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	<title>Fabrice ALIBERT - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Fabrice ALIBERT - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Mateo, opéra tango à Monaco</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/mateo-opera-tango-a-monaco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Sep 2025 09:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre du Fort Antoine à Monaco proposera le weekend prochain trois représentations de Mateo, un opéra du compositeur argentin Martín Palmeri, mis en scène par Carlos Branca et dirigé par l&#8217;auteur. Martín Palmeri est notamment connu pour sa Misa a Buenos Aires, également connue sous le nom de Misatango, créée en 1996 et régulièrement reprise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Théâtre du Fort Antoine à Monaco proposera le weekend prochain trois représentations de <em>Mateo</em>, un opéra du compositeur argentin <strong>Martín</strong> <strong>Palmeri</strong>, mis en scène par <strong>Carlos</strong> <strong>Branca</strong> et dirigé par l&rsquo;auteur. Martín Palmeri est notamment connu pour sa <em>Misa a Buenos Aires</em>, également connue sous le nom de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=pIFPovw8iGk"><em>Misatango</em></a>, créée en 1996 et régulièrement reprise depuis dans de nombreux pays, notamment par des chorales d&rsquo;amateurs. Créé en 1999 et proposé ici par la compagnie <em>La Corde à bulles</em>, <em>Mateo</em> conte l&rsquo;histoire d&rsquo;un charretier confronté à la modernisation de l&rsquo;Argentine en pleine révolution industrielle du début du XXe siècle, et attaché à son cheval, celui-ci donnant son nom à l&rsquo;ouvrage. Le style musical se rapproche de l&rsquo;opéra vériste, avec une dose d&rsquo;humour complémentaire et, bien sûr, des rythmes de tango. La distribution est composée d&rsquo;excellents chanteurs lyriques (<strong>Fabrice</strong> <strong>Alibert</strong>, <strong>Matthieu</strong> <strong>Lécroart</strong>, <strong>Charlotte</strong> <strong>Bonnet</strong>, <strong>Diego</strong> <strong>Godoy</strong>, <strong>Simona</strong> <strong>Caressa</strong> et <strong>Rémy Mathieu</strong>) de deux danseurs, d&rsquo;un quintette à cordes, d&rsquo;un pianiste, de deux bandonéonistes et d&rsquo;un chœur. Le spectacle sera donné en version espagnole originale surtitrée. Les représentations auront lieu les 12, 13 et 14 septembre à 20h. L&rsquo;amphithéâtre est en plein air et donne face à la mer (température annoncée : 20° !). Tarifs : 20 et 30 €. <a href="https://my.weezevent.com/mateo-opera-tango">Réservations ici</a>.</p>
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		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 07:08:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rusalka est entré tard au répertoire des théâtres français (1982 à Marseille) ; il a fallu attendre cette saison pour que le Grand Théâtre de Bordeaux fasse à l’ondine mystérieuse les honneurs de ses lustres. C’est donc chose faite avec cette co-production (Marseille, Nice, Avignon, Toulon) due à Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeil, et déjà &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rusalka est entré tard au répertoire des théâtres français (1982 à Marseille) ; il a fallu attendre cette saison pour que le Grand Théâtre de Bordeaux fasse à l’ondine mystérieuse les honneurs de ses lustres. C’est donc chose faite avec cette co-production (Marseille, Nice, Avignon, Toulon) due à <strong>Jean-Philippe Clarac</strong> et <strong>Olivier Deloeil</strong>, et déjà chroniquée <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-avignon/">en Avignon</a>. Le prérequis indispensable pour apprécier ce spectacle consiste à faire son deuil de toute la poésie du conte qui en est à l’origine. Jaroslav Kvapil, jeune écrivain tchèque et futur directeur du Théâtre National à Prague avait écrit un texte, que Dvořák allait reprendre quasiment tel quel, à l’occasion d’un de ses voyages à l’île de Bornholm, au pays d’Andersen. Les contes quelque peu fantastiques d’Erben et de Božena Němková avaient fortement impressionné le jeune poète qui eut l’idée de cette ondine Rusalka qui rêve de découvrir l’amour des hommes.</p>
