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	<title>Jean-Marc ANDRIEU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jean-Marc ANDRIEU - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MONDONVILLE &#8211; Daphnis et Alcimadure</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est au regretté Jean-Christophe Maillard qu’est due la redécouverte de la partition de Daphnis et Alcimadure. On ignore souvent que le champion de la musette de cour hérita de son père, le musicologue Jean Maillard, un goût immodéré pour la recherche. Roberte Machard y consacra sa thèse et présida à la publication, dès 1981, du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est au regretté Jean-Christophe Maillard qu’est due la redécouverte de la partition de <em>Daphnis et Alcimadure</em>. On ignore souvent que le champion de la musette de cour hérita de son père, le musicologue Jean Maillard, un goût immodéré pour la recherche. Roberte Machard y consacra sa thèse et présida à la publication, dès 1981, du fac-simile de la toute première édition, parisienne. Cette même année, Montpellier osait la recréation, soignée, mais musicalement datée, suivant celle de Roger Blanchard pour l’ORTF. &nbsp;Depuis, les noms des créateurs des personnages principaux (Jélyotte en Daphnis, Melle Fel chantant Alcimadure,) ont conduit certains de nos meilleurs chanteurs (1) à en illustrer quelques airs. L’ouvrage aurait dû renaître à Narbonne (ville natale de Mondonville) en 2020 dans le cadre du Festival Radio France Occitanie Montpellier. Le Covid en eut raison. C’est donc à Montauban et à Toulouse que la résurrection eut lieu, deux ans plus tard. Le présent enregistrement en est le témoignage.</p>
<p>L’ouvrage, dédié à la Dauphine, fut donné en 1754 à Fontainebleau, en présence de Louis XV et de la Cour, un an après une autre pastorale, <em>Daphnis et Eglé</em>, de Rameau. La Fontaine (Livre XII, fable 24) conte l’intrigue dont le dénouement est modifié par Mondonville pour une fin heureuse, conforme aux attentes du public. Le berger Daphnis, est épris de la bergère Alcimadure, qui lui préfère sa liberté. Il tente de la séduire à l’occasion d’une fête paysanne. Pour éprouver le galant, le frère d’Alcimadure, Jeanet, joue au rival, déguisé en soldat. Daphnis et les chasseurs sauvent la jeune femme de l’agression d’un loup. Devant l’indifférence de façade de la belle, Daphnis «&nbsp;ne veut plus que la mort&nbsp;». Elle trahit alors son amour et l’union motive les réjouissances finales. Aimable pastorale dans un décor qu’on imagine de Watteau…</p>
<p>Si le genre est alors à la mode, c’est le premier ouvrage lyrique produit en languedocien (2). L’ Ancien régime cultivait ses provinces et leurs particularismes. Or, entre Bordeaux et Avignon, tous les chanteurs de l’Académie royale de musique convoqués pour la création parlaient l’occitan, langue chantante, méditerranéenne par excellence. De surcroît, pour colorer sa partition, Mondonville use de danses régionales et introduit délibérément un «&nbsp;air du pays&nbsp;» (<em>Poulido pastourélo</em>). La danse, en dehors des entrées, airs et pas traditionnels (3) sous-tend l’écriture&nbsp;: toujours on avance, avec de nombreuses reprises, qui impriment les mélodies dans la mémoire.</p>
<p>Un témoin du temps (ms. de Munich) écrit : «&nbsp;Les partisans de la musique française qui ne défendent plus le terrain qu’en se battant en retraite, s’applaudissent fort de l’opéra gascon, et les admirateurs de la musique italienne s’en réjouissent à leur tour. Les premiers parce que l’ouvrage est d’un patriote (sic.), et les autres parce qu’il se rapproche du goût italien&nbsp;». De fait la pastorale représente une synthèse harmonieuse des deux&nbsp;: une ouverture à l’italienne, mais un prologue comme l’exigeait la tradition versaillaise, des chœurs également importants, de nombreuses danses, une écriture vocale à mi-chemin des deux écoles.</p>
<p>A l’instigation de Clémence Isaure, personnage fictif, solidement installé dans l’imaginaire collectif, les Jeux floraux auraient été fondés ou restaurés au XIVe siècle pour maintenir le lyrisme courtois (4). Le prologue, intitulé « Les jeux floraux », se déroule dans ses jardins. Après une ouverture animée (allegro), délicate (larghetto) et réjouissante (presto), où flûtes et hautbois concertent en duo, les vers de Voisenon, de belle facture, introduisent l’ouvrage : « Pour que l’Amour soit aimable et charmant, il faut au sentiment joindre le badinage », ce que pratiquait l’abbé libertin.</p>
<p>Tout est danse, et les rythmiques les plus variées, les timbres des mélodies, mais aussi les couleurs instrumentales (le duo de bassons, en mineur, dès le prologue) sont propres à séduire le plus grand nombre. Les scènes sont brèves. Les airs, courts, avec reprises et da capo, parfois proches du récitatif accompagné s’enchaînent avec vivacité aux récits aussi comme aux choeurs. Les procédés d’écriture, avec le recours fréquent aux oppositions « majeur-mineur », sont simples et participent au tour populaire de l’ouvrage. C’est surtout à l’orchestre qu’il faut chercher un traitement réjouissant, où le renouvellement de l’instrumentation (flûtes [5], hautbois, bassons, cors – pour les chasseurs, à l’acte II –, trompettes et timbales), des métriques et des tempi varient les scènes. Les vents, abondamment sollicités, sont fréquemment mis en valeur. Peut-être l’enregistrement aurait-il pu souligner davantage leur caractère concertant, ponctuel.</p>
<p>Le sourire n’est pas exclusif de l’émotion, et là réside un des défis de la pastorale. Il est relevé par une distribution sans faiblesse. Daphnis, <strong>François-Nicolas Geslot</strong>, porte l’essentiel de la partition. Authentique ténor (haute-contre) à la française, il ne tombe pas dans le travers du gentil amoureux plaintif, efféminé. L’émission réjouit, égale dans tous les registres, avec de superbes aigus, des tenues soutenues à souhait. La tendresse n’est pas exempte de vigueur, dès le premier air où il chante son désespoir amoureux. L’ Alcimadure d’<strong>Elodie Fonnard</strong> n’est plus une oie. La voix est ductile, légère dans tout son ambitus, et se joue des traits (6). Son évolution est traduite avec art, de sa défiance de la gent masculine à l’amour auquel elle cède à la fin de l’ouvrage. Chacun de ses airs nous réjouit. Le duo des amants réunis, inséré dans une scène animée, avec chœurs et danses variées participe aux réjouissances finales.<strong> Fabien Hyon</strong>, Jeanet, organisateur de l’intrigue, pseudo soldat fanfaron, chasseur, pour le bien de sa sœur, sert son personnage avec art. La voix est bien timbrée, elle excelle dans le débit rapide (ainsi l’air où il vante l’engagement militaire), cependant, le rôle appelle peut-être un jeu plus proche du bouffe. Si elle n’intervient qu’au prologue, écrit en français, <strong>Hélène Le Corre</strong> nous vaut une belle Isaure&nbsp;: voix chaude, ronde, charnue, stylistiquement exemplaire, pour un exercice peu valorisant, quelque peu formel, dont elle se tire à son avantage.</p>
