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	<title>Bochum - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bochum - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>DEBUSSY, Pelléas et Mélisande — Bochum</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/pelleas-et-melisande-bochum-nous-navons-pas-ete-coupables/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Aug 2017 06:18:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Fondateur de la Ruhr Triennale à la demande du gouvernement de Westphalie, Gérard Mortier eut l’étrange idée de proposer des opéras dans une vaste usine désaffectée, lieu certes impressionnant mais peu propice à la musique, non seulement parce que son acoustique inhospitalière impose une sonorisation de tous les artistes, mais aussi parce que la pluie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Fondateur de la Ruhr Triennale à la demande du gouvernement de Westphalie, Gérard Mortier eut l’étrange idée de proposer des opéras dans une vaste usine désaffectée, lieu certes impressionnant mais peu propice à la musique, non seulement parce que son acoustique inhospitalière impose une sonorisation de tous les artistes, mais aussi parce que la pluie peut produire un vacarme qui entre très vite en concurrence avec ladite musique. Ces conditions rendent difficile de juger la prestation des uns et des autres, ou du moins obligent à l’évaluer selon des critères différents de ceux qui s’appliqueraient dans une salle traditionnelle.</p>
<p>En l’état, <strong>Sylvain Cambreling</strong>, qu’on a pu entendre diriger <em>Pelléas et Mélisande</em> à Paris il y a une douzaine d’années, propose une interprétation très analytique de la partition, où chaque famille d’instruments semble mise en relief (effet de la sonorisation ?). Direction très symphonique, qui privilégie aussi les intermèdes orchestraux, sans toutefois que les chanteurs ne soient couverts par l’orchestre, effet (positif) de la sonorisation là aussi.</p>
<p>L’immensité de la scène, où l’orchestre est intégré dans une structure en forme d’escalier, et l’amplification permettent aussi à <strong>Krzysztof Warlikowski </strong>d’utiliser tout l’espace, y compris en promenant les chanteurs à des endroits très éloignés du public, où on ne pourrait plus les entendre correctement s’ils n’étaient sonorisés. En parallèle, un immense écran occupant tout le fond de la salle permet de voir en gros plan, ou sous un angle différent, ce qui se passe sur la scène, contrepoint dont le metteur en scène joue avec une réelle virtuosité. S’interrogeant sur la pièce de Maeterlinck, Warlikowski a choisi de mettre en avant le drame d’une famille de grands bourgeois en pleine décadence, mais aussi et peut-être surtout sur le personnage de Golaud. Loin d’être âgé et distant, le frère aîné de Pelléas est ici un homme jeune et passionné, uni depuis longtemps à Mélisande par un amour ardent et physique, que gâte seulement sa jalousie brutale et aveugle. Si Pelléas est bien attiré par sa belle-sœur, plus paumée qu’énigmatique, Mélisande, elle, n’éprouve manifestement aucune attirance pour le malheureux, avec sa tignasse à la Brice de Nice et son costume blanc évoquant une tenue de scène de Claude François. Quand elle dit à Golaud « Nous n’avons pas été coupables », c’est bien la vérité qu’elle profère : il ne s’est rien passé entre eux. Pelléas aurait bien voulu, mais elle, perdue dans un état névrotique chronique, n’en avait que faire.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="293" src="/sites/default/files/styles/large/public/pel5_0.jpg?itok=-QPE37_0" title=" © Ben Van Duin / Ruhr Triennale" width="468" /><br />
	P. Addis, L. Melrose, B. Hannigan, F.-J. Selig © Ben Van Duin / Ruhr Triennale</p>
<p>Cette lecture repose avant tout sur les qualités de comédiens des chanteurs réunis pour l’occasion. On saluera donc en premier lieu la performance de <strong>Leigh Melrose</strong>, Golaud chargé d’un monologue parlé en guise d’introduction, épreuve qu’il surmonte avec un brio déconcertant. S’il est, de tous, celui dont le français reste le plus perfectible, sa jeunesse physique et vocale rompt agréablement avec une certaine tradition. Au même niveau d’excellence dans son jeu quasi cinématographique, <strong>Barbara Hannigan</strong> compose une Mélisande troublante, tantôt sirène en robe de vamp qui offre à Pelléas sa perruque, tantôt alcoolique indécise et soumise à Golaud. Arrivé in extremis en remplaçant du titulaire initialement prévu, <strong>Philip Addis</strong> ne peut ici s’imposer que par sa voix et non par son physique d’éternel adolescent, la mise en scène ayant choisi de détourner de lui la sympathie du public, ou du moins de faire du personnage un égaré, presque aussi déboussolé que celle sur laquelle il fantasme en vain. Si <strong>Franz-Josef Selig</strong> est aujourd’hui Arkel des deux côtés du Rhin, c’est bien grâce à son français impeccable et à l’infinie douceur qu’il est capable de mettre dans le discours d’un vieux roi d’Allemonde nettement moins cacochyme que souvent. Après sa participation au <em>Trionfo del tempo e del disinganno</em>, <strong>Sara Mingardo</strong> poursuit son itinéraire warlikowskien, et phrase avec art sa lecture de la lettre, la production lui permettant d’être présente en scène bien au-delà de ce que prévoit le livret. Médecin sans reproche de <strong>Caio Monteiro</strong>, Yniold étant confié à un membre du chœur d’enfants de Dortmund, au français parfois exotique mais bon chanteur.</p>
