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	<title>Pays de Savoie - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Pays de Savoie - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Voix d’Automne : Benjamin Bernheim — Evian</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/voix-dautomne-benjamin-bernheim-evian-lelegance-du-tenor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Oct 2019 04:02:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Soprano ? Mezzo-soprano ? Baryton ? Quel type de chanteur pour Les Nuits d’été ? La réponse est plurielle. Berlioz a composé son cycle pour plusieurs voix mais le pouvoir en est tel qu’aucun artiste sur le chemin de la gloire ne peut refuser de se confronter à l’intégralité de la partition, avec les difficultés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Soprano ? Mezzo-soprano ? Baryton ? Quel type de chanteur pour <i>Les Nuits d’été</i> ? La réponse est plurielle. Berlioz a composé son cycle pour plusieurs voix mais le pouvoir en est tel qu’aucun artiste sur le chemin de la gloire ne peut refuser de se confronter à l’intégralité de la partition, avec les difficultés que cela comporte.</p>
<p>Ténor surdoué, propulsé sur le devant de la scène en quelques saisons (bien que son parcours, <a href="/actu/benjamin-bernheim-jai-quelque-chose-a-apporter-au-repertoire-francais">de son propre aveu</a>, n’ait pas été un long fleuve tranquille), <b>Benjamin Bernheim</b> relève le défi à La Grange au Lac. Un peu trop tôt ? Un peu trop vite ? L’œil attaché à la partition, le chanteur doit composer avec une écriture souvent inconfortable pour sa tessiture. Excès de précaution ou volonté d’expression, l’interprétation opte pour l’intimité du murmure au point de souvent donner l’impression d’un concerto pour voix et orchestre. <b>Nicolas Chalvin</b>, à la tête de ses forces savoyardes, apporte tout le soutien nécessaire, phrase et nuance autant que possible. Rien n’y fait. Ces <i>Nuits d’été</i> avancent à tâtons dans l’obscurité, à quelques éclats de lumière près (« L’île inconnue »), où le chant sort de son excessive réserve pour tenir ses promesses.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="/sites/default/files/styles/large/public/bb3e.jpg?itok=PQlx8oSF" title="Benjamin Bernheim © Aline Paley" /><br />
	Benjamin Bernheim © Aline Paley</p>
<p>Tout autre est la deuxième partie. Alors que l’on s’apprêtait à remiser son enthousiasme au vestiaire, la romance de Lenski nous rattrape au vol, suivie par quelques-uns des plus beaux airs écrits pour voix de ténor. Malgré l’alternance obligée de pages vocales et symphoniques, l’étreinte ne se desserrera plus.</p>
<p>Ce qu’il y a de miraculeux avec Benjamin Bernheim, c’est sa capacité à toujours se dépasser. Ainsi ce rêve de des Grieux dont on connaissait la douceur, exhalé à fleur de lèvres. Ainsi cette romance de Roméo éblouissante, où le nuancier, largement ouvert, du murmure à l’éclat, autorise toutes les teintes. Ainsi cette « Nature immense » dont Nicolas Chalvin gradue à bon escient l’intensité, porté à bout de bras jusqu’au climax cathartique. Ainsi en bis, « una furtiva lagrima », d’une candeur désarmante bien que la langue française convienne mieux que l’italienne à la couleur de la voix, et surtout « Pourquoi me réveiller », l’air de Werther que l’on espère, comme Roméo, bientôt applaudir intégralement sur scène.</p>
<p>Le point commun entre ces morceaux de bravoure : l’élégance. Non une attitude affectée ou guindée mais une distinction naturelle qui fait le chant patricien. Magnifique, la quinte aiguë n’est jamais exhibée. Les registres sont mixés à bon escient dans la seule intention de servir l’expression. Faut-il mentionner la clarté de la diction ? Considérée à présent comme une évidence, la justesse de la prononciation a suscité maintes fois l’analogie avec Roberto Alagna et Georges Thill. Référence avouée, assumée et maintenant dépassée. Benjamin Bernheim a largué les amarres qui le rivaient à ses modèles. Tel le soleil appelé de ses vœux par Roméo, le ténor s’est levé.</p>