<p>Les chœurs, riches et abondants (la suite d’Isaure, les chasseurs, les bergers, les villageois), participent à l’action, intervenant durant les airs, à l’unisson ou en polyphonie : clairs, précis, équilibrés, ils n’appellent que des éloges. Le travail de <strong>Joël Suhubiette</strong> hisse <em>Les Eléments</em> au meilleur niveau. L’orchestre <em>Les Passions</em>, fondé par son chef, <strong>Jean-Marc Andrieu</strong>, il y a plus de trente ans, n’a qu’un défaut&nbsp;: l’absence de reconnaissance, car, ancré en région, avec conviction et ardeur, son écho ne semble parvenir à Paris que très amoindri. Tous les pupitres sonnent comme on les attend, à l’égal de ceux des formations renommées. Seul le continuo, appliqué, anémique, déçoit. Tout juste pourrait-on, ici et là, accuser les contrastes, accorder davantage d’importance à l’inégalité (7) et au rebond. Les flûtes (d’Allemagne, bien que le chef soit un virtuose de la flûte à bec) sont remarquables, à l’égal des hautbois et bassons. Les pages purement instrumentales (ouverture, airs, danses) n’ont pas à rougir de celles de Rameau. On sort réjoui de l’écoute&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;le petit dieu d’amour [qu’invoquait Daphnis dans son premier air] est un enchanteur&nbsp;».</p>
<p>L’ouvrage est plus qu’un aimable divertissement et une curiosité linguistique appartenant au patrimoine régional. Il soutient avantageusement la comparaison avec les nombreuses pastorales contemporaines. Les comédies-vaudevilles de Gluck, reprenant des livrets français de la Foire (à partir de 1757-58), adoptent le même style, à ceci près que les passages parlés vont conduire à la naissance de l’opéra-comique… Il ne reste plus qu’à souhaiter que <em>Daphnis et Alcimadure</em> retrouve enfin la scène.</p>
<p>La riche brochure d’accompagnement (100 p.) reproduit le texte de l’ouvrage, sa transcription moderne en occitan, et sa traduction française. Elle comporte en outre une introduction de Bernadette Lespinard, accompagnée d’une bibliographie. Enfin, Jean-Marc Andrieu précise ses sources et les critères retenus (parties, diapason, prononciation).</p>
<p>________________________</p>
<pre>(1) Françoise Masset, Carolyn Sampson, Reinoud Van Mechelen, Virginie Thomas).&nbsp;
(2) L’Avignonnais Jean-Joseph Mouret avait introduit le provençal dans une entrée des <em>Festes de Thalie</em> dès 1714.&nbsp;
(3) Loure, gigues, tambourins, menuet, contredanse…&nbsp;
(4) Ils furent dotés du statut d’Académie en 1694 par Louis XIV. 
(5) Pourquoi avoir substitué la flûte au hautbois dans l’air « Non. Ni los clarins » du II (Daphnis) ?
(6) Comme le temps le veut, le dessus chante « Gazouillez, petits oiseaux à l’ombre du feuillage » dès son entrée. Que d’oiseaux notre XVIIIe siècle n’a-t-il pas invités !
(7) En plusieurs endroits, Mondonville précise « notes égales »… sans que la distinction soit clairement perceptible.</pre>
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		<title>Jean-Marc Andrieu, le partage avant toute chose</title>
		<link>https://www.forumopera.com/jean-marc-andrieu-le-partage-avant-toute-chose/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Sep 2022 08:58:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Flûtiste, chef de chœur et d&#8217;orchestre, directeur de conservatoire, directeur artistique de festival, baroqueux passionné, Jean-Marc Andrieu est un travailleur infatigable aux multiples casquettes. Il se lance dans un ambitieux projet de redécouverte d&#8217;un opéra méconnu – et en occitan – du narbonnais Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, Daphnis et Alcimadure, à l&#8217;occasion du 250e anniversaire de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="LEFT"><strong>Flûtiste, chef de chœur et d&rsquo;orchestre, directeur de conservatoire, directeur artistique de festival, baroqueux passionné, Jean-Marc Andrieu est un travailleur infatigable aux multiples casquettes. Il se lance dans un ambitieux projet de redécouverte d&rsquo;un opéra méconnu – et en occitan – du narbonnais Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, <em>Daphnis et Alcimadure,</em> à l&rsquo;occasion du 250e anniversaire de la disparition du compositeur. Interview à la veille de la Première à Montauban, samedi 1er octobre à 20h30 au Théâtre Olympe de Gouges, en ouverture du festival Passions Baroques avant deux représentations au Théâtre du Capitole de Toulouse mercredi 12 et jeudi 13 octobre à 20h.</strong></p>
<hr />
<p>
	<strong><em>Daphnis et Alcimadure</em> a été crée en 1754, un an après <em>Titon et Aurore</em>, en pleine querelle des Bouffons. Dédicacé à la Dauphine, Marie-Joseph de Saxe, qui vient tout juste de donner naissance au Duc de Berry, futur Louis XVI, l’œuvre obtient un joli succès à l&rsquo;époque et pourtant ne sera plus rejouée avant aujourd&rsquo;hui, comment avez-vous redécouvert cette partition ?</strong></p>
<p>Mon ami le musicologue Jean-Christophe Maillard – grand spécialiste de la musette de cour – a dressé le catalogue des fonds musicaux anciens de plusieurs bibliothèques, dont celle de Toulouse. C&rsquo;est lui qui a attiré mon attention sur cet ouvrage il y a une trentaine d&rsquo;années. Avec mon orchestre, nous en avons déjà interprété de larges extraits à la fin des années 1990 invités par Jean-Jacques Cubaynes, sensible à la culture occitane, au festival Déodat de Séverac à Saint-Félix-Lauragais. Au congrès mondial d&rsquo;Occitanie à Toulouse, une seconde représentation a rencontré à nouveau le succès du public, suscitant l&rsquo;envie d&rsquo;une version plus élaborée mise en scène par le chorégraphe Andy de Groat en résidence à Montauban dans les années 2000 avec des décors de Bob Wilson. Malheureusement, les changements politiques ont sonné le glas du projet qui n&rsquo;a pas abouti. Nouveau contretemps avec la pandémie qui a vu l&rsquo;annulation d&rsquo;une production à Narbonne – ville natale du compositeur – dans le cadre du festival de Radio-France. Aujourd&rsquo;hui, trois soirées sont programmées à Montauban et Toulouse, je croise les doigts et serai heureux quand je baisserai les bras après le dernier accord !</p>
<p> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>On peut dire que vous êtes un homme obstiné ! Quels sont les points forts de cette partition ? </strong></p>
<p>D&rsquo;un point de vue vocal, le premier point fort est un italianisme induit par la langue occitane, une vocalité naturelle avec des mélodies très attachantes, très expressives. Un art de Mondonville pour créer des ambiances prenantes et plaisantes.</p>
<p>Musicalement les danses sont particulièrement rythmiques et très réussies. D&rsquo;autre part, les parties de violons sont spécialement intéressantes et riches. Mondonville était lui-même un violoniste virtuose. Le fac-similé de l&rsquo;époque fait – comme souvent – l&rsquo;économie des parties intermédiaires que j&rsquo;ai reconstituées. Je me suis toutefois inspiré des parties d&rsquo;alto du prologue, conservées à la bibliothèque d&rsquo;Agen.</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>C&rsquo;est un travail que vous appréciez ?</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Tout à fait, cela permet de bien rentrer dans l’œuvre, de s&rsquo;imprégner de l&rsquo;écriture du compositeur.</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Quels défauts trouveriez-vous à cet ouvrage ?</strong></p>
