Harmonia Mundi propose cet automne tout un bouquet de rééditions d’enregistrements relativement récents, parmi lesquels l’Orfeo ed Euridice de Gluck. En 2001, passé depuis peu à la direction d’orchestre, René Jacobs avait eu à cœur d’enregistrer une œuvre dont il avait, vingt ans auparavant, laissé une version mémorable en tant que chanteur, sous la baguette de Sigiswald Kuijken. Curieusement, il n’eut pas recours à une voix de contre-ténor pour se substituer à Guadagni, le castrat qui avait créé le personnage à Vienne en 1762, mais à une mezzo. Jouant sur le registre de la tendresse plus que de la douleur, Bernarda Fink paraît excessivement pudique pour recréer une vocalité perdue, d’autant que la partition utilisée exclut tout ajout postérieur : pas de grand air de bravoure « Addio, miei sospiri » – « Amour, viens rendre à mon âme » en version française – à la fin du premier acte, qualifié par Jacobs de « compromis artistique désolant » qui introduirait une virtuosité déplacée, même si les reprises du « Che farò senza Euridice » s’enrichissent de quelques ornements raffinés, Gluck n’étant « en aucun cas un ‘fondamentaliste’ », nous dit le chef. L’Eurydice de Veronica Cangemi semble elle aussi bridée ; Maria Cristina Kiehr est un Amour adolescent qu’on voudrait plus espiègle. Et même si l’orchestre joue sur les contrastes et les changements d’atmosphère, le chant paraît un peu trop retenu pour arracher Gluck à la majesté néo-classique dont il peine encore à se départir à nos oreilles du XXIe siècle. Décidément, il est grand temps que Franco Fagioli grave ce rôle !
Retour d’un Orfeo tout en retenue
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Brève
29 septembre 2014
Retour d’un Orfeo tout en retenue
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