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	<title>Senzaspine - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Senzaspine - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia &#8211; Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-parme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Mar 2025 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rendre compte d’un spectacle n’est jamais simple, tant la perception que l’on en a est affectée de facteurs multiples dont certains inconscients. Ainsi de ce Barbiere di Siviglia mis en scène par Pier Luigi Pizzi :  comme Antoine Brunetto en 2018 nous avions aimé l’élégant dépouillement d’une mise en scène au service de l’œuvre, malgré &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rendre compte d’un spectacle n’est jamais simple, tant la perception que l’on en a est affectée de facteurs multiples dont certains inconscients. Ainsi de ce <em>Barbiere di Siviglia</em> mis en scène par <strong>Pier Luigi Pizzi</strong> :  comme Antoine Brunetto en 2018 nous avions aimé l’élégant dépouillement d’une mise en scène au service de l’œuvre, malgré le semi-striptease imposé à l’interprète de Figaro. Et comme Christophe Rizoud l’an dernier la reprise nous avait laissé tiède, le charme s’était affadi. Serions-nous masochiste, pour être allé la revoir à Parme ?</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0816_BarbiereDiSiviglia2025-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1741365384311" />© Roberto Ricci</pre>
<p>Le nom du chef d’orchestre a été déterminant : la direction d’ <em>Aureliano in Palmira</em> par <strong>George Petrou</strong> nous avait conquis, et réentendre l’ouverture commune aux deux opéras dans le contexte de la comédie fut un aiguillon suffisant. Et, disons-le sans traîner, cela valait le voyage ! L’orchestre, originaire de Bologne, est né en 2013 à l’initiative de musiciens désireux d’approcher la musique « classique », aussi bien par l’écoute que par la pratique – avec ses écoles à partir de 2017- d’une jeunesse à qui elle est a priori indifférente. Ils ont baptisé leur ensemble « Senzaspine » &#8211; littéralement « Sans épines » parce que s’approcher de la musique est comme s’approcher des roses sans épines, on n’en éprouve que du plaisir. Les instrumentistes sont jeunes et semblent s’être beaucoup investis dans cette production qui leur met le pied à l’étrier à l’opéra hors de leur ville. Les bruits en provenance de la fosse quand le chef y pénètre témoignent de la satisfaction du travail accompli avec lui, et les auditeurs de l’ouverture ne tardent pas à les comprendre. Cette pièce archiconnue qu’on peut se lasser de réentendre sonne avec une fraîcheur inattendue qui renouvelle le plaisir, comme une redécouverte : est-ce la verdeur de certaines couleurs, sont-ce ces micro-pauses qui semblent de minuscules commentaires et relancent le mouvement d’un engrenage dont la fluidité narquoise et les rebonds ont la malice et la vitalité du jeune homme qui l&rsquo;écrit ? George Petrou nous rend l’effervescence ironique de la jeunesse de Rossini, et c’est avec le sourire que nous allons savourer les délices de la composition, familières et rafraîchies !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0476_BarbiereDiSiviglia2025-scaled-e1741365944697.jpg" />© Roberto Ricci</pre>
<p>Autre intérêt du spectacle, il a fallu adapter le dispositif scénique au plateau du Teatro Regio  qui est beaucoup moins large que celui du Vitrifrigo Arena de Pesaro pour lequel les proportions des décors avaient été conçues. Dans la scène d’ouverture, ils semblent un peu engoncés, mais cela reste supportable et la gêne disparaît dans les scène d’intérieur, même si, comme à Pesaro, il ne faut pas s’interroger sur le balcon où serait appuyée la fameuse échelle. A Parme nul praticable pour le défilé des interprètes devant le public : cela réduit beaucoup, sans toutefois les supprimer hélas, les trémoussements en cadence chargés de représenter la frénésie des personnages à la fin du premier acte et devenus de la dernière banalité.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0357_BarbiereDiSiviglia2025-1-scaled-e1741366081853-1000x600.jpg" />© Roberto Ricci</pre>
