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	<title>Leif Ove ANDSNES - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Leif Ove ANDSNES - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Les Diapason d’or investissent le TCE</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-diapason-dor-investissent-le-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Nov 2024 14:59:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme chaque année, le magazine Diapason sélectionne, au sein de sa rédaction, les meilleurs enregistrements parus de l&#8217;année écoulée pour constituer les Diapason d&#8217;Or de l&#8217;année. Cette saison, toutefois, le magazine convie les amateurs de musique à les découvrir avec une exclusivité : un concert avant-première des lauréats de l&#8217;édition 2024. Ce mercredi 13 novembre, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="elementToProof">Comme chaque année, le magazine Diapason sélectionne, au sein de sa rédaction, les meilleurs enregistrements parus de l&rsquo;année écoulée pour constituer les Diapason d&rsquo;Or de l&rsquo;année. Cette saison, toutefois, le magazine convie les amateurs de musique à les découvrir avec une exclusivité : un concert avant-première des lauréats de l&rsquo;édition 2024. <span dir="ltr">Ce mercredi 13 novembre</span>, au théâtre des Champs-Elysée de Paris, vous aurez donc le plaisir de découvrir au palmarès de cette année, et en tête d&rsquo;affiche de la soirée : <strong>Julia Lezhneva</strong>, soprano d&rsquo;un talent rare, <strong>Pene Pati</strong>, ténor présenté comme « le nouveau Pavarotti », <strong>Véronique Gens</strong>, soprano lyrique adepte de tous les répertoires, <strong>Sheku Kanneh-Mason</strong>, violoncelliste connu mondialement, et <strong>Leif Ove Andsnes</strong>, pianiste récipiendaire de plus ou moins toutes les distinctions à travers le globe. Les artistes dévoileront une fois de plus sur scène leur performance primée par Diapason aux côtés d&rsquo;autres lauréats, accompagnés par l&rsquo;Orchestre Consuelo, dirigé par <strong>Victor Julien-Laferrière</strong>. Ne manquez pas une soirée qui promet d&rsquo;être riche en émotions, où les talents de chacun s&rsquo;exprimeront pour bercer vos oreilles des plus grands chefs d&rsquo;œuvres de la musique. N&rsquo;attendez plus pour choyer vos oreilles.</div>
<div></div>
<div><em>Réservations des dernières places sur <span dir="ltr">www.theatrechampselysees.fr</span>, au <span dir="ltr">01 49 52 50 50</span> ou aux caisses du Théâtre.</em></div>
<div></div>
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		<title>Grieg par Lise Davidsen : notre disque du mois</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/grieg-par-lise-davidsen-notre-disque-du-mois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Feb 2022 04:49:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La jeune soprano norvégienne Lise Davidsen ne cesse de nous surprendre. Habituée aux rôles plutôt « colossaux », c&#8217;est dans la miniature qu&#8217;elle nous invite ici. Accompagnée (luxe suprême !) de son compatriote Leif Ove Andsnes, elle nous propose un superbe panorama des mélodies de Grieg, qui en ressortent comme transfigurées. Pour reprendre les mots &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La jeune soprano norvégienne <strong>Lise Davidsen</strong> ne cesse de nous surprendre. Habituée aux rôles plutôt « colossaux », c&rsquo;est dans la miniature qu&rsquo;elle nous invite ici. Accompagnée (luxe suprême !) de son compatriote <strong>Leif Ove Andsnes</strong>, elle nous propose un superbe panorama des <a href="https://www.forumopera.com/cd/songs-edvard-grieg-norway-to-heaven">mélodies de Grieg</a>, qui en ressortent comme transfigurées. Pour reprendre les mots de notre collègue Clément Taillia : « La concentration, la douleur rentrée de Dromme, montrent assez ce que de tels moyens peuvent apporter au Lied, quand ils sont guidés par autre chose que l’envie de faire crouler la salle. » Le <a href="https://www.forumopera.com/cd/songs-edvard-grieg-norway-to-heaven">disque du mois </a>de la rédaction !</p>
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		<title>Songs &#8211; Edvard Grieg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/songs-edvard-grieg-norway-to-heaven/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que Peer Gynt ou son concerto pour piano montrent qu’Edvard Grieg ne reculait pas devant les orchestrations les plus grandioses, ses mélodies sont parfois rangées trop vite dans la catégorie des élégantes miniatures. Savamment corsetées, joliment salonardes, ces pièces dans lesquelles il jeta ses plus beaux traits d’inspiration, porté par son amour pour la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que <em>Peer Gynt </em>ou son concerto pour piano montrent qu’Edvard Grieg ne reculait pas devant les orchestrations les plus grandioses, ses mélodies sont parfois rangées trop vite dans la catégorie des élégantes miniatures. Savamment corsetées, joliment salonardes, ces pièces dans lesquelles il jeta ses plus beaux traits d’inspiration, porté par son amour pour la culture norvégienne – et pour son épouse, la chanteuse Nina Hagerup ? Avec <strong>Leif Ove Andsnes</strong> et <strong>Lise Davidsen</strong>, le corset craque, le salon devient cathédrale.</p>
