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	<title>Schwetzingen - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Schwetzingen - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>PORPORA, Mitridate — Schwetzingen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mitridate-schwetzingen-porpora-bien-plus-que-de-la-haute-voltige/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Dec 2017 06:25:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« L’opéra Mitridate était si plein mardi soir qu’il y avait plus de quatre cents quarante ladies et gentlemen à l’orchestre et dans les loges, en plus des abonnés. Plus de cinquante personnes ont été obligées de quitter la salle par manque de place » rapportait le Daily Advertiser du 30 janvier 1735. De nos jours, une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>L’opéra </em>Mitridate<em> était si plein mardi soir qu’il y avait plus de quatre cents quarante</em> ladies<em> et </em>gentlemen<em> à l’orchestre et dans les loges, en plus des abonnés. Plus de cinquante personnes ont été obligées de quitter la salle par manque de place</em> » rapportait le <em>Daily Advertiser </em>du 30 janvier 1735. De nos jours, une telle affluence doit laisser rêveurs les compositeurs d’un genre en sursis, mais elle relevait aussi en partie du mirage à l’époque. Porpora n’était d’ailleurs probablement pas dupe et savait que le public venait d’abord applaudir les stars que l’Opéra de la Noblesse avait réussi à fidéliser : Farinelli et Senesino, entourés de la Cuzzoni et de Montagnana, seul interprète à avoir également pris part à la création d’un premier <em>Mitridate, </em>six ans plus tôt à Rome. Si la seconde version quitte l’affiche du King’s Theatre après seulement quatre représentations, faut-il en attribuer la responsabilité à la qualité des remaniements opérés par Porpora et son librettiste, Colley Cibber ? Le <strong>Festival Winter in Schwetzingen</strong>, qui avait déjà donné <em>Polifemo </em>en 2012, semble persuadé du contraire et nous permet de tordre le cou aux idées reçues que véhicule, par exemple, Rodolfo Celletti dans sa célèbre histoire du <em>bel canto </em>: « <em>le luxe de la colorature ne parvient pas à cacher, sur le plan de la valeur expressive, quelque chose d’assez vague, voire une certaine pauvreté d’invention mélodique </em>», généralisation abusive à l’aune de <em>Polifemo</em> ou, précisément, de <em>Mitridate</em>.</p>
<p>Sa rivalité avec un génie dramatique de l&rsquo;envergure de Haendel a manifestement stimulé Porpora dont la production londonienne rompt avec le confortable ronron de l’<em style="line-height: 1.5">aria da capo</em>, flanqué d’un accompagnement générique des cordes et du continuo. La musique de <em style="line-height: 1.5">Mitridate </em>est à cet égard emblématique, dès le premier numéro de Sifare qui s’interrompt à mi-parcours pour se transformer en <em style="line-height: 1.5">duetto</em> – cinq autres, tout aussi vivaces, la crème du style galant, suivront ainsi qu’un brillant quatuor – mais aussi et surtout dans de remarquables récitatifs accompagnés où, à l’instar du Saxon dans ses meilleurs opéras, le Napolitain sait tout particulièrement exploiter le formidable talent théâtral de Senesino (Mitridate). Il lui écrit un rôle dense, ambigu et versatile et la découverte de cette figure tourmentée, retorse mais fragile sous ses rodomontades, suffirait à elle seule à justifier la courageuse entreprise du Festival de Schwetzingen. Connaisseur hors pair des ressources de la voix humaine, Porpora conçoit également le plus beau des <em style="line-height: 1.5">cantabile</em> pour la Cuzzoni (Semandra) et les jeunes cantatrices seraient bien inspirées de sortir des sentiers haendéliens battus <em style="line-height: 1.5">ad nauseam </em>pour s’intéresser au dialogue fleuri du soprano avec les flûtes et les hautbois dans « Augelletti che cantando » ou s’approprier les adieux au monde de Semandra (« Vieni o cara » désarmant de candeur blessée dans cette tonalité si poignante de si mineur). Bien sûr, d’aucuns pointeront le traitement orchestral relativement sommaire d’épisodes riches de promesses comme l’orage ou, toujours au 1<sup>er</sup> acte, le sacrifice grâce auquel l’Oracle peut remplir son office, mais l’économie du drame et la caractérisation de ses protagonistes nous incitent à revoir nos préjugés.</p>
