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	<title>Orlando Consort - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<title>Orlando Consort - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>MACHAUT, A lover&#8217;s death</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Commencée il y a dix ans, la première intégrale de l’œuvre de Guillaume de Machault (1) se poursuit avec la publication de ce onzième volume. Travail à la fois gigantesque et de longue haleine, comparable à la première intégrale Bach, mais ne faisant appel qu’à une formation : The Orlando Consort, bien connu de tous les amateurs de musique ancienne. Les quatre chanteurs, un contre-ténor, deux ténors et un baryton, rompus à l’exercice, s’emparent de l’œuvre immense du plus grand musicien-poète de son temps.</p>
<p>Le choix a été fait de consacrer chaque CD à un thème, et d’y regrouper des pièces variées, plutôt qu’ une approche traditionnelle où chaque forme serait tour-à-tour abordée. C’est « La mort d’un amoureux » (on aurait plutôt choisi « amant » au XIVe S), qui motive cette dernière publication. Six ballades, quatre motets et autant de virelais, trois rondeaux sont au programme.</p>
<p>Les Orlando connaissent leur sujet : on oublie le <em>tactus</em> imperturbable pour ne retenir que la souplesse et la lisibilité du propos. Cependant, l’option choisie des seules voix, comme la thématique fédératrice, engendrent une forme de monochromie, de monotonie qui ne rend pas pleinement justice aux œuvres. Même si les traités du temps sont muets sur la question de l’interprétation, Machault affirme que telle ballade (« le grand désir que j’ai de vous voir ») pouvait être « mise aux orgues, sur les cornemuses ou instruments ». La littérature contemporaine (ainsi le <em>Décameron</em>), regorge d’exemples où la voix et les instruments se conjuguent. Pourquoi se priver de cette dimension ?</p>
<p>Les motets, d’une facture complexe, sont d’une grande beauté, <em>motetus</em> et <em>triplum</em> se montrent agiles, déliés, sur la teneur en valeurs longues. On retiendra le rare et singulier motet 19 (<em>Martyrum gemma latria</em>) et son triple obsédant. Les contrepoints recherchés des ballades sont savoureux dans l’illustration du sentiment amoureux. Quant aux virelais, dont le chant est exemplaire, on préférera le plus souvent d’autres interprétations, ainsi pour le célèbre « Douce dame jolie ». Le lyrisme du chant, des virelais et ballades en particulier, souffre de la nudité vocale et du retour indifférencié de la mélodie, alorsq ue le texte en appelle une illustration renouvelée. Tout hédonisme semble banni. Malgré les illustrations françaises souvent reparquable, les<span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;"> Anglo-Saxons, tout particulièrement les Anglais ont été les plus friands de Machault. Appelons de nos vœux une réalisation qui s’inscrive dans la lignée de Julien Skowron /Jean Belliard, Dominique Vellard, Marcel Perès, Emmanuel Bonnardot, Marc Mauillon, où le « sentement » reprenne ses droits (2).</span></p>
<p>La brochure d’accompagnement, trilingue, témoigne du sérieux de l’approche. Elle permet au profane peu familier de l’Ars Nova, de s’approprier chaque pièce, ainsi que les règles musicales et littéraires qui présidèrent à sa création. Si le texte original des pièces est traduit en anglais, sans doute eût-il été opportun de le transcrire en français moderne, pour une compréhension de chacun.</p>
<p>L’amoureux de musique médiévale trouve dans cette intégrale l’occasion de se réjouir, mais il n’est pas sûr que celle-ci permette de toucher un plus large public.</p>
<pre>(1) Dont la famille est originaire Machault (Ardennes), non loin de Vouziers, à une quarantaine de kms de Reims, où il finira chanoine, après une vie aussi aventureuse que riche. Aussi l’orthographe de son nom, très variable au XIVe siècle (Machau, Machaut, que potache nous épelions en souriant...), doit-elle emprunter à son origine, comme le rappelait Armand Machabey, qui lui consacra une vie de recherche. 