<p>Et <em>Haugtussa</em>, qui ouvre ce disque, suffirait à lui seul à faire mentir cette classification hâtive. Sorte de <em>Frauenliebe und -leben </em>décillé, où la désillusion amoureuse conduit peu à peu à la sagesse, ce cycle de huit mélodies écrites sur des poèmes d’Arne Gaborg contient des trésors d’inventivité mélodique et de raffinements harmoniques. Lise Davidsen et Leif Ove Andsnes y célèbrent leur illustre compatriote avec une sorte de gravité solennelle qui frappe dès les premières mesures de « Det syng », et porte immédiatement cette œuvre à sa dimension mythique. Lieu de mémoire de la poésie norvégienne. Car avec de tels artistes, le sérieux n’écrase pas, la rigueur ne rigidifie rien : ainsi « Mote » sécrète une douce nostalgie, quasi viennoise, et il faut entendre comment la voix de Brünnhilde de Davidsen se plie avec aisance aux sautillements de « Elsk » ou de « Killingdans ». Dans « Ved gjoetle-bekken » enfin, le piano d’Andsnes trouve, dans la voix d’albâtre de la soprano, un reflet dont nous ne se lasserons pas de sitôt de contempler les miroitements iridescents.</p>
<p>Remercions les interprètes d’avoir sélectionné, pour la suite de leur programme, d&rsquo;autres pièces permettant de mesurer l’étendue de leur entente musicale. « Med en vandlilje » (« Avec un nénuphar ») ouvre un dialogue où les tendres vocalises s’enroulent autour de l’ostinato de l’accompagnement. Même dans un « tube » comme « Jeg elsker dig » (« Je t’aime »), succès de jeunesse inspiré à Grieg par un poème d’Andersen, Lise Davidsen et Leif Ove Andsnes travaillent en orfèvres, ménageant admirablement le crescendo extatique qui traverse la partition de part en part. Plus ouvertement démonstratifs, les <em>Cinq poèmes </em>opus 69 offrent à la chanteuse de quoi étaler, sans complaisance mais sans fausse pudeur, une santé vocale évidemment superlative. Presque malgré nous, nous guettons, au détour de tel <em>forte </em>spectaculaire, les prolégomènes aux grandes héroïnes straussiennes ou wagnériennes. A tort : Lise Davidsen n’a pas enregistré Grieg pour nous faire patienter dans l’attente <em>d’Elektra </em>ou de <em>Tristan und Isolde. </em>La concentration, la douleur rentrée de « Dromme », montrent assez ce que de tels moyens peuvent apporter au Lied, quand ils sont guidés par autre chose que l’envie de faire crouler la salle.</p>
<p>Lied que l’on retrouve avec une troublante familiarité dans les <em>Seks Sange </em>opus 48 : écrits en allemand sur des poèmes de Heine, Goethe ou Walther von der Vogelweide, ces chants nous rappellent que Grieg, pour avoir un temps milité contre la suprématie allemande dans la musique de son pays, n’en reste pas moins redevable de l’influence de Schumann ou de Wagner (très prégnante dans le languissant « Dereinst, Gedanke mein »). Et à entendre la fraîcheur de « Grüss », la mélancolie de « Zur Rosenzeit », la capacité, dans « Die verschwiegene Nachtigall », à faire émerger des paysages par la seule puissance évocatrice du timbre, nous espérons que la carrière lyrique de Lise Davidsen aura soin de ne pas oublier Schubert, Brahms ou Wolf.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Lise Davidsen prête à retrouver ses racines norvégiennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lise-davidsen-prete-a-retrouver-ses-racines-norvegiennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Nov 2021 05:58:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ses deux précédents récitals pour Decca, gravés sous les baguettes d&#8217;Esa-Pekka Salonen et de Mark Elder, faisaient la part belle à Wagner, Strauss et au répertoire italien. Pour son nouvel opus, Lise Davidsen a décidé de troquer l&#8217;accompagnement orchestral pour le piano – rien moins que celui de Leif Ove Andsnes. Ce cadre plus intimiste a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ses deux précédents récitals pour Decca, gravés sous les baguettes d&rsquo;Esa-Pekka Salonen et de Mark Elder, faisaient la part belle à Wagner, Strauss et au répertoire italien. Pour son nouvel opus, <strong>Lise Davidsen</strong> a décidé de troquer l&rsquo;accompagnement orchestral pour le piano – rien moins que celui de <strong>Leif Ove Andsnes</strong>. Ce cadre plus intimiste a permis à la soprano norvégienne de rendre hommage à l&rsquo;un de ses plus illustres compatriotes, Edvard Grieg. Le disque prévoit une généreuse sélection de vingt-huit mélodies, piochées dans l&rsquo;important corpus laissé par le compositeur de <em>Peer Gynt</em>, pour un minutage total frôlant 1h20. Les amateurs de curiosités retiendront que les sessions d&rsquo;enregistrements ont eu lieu dans la ville de Bodø, soit au nord du cercle arctique  – ce qui ne devrait pas empêcher la voix torrentielle de Lise Davidsen d&rsquo;échauffer une nouvelle fois les esprits de ses admirateurs.<a href="https://lisedavidsen.lnk.to/GriegTW"> Déjà disponible en pré-commande, l&rsquo;album sortira le 7 janvier prochain.</a></p>
