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	<title>ROH - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 29 Jan 2026 20:21:50 +0000</lastBuildDate>
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	<title>ROH - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>A Londres, Roberto Alagna déclare forfait au 3e acte de Turandot</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-londres-roberto-alagna-declare-forfait-au-3e-acte-de-turandot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 20:21:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le journal Le Figaro relate la défection de Roberto Alagna mardi soir à Londres (Covent Garden) à l’occasion d’une représentation de Turandot. Roberto Alagna « s’est senti mal pendant la représentation de Turandot, ce qui l’a empêché de terminer l’acte III », a déclaré la direction du ROH. Au lieu d’interrompre le spectacle, l’opéra a remplacé le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le journal <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.lefigaro.fr/musique/roberto-alagna-declare-forfait-en-pleine-representation-a-londres-son-remplacant-hue-par-une-partie-du-public-20260129"><em>Le Figaro</em></a> relate la défection de <strong>Roberto Alagna</strong> mardi soir à Londres (Covent Garden) à l’occasion d’une représentation de <em>Turandot</em>.<br />
Roberto Alagna « s’est senti mal pendant la représentation<em> de Turandot, </em>ce qui l’a empêché de terminer l’acte III »<em>, </em>a déclaré la direction du ROH. Au lieu d’interrompre le spectacle, l’opéra a remplacé le ténor français par <strong>Richard Hetherington</strong>, directeur musical de l’établissement, chef d’orchestre et pianiste, mais pas chanteur d’opéra professionnel, et dont la prestation n’a pas été du goût de tous les spectateurs.<br />
Hetherington a dû prendre le rôle de Calaf en basket et sweat à capuche. Il a chanté depuis les coulisses tandis qu’une chorégraphe incarnait le personnage sur scène, mais a dû faire l’impasse sur « Nessun Dorma ».<br />
Des huées ont retenti, des spectateurs se sont levés en pleine représentation, il y aurait même eu des jets de projectile.<br />
Dans un message aux spectateurs ce mercredi, le ROH a souligné qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;<em>« une situation exceptionnellement rare »</em> et leur a accordé un dédommagement correspondant à 50% du prix de leur billet.<br />
Nous présentons au ténor français nos meilleurs vœux de rétablissement.</p>
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		<title>VERDI, La forza del destino — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-forza-del-destino-londres-roh-le-retour-de-lage-dor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Mar 2019 05:21:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Triomphe total pour l&#8217;un des spectacles les plus attendus de la saison, et qui s&#8217;est révélé à la&#160;hauteur des attentes les plus folles de la&#160;&#160;« lyricosphère&#160;». Avec cette&#160;Forza del Destino, le Royal Opera démontre qu&#8217;il est encore possible de monter des&#160;représentations verdiennes&#160;dignes de l&#8217;âge d&#8217;or et offre l&#8217;un des spectacles les plus puissants de la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-size: 14px">Triomphe total pour l&rsquo;un des spectacles les plus attendus de la saison, et qui s&rsquo;est révélé à la&nbsp;hauteur des attentes les plus folles de la&nbsp;&nbsp;« lyricosphère&nbsp;». Avec cette&nbsp;<em>Forza del Destino</em>, le Royal Opera démontre qu&rsquo;il est encore possible de monter des&nbsp;représentations verdiennes&nbsp;dignes de l&rsquo;âge d&rsquo;or et offre l&rsquo;un des spectacles les plus puissants de la saison.</p>
