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	<title>Arianna MANGANELLO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Arianna MANGANELLO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor &#8211; Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-lucia-di-lammermoor-berlin-deutsche-oper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut croire qu’elle a fait ses preuves, cette mise en scène de <em>Lucia di Lammermoor</em>, car on en donnait au Deutsche Oper de Berlin la 154e représentation depuis la première en décembre 1980. Dire toutefois que la proposition de<strong> Filippo Sanjust</strong> n’a pas pris une ride n’aurait ici pas de sens car c’est justement le propos du metteur en scène et costumier italien, mort en 1992 à 67 ans, que de montrer comment on mettait un opéra en scène autrefois, il y a bien longtemps. C’est-à-dire à une époque où les metteurs en scène en tant que tels n&rsquo;avaient pas vraiment de raisons d&rsquo;être dans les maisons d’opéra où, en général, c’était la même personne, souvent le directeur lui-même, qui donnait ses directives pour l’ensemble des pièces de la saison. Mais pour être plus précis et donner du sens à ce que veut nous montrer Sanjust, les notes d’intention de cette <em>Lucia</em> nous sont d’une aide précieuse. En effet, nous assistons ce soir à une représentation dont une des spectatrices n’est autre que… Emma Bovary. Nous voici plus précisément renvoyés au chapitre 15 de la deuxième partie de <em>Madame Bovary</em> qui commence ainsi : « La foule stationnait contre le mur (…). A l’angle des rues voisines, de gigantesques affiches répétaient en caractères baroques : <em>Lucie de Lammermoor</em> (…) ». Suit une description de la salle, de l’orchestre et, le rideau une fois levé, du décor et de l’action, avec, on le devine, une attention particulière de la part de l’héroïne de Flaubert à l’histoire d’amour qui « finit mal » entre Lucie et Edgard.<br />
Ainsi faut-il comprendre ce que Filippo Sanjust projette de nous montrer. Nous allons tout voir au travers des yeux d’Emma. Le résultat est spectaculaire. Un double rideau ferme la scène et l’ouvrira pour chacun des 6 tableaux. Ce rideau, comme les décors qu’il découvre, fleure bon l’opéra d’antan, et pour cause. Des décors en carton-pâte, entièrement fidèles au livret (il y aura donc au total six décors différents), avec son lot de forêts, de fontaine jaillissante, de banquet, de cimetière, et de perspectives en trompe-l’œil. Et puis tout ce qui va avec, à savoir des costumes qui sont une copie exactement conforme à ceux de l’époque de Walter Scott (c’est le même Filippo Sanjust qui signe les décors et les costumes).</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0imgtoolkit.culturebase-1294x600.jpg" alt="" width="701" height="325" />
© Bettina Stöβ</pre>
<p>Et enfin le jeu d’acteurs, si tant est que l’on puisse évoquer cela. Les personnages ne sont pas vraiment mis en scène, leurs gestes et déplacements sont minimalistes et convenus, souvent ils se campent devant la scène, au bord d’une rangée de photophores, pour entamer qui leur air, qui leur duo. A cet égard, le sextuor du quatrième tableau est un modèle du genre : tous les choristes et les chanteurs ne bougent pas d’un iota pendant les sept minutes que dure cet ensemble.<br />
Expérience curieuse mais qui a au moins le mérite de démontrer qu’aujourd’hui faire appel à un metteur en scène, cela a du sens !<br />
La soirée nous permet de découvrir une nouvelle Lucia : l’Espagnole <strong>Serena Sáenz</strong>, lauréate de trois prix au concours Opéralia 2022 à Riga, a fait récemment ses débuts en Marie (<em>La fille du régiment</em>) à Munich. L’impression est très favorable. La voix parfois encore ténue et manquant de muscle dans le milieu de gamme, fait preuve d’un ambitus remarquable. L’aigu est franc et distingué, les suraigus filés sont impeccables, la scène de la folie est une réussite. Pour que l’émotion se communique davantage, il faudra donner plus d’entrain aux scènes dramatiques : les tempi étaient excessivement ralentis, ce qui a aussi permis à Serena Sáenz de négocier les innombrables obstacles sans encombre.<br />