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		<title>L&#8217;Orchestre des Pays de Savoie va vous faire chanter</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lorchestre-des-pays-de-savoie-va-vous-faire-chanter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jun 2017 10:27:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa saison 2017-2018, l&#8217;Orchestre des pays de Savoie a lancé avec l&#8217;Orchestre d&#8217;Auvergne une initiative originale : dans le cadre d&#8217;un concours de composition, il a passé commande d&#8217;une pièce d&#8217;une dizaine de minutes qui sera donnée en création mondiale cet automne. Jusque-là, rien de vraiment exceptionnel. Mais là où la chose devient plus &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa saison 2017-2018, l&rsquo;Orchestre des pays de Savoie a lancé avec l&rsquo;Orchestre d&rsquo;Auvergne une initiative originale : dans le cadre d&rsquo;un concours de composition, il a passé commande d&rsquo;une pièce d&rsquo;une dizaine de minutes qui sera donnée en création mondiale cet automne. Jusque-là, rien de vraiment exceptionnel. Mais là où la chose devient plus intéressante, c&rsquo;est dans la contrainte imposée aux compositeurs : il faudra que le public puisse en chanter en chœur une partie, de manière totalement improvisée. A l&rsquo;heure où l&rsquo;on parle beaucoup d&rsquo;opéra participatif, il s&rsquo;agira là d&rsquo;une sorte de « bis participatif » que l&rsquo;orchestre aura à son répertoire et qui lui permettra de conclure en beauté ses prochains concerts, à condition que les spectateurs s&rsquo;y prêtent et que la musique soit immédiatement mémorisable, ce qui représente quand même un défi de taille. L&rsquo;œuvre en question sera choisie parmi la quarantaine de propositions reçues, et vous êtes invités à participer au vote en ligne qui aura lieu du 10 juillet au 15 septembre sur le <a href="http://orchestrepayssavoie.com">site de l&rsquo;orchestre</a>. Première audition prévue le 30 septembre au Prieuré de Chirens, à l&rsquo;issue d&rsquo;un concert Ligeti-Grieg-Haas-Bartok. Si l&rsquo;inspiration vous vient subitement (et que vous avez moins de 40 ans), vous avez jusqu&rsquo;à la fin du mois pour soumettre votre composition.</p>
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		<title>Création d’un concours de composition</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/creation-dun-concours-de-composition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Feb 2017 10:50:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Serait-ce une des heureuses conséquences de la simplification de la carte régionale française ? L&#8217;Orchestre d&#8217;Auvergne et l&#8217;Orchestre des Pays de Savoie s&#8217;associent pour lancer un concours de composition. L’objectif pour les deux ensembles est de disposer d’une œuvre d’une dizaine de minutes qui puisse être jouée en bis lors de certains concerts par des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Serait-ce une des heureuses conséquences de la simplification de la carte régionale française ? L&rsquo;Orchestre d&rsquo;Auvergne et l&rsquo;Orchestre des Pays de Savoie s&rsquo;associent pour lancer un concours de composition. L’objectif pour les deux ensembles est de disposer d’une œuvre d’une dizaine de minutes qui puisse être jouée en bis lors de certains concerts par des chanteurs amateurs et un orchestre à corde. Là où les choses se corsent, c’est que la partition doit comporter deux parties distinctes, l’une orchestrale et l’autre participative à destination d&rsquo;un public « <em>préparé mais non nécessairement musicien, sur un texte prônant des valeurs universelles humanistes</em> ». Deux ouvrages seront sélectionnés par un jury composé du directeur musical de l&rsquo;Orchestre d&rsquo;Auvergne, <strong>Roberto Forés Veses</strong>, du directeur musical de l&rsquo;Orchestre des Pays de Savoie, <strong>Nicolas Chalvin</strong>, et du compositeur <strong>Thierry Pécou</strong>. Ces deux œuvres, récompensées par un prix de 1500€ chacune, seront ensuite enregistrées afin d’être soumises au vote du public, doté lui aussi d’un prix de 1500€. Clôture des inscriptions le 20 mai 2017. Plus d’informations sur <a href="http://www.orchestre-auvergne.fr/fr/concours-de-composition-2017-0">www.orchestre-auvergne.fr</a> ou <a href="http://orchestrepayssavoie.com/concours-de-composition/">orchestrepayssavoie.com</a>.</p>
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		<title>Les Illuminations — Evian</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jean-paul-fouchecourt-est-la-cle-de-cette-parade-sauvage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jan 2013 17:12:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Obnubilé par les commémorations wagnériennes et verdiennes, on oublierait presque que 2013 marque aussi le centenaire de la naissance de Benjamin Britten, un des grands maîtres de l&#8217;opéra du XXe siècle. Paris semble pour l&#8217;instant ne pas vouloir s&#8217;en souvenir quand l&#8217;Orchestre des Pays de Savoie propose dans le cadre de sa saison musicale &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Obnubilé par les commémorations wagnériennes et verdiennes, on oublierait presque que 2013 marque aussi le centenaire de la naissance de Benjamin Britten, un des grands maîtres de l&rsquo;opéra du XXe siècle. Paris