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	<title>Orchestre Royal suédois - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Orchestre Royal suédois - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly &#8211; Stockholm</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madama-butterfly-stockholm/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fait assez rare pour être souligné, depuis le début du printemps, l&#8217;Opéra de Stockholm ne propose pas un mais deux Puccini en alternance avec des choix dramaturgiques fort différents. Après une Turandot de fantaisie hier, c&#8217;est une Madame Butterfly très littérale que nous découvrons ce soir, un choix auquel nous ne sommes plus si habitués. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fait assez rare pour être souligné, depuis le début du printemps, l&rsquo;Opéra de Stockholm ne propose pas un mais deux Puccini en alternance avec des choix dramaturgiques fort différents. Après une <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-stockholm/">Turandot</a></em> de fantaisie hier, c&rsquo;est une <em>Madame Butterfly</em> très littérale que nous découvrons ce soir, un choix auquel nous ne sommes plus si habitués.</p>
<p>La très belle scénographie d&rsquo;<strong>Erlend Birkeland</strong> nous transporte dans une artère traditionnelle de Maruyama, le quartier des maisons closes de Nagasaki. Cette rue est projetée en avant-scène, privant l&rsquo;espace de perspective, de toute issue. Cio Cio San évolue donc pendant toute la représentation dans une boîte où elle est déjà enfermée, avant même que Pinkerton ne l&rsquo;épingle à son tableau de chasse d’entomologiste. Les maisons voisines permettent de découvrir le quotidien trivial de ces femmes soumises aux désirs lubriques des étrangers. Ainsi, même sans actualisation de la mise en scène, la double domination sexuelle et colonialiste dont est victime Butterfly se trouve-t-elle parfaitement rendue.</p>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;architecture des maisons traditionnelles japonaises, leurs panneaux coulissants, les ombres qu&rsquo;on y devine, favorisent naturellement les jeux de dedans/dehors, de caché/dévoilé et partant, l&rsquo;exposition de l&rsquo;intime dont <strong>Sofia Adrian Jupither</strong> use avec un talent consommé. Le rendu final s&rsquo;avère extrêmement esthétique, mais sans ostentation, avec, plutôt, un certain réalisme y compris dans les kimonos aux couleurs passées.</p>
<pre><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Madama-Butterfly-2026.-Foto_-Kungliga-Operan-_Soren-Vilks-1-1294x600.jpg" /></pre>
<pre style="text-align: center;">© Kungliga Operan/Sören Vilks</pre>
<p>Hormis l&rsquo;apparition de Kate Pinkerton, aussi obscure que la présence d<strong>&lsquo;Alice Sjölin</strong> est lumineuse avec ses manches gigot et sa jupe à cerceau (tellement 1820), nous nous trouvons au cœur d&rsquo;une estampe quelque peu surannée, embellie par de très jolies harmonies lumineuses et colorées. Cet espace clos, fané, dit bien le monde en déliquescence où Pinkerton s&rsquo;impose en conquérant. <strong>Dmytro Popov</strong>, son interprète, porte beau son odieuse confiance en lui, nous faisant profiter d&rsquo;une émission nette, d&rsquo;un phrasé intelligent au beau métal. Son duo avec Cio Cio San est superbe et glaçant tant la concupiscence de l&rsquo;homme est évidente face à la pudeur de la jeune fille.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Madama-Butterfly-2026.-Foto_-Kungliga-Operan_Soren-Vilks-1-1-1294x600.jpg" alt="" />© Kungliga Operan/Sören Vilks</pre>