<p>Cet assagissement relatif a-t-il gagné certains interprètes, ou Pier Luigi Pizzi a-t-il adapté ses directives à l’intimité relative de cette scène ? <strong>Maria Kataeva</strong>, critiquée pour sa Rosine pésaraise  jugée excessivement pétulante, a beaucoup allégé les manifestations d’exubérance tout en conservant un allant juvénile. Vocalement elle est impeccable, l’émission est homogène, contrôlée, suffisante, souple, agile, et l’étendue confortable, sans aucun effort perceptible sur toute la tessiture. C’est très brillant.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0589_BarbiereDiSiviglia2025-scaled-e1741364206436.jpg?&amp;cacheBreak=1741365384311" />© Roberto Ricci</pre>
<p><strong>Carlo Lepore</strong> reprend Don Bartolo avec le métier qui est le sien, le souffle et la rapidité du débit nécessaires pour le chant d’agilité sillabato et une voix d’une fraîcheur que le passage en fausset dans la leçon de chant confirme avec éclat. On pourrait souhaiter que le personnage soit plus détestable, plus comiquement gonflé de soi-même, mais au moins la composition échappe à toute pesante outrance.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0487_BarbiereDiSiviglia2025-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1741365384312" />© Roberto Ricci</pre>
<p>C’est à <strong>Ruzil Gatin</strong> qu’échoit Almaviva, rôle créé par le ténor Manuel Garcia. Le musicologue Saverio Lamacchia dans un ouvrage sous-titré – <em>Riesame del Barbiere di Rossini</em>, en français Réexamen…- raconte le remplacement du ténor de demi-caractère initialement engagé par ce ténor célèbre familier des rôles de guerrier amoureux dans les « opere serie ». Rossini l’avait connu à Naples l’année précédente et avait écrit pour lui le rôle de Norfolk dans <em>Elisabetta regina d’Inghilterra</em>. Si l’influence de Garcia sur l’écriture d’Almaviva n’est pas documentée, l’air de bravoure « Cessa di più resistere » dont la position fait une sorte de Rondo final pour le comte suffit à prouver qu’il était la vedette du spectacle. Hélas pour nous, avant le lever de rideau on annonce que Ruzil Gatin va chanter malgré une indisposition, et nous serons privés du feu d’artifice. Grâces soient néanmoins rendues au ténor, parce que dans son état il gère au mieux sa voix et n’étaient les cimes qui lui sont interdites &#8211; et qu’il avait gravies crânement lors d’un concert à Pesaro – il donne à entendre des sons pleins et robustes, exempts de maniérisme, la souplesse ne laisse rien à désirer et la désinvolture scénique est nettement meilleure que dans notre souvenir.</p>
<p>Un autre attrait de ces représentations est la présence d’un jeune baryton originaire de Pesaro dont nous suivons l’évolution positive avec plaisir. De petit rôle en petit rôle  voici <strong>Matteo Mancini</strong> aux prises avec un premier grand rôle exigeant dont il se tire fort bien, tant vocalement que scéniquement. Sa jeunesse et sa courte expérience le préservent des tics interprétatifs, aussi le personnage semble s’inventer sous nos yeux. Ce n’est pas le moindre charme de la représentation, car il entre pour nous en phase avec l’analyse de Saverio Lamacchia, qui dans l’ouvrage déjà mentionné –<em> Il vero Figaro o sia il falso factotum</em> en est le titre exact  &#8211; démontre combien la faconde autopromotionnelle relève davantage de la vantardise que de l’habileté réelle. Est-ce parce que désormais nous voyons le personnage à travers cette analyse qu’il nous semble la retrouver dans l’interprétation de ce débutant ?</p>
<p>Plus en retrait le Basilio de <strong>Grigory Shkarupa</strong>, qui chante sans chercher à grossir sa voix comme il advient parfois, ni à capter l’attention par des outrances scéniques. La voix est d’une basse chantante plus que d’une basse profonde, et usée avec probité. On remarque, dans les courts rôles de Fiorello et de l’Officier, la projection vigoureuse de <strong>Gianluca Failla</strong>.</p>
