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	<title>Herblay - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Herblay - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>SALIERI, Falstaff — Herblay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/falstaff-herblay-soap-opera-burlesque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2015 23:28:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le personnage de Sir John Falstaff, présent dans trois pièces de Shakespeare, a inspiré entre 1761 et 1982 dix-sept œuvres lyriques, parmi lesquelles les plus connues sont celles de Verdi, Nicolai et Salieri. Cette dernière a fait l’objet de cinq enregistrements et d’un DVD, mais est assez rarement jouée sur scène. Plus que d’une curiosité, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le personnage de Sir John Falstaff, présent dans trois pièces de Shakespeare, a inspiré entre 1761 et 1982 dix-sept œuvres lyriques, parmi lesquelles les plus connues sont celles de Verdi, Nicolai et Salieri. Cette dernière a fait l’objet de cinq enregistrements et d’un DVD, mais est assez rarement jouée sur scène. Plus que d’une curiosité, il s’agit pourtant d’une œuvre intéressante à plus d’un titre, que le théâtre d’Herblay présente à travers une compilation musicologique entre les diverses versions existantes. Le déroulement de l’action y est très proche de celui des deux autres opéras, mais l’absence du couple de jeunes amoureux permet de resserrer encore plus l’action. Car ne nous y trompons pas, c’est la comédie qui prime, l’œuvre est amusante, et le parti pris de la présente production est de faire rire au maximum les spectateurs à partir des mésaventures de Falstaff.</p>
<p>Musicalement, on se situe entre Mozart et Haydn. La partition, légère et entraînante, brillamment défendue par les musiciens de l’ensemble baroque Diderot, est dirigée avec esprit par <strong>Iñaki Encina Oyón</strong> qui accompagne avec maestria la mise en scène décalée : grâce à lui, les gags scéniques trouvent un accompagnement musical sans hiatus, et la musique participe totalement de la comédie.</p>
<p>Un astucieux dispositif scénique de <strong>Caroline Oriot</strong> nous transporte dans une entrée d’immeuble moderne où le ballet des ascenseurs vers deux studios est propice à tous les chassés croisés et quiproquos dont l’œuvre regorge. Les magnifiques costumes colorés années 80 d’<strong>Agathe Trotignon</strong> (75 costumes pour 17 chanteurs), créent une transposition spectaculaire et astucieuse. Marilyn Monroe et Marlène Dietrich, mais aussi Michel Fau ne sont jamais loin, et complètent le délire ambiant.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Camille Germser</strong>, sans trahir l’œuvre, est volontairement agressive et efficace, sans être vraiment novatrice. Le parti pris en est simple : il consiste à créer une inversion de sympathie, en mettant au début le public du côté des deux femmes, mais en les rendant rapidement ridicules et parfaitement insupportables. Ainsi en arrive-t-on à plaindre Falstaff et à compatir à ses mésaventures douloureuses menées par ces mégères méchantes et bêtes. La qualité majeure de cette mise en scène est de ne trahir ni l’œuvre ni la musique, et même de l’accompagner efficacement. Trop peut-être, et là est le problème.</p>
<p>Le point le plus gênant de la démonstration vient des surtitres, qui traduisent en langage « contemporain » le texte d’époque. L’idée de ce contrepoint est astucieuse, mais avec seulement deux yeux et deux oreilles, à quoi le spectateur peut-il donner la primeur ? Impossible de regarder à la fois les gags scéniques, innombrables, et les surtitres, fort drôles, qui détournent par trop l’attention. Impossible aussi d’écouter le texte chanté en mettant en surimpression ces textes écrits dans le langage des banlieues. Et si l’on veut goûter en plus les délicieuses lignes mélodiques orchestrales et vocales, c’est le mal de tête assuré. Surtout quand, comme ce soir, le moindre effet comique, d’où qu’il vienne, est ponctué dans la salle par les rires de gorge et gloussements incessants de toute une ribambelle d’aficionados. On rit de bon cœur, mais au bout d’un moment, on finit par décrocher, car trop c’est trop.</p>