<p>Le livret est sympathique mais un peu léger. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une pastorale crée à partir d&rsquo;une fable de la Fontaine : le berger Daphnis est fou d&rsquo;Alcimadure, une coquette de village éprise de liberté qui le dédaigne. Jeanet, frère de la belle, tente de la convaincre qu’il est le bien-aimé idéal. Le loup qui terrorise le village s’en mêle&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Quelles sont les difficultés lorsque l&rsquo;on monte une œuvre comme celle-là ?</strong></p>
<p>La principale difficulté est la langue occitane que les chanteurs ne pratiquent pas régulièrement. Elodie Fonnard (Alcimadure, soprano), François-Nicolas Geslot (Daphnis, haute-contre) Fabien Hyon (Jeanet, taille) et Hélène Le Corre (Clémence Isaure, soprano) ont travaillé avec Muriel Batbie-Castell, chanteuse et professeure d&rsquo;occitan. Ceci dit, l&rsquo;occitan est proche de l&rsquo;italien, terre familière pour les artistes avec l&rsquo;absence de nasalisation, la stabilité des voyelles&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Quel est votre plus grand plaisir avec cette œuvre ?</strong></p>
<p>Voilà une belle question&#8230; Rendre cette musique vivante et expressive, retrouver cette énergie de Mondonville dont je ressens qu&rsquo;il devait être un homme extrêmement actif et énergique.<br />
	Le plaisir c&rsquo;est celui de partager cette partition méconnue, écrite un an après <em>Titon et Aurore</em>, dans la même veine et qui rivalise presque – je prends la précaution de dire presque – avec Rameau.</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Qu&rsquo;est ce qui a soufflé à Mondonville l&rsquo;idée de cette pastorale occitane ? Est-ce une manière de faire un pas vers les Italiens dans le cadre de la querelle des bouffons ?</strong></p>
<p>Le compositeur bénéficiait, dans son entourage, à Versailles, de trois chanteurs célèbres pratiquant l&rsquo;occitan : Marie Felt, soprano bordelaise, l&rsquo;incomparable Jélyotte qui était de Pau et Latour qui était toulousain. Les côtoyer a dû lui donner l&rsquo;idée de les faire chanter ensemble dans leur langue maternelle. Mondonville a peut-être également voulu imiter Mouret dont l&rsquo;une des entrées des<em> Fêtes de Thalie</em> est chantée en provençal.</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Les représentations de Montauban et Toulouse sont le fruit d&rsquo;une coproduction avec le chœur de chambre Les Eléments de Joël Suhubiette, il s&rsquo;agit d&rsquo;un compagnonnage de longue date ?</strong></p>
<p>Oui, nous avons chanté ensemble dans les années 1970 dans le chœur d&rsquo;Alice Bourbon à Toulouse – voilà qui ne nous rajeunit pas ! – et sommes amis depuis très longtemps. Je fais spontanément appel à lui lorsque j&rsquo;ai besoin d&rsquo;un chœur et lui, de même si il a besoin d&rsquo;un orchestre. Un ami sur scène et dans la vie, dont j&rsquo;admire beaucoup le travail. Nous avons déjà gravé quatre ou cinq disques ensemble et cela a toujours été merveilleux.</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Vous êtes chanteur, baryton aigu, flûtiste à bec de formation, quand avez-vous basculé vers la direction de chœur et d&rsquo;orchestre ?</strong></p>
<p>Pour ce qui est du chœur, j&rsquo;ai fait mes premières armes assez rapidement, dès le début de ma carrière en 1983-84, lorsque j&rsquo;ai monté un chœur avec des amis, des professeurs du Conservatoire de Toulouse. Il faut dire que ma mère était cheffe de chœur et professeure de musique !</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Avec un tropisme pour l&rsquo;esthétique baroque ?</strong></p>
<p>Pas uniquement, même si ma formation en flûte à bec – notamment au conservatoire d&rsquo;Amsterdam – m&rsquo;a initié à ce répertoire très riche à cette période, comme à celui de la Renaissance. Ceci dit, le répertoire contemporain pour la flûte est tout aussi passionnant !</p>
<p>Pour ce qui est de l&rsquo;orchestre, je rêvais effectivement de monter les <em>Messes Brèves</em> de Bach et pour cela, il me fallait un orchestre. J&rsquo;ai recruté des musiciens intéressés dans les couloirs du Conservatoire de Toulouse pour ce premier concert sur instruments modernes avant de basculer sur instruments anciens en 1991 lorsque j&rsquo;ai pris la direction du conservatoire de Montauban et que la ville a accepté d’accueillir l&rsquo;orchestre en résidence. Nous étions alors la seule phalange baroque de la région. J&rsquo;ai alors arrêté la direction de chœur parce que c&rsquo;était trop dense et que j&rsquo;avais un relais de qualité avec le chœur de chambre des <em>Eléments</em>.</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p><strong><em>Les Passions</em>, orchestre baroque de Montauban ont 36 ans, quels sont les enjeux, défis pour une structure de cet age ?</strong></p>
<p>Actuellement nous sommes dans une période difficile de réduction des subventions de nos partenaires institutionnels. Les enjeux sont donc majeurs puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de savoir si nous allons pouvoir continuer d&rsquo;exister après le projet de <em>Daphnis et Alcimadure</em> dans lequel nous nous sommes beaucoup investis.</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p><strong>De 2003 à 2011 vous organisiez une saison à Toulouse, puis désormais le Festival Passions Baroques à Montauban et en Tarn-et-Garonne dont vous êtes fondateur et directeur artistique. Que vous apporte cette activité complémentaire de votre travail de chef ?</strong></p>
<p>Difficile d&rsquo;avoir une réponse originale à cette question, l&rsquo;objectif est avant tout de faire découvrir un répertoire, surtout de partager des émotions musicales avec le public. Et la période baroque nous réserve encore de magnifiques surprises.</p>
<p>J&rsquo;y ajouterai le souci de participer à l&rsquo;attractivité de ma ville avec des festivaliers qui viennent d&rsquo;assez loin et enfin le plaisir de faire découvrir aux auditeurs de jeunes artistes.</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Effectivement, vous avez été directeur du conservatoire de Montauban pendant trente ans, la jeunesse vous tient donc à cœur.</strong></p>
<p>Bien entendu, nous avons beaucoup travaillé en direction des scolaires avec des intervenants dédiés et créé il y a quatre ans des classes à horaires aménagés pour la voix avec un projet de Maîtrise. Je suis maintenant à la retraite, le projet n&rsquo;est désormais plus dans mes mains. J&rsquo;ai beaucoup d&#8217;empathie pour les directeurs de conservatoires aujourd&rsquo;hui car l&rsquo;âge d&rsquo;or est derrière nous&#8230;</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Pour terminer, avez-vous un rêve, une envie pour les prochaines années ? </strong></p>