<p>Mais ici, point de lac mystérieux, de sorcière, de bois enchantés, de princesse étrangère, d’esprit des eaux. A la place un fond de piscine vidée de son eau, les gradins pour les spectateurs, des nageuses de natation synchronisée, dont l’héroïne elle-même, l’entraîneur bourru (Vodnik en l’occurrence) qui tient plus de Michel Polnareff ou de Philippe Lucas (l’entraîneur de Laure Manaudou) que de l’esprit des eaux, et enfin une femme de ménage en guise de sorcière. Le tout assorti de projections vidéos constantes qui illustrent le propos (parfois lourdement comme à l’entame du deuxième acte où nos jeunes nageuses sont filmées se préparant à entrer dans l’eau et expliquant  en voix enregistrées combien il leur pèse de devoir se faire belles avant chaque compétition).</p>
<p>Dit comme ça, il n’est pas sûr que cela donne envie, et pourtant ! Une fois fait abstraction de l’histoire originelle et si l’on accepte d’entrer dans celle, parallèle en quelque sorte, voulue par les deux metteurs en scène, on découvre un projet intéressant et plutôt dans l’air du temps, consistant à dévoiler les dessous des sports de haute compétition et particulièrement pour les jeunes femmes. La compétition, le devoir de perfection, l’injonction à la féminité, la violence, l’influence, l’emprise (le Prince ici est le propriétaire du club et va quasiment violer Rusalka sur le bord du bassin), autant de travers savamment mis en scène dans une histoire qui se tient d’un bout à l’autre. En voici un rapide digest : Rusalka veut quitter le milieu d’ultra compétition ; amoureuse du propriétaire du club, elle se fait conseiller par la femme de ménage (Ježibaba), donne rendez-vous au jeune homme au bord de la piscine mais se fait violenter par lui. Celui-ci la délaisse très vite pour la princesse étrangère qui le quitte tout aussi rapidement. Voulant séduire à nouveau Rusalka (acte III), il se fait harponner (!) par celle-ci et meurt peu glorieusement.</p>
<p>Les décors ultra réalistes des metteurs en scène (on est loin de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rusalka-toulouse-lopera-cest-dabord-la-negation-du-reel/">l’univers fantastique de Stefano Poda</a>) sont très habilement utilisés et servent un jeu d’acteurs probant et, au final, contribuent à une démonstration efficace et finalement convaincante du propos.</p>
<h6><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rusalka_ONB2023_©EricBouloumie-06112023-1215-1294x600.jpg" alt="" width="738" height="342" />                                                                                  © Eric Bouloumié</h6>
<p style="text-align: left;">On retrouve l’orchestre National de Bordeaux Aquitaine dans une belle forme. Le chef vénézuélien <strong>Domingo Hindoyan</strong> s’implique avec énergie, écoute ses chanteurs. On apprécie la diversité de l’orchestre de Dvorak et particulièrement des bois élégants. La poésie qui manque sur scène resplendit dans la fosse et c’est tellement appréciable.</p>
<p>Le quintette vocal est dans l’ensemble de bonne tenue, avec des nuances à apporter. La soprano arménienne <strong>Ani Yorentz Sargsyan</strong> remplace Critina Pasaroiu, initialement programmée dans le rôle-titre. La grande instabilité de sa voix rend le jugement délicat. Son entrée fait craindre une puissance insuffisante et il s’avèrera que c’est le bas de la gamme qui pèche. La reprise (<em>piano</em>) de la prière à la lune est presque détimbrée et l’entame du III trop peu chantée. En revanche les <em>forte</em> sont aisés, clairs et le timbre possède de jolis reflets. La technique est donc encore perfectible ; louons en revanche la présence sur scène et un jeu convaincant. Le Prince est tenu par le ténor croate <strong>Tomislav Mužek</strong> et c’est une belle découverte ; le ténor est clair, lumineux parfois, la descente vers les graves plus incertaine et la projection convient dans une salle aux dimensions limitées comme celle de Bordeaux. La Princesse étrangère fait figure également de belle surprise. <strong>Irina Stopina</strong> recueillera des applaudissements enthousiastes et mérités. Son entrée au II est particulièrement réussie et spectaculaire, lorsqu’elle parvient à surmonter les flots de l’orchestre. Elle joue magnifiquement les femmes fatales…curieusement affublée d’un bonnet de natation qui sied très peu avec les deux robes de soirées qui la mettent particulièrement en valeur. Vodnik-Polnareff-Lucas est le Polonais <strong>Wojtek Smitek</strong> qui réussit à nous émouvoir dans son « Běda ! Běda ! » au II. La basse est fournie et solide. Enfin il faut saluer la Ježibaba de <strong>Cornelia Oncioiu</strong> qui, en