Dans la plupart des spectacles d’opéra, vous verrez pendant quelques heures des gens très beaux chantant très bien et qu’à la fin on applaudira très fort : ce sont les solistes. Vous verrez aussi un monsieur ou une dame remuant ses petits bras dans un trou, comme un noyé dans un puits. Et à la fin, il faudra aussi lui dire merci. C’est le chef. |
Il y également des gens qu’on ne voit pas pendant le spectacle, mais qui, l’opéra terminé, se présenteront à vous pour recueillir vos vivats. Quelque discernement s’impose : parmi eux, il y aura sans doute le metteur en scène. Le huer. Longtemps, j’ai vécu heureux dans cet univers peuplé de figures familières. Un lendemain de spectacle, j’ai |
reçu un courrier. Un monsieur que je ne connaissais pas me reprochait de ne pas avoir parlé du « Chœur » dans mon compte rendu. Je lui répondis vertement qu’en tant que chroniqueur mondain, je n’étais pas là pour mentionner les figurants. Seuls comptaient la diva et ses gros moyens. Il m’informa par retour de courrier que le « |
Chœur » ne joue pas les figurants, mais chante, joue, intervient. Je lui conseillai de consulter un spécialiste des hallucinations auditives et visuelles, et de me laisser en paix avec ces histoires de « Chœur », chorales et chorus : je devais achever ma nécrologie de Peter Schreier. Ces considérations mirent temporairement fin aux récriminations d |