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Adam Smith : « Je crois que Pinkerton est vraiment amoureux »

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Interview
4 juillet 2024
Adam Smith chante Pinkerton dans Madama Butterfly au Festival d’Aix-en-Provence à partir du 5 juillet prochain.

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Détails

Il est salué dans la presse people comme « le ténor dont tout le monde parle ». A moins de 40 ans, le britannique Adam Smith est en train d’enflammer toutes les scènes où il passe. L’éclat de sa voix, étrange mélange de vocalité anglaise et italienne, son physique athlétique et ses qualités d’acteurs lui assurent d’ores et déjà une place de choix dans le monde lyrique des années à venir. Il reprendra dans quelques jours le Pinkerton qu’il vient d’étrenner à San Diego, pour le plus grand bonheur des festivaliers d’Aix-en-Provence. 

Si vous deviez vous présenter en quelques phrases ?

Mon nom est Adam Smith. Je suis né dans le Nord de l’Angleterre. J’ai commencé par étudier le violon. J’ai commencé les cours de chant assez tardivement, à l’âge de 17 ans. Mes langues chantées de prédilection sont l’italien et le français. Parmi les rôles récents que j’ai aimé interpréter, je citerais Don José dans Carmen au Royal Opera House, Roméo dans Roméo et Juliette au Washington National Opera et Cavaradossi dans Tosca au Staatsoper de Hambourg. Je m’inspire de l’ancien style de chant italien, qui a été mon point d’ancrage dans ma quête artistique. Dans quelques jours, je vais faire mes débuts au festival d’Aix-en-Provence, dans Madama Butterfly de Puccini*.

Les Allemands utilisent le mot « Fach » pour caractériser une voix d’opéra. Quel est votre « Fach » ?

J’ai l’impression que ma voix est en constante évolution. Chaque jour est un nouveau défi pour la comprendre et pour l’aider à se développer. Je cherche à ce que mon chant ait l’éclat d’une trompette, mais la ligne et le phrasé d’un violon. Le système du « Fach » est parfois très utile, parfois restrictif. Je préfère considérer ma voix comme un instrument flexible capable d’interpréter de nombreux types de répertoire différents. Actuellement, je chante les rôles de ténor lyrique, mais je chante aussi un répertoire de spinto légèrement plus dramatique. Je chante surtout les rôles auquel je pense pouvoir rendre justice, sans nuire à ma voix.

Vous chantez dans au moins cinq langues différentes : italien, français, anglais, allemand et tchèque. Quelle est la langue dans laquelle vous vous sentez le plus à l’aise pour chanter ?

J’ai en effet chanté dans toutes ces langues et plus encore : le polonais et le russe. Comme je l’ai déjà dit, j’aime chanter en italien et en français, mais j’aime évidemment chanter aussi dans d’autres langues. Je m’intéresse à une partie du répertoire russe. J’aime découvrir les différentes couleurs que les différentes langues peuvent apporter à la voix, et j’aime étudier les langues étrangères. Outre l’anglais, je parle maintenant l’italien et le français, et je suis en train d’apprendre le russe.

Après vos débuts dans ce rôle à San Diego, vous reprenez Pinkerton de Madama Butterfly pour Aix-en-Provence dans quelques jours. Pensez-vous qu’il soit possible de rendre ce personnage sympathique pour le spectateur ?

Oui, je pense que c’est possible. A condition que le public ne vienne pas avec trop de préjugés. Je vois Pinkerton comme un jeune homme imparfait, qui se trouve confronté à un pays et à une culture qu’il ne connaît pas. Il apprend qu’il doit épouser une geisha, conformément à la tradition. Il y a plusieurs manières de voir les choses, mais je crois, en me basant sur la musique que Puccini a écrite, qu’il tombe réellement amoureux de Butterfly. Je cherche à donner de la profondeur au personnage, à montrer ses différentes facettes. S’il se montre arrogant et machiste dans ses échanges avec Sharpless, des aspects plus tendres de sa personnalité se font jour ensuite. Je me dis que le public vient voir une représentation d’opéra comme une œuvre d’art, comme s’il allait au musée. Je ne crois pas qu’il faille s’identifier aux personnages sur scène. Il faut simplement accepter de s’ouvrir à l’émotion.

Quels sont vos projets après cet été ?

Je débute la saison prochaine avec la prise d’un des rôles les plus excitants qu’il m’a été donné de chanter jusqu’à présent : Radames dans Aida à l’Opéra de Rouen. En travaillant la partition, j’ai découvert que Verdi allait probablement être un des compositeurs que je veux chanter le plus dans les années à venir. Il convient très bien à ma voix et j’apprends beaucoup en l’étudiant. Après cela, en novembre, je chanterai pour la première fois le Prince dans Rusalka de Dvorak au San Carlo de Naples aux côtés d’une distribution fabuleuse.

Ceux qui vous suivent doivent se contenter de brefs extraits sur YouTube ou sur votre site. Avez-vous des enregistrements audios ou vidéos prévus ?

Oui, un premier CD est prévu, mais je ne peux pas donner plus de détails pour le moment. Je me contenterai de dire qu’il s’agit d’une nouvelle étape importante que je suis heureux de franchir.

* La représentation du 13 juillet sera diffusée sur Arte en léger différé.

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