<p>Evidemment, les contempteurs de Warlikowski n’auront pas manqué de relever que la fontaine des aveugles et la grotte sont remplacés par l’inévitable rangée de lavabos, où Golaud culbute Mélisande après l’avoir emmenée hors du bar qui tient lieu de forêt et où des employés d’un abattoir viennent laver leurs gants maculés de sang au moment où Yniold aperçoit des moutons. La densité du jeu d’acteurs instauré entre les protagonistes devrait néanmoins leur permettre de ne pas s’en formaliser outre mesure, et de retenir les images fortes de ce spectacle, comme la mort des deux rôles-titre, étendus sur la même table, devant laquelle vient se prosterner une vieille SDF, figurante qui incarne une sorte de double hypothétique de Mélisande si celle-ci avait eu le temps de poursuivre son errance pendant quelques décennies de plus.</p>
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		<title>Concert d’ouverture du Anneliese Brost Musikforum — Bochum</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concert-douverture-du-anneliese-brost-musikforum-bochum-du-nouveau-a-bochum/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Oct 2016 02:08:23 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;ouverture d&rsquo;une nouvelle salle consacrée à la musique classique reste, même en Allemagne, un événement exceptionnel. C&rsquo;est le 28 octobre dernier que la ville de Bochum a pu ainsi fêter l&rsquo;avènement de son nouvel auditorium, le <em>Anneliese Brost Musikforum</em>. Les quelques discours d&rsquo;ouverture du concert ont laissé transparaître un grand soulagement de la part de la ville devant l&rsquo;accomplissement de ce projet, le chantier ayant été plus long et plus onéreux que prévu. Ainsi, le maire de Bochum Thomas Eiskirch souligne l&rsquo;engagement particulier de la population locale, celle-ci ayant financé pour moitié la construction de la salle (dont le montant définitif s&rsquo;élève à 33 millions d&rsquo;euros). </p>
<p>La nouvelle institution, imaginée par les architectes Bez+Kock répond à un double défi de la municipalité. D&rsquo;un côté, il fallait trouver un nouveau lieu de concert pour les <em>Bochumer Symphoniker</em>, orchestre sans domicile fixe depuis plus de cinquante ans. De l&rsquo;autre, il fallait décider de l&rsquo;avenir de l&rsquo;église Sainte Marie de Bochum, laissée plus ou moins à l&rsquo;abandon et menacée de destruction faute de moyens pour la restaurer. La décision, toute naturelle, fut de joindre l&rsquo;utile à l&rsquo;agréable en intégrant l&rsquo;édifice religieux au projet d&rsquo;auditorium. L&rsquo;église déconsacrée en 2002 fait ainsi office de hall d&rsquo;entrée et de foyer. De part et d&rsquo;autre de la nef se trouvent à gauche, la grande salle de concert, avec ses 970 places et à droite, une salle plus modeste, de 300 places, consacrée à  la musique de chambre. Et il faut avouer que l&rsquo;effet est plutôt saisissant. Les lignes pures de l&rsquo;architecture néogothique impressionnent d&#8217;emblée le visiteur par leur reposante sobriété, encadrant une monumentale cloche suspendue au plafond, souvenir de la fonction première du bâtiment. La grande salle poursuit le même objectif de sobriété. Le bois y est mis à l&rsquo;honneur, puisque les balcons et le sol sont recouverts d&rsquo;un parquet de bois de cerisier, tandis qu&rsquo;un maillage fait de longues perches recouvre le plafond et l&rsquo;arrière-scène, dissimulant habilement le dispositif technique de la salle. Les rideaux transparents et les panneaux acoustiques du même blanc cassé que celui du foyer rappellent le shôji japonais et contribuent à l&rsquo;atmosphère apaisée et sobre du lieu. </p>
