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	<title>Colin AINSWORTH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Colin AINSWORTH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Actéon&#124;Pygmalion — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/acteon-pygmalion-versailles-crime-et-chatoiement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Nov 2018 04:28:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tous les ans, les feuilles jaunissent en automne et l’herbe reverdit au printemps. Tous les ans, l’Opera Atelier Toronto vient présenter à Versailles l’une de ses productions, qui comblent d’aise les amateurs d&#8217;atours chatoyants et de gestuelle pseudo-baroque. Quelques décennies se sont écoulées depuis l’époque où l’on nous présentait le travail de Marshall Pynkoski comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tous les ans, les feuilles jaunissent en automne et l’herbe reverdit au printemps. Tous les ans, l’Opera Atelier Toronto vient présenter à Versailles l’une de ses productions, qui comblent d’aise les amateurs d&rsquo;atours chatoyants et de gestuelle pseudo-baroque. Quelques décennies se sont écoulées depuis l’époque où l’on nous présentait le travail de <strong>Marshall Pynkoski</strong> comme une tentative de reconstitution de ce que pouvaient être les spectacles du Grand Siècle, et l’on sait désormais que l’on a affaire à une esthétique certes composite mais finalement personnelle, qui associe des ingrédients fort divers en un tout agréable à défaut d’être toujours très homogène. Du côté des attitudes, un contrapposto systématique, des bras déployés, mais aussi des empoignades plus modernes d’aspect. Du côté des décors, des cadres sortis d’une tapisserie de haute lisse mais entourant des paysages qu’auraient pu brosser un peintre figuratif des années 1940, ou des architectures imaginaires dignes d’une revue habillée par Erté (et cette fois, en toute fin de parcours, un cœur géant et rayonnant, très <em>cartoon</em>). Du côté des costumes, tenue corsaire pour les messieurs, amples jupons froufroutants et bustiers <em>fifties</em> pour les  dames. Tout ça est un peu hétéroclite, mais c’est le style Pynkoski, où intervient parfois une pointe d’humour bon enfant. Et l’on ne saurait évidemment oublier l’indispensable présence du corps de ballet dirigé par <strong>Jeanette Lajeunesse Zingg</strong>, dont la chorégraphie picore également ici et là, d’inspiration globalement baroqueuse, mais qui inclut aussi des sauts et des bonds bien ancrés dans le XX<sup>e</sup> siècle. Cerise sur le gâteau, tout comme on a ajouté à l’ouverture d’<em>Actéon </em>un « Prélude H 514 » pour que la soirée paraisse moins courte, il a été jugé bon de faire précéder <em>Pygmalion </em>d’un préambule (<em>Inception</em> en anglais) durant lequel le violoniste <strong>Edwin Huizinga</strong> interprète une sorte de partita pour violon seul de sa composition, tandis que danse à ses côtés <strong>Tyler Gledhill</strong> déguisé en Cupidon. Qui sait ? Peut-être un jour le tandem Pynkoski-Zingg poussera-t-il l’audace jusqu’à associer une chorégraphie « contemporaine » à la musique des grands anciens.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="273" src="/sites/default/files/styles/large/public/3672-charpentier-acteon-rameau-pygmalio-diaporama_big-2.jpg?itok=um09HPPV" width="468" /><br />
	Finale d&rsquo;<em>Actéon</em> © DR</p>
