attendue &#8211; et une pâte sonore parfois un peu trop opaque (mais peut-on l’éviter dans <em>Götterdämmerung</em> ?). La mise en place des pupitres peut poser question sur cette scène de l’Opéra Royal. On a pu entendre parfois les interventions des cordes quelque peu écrasées par les autres pupitres dans les <em>tutti</em>. Leurs interventions auraient peut-être dû pousser le chef à ne pas adopter cette disposition des pupitres, contrainte peut-être par la scène. Pourquoi placer les bois, les vents dont les cuivres très sombres, les percussions en étages, très en hauteur par rapport aux cordes sur le plateau, bref, les surplombant franchement ? Cela a pu produire un certain déséquilibre. Mais ne boudons pas notre plaisir, qui fut grand durant le spectacle avec une distribution des plus aguerries et des musiciens très engagés. Les ruptures de tons et de climats d’une scène à l’autre (des ténèbres à la lumière et vice-versa) sont le plus souvent bien maîtrisées par un chef toujours sur la brèche, après un Prologue un peu amolli par un accord d’ouverture à trois reprises un peu filandreux.</p>
<p>Mais le climat d’angoisse idoine s’installe et la scène prophétique des trois Nornes sous le rocher de Brünhilde se révèle très réussie grâce à la Première Norne éblouissante de <strong>Clara-Sophie Bertram</strong>, et le timbre capiteux de la troisième, <strong>Jessica Muirhead</strong>. La scène suivante après l’interlude du Lever du jour met en présence le Siegfried fin de <strong>Tilmann Unger</strong> (dont le nom fait curieusement écho à celui de Georg Unger, Siegfried du premier Ring) et la soprano estonienne <strong>Aile Asszonyi</strong>, qui ne mesure pas ses décibels dès son entrée, faisant craindre une Brünhilde vociférante pendant tout l’opéra (heureusement il n’en sera rien). Ses aigus tranchants comme des lames décuplés par sa puissance vocale conviendraient parfaitement à une énorme salle mais pas à l’acoustique chambriste et chaleureuse de Versailles. Apres un Voyage sur le Rhin allègre, le formidable Hagen de la basse <strong>Markus Jaursch</strong> apparaît, ourdissant le piège qui détruira tous et toutes dont les Gibichungen, le roi Gunther et sa sœur Gutrune. D’une noirceur douloureuse impressionnante, la basse de la troupe de l’Opéra de Sarrebruck sera aussi enthousiasmant dans son court monologue (« Hier sitz’ ich zur Wacht ») que dans toutes ses interventions à venir. Projection, intelligence du récit, graves aux couleurs charbonneuses, riches harmoniques, rien ne manque à sa palette (il avait déjà été un Fasolt remarqué dans l’<em>Or du Rhin</em> en 2022). Markus Rausch saura même toucher aux larmes avec un personnage pourtant si disgracié, entre tristesse et haine de soi.</p>
<p>La Waltraute de <strong>Judith Braun</strong>, également membre de la troupe, n’est pas moins intense, accompagnée d’un orchestre à l’ampleur tragique attendue. L’hypotypose centrale de son récit révélant un Wotan prostré (« So sitzt et, und sagt kein Wort ») est inoubliable. Aile Asszonyi nous touche, quant à elle, dans sa scène de lutte pour l’anneau (même si les aigus se révèlent toujours aussi coupants, la voix de poitrine est naturellement belle et la soprano une excellente comédienne). L’acte II met aux prises un Hagen prisonnier de son cauchemar, incarné par l’Alberich inquiétant à souhait de <strong>Werner Van Mechelen</strong> (déjà remarqué dans les précédentes représentations versaillaises). Au retour victorieux du noble Siegfried de Tilmann Unger, inconscient de sa propre traîtrise, la Gutrune de <strong>Susanne Serfling</strong> sait défendre un rôle apparemment léger, ornementé, très difficile. Effrayant Hagen et ses « Hoïho » appelant la foule (avec le talentueux chœur de l’Opéra de Sarrebruck), suivi de l’affrontement de Brünhilde (brillante Aile Asszonyi) avec Siegfried, qui ne la reconnaît pas sous l’emprise du philtre d’oubli de Hagen. Dans le trio final la soprano estonienne retombe hélas dans la vocifération, même si la difficulté de ce chant hyper tendu dans toute la scène de la colère laisse peu de place par son écriture à la subtilité, face à l’orchestre et au chœur déchaînés.</p>
