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	<title>Dinara ALIEVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Dinara ALIEVA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, La Bohème — Moscou (Bolchoï)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moscou-bolchoi-des-guenilles-de-haute-couture/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Max Yvetot]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Feb 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Murger, Puccini et Aznavour ont contribué à donner à la vie de bohème un attrait universel, laissant vite de côté la misère pour s’intéresser surtout à tout ce qui fait le charme de cette jeunesse sans-le-sou : camaraderie, art, liberté, amour… La mise en scène de Jean-Romain Vesperini au théâtre du Bolchoï pousse ce penchant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Murger, Puccini et Aznavour ont contribué à donner à la vie de bohème un attrait universel, laissant vite de côté la misère pour s’intéresser surtout à tout ce qui fait le charme de cette jeunesse sans-le-sou : camaraderie, art, liberté, amour… La mise en scène de <strong>Jean-Romain Vesperini</strong> au théâtre du Bolchoï pousse ce penchant un cran plus loin en faisant de l’opéra un vrai défilé de mode, laissant penser que la bohème est passée du statut de guenilles à celui de haute couture. Le deuxième acte, censément dans le quartier latin puis au café Momus, est une véritable effervescence de laquelle jaillit, entre autres et dans le désordre, un ours, un prestidigitateur, une femme coiffée d’un oiseau, toute une foule bariolée dominée par la figure de Musetta, conduisant un caniche impeccablement peigné.</p>
<p dir="ltr">Ce luxe foisonnant a néanmoins le mérite certain de donner au deuxième tableau, moins prodigue en airs, plus de caractère ; au point même de devenir, de façon intéressante, le cœur de l’opéra, comme un climax de gaieté, d’insouciance et d’amour entre deux chapitres caractérisés par une vie de bohème autrement plus authentique (même si, bien sûr, cette bohème a la beauté léchée d’une carte postale). Ce deuxième tableau culmine en outre, avant l’entracte, avec la prestation assez bluffante de la Musetta d’<strong>Anna Aglatova</strong>, débordant de panache et d’assurance pour gagner l’attention de tous : sur le plan visuel, comme sur le plan acoustique, avec une voix aussi sensuelle qu’incisive. Le Marcello du baryton <strong>Igor Golovatenko</strong>, excellent tout au long du spectacle, timbre chaud et belle projection, trouve là une occasion supplémentaire de briller. </p>
<p dir="ltr">Ce deuxième tableau ressort d’autant plus que le premier, dont les airs sont si attendus, déçoit relativement. Le décor est joliment classique et astucieux, mais le chant de Rodolfo, interprété par <strong>Iván Ayón Rivas</strong>, se noie dans l’orchestre au moment justement où l’on voudrait tendre l’oreille. Mais le premier prix du concours Operalia 2021 se révèle pour le « O soave Fanciulla », dont les éclats montrent que, s’il se laissait dépasser par l’orchestre, ce n’était pas par manque de puissance. A partir de là, et notamment dans les scènes finales, son chant sera beaucoup plus assuré. On ressent une même première réserve pour la Mimi de <strong>Dinara Alieva</strong>, pilier du théâtre Bolchoï, qui s&rsquo;appuie excessivement sur son vibrato, pour ensuite, notamment au dernier tableau, révéler un chant beaucoup plus nuancé. Le duo final de Rodolfo et Mimi, élan amoureux des ultimes retrouvailles, est même scotchant d’émotion. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/dinara_alieva_mimi.jpg?itok=B_-Zq_wG" title="Mimi (Dinara Alieva) © Damir Yousoupov" width="432" /><br />
	Mimi (Dinara Alieva) © Damir Yousoupov</p>