<p class="rtecenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="312" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/06_o.jpg?itok=bML5SMpb" width="468" /></p>
<p class="rtecenter">© Théâtre Roger Barat &#8211; Herblay</p>
<p>Le plateau est éblouissant tant vocalement qu’au niveau du jeu des comédiens. On doit saluer tout particulièrement trois performances : <strong>Philippe Brocard </strong>campe un Falstaff pitoyable et ridicule, mais en même temps humain et sympathique, vocalement irréprochable. <strong>Claudia Moulin</strong>, une Mrs Ford arrogante et pétrie de bourgeoisie frivole ; l’actrice, irrésistible d’à-propos, mène l’action avec un entrain communicatif et des qualités vocales qui peuvent lui ouvrir un grand éventail de rôles. Et <strong>Maria Virginia Savastano</strong>, une Betty (et une « Tedesca ») désopilante, qui jongle avec l’italien et l’allemand, offre en prime une magnifique scène de pastiche de cabaret années 80 intégrée dans le cours du second acte. Ses qualités d’abattage et de drôlerie font penser à une sorte de Despina qui s’amuserait au jeu de la comédie et de la séduction.</p>
<p>Les autres personnages sont plus des faire-valoir. Le rôle de Mr Ford, avec ses vocalises du ré grave au contre-ut dièze, se rapproche plus de l’opéra séria que de l’opéra bouffe : <strong>Sébastian Monti</strong> entre bien dans ce rôle de mari jaloux un peu ridicule, dont il joue parfaitement le côté sérieux en contrepoint de la folie ambiante. <strong>Eléonore Pancrazi </strong>(Mrs Slender), joue la bourgeoise un peu coincée qui, sous des airs pince-sans-rire, s’offusque souvent de la situation mais y participe néanmoins crânement. <strong>Wiard Witholt </strong>(Mr Slender) et <strong>Olivier Déjean</strong> (Bardolfo) complètent parfaitement cette belle distribution.</p>
<p>Comme chaque année à Herblay, l’événement qui consiste à monter une production originale d’opéra est relayé par tous les services culturels de la ville, et surtout réalisé en relation directe entre l’opéra et l’école. Les artistes se déplacent dans les établissements scolaires durant toute l’année et les élèves vont à l’opéra au moment des représentations (963 enfants concernés). Deux publications d’un grand intérêt sont accessibles sur Internet, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.arcadi.fr/rtefiles/File/Fiches%20spectacle/dossier-artistique-falstaff(1).pdf">le dossier artistique</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.herblay.fr/fileadmin/herblay/MEDIA/Publications/Dossiers_de_Presse/Dossier%20P%C3%A9dagogique%20Falstaff.pdf">le dossier pédagogique</a>, et l’on peut voir sur la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.facebook.com/herblayculture">page Facebook</a> de la production de nombreux clips vidéo où les chanteurs présentent le personnage qu’ils interprètent.</p>
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		<title>MENOTTI, The Consul — Herblay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-frontieres-de-la-mort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 May 2014 07:55:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 1950, Menotti  a déjà composé des opéras de poche, comme Le Médium (1946), ou Le Téléphone (1947), mais pas encore de « grand » opéra. Le Consul va donc assurer sa notoriété, d’autant que l’œuvre est couronnée aussitôt du New York Drama Circle Critics’ Award et surtout du prix Pulitzer. L’attribution de ce dernier, alors que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En 1950, Menotti  a déjà composé des opéras de poche, comme <em>Le Médium</em> (1946), ou <em>Le Téléphone</em> (1947), mais pas encore de « grand » opéra. <em>Le Consul</em> va donc assurer sa notoriété, d’autant que l’œuvre est couronnée aussitôt du New York Drama Circle Critics’ Award et surtout du prix Pulitzer. L’attribution de ce dernier, alors que le <em>Herald Tribune</em> souligne l’actualité du propos, n’est certes pas innocente. Car si Menotti semble participer, en cette période de guerre froide et de maccarthysme, de la paranoïa qui s’empare alors de la société américaine face au communisme, il voulait surtout condamner par son opéra toute négation de la liberté, pour soutenir les malheureux opprimés symbolisés par le couple Sorel : Magda Sorel, dont le mari est un dissident politique en fuite, cherche à quitter le pays mais se heurte à une bureaucratie parfaitement organisée pour bloquer toute velléité libertaire ; elle perd successivement son fils, sa belle-mère, et finit par se suicider pour essayer de sauver son mari.</p>