<p>Justifié dans le programme comme représentatif d’attitudes opposées face à la transgression, tantôt châtiée, tantôt récompensée par les dieux, le rapprochement d’<em>Actéon</em> et de <em>Pygmalion </em>est pour l’Opera Atelier une première. Par-delà les divergences esthétiques et idéologiques, la réunion de ces deux opéras en un acte fonctionne en grande partie parce qu’elle repose sur le chanteur star de la troupe, <strong>Colin Ainsworth</strong>, ténor sonore, au physique juvénile et auquel la tessiture élevée du haute-contre à la française ne semble poser aucun problème. Une fois précisé que sa diction de notre langue est assez irréprochable, on comprend tout le prix de sa double incarnation des deux rôles-titres, et l’on en vient à regretter que Rameau ait laissé tant de place à la danse dans <em>Pygmalion</em>. A l’heure des saluts, une chanteuse paraît tout étonnée de l’accueil qui lui est réservé malgré la brièveté de ses interventions dans les deux œuvres : mais comment résister à l’opulence vocale d’<strong>Allyson McHardy</strong>, dont les nuances ambrées évoquent le souvenir de l’irremplaçable Lorraine Hunt ? On ne s’étonnera pas de redécouvrir qu’elle avait remporté Salle Favart un vif succès dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/plus-quune-simple-curiosite"><em>Amadis</em> de Jean-Chrétien Bach en 2012</a>, et l’on peste de ne pas entendre plus souvent en France cette magnifique artiste dont la carrière se déroule surtout outre-Atlantique. Diane d’abord, Amour ensuite, <strong>Mireille Asselin </strong>a déjà participé à plusieurs des productions de l’Opera Atelier Toronto : elle paraît cette fois un peu en-deçà de ses prestations antérieures, avec une justesse un peu aléatoire en fin de phrase. Méforme passagère, espérons-le. Désormais promue à des emplois de premier plan, <strong>Meghan Lindsay </strong>offre des couleurs vocales intéressantes, l’actrice a un certain tempérament, mais son articulation peut encore gagner en clarté. Comme nos amis canadiens se déplacent sans chœur, on salue le retour (dans la salle, pas sur scène) des excellents chanteurs du Chœur Marguerite Louise.</p>
<p>Dans la fosse,<strong> David Fallis </strong>ne réussit pas également les deux parties du spectacle. Sa manière de diriger l’habituel Tafelmusik Baroque Orchestra ne convainc guère dans Charpentier, et <em>Actéon</em> manque de nerfs, de dynamisme dans le phrasé. Il se rattrape avec Rameau, où la musique semble cette fois couler de manière plus naturelle, et où les danses adoptent des carrures plus franches.</p>
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		<title>CHARPENTIER, Médée — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/medee-versailles-trop-beau-le-strobo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 May 2017 03:31:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que pour sa mise en scène de Médée, Marshall Pynkoski use largement du stroboscope de préférence à la bougie, on ne le lui reprochera pas. Que les toiles peintes de Gerard Gauci évoque un Piranèse revu par Walt Disney, ou même carrément un paysage fantastique à la Tim Burton, on ne lui en fera pas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Que pour sa mise en scène de <em>Médée</em>, <strong>Marshall Pynkoski</strong> use largement du stroboscope de préférence à la bougie, on ne le lui reprochera pas. Que les toiles peintes de <strong>Gerard Gauci</strong> évoque un Piranèse revu par Walt Disney, ou même carrément un paysage fantastique à la Tim Burton, on ne lui en fera pas grief. Que les costumes de <strong>Michael Legouffe</strong> transforment tous ces messieurs en pirates des Caraïbes et parent les dames de robes taillés dans des tissus somptueux qu’on croirait empruntés à <em>La Bayadère</em> de l’Opéra de Paris, on ne s’en plaindra pas non plus. Non, ce qui gêne dans la production de l’unique tragédie lyrique de Charpentier présentée à Versailles par la troupe Opera Atelier Toronto, c’est l’alliance de deux modes de jeu difficilement compatibles : d’une part, une gestuelle empruntée à l’univers baroque, qui devient vite lassante par son caractère limité à deux ou trois mouvements récurrents (mains en l’air, en avant ou sur le côté), d’autre part, des attitudes empruntées à un théâtre psychologique « moderne » (corps qui s’effondrent, s’entrechoquent ou se plaquent aux murs…). On court beaucoup à travers la scène, parfois sans autre but que d’échanger les places entre les interlocuteurs. Médée remue beaucoup ses jupes, sans doute pour traduire son agitation intérieure, mais tout cela relève du procédé un peu trop flagrant et s’épuise vite. La chorégraphie de <strong>Jeannette Lajeunesse Zingg </strong>semble avoir déteint sur les chanteurs, dont certains sortent de scène avec des allures de ballerine ; agréable à regarder dans les divertissements, elle paraît néanmoins un peu fade lors de l’acte où Médée convoque les puissances infernales.