<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Lindsay AMMANN - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/amman-lindsay/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/amman-lindsay/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 28 May 2024 05:30:34 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.2</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Lindsay AMMANN - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/amman-lindsay/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-berlin-deutsche-oper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 May 2024 05:12:34 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=163239</guid>

					<description><![CDATA[<p>« It ain’t over till the fat lady sings » – autrement dit :  il ne faut jurer de rien. L’expression, inspirée à nos voisins d’outre-Manche par la dernière scène du Crépuscule des dieux, peut s’appliquer à cette dernière journée du Ring au Deutsche Oper. Après nous avoir brimbalé de voiles en valises, Stefan Herheim &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-berlin-deutsche-oper/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-berlin-deutsche-oper/">WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« It ain’t over till the fat lady sings » – autrement dit :  il ne faut jurer de rien. L’expression, inspirée à nos voisins d’outre-Manche par la dernière scène du <em>Crépuscule des dieux</em>, peut s’appliquer à cette dernière journée du <em>Ring </em>au Deutsche Oper. Après nous avoir brimbalé de voiles en valises, <strong>Stefan Herheim </strong>déjoue les pronostics en bouclant la boucle. Le brasier allumé par Brünnhilde à la fin de l’opéra enfante un piano posé en majesté au centre de la scène. Les dieux cèdent la place au théâtre et à la musique. Tout peut recommencer. A défaut d’une note d’intentions explicite, telle est notre interprétation, parmi d’autres. L’intérêt de ce type de mise en scène n’est-il pas de permettre à chacun d’y projeter son propre univers et ses propres interrogations ?</p>
<p>Finalement, ce que l’on retiendra de cette Tétralogie, c’est moins le fond – les messages dissipés dans l’accumulation de symboles, parfois abscons – que la forme – la fluidité du mouvement pensé en fonction de la musique, comme chorégraphié ; l’ingéniosité de la plupart des effets ; la beauté de certaines images ; la lisibilité du récit et le respect de ses grandes lignes.</p>
<p>Le dernier épisode du cycle ne fait pas exception. Les valises sont entreposées au Walhalla, le palais des Gibichungen déporté dans le foyer du Deutsche Oper, ainsi que dans la salle – ce qui amoindrit l’impact du rêve de Hagen mais nous vaut au deuxième acte une entrée des vassaux en fanfare. L’un des points forts scénique de cette dernière journée est l’envergure dramatique donnée à Gunther et Gutrune, trop souvent remisés au rayon des utilités. Le frère et la sœur sont moins des marionnettes dans les mains de Hagen que des êtres trop humains dépassés par les enjeux d’un monde encore inféodé aux règles divines.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Go776tterda776mmerung-2024_15hf_MerbethHilleyLehmanMoore-1294x600.jpg" /><span style="background-color: var(--ast-global-color-5); color: var(--ast-global-color-3); font-size: revert; font-weight: inherit;">© Bernd Uhlig</span></pre>
<p>De l’interprétation musicale ressort la battue orageuse de <strong>Donald Runnicles</strong>. Une constante dans les quatre épisodes. Nul mieux que le chef d’orchestre écossais pour monter le volume au maximum de sa puissance dès que la partition l’y invite. Le Walhalla s’effondre à grand fracas. Le double accent de la Marche funèbre de Siegfried tombe comme un couperet implacable, ou plus exactement comme l’épée de Hagen tranchant la tête du héros mort – une image saisissante. L’irruption martiale du choeur au deuxième acte, harangué par le rejeton d’Alberich, fait froid dans le dos. L’Orchestre du Deutsche Oper est une Koenigsegg Gemera aux deux mille trois cents chevaux qui voudrait parfois plus de sensibilité. Comme dans les deux premiers épisodes, au contraire du troisième, le chef d’orchestre privilégie la violence aux brumes évanescentes, le bruit des armes au fil mystérieusement déroulé par les Nornes. Mais ce parti-pris ne s’exerce jamais au détriment des voix. Au contraire l’attention portée aux chanteurs durant les quatre opéras est une autre constante à porter au crédit de la lecture musicale.</p>