<p>C’est à partir d’événements de l’actualité que Menotti écrit le livret du <em>Consul</em>. Il avait été frappé par l’histoire d’un groupe de 25 réfugiés coincés sans passeports pendant une semaine sur un pont entre l’Autriche et la Hongrie, aucun des deux pays ne voulant d’eux. Il en avait même tiré un scénario cinématographique que la MGM refusa, le trouvant trop pénible. Un peu plus tard, ce fut le suicide sur Ellis Island d’une émigrante polonaise à qui les États-Unis avaient refusé un visa ; les raisons en étaient familiales, mais c’est le moment où les États-Unis interdisent l’entrée à quiconque aurait eu des convictions politiques allant à l’encontre de l’ordre américain établi. Menotti rencontra aussi lors d’un voyage une émigrante italienne fort agitée qu’il intégra dans <em>Le Consul</em>…</p>
<p>Le poids politique et humain de la bureaucratie, la puissance des « petits chefs », la déshumanisation des grandes administrations, l’impuissance des petites gens à y faire face, ainsi que toutes les résistances, tout cela n’est guère nouveau : <em>Le Revizor</em> (1836) et <em>Le Manteau</em> (1843) de Gogol, <em>Le Procès</em> de Kafka (1925), <em>La Peste</em> de Camus (1947) et l’œuvre de Sartre, alors conforme aux pensées de la gauche anti-bureaucratique, en constituent quelques unes des illustrations. Et ce thème est certes toujours d’actualité aujourd’hui. Au point de passionner nos contemporains ? Peut-être pas, car il nous est difficile de comprendre nettement les intentions de la metteuse en scène qui voulait, en transposant l’œuvre dans un avenir incertain, condamner « <em>notre aliénation à un fonctionnement du monde qui nous contraint et nous conditionne</em> ».</p>
<p>Mais la qualité du spectacle est telle que chacun ne peut que se sentir concerné. Cette réussite est due à une équipe artistique parfaitement rodée, la même qui avait triomphé à Herblay dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/vanessa-herblay-cris-et-chuchotements">Vanessa</a> de Samuel Barber en 2012. La metteuse en scène <strong>Bérénice Collet</strong> aurait pu privilégier le style du film noir des années 50. Elle lui a préféré une réalisation onirique et torturée dont le climat oppressant  s’adapte parfaitement aux situations, même si ses intentions louables et généreuses, qu’elle a souvent du mal à synthétiser, demeurent obscures au plus grand nombre. En revanche, elle a de très grandes qualités de direction d’acteurs et de mise en espace de l’action, qui font qu’il n’est pas une scène qui ne soit parfaitement construite et équilibrée, et qui ne parvienne ainsi à toucher le public.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/consul_herblay_fo_3.jpg?itok=A9I6qW-f" style="height:293px;width:468px" title="© TRBH Herblay" /><br />
	© TRBH Herblay</p>
<p>La scénographie de <strong>Christophe Ouvrard</strong>, savamment éclairée par <strong>Alexandre Ursini</strong>, montre une fois de plus son efficacité, mais ce sont les compléments de décors-vidéo de <strong>Christophe Waksmann</strong> qui lui apportent un important poids de rêve supplémentaire. Car l’exceptionnelle qualité de ces vidéos, projetées sur un immense pan de mur – si besoin transparent –, est tout particulièrement à souligner. Bancs de brume, effets nuageux, feuilles de papier qui volent au vent, éclatement sanguin, chutes de pierres et de branches, tables et chaises volantes, ronde des pendules affolées, démultiplication de Magda, tout se met au service de cette chronique d’une folie annoncée. A l’opposé d’un Bill Viola qui, dans le <em>Tristan</em> de Bastille, faisait œuvre hyper-personnelle, Christophe Waksmann reste beaucoup plus modeste, et crée des éléments qui, sans jamais paraphraser l’action, viennent la sous-tendre ou l’illustrer de manière impressionnante : une grande réussite.</p>