<p>Je me régale chaque jour de faire un métier que j&rsquo;aime et les envies ne manquent pas : diriger la <em>Messe en Si</em> de Bach, une œuvre fantastique qui me tient à cœur, avec laquelle j&rsquo;ai découvert le chant choral ; créer les Motets de François Giroust, l&rsquo;un des derniers maître de chapelle de Louis XVI et continuer à redécouvrir le formidable répertoire lyrique du XVIIIe siècle qui recèle encore bien des trésors méconnus.</p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
<p align="JUSTIFY"> </p>
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		<title>Annulation de Montpellier : pas de recréation pour Mondonville</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/annulation-de-montpellier-pas-de-recreation-pour-mondonville/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2020 06:44:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Lorsque nous avons annoncé le programme de la 36 ème édition du Festival Radio France Occitanie Montpellier le 2 avril dernier, nous étions résolus à explorer tous les scénarios possibles pour permettre la réalisation des 165 concerts et événements prévus du 10 au 30 juillet dans 60 communes et 80 lieux de la région &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Lorsque nous avons annoncé le programme de la 36 ème édition du Festival Radio France Occitanie Montpellier le 2 avril dernier, nous étions résolus à explorer tous les scénarios possibles pour permettre la réalisation des 165 concerts et événements prévus du 10 au 30 juillet dans 60 communes et 80 lieux de la région Occitanie.» Hélas, le conseil d&rsquo;administration du festival a du se rendre à l&rsquo;évidence sanitaire hier et a décidé l&rsquo;annulation de cette édition d&rsquo;un festival toujours engagé à faire vivre des pans délaissés du repertoire. Ainsi avec cette décision c&rsquo;est la recréation d&rsquo;un ouvrage aussi singulier que quelque peu oublié (malgré une reprise en 1981, à Montpellier, déjà) qui disparait : <em style="font-size: 14px;">Daphnis et Alcimadure</em>, pastorale en occitan, d’après un conte de La Fontaine. Cette pièce fut créée en 1754 devant le roi, à Fontainebleau, et donnée plus de 600 fois. <strong style="font-size: 14px;">Jean-Marc Andrieu</strong> et son ensemble <strong style="font-size: 14px;">Les Passions</strong>, le chœur <strong style="font-size: 14px;">Les Eléments </strong>de <strong style="font-size: 14px;">Joël Suhubiette</strong> devaient y accompagner <strong style="font-size: 14px;">Anaïs Constans</strong> (Alcimadure) et trois autres solistes familiers de ce répertoire.</p>
<p> </p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Soustons</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-noces-de-figaro-soustons-funny-eighties/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jul 2018 05:38:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si Le Mariage de Figaro est une comédie de situation, Le nozze di Figaro ne pourrait-il pas devenir une sitcom ? Tel est le pari qu’a fait Olivier Tousis pour sa mise en scène du premier volet de la trilogie mozartienne, qui constitue cette année le plat de résistance du festin lyrique proposé par Opéra des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si <em>Le Mariage de Figaro</em> est une comédie de situation, <em>Le nozze di Figaro</em> ne pourrait-il pas devenir une sitcom ? Tel est le pari qu’a fait <strong>Olivier Tousis</strong> pour sa mise en scène du premier volet de la trilogie mozartienne, qui constitue cette année le plat de résistance du festin lyrique proposé par Opéra des Landes. Alors que certains festivals populaires hésitent à proposer Mozart à leur public – ce n’est pas sans appréhension que le directeur des Soirées lyriques de Sanxay a osé afficher <em>La Flûte enchantée</em> l’été dernier –, le public de Soustons s’est déplacé en masse, comme il l’avait fait il y a quelques années pour <em>Don Giovanni</em>. « Dramma giocoso » ou plutôt « opera buffa », c’est bien à une comédie que l’on a ici affaire, située dans ces années 1980 dont le legs télévisuel ne se résume pas à <em>Dallas </em>ou <em>Dynastie</em>, mais correspond aussi à l’âge d’or des <em>sitcoms</em>. On n’est donc pas très loin de la transposition à la Peter Sellars, avec en plus le regard amusé que permet la légère distance temporelle, comme l’avait osé François Ozon avec <em>Potiche</em>. C’est sur les codes du genre que joue cette production : on évite heureusement les rires en boîte pour ponctuer chaque gag, mais tout se joue autour de l’inévitable canapé – qui se substitue au fauteuil voulu par Beaumarchais au premier acte – et, pour les troisième et quatrième acte, au bord d’une piscine (californienne ?). Le changement à vue qui permet de passer de la chambre de Figaro en chambre de la comtesse est spectaculaire, et métamorphose un espace peu attrayant en luxueux boudoir.</p>
<p>Dans la salle de spectacle de Soustons, pas de fosse, hélas. Deux conséquences à cela : d’une part, la nécessité de recourir à une formation instrumentale limitée, ce qui n’est pas forcément un mal. La réduction pour dix musiciens offre une version agréablement chambriste de la partition, qui se change un peu en concerto pour violon. L’oreille en profite pour redécouvrir des pages pourtant bien familières, où émergent avec plus de relief tel trait du basson, telle ligne du cor, et jamais « L&rsquo;ho perduta » n&rsquo;aura autant ressemblé à un lied de Schubert ! L’autre conséquence, moins heureuse, est la nécessité de placer les instrumentistes à un endroit où ils n’empêchent pas de voir le spectacle, en l’occurrence côté jardin, ce qui prive les chanteurs d’un lien direct avec le chef et entraîne donc quelques décalages inévitables, heureusement sans gravité, malgré toute la rigueur – ou peut-être parfois à cause de la rapidité inattendue – avec laquelle <strong>Jean-Marc Andrieu</strong> conduit son orchestre. Côté cour, le continuo est brillamment tenu par le claveciniste <strong>Denis Radou</strong>. Les chœurs, qui ont très peu à faire dans <em>Les Noces de Figaro</em>, resteront au fond de la salle pour leurs deux brèves interventions.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="265" src="/sites/default/files/styles/large/public/noces.jpg?itok=lZWvgt-L" width="468" /><br />
	 © Myriam Gaudin</p>