<p>Pour règle également tout au long de la saga, l’avantage pris par les seconds rôles sur les premiers, à l’exception de <strong>Clay Hilley</strong>, Siegfried exceptionnel dans cette troisième journée, à l’égal de la deuxième, éblouissant de jeunesse, de vaillance, de clarté, soucieux aussi d’expression et donc de nuances – ce dont se dispensent bon nombre de ténors accaparés par les difficultés de la partition. Comme dans <em>La Walkyrie</em>, <strong>Riccarda Merbeth</strong> veut du temps pour prendre le contrôle d’une voix à son meilleur sur les cimes de la portée. L’aigu jaillit, cingle et transperce quand le reste s’avère plus aléatoire, la ligne fluctuante, le grave souvent inaudible. Mais il y a chez cette Brünnhilde, combinées à la bravoure, une volonté et une présence qui sont des signes distinctifs des grandes titulaires du rôle. <strong>Annicka Schlicht</strong>, Waltraute superbe et altière dans ses implorations ; <strong>Albert Pesendorfer</strong>, Hagen effrayant de noirceur, de puissance et de méchanceté ; <strong>Thomas Lehman</strong> et <strong>Felicia Moore</strong>, Günther et Guntrune, sains, solides dans leur « normalité » scénique ; <strong>Lindsay Ammann</strong>, <strong>Karis Tucker</strong>, <strong>Felicia Moore</strong> et <strong>Lea-ann Dunbar</strong>, Nornes puis Filles du Rhin (pour les deux premières), fluides et musicales  : tous distribués avec la même pertinence dans d’autres rôles au cours du cycle, apposent sur ce <em>Ring</em> berlinois un label de qualité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-gotterdammerung-berlin-deutsche-oper/">WAGNER, Götterdämmerung &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-berlin-deutsche-oper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 May 2024 06:55:47 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=163236</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ring au Deutsche Oper : troisième épisode. Stefan Herheim resserre les fils de sa trame narrative. Moins de digressions visuelles et de corps étrangers. Le livret, rien que le livret, ou presque. Alberich rode sur le plateau plus souvent qu’à son tour – l’attraction de l’anneau sans doute. Quelques figurants applaudissent le réveil de Brünnhilde &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-berlin-deutsche-oper/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Siegfried &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-berlin-deutsche-oper/">WAGNER, Siegfried &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ring</em> au Deutsche Oper : troisième épisode. <strong>Stefan Herheim</strong> resserre les fils de sa trame narrative. Moins de digressions visuelles et de corps étrangers. Le livret, rien que le livret, ou presque. Alberich rode sur le plateau plus souvent qu’à son tour – l’attraction de l’anneau sans doute. Quelques figurants applaudissent le réveil de Brünnhilde puis copulent allègrement durant le duo final, histoire de montrer la manière de procéder aux deux héros en quête d’un mode d’emploi, le nez plongé dans la partition – un des gimmicks de la mise en scène. Une partie du public n’a que modérément apprécié la leçon, sanctionnée par une bordée de huée au tomber de rideau. Pour le reste, les leitmotivs scéniques relevés dans les épisodes précédents remplissent leur office. Les valises entassées campent le décor et aidées par la vidéo se transforment en dragon terrifiant. Le piano facilite les entrées et les sorties. Les voiles simulent le feu autour du rocher de Brünnhilde, ou le planisphère lorsque Siegfried part à la conquête du monde, Nothung reforgée en main.</p>
<p>Débarrassée d’interrogations, l’attention peut se concentrer sur l’interprétation musicale. <strong>Donald Runnicles</strong> atteint dans cette deuxième journée le point d’équilibre qu’on lui reprochait de ne pas avoir trouvé dans les épisodes précédents. Le rapport entre tension dramatique et poésie sonore est préservé. Les murmures de la forêt sont tissés dans une tulle translucide. L’orage au prélude du troisième acte éclate dans un tonnerre de décibels ; le réveil de Brünnhilde aveugle ; et en même temps, le récit avance, animé d’une juste pulsion, vif, fluide, captivant. Un regret : le rôle de l’oiseau confié à un jeune soliste du Knabenchores der Chorakademie Dortmund, valeureux mais engagé dans un rude combat avec la justesse dont hélas il ne sort pas vainqueur.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Siegfried-B2_33HilleyStemme-1294x600.jpg" />© Bernd Uhlig</pre>