<p><strong>Iñaki Encina Oyón</strong>, chef talentueux, fait merveille à la tête de l’orchestre Pasdeloup ; non seulement il maîtrise les grandes envolées lyriques quasi cinématographiques où Puccini, Moussorgski, Poulenc ou Herrmann ne sont jamais loin, mais il sait aussi respecter les rares moments d’humour et de calme, assurant aux chanteurs une sécurité rassurante. Comme il le précise, ceux-ci doivent assurer « <em>de grands airs, comme celui de Magda, qui conclut le deuxième acte de manière magistrale, ou la douce berceuse que la Mère chante à son petit-fils, et des ensembles maîtrisés comme le magnifique trio des protagonistes du premier acte ou le quintette des hommes et des femmes qui attendent au consulat.</em> »</p>
<p>Le plateau est à la hauteur de cette réussite scénique et musicale. S’y distinguent tout particulièrement <strong>Valérie MacCarthy</strong>, impressionnante Magda Sorel, déchirante et torturée, dont les accents tragiques culminent dans l’air « To this we’ve come » ; <strong>Joëlle Fleury</strong>, qui donne à la mère l’expression douloureuse de ceux qui ont déjà compris par avance la marche inexorable du destin ; et <strong>Béatrice Dupuy</strong> qui interprète parfaitement cette secrétaire consulaire modèle dont la rigueur artificielle finit néanmoins par connaître quelques failles passagères. Les autres personnages, fuyard poursuivi, police omniprésente et inexorable, Italienne volubile, prestidigitateur décalé, sont tous campés avec art et justesse.</p>
<p>Ne pas manquer de consulter <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.herblay.fr/fileadmin/herblay/MEDIA/Publications/Dossiers_de_Presse/Dossier_p%C3%A9dagogique_Le_Consul.pdf">le remarquable dossier pédagogique</a> réalisé à l’occasion de cette production.<br />
Prochaines représentations au théâtre Roger Barat d’Herblay le 5 juin 2014, et au théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet les 8, 10, 11 et 12 octobre 2014.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>MASCAGNI, Zanetto — Herblay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perle-et-les-malfrats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 May 2013 21:47:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Le rideau s’entrouvre, la diva vient saluer sous les vivats. On lui apporte un bouquet de fleurs qu’elle accepte placidement – l’habitude… On la retrouve aussitôt dans sa loge : que pensez-vous qu’elle fasse en premier ? Elle retire ses chaussures et se masse les pieds. Et puis c’est la solitude, pesante. Toutes les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Le rideau s’entrouvre, la diva vient saluer sous les vivats. On lui apporte un bouquet de fleurs qu’elle accepte placidement – l’habitude… On la retrouve aussitôt dans sa loge : que pensez-vous qu’elle fasse en premier ? Elle retire ses chaussures et se masse les pieds. Et puis c’est la solitude, pesante. Toutes les conditions sont remplies pour une bluette douce-amère, aussitôt avortée. La transposition de<em> Zanetto</em>, perle rare amoureusement concoctée par Mascagni en 1896 d’après <em>Le Passant</em> de François Coppée, est habile : on passe de la demi mondaine richissime qui rencontre un musicien vagabond à cette cantatrice adulée qu’un guitariste des rues croise dans les coulisses d’un théâtre. Le côté nostalgique et l’évolution des sentiments sont parfaitement rendus par deux jeunes cantatrices, fort bien dirigées par <strong>Bérénice Collet</strong>. La belle voix chaude, la musicalité et l’expressivité de <strong>Mariam Sarkissian</strong> font merveille dans le rôle de Zanetto, tandis que le métier et les qualités vocales de <strong>Maria Virginia Savastano</strong> rendent totalement plausible le personnage de Silvia, la cantatrice hésitante et torturée qu’elle incarne. L’<strong>orchestre OstinatO</strong>, aux riches sonorités, et un excellent petit chœur de solistes trouvent sous la baguette inspirée de<strong> Iñaki Encina Oyón </strong>les tonalités les plus justes pour rendre l’atmosphère tout en finesse du « <em>baume suave et inconnu</em> » de cette brève rencontre.</p>