<p>Sur le plateau, on retrouve bon nombre d’habitués d’Opéra des Landes, mais aussi quelques nouveau-venus. On commencera par saluer bien bas la superbe prestation de <strong>Khatouna Gadelia</strong>, dont le timbre possède les couleurs idéales pour incarner la Comtesse : ni matrone ni gamine, la voix a l’exact poids du rôle et, tout en conférant un grand relief à tous ses récitatifs, l’actrice sait parfaitement entrer dans la peau d’un personnage délicat à rendre aussi attachant que la musique le veut. Il serait temps que cette soprano, longtemps abonnée à Yniold et à l’Enfant de Ravel, se voie confier les grands rôles dans lesquels elle ne demande qu’à s’épanouir. Autre avantage de cette Comtesse : sa voix s’harmonise à merveille avec celle, beaucoup plus légère, de <strong>Manon Lamaison</strong>, toute jeune Suzanne qui livre une interprétation pleine de dynamisme et de fraîcheur, sans défaillance jusque dans les extrêmes de la tessiture. La mise en place du spectacle a été compliquée par le remplacement du rôle-titre, quelques semaines avant la première : initialement annoncé en Bartolo (logique, il avait été ici même Bartolo du <em>Barbier</em> en 2016), <strong>Marc Souchet</strong> a dû reprendre le rôle de Figaro, qu’il a eu l’occasion de chanter <a href="https://www.forumopera.com/breve/lopera-revient-a-alger">récemment à l’Opéra d’Alger</a>, dans une mise en scène également signée Olivier Tousis, mais complètement différente, et surtout réduite à ses airs : le baryton a donc dû apprendre tous les récitatifs en un temps record, et l’on sent qu’il n’est peut-être pas encore tout à fait à son aise dans un personnage qui, même s’il finit par être berné par les femmes, ne s’en prend pas moins pour le meneur de jeu pendant les trois premiers actes. Heureusement, la beauté du timbre fait oublier quelques incertitudes dans le texte. <strong>Pierre-Yves Binard</strong> manifeste en revanche une incomparable aisance tant vocale que scénique, avec un Comte très aimablement ridicule, qu’on croirait échappé d’une pièce de boulevard retransmise par <em>Au théâtre ce soir. </em><strong>Maela Vergnes</strong> renouvelle en Chérubin le Siébel à casquette de rappeur qu’elle avait offert dans <a href="https://www.forumopera.com/faust-soustons-est-ce-toi-boulgakov-reponds-reponds-vite"><em>Faust</em> en 2016</a>, avec une interprétation parfaitement maîtrisée de ses deux airs.  Marceline relookée en Julieta Serrano dans <em>Femmes au bord de la crise de nerfs</em>, <strong>Laetitia Montico</strong> déploie une fois de plus le talent déjà remarqué en Dame Marthe, avec un numéro digne de cette grande spécialiste des rôles comiques qu’est Jeannette Fischer. Si son  air du quatrième acte est coupé, ce n’est pas le cas pour le non moins hilarant Basilio rockeur de <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong>, qui se contente cette année d&rsquo;un « petit » rôle, après avoir été ici Rodolfo, le duc  de Mantoue, Faust ou Alfredo : quand on a peut compter sur une aussi belle voix, il serait dommage de ne pas lui laisser chanter « Il cuoio d’asino ». Non content de signer la mise en scène, Olivier Tousis est aussi un Antonio délicieusement bougon. Arrivé in extremis, <strong>Matthieu Toulouse</strong> est un Bartolo percutant, tandis qu’<strong>Anaïs de Faria</strong> est une Barberine effrontée, qui n’a plus guère à apprendre du Comte ou de Figaro.</p>
<p>On n’attend plus désormais qu’Opéra des Landes propose <em>Cos</em><em>ì fan tutte</em> pour compléter sa trilogie Mozart-Da Ponte…</p>
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		<title>Passions Baroques à Montauban, quand la délectation n&#8217;est pas morose</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/passions-baroques-a-montauban-quand-la-delectation-nest-pas-morose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Mar 2017 11:33:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la soirée de clôture du festival Passions Baroques à Montauban Jean-Marc Andrieu, son directeur artistique, a conçu un programme de musique italienne avec le Salve Regina d’Alessandro Scarlatti et le Stabat Mater de Pergolesi. Quand le premier meurt à Naples en 1725 – l’on ne sait pas à quelle date il a composé ce Salve &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la soirée de clôture du festival Passions Baroques à Montauban <strong>Jean-Marc Andrieu</strong>, son directeur artistique, a conçu un programme de musique italienne avec le <em>Salve Regina </em>d’Alessandro Scarlatti et le <em>Stabat Mater </em>de Pergolesi. Quand le premier meurt à Naples en 1725 – l’on ne sait pas à quelle date il a composé ce <em>Salve Regina</em> – le second y est encore étudiant et il ne terminera son <em>Stabat mater</em> qu’en 1736, peu avant de mourir prématurément. Le même terroir semble, en dépit des différences de génération et de formation, avoir donné des fruits voisins, pour des musiciens ayant tous deux cherché la gloire en écrivant des opéras. Leurs compositions ont en commun ce mélange d’émotion concentrée liée au sujet et d’exubérance vocale caractéristique de la musique religieuse napolitaine. Car si le thème est grave, la concurrence sévère entre les institutions religieuses et leurs mécènes conduit souvent à une surenchère ornementale suspecte de frivolité. Ecrites l’une et l’autre pour deux voix, soprano et alto, elles sont présentées ici par l’orchestre <strong>Les Passions </strong>dans une configuration orchestrale minimale. Cinq instrumentistes pour Scarlatti, deux violons et une basse continue à l’orgue, au violoncelle et au théorbe, sept pour Pergolesi, les mêmes plus un alto et une contrebasse. Entre l’effectif réduit de ces virtuoses, dont l’exécution est d’une netteté immaculée, et le parti-pris par Jean-Marc Andrieu de diriger au scalpel, les œuvres prennent une densité inhabituelle. Pergolesi grince parfois et si cela surprend on se souvient que les dissonances à vocation expressive ne sont pas absentes de l’opéra <em>Il Flaminio</em>, contemporain du <em>Stabat Mater</em>. Mais ces versions expurgées de graisse et de sucre n’en sont pas pour autant « light » : la vigueur des lignes n’exclut ni le galbe du contour ni les diaprures du son. Ce superbe travail orchestral soutient les solistes vocaux, <strong>Magali Léger</strong> et le contre-ténor<strong> Paulin</strong> <strong>Bündgen</strong>. L’association est heureuse car leurs timbres se marient délicieusement et leur interprétation révèle le même raffinement. On voudrait écouter avec le recueillement requis par le sujet, mais comme ce chant est source constante de plaisir, même quand il évoque la douleur ! Et ainsi un auditoire dont le silence absolu indique la concentration a été conduit à une délectation peut-être coupable, mais qui n’avait rien de morose ! </p>
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		<title>Magnificat à la Chapelle Royale</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/magnificat-a-la-chapelle-royale-blanchard-magnifie-pour-30-ans-de-passions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Oct 2016 07:22:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connaît la vocation des Passions, l’Orchestre baroque de Montauban : ils n’ont de cesse de défricher le répertoire, particulièrement celui des compositeurs méridionaux, avec le concours régulier du Chœur de chambre de Joël Suhubiette, Les Eléments, ou de celui du Capitole de Toulouse. Trentenaire oblige, fêté dignement, Les Passions nous proposent trois grands motets d’Antoine-Esprit &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On connaît la vocation des Passions, l’Orchestre baroque de Montauban : ils n’ont de cesse de défricher le répertoire, particulièrement celui des compositeurs méridionaux, avec le concours régulier du Chœur de chambre de<strong> Joël Suhubiette</strong>, Les Eléments, ou de celui du Capitole de Toulouse. Trentenaire oblige, fêté dignement, Les Passions nous proposent trois grands motets d’Antoine-Esprit Blanchard, dont deux gravés pour la première fois, réalisés <strong>Jean-Marc Andrieu</strong>, qui préside aux destinées de la formation qu’il a créée.  Enregistrés en public lors d’un mémorable concert du Festival de Radio France – Montpellier – Régions, Forum Opéra <a href="http://www.forumopera.com/breve/blanchard-sort-de-lombre-a-montpellier">en avait rendu compte</a>. Rappelons que Blanchard succéda à Bernier comme sous-maître de la Chapelle royale, et s’illustra avec Mondonville comme un des derniers représentants du grand motet versaillais après la mort de Delalande, Lalouette et Couperin.</p>