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		<title>Liederkreis op.24 Kernerlieder op.35</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/liederkreis-op24-kernerlieder-op35-comme-une-brillante-evidence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jun 2019 22:24:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce qui peut bien pousser un artiste à réenregistrer, à vingt ans d’intervalle, les mêmes œuvres ? Pour répondre à cette question, il n’y a qu’à écouter et comparer. Matthias Goerne, lorsqu’il enregistrait pour le label Decca, avait fait paraître deux beaux enregistrements consacrés à Schumann : l’un (1998) avec le pianiste Vladimir Ashkenazy où il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’est-ce qui peut bien pousser un artiste à réenregistrer, à vingt ans d’intervalle, les mêmes œuvres ? Pour répondre à cette question, il n’y a qu’à écouter et comparer.</p>
<p><strong>Matthias Goerne</strong>, lorsqu’il enregistrait pour le label Decca, avait fait paraître deux beaux enregistrements consacrés à Schumann : l’un (1998) avec le pianiste Vladimir Ashkenazy où il proposait le célèbre Dichterliebe opus 48 et le Liederkreis opus 24, l’autre (1999) avec son complice Eric Schneider où il couplait les cycles opus 35 et opus 39. Chacun de ces deux enregistrements connut les faveurs du public et de la critique. Goerne, plutôt en début de carrière, faisait alors figure de découverte. Ces enregistrements restent aujourd&rsquo;hui encore de belles réussites, même si Vladimir Ashkenazy ne nous a jamais entièrement convaincu en accompagnateur de lieder.</p>
<p>Vingt ans plus tard, alors qu’il n’a plus rien à prouver (mais cet artiste remarquable n’a jamais été démonstratif), Goerne se permet de remettre sur le métier son ouvrage, et propose avec un nouveau partenaire, le très talentueux <strong>Leif Ove Andsnes</strong> et chez Harmonia Mundi cette fois, un enregistrement superbe à tous égards des opus 24 et 35. </p>
<p>En vingt ans, l’homme a muri. Sa vision de Schumann s’est en quelque sorte approfondie, peut être un peu assouplie et il se permet aujourd’hui une simplicité de ton et une sobriété qui sont la marque des plus grands. Pas d’effet, pas de manière, mais une honnêteté sans faille par rapport à la partition, tant au chant qu’au piano, un sens très inspiré de la poésie naturelle de la musique de Schumann, comme si les deux interprètes se retrouvaient en amis après des années de complicité. Ils se sont en effet produits ensemble sur scène à différentes reprises et dans différents répertoires ces dernières années, mais le présent enregistrement est à ma connaissance le premier qu’ils réalisent ensemble. Gageons – et espérons – que ce n’est pas le dernier.</p>
<p>En vingt ans, la voix, elle, s’est assombrie sans pour autant s’alourdir, donnant aux interprétations de Matthias Goerne une magnifique couleur cuivrée, très riche en harmoniques, généreuse, humaniste, sans affectation. La diction, toujours bien compréhensible cependant, s’est elle aussi quelque peu assombrie. Sa vision des cycles, aidé en cela par la remarquable contribution de Andsnes, est devenue plus globale, et partant, aussi plus littéraire que par le passé. Dans les deux cas, que ce soit pour l’opus 24 ou pour l’opus 35, la suite de lieder est envisagée d’un seul trait, comme un vaste courbe tendue, avec des transitions très naturellement conduites, le pianiste fait là des merveilles, des contrastes rendus sans exagération, venus de la partition, que nos deux artistes déroulent avec un naturel déconcertant. Cette vision globale n’empêche pas le sens du détail et une réalisation extrêmement soignée de cette musique toujours complexe, mais dont ils révèlent les subtilités sans avoir l&rsquo;air d&rsquo;y toucher, dans un monde où tout s&rsquo;éclaire. Certes, l’opus 35 porte un caractère plus dramatique, plus emphatique que l’opus 24, qui est lui plus désespéré et en quelque sorte plus schubertien. Mais dans les deux cycles, chaque mot fait sens sans qu’il soit besoin d’insister, chaque intention musicale est clairement rendue et l’ensemble de l’enregistrement s’impose de lui même, on ne sait trop pourquoi, comme une brillante évidence.</p>
