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	<title>Saint-Pée-sur-Nivelle - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 29 Aug 2024 13:19:21 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Saint-Pée-sur-Nivelle - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>CHAUSSON, mélodies &#8211; Saint-Pée-sur-Nivelle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/chausson-melodies-saint-pee-sur-nivelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Aug 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après trois années de transition en co-direction avec Jean-François Heisser, Bertrand Chamayou reprend seul la direction artistique du festival Ravel de Saint Jean de Luz, irriguant le territoire basque de musique pendant deux semaines en cette fin de l&rsquo;été.</p>
<p>L&rsquo;académie accueille des professeurs <em>primus inter pares</em> qui, le soir venu, régalent les spectateurs de leur talent. C&rsquo;est le cas sur les hauteurs, dans l&rsquo;église Saint-Pierre de Saint-Pée-sur-Nivelle pour une séduisante proposition autour d&rsquo;Ernest Chausson et de César Franck.</p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/barbara-hannigan-prima-donna-et-plus-que-ca/"><strong>Barbara Hannigan</strong></a> propose d&rsquo;abord une brassée de mélodies d&rsquo;une belle intériorité. La soprano y offre son timbre capiteux, à la projection percutante, à la proverbiale conduite de la ligne musicale. Elle s&rsquo;avère en revanche plus fragile dans les piani ainsi que dans la diction plus ou moins nette mais toujours au service de la narration.<br />
En effet, les contes sont au cœur de cette édition 2024 et les deux artistes composent ici un bouquet dont chaque tige dessine la facette d&rsquo;un même destin en forme de <em>memento mori</em>.</p>
<p>«&nbsp;Les Heures&nbsp;» ouvrent le concert et donnent le ton d&rsquo;un univers déliquescent, impuissant face à la fuite du temps. Le tempo assez lent accentue la sensation d’immobilité encore renforcée par l&rsquo;exceptionnel travail de legato de la chanteuse. Désespérées, à peine susurrées parfois les phrases s’étirent de sons droits, quasi baroques, de finales évanescentes.<br />
Les fleurs cueillies, tressées, fanées filent ensuite la métaphore du <em>tempus fugit</em>.</p>
<p>«&nbsp;Le temps des lilas&nbsp;» , oscillant entre forte et piani, est tout d&rsquo;élans brisés, de faisceaux tendus vers le ciel qui s&rsquo;étiolent brusquement. <strong>Bertrand Chamayou</strong> – comme tout au long du concert –&nbsp;y souligne chaque nuance sans ostentation, dessinant chaque couleur, chaque émotion, d&rsquo;un pinceau fin pour mieux soutenir Barbara Hannigan à la présence intense et grave jusqu&rsquo;aux « Couronnes », où – merveilleuse comédienne – elle dessine la silhouette souriante puis désappointée de cette « fillette aux yeux cernés »&nbsp;qui tresse des guirlandes de fleurs pour un chevalier imaginaire afin de tromper sa solitude.</p>
<p>La délicatesse du piano perlé ajoute à ce moment de magie, qui fleurit plus encore avec la « chanson d&rsquo;Ophélie », pareillement liée aux fleurs, pareillement incarnée. La voix est souveraine, les aigus superbes, la diction soignée et – toujours – la conduite de la phrase musicale tuile chaque syllabe vers l&rsquo;inéluctable destin de l’héroïne sacrifiée. « Oraison » – extrait de « Serres Chaudes »&nbsp;comme un autre hommage au végétal – est presque enchaîné avec la mélodie précédente, comme si nous suivions les flux et reflux de la pensée de cette fillette grandie en Ophélie avant de s&rsquo;évaporer en un spectre dont « la tristesse de la joie semble de l&rsquo;herbe sous la glace ». Ainsi, avec une remarquable élégance, les deux musiciens donnent une dimension intense et poignante à ces mélodies qui deviennent le chemin d&rsquo;une vie.</p>
<p>Le duo a enregistré l&rsquo;an passé la «&nbsp;Chanson Perpétuelle&nbsp;» pour le label Alpha et l&rsquo;interprète magnifiquement avec le soutien du <strong>quatuor</strong> <strong>Belcea</strong>. La richesse des harmonies du quintette, la transparence et la propriété quasi charnelle du son nourrissent la bouleversante interprétation de cette Ophélie séduite et abandonnée.</p>
<p>Après l&rsquo;entracte les musiciens s&rsquo;installent en majesté dans le chœur pour une somptueuse version du <em>quintette avec piano en fa</em> <em>mineur</em> de César Franck. Ils semblent y poursuivre sans paroles ce monologue intérieur qui alterne des moments de tension presque insoutenables, de révolte, de sanglots déchirants sans qu&rsquo;aucun apaisement de vienne soulager l&rsquo;âme tourmentée.</p>
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