<p>L’orchestre est à quatre parties, qui se réduisent à deux violons et basse continue dans les passages les plus intimes. Richement coloré, il sonne de façon sensiblement différente de celui de ses prédécesseurs et contemporains de la Chapelle royale : Blanchard a intégré les pratiques en cours dans la sinfonie. Si les ritournelles des récits et des chœurs en rondeau sont d’un recours fréquent ,  le style dramatique de nombreux numéros, particulièrement dans le<em> In exitu Israel</em>, est du plus bel effet. A signaler l’écriture violonistique exigeante et raffinée. L’orchestre s’affranchit souvent de la doublure des chœurs. Aucun numéro ne laisse indifférent. S’il fallait n’en retenir que quelques-uns, ce seraient les chœurs ouvrant et concluant le <em>De profundis</em> , mais plus encore l’<em>In exitu Israel</em>, œuvre majeure par ses proportions, sa force et sa variété (le spectaculaire tremblement de terre du n°5, l’ample finale, puissant, d’une écriture admirable). Les chœurs, essentiels et nombreux, sont une parfaite réussite. Chacune des interventions est un régal, ponctuelle comme dans les numéros les plus développés. Les Eléments se situent au plus haut niveau, à l’égal des plus réputés. L’homogénéité des pupitres, la qualité d’émission, de projection, le modelé, l’articulation, tout est là. Les polyphonies sont d’un soin rare, toujours transparentes et lisibles, les chœurs homophones grandioses, bien projetés. <strong>Anne Magouët</strong> affectionne ce répertoire et son chant s’épanouit particulièrement au <em>De profundis</em> et dans le dernier motet. Une mention spéciale pour <strong>Cécile Dibon-Lafarge</strong>, que l’on découvre ce soir, issue du chœur : la voix est sonore, longue et séduisante. <strong>Nicolas Geslot</strong>, le haute-contre idéal du chant français, à la diction toujours très claire donne une belle leçon de style. Outre son timbre et son phrasé, on admire son aisance à passer sans la moindre défaillance d’un registre à l’autre. La qualité d’émission, le soutien de <strong>Bruno Boterf</strong> sont remarquables, tout comme son intelligibilité. Si <strong>Alain Buet</strong> ne se cantonne pas dans la musique baroque, il l’illustre avec talent. La direction de Jean-Marc Andrieu, très engagée, attentive, est remarquable à plus d’un titre. Elle excelle à modeler le son et les équilibres, à imposer les tempi appropriés, mais surtout à donner cet élan, cette énergie vitale qui font que toujours la musique avance, avec naturel. L’élégance, la force, la souplesse, la sensibilité sont au rendez-vous. Pour leurs trente ans, les Passions se hissent au plus haut niveau, parmi les formations baroques d’excellence. Le travail inlassable, humble et passionné que conduit Jean-Marc Andrieu, déjà porteur d’une riche production, connaît ici une véritable consécration.</p>
<p>Le riche livret bilingue (français – anglais), d’une  cinquantaine de pages, est introduit par une étude pertinente de Bernadette Lespinard, spécialiste de Blanchard, auquel elle a consacré sa thèse. Il comporte comme il se doit les textes chantés et leurs traductions dans les deux langues.</p>
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		<title>Blanchard sort de l&#8217;ombre à Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/blanchard-sort-de-lombre-a-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Jul 2016 14:28:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Souvent associé au chœur Les Eléments de Joël Suhubiette, Jean-Marc Andrieu et son ensemble Les Passions  défrichent infatigablement le répertoire baroque méridional depuis trente ans. On leur devait déjà un splendide enregistrement du Requiem de Gilles (2013, chez Ligia).  Cet anniversaire est l’occasion de l’exhumation de grands motets d’Antoine (dit Esprit) Blanchard (1696-1770), réalisés par &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Souvent associé au chœur Les Eléments de <strong>Joël Suhubiette</strong>, <strong>Jean-Marc Andrieu</strong> et son ensemble Les Passions  défrichent infatigablement le répertoire baroque méridional depuis trente ans. On leur devait déjà un splendide enregistrement du <em>Requiem</em> de Gilles (2013, chez Ligia).  Cet anniversaire est l’occasion de l’exhumation de grands motets d’Antoine (dit Esprit) Blanchard (1696-1770), réalisés par ses soins. Pour des raisons qu’on a peine à imaginer, alors que ce répertoire a fait l’objet de nombre de productions de haut vol, il a laissé dans l’ombre l’un de ses ultimes et plus beaux fleurons. Musique « savante » dira-t-on à sa mort. Cela est juste, mais cette science accomplie n’est jamais pédante ni bavarde, toujours au service d’une expression dramatique animée, colorée. Ayant très tôt intégré les pratiques lyriques du temps et l’écriture instrumentale que popularisait la sinfonie, ses motets sont d’une fraîcheur et d’une force originales et authentiques. Le <em>Magnificat</em> et le <em>De profundis</em> sonnent juste, les thèmes sont bien dessinés, avec des rythmes souples. L’ <em>In exitu Israel</em>, le plus ample, est aussi le plus dramatique, une œuvre majeure par sa variété et sa force, avec des contrastes  accentués, et de superbes chœurs.</p>
<p>La réalisation se situe au plus haut niveau, et soutient aisément la comparaison avec les meilleurs ensembles. L’orchestre est d’une excellente tenue, agile, dynamique, restituant avec bonheur ce qui donne à cette musique sa réelle originalité. Le chœur, lui aussi familier de ce répertoire, est exemplaire de tenue, de projection, d’articulation (avec – évidemment – la prononciation française du latin). La direction très engagée, attentive, excelle à animer cette musique, à modeler le son et les équilibres, à lui rendre ses accents. Les solistes, tous spécialistes de cette musique française baroque, ne déméritent jamais. Diffusé en direct sur France MusIque, le concert est enregistré, et le CD est attendu avec impatience pour renouveler ce moment de grâce et d’émotions partagées.</p>
<p>Antoine-Esprit Blanchard, trois grands motets (<em>Magnificat, De profundis, In exitu Israel</em>), Anne Magouët, Cécile Dibon-Lafarge, François-Nicolas Geslot, Bruno Boterf, Alain Buet, chœur de chambre Les Éléments, Les Passions, Orchestre Baroque de Montauban, Direction musicale : Jean-Marc Andrieu. Montpellier, Festival Radio France Montpellier Occitanie, Opéra-Comédie, 25 juillet 2016, 20h</p>