<p>Porpora savait comme personne mettre en valeur l’extraordinaire virtuosité de Carlo Broschi, le plus doué de ses élèves. Monsieur de La Palice n’aurait pas dit mieux, ricaneront les sceptiques, mais ils n’auront sans doute pas imaginé que le musicien puisse également doter Sifare d’une réelle épaisseur : l’amant s’épanche, le fils doute, sa partie ne se réduit pas à une cascades de vocalises et de trilles. A dire vrai, ce n’est pas tous les jours que nous avons l’occasion d’entendre dans son intégralité et sur scène un rôle écrit pour Farinelli, objet de tous les fantasmes et de bien des croyances. En l’occurrence, il faudra oublier l’ambitus mythique de trois octaves (principalement exploré dans les reprises) pour se rappeler que la plupart des pages que Porpora lui destine évoluent dans le médium. Il faudra aussi renoncer à se laisser décoiffer par un organe surpuissant pour apprécier l’aplomb de <strong style="line-height: 1.5">Ray Chenez</strong>, la fraîcheur, la flexibilité et l’endurance de l’instrument (étourdissant « Cessa Roma superba e altera »), du reste bien projeté, et la présence, l’irrésistible ardeur de l’acteur. Il faut du cran mais aussi de la lucidité, sinon de la sagesse pour affronter pareil emploi sans fléchir ni forcer ses moyens pour épater la galerie. Egalement jeunes et beaux, Ray Chenez et <strong style="line-height: 1.5">Yasmin Özkan</strong> (Semandra) forment un couple très glamour, même si l’apparition de la princesse, dans son voile azur, a d’abord fait ressurgir dans notre esprit dissipé le souvenir de la Marie de Nazareth campée par la ravissante Olivia Hussey chez Zeffirelli. Un peu sur son quant-à-soi, la soprano nous étreint subtilement, étonnante de sobriété, loin de tout étalage auquel cette Reine de la Nuit aurait pu succomber dans les variations.     </p>
<p>Paradoxalement, l’excentricité – ce grain de folie qu’il aime à revendiquer –, nous la trouverons, sans l’y avoir recherchée, dans les cadences de <strong style="line-height: 1.5">David DQ Lee</strong>, Mitridate sonore et au grain clair, qui plonge à l’envi dans ses graves de baryton : effet détonnant garanti, à mille lieues toutefois de la légendaire noblesse de Senesino (<em style="line-height: 1.5">de gustibus…</em> ) Heureusement, le Canadien sait aussi embrasser la complexité du personnage, non sans exagérer sa cruauté (ah, ces sourires sadiques !) et mourir, ce qui n’est jamais une mince affaire en chantant, même si Porpora ne lui impose pas une longue agonie. Catogan et barbe de trois jours, regard noir et pénétrant, <strong style="line-height: 1.5">Shahar Lavi</strong> campe un Farnace à la séduction trouble et inattendue chez ce félon que l’on voudrait haïr. Dommage que la partition (ou le chef ?) limite ses interventions car nous aurions aimé entendre davantage un mezzo encore prudent, mais bien trempé et ductile. Ismene se voit réduite à la portion congrue, mais <strong style="line-height: 1.5">Katja Stuber</strong> sort le grand jeu en victime cynique et détraquée.</p>
<p>Ayant dans l’oreille des formations spécialisées, nous ne goûtons guère les textures épaisses du <strong style="line-height: 1.5">Philharmonisches Orchester Heidelberg</strong> ni la patte, exagérément lourde (articulation, accentuation), de <strong style="line-height: 1.5">Felice Venanzoni</strong>, mais le geste s’assouplit au fil des scènes, à l’écoute des solistes. Le travail de <strong style="line-height: 1.5">Jacopo Spirei</strong> se signale par son sens du rythme, de la tension – et donc de la détente, avec d’ailleurs quelques touches d’humour bienvenues qui font mouche auprès du public – au service d’un huis clos sentimental et familial où les enjeux politiques, n’était la fin tragique de Mitridate, sont relégués au second plan, sinon en toile de fond. Nous accueillons avec soulagement un décor unique (<strong>Madeleine</strong> <strong>Boyd</strong>) élégant, soigné, manière de salle d’armes dans un palais oriental partiellement dévasté et des costumes à l’avenant (<strong>Sarah</strong> <strong>Rolke</strong>) mais nous n’échapperons pas aux treillis ni aux mitraillettes factices – quand les figurants auraient pu saisir épées et poignards, armes blanches avec lesquels le tyran se plaît à jouer. Un détail, face à l&rsquo;ampleur des surprises que nous réservait ce <em>Mitridate</em>.  </p>