guise de sorcière, campe une femme de ménage énergique et à la voix bien placée. Il est important de noter que les seconds rôles n’ont pas été négligés. Il n’y a à dire que du bien de l’engagement et de l’authenticité de <strong>Mathilde</strong> <strong>Lemaire</strong>, <strong>Julie</strong> <strong>Goussot</strong> et <strong>Valentine</strong> <strong>Lemercier</strong> (les trois nymphes) ainsi que de <strong>Clémence</strong> <strong>Poussin</strong> et <strong>Fabrice Alibert</strong>, respectivement cuistot et chasseur. Un coup de chapeau également aux chœurs qui réalisent, sous la direction de <strong>Salvatore Caputo</strong>, justement salué, un sans-faute dans une langue peu habituelle.</p>
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		<title>DVOŘÁK, Rusalka — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rusalka-toulouse-lopera-cest-dabord-la-negation-du-reel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Oct 2022 04:00:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rusalka fait l’ouverture de la saison au Théâtre National du Capitole ainsi que son entrée au répertoire à Toulouse. Nouvelle production (en réalité co-production avec The Israeli Opera Tel-Aviv-Yafo) et deux prises de rôles, dont le rôle-titre, voilà qui rendait cette première attendue. La réussite est époustouflante sur le plan visuel : Stefano Poda, dont l&#8217;Ariane &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Rusalka</em> fait l’ouverture de la saison au Théâtre National du Capitole ainsi que son entrée au répertoire à Toulouse. Nouvelle production (en réalité co-production avec The Israeli Opera Tel-Aviv-Yafo) et deux prises de rôles, dont le rôle-titre, voilà qui rendait cette première attendue. La réussite est époustouflante sur le plan visuel : <strong>Stefano Poda</strong>, dont l&rsquo;<em>Ariane et Barbe Bleue</em> du Capitole avait été primé en 2019, gagne sans l’ombre d’une hésitation son pari d’une proposition à la fois fidèle au texte et capable de nous transporter. On le doit en grande partie à la conception artistique globale qu’il expose (il a conçu lui-même décors, costumes, éclairages, chorégraphies et mise en scène) et à sa volonté, affichée de toujours, de refuser l’actualisation systématique des œuvres sur lesquelles il réfléchit. Il le dit clairement et en fait comme une devise : l’opéra c’est d’abord la négation du réel, et c’est de ce fait la possibilité offerte au spectateur de quitter ses propres repères et de se laisser transporter dans un autre univers.</p>
<p>Il faut dire que l’histoire de <em>Rusalka</em>, celle d’une créature à mi-chemin entre la petite sirène d’Andersen et l’ondine de la Motte-Fouquet, se mouvant entre deux mondes hostiles l’un à l’autre (celui du lac et celui, corrompu, de la terre ferme) se prêtait aisément à ce dépaysement du spectateur. La magie visuelle opère immédiatement et tient les trois heures durant. On se plaît à savourer une esthétique travaillée et on ne reculera pas devant l’emploi du substantif qui nous semble correctement résumer l’effet visuel : la beauté du spectacle. Alliée il faut le dire à la prouesse technique des équipes du théâtre du Capitole qui ont reconstitué le lac, matrice originelle et ultime, lieu de naissance et de mort, qui couvre la quasi intégralité de la scène. Une sorte de fosse est même reconstituée où plongent les uns après les autres les habitants du lac. Ondins, ondines et dryades, omniprésents, mais aussi Vodnik, le père malheureux de Rusalka, évoluent en permanence dans l’eau, y plongeant littéralement au risque, pour Vodnik, d’y perdre sa moustache…</p>
<p>Au premier acte nous sommes surtout dans le monde de l’éclat, de la blancheur, mais aussi de la froideur, un monde parfaitement onirique où la poésie affleure en permanence comme cette lune enceinte de la Vie, descendue des nuées pendant  le célèbre <em>Měsičku na nebi hlubokém</em>, superbe incantation de Rusalka, qui reste aujourd’hui l’aria le plus célèbre de la pièce.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="311" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/_dsc1382_-_credit_mirco_magliocca.jpg?itok=xmkGopji" width="468" /><br />
	© Mirco Magliocca</p>
<p>Seule dans ce premier acte, Ježibaba la sorcière, toute de noire vêtue et surtout dépourvue de cheveux, annonce par sa personne-même que le monde ne saurait se résumer à cette candeur paradisiaque. Le Prince quant à lui arrive accompagné du garde-chasse, son parfait sosie, absolument étranger à ce monde qu’il ne fait que littéralement contourner sans en comprendre la finalité, et encore moins la poésie.</p>