<p dir="ltr" style="font-size: 14px">Pour&nbsp;ses débuts en Leonora,&nbsp;<strong>Anna</strong>&nbsp;<strong>Netrebko</strong>&nbsp;offre un matériau somptueux, avec un timbre moelleux et un&nbsp;ambitus incroyable. Le plus étonnant n&rsquo;est même plus sa&nbsp;capacité à darder des aigus ou à les&nbsp;émettre piano, mais à conserver une homogénéité remarquable&nbsp;sur toute la tessiture, avec un bas médium sonore et des graves parfaitement naturels. Attentive à l&rsquo;interprétation, le&nbsp;soprano russe sait également faire un sort au texte par la seule magie de la voix : son&nbsp;« Padre, signor » commence comme révolté pour finir dans la soumission, « Son giunta »&nbsp;est d&rsquo;une lassitude fataliste. Pas de&nbsp;pianissimi, mais des&nbsp;piani parfaits, notamment celui de son&nbsp;dernier air, sur&nbsp;« In van la pace », miraculeux. Après son annulation à la&nbsp;répétition générale, la présence et la santé de<strong>&nbsp;Jonas&nbsp;Kaufmann</strong>&nbsp;avait une fois plus été l&rsquo;objet des pires spéculations. Le ténor&nbsp;allemand s&rsquo;est&nbsp;révélé cet après-midi dans une forme exceptionnelle, alternant les notes données à plein&nbsp;poumons,&nbsp;particulièrement stimulantes, les&nbsp;<em>diminuendi</em>&nbsp;ou les&nbsp;<em>messe di voce&nbsp;</em>les plus subtils, sans ne jamais sombrer dans une&nbsp;démonstration technique. L&rsquo;exécution musicale est au service d&rsquo;une&nbsp;interprétation vibrante et émouvante, sans hédonisme mal venu. Kaufmann sait ainsi représenter les deux facettes du personnage, tour à tour ombrageux et fataliste. Ces deux artistes n&rsquo;ont&nbsp;malheureusement pas&nbsp;souvent l&rsquo;occasion de chanter ensemble puisqu&rsquo;ils se séparent à la fin du premier acte pour se retrouver dans la scène ultime du dernier !&nbsp;</p>
<p dir="ltr" style="font-size: 14px"><strong>Ludovic Tézier&nbsp;</strong>est aujourd&rsquo;hui au&nbsp;faîte&nbsp;de son art et on mesure le chemin parcouru par ce chanteur au fil des années. Sa&nbsp;grande scène&nbsp;« Urna fatale »&nbsp;est un superbe moment de chant&nbsp;verdien qui nous fait vite oublier quelques&nbsp;raucités dans l&rsquo;aigu, déjà notées lors de son<em>&nbsp;Simon Boccanegra</em>&nbsp;parisien. Scéniquement, son Carlo est un monstre froid, arrogant et détestable. Les trois duos ténor et baryton témoignent d&rsquo;une&nbsp;exceptionnelle alchimie entre les deux artistes, parfaitement appariés et font partie des nombreux moments&nbsp;anthologiques de la représentation. On espère vivement que ces deux chanteurs auront bientôt l&rsquo;occasion de chanter à nouveau ensemble.</p>
<p dir="ltr" style="font-size: 14px">Le vétéran&nbsp;<strong>Ferruccio</strong>&nbsp;<strong>Furlanetto</strong>, en grande forme vocale, campe un&nbsp;Padre Guardiano sonore et plein d&rsquo;humanité, à la projection inaltérée. Mezzo sopranisante,&nbsp;<strong>Veronica</strong>&nbsp;<strong>Simeoni</strong>&nbsp;peut surprendre un&nbsp;auditeur qui aurait en mémoire des&nbsp;Preziosilla&nbsp;à la&nbsp;voix de bronze telles que Cossotto, Verrett ou Bumbry, capables de graves profonds, mais aussi de vocalises&nbsp;jusqu&rsquo;au&nbsp;contre-ut. Puisqu&rsquo;apparemment il faut pour l&rsquo;instant faire son deuil de ce&nbsp;type de voix, la chanteuse&nbsp;italienne offre ici une alternative intéressante, avec un grave certes faible, &nbsp;une moindre puissance vocale que le reste du plateau, mais une&nbsp;belle aisance dans le registre supérieur, qui&nbsp;lui permet d&rsquo;offrir des&nbsp;appoggiatures inédites dans les aigus du&nbsp;«&nbsp;Rataplan&nbsp;». La chanteuse, très sollicitée&nbsp;dramatiquement par la mise en scène, se&nbsp;révèle&nbsp;également danseuse très à l&rsquo;aise.&nbsp;<strong>Alessandro</strong>&nbsp;<strong>Corbelli</strong>&nbsp;est tout simplement impayable en&nbsp;Fra Melitone, et la voix est restée incroyablement&nbsp;fraîche.&nbsp;<strong>Robert</strong>&nbsp;<strong>Lloyd</strong>&nbsp;garde une certaine dignité malgré le poids des ans. On&nbsp;retrouve avec plaisir&nbsp;<strong>Roberta</strong>&nbsp;<strong>Alexander</strong>,&nbsp;autrefois habituée aux premiers rôles, et qui campe une Curra&nbsp;efficace. Le Trabuco de&nbsp;<strong>Carlo</strong>&nbsp;<strong>Bosi</strong>&nbsp;est bien chantant et idéalement joué. Les choeurs, très sollicités&nbsp;également par la mise en scène, sont excellents de bout en bout.</p>
<p><img decoding="async" alt="" src="/sites/default/files/styles/large/public/0430_jonas_kaufmann_as_don_alvaro_ludovic_tezier_as_don_carlo_c_roh_2019_photograph_by_bill_cooper.jpg?itok=spgYdhhQ" title="© Bill Cooper"><br />
© Bill Cooper</p>