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/top-left_1.jpg?itok=kWR_Azl9" title="© Bruce Zinger" width="468" /><br />
	© Bruce Zinger</p>
<p>Du côté des chanteurs, on commence aussi à bien connaître l’équipe d’Opera Atelier Toronto, pour les avoir entendus à Versailles dans <em>Persée</em> ou <em>Armide</em> au cours des saisons précédentes. D’une magicienne, l’autre : <strong>Peggy Kriha Dye</strong> enchaîne les rôles-titres et donne à Médée les mêmes atouts qu’elle apportait à Armide. Certes, on a pris l’habitude d’entendre l’héroïne de Charpentier confiée à des voix plus denses d&rsquo;authentiques mezzos (Sarah Connolly <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-confort-apres-le-coup-de-poing">à Londres</a>, Michèle Losier <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/de-la-musique-avant-toute-chose">au TCE</a>…), mais l’essentiel est de trouver une actrice apte à vivre son rôle avec l’ardeur nécessaire. Pas de problème de ce côté-là, la déclamation allant plus d’une fois jusqu’au cri, suivant les directives expressionnistes du metteur en scène. Seule la diction, pourtant travaillée, inclut encore quelques scories, surtout lorsque le débit s’accélère. <strong>Colin Ainsworth</strong> est un Jason au volume sonore appréciable, parfaitement à l’aise dans cette tessiture de haute-contre à la française ; il parvient en outre à conférer au personnage la mâle vigueur nécessaire au héros. <strong>Mireille Asselin </strong>est l’une des rares francophones de la troupe, et cela s’entend instantanément, malgré les efforts louables de ses partenaires en matière de prononciation ; à part au dernier acte, sa Créüse ne sort pas du cadre galant dans lequel le livret autorise à la borner, mais l’on apprécie chez elle la joliesse du timbre. <strong>Jesse Blumberg</strong> prête à Oronte une solide voix de baryton, et le Créon de <strong>Stephen Hegedus</strong> possède une belle noirceur.</p>
<p>Belle découverte avec le <strong>Chœur Marguerite Louise </strong>: bien que relégué hors scène comme c’est désormais trop souvent la pratique, cette jeune formation française parvient à conférer à son chant toute l’urgence dramatique qu’appelle la tragédie lyrique. Le <strong>Tafelmusik Baroque Orchestra</strong> accompagne toujours l’Opera Atelier lors de ses déplacements en France : on regrette que le chef <strong>David Fallis</strong> ait à nouveau fait le choix de couper le prologue, comme cela avait déjà été le cas pour <em>Armide</em>. Peut-être aussi, à certains moments, le continuo aurait-il gagné à être un peu allégé, mais il est heureux que notre répertoire trouve outre-Atlantique de tels défenseurs.</p>
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		<title>LULLY, Armide — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/armide-versailles-les-ailes-du-jihad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Nov 2015 04:57:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ah, la « sarabande pour le peuple de Damas », comme elle tombe à pic alors que Daech terrorise la planète ! Et comme il serait facile d’opposer une Armide kamikaze aux chrétiens entourant Renaud… Là n’est pas du tout le propos de l’Opera Atelier Toronto, on pouvait s’en douter, mais ce spectacle conçu en 2005 intègre malgré &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ah, la « sarabande