<p>Deux nouveaux personnages occupent le devant de la scène : Siegfried et Mime, ce dernier entrevu dans <em>Rheingold</em>. Deux ténors ; deux typologies vocales différentes ; deux chanteurs formidables. La mise en scène veut le gnome clone de Wagner – pied de nez à l’antisémitisme* du compositeur ? Originaire de Taïwan, <strong>Ya-Chung Huang</strong> use d’une large palette de couleurs, certaines blafardes, pour caractériser Mime tel qu’on se le figure, pitoyable et répugnant, naïf et machiavélique, victime et bourreau. D’une voix d’acier, <strong>Clay Hilley</strong> franchit les obstacles dressés sur les pas de Siegfried avec une endurance admirable. Heldentenor évidemment, sans la brutalité que l’on associe parfois à cette typologie, élégant au contraire, attentif au texte, sa clarté, son phrasé, avec pour seul talon d’Achille, un aigu parfois serré – non que la note soit imprécise ou extraite au forceps mais on devine alors des limites sinon imperceptibles. Ultime exploit : le duo final, inéquitable en ce qu’il confronte une soprano au saut du lit à un ténor soumis quatre heures durant à rudes épreuves n’accuse aucun déséquilibre.</p>
<p>Brünnhilde précautionneuse après avoir chanté <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkure-berlin-deutsche-oper/">Sieglinde l’avant-veille</a>, <strong>Elisabeth Teige</strong> conserve dans la voix ce grelot que l’on peut trouver inadapté au tracé héroïque de la ligne. L’aigu, systématiquement <em>forte</em>, trahit l’effort. Le public ne lui réserve pas moins un triomphe. <strong>Iain Paterson</strong> reste un Wotan aux pieds d’argile, <strong>Tobias Kehrer</strong> un Fafner impérial et <strong>Jordan Shanahan</strong> un Alberich en mal de noirceur. On se demande pourquoi avoir changé d’Erda en cours de route – la déesse était chantée par Lauren Decker dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-berlin-deutsche-oper/">Das Rheingold</a></em> –, sauf à considérer l’inégalité des registres de <strong>Lindsay Ammann</strong> comme marqueur de l’ambivalence du personnage.</p>
<pre>* Certaines analyses voient dans le personnage de Mime une caricature du Juif.</pre>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-berlin-deutsche-oper/">WAGNER, Siegfried &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>STRAUSS, Die Frau ohne Schatten – Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=148760</guid>

					<description><![CDATA[<p>Die Frau ohne Schatten aura été particulièrement bien servie cette dernière décennie. Aujourd’hui, quand elle ne nous a pas quitté tragiquement, cette génération de chanteurs cherche à passer le relais, à l’image d’une Nina Stemme, Teinturière une dernière fois à New York la saison prochaine. C’est dans ce contexte que l’Opéra national de Lyon choisit &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-lyon/"> <span class="screen-reader-text">STRAUSS, Die Frau ohne Schatten – Lyon</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-lyon/">STRAUSS, Die Frau ohne Schatten – Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Die Frau ohne Schatten</em> <a href="https://www.forumopera.com/spectacles/?_sft_oeuvre=die-frau-ohne-schatten&amp;oeuvre=Die%20Frau%20ohne%20Schatten">aura été particulièrement bien servie cette dernière décennie</a>. Aujourd’hui, quand elle ne nous a pas quitté tragiquement, cette génération de chanteurs cherche à passer le relais, à l’image d’une Nina Stemme, <a href="https://www.forumopera.com/nina-stemme-quel-plaisir-detre-de-retour-a-lopera-de-paris/">Teinturière une dernière fois à New York la saison prochaine</a>. C’est dans ce contexte que l’Opéra national de Lyon choisit de faire rentrer l’œuvre à son répertoire en ouverture de saison, avec une distribution, qui, si elle n’est pas inconnue, vient faire ses preuves dans cet étrange chef-d’œuvre.</p>