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		<title>SCHUBERT, Schwanengesang — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-le-chant-du-cygne-goerneandsnes-paris-tce-un-chant-du-cygne-pre-wagnerien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Feb 2017 09:15:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est tout à fait légitime de reprocher au Chant du cygne son manque d’unité. Si toutes les mélodies sont bien de la main de Schubert, ce n’est pas ce dernier qui les a assemblées afin de former le recueil que nous connaissons. La courbe de tension est donc moins efficace que dans La Belle &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est tout à fait légitime de reprocher au <em>Chant du cygne</em> son manque d’unité. Si toutes les mélodies sont bien de la main de Schubert, ce n’est pas ce dernier qui les a assemblées afin de former le recueil que nous connaissons. La courbe de tension est donc moins efficace que dans <a href="/schubert-la-belle-meuniere-goerneandsnes-paris-tce-goerne-sous-un-ciel-immensement-grand"><em>La Belle meunière</em></a> ou <a href="/schubert-le-voyage-dhiver-goerneandsnes-paris-tce-la-couleur-sous-la-glace"><em>Le Voyage d’hiver</em></a>, mais ce n’est pas parce que l’assemblage est apocryphe qu’il n’est pas digne d’intérêt. C’est surtout dans les pièces de la deuxième partie, celle consacrée à Heine, que Schubert va déployer des couleurs surprenantes pour son temps, et qui seront réutilisées plus tard par un certain Richard W. </p>
<p>Pour ouvrir la soirée, Matthias Goerne s’efface derrière son partenaire de jeu, le pianiste <strong>Leif Ove Andsnes</strong>. Il aurait été dommage de ne pas mettre à l’honneur celui qui s’est surtout fait un nom dans le répertoire de concert. Les <em>Drei Klavierstücke</em> qu’il nous livre sont l’œuvre d’un architecte. La forme nous apparaît évidente et claire, et le jeu souvent économe de pédale accentue la puissance équilibrée de cette musique. Notons tout de même que la verve beethovénienne du premier et troisième numéro réussit mieux au pianiste que la poésie lyrique du mouvement central. Le chant nous paraît parfois un peu distant, ce peut-être dû à un piano en manque de registre aigu.</p>
<p>C’est après l’entracte que nous retrouvons notre baryton miraculeux, qui nous semble tout de même un peu moins en forme que les autres jours. L’aigu souvent en voix de tête et donc bien plus mince que le reste de la tessiture est discutable (cela vaut surtout pour le « Liebesbotschaft » introductif, et reste présent dans la première partie du cycle). Heureusement, les morceaux avec plus de corps nous remontrent un <strong>Matthias Goerne</strong> racé comme nous le connaissons. Dès « Kriegers Ahnung » bien plus narratif dans la construction, les choses changent déjà de tournure. L’ambiance implacable de « In der Ferne » lui convient tout aussi bien, pièce pour laquelle chanteur et pianiste retiennent admirablement l’attention du public. L’adieu bondissant de « Der Abschied » nous offre un dernier rayon d’optimisme avant la deuxième partie consacrée à Heine. « Der Atlas » donne au chanteur des allures de Prométhée, faisant trembler le Théâtre  des Champs-Elysées comme jamais dans ces trois soirées (les affres du Hollandais wagnérien surgissent tout à coup). L’énigmatique « Die Stadt » montre tout le talent de Schubert à faire d’un simple élément musical un évènement à part entière. Presque toute la pièce est construite sur une septième diminuée, mais le talent de Leif Ove Andsnes nous montre à quelle point celle-ci peut nous paraître fantomatique. « Am Meer » est d’une présence tout aussi investie, mais c’est surtout « Der Doppelgänger » qui nous pousse jusqu’au bord du précipice. Pendant que le pianiste compte les pas un à un, le décor planté par le baryton est terrifiant, et cette « violence de la douleur » (Amfortas ?) se ressent dans toute la salle. Le public, encore abasourdi par les efforts déployés en perd pour une partie la possibilité d’applaudir. Avant de nous quitter, les deux interprètes nous livrent en bis une délicate « Taubenpost », bouclant ainsi leur projet schubertien pour de bon.</p>
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		<item>