<p dir="ltr">Une chose ne surprend ni ne déçoit à aucun moment : l’orchestre du théâtre Bolchoï sous la baguette de <strong>Tugan Sokhiev</strong>. La partition est magnifiquement interprétée, expressive sans tomber dans l’excès, sautillante dans les passages de camaraderie, scintillante dans les scènes d’amour, festive et tonitruante au deuxième acte. Chapeau !</p>
<p dir="ltr"> </p>
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		<title>DVOŘÁK, Rusalka — Moscou</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rusalka-moscou-quand-le-pere-detrone-le-prince/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Max Yvetot]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2020 21:21:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour un premier retour au “direct”, la Rusalka du Bolchoï, entrée au répertoire de la maison seulement en 2019, ne manque pas de bonnes surprises. La première, qui se déploie tout au long du spectacle, réside dans l’étonnant mélange de classicisme et de modernité de la mise en scène de Timofei Kulyabin. Le spectateur coutumier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Pour un premier retour au “direct”, la <em>Rusalka</em> du Bolchoï, entrée au répertoire de la maison seulement en 2019, ne manque pas de bonnes surprises. La première, qui se déploie tout au long du spectacle, réside dans l’étonnant mélange de classicisme et de modernité de la mise en scène de <strong>Timofei Kulyabin</strong>. Le spectateur coutumier du Bolchoï a le réconfort de découvrir, au premier acte, un décor de forêt tout droit sorti de l’imaginaire romantique, planté d’arbres aux branches nues qui se tordent sur des massifs de pierre au-dessus d’une cascade, habitée de dryades vêtues de tulle bleue et d&rsquo;une sorcière à la cape blanche et moutonneuse. Un espace-temps s’ouvre lorsque Rusalka devient humaine et perd sa voix : elle réapparaît sur cette même cascade, enfoncée dans un fauteuil de cinéma bleu pétant, picorant du pop corn et sirotant un soda avec une paille, face au public. La première leçon de Rusalka sera donc que la vie humaine n’est pas un autre conte de fée, ponctué de princes et de palais, mais une plongée dans une modernité moins canoniquement romantique. Mais l’apprentissage de Rusalka ne s’arrête pas là. Son mariage avec le prince se trame dans les coulisses d’un palais de marbre rose, avec une petite fontaine décorée d’une ondine en plâtre (où le spectateur a l’impression, soit dit en passant, d’être égaré dans les couloirs d’un opéra). Le ballet du deuxième acte est le défilé d’une <em>jet set</em> très au parfum des années 2020 (et au goût de Moscou). Rusalka, tristement gauche dans sa robe de mariée, comprend alors que l’être humain est cruellement social, qu’il ne suffit donc pas d’avoir un corps, voire une âme, pour intégrer sa société, mais qu’il faut en maîtriser les codes ! La rupture entre les mondes réel et fantasmagorique est désormais consommée. Les chanteurs retrouvent au troisième acte leurs costumes folkloriques et leur décor de forêt, sous lequel, à la place de la cascade, un double humain de Rusalka se meurt, allongé sur un lit d’hôpital, derrière un rideau de pluie. A l’instar du dédoublement imaginé par <strong>Robert Carsen</strong> pour sa mise en scène à l’Opéra de Paris, Timofei Kulyabin installe deux plans parallèles, mais imperméables : aux chanteurs de la forêt, juchés sur leurs rochers, répondront de façon synchrone des acteurs errant dans des couloirs d’hôpitaux, comme pour souligner le parallèle, et la fracture, entre un monde féérique, plein de chant et de poésie, et un monde réel, silencieux et prosaïque.</p>