<p>Des nombreux aspects positifs de ce spectacle, ce sont bien les chanteuses et les chanteurs qui remportent principalement nos suffrages. L’ensemble des petits rôles tout d’abord, issus du Lyon Opéra Studio, s’illustre avec brio. On invite les programmateurs à noter le nom de <strong>Robert Lewis</strong> à qui échoit non seulement le rôle du frère Bossu mais surtout les interventions du Jeune Homme, tendues comme seul Richard Strauss sait en composer pour les ténors. C’est un sans faute où son timbre chatoie en permanence, assis sur une projection confortable. <strong>Pete Thanapat</strong> (le Manchot) et <strong>Pawel Trojak</strong> (le Borgne) disposent du talent nécessaire pour le rejoindre et former un trio équilibré, jamais pris en défaut ou inaudible, comme cela arrive parfois. <strong>Giulia Scopelliti</strong> s’attèle aussi à deux rôles : celui du Faucon dont elle rend les plaintes mécaniques lancinantes et celui du Gardien du temple où elle trouve des accents enjôleurs tout à propos. <strong>Julian Orlishausen</strong> impose quant à lui un Messager marmoréen.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Opera_LaFemmeSansOmbre_Generale_11_copyrightStofleth-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-148762"/><figcaption class="wp-element-caption">&nbsp;<sup><strong>©</strong> Bertrand Stofleth</sup></figcaption></figure>


<p>Les deux couples principaux méritent les honneurs des plus grandes scènes. Certes, <strong>Sara Jakubiak</strong> simplifie quelque peu les acrobaties de son entrée et reste en retrait pendant la première moitié du spectacle. Ce n’est que pour mieux incarner un troisième acte brulant, dont elle déjoue les sauts d’octaves, comme si l’humanité, la tessiture plus centrale du personnage alors lui convenaient davantage que les éthers initiaux. La robustesse de <strong>Vincent Wolfsteiner</strong> se confirme une fois plus. Si l’on a connu des Empereurs plus langoureux, on reste pantois devant l’adéquation des moyens avec ce rôle dont la brièveté n’a d’égale que la complexité. <strong>Ambur Braid</strong> prend la relève haut la main des grandes Teinturières. Non seulement sa présence scénique au jeu simple et réaliste magnétise le plateau mais surtout la technique au cordeau, la puissance et le timbre lui permettent de mettre en lumière toutes les facettes du personnage. Barak, personnage pivot de l’opéra, se veut aussi le rôle le plus complexe notamment pour son versant théâtral. <strong>Josef Wagner</strong> l’aborde avec des moyens parvenus à leur pleine maturité. Il dispose en outre de ces couleurs chaleureuses si propices à faire naitre l’humanité du personnage. <strong>Lindsay Ammann</strong> enfin s’avère la meilleure Nourrice entendue sur le circuit actuel. On pourrait ne donner que l’exemple de son final du deuxième acte, jubilatoire et dont la dernière note est tenue au-delà du raisonnable malgré le déluge (de décibels) qui s’abat sur la scène mais ce serait passer sous silence toutes les fourberies vocales qu’elle sait colorer avec une justesse démoniaque.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Opera_LaFemmeSansOmbre_Generale_40_copyrightStofleth-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-148765"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup><strong>©</strong> Bertrand Stofleth</sup></figcaption></figure>


<p>A la tête de l’orchestre, <strong>Daniele Rustioni</strong> livre une lecture rapide, mais pas toujours tendue, où il s’affaire à rendre lisible les lignes force de l’œuvre. Certes, l’étroitesse de la fosse oblige une réduction orchestrale qui nuit au relief global de l’orchestre et aux couleurs de certains pupitres en particulier. Pour autant, les ambiances et l’esprit du conte irriguent la narration à chaque instant.</p>
<p><strong>Mariusz Trelinski</strong>, enfin, propose une mise en scène à la scénographie soignée et aux lumières léchées. C’est en somme<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-frau-ohne-schatten-munich-kirill-petrenko-au-sommet-de-lolympe-straussien/"> une version assagie de celle de son compatriote polonais vue à Munich</a>, la surcharge de référence en moins, la lisibilité en plus peut-être. Le décor sur tournette permet d’opposer comme des miroirs les deux mondes. Comme souvent, l’étrangeté du conte peine à faire sens face au monde du travail des teinturiers, que l’on voit ici plutôt blanchisseurs. Les scènes domestiques entre Barak et sa femme s’avèrent les plus justes dans leur description d’une certaine misère sociale qui vient parasiter le couple et ses rêves d’avenir. Aux bourgeois restent les fantasmes d’enfants un peu grotesques qui se révèleront chimères dans un final convenu.