		<title>SCHUBERT, Die Winterreise — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-le-voyage-dhiver-goerneandsnes-paris-tce-la-couleur-sous-la-glace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2017 08:37:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/la-couleur-sous-la-glace/</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;un des défis majeurs de l&#8217;interprétation du Voyage d&#8217;hiver réside dans son titre. Il ne doit en aucun cas s&#8217;agir d&#8217;une route morne à travers une neige terne et un ciel gris. Si le voyage schubertien a acquis une postérité qu&#8217;il serait superflu de décrire, c&#8217;est précisément parce sous la couche de givre brille une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">L&rsquo;un des défis majeurs de l&rsquo;interprétation du <em>Voyage d&rsquo;hiver</em> réside dans son titre. Il ne doit en aucun cas s&rsquo;agir d&rsquo;une route morne à travers une neige terne et un ciel gris. Si le voyage schubertien a acquis une postérité qu&rsquo;il serait superflu de décrire, c&rsquo;est précisément parce sous la couche de givre brille une mosaïque de sentiments dense et colorée. </p>
<p class="rtejustify">C&rsquo;est la couleur qui sera donc au programme de cette deuxième soirée que nous offrent <strong>Matthias Goerne </strong>et <strong>Leif Ove Andsnes</strong>. Un « Gute Nacht » plutôt sobre ouvre le cycle, probablement à cause du jeu encore frais du pianiste, ne donnant que peu de relief à cette imperturbable trame de croches. « Die Wetterfahne » prouve tout le contraire : Matthias Goerne joue avec le vent et fait de cette pièce pourtant assez brève une petite réussite à elle seule. « Erstarrung » nous fait pour la première fois deviner ce qui se cache sous la glace. Ni le jeu d’Andsnes, ni le souffle de Goerne ne viennent à manquer dans les vagues qui inondent l’auditoire. </p>
<p class="rtejustify">La forme strophique du « Lindenbaum » pourrait voir se tarir la source d’imagination de notre duo. Que nenni, puisque nous parlions de couleur. Mais ne nous y méprenons pas : la source de ces éclairages radicalement différents à chaque couplet, si caractéristiques du style de Schubert, réside dans le mot. Et Goerne le sait suffisamment bien que pour mettre tous ses efforts dans une prononciation adaptée sur mesure à chaque vers récité. La même réussite géniale est à constater dans « Auf dem Flusse », où le désespoir semble si grand qu’il voudrait à tout prix percer la calotte de glace sous laquelle il est contenu. Le jeu granitique et anguleux de Leif Ove Andsnes fait immédiatement penser à un paysage de Caspar David Friedrich, et c’est aussi grâce à lui, que « Rückblick » tourbillonne d’impatience, et que notre feu-follet (« Irrlicht ») est nimbé de sa lumière trompeuse. Mentionnons également que les deux interprètes ont l’intelligence de travailler à chaque fois leurs transitions entre les pièces par des silences mesurés<sup>*</sup>.</p>
<p class="rtejustify">Un autre grand sommet de la soirée est incarné par « Frühlingstraum ». Chaque ambiance est soigneusement travaillée par notre duo, qui n’hésite pas a rendre le temps ductile afin de souligner les changements de narration. L’effort surhumain déployé dans le crescendo central contraste idéalement avec la retenue de la dernière partie. La même montée en puissance se retrouve quelques pages plus loin dans l’évocation de la corneille (« Die Krähe »), pièce où l’âme du narrateur, comprenant sa fin toute proche, se met à bouillir et enfler sous la glace de l’hiver. </p>
<p class="rtejustify">Dans « Der Wegweiser », Goerne se livre au même jeu sur la forme strophique que dans les pièces précédentes. Les perpétuelles modulations du majeur au mineur et vice-versa ne suffisent pas au baryton, et c’est encore une fois par le mot que se crée la couleur juste. Après un « Wirtshaus » mortifère et un « Mut » faisant preuve d’une humble démesure, les parhélies (« Die Nebensonnen ») plantent le décor nécessaire à la clôture du cycle. Comme dans un adieu à la lumière et à la vie, l’hymne dansant des trois sphères permet à nos deux interprètes d’instaurer le vide nécessaire à la vielle du funeste vieillard. Dans « Der Leiermann », c’est peut être pour la première fois que la couleur s’est éteinte, ne laissant comme seul support pour l’auditeur ces mots que Goerne nous transmet dans la plus grande simplicité. La quinte implacable nous plonge dans une grisaille sans issue, nous donnant enfin l’impression d’être arrivés au terme de notre voyage.</p>
<p>* Rappelons poliment au public qu&rsquo;il réduit ces efforts à néant, ne voulant pas comprendre que les mesures introductives d’un lied ne font pas office de crachoir. Le baryton semble (à juste titre) gêné par ce concert de glaires à plusieurs reprises.</p>