<p>La catastrophe annoncée peut advenir avec l’acte III. La chasse de Siegfried s’annonce et les Trois Filles du Rhin ne pourront que constater leur impuissance à l’empêcher. Le récit de Siegfried, face à Hagen et Gunther, joliment accompagné de la clarinette et du hautbois rappelle les qualités du ténor allemand. Tilmann Unger appartient à ce type de chanteurs wagnériens subtils, italianisants, plus <em>liedersänger</em> qu’héroïques, ménageant un plaisir raffiné d’écoute. La fameuse Marche funèbre peut débuter alors qu’il s’écroule sous la lance de Hagen, une oraison funèbre pleine de grandeur pathétique aux crescendos et décrescendos absolument superbes sous la baguette de Sebastien Rouland, bien aidé par ses musiciens, dont ses timbaliers. Apres la scène d’inquiétude toute prophétique de Gutrune, que la soprano germano-hongroise rend touchante, et la dispute sur l&rsquo;héritage de l’anneau (avec un Gunther aux velléités constamment bien incarnées par<strong> Benedict Nelson</strong>), la scène finale grandiose peut commencer. Brünhilde donne ses ordres (« Starke schreite… »), comprend le dessein final de Wotan, s’élance au sacrifice et Aile Asszonyi est bouleversante alors que son chant s’est recentré sur les registres médians. L’aisance de projection de sa Brünhilde (jusqu’aux notes les plus hautes lors de sa chevauchée dans le brasier) face à un orchestre dont la fureur gagne tous les pupitres successivement jusqu’au fracas du tutti, est vraiment rare. Alors que l’anneau retourne aux Filles du Rhin, l’harmonie du renouveau peut enfin planer sanctifiant la catharsis vécue par un public enthousiaste et debout.</p>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un <em>Ring</em> à Versailles, c&rsquo;était peut-être le rêve inaccompli de Louis II de Bavière et il se réalise depuis deux saisons à l&rsquo;Opéra Royal de Versailles, le château construit par Louis XIV, l&rsquo;absolu modèle du mécène de Richard Wagner. Après un <em>Rheingold</em> en 2022-2023 fort réussi, après <em>Die Walküre</em> non moins applaudie en 2023-2024, en attendant <em>Götterdämmerung</em> l&rsquo;an prochain, les musiciens et chanteurs du <strong>Théâtre national de la Sarre</strong> <strong>de Särrebruck</strong> ont livré un <em>Siegfried</em> de toute beauté, dirigés par leur directeur musical <strong>Sébastien Rouland</strong>. Opéra actant la fin de l&rsquo;ère des dieux, des nains et des géants et le temps venu pour l&rsquo;humanité grâce à l&rsquo;amour de Brünnhilde et Siegfried, ses défis sont considérables tant pour les chanteurs que pour l&rsquo;orchestre, ce dernier fort beau, quoiqu&rsquo;en difficulté à quelques reprises. Donnée en version concert (un avantage pour les wagnerolâtres dont je suis), l&rsquo;œuvre concentre l&rsquo;attention sur l&rsquo;essentiel, c&rsquo;est-à-dire les musiciens, la direction, les chanteurs qui ont le bon goût de ne pas se contenter de livrer leur partition. En effet louera-t-on jamais assez les bienfaits des versions de concert depuis que l&rsquo;union des arts théorisée par Wagner est dangereusement battue en brèche par les Trissotin, dont on nous inflige trop souvent les mises en scène aussi laides que vaniteuses ?</p>