<p>			Malheureusement, avec <em>Abu Hassan</em>, on n’est pas au même niveau, peut-être parce que l’œuvre est mieux connue et que des repères sont plus présents à l’esprit : la turquerie, l’exotisme et la démesure comique, le plus souvent réjouissants. L’idée de départ de Bérénice Collet paraît pourtant intéressante : elle consiste à transposer l’action aujourd’hui, devant une petite maison particulière américaine, sur fond de crises financières à répétition et de malfrats en tous genres. Le décor de <strong>Christophe Ouvrard</strong>, réaliste à souhait, transporte le spectateur dans un monde proche du sien et pourtant décalé. Le pacha (alias le président You know Who) et son épouse, ainsi qu’un reporter TV, commentent l’action. L’œuvre est chantée, comme <em>Zanetto</em>, en version originale, mais les dialogues parlés sont en français, et le résultat paraît globalement brouillon. Car malgré les efforts méritoires et appréciables des chanteurs, et quelques moment divertissants, ce n’est pas du très bon théâtre, c’est un peu enfantin, trop long, trop lent, ça manque de rythme, et surtout c’est trop en décalage avec la musique pétillante de Weber. Quant au retournement final (Omar tue à la kalachnikov Abu Hassan et Fatime), c’est tout simplement un contresens.<br />
			  <br />
			Mais le domaine parlé n’est pas seul en cause. Les qualités vocales et scéniques des interprètes sont souvent également inabouties, encore en devenir. <strong>Sami Victor Dahhani </strong>a le physique, la voix et l’abattage du personnage principal, mais semble avoir du mal à le construire, avec de plus quelques notes hasardeuses et un souffle parfois court. <strong>Nika Guliashvili </strong>campe un Omar particulièrement plausible, mais encore insuffisamment assuré vocalement. <strong>Claudia Galli </strong>(Fatime) tire mieux son épingle du jeu, malgré des poses stéréotypées et un jeu sans nuances : elle chante bien dans le style de Weber, et nous offre quelques beaux moments. L’orchestre, quant à lui, est soudain devenu – avec le même chef – plus lourd, comme s’il peinait à suivre un rythme scénique incertain. Bref, une production encore en grande partie inaboutie, qui aurait mérité d’être plus longuement rodée.</p>
<p>			 </p>
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			</item>
		<item>
		<title>BARBER, Vanessa — Herblay</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vanessa-herblay-cris-et-chuchotements/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 May 2012 12:03:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>    Vanessa va-t-il sortir du purgatoire ? Il est étonnant d’avoir attendu aussi longtemps pour créer en Île de France – pour ne pas dire à Paris où cette production devrait absolument être présentée – un opéra déjà si rarement donné (création française à l’opéra de Metz en 2000, et joué à l’opéra national du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			 </p>
<p>			<em>Vanessa</em> va-t-il sortir du purgatoire ? Il est étonnant d’avoir attendu aussi longtemps pour créer en Île de France – pour ne pas dire à Paris où cette production devrait absolument être présentée – un opéra déjà si rarement donné (création française à l’opéra de Metz en 2000, et joué à l’opéra national du Rhin en 2003).<br />
			 </p>
<p>			 </p>
<p>			« <em>C&rsquo;est l&rsquo;histoire de deux femmes, Vanessa et Erika, prises dans le dilemme central qui se pose a chaque être humain : se battre pour ses idéaux au point de se couper de la réalité ou trouver un compromis avec ce que la vie a à offrir, même en se mentant a soi-même par simple amour de la vie. Comme un morose chœur grec, une troisième femme (la grand-mère) condamne par son silence obstiné le premier refus de Vanessa, puis celui d&rsquo;Erika, a accepter l&rsquo;amère vérité que la vie n&rsquo;offre pas d&rsquo;autre solution que sa propre lutte intérieure. Lorsque Vanessa, dans son empressement final à embrasser la vie, réalise cette vérité, il est peut-être trop tard.</em> » Ainsi Menotti présente-t-il sa propre vision de l’œuvre dans la préface de l’opéra. On se rend compte en lisant ce texte du poids fondamental de ces trois femmes qui, comme la mère, la tante et la servante qui entouraient Barber dans son enfance, remplaçant un père médecin trop absent, coulent sur toute la maisonnée une chape dont elles-mêmes ont bien du mal à s’extraire.</p>