<p dir="ltr">Mais les surprises concernent également le chant, où les excellents passages ne sont pas toujours ceux que l’on attend. L’ode à la lune de la soprano <strong>Dinara Alieva</strong> laisse sur sa faim : point de délicates modulations, de <em>diminuendi</em>, de petits soupirs de velours ; sa voix semble taillée dans un même bloc. Mais ce bloc est un solide appui dont elle se sert de façon convaincante pour s’emporter à la fin du deuxième acte, au terme d’un mariage dont elle sort humiliée, ou dans les airs plus sombres et solennels du troisième acte, comme si sa voix s&rsquo;acclimatait davantage au drame qu’à la romance. <strong>Oleg Dolgov</strong> manque également de nuances pour exprimer les tiraillements du prince, viscéralement attaché à Rusalka mais charnellement aimanté par la princesse étrangère. Il se débat contre lui-même avec une certaine ardeur, ménageant quelques beaux passages, notamment son adieu à Rusalka au troisième acte, mais sans offrir au personnage l’épaisseur qui lui revient. L’on comprend pourtant parfaitement ses tiraillements entre amour sublime et désir physique lorsque <strong>Maria Lobanova</strong> entre en scène, dans le rôle de la princesse étrangère : perchée avec assurance sur de hauts talons, ses boucles blondes dévalant en cascade sur son décolleté généreusement ouvert, ses rugissements flamboyants donnent des frissons ! La chanteuse lituanienne illustre parfaitement l’opposition qui structure l&rsquo;œuvre : à Rusalka, l’eau ; à elle, le feu !</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/rusalka_troisieme_acte.jpg?itok=vVUxm9kT" title="© Pavel Rychkov, Théâtre Bolchoï" width="468" /><br />
	© Pavel Rychkov, Théâtre Bolchoï</p>
<p dir="ltr">La conduite orchestrale d&rsquo;<strong>Ainārs Rubiķis</strong>, agréablement régulière, semble justement jouer sur cette alternance des éléments. Directement jaillie des rochers sur lesquels il apparaît, entouré des trois dryades, la voix de <strong>Mikhail Kazakov</strong>, interprétant Vodnik, est sans doute la meilleure de ce plateau. Puissamment projetée, expressive, avec un grain de rocaille qui convient parfaitement au caractère de cette figure paternelle mêlée de tendresse et de sévérité, ses élans de colère au premier acte lui donnent des airs de Wotan devant Brünnhilde, et le «sauvetage» de sa fille au deuxième acte constitue le climax lyrique du spectacle ! Mikhail Kazakov donne ainsi de l&rsquo;importance à la relation que Rusalka entretient avec son père, au détriment du prince. Enfin, la dernière bonne surprise de ce spectacle est la voix claironnante de <strong>Yulia Mazurova </strong>dans le petit rôle du marmiton (ici un homme de main du prince).</p>
<p dir="ltr">Comme l’écrivait Vaclav Jamek, soulignant l&rsquo;inscription de Rusalka dans la tradition lyrique de ses précédesseurs : « L’avant-dernier opéra de Dvořák accroche le XIXe siècle de justesse : achevée en 1900, créée en 1901, ce serait même une œuvre entre deux siècles… ». La mise en scène de Timofei Kulyabin en fait ici un opéra entre-deux-eaux : la tête dans les nuages d&rsquo;un monde délicieusement surnaturel, les pieds embourbés dans une réalité humaine décevante de matérialité. </p>
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		<title>Verdi : Messa da Requiem</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-messa-da-requiem-un-puissant-requiem/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne Heijboer]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 May 2019 05:45:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Organisé à la mémoire de Dmitri Aleksandrovitch Hvorostovski, le concert objet de la présente captation est un hommage musical de Yuri Temirkanov au baryton russe emporté à l’âge de 55 ans par une tumeur au cerveau. Pour mener à bien son projet, le chef d’orchestre a rassemblé dans la splendide salle de l’Orchestre Philharmonique de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Organisé à la mémoire de Dmitri Aleksandrovitch Hvorostovski, le concert objet de la