<p style="font-size: 14px">La direction d&rsquo;<strong>Antonio</strong>&nbsp;<strong>Pappano</strong>&nbsp;maintient la tension tout au long de ces quatre heures de&nbsp;spectacle, malgré des&nbsp;<em>tempi</em>&nbsp;paradoxalement plutôt lents (on est très loin de Toscanini pour l&rsquo;ouverture, ou encore de Mitropoulos). Il&nbsp;propose au contraire un orchestre en lévitation, avec une sonorité claire qui donne la priorité aux cordes sur les cuivres. Il obtient un remarquable fondu entre&nbsp;l&rsquo;orchestre et le&nbsp;plateau vocal, dans une symbiose quasiment mystique. Cette <em>Force du destin </em>est sourde, latente,&nbsp;impalpable autant qu&rsquo;implacable,&nbsp;très loin des versions traditionnelles, généralement extraverties.</p>
<p style="font-size: 14px">Cette direction&nbsp;est au diapason de la vision pessimiste et noire de&nbsp;<strong>Christoph</strong>&nbsp;<strong>Loy</strong>. Les décors sont sobres mais efficaces, l&rsquo;action légèrement transposée à une époque moderne&nbsp;indéterminée. Loy expose sobrement la&nbsp;guerre,&nbsp;avec ses prostituées, ses balles perdues, ses profiteurs, ses moments où la vie reprend inexorablement le dessus… Durant l&rsquo;ouverture, Loy pose les&nbsp;principes du drame à travers quelques&nbsp;scénettes. Enfants, Leonora, Alvaro et Carlo jouent à mimer une Pietà, Alvaro figurant le Christ dans les bras d&rsquo;une Leonora travestie en Vierge Marie.&nbsp;Plus loin,&nbsp;Carlo se pose en gardien intraitable, empêchant les deux autres jeunes enfants de faire&nbsp;l&rsquo;école&nbsp;buissonnière. L&rsquo;influence du culte de la Vierge sur Leonora est constante, matérialisée par une statue de celle-ci qui&nbsp;sera présente à plusieurs reprises. Alvaro et elle vivent ainsi leur existence comme un martyre, dans un parallélisme d&rsquo;autant plus frappant qu&rsquo;ils ne se&nbsp;côtoient plus jusqu&rsquo;à la&nbsp;scène finale, dépourvue comme il se doit de rédemption. On pourrait presque parler des<em>&nbsp;Contes de l&rsquo;amer Loy</em>,&nbsp;n&rsquo;étaient les scènes de masse successives des actes III et IV. La scène de Melitone est traitée&nbsp;avec&nbsp;bouffonnerie mais sans excès. Celle qui la précède, avec son&nbsp;«&nbsp;Rataplan&nbsp;», qui est un des tunnels de l&rsquo;ouvrage il faut le reconnaitre, est&nbsp;magnifiquement dirigée. Preziosilla devient une sorte de meneuse de revue emmenant tous les&nbsp;convives de l&rsquo;auberge dans une frénésie délirante, avec une chorégraphie digne d&rsquo;une revue&nbsp;du Lido. La scène est&nbsp;tellement bien jouée et dansée que son absurdité ne frappe même pas l&rsquo;esprit et elle reçoit fort justement une ovation du public. Ce spectacle magistral dû aux talents d&rsquo;une équipe internationale nous aura fait un temps oublier le Brexit.&nbsp;</p>
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		<title>Bellini &#8211; Norma, Londres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bellini-norma-londres-trop-doccasions-manquees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Mar 2018 06:55:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le débat sur les metteurs en scène et les détournements qu’ils opèrent sur les œuvres du grand répertoire fait rage. Gageons que ce DVD ne fera que cliver un peu plus les positions. Alex Ollé transforme les Gaulois en phalangistes de la guerre civile espagnole, Oroveso devenant un sosie du Caudillo lui-même, et la forêt &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Le débat sur les metteurs en scène et les détournements qu’ils opèrent sur les œuvres du grand répertoire fait rage. Gageons que ce DVD ne fera que cliver un peu plus les positions. <strong>Alex Ollé</strong> transforme les Gaulois en phalangistes de la guerre civile espagnole, Oroveso devenant un sosie du Caudillo lui-même, et la forêt d’Irminsul un immense champ de croix, image du catholicisme doloriste qui servait de mantra au régime franquiste. Pourquoi pas, après tout ? Cette transposition en vaut bien d’autres, et le soin apporté aux costumes, aux éclairages et au jeu d’acteur fait que les choses « fonctionnent » plutôt bien. On épinglera notamment une scène « des enfants » où les dessins animés projetés sur de nombreux écrans suffisent à faire sentir le choc entre la résolution criminelle de Norma  et l’innocence de sa progéniture. Le final a grande allure, avec ses projections de flamme et son coup de théâtre de dernière minute, dont on ne révélera rien mais qui est porteur de beaucoup de sens. Finalement, le seul regret est que le metteur en scène ne soit pas allé assez loin dans sa démarche, quitte à brusquer ce pilier du répertoire romantique. Les Romains sont ainsi dépourvus de toute identité, vaguement affublés de vêtements civils qui n’évoquent aucun contexte précis. Sont-ce des opposants au totalitarisme ? Des symboles de la bourgeoisie espagnole, indécise lors de la guerre civile ? Des représentants de l’avenir capitalistique du pays ? Impossible de trancher, et cet inachèvement dans la démarche laisse un goût de frustration. Ce n’est donc pas ici que nous aurons la grande version moderne de <em>Norma</em>.</p>