pour le peuple de Damas », comme elle tombe à pic alors que Daech terrorise la planète ! Et comme il serait facile d’opposer une Armide kamikaze aux chrétiens entourant Renaud… Là n’est pas du tout le propos de l’<strong>Opera Atelier Toronto</strong>, on pouvait s’en douter, mais ce spectacle conçu en 2005 intègre malgré tout la dimension ethnique et religieuse de l’affrontement des deux camps (tout à fait absente du livret de Quinault), à travers les décors de <strong>Gerard Gauci</strong>, inspirés par l’univers des miniatures persanes, et les costumes de <strong>Dora Rust D’Eye</strong>, qui renvoient plutôt aux films de Bollywood. Au milieu de cet univers exotique, <strong>Marshall Pynkoski </strong>pratique sa démarche habituelle, fondée sur l’emploi de postures empruntées à une certaine esthétique baroque et sur le recours systématique au <em>contrapposto</em>, mais curieusement, il s’y mêle une gestuelle bien plus moderne, où les corps s’étreignent et s’empoignent comme ils ne l’auraient sans doute jamais faits sur une scène du temps de Louis XIV. De même, un certain naturalisme, à base de cris, chuchotements et autres exclamations ajoutées, jure étrangement avec la noblesse de la déclamation. Du point de vue de la langue, la troupe canadienne inclut principalement des anglophones, qui accomplissent un effort louable de prononciation, mais n’ont pas tous le même degré d’aisance dans notre idiome. On est d’abord surpris d’entendre une leçon de parfait français venir du chœur, jusqu’au moment où l’on découvre dans le programme qu’il n’a pas traversé l’Atlantique avec le reste de la troupe, mais n’est autre que celui des <strong>Chantres du Centre de musique baroque de Versailles</strong>. Relégués dans la fosse (encore !), ces jeunes chanteurs français sont répartis de part et d’autre du <strong>Tafelmusik Baroque Orchestra</strong>, d’où des décalages à la fin du premier acte. Est-ce au chef <strong>David Fallis</strong> qu’incombe en outre la responsabilité des coupes dans la partition ? Le prologue est entièrement supprimé – certes, il donne souvent du fil à retordre aux metteurs en scène –, mais l’acte IV est charcuté, comme c’est trop souvent le cas, et la séduction d’Ubalde par Mélisse disparaît, éliminant l’effet de symétrie avec le Chevalier danois fasciné par Lucinde.</p>
<p class="rtecenter"><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="218" src="/sites/default/files/styles/large/public/armide2.jpg?itok=tmNSKyzY" width="468" /><br /><font color="#000000">© Bruce Zinger</font></p>
<p>Du spectacle, on retient surtout l’omniprésence de la danse, y compris à des moments où elle n’est pas explicitement convoquée, avec une jolie idée, qu’il faut peut-être attribuer à la chorégraphe <strong>Jeanette Lajeunesse Zingg</strong> : si Quinault fait de la Haine un rôle chanté, l’Amour est ici un danseur (<strong>Tyler Gledhill</strong>), peu vêtu mais muni de grandes ailes, qui s’attache à Armide et subit le sort prévu par le livret lorsque la Haine dit « Rompons ses nœuds, déchirons son bandeau, Brûlons ses traits, éteignons son flambeau ». Quant aux voix, on retrouve ici plusieurs de celles qui participaient au <em>Persée</em> présenté dans ce même théâtre <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/pour-qui-sont-ces-serpents">en mai 2014</a>. <strong>Peggy Kriha Dye</strong> brille une fois encore par ses grandes qualités dramatiques, Armide véhémente et torturée sur qui l’œuvre repose en grande partie. Ses deux suivantes, <strong>Carla Huhtanen </strong>et <strong>Meghan Lindsay</strong>, tiennent dignement leur rôle, malgré parfois un léger manque de projection et de clarté dans la diction. Avec <strong>Colin Ainsworth</strong>, Renaud trouve un titulaire au français excellent et à la voix souple et claire, qui se voit conférer un peu plus de musique à chanter puisqu’à l’acte V, le héros lui-même interprète la musique