semble pour l&rsquo;instant ne pas vouloir s&rsquo;en souvenir quand l&rsquo;Orchestre des Pays de Savoie propose dans le cadre de sa saison musicale à La Grange au Lac d&rsquo;Evian deux cycles majeurs de mélodies du compositeur britannique : <em>Les Illuminations</em> d&rsquo;après les poèmes d&rsquo;Arthur Rimbaud, et la <em>Sérénade pour cor, ténor et orchestre à cordes</em>. Deux œuvres au lyrisme intense dont le premier des points communs, outre l&rsquo;effectif instrumental, est d&rsquo;avoir été composées à la même époque, durant la seconde guerre mondiale, sans que les événements tragiques qui ensanglantaient l&rsquo;époque ne semblent avoir eu d&rsquo;influence sur l&rsquo;écriture. L&rsquo;une et l&rsquo;autre se présentent comme une succession de petits tableaux aux climats contrastés, tantôt sombre, tantôt lumineux, tour à tour agités, exaltés, parfois même enjoués, ou au contraire profondément méditatifs, voire douloureux, à l&rsquo;image du verbe insaisissable d&rsquo;Arthur Rimbaud. Plane évidemment sur les deux partitions l&rsquo;ombre géante de Peter Pears, l&rsquo;éternel compagnon. Même si <em>Les Illuminations</em> furent à l&rsquo;origine écrites pour la soprano Sophie Wyss, le ténor eut vite fait de se les approprier, rendant ainsi plus évidente l&rsquo;identification entre Rimbaud, Britten et le narrateur, dans un jeu trouble de correspondances qui culmine avec « Being Beauteous », un chant d&rsquo;amour que le compositeur dédia à son interprète et amant.</p>
<p>			Sans lever totalement l&rsquo;ambiguïté, la personnalité vocale de <strong>Jean-Paul Fouchécourt </strong>éclaire davantage le versant narratif que passionnel du premier cycle. Porté par une diction française infaillible et cette émission haute si caractéristique, le chanteur se fait d&rsquo;abord conteur, rhapsode malicieux dont l&rsquo;art du récit s&rsquo;épanouit dans « Antique » et surtout « Royauté », dont le « il était une fois » est dit avec une gourmandise jouissive. L&rsquo;exclamation prophétique de « Villes » ou l’affirmation véhémente de « Fanfare » (« je suis la clé de cette parade sauvage ») qui revient ensuite dans le cycle comme une incantation demanderaient à être proférées avec encore davantage de force. De la même façon, ce sont les aspects les moins héroïques de la <em>Sérénade</em> qui mettent le mieux en valeur la subtilité dont est capable Jean-Paul Fouchécourt : la nostalgie de « Pastoral » ou la plainte saisissante d&rsquo;« Elegy » plus que l&rsquo;éclat paradoxalement solaire de « Nocturne ». Le cor de <strong>Benoit de Barsony,</strong> plus à l&rsquo;aise chez Britten que dans la virtuosité chasseresse du concerto de Mozart, participe dans une moindre mesure à cette cérémonie crépusculaire entre mots et notes. <br />
			  <br />
			Surtout <strong>Nicolas Chalvin</strong> intègre les solistes au discours instrumental, n&rsquo;oubliant pas que c&rsquo;est à l&rsquo;orchestre d&rsquo;abord qu&rsquo;il appartient d&rsquo;évoquer. Lui aussi se fait chantre, et peintre par la façon dont il utilise la couleur orchestrale pour donner à ressentir, tel un impressionniste, les différents paysages sonores. Cet ancien assistant d&rsquo;Armin Jordan offre ainsi la convaincante démonstration du niveau de qualité auquel est parvenu l&rsquo;<strong>Orchestre des Pays de Savoie</strong> en trois années d&rsquo;une direction que l&rsquo;on sent mieux qu&rsquo;attentive : bienveillante. La symphonie N°29 de Mozart, proposée en conclusion de programme, ne nous apprend rien de plus. Là encore, la discipline n&rsquo;entrave ni la dynamique, ni la fluidité, ni l&rsquo;élégance d&rsquo;un propos magnifié par l&rsquo;acoustique de La Grange au Lac, cette cathédrale de bois dont les piliers sont des bouleaux séchés importés de Russie. Ces troncs d’arbre plantés autour de la scène sont, avec les six lustres en cristal de Murano et de Bohème, une attention supplémentaire à Mstislav Rostropovich pour qui Antoine Riboud, président de BSN (devenu depuis Danone) fit édifier en 1993 cet auditorium de 800 places à l&rsquo;architecture unique en Europe.</p>
<p>			Deux mouvements de la <em>Simple Symphony</em>, offerts en cadeau à un public trépignant d&rsquo;enthousiasme, parachèvent cet hommage à Benjamin Britten, qui devrait être rediffusé sur France Musique le 18 février.<br />
			 </p>
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		<item>