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-lyon/">STRAUSS, Die Frau ohne Schatten – Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>PUCCINI, Il trittico — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-trittico-metropolitan-opera-new-york-le-miracle-elena-stikhina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Dec 2018 06:21:25 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/le-miracle-elena-stikhina/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les plus superstitieux crieront au complot devant l’alignement suspect des événements. Cinquante ans après la création du Trittico le 14 décembre 1918 au Metropolitan Opera, le jeune Plácido Domingo faisait ses débuts dans Adriana Lecouvreur aux côtés de Renata Tebaldi. Un demi-siècle plus tard, le public réserve un accueil triomphal à Elena Stikhina, soprano russe de 31 ans à l’occasion de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-trittico-metropolitan-opera-new-york-le-miracle-elena-stikhina/"> <span class="screen-reader-text">PUCCINI, Il trittico — New York</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-trittico-metropolitan-opera-new-york-le-miracle-elena-stikhina/">PUCCINI, Il trittico — New York</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les plus superstitieux crieront au complot devant l’alignement suspect des événements. Cinquante ans après la création du <em>Trittico </em>le 14 décembre 1918 au Metropolitan Opera, le jeune Plácido Domingo faisait ses débuts dans <em>Adriana Lecouvreur </em>aux côtés de Renata Tebaldi. Un demi-siècle plus tard, le public réserve un accueil triomphal à <strong>Elena Stikhina</strong>, soprano russe de 31 ans à l’occasion de ses débuts au Met. Prévue pour une unique date lors d&rsquo;une série de <em>Suor Angelica </em>assurée par Kristīne Opolais, Elena Stikhina avait déjà fait sensation en 2017 à Paris dans <em>Eugène Onéguine </em><a href="https://www.forumopera.com/breve/si-netrebko-annule-stikhina-est-la">en remplaçant au pied levé Anna Netrebko.</a> Audrey Bouctot avait alors souligné que la déception initiale des spectateurs avait rapidement laissé place à un enthousiasme débordant.</p>
<p>La soprano russe a toutes les qualités recherchées chez une <em>lirico-spinto</em>, aigus lumineux, médium immense et graves naturels. Elena Stikhina, c’est une certaine évidence du chant, une spontanéité désarmante qui met une technique superlative au service de l’expressivité. Ses pommettes saillantes, son port élégant et sa chevelure flamboyante lui confèrent une présence scénique magnétique. La soprano russe contient toute l’émotion de son personnage avant de délivrer un final bouleversant. Le public du Met ovationne debout la soprano, visiblement émue par cet hommage. On ne saurait qu’encourager à aller voir sa Leonora dans <em>La Forza del Destino</em> en juillet à l’Opéra de Paris. </p>
<p>Engoncée dans son habit de deuil, <strong>Stéphanie Blythe </strong>est une Zia Principessa absolument odieuse. L’Américaine impressionne par l’étendue de sa tessiture de contralto. Avec son timbre rond, ses graves caverneux, et un <em>messa di voce </em>sublime, Blythe se positionne comme l’une des meilleures interprètes du rôle. Dans un « Di Frequente, la sera » sentencieux, Blythe se laisse presque émouvoir par la détresse d’Angelica avant de lancer un « Espiare ! » glaçant. La distribution est complétée par <strong>Maureen McKay</strong>, espiègle Suor Genovieffa et <strong>Lindsay Ammann</strong>, dotée de l’austérité solennelle d’une mère supérieure.</p>