<p>Elève de l’Académie Verdi, <strong>Licia Piermatteo</strong> possède une voix à la fois ronde et haut perchée qui lui permet de se distinguer dans le final de l’acte I et de chanter agréablement l’air de sorbet de Berta au deuxième acte. Son pendant masculin est, comme à Pesaro, <strong>Armando de</strong> <strong>Ceccon</strong> qui semble avoir encore perfectionné son jeu de mimiques et fait d’Ambrogio un personnage à part entière.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0681_BarbiereDiSiviglia2025-scaled-e1741364267604-1000x600.jpg" />© Roberto Ricci</pre>
<p>Il serait injuste de ne pas mentionner le choeur masculin, qui participe pleinement au final de l&rsquo;acte I.</p>
<p>Le théâtre était comble, avec plus d’une centaine de jeunes gens au diapason de la salle, attentive, réactive, et très chaleureuse aux saluts. Le même spectacle était donné la saison dernière ; il se rejoue pratiquement à guichets fermés. La preuve, peut-être, qu’on ne se lasse pas de la qualité !</p>
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		<title>DONIZETTI, Don Pasquale &#8211; Sienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-sienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Académie Musicale de la Chigiana fête cette année la dixième édition de son Festival International et de son Académie d&#8217;été. Pendant deux mois plus de cent concerts irriguent le territoire siennois avec des propositions audacieuses comme ces seize focus sur le compositeur György Ligeti. Cette année, la part belle est également faite au répertoire lyrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Académie Musicale de la Chigiana fête cette année la dixième édition de son Festival International et de son <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.chigiana.org/summer-academy/">Académie d&rsquo;été</a>. Pendant deux mois plus de cent concerts irriguent le territoire siennois avec des propositions audacieuses comme ces <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.chigiana.org/wp-content/uploads/04-Focus-Ligeti.pdf">seize focus sur le compositeur György Ligeti</a>.</p>
<p>Cette année, la part belle est également faite au répertoire lyrique avec pas moins de trois productions, une première pour l&rsquo;institution : au mois d’août, <em>the Turn of the Screw</em> de Britten ainsi qu&rsquo;une création contemporaine, <em>the Butterfly Equation</em> – hommage à Giacomo Puccini – s&rsquo;ajouteront au<em> Don Pasquale</em> proposé en cette fin juillet.</p>
<p>D&rsquo;autres affiches allient prestige et gratuité, telle vendredi soir cette Symphonie n.5 de Beethoven par l&rsquo;Orchestre Philharmonique de la Scala sous la Direction de Myung-Whun Chung sur la piazza del Campo. Le maestro a d&rsquo;ailleurs pris le micro à l&rsquo;issue de la représentation pour dire sa gratitude à l&rsquo;institution qui l&rsquo;accueillit comme stagiaire en son temps.<br />
Voilà qui met la barre fort haut pour les élèves de Direction qui ont étudié l&rsquo;opéra-bouffe de Donizetti sous les houlettes de Daniele Gatti et Luciano Acocella, à qui ils font honneur d&rsquo;une baguette souple et nuancée pour <strong>Sieva Borzak</strong> et <strong>Giovanni Conti</strong> ; d&rsquo;une belle énergie pour<strong> Sukjong Kim</strong> et d&rsquo;une notable écoute du plateau pour <strong>Davide Trolton</strong>. L&rsquo;<strong>Orchestre Senzaspine</strong> – qui accompagne les cours depuis trois ans –&nbsp;se prête de bonne grâce à ces changements de chefs en cours d’exécution sans nuire aucunement à l&rsquo;écoute du spectateur.</p>