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		<title>SCHUBERT, Die Schöne Müllerin — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-la-belle-meuniere-goerneandsnes-paris-tce-goerne-sous-un-ciel-immensement-grand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Feb 2017 08:38:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On pense souvent avoir déjà tout vu et entendu à propos de La Belle meunière. La constellation d&#8217;interprétations et d&#8217;enregistrement est vertigineuse et propose autant de styles différents. Pourtant, la magie du concert est précisément de proposer chaque soir une nouvelle lecture de l&#8217;œuvre interprétée. Comme nous le confiait Matthias Goerne dans sa précédente interview, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">On pense souvent avoir déjà tout vu et entendu à propos de <em>La Belle meunière</em>. La constellation d&rsquo;interprétations et d&rsquo;enregistrement est vertigineuse et propose autant de styles différents. Pourtant, la magie du concert est précisément de proposer chaque soir une nouvelle lecture de l&rsquo;œuvre interprétée. Comme nous le confiait Matthias Goerne <a href="http://www.forumopera.com/actu/matthias-goerne-schubert-nous-apporte-a-tous-quelque-chose">dans sa précédente interview</a>, il s&rsquo;agit de « recréer l&rsquo;œuvre à chaque concert ». </p>
<p class="rtejustify">C&rsquo;est bel et bien à une recréation que nous assistions hier au Théâtre des Champs-Elysées. Sous le ciel vaste ciel de la musique de Schubert, <strong>Matthias Goerne</strong> et <strong>Leif Ove Andsnes</strong> nous décrivent avec autant de simplicité que de maturité les fleurs, les ruisseaux et les forêts du meunier solitaire.</p>
<p class="rtejustify">Dans « Das Wandern », on sent le baryton encore en train de tâter du pied la scène. Les aigus trahissent une insécurité, mais que l&rsquo;on se rassure tout de suite, cela ne va pas durer. Cela n&#8217;empêche pas non plus d&rsquo;impressionnants figuralismes dans la partie de piano (pourtant assez peu inventive au premier abord). L&rsquo;eau, les pierres, les roues du moulin… autant d&rsquo;éléments nécessitant une attaque et une à chaque fois articulation différentes, ce que le pianiste exécute à merveille. Après un « Wohin? » résonnant depuis un ravin ouaté, c&rsquo;est  « Der Neugierige » qui offre le prochain bijou musical de la soirée. Tout en détente et retenue, la respiration d&rsquo;une salle entière est suspendue aux lèvres de Goerne, dont chaque mot nous parvient avec une clarté irréprochable.</p>
<p class="rtejustify">Ne croyons pas pour autant que <em>La Belle meunière</em> est seulement une histoire de contemplation poétique. La poigne de pièces telles que « Mein! » ou « Der Jäger » se charge de nous prouver le contraire, et on se souvient alors que Goerne faisait trembler les murs avec son <a href="http://www.forumopera.com/cd/die-walkure-wagner-le-tonnerre-des-dieux-a-hong-kong">Wotan il y a à peine deux semaines à Hong-Kong</a>. Le phrasé de Leif Ove Andsnes s&rsquo;adapte sans souci à la puissance du baryton, dégageant une force tranquille d&rsquo;un style aussi économe qu&rsquo;efficace. On retrouve cet étrange côtoiement de puissance et d&rsquo;atmosphère suspensive dans le diptyque « Die liebe Farbe » et « Die böse Farbe », Schubert étant aussi bien compositeur de « divines longueurs » que pionnier tardif du <em>Sturm und Drang</em>. </p>
<p class="rtejustify">Vient un dialogue entre le meunier et le ruisseau (« Der Müller und der Bach ») aux aspects fantomatiques.  Nous planons alors dans un entre-deux savamment maîtrisé, ce qui rend l&rsquo;attente entre celui-ci et la dernière pièce d&rsquo;autant plus pesante. Dans cette ultime berceuse du ruisseau (« Des Baches Wiegenlied »), toutes les émotions que nous avions vécues pendant l&rsquo;heure précédente s&rsquo;effacent peu à peu. Le jeu du pianiste se réduit au strict essentiel, la voix du baryton s&rsquo;amincit, tout converge vers un univers ou ne subsiste que le texte. Il faudra bien trente secondes d&rsquo;attente au public pour manifester son enthousiasme, la contemplation du « ciel immensément grand » étant quelque chose qu&rsquo;il ne vaut mieux pas troubler.</p>
<p> </p>
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		<title>SCHUBERT, Die Winterreise&#124;Die Schöne Müllerin&#124;Schwanengesang — Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-trois-cycles-de-schubert-par-matthias-goerne-et-leif-ove-andsnes-bruxelles-bozar-integre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Feb 2017 06:25:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a les concerts qu’on oublie vite, ceux qu’on retient pour quelques semaines, et puis il y a ceux dont on pense se souvenir toute une vie. Parmi les trois récitals qu’ont donnés Matthias Goerne et Leif Ove Andsnes la semaine dernière à Bruxelles, le second fait incontestablement partie de cette dernière catégorie. Consacrés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a les concerts qu’on oublie vite, ceux qu’on retient pour quelques semaines, et puis il y a ceux dont on pense se souvenir toute une vie. Parmi les trois récitals qu’ont donnés <strong>Matthias Goerne</strong> et <strong>Leif Ove Andsnes </strong>la semaine dernière à Bruxelles, le second fait incontestablement partie de cette dernière catégorie.</p>