<p>Le <em>Vorspiel</em> du premier acte, déçoit quelque peu, tant la noirceur et le fracas attendus, faisant redouter les machinations mortifères de Mime, les forces du mal que peuvent délivrer à tout moment les Nibelungen et le réveil du dragon Fafner sur son tas d&rsquo;or, bref ce qu&rsquo;on a appelé la « symphonie de l&rsquo;obscur » manque singulièrement de ténèbres et surtout de force tellurique. Pourquoi le chef bride-t-il les menaces venues des cuivres graves ? On ne le saura pas – même si la sonorité de l&rsquo;orchestre (au format adapté pour l&rsquo;écrin de l&rsquo;Opéra Royal) sera pendant quatre heures de musique le plus souvent très belle, transparente, moirée, aux timbres fondus comme l&rsquo;exige parfois aussi ici l&rsquo;art de la transition wagnérien. Le monologue de Mime, interprété par l&rsquo;incroyable <strong>Paul McNamara</strong>, nous épargnant les délires grotesques dont certains de ses collègues abusent parfois dans la peinture de ce caractère, fait éclater tout son talent de nouveau sur la scène versaillaise. Avec l&rsquo;appel du cor, Siegfried et son ours en laisse, le héros enfant cherchant désespérément un compagnon, surgit. Cheveux longs dénoués, l&rsquo;élégant <strong>Tilmann</strong> <strong>Unger</strong> semble avoir du mal à entrer dans son personnage et le chant laisse à désirer en termes de puissance, de ligne et de projection. Une entrée en matière qui fait craindre pour la suite, mais qui sera vite effacée par une envoûtante incarnation du rôle par le ténor allemand. La fougue bravache et l&rsquo;impétuosité de Siegfried ne seront pas les traits prégnants de son Siegfried mais plutôt son invincible mélancolie d&rsquo;orphelin solitaire, élevé par un nain qu&rsquo;il exècre. Ce parti pris romantique s&rsquo;affirmera d&rsquo;acte en acte, sans nous priver des épisodes de vaillance aux moments idoines. Voici qui nous change des <em>heldentenor</em> braillards. Son Siegfried privilégie pour notre plus grand plaisir l&rsquo;intelligence et la subtilité du liedersänger (qu&rsquo;a voulu également il y a peu <strong>Kent Nagano</strong> avec son <em>Siegfried</em> en version historiquement informée à la Philharmonie). En quête de ses origines, le Wälsung est ici un être qui sait être voué au malheur (comme son père Siegmund).</p>
<p>L&rsquo;entrée majestueuse de Wotan dans la deuxième scène hisse encore le spectacle à un niveau remarquable grâce au génie de <strong>Simon Bailey</strong>. Cache-oeil et long manteau, tous les attributs du Maître des Corbeaux devenu Wanderer ne manquent pas, non plus que son baryton puissant pour camper un dieu encore arrogant, qui cherche pendant tout l&rsquo;opéra à aider Siegfried sur le chemin de sa destinée. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il met Mime sur la bonne voie (« seul celui qui ne connaît pas la peur » pourra reforger l&rsquo;épée Notung). Le concours des questions consacrera bien sûr la supériorité du dieu sur Mime. Dans la dernière scène du premier acte, Siegfried reforge en effet l&rsquo;épée de Sigmund alors que l&rsquo;orchestre s&#8217;embrase, secoué de rythmes fous pour les épisodes de la fonte et de la forge, jusqu&rsquo;à l&rsquo;éclat final éblouissant. A l&rsquo;acte deux, celui de la grande révélation de Siegfried, l&rsquo;orchestre délivre ses motifs ténébreux jusqu&rsquo;au fortissimo espéré, préparant l&rsquo;intervention de l&rsquo;Alberich luxueux de <strong>Werner Van Mechelen</strong>. Le baryton-basse donne à son personnage la noirceur et l&rsquo;effroi d&rsquo;un malheureux avide de pouvoir, ce qui en fait un exact équivalent infernal de l&rsquo;Albe brillant du Walhalla ; alors que ce dernier l&rsquo;assure de sa renonciation à l&rsquo;anneau. L&rsquo;Alberich du baryton-basse, au pouvoir d&rsquo;attraction tissé de méchanceté et à la volonté inflexible, compose un personnage incisif, en tous points opposé à son frère, le Nibelung Mime (n&rsquo;incarnant jamais un réel danger) – toujours <strong>Paul McNamara</strong> au chant (très réussi) tout d&rsquo;abrupte faiblesse dans leur dernière rencontre à venir.</p>