présente captation est un hommage musical de <strong>Yuri Temirkanov</strong> au baryton russe emporté à l’âge de 55 ans par une tumeur au cerveau. Pour mener à bien son projet, le chef d’orchestre a rassemblé dans la splendide salle de l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, le Chœur du Théâtre du Bolchoï, la soprano <strong>Dinara Alieva</strong>, la mezzo-soprano <strong>Olesya Petrova</strong>, le ténor <strong>Francesco Meli</strong>, la basse <strong>Dmitri Belosselskiy</strong> et son orchestre de toujours : le Philharmonique de Saint-Pétersbourg. Et quoi de mieux pour honorer la mémoire d’un grand chanteur d’opéra que de donner le <em>Requiem</em> de Verdi, une œuvre qu’Hans Von Bülow qualifiait avec dédain d’« opéra en robe d’ecclésiastique » ?</p>
<p>En choisissant comme couverture du DVD (et du livret) un gros plan des mains de Dieu et d’Adam de la <em>Création</em> de Michel-Ange, Yuri Temirkanov souligne la dimension spirituelle de son hommage. Le générique du DVD poursuit dans cette voie : le baryton ayant quitté la terre des mortels, c’est à ce ciel nuageux cachant un soleil au coucher que les artistes s’adressent. Cette invitation au recueillement est accentuée par la voix cristalline de la soprano Dinara Alieva accompagnée par le chœur du Théâtre du Bolchoï.</p>
<p>Si on peut s’interroger sur l’intérêt d’une captation vidéo pour un spectacle sans mise en scène, elle permet dans le cas présent de scruter les moindres expressions des artistes, et de constater notamment l’aisance et la simplicité avec laquelle Yuri Temirkanov donne le départ de cette œuvre monumentale. Au silence de rigueur d’un début de concert répond la mystérieuse mélodie des violoncelles, bientôt rejoints par les violons, puis par les voix à peine audibles du chœur. Le public, où qu’il soit, est saisi.<br />
	Dès le <em>Dies Irae</em>, la qualité de préparation du chœur par <strong>Valery Borisov</strong> est évidente. Certes, la diction laisse malheureusement à désirer, mais la grande palette de nuances des choristes allant du chuchotement (« Quantus tremor ») au <em>fortissimo</em> effrayant (« Dies irae, dies illa »), ainsi que la précision de leurs attaques, notamment dans les entrées fuguées du <em>Sanctus</em>, donnent du relief à cette version du <em>Requiem</em>.<br />
	A l&rsquo;instar des chanteurs, les musiciens de Yuri Temirkanov dévoilent eux aussi rapidement leur grande maîtrise technique. Si on peut déplorer le tempo galopant du <em>Dies Irae</em> qui, de fait, tend à masquer tous les détails et les subtilités de l’écriture de Verdi, on ne peut qu’être impressionné par la vitesse à laquelle les cordes effectuent leur descente vers les graves, mais aussi l’intensité sonore qui émane de la masse orchestrale. Cette puissance sonore, si elle couvre parfois le chœur, fascine d’autant plus qu’elle est patiemment et intelligemment menée par le chef d’orchestre tout au long de l’œuvre.</p>
<p>Des quatre solistes, c’est le ténor Francesco Meli qui entonne le premier le <em>Kyrie</em>. Si sa voix de poitrine peut paraître parfois quelque peu poussive, on ne peut qu’être séduit par la délicatesse de sa voix de tête dans les passages <em>pianissimo</em> (comme lors de son duo avec le hautbois dans le <em>Dies Irae</em> « Inter oves locum praesta »).<br />
	A l’inverse, c’est la puissance de Dmitri Beloselski que l’on retient. Son premier solo « Mors stupebit et natura » (<em>Dies Irae</em>) contient la dualité de son interprétation : l’expressivité (tant de son visage que de sa voix), mais aussi son sens du silence (notamment quand il répète « Mors ») révèlent sa grande maîtrise scénique et théâtrale et lui permettent également de pallier le manque de variété de ses attaques et de ses nuances.<br />