<p>Le contraste avec le II est brutal – on pourra du reste trouver le trait un peu appuyé dans la mise en perspective des deux décors : à la poésie du I, l’esthétisme travaillé, succède au II l’uniformité du monde de la technologie. Plus de parois de verre mais des panneaux bardés de circuits imprimés. Le monde d’ici-bas est sale (le garde-chasse et le marmiton entasse les ordures dans d’innombrables sacs poubelles, méticuleusement enlevés avant l’arrivée du Prince et de Rusalka), sous contrôle, les humains, sosies les uns des autres, se déplacent comme des robots. Pendant le bal, les danseurs n’esquissent que des pas et des gestes robotisés. Comment Rusalka, dans cet univers, pourrait-elle survivre ? Comment la poésie survivrait-elle dans notre monde saccadé de relations humaines stériles, ou qui ne conduisent qu’à la mort ? La poésie achoppe et montre ses limites dans sa capacité à renverser les valeurs ; le mutisme de Rusalka, qui ne retrouvera la voix qu’en s’adressant à un pair (son père en l’occurrence !) c’est, au-delà de l’incommunicabilité de deux univers, allégoriquement l’impuissance de la poésie face à la force destructrice de ce monde.</p>
<p>Au troisième acte, nous retrouvons l’univers du lac, mais cette fois-ci il est souillé. On y ramasse là aussi quelques déchets et la mort y rôde ; Stefano Poda propose une conclusion plus ouverte que le livret de Jaroslav Kvapil et laisse entrevoir une possibilité de rédemption du Prince, qui pourrait se sauver en sauvant Rusalka. Qu’importe ?</p>
<p>Poda récolte au baisser de rideau les saluts enthousiastes du public et ce n’est que justice. L’autre belle ovation est pour le Vodnik d’<strong>Aleksei Isaev</strong>, qui fait ses débuts à Toulouse. Saluons tout d’abord sa capacité à être en permanence dans ou sous l’eau !</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="263" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/_dsc2890_-_credit_mirco_magliocca.jpg?itok=IUa4Jasl" width="468" /><br />
	© Mirco Magliocca</p>
<p>Il apporte surtout une chaleur tellement bienvenue : son <em>Běda ! Běda !</em> au II est de toute beauté, cri du cœur empreint de tout l’amour qu’un père peut porter à sa fille qu’il voit se perdre. Cette chaleur, on la trouve également dans le chant de la Princesse étrangère, si bien portée par <strong>Béatrice Uria-Monzon</strong> dont c’était là la prise de rôle ; partition trop courte sans doute pour lui permettre de donner la pleine mesure, mais elle figure remarquablement la séductrice, usant de tous ses charmes pour conquérir un Prince ma foi bien peu enthousiaste. Le Prince, c’est <strong>Piotr Buszewski</strong>, ténor polonais qui fait ses débuts au Capitole dans un rôle qui lui avait permis d’obtenir son Prix de l’Academy of Vocal Arts de Philadelphie. Ce soir, la voix est froide et le chant tarde à s’épanouir ; la puissance y est mais pas la force de conviction ou de séduction. Ce sont étonnamment les mêmes réserves que nous aurons pour <strong>Anita Hartig</strong> qui inaugure le rôle de Rusalka ce soir. La tension d’un soir de première est palpable tout au long du I ; même au chant à la lune il manque le legato, la douceur qui doivent faire de cette prière une sorte de berceuse, tout au moins dans sa première partie. Ce n’est qu’au III que la voix commence à se libérer (le <em>Necitelná vodní moci</em> est paré de belles nuances). <strong>Claire Barnett-Jones</strong> est une Ježibaba plus frondeuse que sorcière et peine à nous effrayer. Mais le timbre plaît, quoiqu’un peu clair pour le rôle. Seconds rôles très corrects campés par <strong>Fabrice Alibert</strong> (Chasseur et Garde forestier) et <strong>Séraphine Cotrez</strong> (Marmiton) mais une mention toute particulière aux trois nymphes (<strong>Valentina Fedeneva</strong>, <strong>Louise Foor</strong> et <strong>Svetlana Lifar</strong>) à la présence et aux voix troublantes à souhait. Remarquons aussi les chœurs à la diction précise (autant que nous puissions en juger) et un orchestre national du Capitole qui renoue avec <strong>Frank Beermann</strong> ; on sent l’orchestre à l’aise aussi dans ce répertoire qu’il ne côtoie pourtant pas régulièrement.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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