Forum Opéra

Concert Christophe Dumaux – Bayreuth

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Spectacle
7 septembre 2026
Une virtuosité péremptoire

Note ForumOpera.com

4

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Infos sur l’œuvre

Georg Friedrich Händel (1685-1759)

Ouverture en si bémol majeur HWV 336

« Dell’onda ai fieri moti »
Aria d’Ottone tirée d’ Ottone HWV 15

« Con rauco mormorio »
Air de Bertrando tiré de Rodelinda HWV 19

Sonata a cinque HWV 288
Andante – Adagio – Allegro

« Verdi prati »
Aria de Ruggiero tiré d’ Alcina BWV 34

« Venti, turbini  »
Aria de Rinaldo tirée de Rinaldo HWV 7a/7b

ENTRACTE

Georg Friedrich Händel
« Stille amare »
Aria de Tolomeo tirée de Tolomeo HWV 25

« Fammi combattere »
Aria d’Orlando tirée d’Orlando HWV 31

Johann Adolph Hasse (1699-1783)
Adagio e Fuga en sol mineur

Georg Friedrich Händel
« Aure, deh, per pietà »
Aria de Cesare tirée de Giulio Cesare in Egitto HWV 17

« Come nube che fugge dal vento »
Aria di Nerone tirée d’Agrippina HWV 6

Détails

Christophe DUMAUX, contreténor
Ensemble LES ACCENTS
Thibault NOALLY
Direction musicale et violon

Son titre indique déjà le thème de ce concert de Christophe Dumaux et de l’ensemble Les Accents : Handel’s Nature, que l’on peut traduire par La Nature de Haendel, ou La Nature chez Haendel ou La Nature selon Haendel. Autant de formules voisines qui englobent la présence des éléments naturels et leur évocation dans la musique. Faut-il préciser qu’ils ne sont jamais que le prétexte ou le décor permettant aux personnages d’établir des correspondances avec leurs états d’âme et ainsi de les exhaler ?

Lieux naturels amènes dont l’apparence séduisante peut cacher de terribles réalités, tels les « verdi prati »  du jardin enchanté d’Alcina, éléments naturels dont l’agitation ou le calme semblent faire écho aux soubresauts des sentiments, comme le confie Ottone dans l’opéra du même nom ou Bertarido dans Rodelinda, lieux dont la beauté ravagée par le temps révèle la fragilité des entreprises humaines – thème du Trionfo del tempo e del Disinganno –, rivages déserts où le doute assaille l’audacieux César, et, enfin, les nuages qui s’enfuient comme métaphore de la vie qui finit.

Aucune excentricité dans ces associations, elles font partie des lieux communs de la pensée antique redécouverte au sortir des monastères pour devenir la matière des « humanités », et jusqu’aux romantiques en feront leur miel. Le miracle, pour nous, est qu’à trois siècles de distance, la musique de Haendel conserve intact son potentiel pour rendre non seulement supportables mais encore délectables ces épanchements dans leurs formes conventionnelles. A quoi cela tient-il ? Probablement à l’impression de justesse de l’adéquation à la forme du discours de la forme musicale, entre rythmes, timbres et couleurs, ainsi qu’à la séduction et à la variété des courbes mélodiques.

Quand les interprètes sont des virtuoses tels les musiciens de l’ensemble Les Accents ces observations deviennent des évidences. Leur qualité s’impose dès le début du concert, avec une ouverture où le violon de Thibault Noally, le directeur musical, exhibe déjà sa maîtrise indiscutable et sa belle sonorité. Ses compagnes et compagnons ne sont pas en reste et l’exécution est d’une netteté et d’un rendu qui ne laissent rien à désirer. Ces mérites se confirmeront sans hiatus, magnifiés dans le mini-concerto pour violon de la Sonata a cinque et indéniables dans une pièce de Hasse que la qualité du jeu ne nous a pas rendue plus buvable.

Est-ce pour être en accord avec l’intitulé du concert que Christophe Dumaux, en tee shirt et pantalon noirs, entre en scène au pas de charge, sans chichis racoleurs ? Ce serait pourtant le comble de la sophistication si la voix ne venait donner l’impression d’une arrivée au débotté, les premiers aigus semblant glapis plutôt qu’émis. Et puis elle s’étoffe, s’installe, s’épanouit, et rien ne vient plus ternir son éclat, entraver son élan, limiter le souffle, brider les trilles, ralentir les vocalises, ce chant orné de messe di voce qui ne tiennent qu’à un fil, ces sauts d’octave, cette vélocité intrépide, en somme le comble de l’art, de l’artifice, nous sont offerts « naturellement ».

Seul regret, peut-être inhérent à ce type de récital, l’émotion qui devrait naître du sentiment exposé peine à émerger de l’exécution virtuose, l’extrait de Giulio Cesare in Egitto  infirmant cette observation, peut-être parce que le récitatif qui précède l’air installe le climat dramatique. Les lecteurs de Forumopéra savent déjà tout le bien que pense Yves Jauneau de l’enregistrement où Christophe Dumaux assume le rôle-titre, et nous souscrivons.

La chaleur du public sera récompensée de deux bis, un air de Tamerlano, « A dispetto di un volto » et un autre de Giulio Cesare in Egitto «Se in un fiorito prato» où la voix dialogue avec le violon dans un assaut de virtuosité qui porteront l’enthousiasme jusqu’à une standing ovation bien méritée.

 

 

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Georg Friedrich Händel (1685-1759)

Ouverture en si bémol majeur HWV 336

« Dell’onda ai fieri moti »
Aria d’Ottone tirée d’ Ottone HWV 15

« Con rauco mormorio »
Air de Bertrando tiré de Rodelinda HWV 19

Sonata a cinque HWV 288
Andante – Adagio – Allegro

« Verdi prati »
Aria de Ruggiero tiré d’ Alcina BWV 34

« Venti, turbini  »
Aria de Rinaldo tirée de Rinaldo HWV 7a/7b

ENTRACTE

Georg Friedrich Händel
« Stille amare »
Aria de Tolomeo tirée de Tolomeo HWV 25

« Fammi combattere »
Aria d’Orlando tirée d’Orlando HWV 31

Johann Adolph Hasse (1699-1783)
Adagio e Fuga en sol mineur

Georg Friedrich Händel
« Aure, deh, per pietà »
Aria de Cesare tirée de Giulio Cesare in Egitto HWV 17

« Come nube che fugge dal vento »
Aria di Nerone tirée d’Agrippina HWV 6

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