<p><em>Suor Angelica </em>était précédé par <em>Il Tabarro</em>, nettement moins impressionnant. La grammaire vériste semble échapper à la Giorgietta de <strong>Tatiana Melnychenko</strong>. La soprano dramatique, visiblement perturbée par l’absence d’airs n’est pas à son aise dans les très nombreux récitatifs. La faute à une prononciation imparfaite qui enlève beaucoup au potentiel théâtral du personnage. <strong>Marcelo Alvarez </strong>continue d’explorer un répertoire toujours plus dramatique en abordant le rôle de Luigi. On se demande par quel sortilège le ténor argentin parvient à conserver la fraicheur de sa voix tout en forçant systématiquement ses aigus. Le timbre est presque trop beau pour un rôle qui exige de la noirceur et une forme de violence irrépressible. Des indications de jeu sommaires lui font incarner un Luigi un peu gauche, pas crédible pour un sou quand il évoque de commettre un crime. <strong>Lucio Gallo </strong>est un inquiétant Michele, sans doute le plus convaincant dramatiquement et vocalement de la distribution. Si sa projection franche lui permet de dépasser aisément l’imposante orchestration, le tout manque de nuances. Saluons les courtes interventions offertes par <strong>Brian Michael Moore</strong>, charmant chanteur ambulant, et les deux amoureux <strong>Ashley Emerson </strong>et <strong>Yi Li</strong>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="337" src="/sites/default/files/styles/large/public/tab_1307a.jpg?itok=UlXyU6x8" title="Marcelo Alvarez (Luigi), Amber Wagner (Giorgietta) - Il Tabarro - Photo: Ken Howard / Met Opera" width="468" /><br />
	Marcelo Alvarez (Luigi), Amber Wagner (Giorgietta) &#8211; Il Tabarro &#8211; Photo: Ken Howard / Met Opera</p>
<p><em>Gianni Schicchi </em>est servi par une excellente distribution emmenée par un <strong>Plácido Domingo </strong>inépuisable. Le ténor reconverti en baryton (lui-même semble l’oublier par moments), interprète le rôle-titre avec une gaité contagieuse. Domingo compense des graves modestes par son expérience et incarne un Schicchi filou. On retrouve avec plaisir <strong>Stephanie Blythe </strong>cette fois en Zita désopilante. Habituellement cantonné au diptyque Alfredo-Rodolfo, <strong>Atalla Ayan </strong>est un Rinuccio sémillant. Son timbre chaleureux convient parfaitement à ce rôle de jeune premier. Dommage que sa projection soit un peu limitée pour la taille de la salle du Met. A en écouter son « O mio babbino caro » très démonstratif, <strong>Kristina Mkhitaryan </strong>se rêve déjà en Mimí. En attendant, son timbre dense ne convient pas au rôle de Lauretta qui requiert beaucoup plus de fraîcheur et de légèreté. <strong>Gabriella Reyes </strong>incarne une irrésistible Nella, parfaite réplique à la Ciesca prétentieuse de <strong>Lindsay Ammann</strong>. Enfin, <strong>Maurizio Muraro </strong>(Simone), <strong>Kevin Burdette </strong>(Spinelloccio) et <strong>Jeff Mattsey </strong>(Marco) sont irréprochables.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Jack O’Brien </strong>saisit brillamment l’esprit de cette comédie de mœurs typiquement italienne en employant les inusables pantalonnades de la <em>commedia dell’arte</em>. Son approche pour les trois opéras demeure très classique malgré une légère réactualisation des contextes au début du XXe siècle. Les décors réalisés par <strong>Douglas W. Schmidt </strong>sont absolument grandioses dans <em>Il Tabarro</em>. Les lumières de <strong>Jules Fisher </strong>et <strong>Peggy Eisenhauer </strong>s’inscrivent dans cette esthétique Broadway. Les tons acidulés de la scène de fin de <em>Gianni Schicchi </em>tranchent avec le bleu pétrole de <em>Suor Angelica</em>. Cependant, le coucher de soleil rouge sang qui baigne <em>Il Tabarro</em> pointe une grave méconnaissance du ciel parisien et de ses nuances.</p>
<p><strong>Bertrand de Billy </strong>a choisi de diriger trois fois le <em>Trittico </em>cette saison, à Tokyo, New York et Munich. Le chef français avait dirigé un enregistrement de <em>Il Tabarro </em>paru en septembre chez Capriccio <a href="https://www.forumopera.com/cd/puccini-il-tabarro-verisme-avec-style">qui avait convaincu Dominique Joucken</a>. Mais comme dans l’enregistrement, le chef ne parvient pas à créer cette ambiance anxiogène rythmée par le roulis des flots de la Seine, illustration de l’insoutenable enfermement des personnages dans leur condition misérable. La brièveté de l’œuvre oblige à ne jamais relâcher la tension pour que le résultat soit dramatiquement efficace. Le chef dirige magistralement les deux autres opéras et offre à Elena Stikhina le meilleur écrin pour des débuts d’anthologie.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-trittico-metropolitan-opera-new-york-le-miracle-elena-stikhina/">PUCCINI, Il trittico — New York</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