confiée par le livret à « un Amant fortuné ». Hidraot bénéficie du timbre sombre de <strong>Stephen Hegedus</strong>, mais les autres voix graves sont bien moins satisfaisantes. <strong>Daniel Belcher</strong> s’adonne au plus abominable <em>malcanto</em> dans le rôle de la Haine, dont il glapit ou rugit la moitié des notes. En Artémidore, <strong>Olivier LaQuerre</strong> semble franchement en difficulté dans l’aigu, et lorsqu’il revient en Ubalde, il abuse des hurlements « comiques » censés exprimer la terreur qu’éprouve le chevalier au milieu des monstres. Le ténor <strong>Aaron Ferguson </strong>ne vaut guère mieux, avec une voix très mince, d’opérette plus que de tragédie lyrique.</p>
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		<title>Castor et Pollux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/castor-et-pollux-le-clerge-de-rameau-senrichit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2015 06:33:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un Hippolyte et Aricie en 2012 et un Dardanus en 2013 présentés à Beaune, la qualité de ramiste à part entière a été en quelque sorte institutionnalisée pour Raphaël Pichon en 2014, année de la célébration du deux-cent-cinquantième anniversaire de la mort du compositeur, avec les innombrables invitations qui lui furent adressées pour un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après un <em>Hippolyte et Aricie </em>en 2012 et un <em>Dardanus </em>en 2013 présentés à Beaune, la qualité de ramiste à part entière a été en quelque sorte institutionnalisée pour <strong>Raphaël Pichon</strong> en 2014, année de la célébration du deux-cent-cinquantième anniversaire de la mort du compositeur, avec les innombrables invitations qui lui furent adressées pour un <em>Castor et Pollux </em>dont cet enregistrement est un écho. Il s’agit du <a href="http://www.forumopera.com/castor-et-pollux-version-1754-montpellier-castorama-style-regence">concert donné en juillet à l’occasion du Festival de Radio France Montpellier-Languedoc-Roussillon</a>. Même si la controverse n’est pas close, la majorité des musicologues se prononcent en faveur de la supériorité de la deuxième version, celle réalisée par Rameau en 1754, dix-sept ans après la première. La découverte en 2013 d’un manuscrit de 1753 – où, dans quelles conditions, le livret trilingue (français, anglais, allemand) ne le dit pas – présente pour Raphaël Pichon l’intérêt de précisions inédites relatives à l’instrumentation qui contribuent à une approche toujours plus exacte de la musique de Rameau. Cependant, en l’absence d’autres indications on ignore pourquoi la loure de l’acte IV a disparu, de même que l’air final de Castor, à l’acte V, qui répond à la célébration de l’amitié par Pollux à l’acte III, alors que l’air de Phébé de l’acte V, version 1737, a été rétabli.</p>
<p>A la première écoute l’impression dominante est celle de la recherche, à la fois quête et raffinement, dans la fidélité au texte, à son esprit, à son contexte. Comme si les exécutants, direction et musiciens confondus, devaient se conformer à un idéal par une pratique qui s’efforcerait d’être la plus fidèle possible aux techniques mais aussi à la signification et à la mentalité que nous avons appris à associer  aux formes mêmes de cette musique. D’où, au-delà d’une recherche méticuleuse d’exactitude formelle un souci presque obsessionnel de ne rien outrer car cela serait incompatible avec l’élégance constante de la musique de Rameau. Que les lignes aient la noblesse du sentiment ou la délicatesse d’un profil, jamais elles ne s’emballent et quand elles s’animent elles restent toujours ordonnées. Obsession formelle ou pudeur profonde, il y a dans cette exécution un quant-à-soi qui exclut l’emphase, même la plus légère. Le climat douloureux de pièces comme le chœur « Que tout gémisse »  s’en trouve un rien atténué, car l’aspect cérémoniel créé par la lenteur temporelle met l’émotion à distance.  