	Pour ce qui est de Dinara Alieva (dont le timbre n’est pas sans rappeler celui de La Callas), elle enchaîne avec une facilité déconcertante ses interventions dans les aigus (voire les suraigus) de sa voix (<em>Offertoire</em>).  Jusqu’à son <em>Libera Me</em>, la soprano semble davantage concevoir ses interventions comme une couleur supplémentaire à l’orchestre de Yuri Temirkanov, plutôt qu’une véritable partie vocale. En revanche, elle livre dans la dernière partie du <em>Requiem</em>, une interprétation riche en contrastes. Accompagnée uniquement du chœur, elle conclue ce <em>Requiem</em> avec grâce.<br />
	Mais de tous, c’est Olesya Petrova qui nous livre l’interprétation la plus aboutie. Comme ses compagnons, son vibrato est large, sa voix puissante, sa technique sûre, mais c’est sa grande maîtrise du souffle (<em>Lux Aeternam</em>), son écoute attentive de ses partenaires (« Quid sum miser tunc dicturus », <em>Dies Irae</em>) et surtout son impressionnante palette de nuances qui lui permettent d’insuffler à cette version du <em>Requiem</em> de Verdi une véritable profondeur dramatique et spirituelle.</p>
<p>Si on ne devait retenir qu’un seul adjectif pour qualifier la version de Yuri Temirkanov, ce serait celui de la « puissance ». Puissance d’autant plus appréciable, qu’elle est enrichie de très beaux passages en duo et en trio des quatre solistes. Véritables moments de communion, ces ensembles intimistes, donnent un supplément d’âme à cette version qui, sans eux, aurait pu être lassante.</p>
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		<title>Gala Opéra à Annecy — Annecy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-opera-a-annecy-annecy-encore/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Aug 2015 20:58:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La pianiste et pédagogue Eliane Richepin avait créé, dans les années 1970, le Centre Musical International d&#8217;Annecy. Depuis, sous des formes diverses, l&#8217;ancien fief de la famille de Savoie a maintenu la manifestation. En 2010, toujours sous la houlette de Pascal Escande, disciple de la musicienne, et avec le concours du mécénat d&#8217;Andrey Cheglakov et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La pianiste et pédagogue <strong>Eliane Richepin </strong>avait créé, dans les années 1970, le Centre Musical International d&rsquo;Annecy. Depuis, sous des formes diverses, l&rsquo;ancien fief de la famille de Savoie a maintenu la manifestation. En 2010, toujours sous la houlette de Pascal Escande, disciple de la musicienne, et avec le concours du mécénat d&rsquo;Andrey Cheglakov et de sa fondation AVC Charity, est né l&rsquo;Annecy Classic Festival. Si l&rsquo;essentiel de la manifestation est dédié à la musique instrumentale, et d&rsquo;abord au piano, l&rsquo;art vocal n&rsquo;en est pas absent, comme l&rsquo;atteste l&rsquo;atelier auquel participe la Maîtrise de Paris et, ce 29 août, ce concert intitulé Opéra Gala.</p>
<p>Le programme en est conçu de manière plus subtile qu&rsquo;il n&rsquo;y paraît : à première vue c&rsquo;est juste un florilège de tubes « grand public ». Mais <em>La forza del destino</em> en fait-elle vraiment partie ? Pourtant sa présence est en quelque sorte obligée, puisque c&rsquo;est à Saint-Pétersbourg que l&rsquo;oeuvre fut créée et qu&rsquo;à Annecy l&rsquo;Orchestre Philarmonique de Saint-Pétersbourg est en résidence pour la semaine ! Qui sait, les chanteurs solistes ont peut-être pour partenaires des descendants des musiciens que dirigea Verdi ? Leur chef attitré, Yuri Temirkanov, a cédé le podium à <strong>Fayçal Karoui</strong>, dont la réputation n&rsquo;est plus à faire. Cette phalange aguerrie démontre dès le Prélude de<em> La Traviata</em> sa réactivité et les qualités supérieures de ses cordes. La plainte qui naît sous les archets est aérienne et déchirante, comme l&rsquo;adieu