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		<title>ZINGARELLI, Giulietta e Romeo — Schwetzingen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/giulietta-e-romeo-niccolo-antonio-zingarelli-schwetzingen-kangmin-justin-kim-un-romeo-visceral/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Dec 2016 08:18:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Inauguré en 2011 avec le Marco Attilio Regolo d’Alessandro Scarlatti, le cycle « Opera Napoletana »  du festival Winter in Schwetzingen n’a eu de cesse depuis lors de privilégier la rareté (Porpora, Traetta, Jommelli, Vinci). L’édition 2016 n’y déroge pas en programmant Giulietta e Romeo de Zingarelli, cependant, coïncidence ou regain d’intérêt, le plus célèbre des opéras &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Inauguré en 2011 avec le <em>Marco Attilio Regolo </em>d’Alessandro Scarlatti, le cycle « Opera Napoletana »  du festival Winter in Schwetzingen n’a eu de cesse depuis lors de privilégier la rareté (Porpora, Traetta, Jommelli, Vinci). L’édition 2016 n’y déroge pas en programmant <em>Giulietta e Romeo </em>de Zingarelli, cependant, coïncidence ou regain d’intérêt, le plus célèbre des opéras du Napolitain était aussi à l’affiche du dernier festival de Pentecôte à<a href="/giulietta-e-romeo-salzbourg-le-miracle-fagioli"> Salzbourg</a> avec, en vedettes, Ann Hallenberg et Franco Fagioli, et une nouvelle production verra également le jour à la Fenice, l’été prochain. Créée à la Scala le 30 janvier 1796, cette adaptation très libre de Shakespeare sur un livret de Giuseppe Maria Foppa connut immédiatement un triomphe et une diffusion européenne au gré d’innombrables reprises et moult remaniements jusqu’en 1829, Giuditta Pasta ou Maria Malibran, entre autres divas, succédant au flamboyant Crescentini dans le rôle de Romeo.</p>
<p>Parfois présenté comme le chaînon manquant entre Mozart et Bellini, Niccolò Antonio Zingarelli (1752-1837) est d’abord assimilé par les historiens à un ardent défenseur de la tradition napolitaine, doublé d’un farouche adversaire du romantisme et de Rossini. Toutefois, la construction musico dramatique de <em>Giulietta e Romeo </em>et sa diversité stylistique invitent à nuancer le propos. Sa typologie vocale relève toujours du <em>seria</em> (les héros sont des soprano, Everardo, le père de Juliette, un ténor), la facture de certains numéros solistes et de plusieurs chœurs (au 3<sup>e</sup> acte) rappelle Gluck, mais en même temps la structure de l’ouvrage, sa dynamique, la fluidité de ses enchaînements et la richesse, la fébrilité des finales annoncent Rossini. Le règne sans partage de l’<em>aria Da Capo </em>fait également place à une tout autre liberté formelle, dont témoigne la variété des nombreux ensembles (duos plus ou moins brefs, tournant parfois au trio, avec ou sans interventions chorales, etc.) et qui culmine dans le vaste monologue de Romeo au III. Crescentini y inséra une page de sa composition, « Ombra adora aspetta », retenue par l’équipe de Schwetzingen, et remporta avec Romeo le plus grand succès de sa carrière.</p>
<p><em>Giulietta e Romeo</em> mérite beaucoup mieux qu’une version de concert, or, et c’est bien là notre principal regret, <strong>Nadja Loschky</strong> et <strong>Thomas Wilhelm</strong> ne font qu’effleurer timidement son potentiel théâtral. Le tandem mêle allusions historiques (costumes garnis de fraises et combats à fleurets mortels) et poncifs de la régie contemporaine (les lettres en néon, la guerre des gangs, qui meuble la scène dès l’ouverture) dans une illustration assez littérale, n’était l’une ou l’autre idée a priori originale, mais qui manque de lisibilité et peine à faire sens. Nous ne comprenons que tardivement – lorsque Everardo la prend dans ses bras – que cette gamine muette portant un ballon blanc ne campe pas Amour, mais Juliette et que les masques d’animaux grossièrement façonnés dont sont affublés les figurants appartiennent probablement aussi à l’univers de l’enfance, mais en quoi éclairent-ils le drame, en quoi l’enrichissent-ils ? Quant à Gilberto, ami de Romeo et médiateur entre les familles ennemies, son look grotesque  – cheveux blond peroxydé, coupe au bol et affreux ciré noir – semble trahir un parti pris gratuit, car rien chez lui ne prête à rire et ne pourrait justifier qu’il soit ainsi tourné en ridicule. En revanche, Loschky et Wilhelm savent exploiter la jeunesse et l’énergie des artistes comme mettre en lumière la figure déterminante du brutal Everardo.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/romeo_p_056-2.jpg?itok=QhMlovk5" title="Kangmin Justin Kim (Romeo) &amp; Emilie Renard (Giulietta) @ Annemone Taake" width="468" /><br />
	Kangmin Justin Kim (Romeo) &amp; Emilie Renard (Giulietta) @ Annemone Taake</p>