<p>Consacrés aux trois cycles de lieder de Schubert, successivement <em>La Belle Meunière</em> (<em>Die Schöne Mullerin</em>), <em>Le Voyage d’Hiver</em> (<em>Winterreisse</em>) et <em>Le Chant du Cygne</em> (<em>Schwanengesang</em>), ces soirées événements ont attiré dans la grande salle du Palais des Beaux-Arts un important public de fins connaisseurs extrêmement respectueux du répertoire et des artistes, malgré les habituelles toux hivernales.</p>
<p>Un duo chant piano, ce sont deux personnalités qui se complètent ou qui s’affrontent, c’est la rencontre de deux individualités avec le répertoire d’abord, avec le public ensuite. Concernant Goerne et Andsnes, on ne peut imaginer tempéraments plus différents : une très grande liberté, un brin de désinvolture d’un côté, une rigueur un peu froide de l’autre, des mouvements chaloupés chez Goerne, un contrôle parfait chez Andsnes, mais chez tous les deux un très grand professionnalisme, une parfaite connaissance du répertoire, une maîtrise technique assumée, un amour profond pour cette musique. Ensemble et sans compromis, ils vont démontrer ce qu’est un cycle, le dérouler sur une soirée entière, construit, tendu comme une arche, tout en y ménageant les moments de détente ou les changements de climat qui constituent la trame de la narration. Les transparences de la voix, d’une tendresse extrême dans l’aigu, l’homogénéité dans tous les registres, la puissance des graves, l’infinie variété des couleurs répondent à la rigueur de la construction du pianiste qui livre lui aussi, au passage, des moments d’une touchante humanité avec une grande modestie. Sans partition ni aide mémoire, voyageur sans bagage, sans même un verre d’eau, Goerne incarne la musique de Schubert comme personne, il l’habite à sa façon et la restitue dans toute son intensité avec une limpidité exemplaire ou chaque élément fait sens.</p>
<p>La réalisation était déjà très exceptionnelle le premier soir pour <em>La Belle Meunière</em>. Une des difficultés du cycle réside dans les nombreux lieder à couplets qui émaillent la partition, le compositeur allant jusqu’à répéter cinq fois la même strophe musicale. Goerne ne s’en émeut guère et propose pour chaque couplet une couleur différente, un tempo adapté, un ton nouveau qui font qu’on s’aperçoit à peine de la redite ; il suit toujours le texte du poème au plus près, lui donne sens tantôt avec humeur, tantôt avec poésie, tantôt avec une infinie nostalgie qui fend le cœur, comme s’il éprouvait lui-même, là, sous vos yeux, à l’instant, les désespoirs combinés du poète et du musicien. Tout est intègre, rien n’est feint dans cette émotion à fleur de peau, et c’est pour cela qu’il est si touchant. Merveilleusement à l’écoute de son partenaire mais sans aucune complaisance, Andsnes construit, relie, donne la cohérence indispensable à toute la variété des propositions du chanteur.</p>
<p>C’est exactement la même répartition des rôles qui prévaut pour la deuxième soirée, consacrée au <em>Voyage d’hiver</em>, avec plus d’intensité encore. La partition est probablement plus dense, les textes conviennent mieux au timbre sombre du chanteur, le cycle est un peu plus long et plus désespéré encore. Ici aussi, Andsnes trace la route sur laquelle Goerne emmène le spectateur en voyage, à travers un monde imaginaire très riche et parfaitement sincère. Pour peu qu’on suive le texte de près, on voit chaque scène se dérouler sous nos yeux ébahis : la girouette battue par les vents, le tilleul des jours heureux, le corbeau qui plane au dessus du voyageur etc… Mais cette construction n’a rien d’anecdotique ; elle est plutôt d’ordre métaphysique, reliant le spectateur au monde universel des émotions humaines les plus profondes, la solitude face à la nature, la crainte de l’abandon, la douce nostalgie du souvenir, la colère, le désespoir ou la résignation.</p>
<p>La troisième soirée débutait par les trois klavierstücke de 1828, contemporains du <em>Schwanengesang</em> à l’affiche. Quelque peu remanié pour plus de cohérence (on se souviendra que ce cycle-là n’a pas été conçu comme tel par Schubert mais est une création posthume de l’éditeur) mais d’une intensité dramatique moins construite, ce <em>Chant du cygne</em> présente aussi moins d’homogénéité que les deux autres cycles, et s’avère donc plus difficile à défendre en tant qu’entité. Chaque lied est pourtant investi totalement tant par le pianiste que par le chanteur. Dans une veine très sombre à nouveau, où la colère pointe sans cesse, à grand renfort de coups de voix en pleine puissance, Goerne se démène avec véhémence mais l’émotion, pourtant bien réelle, n’atteint pas les cimes rencontrées la veille.</p>