<p>			 </p>
<p>			Les hommes, face à elles, n’ont pas un rôle très valorisant : un jeune homme qui hésite à se déterminer, un médecin qui se demande pourquoi il a embrassé cette carrière, un pasteur et des domestiques peu impliqués. Et tout ce petit monde s’agite dans un univers clos où les échanges verbaux alternent avec les silences criant des non dits. La maison étouffante, le froid extérieur, le lac tout proche, l’égoïsme et l’inconscience des uns, l’incommunicabilité et le mutisme des autres, on ne peut s’empêcher de penser au film d’Ingmar Bergman, <em>Cris et chuchotements</em> (1972), qui fut tourné dans un manoir de Mariefred donnant sur le lac Mälar (Suède). La nature, belle mais froide et sévère, y est tout aussi prégnante que l’intérieur étouffant de la maison, entièrement repeint en rouge sombre, où quatre femmes – dont une est en train de mourir – abordent les thèmes essentiels de la vie, espacés des visites sporadiques du médecin. Mais il y a Ingrid Thulin et Liv Ullmann…<br />
			 </p>
<p>			 </p>
<p>			C’est peut-être là que se situe le seul déséquilibre de cette belle représentation : alors que vocalement, on ne peut rien reprocher à <strong>Yun Jung Choi</strong> (Vanessa), on ne peut pas dire qu’elle soit le personnage : elle a de la présence, mais elle reste trop monolithique, et n’exprime guère les contradictions du rôle. Il eut fallu plus de distanciation. Il est vrai qu’à sa décharge, le rôle a été tellement marqué par Eleanor Steber qu’on a encore du mal, cinquante ans après, à imaginer Vanessa autrement qu’en femme d’une bonne quarantaine d’années. Face à elle, l’Erika de <strong>Diana Axentii</strong> est plus convaincante tant vocalement qu’au niveau de son expression. Quant à <strong>Hélène Delavault</strong>, elle est tout simplement magnifique de présence aussi bien vocale que muette. Son retour dans le mutisme, au dernier acte, est un grand moment de théâtre. <strong>Thorbjorn Gulbrandsoy</strong> (Anatol), a une jolie voix entre ténor et baryton Martin, dont il use très musicalement, avec retenue. <strong>Jacques Bona</strong> donne une interprétation très humaine du docteur et de ses interrogations existentielles, tout en le chantant fort joliment. <strong>Aurélien Pernay</strong> (Nicholas), a également une belle présence vocale et scénique. Tous les acteurs et figurants qui complètent la distribution sont parfaits.<br />
			 </p>
<p>			 </p>
<p>			Après le plateau, le deuxième point fort de la soirée est l’Orchestre-Atelier OstinatO que, l’on n’avait jamais entendu dans une forme aussi éblouissante. Il faut dire que la direction du jeune chef <strong>Iñaki Encina Oyón </strong>est d’une rare qualité, qui mêle précision de la battue à une constante attention tournée vers les chanteurs et vers l’équilibre entre la fosse, les solistes et les chœurs, dont le meilleur exemple est le beau quintette avec ses entrées successives. Enfin, troisième point fort, le travail scénique, qui repose sur les magnifiques décors et costumes de <strong>Christophe Ouvrard</strong>, les lumières particulièrement soignées d’<strong>Alexandre Ursini</strong>, et bien sûr la mise en scène inventive et parfaitement en situation de <strong>Bérénice Collet</strong>, dont on apprécie tout particulièrement la direction d’acteurs. Et l’on retiendra notamment la scène finale qui voit la maison tout entière se refermer sur Erika. Du bien beau théâtre.</p>
<p>			 </p>
<p>			Note : ne manquez pas de consulter le remarquable dossier pédagogique PDF préparé par le service de l’action culturelle de la Ville d’Herblay avec l’aide de plusieurs musicologues et spécialistes, et qui ne s’adresse pas qu’aux élèves, en tapant sur votre moteur de recherche « Vanessa dossier pédagogique ».</p>
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