		<title>Récital — La Côte-Saint-André</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/accents-italiens-sous-un-orage-dauphinois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Aug 2012 05:31:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  On ne s’étonnera pas que le festival Berlioz consacre une soirée au bel canto si l’on sait que l’édition 2012, placée sous le signe de « Berlioz et l’Italie », rend hommage à la fascination du compositeur pour les voix et les mélodies transalpines (c’est d&#8217;ailleurs en toute logique le Carnaval romain qui a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           <br />
			On ne s’étonnera pas que le festival Berlioz consacre une soirée au bel canto si l’on sait que l’édition 2012, placée sous le signe de « Berlioz et l’Italie », rend hommage à la fascination du compositeur pour les voix et les mélodies transalpines (c’est d&rsquo;ailleurs en toute logique le <em>Carnaval romain</em> qui a ouvert les festivités cette année).<br />
			Ce mercredi 29 août, le ciel se couvre peu avant le début du concert donné dans la cour du château Louis XI de la Côte-Saint-André : protégés de la pluie mais non du bruit du ruissellement et du tonnerre, les musiciens de l’Orchestre des Pays de Savoie, placés sous la direction de <strong>Nicolas Chalvin</strong>, ont donné de l’ouverture du <em>Barbier de Séville</em> une interprétation enlevée et plaisante, dans des circonstances particulières qui en diminuaient inévitablement l’intensité sonore. Obligé de tendre l’oreille, on relève cependant des qualités de finesse et des nuances subtiles que l’orchestre sait donner à un morceau archiconnu. L’atténuation relative des bruits extérieurs parasites permet ensuite d’apprécier mieux encore les airs de ballets extraits de<em> La Vestale </em>et l’ouverture de<em> L’Italienne à Alger</em>. Rappelons que le Festival Berlioz, dont la première édition, lyonnaise à l’époque, date de 1979, est organisé depuis 1994 dans la ville natale du compositeur, et se déroule depuis 2003 dans la cour du château Louis XI, sous une structure protectrice bienvenue un soir comme celui-ci, mais qui modifie les données acoustiques et explique sans doute les quelques décalages perceptibles par instants.</p>
<p>			Comme un malheur n’arrive jamais seul, <strong>Karine Deshayes</strong> est annoncée malade. Mais, à la démonstrative satisfaction du public, elle a cependant accepté de donner le récital prévu, moyennant – hélas ! – un renoncement à la cantate <em>Circé</em> de Cherubini. Avec « Una voce poco fa », interprété avec moins de volume sonore qu’à l’accoutumée mais avec la maîtrise qu’on lui connaît et une technique parfaitement assurée, Karine Deshayes enchante d’emblée le public reconnaissant. La suite du concert confirme ce sentiment premier, même si la pluie, par moment, empêche d’entendre distinctement, au-delà des dix premiers rangs, l’ensemble des notes chantées. L’air d’Adalgisa est même accompagné d’éclairs et de tonnerre. Mais l’agilité de la voix, l’aisance qui confine à l’évidence dans les aigus, la facilité à descendre sans faillir jusqu’aux notes les plus graves – toutefois moins audibles – ravissent et émerveillent. L’émotion que procurent tous les airs interprétés fait oublier les conditions météorologiques peu favorables et l’exiguïté des sièges. Tout au long du concert, Nicolas Chalvin dirige avec beaucoup de sensibilité et de précision un orchestre de qualité, applaudi à juste titre. On aurait parfois attendu plus de brio dans les ouvertures, un peu plus d’éclat, mais les<em> tempi</em> choisis pour les airs sont parfaitement appropriés au lieu et au répertoire.</p>
<p>			Une remarque concernant l’organisation, par ailleurs remarquable, du festival : il serait appréciable pour le public d’un tel récital de disposer des textes des airs, même s’il s’agit de morceaux très connus. Le programme distribué était sur ce point plutôt minimaliste.</p>
<p>			Deux temps forts se dégagent de cette soirée : l’air de Roméo, « Se Romeo t’uccise un figlio » et « Tanti affetti », de la <em>Donna del Lago</em>, qui mettent en valeur la voix parfaitement calibrée, l’émission aisée, le timbre flatteur de Karine Deshayes. On apprécie également l’homogénéité et la rondeur des notes de passage, mais aussi l’expressivité et les nuances de l’interprétation, tandis que le corps de la cantatrice reste d’une sobriété &#8211; et même d’une simplicité &#8211; exemplaire sur scène. À ces deux moments plus intenses s’ajoute la belle surprise du bis offert au public : dans le rondo final de <em>La Cenerentola</em>, Karine Deshayes semble se jouer des difficultés techniques et, pour cette ultime prestation, tandis que l’orage s’est éloigné, donne pleinement le volume de ses aigus. Et il était juste qu’après avoir commencé par l’air qui lui avait valu le titre d’artiste lyrique de l’année 2011, elle terminât par celui qui lui avait permis de remporter le concours Voix nouvelles en 2002.</p>
<p>			 </p>
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