<p class="rtejustify">Les vrais atouts du coffret sont musicaux. Au premier rang, le Pollione de <strong>Joseph Calleja</strong>. Même s’il est desservi par une mise en scène qui semble ne savoir que faire de lui, le Maltais confirme qu’il est un des meilleurs ténors du moment (voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd/verdi-joseph-calleja-se-quel-tenor-io-fossi">son récent récital Verdi),</a> et en tous cas le titulaire du rôle le plus convaincant sur la planète lyrique. D’un engagement physique constant, d’une présence scénique irradiante, il n’oublie jamais de soigner sa ligne, tout en faisant tinter dès qu’il le peut ce magnifique grelot qu’il a dans la gorge. A l’entendre lancer fièrement ses répliques face à son amante, fort de son timbre solaire, on regrette que Bellini ne lui ait pas confié une partie plus étoffée, et surtout que le librettiste lui ait donné un rôle aussi ingrat. Un salaud doté d’une aussi belle voix, c’est vraiment trop injuste. La Norma de <strong>Sonya Yoncheva</strong> suscitera davantage de polémiques. On a tout ce qu’il faut en matière de volume, de grandeur tragique, de sérieux. Le timbre est admirable de raucité, évoquant bien sûr Callas. Cependant, l’incarnation reste un peu univoque, d’un bloc, la druidesse terrible l’emportant nettement sur l’amante délaissée et surtout sur la mère ; les moments d’abandon ne sont pas assez perceptibles sur le plan sonore. La voix reste d’acier même lorsqu’elle doit se faire lait de la tendresse humaine.</p>
<p class="rtejustify">Face à tant de puissance, l’Adalgisa de <strong>Sonia Ganassi</strong> a d’abord un défi, qui est celui de toutes les titulaires du rôle : exister devant Norma. Elle y parvient plutôt bien, jouant à fond la carte de l’ingénue troublée par des sentiments contradictoires. La voix est certes petite, mais la chanteuse en tire le meilleur parti, ourlant des phrases délicates, et négociant avec talent ses vocalises. Là où le bât blesse, c’est dans les duos avec Norma, si importants dans l’équilibre de la partition, qui sont plutôt mal appariés, avec deux timbres trop différents et un déséquilibre de puissance évident au profit de Norma. En Oroveso dont la ressemblance physique avec Franco est presque troublante, <strong>Brindley Sherrat</strong> déçoit : la ligne est instable, les graves inaudibles et la justesse plus d’une fois prise en défaut. Le chanteur n’a qu’une cinquantaine d’années, mais l’usure des moyens lui en fait paraître dix de plus. Dommage, le rôle est important, et un bon chef des Druides aurait assuré à cette version une place de choix dans la discographie. Surtout <strong>qu’Antonio Pappano</strong> est à son affaire, transformant la fosse d’orchestre en un chaudron d’où s’exhalent toutes les passions humaines. Après l’avoir écouté, plus personne ne pourra jamais prétendre que l’orchestre de Bellini n’est qu’une « grosse guitare » (dixit Wagner). Bref, malgré de solides atouts, il y a là trop d’occasions manquées, et les amateurs d’opéra filmé devront encore patienter un peu avant de tenir leur <em>Norma</em> de référence.</p>
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		<title>La traviata — Londres (ROH)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-londres-roh-quelque-chose-va-de-travers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2015 05:49:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tambour battant, Marc Minkowski dirige cette reprise de la très classique et populaire production de Richard Eyre au Royal Opera House. Une Traviata où la fosse fait la course en tête devant les chanteurs qui n’en peuvent mais. Venue en prompt renfort de Sonya Yoncheva, alitée par son médecin, Marina Rebeka est une Violetta intense &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Tambour battant, <strong>Marc Minkowski</strong> dirige cette reprise de la très classique et populaire production de <strong>Richard Eyre</strong> au Royal Opera House. Une <em>Traviata </em>où la fosse fait la course en tête devant les chanteurs qui n’en peuvent mais. Venue en prompt renfort de Sonya Yoncheva, alitée par son médecin, <strong>Marina Rebeka</strong> est une Violetta intense au milieu d’une distribution qui ne brille guère.</p>