Est-ce entièrement dû à la direction ? Peut-être à cause de la prise de son, le relief des instruments de premier plan est net sans agressivité quand ceux de l’arrière-plan semblent parfois sonner comme nimbés d’une poudre qui donne à certains passages une atmosphère de pastel un peu surannée. Les musiciens de l’ensemble <strong>Pygmalion</strong> peuvent en tout cas s’enorgueillir d’une prestation extrêmement nuancée, du murmure à la symphonie, et singulièrement brillante dans les airs guerriers ou les apparitions, véritables bijoux d’orfèvre qui allient matière précieuse et exécution ciselée ! La même qualité indiscutable se retrouve chez les choristes, dans la déploration ou l’allégresse, homogènes et précis jusque dans les polyphonies les plus complexes.</p>
<p>La distribution mêle invités et partenaires réguliers de <strong>Raphaël Pichon</strong>. En grand prêtre de Jupiter <strong>Virgile</strong> <strong>Ancely</strong>, dont la voix de basse semble plutôt claire, fait montre d’une excellente articulation. <strong>Christian Immler </strong>a la même clarté d’élocution et campe un Jupiter noble sans ostentation. Le ténor <strong>Philippe Talbot </strong>est tour à tour un Athlète, Mercure et un Spartiate. Dans l’air de bravoure « Eclatez, fières trompettes » dévolu au premier, pur exercice de virtuosité destiné à clouer le bec aux Bouffons, la tension perceptible des aigus affaiblit l’impact de la démonstration. A <strong>Sabine Devieilhe</strong> échoient successivement Cléone, une Ombre heureuse et une suivante d’Hébé. La première est fraîche et fruitée, les deux autres d’abord étrangement pointue (« Voici des Dieux ») sans que l’on s’explique cette bizarrerie quand on connaît l’extension vocale de l’interprète, puis suavement exquise (« Que nos jeux »). <strong>Clémentine Margaine</strong> pose d’emblée une Phébé au timbre sombre et charnu, au registre aigu  légèrement contraint, sans que cela nuise à l’expressivité dramatique. Dans les injonctions aux esprits infernaux « Esprits soutiens de mon pouvoir » elle semble peiner à contenir l’ampleur de sa voix. Sa rivale heureuse trouve en <strong>Emmanuelle de Negri</strong> une interprète rompue au style et à la grammaire ramiste dont le chant très policé peut devenir vibrant. Néanmoins cette haute résolution technique dont « Tristes apprêts » offre un exemple éclairant peine parfois à toucher, peut-être à cause de cette retenue que nous attribuons à Raphaël Pichon. Bien décevant le Castor de <strong>Colin Ainsworth</strong> : sont-ce ses limites dans l’aigu qui ont entraîné la suppression de son air final « Tendre amour » ? Etait-il dans une soirée de méforme ? La lecture est minutieuse, les intentions expressives marquées jusque dans la moindre appoggiature, mais le timbre est pauvre en harmoniques, la résonance faible et quand il devrait briller  comme dans « Quel bonheur règne dans mon âme », l’éclat fait malheureusement défaut. Ces déficiences se notent d’autant plus que Pollux a la voix sombre et sonore de <strong>Florian Sempey</strong>, solennel jusqu’à frôler l’emphase dans « Présent des Dieux », affecté d’un vibrato un rien désuet, mais capable dans la reprise de diminuandi suivis d’un crescendo qui comblent, tant par la plénitude de la voix que par l’art du chanteur.</p>
<p>Christophe Rizoud disait dans <a href="/dardanus-bordeaux-rameau-reinvente-par-michel-fau">un récent compte rendu</a> tout le bien qu’il pensait de <em>Dardanus </em>dirigé par Raphaël Pichon à Bordeaux. Cet enregistrement de <em>Castor et Pollux </em> confirme sans le moindre doute la place conquise par ce chef et son ensemble dans le clergé de Rameau.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/castor-et-pollux-le-clerge-de-rameau-senrichit/">Castor et Pollux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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