<p>C&rsquo;est elle, naturellement, en la personne d&rsquo;Izabela Matuła, qui occupe l&rsquo;espace du début à la fin de l&rsquo;œuvre, avec une montée en puissance vocale formidablement maîtrisée. Technique impeccable, la soprano joue des couleurs en virtuose pour donner une dimension tour à tour juvénile ou déchirante à son personnage. Les notes poitrinées sont prenantes, le focus de l&rsquo;aigu excellent.</p>
<p>Comme la veille, il faut saluer la direction d&rsquo;acteurs au cordeau qui individualise chaque membre du chœur, chaque figurant ; qui donne aux personnages principaux une épaisseur, une justesse scénique évidente. Si la voix si large de <strong>Katarina Leoson</strong> manque de focus pour une Suzuki un peu en retrait, Sharpless, bellement interprété par <strong>Karl-Magnus Fredriksson</strong>, bénéficie d&rsquo;une progression émotionnelle hautement convaincante tandis que Jonas Degerfeldt campe un Goro odieux à souhait. Comme l&rsquo;ensemble de la distribution, il jouit d&rsquo;une excellente diction qui rend le texte totalement audible.</p>
<p>L&rsquo;orchestre, enfin, est à son meilleur sous la direction voluptueuse d&rsquo;<strong>André Callegaro</strong>. Là encore, soulignons – comme chez les solistes – le superbe travail des nuances, des couleurs et un art consommé de l&rsquo;installation des atmosphères qui culmine dans le somptueux passage orchestral de l&rsquo;acte III, magnifié par cette nuit qui passe, par l&rsquo;immobilité des personnages. Toute la pulsation de la vie réside alors dans la musique et le spectateur en est profondément touché.</p>
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		<title>PUCCINI, Turandot &#8211; Stockholm</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-stockholm/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant de fermer pour travaux en décembre prochain, l&#8217;Opéra de Stockholm reprend une version de Turandot créée en 2013 avec Nina Stemme. La chanteuse avait confié à Forumopera deux ans plus tard que cette prise de rôle – confirmé ensuite à la Scala – avait changé sa tessiture, facilitant ensuite l&#8217;abord de rôles plus dramatiques. La &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de fermer pour travaux en décembre prochain, l&rsquo;Opéra de Stockholm reprend une version de <em>Turandot</em> créée en 2013 avec Nina Stemme. La chanteuse avait confié à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/nina-stemme-je-peux-etre-coriace/">Forumopera</a> deux ans plus tard que cette prise de rôle – confirmé ensuite à la Scala – avait changé sa tessiture, facilitant ensuite l&rsquo;abord de rôles plus dramatiques.</p>
<p>La reprise d&rsquo;une mise en scène vieille de près de quinze ans pourrait se révéler périlleuse, mais force est de constater que les choix de <strong>Marco Arturo Marelli</strong>, également en charge de la scénographie et des lumières, n&rsquo;ont guère pris de rides.</p>
<p>La Première a eu lieu le 26 avril dernier, comme un clin d&rsquo;oeil, cent ans jour pour jour après la création milanaise. Le rideau se lève sur un Puccini malade qui trouve l&rsquo;inspiration à son ultime chef-d’œuvre à l&rsquo;écoute d&rsquo;une boite à musique chinoise.</p>
<p>Le jeu de miroir entre l&rsquo;Orient et de l&rsquo;Occident sert de fil rouge à toute la représentation. C&rsquo;est l&rsquo;interprète de Calaf qui endosse le rôle du compositeur. Tout comme son père, Liù et le choeur – aux oripeaux nettement sixties –, il porte un costume occidental, contrairement à Turandot et sa suite.</p>
<p>Les décors suivent la même dichotomie, avec un fond de scène flanqué de grandes fenêtres d&rsquo;hôtel particulier, alors que Turandot, elle, entre côté jardin, par d&rsquo;immenses portes bleues chinoises à la dimension sexuelle parlante. Elles évoquent la Nana géante de Niki de Saint Phalle, <em>Elle – Une Cathédrale</em> exposée en1966 au Moderna Museet de la capitale suédoise.<br />