à la vie de la malheureuse, et porte d&rsquo;autant plus que sobrement dépourvue de surenchère sonore. Cette élégance et cette musicalité seront aussi au rendez-vous pour l&rsquo;Ouverture de <em>La forza del destino</em> donnée en début de deuxième partie, la direction de Fayçal Karoui sachant trouver les changements dynamiques qui font de cette page un tableau frémissant des passions contenues dans l&rsquo;opéra. C&rsquo;est à ces deux pièces que se limite la contribution soliste de l&rsquo;orchestre, l&rsquo;essentiel du concert étant bien réservé à des airs d&rsquo;opéra.</p>
<p>Lauréate d&rsquo;Opéralia (3e prix opéra) et soliste du Bolshoï, surtout connue en Russie et à Vienne, <strong>Dinara Alieva</strong> interprète tour à tour des airs de la Leonora du <em>Trovatore</em>, Floria de <em>Tosca</em>, Violetta de<em> La Traviata</em>, Elena des <em>Vêpres siciliennes</em>, Leonora de <em>La forza del destino</em> et Mimi de <em>La Bohême</em>. L&rsquo;étendue de la voix, sans être exceptionnelle, est suffisante pour lui permettre de chanter les notes les plus tendues et la projection est bonne, ce qui lui permet d&rsquo;oser des pianissimi qui ornent le chant de subtilités délicates. La modestie du registre grave, jamais poitriné, et celle du trille ne suffisent pas à discréditer cette intéressante prestation. C&rsquo;est plutôt le caractère un peu anonyme du timbre, où la capiteuse richesse harmonique des gosiers féminins d&rsquo;Asie Centrale n&rsquo;est que rarement perceptible, qui constitue pour nous la faiblesse, s&rsquo;il faut en trouver une, d&rsquo;une interprète par ailleurs très attentive à nuancer, à défaut de colorer vraiment. Avec son partenaire elle semble se lâcher davantage dans les duos de <em>La Traviata</em> et de<em> La Bohême</em> placés en clôture de chaque partie du concert.  Le ténor <strong>René</strong> <strong>Barbera</strong>, couronné de trois prix en 2011 (opéra, zarzuela et prix du public) fait irruption en scène avec la fougue du Tonio dont il doit chanter l&rsquo;air de bravoure aux neuf contre-ut, ce qu&rsquo;il fait avec éclat, avant d&rsquo;ébaudir le public déjà conquis par sa versatilité avec un Nadir tout en raffinement, mêlant falsetto et voix mixte aux demi-teintes, précédant un Alfredo ardent mais attentif et tendre, dans le duo où Violetta et lui se grisent d&rsquo;illusions. Après l&rsquo;entracte il sera Leandro, l&rsquo;amoureux révolté de la zarzuela remise en lumière par Placido Domingo, puis son antithèse, l&rsquo;arrogant Duc de Mantoue et ses rodomontades vocales, avant de retrouver Dinara Alieva pour le duo final du premier acte de La Bohême, avec des mimiques exprimant la satisfaction du séducteur opportuniste qui vient d&rsquo;« emballer » tandis que sa partenaire semble sincèrement croire à ce qu&rsquo;elle chante. Dans l&rsquo;un et l&rsquo;autre duo les voix s&rsquo;associent avec bonheur, au grand plaisir de l&rsquo;auditoire. L&rsquo;orchestre est un soutien infaillible des chanteurs, et Fayçal Karoui veille à le faire briller à chaque fois que les airs le demandent. Harpe, hautbois, flûtes, cuivres, autant de pupitres qui se distinguent et seront à l&rsquo;honneur aux saluts. Enregistré pour la télévision par Médici, le concert n&rsquo;a pas traîné en longueur, les chanteurs se croisant au bord de la coulisse. Il faudra pourtant contenter un public qui en redemande : par deux fois, signe évident de la brièveté des répétitions, la soprano et le ténor entonneront le Brindisi de<em> La Traviata</em>, sous les battements rythmés du public. Une réunion de l&rsquo;équipe dirigeante devait, dans l&rsquo;après-midi, déterminer la place qu&rsquo;aurait le lyrique dans l&rsquo;édition 2016. La réponse populaire est sans ambigüité : encore !</p>
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