<p>Invité pour la deuxième fois outre-Manche après <em>Idomeneo</em> en début d’année, éloigné de son répertoire familier et à la tête d’un orchestre classique, Marc Minkowski compense un manque de contraste entre les pupitres par un travail de tous les instants sur la pulsation&nbsp;: rapide au global et hâchée dans le détail, sans que le terme soit péjoratif. Il ouvre le drame très lentement sur un long crescendo, pour immédiatement plonger dans la fête et sa frénésie. On ne reprochera pas à pareille lecture un manque de vie ou d’à-propos, notamment dans toutes les scènes mondaines particulièrement réussies. D’autant que la cohésion orchestrale est parfaite dans cette optique. Mais, souci de taille, cette cohésion ne se retrouve pas en permanence entre la fosse et les interprètes. C&rsquo;est flagrant dans la deuxième scène de fête, chez Flora, où les chanteurs, à rebours, courent après le tempo du chef au point de malmener leur ligne vocale. A l’inverse, il arrive que le français s’attarde trop sur certains points d’orgue. «&nbsp;Amami Alfredo&nbsp;» est ainsi chanté en décalage complet. Cet unisson manqué finit de tuer une émotion que Marina Rebeka peine à faire naitre.</p>
<p>La soprano lettone ne manque pourtant pas d’arguments, voix corsée dotée d’une technique à toute épreuve et d’un aigu assuré, elle vient à bout du premier acte avec aisance, culminant sur un contre-mi chanté mais non tenu. Elle s’investit en scène dans une Violetta qu’elle incarne volontaire, en adéquation avec son tempérament vocal. Avare de piani et de demi-teintes c’est presque une révoltée qu’elle propose au troisième acte. Elle a pour partenaire <strong>Ismael Jordi</strong>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/joyce-didonato-une-reine-en-angleterre">entendu en ces lieux dans <em>Maria Stuarda </em>l’an passé</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-traviata-paris-bastille-venera-gimadieva-lautre-violetta-triomphe">à Paris dans le même rôle</a>. Il déçoit. Le texte et sa signification semblent être le cadet de ses soucis, concentré qu’il est sur des aigus récalcitrants. Les appels depuis les coulisses le trahissent immédiament. Certes la couleur est belle, mais les notes de passages mettent parfois à mal la justesse. En Germont père, <strong>Franco Vassalo</strong> ne retient pas d’avantage l’attention. La ligne est châtiée, mais la couleur est claire, à&nbsp;l’image d’une caractérisation sommaire. Dommage car à Londres le rôle n’est pas amputé à la fin du deuxième acte (de même que les interventions sur la coda orchestrale à la toute fin). Les bonheurs sont divers chez les comprimari&nbsp;: Annina (<strong>Pamela Helen Stephen</strong>) est au diapason de sa maitresse du soir, sonore, engagée et autoritaire même dans ses interventions. En comparaison, Flora (<strong>Angelica Voje</strong>) est bien pâlotte chez Violetta à l’acte 1 et plus en voix en acte, chez elle, à l’acte 2.</p>
<p>Reste la production de Richard Eyre, élégante, très petits-fours et champagne. Inaugurée avec Angela Georghiu et Georg Solti en 1994, elle présente l’avantage notoire de fonctionner comme un chausson confortable dans lequel des générations de chanteurs ont trouvé leurs marques instantanément. Elle soigne les détails dans les relations entre les personnages, y compris dans les mouvements et situations entre les personnages anonymes du chœur. Le tout confère vie et réalisme&nbsp;: la définition même du bel ouvrage, celui qui représente sans interroger l’œuvre, laissant aux autres interprètes le soin d’apporter leur conception. On pourrait trouver de nombreux points communs avec <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/on-ne-gagne-pas-a-tous-les-coups">les options retenues par Benoit Jacquot à Paris</a> (la chambre au troisième acte, l’escalier etc.), à la différence que le Français a pensé captation et cinéma quand le Britannique a conçu pour la scène.</p>
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