<p>Ces trois soirées inoubliables s’achèveront chacune sur un long silence recueilli, suivi d’une salve particulièrement nourrie d’applaudissements, toute la salle debout pour remercier les artistes de ces prestations réellement exceptionnelles.</p>
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		<title>Autograph &#8211; Ian Bostridge</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/autograph-ian-bostridge-du-chant-et-de-lesprit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2015 05:46:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ian Bostridge n’est pas un ténor comme les autres. Sous son allure de Lord anglais brille un historien formé à Oxford et à Cambridge : ses passions, il les chante, et il en fait des livres. Schubert’s Journey : Anatomy of an Obsession, son dernier ouvrage paru en 2014, raconte sa passion première, immuable, pour Schubert, et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify"><strong>Ian Bostridge</strong> n’est pas un ténor comme les autres. Sous son allure de Lord anglais brille un historien formé à Oxford et à Cambridge : ses passions, il les chante, et il en fait des livres. <em>Schubert’s Journey : Anatomy of an Obsession</em>, son dernier ouvrage paru en 2014, raconte sa passion première, immuable, pour Schubert, et qui l’accompagne depuis ses débuts de jeune chanteur. Ainsi le travail de recherche, l’approfondissement du texte et de la musique précèdent et façonnent chacune de ses interprétations. Et ce qui est extrêmement plaisant, pour celui qui l’écoute, c’est que cela se sent.</p>
<p class="rtejustify">Amoureux transi de la poésie romantique allemande, admirateur de l’illustre Dietrich Fischer-Dieskau, Ian Bostridge est passé maître dans l’interprétation du lied auquel cette collection <em style="line-height: 1.5;">Autograph</em> consacre au moins deux disques. Si l’on a tendance à préférer le <em style="line-height: 1.5;">Winterreise</em> de Schubert et les <em style="line-height: 1.5;">Dichterliebe</em> de Schumann en voix de baryton, il se révèle toujours chez le ténor une intelligence fulgurante du texte et du contexte qui nous saisit dans l’instant. Sur ses lèvres, l’allemand est incisif, élégant même, et les poèmes se déclament et se murmurent tour à tour comme des contes : l’histoire d’<em style="line-height: 1.5;">Erlkönig</em> qui ouvre le premier disque n’effraie pas tant par la profondeur de la tessiture que par l’écrasante fatalité du discours du Roi des aulnes. Et dans cet engagement prodigieux, Ian Bostridge emmène avec lui des accompagnateurs hors pairs tels que <strong>Antonio Pappano</strong>, <strong>Julius Drake</strong> ou encore <strong>Leiv Ove Andsnes</strong>, avec qui se noue un dialogue d’une fluidité confondante. </p>
<p class="rtejustify">N’était l’éclectisme présenté par ce coffret, on aurait pu penser que Ian Bostridge était sur une niche. Son activité artistique récente, presque exclusivement tournée vers des récitals de lieder et la publication de livres nous faisait presque oublier l’existence d’un répertoire d’une grande diversité d’époques et de styles. Quoiqu’extrêmement consciencieux et exigeant dans ses choix, deux disques consacrés aux répertoires baroque et classique nous permettent d’apprécier la distinction et la virtuosité technique de son chant lunaire, en particulier dans « Dopo notte, atra e funesta » extrait d’<em>Ariodante </em>de Handel, malgré une tessiture certes un peu grave. Mais Ian Bostridge sait quitter la préciosité et le plaisir délicat lorsqu’il embrasse le répertoire contemporain. Sa maîtrise et son impudeur salutaire font de lui un grand interprète de Britten et de Adès, qui composa pour lui le rôle de Caliban dans son opéra <em style="line-height: 1.5;">The Tempest</em>, adapté de la pièce de Shakespeare, et poussant parfois la voix du ténor dans ses retranchements. </p>
<p class="rtejustify">Mais lui qui affectionne tant les correspondances entre littérature et musique, que n’a-t-il chanté et enregistré de la musique française, qui seule fait défaut dans ce magnifique paysage ? L’interview-portrait du ténor anglais ne répond pas à cette interrogation. Elle n’en constitue pas moins une promenade passionnante autour des œuvres marquantes de son répertoire et des grands textes littéraires desquels elles ont émergé.</p>
<p>_______</p>
<p><strong><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B010RQBBB8/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B010RQBBB8&amp;linkCode=as2&amp;tag=forumopera-21" rel="nofollow">&gt; Achetez ce coffret Autograph Ian Bostridge</a><img decoding="async" alt="" border="0" height="1" src="http://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=forumopera-21&amp;l=as2&amp;o=8&amp;a=B010RQBBB8" style="border:none !important; margin:0px !important;" width="1" /></strong></p>
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