D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est par cet accès que le couple part consommer son amour avant de revenir s&rsquo;asseoir sur une table éminemment bourgeoise. Nous comprenons alors que ce n&rsquo;est plus Calaf et Turandot qui sont unis dans le final, mais bien Puccini et son héroïne.</p>
<p>Les ruptures de ton sont constantes et nourrissent le plaisir du spectateur : au choeur de la lune tout de poésie, éclairé aux lanternes succède danse et acrobaties ; un jeu de panneaux coulissants latéraux, fort habile, fait entrer et sortir le chœur de ce monde tout de guingois tandis que des accessoires, eux, sortent du sol&#8230; La palme revient aux trouvailles hilarantes du trio Ping, Pang Pong qui se font laborantins pour plonger les têtes des prétendants malheureux dans le formol.</p>
<pre><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Turandot-Kungliga-Operan-2026.-Foto_-Kungliga-Operan_Soren-Vilks-2-1294x600.jpg" /></pre>
<pre style="text-align: center;"> © Kungliga Operan/Sören Vilks</pre>
<p>L&rsquo;agrément est redoublé par une direction d&rsquo;acteurs extrêmement soignée qui donne relief et profondeur au cast réuni avec une intelligence parfaite tant les voix sont en adéquation avec leurs rôles.<br />
Si l&rsquo;on peut reprocher dans la première partie à <strong>Daniel Johansson</strong> des aigus qui reculent, cela s&rsquo;explique ensuite puisqu&rsquo;en début de seconde partie, il est annoncé souffrant. Il s&rsquo;en trouve comme libéré, assumant splendidement le <em>Nessun Dorma</em>. Il faut dire que ce chanteur jouit d&rsquo;un timbre superbe déjà salué en France par nos <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-cologne-2/">confrères</a>, d&rsquo;une excellente projection dont il abuse parfois au détriment des nuances.</p>
<p>Face à lui, <strong>Elisabet Strid</strong> compose une Turandot absolument magnifique, au timbre somptueux, pleine d&rsquo;autorité et de puissance, touchante dans ses doutes, main tremblante mais voix assurée et comme son compagnon, excellente comédienne. Elle est seulement desservie par une robe à la coupe fort peu seyante, qu&rsquo;en treize ans l&rsquo;on aurait pu remplacer !</p>
<p>Liu. Interprétée par <strong>Magdalena Risberg</strong>, complète ce trio en remplacement d&rsquo;Ida Falk Winland, malade. La soprano bénéficie d&rsquo;une jolie voix bien projetée et d&rsquo;une grande pureté. Quel dommage qu&rsquo;elle ne puisse s&#8217;empêcher d&rsquo;osciller d&rsquo;un pied sur l&rsquo;autre. Un ancrage physique supplémentaire lui donnerait tellement plus de force émotionnelle ! Ceci dit, ses airs sont émouvants et fort bien interprétées.</p>
<p>Le réjouissant contrepoint formé par les Ping, Pang, Pong d&rsquo;<strong>Ola Eliasson, Wiktor Sundqvist et Niklas Björling Rygert</strong> fonctionne idéalement. A la fois d&rsquo;excellents chanteurs et comédiens, entre tasse de thé et saké bien bien tassé, leurs interventions sont très précisément chorégraphiées, avec des jeux ternaires en cascades calés sur la musique. <strong>Kristian Flor</strong>, le roi des tartares tout comme <strong>Johan Edholm</strong> en mandarin, complètent avantageusement la distribution pour une soirée d&rsquo;un beau classicisme.</p>
<p>Sous la direction survitaminée de <strong>Tobias Ringborg</strong>, le <strong>choeur et l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Suède</strong> sont très en place, équilibrés, impeccables de textures et d&rsquo;engagement. Certains passages gagneraient en finesse avec moins de volume mais l&rsquo;intensité du bain sonore reste tout de même assez jouissif pour l&rsquo;auditeur.</p>
<p>Une reprise sans usure, donc, brodée au petit point, à découvrir jusqu&rsquo;au 9 juin en même temps qu&rsquo;une ville passionnante à quelques encablures de la France.</p>
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