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		<title>Cinq questions à Jean-Marc Andrieu</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cinq-questions-a-jean-marc-andrieu/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/cinq-questions-a-jean-marc-andrieu/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Sep 2011 11:06:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l’occasion de sa participation au XIIe festival de Musique Ancienne de Saragosse, cinq questions à Jean-Marc Andrieu pour vingt-cinq ans de passion.         Vous étiez flûtiste et puis vous avez fondé un ensemble baroque dont on a récemment célébré les 25 ans. Comment êtes-vous passé de l’instrument à la direction ?   J’ai &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cinq-questions-a-jean-marc-andrieu/"> <span class="screen-reader-text">Cinq questions à Jean-Marc Andrieu</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          <strong>A l’occasion de sa participation au XIIe festival de Musique Ancienne de Saragosse, cinq questions à Jean-Marc Andrieu pour vingt-cinq ans de passion.</strong></p>
<p>			<strong>    </strong></p>
<p>			 </p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			<strong>Vous étiez flûtiste et puis vous avez fondé un ensemble baroque dont on a récemment célébré les 25 ans. Comment êtes-vous passé de l’instrument à la direction ?</strong></p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			J’ai effectivement appris la flûte à bec, d’abord au Conservatoire de Toulouse, puis au Conservatoire d’Amsterdam.  Evidemment le répertoire pour la flûte à bec m’a passionné et m’a naturellement conduit vers la musique baroque. En 1986, avec des amis musiciens de Toulouse j’ai eu envie de monter les <em>Messes Brèves</em> de Jean-Sébastien Bach. Après les concerts, encourageants, nous avons souhaité continuer de travailler le répertoire ensemble.</p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			<strong>C’est donc la naissance des Passions ?</strong></p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			Oui et non. En 1986, comme la plupart d’entre nous habitaient Toulouse l’ensemble s’est appelé Orchestre baroque de Toulouse. En 1991 la ville de Montauban nous a offert son hospitalité et nous sommes devenus l’Orchestre baroque de Montauban. Au fil des ans et du travail accompli, outre la ville, le Conseil Général de Tarn-et-Garonne et le Conseil Régional Midi-Pyrénées nous ont apporté le soutien financier indispensable à un rayonnement de plus en plus large. En 2003, étape importante, nous avons reçu la reconnaissance officielle du Ministère de la Culture, qui par l’intermédiaire de la DRAC nous a accordé une subvention adossée à une mission de restitution du patrimoine musical méridional. C’est l’événement qui nous a permis de changer d’échelle, de nous structurer, avec l’embauche de deux permanents chargés de l’administration et de la production. Parmi les objectifs fixés par le « missionnement », la poursuite de notre diffusion au plan national et international, l’édition de disques et les actions scolaires. C’est à ce moment là que nous avons choisi de nous baptiser Les Passions, parce que c’est un concept universel, sans frontières, et qu’il évoque aussi bien Descartes que Bach.</p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			<strong>L’ensemble a donc 25 ans. Comment fait-on pour durer ?</strong></p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			Le seul secret, c’est la constance dans le travail, la curiosité et la qualité. Nous nous sommes efforcés – et je crois pouvoir dire que nous y sommes parvenus – de proposer des programmes attractifs et valorisant des ressources inexploitées. J’ai une âme de limier et c’est un plaisir renouvelé que d’explorer les fonds disponibles, comme celui des ducs d’Aiguillon à Agen, pour enrichir le répertoire d’œuvres oubliées injustement, quitte à m’imposer de longs travaux de restitution, comme ce fut le cas pour le <em>Requiem</em> de Gilles dont le manuscrit était perdu. Il y a aussi la recherche de collaborations nouvelles, avec des musiciens traditionnels, comme Les Sacqueboutiers de Toulouse, ou avec le Chœur de chambre Les Eléments, que dirige mon ami Joël Suhubiette. Mais évidemment le soutien de la Direction régionale des Affaires Culturelles a joué un rôle fondamental puisqu’il a permis à l’ensemble  de consolider son développement d’orchestre professionnel à part entière et le reconnaît comme tel.</p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			<strong>Quelle est l’actualité des Passions ?</strong></p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			Eh bien en ce moment nous venons de terminer notre saison à Toulouse et nous nous consacrons à ce programme autour de <em>motets de Charpentier à trois voix d’hommes</em>, que nous donnons à Saragosse dans le cadre de notre mission d’ambassadeurs de la musique française et pour lequel un enregistrement est prévu. Nous préparons une nouvelle tournée du <em>Noël baroque occitan</em> pour la fin de l’année et nous avons notre activité permanente de diffusion musicale en région, en particulier avec notre participation à l’Académie de Monflanquin (pour cette édition la <em>Passion</em><em> selon Saint-Jean</em> de Bach) ainsi qu’au festival d’été à Montauban. A la rentrée nous nous produirons au prestigieux Festival de Musique Baroque de Pontoise.</p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			<strong> Avez-vous des projets, des rêves ?</strong></p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			En ce qui concerne l’orchestre, outre ce que je viens de dire, nous allons jouer à nouveau aux festivals d’Utrecht et de La Chaise-Dieu  et poursuivre, en concert comme au disque l’intégrale Jean Gilles (avec Les Eléments) avec le <em>Te Deum</em> et une <em>Messe</em> inédite découverte à la Bibliothèque Nationale.</p>
<p>			A titre personnel, je rêve de diriger un opéra, et si vous insistez je vous en dirai le titre : <em>Daphnis et</em> <em>Alcimadure</em>, de Mondonville, dont le livret est écrit en occitan. Il y a quelques années le projet avait séduit Nicolas Joël et puis des aléas divers se sont opposés à sa mise en œuvre. Je ne désespère pas que son successeur au Capitole accepte de mener à bien l’aventure !</p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			<strong>Propos recueillis par Maurice Salles</strong></p>
<p>			 </p>
<p>			<strong>La rentrée des Passions :</strong></p>
<ul>
<li>
				Soirée musicale chez Ingres, les vendredi 30 septembre à Lafrançaise (82), samedi 1er octobre à Labastide Saint Pierre et dimanche 2 octobre à Montauban
				</li>
<li>
				26e Festival Baroque de Pontoise, le dimanche 16 octobre
				</li>
<li>
				Première édition des « Passions baroques à Montauban », les samedi 22 et dimanche 23 octobre 2011<br />
				A cette occasion paraîtra le CD <em>Motets pour trois voix d’hommes</em>, enregistré fin août / début septembre à l’Abbaye-école de Sorèze, qui reprend les motets du concert <em><a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=2574&amp;cntnt01returnid=34">De Paris à Versailles</a></em> avec les mêmes solistes et un orchestre plus étoffé. 