(2) Machault : « ... selonc mon sentement / amoureux et non autrement / Car qui se sentement ne fait / son œuvre et son chant contrefait. »</pre>
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		<title>The Florentine Renaissance</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-florentine-renaissance-aux-limites-de-l-a-cappella/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Dec 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Orlando Consort, depuis plus de trente ans de pratique vocale de musiques anciennes, s’est imposé comme une des figures majeures parmi les interprètes. La pureté de leur chant, l’harmonie des timbres, l’organisation des lignes, tout concourt à rendre leurs lectures passionnantes. L’idée de regrouper sur un enregistrement des pièces de Binchois, de Dufay, d’Isaac &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>Orlando Consort</em>, depuis plus de trente ans de pratique vocale de musiques anciennes, s’est imposé comme une des figures majeures parmi les interprètes. La pureté de leur chant, l’harmonie des timbres, l’organisation des lignes, tout concourt à rendre leurs lectures passionnantes. L’idée de regrouper sur un enregistrement des pièces de Binchois, de Dufay, d’Isaac et d’anonymes, ayant en commun d’avoir illustré la Florence de Laurent de Médicis est bienvenue, faute d’être originale. Le programme privilégie Isaac et Dufay, avec une pièce de Binchois, et mêle des œuvres à trois et quatre voix de ceux-ci avec des laudes, des contrafacta d’anonymes liés à la cité toscane.  Avant que Savonarole impose sa dictature théocratique, c’était « faute grave que d’aller à l’office pour y jouir de la musique », prêchait Saint Bernard de Sienne. Heureusement, le goût des Toscans faisait fi de ces injonctions, et jamais Florence ne rayonna autant que durant ce règne. Dufay et Isaac ne faisaient que suivre les musiciens de Cambrai et de Liège lorsqu’ils prirent le chemin de l’Italie.  Quant à Binchois, il n’apparaît ici qu’à la faveur d’une de ses chansons, parodiée pour la circonstance, faisant pendant à la même pratique appliquée à une de Dufay.</p>
<p>Les quatre solistes de l’<em>Orlando Consort,</em> comme plusieurs groupes illustrant le même répertoire, chantent à un par partie, systématiquement <em>a cappella</em>. Rien ne l’interdit, sauf l’information et le bon sens pour ce qui concerne déjà la première des deux pièces majeures du disque : le célèbre motet « Nuper rosarum flores », écrit par Dufay pour la consécration du <em>Duomo</em> (la cathédrale Santa Maria del Fiore) par le pape Eugène IV, qui avait offert une rose d’or au sanctuaire. Ses proportions, empruntées aux dimensions de l’édifice de Brunelleschi, suscitent toujours l’admiration, même si leur perception est réservée aux musicologues. Pour cette cérémonie majestueuse, le vaste édifice accueillit nombre d’instrumentistes, et tous les spécialistes estiment vraisemblable que Dufay recruta des trompes pour soutenir de leur souffle les valeurs longues de l’introït <em>Terribilis est locus iste</em>, sur lequel se fonde le motet. Quatre voix suffirent-elles à emplir la nef de leur chant ? Voilà qui laisse songeur à l’écoute de la version chambriste que nous offre le <em>Orlando Consort</em>, si ciselée soit-elle. La dimension spectaculaire en est totalement évacuée.</p>
<p>La séquence « Nuper almos rosae flores » est modelée à souhait. A quatre parties, le motet isorythmique « Salve flos Tuscae gentis » salue la cité de Florence et ses jeunes femmes. Ses proportions sont communes au motet de la dédicace de la cathédrale. Il est proposé par des voix dont les timbres se font volontiers instrumentaux. Le choix interprétatif, bienvenu, n’est-il pas, simultanément l’aveu d’un manque ? « Mirandas parit haec urbs Florentina » relève de la même inspiration, à trois voix cette fois, en style de cantilène.</p>
<p>La section centrale, sacrée comme profane, homophone, souvent empreinte de caractère populaire, de laudes, de chansons carnavalesques et de frottole, s’écoute avec plaisir, malgré la couleur constante de l’<em>a cappella</em>. Heinrich Isaac, ici Arrigo Tedesco, s’attacha à la cour de Laurent le Magnifique pour remplacer l’organiste Squarcialuppi. Il quitta Florence une douzaine d’années après, à la mort de son protecteur, pour gagner la cour de Maximilien à Vienne. Parmi les pièces retenues, la lamentation sur la mort de Lorenzo, « Quis dabit capiti meo aquam ? », à 4, est certainement la plus remarquable : la ferveur du chant, l’élégance raffinée, la sincérité de la déploration nous émeuvent. Elle est suivie d’un motet de supplique, aspirant à la paix, adressé à Lorenzo, d’un égal intérêt. Auparavant, un motet, à 4 lui aussi, « Prophetarum maxime », pour la St Jean Baptiste, patron de la cité, se rapporte à la structure hexagonale de la coupole. Son écriture est particulièrement séduisante. Des pièces festives, à 3 voix, liées aux parades comme aux divertissements princiers, prennent place entre les motets.</p>
<p>Le quatuor vocal, parfois réduit à trois, est de qualité exceptionnelle. La douceur, la clarté de l’émission, la limpidité du contrepoint, le raffinement n’appellent que des éloges. Cependant, le choix de limiter l’interprétation aux seules voix nous prive tant des couleurs et du soutien des instruments que de la vraisemblance de la restitution.</p>
<p>La brochure d’accompagnement, en anglais, détaille chaque pièce avec soin, après en avoir publié les sources ; la bibliographie (anglaise) est riche. Les textes chantés et leur traduction anglaise y prennent place.  </p>
<p>Pour ce qui relève des deux pièces les plus importantes de l’enregistrement, nous préférons la version du <em>Nuper rosarum flores</em> de <em>Cantica Symphonia</em>, dir. G. Maletto [Glossa] et celle du <em>Quis dabit capiti meo aquam ?</em> par Piffaro et <em>The Concord Ensemble</em> [Dorian], toutes deux faisant appel à des ensembles plus fournis, colorés, auxquels les instruments sont conviés.</p>
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