<p>« <em>Sa belle voix surnaturelle</em>, écrivait Schopenhauer, <em>ne peut être comparée avec aucune voix de femme : il ne peut y avoir de timbre plus beau et plus plein et avec cette pureté argentine il acquiert un pouvoir indescriptible </em>», celui de faire tourner la tête des Romaines – et sans doute de quelques Milanaises lors de la création de <em>Giulietta e Romeo</em> – comme d’émouvoir jusqu’aux larmes Napoléon. Zingarelli sollicite moins l&rsquo;agilité de Crescentini que, précisément, la mobilité expressive du sopraniste au fil d&rsquo;un impressionnant voyage sentimental. De <strong>Kangmin Justin Kim</strong>, <a href="/catone-in-utica-cologne-vivica-genaux-et-kangmin-justin-kim-sur-le-ring">Vivaldi </a>nous avait récemment permis d&rsquo;apprécier la flexibilité de l&rsquo;organe sur un large ambitus et nous sommes à nouveau séduit par son mordant comme par les raffinements belcantistes dont s’orne sa ligne de chant, en particulier de magnifiques <em>messa di voce</em>. En revanche, nous ne attendions pas à découvrir une émission aussi incisive ni surtout pareille puissance, inouïe dans cette catégorie vocale il y a encore une quinzaine d&rsquo;années. L’attendrissement, la fureur, la souffrance amoureuse, le désespoir : Kangmin Justin Kim embrasse l’intégralité des affects de Romeo et les habite de manière viscérale, une épithète que nous n’aurions jamais pensé utiliser un jour pour décrire l’interprétation d’un falsettiste. De toute évidence, le chanteur appartient à cette génération de « contre-ténors pour ainsi dire mutants », pour reprendre la formule d&rsquo;Ivan A. Alexandre, qui reculent les limites longtemps inhérentes à cette vocalité. Ses ressources ne peuvent que balayer les dernières préventions à l&rsquo;endroit des mezzos et sopranos du sexe fort et face à un tel investissement dramatique, s’arrêter sur quelques imprécisions relèverait d’une indécente mesquinerie.</p>
<p>Et le beau sexe, me direz-vous ? Il arbore une coupe à la garçonne, mais si Juliette a l’allure négligée d’une adolescente, le mezzo lumineux et ferme d&rsquo;<strong>Emilie Renard</strong>, lui, n&rsquo;affiche aucune verdeur, au contraire, il a mûri et s&rsquo;est élargi depuis son éclosion dans la pépinière de Bill Christie. S&rsquo;éloigner des mignardises de Campra et plus globalement d&rsquo;un baroque français qui tend à corseter la voix, à freiner son développement, lui a été profitable et l’actrice, prodigue de ses dons, déploie ses ailes. En outre, l’alchimie avec son partenaire est aussi belle à voir qu’à entendre : ces deux-là sont vraiment touchés par la grâce. Jouer les salauds peut se révéler une aubaine quand, à l’image de <strong>Zachary Wilder</strong>, l’interprète sait en assumer cette violence qui exerce souvent une tout autre fascination sur le public que la vertu des héros, a fortiori quand ils s’humanisent sous le poids du remords. Doté d’un grain original et très personnel, l’instrument s’est étoffé, il a gagné en robustesse et le ténor américain confère une plénitude appréciable aux deux airs, splendides mais techniquement fort exigeants, que Zingarelli destine à Everardo.</p>
<p>Teobaldo, rival malheureux du jeune Montaigu, ne vit pas assez longtemps pour retenir l’attention, mais il a pour lui la prestance de <strong>Namwon Huh</strong>, charmant Tamino qui nous comblerait s’il ne prenait des risques inutiles dans une cadence qui excède ses moyens. Dommage que le suraigu de <strong>Rinnat Moriah </strong>(Matilda, nourrice de Juliette, mais qui pourrait être sa sœur) se rétrécisse autant et sonne si pointu, car ce soprano ultraléger et délié ne dispose, lui aussi, que d’un numéro pour convaincre. <strong>Terry Wey </strong>joue, hélas, les utilités en Gilberto, un emploi par trop inconsistant et terne pour mettre en valeur le divin ramage de cet alto melliflue et ductile à souhait. Deux ans après avoir assuré <em>in loco</em> la direction musicale du <em>Fetonte </em>de Jommelli, <strong>Felice Venanzoni </strong>retrouve les forces vives, mais en l’occurrence pas toujours disciplinées, du <strong>Philharmonisches Orchester Heidelberg</strong>, rejointes par celles du <strong>Chor des Theaters und Orchesters Heidelberg</strong>, solidement préparé par <strong>Ines Kaun </strong>et plus constant<strong>. </strong>Le chef, qui tient aussi la partie de <em>pianoforte</em>, tend habilement l’arc tragique, allège les textures et soigne les atmosphères (superbe <em>sinfonia </em>lugubre au III qui s’étend comme un linceul) en demeurant à l’écoute de solistes que l’acoustique du joli Rokokotheater ne favorise pas autant qu’on pourrait le croire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/giulietta-e-romeo-niccolo-antonio-zingarelli-schwetzingen-kangmin-justin-kim-un-romeo-visceral/">ZINGARELLI, Giulietta e Romeo — Schwetzingen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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