<p>Le magnifique épisode de la forêt, dont les précieux alliages timbriques décrivent les murmures sylvestres, donne malheureusement une impression un peu brouillonne aux cordes. Mais l&rsquo;aria tout en souplesse d&rsquo;émission de <strong>Tilmann Unger</strong> dont le timbre s&rsquo;est maintenant verni et doré (« Dass der mein Vater nicht ist ») marque la satisfaction de Siegfried après le départ de Mime. Sa tentative comique de répondre à l&rsquo;Oiseau qu&rsquo;il ne comprend pas encore (avec un très beau solo du cor), est accompagnée par un orchestre qui a retrouvé ses prérogatives. Avec le dramatisme exacerbé du réveil de Fafner (fabuleux <strong>Hiroshi Matsui</strong>) et l&rsquo;accord des trompettes fortissimo soulignant le coup d&rsquo;épée de Siegfried, les amples mouvements musicaux et le très beau dialogue avec le dragon laissent place aux accents heurtés de la dispute entre les Nibelungen. Siegfried, désormais éveillé au chant de l&rsquo;oiseau (<strong>Bettina Maria Bauer</strong> au timbre frais ayant un peu trop recours au vibrato) grâce au sang du dragon, se débarrasse de Mime et sent son coeur exulter, prêt à se laisser enivrer par la joie d&rsquo;aimer – et réveiller Brünnhilde à l&rsquo;acte suivant.</p>
<p>Offrant un prélude tempétueux au troisième acte, le chef <strong>Sébastien Rouland</strong> malaxe une pâte orchestrale assez fascinante, semblant réveiller des forces profondément enfouies en galvanisant les pupitres des cuivres. L&rsquo;affrontement entre le Wotan de <strong>Simon</strong> <strong>Bailey</strong>, décidément chanteur des plus nobles, et Erda tient toutes ses promesses en terme de dramatisme et de frissons. L&rsquo;effet de l&rsquo;entrée en scène de la jeune <strong>Melissa Zgouridi</strong>, impressionnante déesse aux moyens vocaux fantastiques et au beau timbre ombreux, frappe par sa présence magnétique après le trépignement sauvage de l&rsquo;orchestre. La fin des dieux que prophétise Wotan se matérialise par sa lance sacrée brisée par l&rsquo;épée de Siegfried. Le Wanderer paraît, lors du duo avec celui qui ignorera toujours qu&rsquo;il est son petit-fils, soudain vulnérable. Il bouleverse avec son phrasé nuancé et ses accents émouvants, avant de disparaître définitivement du <em>Ring, </em>peut-être enfin en paix. Un des plus longs duos d&rsquo;amour peut commencer entre la Walkyrie, renonçant difficilement à ses attributs de déesse, et un Siegfried mûri, plein d&rsquo;un amour humain dont l&rsquo;orchestre fait un hymne glorieux, éprouvant enfin la peur. Le réveil de Brünnhilde et son salut au soleil, puis au jour, est gâché par l&rsquo;absence de contrôle vocal de <strong>Aile Asszonyi.</strong> L&rsquo;excellente acoustique de ce bijou qu&rsquo;est l&rsquo;Opéra Royal mériterait plus de nuances et de poésie. Certes, la soprano estonienne veut faire la preuve de l&rsquo;étendue de ses moyens, considérable, mais ce malheureux effet produit par des cris poitrinés et un contre-ut au métal acéré lasse le tympan le plus endurant. Heureusement la chanteuse dose ensuite un peu plus ses supplications, nous laissant goûter à la délicate mélodie aux cordes de la <em>Siegfried Idyll</em>. Le Siegfried de <strong>Tilmann</strong> <strong>Unger</strong> ne renonce pas, et c&rsquo;est heureux, à sa sensibilité et il confère à cette scène d&rsquo;amour finale une intensité généreuse.</p>
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