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	<title>Le Neubourg - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>Festival à Ciel ouvert — Le Neubourg</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jul 2021 14:19:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entre enfer et paradis – du nom de deux bosquets du jardin – de contretemps pluvieux en échappées ensoleillées, cette première édition du Festival « A Ciel ouvert » emporte l&#8217;auditeur de merveilles en enchantements dans le cadre sublime du domaine du Champ de Bataille. Le décorateur Jacques Garcia, propriétaire du château, s’emploie depuis trente ans à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre enfer et paradis – du nom de deux bosquets du jardin – de contretemps pluvieux en échappées ensoleillées, cette première édition du Festival « A Ciel ouvert » emporte l&rsquo;auditeur de merveilles en enchantements dans le cadre sublime du domaine du Champ de Bataille.</p>
<p>Le décorateur Jacques Garcia, propriétaire du château, s’emploie depuis trente ans à en magnifier les superbes jardins et remeubler les salons avec d&rsquo;époustouflantes pièces d&rsquo;origines royales et princières. Il cherchait un nouveau souffle pour animer le lieu en été après de nombreuses éditions des « opéras en plein air ». <strong>Vincent Dumestre</strong>, de son côté, était preneur d&rsquo;un nouveau projet après la fin de sa résidence à la Chapelle Corneille. Entre temps exécrable et restrictions sanitaires, il leur aura fallu audace et persévérance pour concrétiser cette entreprise commune.</p>
<p>Des qualités qui sont bien celles du chef d&rsquo;orchestre dont la pertinence du concept s&rsquo;impose comme une évidence. Son programme ne manque pas de sel : en effet, Mazarin en est le fil rouge alors que le château fut bâti par un frondeur assumé, précisément exilé sur ses terres par le tout puissant premier ministre de Louis XIV.</p>
<p>Mazarin « l&rsquo;artiste », « le diplomate » ou « le théâtre des passions », voilà les trois parcours proposés dans l&rsquo;après midi. Ces «  bosquets musicaux » n&rsquo;ont finalement pas pu se tenir dans les jardins en raison d&rsquo;une météo grognonne mais toute la chaleur de l&rsquo;Espagne était bien présente autour d&rsquo;<a href="https://www.forumopera.com/actu/isabelle-druet-conteuse-en-gourmandise"><strong>Isabelle Druet</strong></a> pour ce récital <em>Danza</em>, évocation des influences espagnoles dans ce Paris du 17e siècle où Luis de Briceño enseigne la guitare au moment où le jeune Mazarin se forme au delà des Pyrénées.</p>
<p>Frustrée la veille de la mort de son Triton, interrompue par une ondée malavisée, la mezzo déploie toute sa verve dans un répertoire qu&rsquo;elle habite avec un naturel confondant alors qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas hispanophone. Les graves sont pleins et vibrants, le timbre charnu, opulent, les aigus fruités. Tout comme elle, les musiciens font montre d&rsquo;une impeccable expressivité. Le violon charnel et chaloupé de <strong>Fiona-Émilie Poupard </strong>répond aux percussions survitaminées de Joël Grare sous l&rsquo;oeil complice de Vincent Dumestre à la guitare, <strong>Françoise Enock</strong> au violone et <strong>Lucas Peres </strong>à la viole de gambe. L&rsquo;écoute entre les interprètes est évidente, jubilatoire. On la retrouve décuplée pour le concert du soir lorsque <strong>le Poème Harmonique</strong> se retrouve en grande forme – au propre comme au figuré – pour une évocation de l’exotisme dans la musique française au 17e siècle.</p>
<p>Entre temps, <strong>Justin Taylor</strong> nous avait offert un moment de pur délice pour clavecin seul, tandis que le concert prévu devant le sublime plan d&rsquo;eau du temple de Léda s&rsquo;était transformé en une brève mais bienfaisante parenthèse sous une pluie battante devant l&rsquo;entrée du château avec la <em>S</em><em>onata a 6</em> de G.B. Buonamente et le très beau<em> Ingemisco</em> de G. Legrenzi.</p>
<p>Avant un feu d&rsquo;artifice véritable dans les jardins, c&rsquo;est donc un bouquet musical d&rsquo;exception qui nous est proposé. Le concert a courageusement été doublé pour permettre à tous les spectateurs prévus au théâtre de verdure d&rsquo;en profiter dans les superbes écuries où l&rsquo;acoustique est excellente. La puissance sonore est impressionnante dans cette salle close alors que l&rsquo;effectif était prévu pour le plein air.</p>
<p>Une nouvelle fois, le programme – déjà donné notamment à<a href="https://www.youtube.com/watch?v=WSV6xM1GY30"> l&rsquo;auditorium du Louvre</a> – enchante d&rsquo;intelligence, de richesse, de sens du contraste. De la Suisse à la Chine en passant par la Turquie, il raconte, comme le souligne fort bien le chef, le tropisme du Grand Siècle pour une musique orientale quasiment inconnue mais pourtant fantasmée. C&rsquo;est cette appropriation que les musiciens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui réinterprètent à leur tour avec un plaisir communicatif. La star de la soirée est indéniablement l&rsquo;orchestre qui allie écoute, plénitude du son, clarté des pupitres. La rythmique est toujours extraordinairement soignée comme dans les C<em>hansons turquesques</em> de Tessier ou encore l&rsquo;épatant <em>See hoang tsouyo ling yu tien</em>, retranscription par le Père Amiot d&rsquo;une cérémonie à laquelle il avait assisté à Pékin en 1738. A l&rsquo;introduction décoiffante des percussions succède un quatuor délicieusement improbable où les quatre solistes se régalent. Leurs indéniables qualités communes – diction impeccable, sens de la ligne, du contraste – sont enrichies de celles de chacun qui trouvent un formidable terrain de jeu pour s&rsquo;exprimer : sur l&rsquo;ostinato de la viole de gambe, <strong>Serge Goubioud </strong>compose <em>l&rsquo;Air du Juif errant</em> de Moulinié qui met en valeur son art des nuances, son humour comme la puissance de sa projection. Dans<em> l&rsquo;Entrée des Espagnols</em>, c&rsquo;est le naturel de l&rsquo;émission qui frappe.</p>
<p><strong>Claire Lefilliâtre </strong>et<strong> Geoffroy Buffière</strong>, quant à eux, donnent aux <em>Adieux</em> de <em>Cadmius et Hermione</em> une grande tendresse dépourvue d&rsquo;ostentation. Elle, avec de beaux sons filés, lui avec un focus et un velours caressants à souhait. La basse avait précédemment emporté l&rsquo;adhésion avec des pitreries aux couleurs remarquables dans la <em>Chanson suissesse</em> de Tessier, tandis que la soprano donnait toute sa mesure chez Lully où sa voix ronde aux registres bien unifiés, puissamment projetée, se fait ductile dans les vocalises.</p>
<p><strong>David Tricou</strong>, enfin, sert remarquablement les ensembles avant de s&rsquo;imposer pleinement dans la <em>Chaconne des Africains</em> où la chaleur de son timbre, aux aigus bien incarnés font merveille.</p>
<p>Du célèbre à l&rsquo;inédit, ces « cours du Monde », tout comme les « bosquets musicaux » ou encore les « promenades sonores » de l&rsquo;après-midi tissent un réjouissant patchwork, mélange détonnant de liberté, de fantaisie et de rigueur. Feu d&rsquo;artifice musical avant les gerbes qui illuminent les jardins du Champ de Bataille, champ de fête, pour clore cette folle journée.</p>
<p> </p>
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