<p>Le programme de cette soirée du 28 octobre permettait de tester l&rsquo;acoustique de la salle sous toutes ses coutures. Deux personnalités très attachées à la ville de Bochum étaient mises à l&rsquo;honneur. D&rsquo;un côté, le compositeur <strong>Stefan Heucke</strong>, citoyen de la ville depuis plusieurs années et partenaire régulier des <em>Bochumer Symphoniker</em>. De l&rsquo;autre, le chef d&rsquo;orchestre américain <strong>Steven Sloane</strong>, directeur musical de l&rsquo;orchestre depuis 1994. En première partie du concert, nous assistions à la création de la cantate pour baryton, choeur et orchestre <em>Baruch ata Adonaj &#8211; Gesegnest seist du, Herr</em>, composée spécialement pour l&rsquo;occasion. Dans un entretien, le compositeur nous confia avoir choisi le thème de cette cantate en accord avec le chef d&rsquo;orchestre, tout en ayant évité l&rsquo;écueil d&rsquo;une musique liée à ce seul événement. Le principe formel de la pièce est assez simple : imaginez une <em>Symphonie des adieux</em> de Haydn à l&rsquo;envers, où le nombre de musiciens augmente au fur et à mesure de la pièce, construite sous forme de thème et variations. Commençant par un solo de baryton accompagné de trois voix d&rsquo;enfants, la pièce croît ensuite à un double quatuor, puis à un orchestre de cordes, etc. jusqu&rsquo;à une grande fugue chorale en guise de finale. Le résultat s&rsquo;avère plutôt décevant : la recherche harmonique ainsi que l&rsquo;orchestration du compositeur sont pauvres, et d&rsquo;un point de vue formel, on n&rsquo;apprend rien de nouveau non plus. C&rsquo;est un peu comme si Hindemith et Brahms avaient échoué à écrire une pièce ensemble. L&rsquo;idée de spatialiser la performance venait, selon le compositeur, du chef d&rsquo;orchestre lui-même mais on peine à savoir si c&rsquo;est à l&rsquo;avantage de la musique. D&rsquo;un côté, cela permet de découvrir l&rsquo;auditorium sous tous ses aspects, puisque les musiciens, les choristes et le soliste circulent dans toute la salle, évitant de plus que le public sombre dans l&rsquo;ennui. De l&rsquo;autre, on se détache assez rapidement du contenu musical de la pièce, et la distance entre les musiciens engendre de gros décalages rythmiques que le chef tente tant bien que mal de rattraper (on pense à la première variation). Côté casting, le baryton de <strong>Martijn Cornet </strong>était plutôt prometteur. Le timbre est chaleureux et racé, et son annonce du thème psalmodiée est certainement le meilleur passage de la pièce. Mais ce jeu de spatialisation lui a couté le reste de sa performance. Placé au balcon, face au public, le chanteur tente au cours de la pièce de couvrir l&rsquo;orchestre désormais devant lui, l&rsquo;obligeant à engorger les graves et à éventer ses aigus. Les enfants de la <strong>Chorakademie du Konzerthaus de Dortmund </strong>se marient bien au baryton lors des rares passages a capella. On a connu le <strong>Chorwerk Ruhr</strong> plus en forme qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, son alliage avec le <strong>Philharmonischer Chor Bochum</strong> n&rsquo;y étant peut-être pas pour rien. Les <strong>Bochumer Symphoniker </strong>font ce qu&rsquo;ils peuvent dans cette pièce qui ne les met pas vraiment en valeur. Si cette œuvre de <strong>Stefan Heucke</strong> ne se défera pas de son caractère circonstanciel, elle reste un moyen efficace de montrer tout l&rsquo;orchestre, le choeur et même d&rsquo;intégrer des élèves de l&rsquo;école de musique de Bochum, présents dans l&rsquo;orchestre pour la dernière variation. </p>
<p>Passons l&rsquo;éponge et écoutons la <em>1ère Symphonie </em>de Mahler programmée en deuxième partie, le compositeur autrichien étant la grande spécialité des <i>BoSy</i>. Celle-ci nous permet en outre de juger plus objectivement de l&rsquo;acoustique de la salle. On est agréablement surpris dans les passages piano de la symphonie : les couleurs sont transparentes et l&rsquo;on distingue chaque pupitre très nettement. Ainsi, l&rsquo;arrivée du thème <em>Auf der Straße, da steht ein Lindenbaum</em> surprend agréablement l&rsquo;auditeur. Pour le reste, <strong>Steven Sloane</strong> dirige l&rsquo;œuvre avec un enthousiasme débordant, n&rsquo;hésitant pas à faire gronder son orchestre dans les passages les plus mouvementés ou à accentuer plus que de coutume les phrases en style rappelant le <em>verbunkos</em>. Ce geste qui pourrait passer dans une salle de 2000 places paraît sur-dimensionné dans un auditorium de moins de mille sièges, où le volume sonore devient vite écrasant. Mais on ne doute pas du fait que les <em>Bochumer Symphoniker</em> corrigeront cette attitude en prenant possession des lieux. Deux programmes supplémentaires sont prévus pour cette ouverture de salle avec entre autres le violoniste Frank-Peter Zimmermann et la pianiste Schaghajegh Nosrati. La programmation pour les mois à venir s&rsquo;annonce alléchante, combinant les classiques du répertoire germanique avec des œuvres plus rares ou du répertoire contemporain. Enfin, les amateurs de grandes voix seront également comblés d&rsquo;apprendre la venue de Véronique Gens pour les <em>Nuits d&rsquo;été </em>de Berlioz en juin prochain. Nous souhaitons donc bon vent à cette nouvelle salle qui semble promise à une notoriété dépassant les frontières de l&rsquo;Allemagne.</p>
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