				</li>
</ul>
<p>			Plus d&rsquo;informations sur <a href="http://www.les-passions.fr/index.htm">www.les-passions.fr</a></p>
<p>
			Jean-Marc Andrieu © DR</p>
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		<title>Concerti Grossi — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-passionnes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Nov 2010 16:14:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’heure du goûter, une foule dense emplit la nef de l’Eglise Saint-Aubin, avec des mines réjouies et gourmandes, prête à savourer ce concert vespéral consacré à Handel. Au menu, musique instrumentale et musique sacrée, des pièces courtes sans rien de lourd ni d’indigeste. Deux traiteurs spécialisés et souvent partenaires se sont associés pour le confectionner.   &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>	A l’heure du goûter, une foule dense emplit la nef de l’Eglise Saint-Aubin, avec des mines réjouies et gourmandes, prête à savourer ce concert vespéral consacré à Handel. Au menu, musique instrumentale et musique sacrée, des pièces courtes sans rien de lourd ni d’indigeste. Deux traiteurs spécialisés et souvent partenaires se sont associés pour le confectionner.</p>
<p>	 </p>
<p>	<strong>L’orchestre baroque Les Passions</strong> constitue la base, puisqu’il est à l’œuvre dans tout le programme. Sis à Montauban, cet ensemble (qui approche du quart de siècle) propose pour la septième année une saison spécifique aux mélomanes toulousains. Son fondateur <strong>Jean-Marc Andrieu</strong> est toujours aux commandes, et nombre de musiciens sont des anciens, même si l’effectif est à géométrie variable. Cette longue pratique partagée produit d’excellents résultats : la virtuosité des uns s’allie à la discipline et à la cohésion des autres. Dans le concerto <em>Alexander’s feast</em>, on est sensible à l’équilibre sonore, au jeu brillant du hautbois et du premier violon, à la présence de la basse continue, à la précision et à la mesure d’une direction qui refuse visiblement de théâtraliser les contrastes, au risque d’imprimer au rythme une régularité qui tend à brider son dynamisme. Le deuxième concerto grosso, en revanche, est animé dès son ouverture d’un allant qui ne se dément pas ; là encore, le hautbois brille, comme le basson, le continuo au positif remplit efficacement son office et tout concourt à recréer une élégante verve dansante.</p>
<p>	 </p>
<p>	Chaque concerto précède une hymne des onze composées de 1717 à 1718 par Handel pour son mécène, le richissime duc de Chandos, à partir de textes pris dans le Livre des prières de l’Eglise anglicane. Les deux choisies réclament un chœur à quatre voix, et ce n’est pas le moindre intérêt de ce concert que la présence de l’atelier vocal de l’ensemble Les Eléments. Alors que ce dernier, fondé en 1997 par Joël Suhubiette, qui le dirige toujours, est composé de professionnels, l’atelier vocal, sous le nom d’<strong>Archipels</strong>, regroupe étudiants en chant, en musicologie, enseignants et amateurs confirmés. Est-il utile de dire qu’ils ont en commun la passion du chant choral ? Le résultat est en tout cas d’une remarquable qualité. Qu’il s’agisse de l’anthem n°7 (<em>My song shall be alway</em>) ou de la n°11 (<em>Let God arise</em>) leur interprétation n’a rien à envier à celle de chœurs professionnels. Sans doute la direction de Joël<strong> Suhubiette</strong>, qui dirige orchestre et chœur pour ces deux pièces, y est-elle pour beaucoup ; il imprime à l’ouverture du n°7 un dynamisme qui ne faiblira pas un instant jusqu’au chœur final (peut-être faut-il y voir le regain qui vivifie le concerto suivant) et fait de la conclusion de l’anthem n°10 une véritable apothéose. Ainsi ces œuvres singulières, portées au grandiose par l’écriture de Handel et relativement intimes par les effectifs, où religiosité et théâtralité sont en véritable symbiose, résonnent avec une justesse qui comble.</p>
<p>	 </p>
<p>	Quatre solistes sont prévus pour la n°7 ; la haute-contre <strong>Frédéric Bétous</strong> et la basse <strong>Antonio Guirao</strong> font partie de l’atelier vocal Archipels, alors que le ténor <strong>Marc Manodritta</strong> appartient à l’ensemble les Eléments. Ils s’acquittent de leur partie sans problème, même si l’émission du ténor laisse penser qu’il souffre d’un rhume. On le retrouve dans l’anthem n°11 où il fait un sort heureux au bel air « Like as the smoke vanisheth ». La dernière nommée est aussi la plus connue, <strong>Isabelle Poulenard, </strong>étoilemarquante de la galaxie baroque depuis déjà longtemps. Aussi est-on presque surpris d’entendre une voix si fraîche, au service d’une interprétation toute diaprée de nuances subtiles qui illuminent le texte. Les gourmets présents l’ont saluée particulièrement, mais c’est à tous les artisans de ce délectable concert qu’ils ont exprimé leur gratitude par de longs applaudissements, récompensés par la reprise en bis du chœur final de l’anthem n°7.  Que c’est beau et que c’est bon, la passion partagée pour la musique !</p>
<p>	 </p>
<p>	<strong>Maurice Salles</strong></p>
<p>	 </p>
<p>	 </p>
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