<p>« L&rsquo;Opera-lab » porte donc bien son nom et Nicola Sani, directeur artistique de la Chigiana, évoque pour sa part un « festival laboratoire » avec, ici encore, une proposition assez unique puisque ce <em>Don Pasquale</em> fait collaborer quatre structures de formation italiennes de premier plan en chant, direction, lumières et décor qui « travaillent ensemble pour construire l&rsquo;avenir du métier » avec quatre équipes professionnelles encadrant chacune de jeunes artistes.</p>
<p>Pour ce qui est de la scénographie, la soirée prend d&rsquo;ailleurs une teinte singulièrement émouvante puisqu&rsquo;elle est dédiée à<strong> William Orlandi</strong>, décorateur pour la Scala, en charge du projet siennois et tout récemment décédé.<br />
Le dispositif qu&rsquo;il a imaginé fonctionne parfaitement : la scène est fermée par trois panneaux blancs sur lesquels images et vidéos donnent à voir un univers tout à fait contemporain, celui du bureau hyperconnecté de la « Pasquale Financial Holding ». « Son nov&rsquo; ore », il est 9 heures précises lorsque le rideau se lève; la bourse ouvre à Paris et notre anti-héros semble fort satisfait du cours de ses investissements. Il le sera beaucoup moins vingt-quatre heures plus tard, lorsque le rideau tombera sur sa ruine, tous ses fonds ayant été siphonnés par la vénale Norina avec le soutien des choristes. Le chœur Guido Chigi Saracini accompagne la Chigiana dans l&rsquo;ensemble de sa programmation et ne démérite pas dans les costumes façon <em>Men in Black</em> imaginés par l&rsquo;Accademia di Belle Arti di Brera.</p>
<p>La proposition du metteur en scène <strong>Lorenzo Mariani</strong> est à la fois extrêmement efficace et pleine de drôlerie. La direction d&rsquo;acteur précise, enlevée, réjouit de pitreries bien dosées et d&rsquo;un impeccable sens du rythme.<br />
C&rsquo;est pourtant un défi que de mettre en scène une telle œuvre en une dizaine de jours&nbsp;; ce temps limité permet d&rsquo;apprécier d&rsquo;autant plus le professionnalisme des solistes de l&rsquo;<strong>Accademia del Maggio Musicale Fiorentino</strong> de Florence. Tous quatre d&rsquo;un excellent niveau, ils jouent avec un plaisir manifeste et font merveille dans les ensembles, aussi équilibrés que nuancés.</p>
<p>Le Don Pasquale délicieusement bouffon de <strong>Matteo Torcaso</strong> s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;une voix riche, bien posée et pleine d&rsquo;autorité. <strong>Nikoletta</strong> <strong>Hertsak</strong> lui oppose un feu d&rsquo;artifice vocal et scénique en Norina accro aux réseaux sociaux alimentés de photos en direct. «&nbsp;Quel guardo il Cavaliere&nbsp;» est même malicieusement transformé en un post instagram. Certes le personnage qu&rsquo;elle compose ne prêche pas pour un féminisme éclairé&nbsp;: rouée, manipulatrice et cupide, elle est également tout charme et espièglerie. Le soprano rayonnant, les vocalises pyrotechniques, les pianissimi totalement maîtrisés, rendent sa prestation éminemment convaincante.</p>
<p>Elle donne la réplique sentimentale au ténor de stentor de <strong>Lorenzo Martelli</strong> dont l&rsquo;Ernesto emporte également l&rsquo;adhésion. D&rsquo;abord hilarant attelé à son simulateur de golf sous son casque de réalité virtuelle, il sait se faire touchant lorsque sa tristesse éclate dans «&nbsp;Cercherò&nbsp;lontana&nbsp;terra&nbsp;» Le timbre, particulièrement brillant s&rsquo;enrichit de nombreuses nuances mais pâtit d&rsquo;une justesse problématique dans les aigus.</p>
<p>Le Docteur Malatesta enfin, trouve en <strong>Matteo Mancini</strong> un épatant interprète à la belle prestance, à la diction impeccable – comme tous ses camarades –&nbsp;y compris dans les passages les plus acrobatiques de canto sillabico au débit délicieusement hystérique.</p>
<p>Si seules deux représentations étaient prévues pour cette jolie production, il est en revanche possible de profiter de la programmation foisonnante du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.chigiana.org/tracce/">festival</a> jusqu&rsquo;à la fin de l&rsquo;été dans le cadre sublime de la ville de Sienne.</p>
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