C’est <strong>Andrei Danilov</strong> qui est Edgardo. Ce membre de la troupe du Deutsche Oper, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/manon-manon-manon-turin/">récemment des Grieux à Turin</a>, peine à trouver le ton juste au premier tableau. Le reste de la partie est de meilleure facture, même si le timbre ne nous a pas impressionné par sa noblesse. Belle scène conclusive en revanche. Les autres rôles sont également tenus par des membres de la troupe. Le baryton américain <strong>Dean Murphy</strong> est un Enrico retors à souhait, <strong>Kangyoon Shine Lee</strong> ne nous convainc qu’à moitié dans un emploi (Arturo) il est vrai assez falot. Les seconds rôles (<strong>Gerard Farreras</strong> en Raimondo, <strong>Ariana Manganello</strong> en Alisa et <strong>Jörg Schörner</strong> en Normanno) complètent sans faiblesse la distribution. L’orchestre et les chœurs du Deutsche Oper sont dirigés par <strong>Matteo Beltrami</strong>, très soucieux de la coordination entre la fosse et la scène. Les deux solos (harpe et flûte) ont été formidablement rendus et très bien coordonnés avec la scène par la baguette du chef. On notera par exemple la belle complicité entre Lucia et la flûte dans la première partie de la scène de la folie.</p>
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		<title>CHEMIRANI, Negar &#8211; Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/chemirani-negar-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Juste, qualifie dans son ensemble la création française de Negar, né à la Deutsche Oper Berlin en 2022. Ce « conte documentaire » en quatre actes qui narre un triangle amoureux entre deux femmes et un homme dans le Téhéran actuel, réussit tout à fait à revivifier le genre opéra avec sa voix propre, offre une mise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Juste, qualifie dans son ensemble la création française de <em>Negar</em>, né à la Deutsche Oper Berlin en 2022. Ce « conte documentaire » en quatre actes qui narre un triangle amoureux entre deux femmes et un homme dans le Téhéran actuel, réussit tout à fait à revivifier le genre opéra avec sa voix propre, offre une mise en scène ambitieuse au cordeau de ses enjeux dramaturgiques et musicaux et réunit une équipe d’acteurs chanteurs fascinants.</p>
<p>Juste aussi, le livret trilingue que signent <strong>Marie-Eve Signeyrole</strong> et  <strong>Sonia Hossein-Pour</strong>. On évacuera d’entrée la question : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/auteurs/sonia-hossein-pour/">Sonia est une consœur de Forumopera</a>. Que cela ne n&rsquo;influe en rien sur l’éloge qu’elles doivent recevoir. Le succès des opéras contemporains repose en grande partie sur la qualité du livret. C’est son dynamisme et sa structure qui vont irriguer la musique et ils sont peu nombreux les compositeurs contemporains qui peuvent sublimer un texte faible (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/dusapin-macbeth-underworld-paris/">c’est le problème principal de <em>Macbeth Underworld</em> par exemple</a>). Sous ses dehors de scènes mises bout à bout, le « documentaire » imite la structure d’une pièce en cinq actes, de sa brillante scène d’ouverture dans une boite de nuit, où le public debout au milieu des chanteurs participe aux retrouvailles de nos héros, à ses moments d’amours suspendues en forme de troisième acte, son cataclysme avec l’arrestation par la police religieuse du régime dans un quatrième acte suffocant, à sa résolution en forme d’aporie et cette porte que Negar, l’héroïne, referme sur sa vie, sur son pays, sur ses amours.</p>
<p>Juste, la composition de<strong> Keyvan Chemirani</strong> épouse le réalisme de cette prose. Les lignes vocales s’enrubannent dans des mélodies et quelques mélismes. La partition ne répond en rien aux canons de la musique contemporaine mais elle revigore le théâtre lyrique par l’incorporation des instruments et des écarts toniques de la musique persane. Il n’y a rien d’orientalisant dans la démarche, <em>Negar </em>s’impose rapidement comme sa propre forme musicale &#8211; étrangement déracinée, comme Shirin l’autre héroïne féminine, entre Occident et Téhéran. <em>Negar</em> enfin consent quelques révérences, notamment à Gluck et son <em>Orphée</em>, par un bref arioso en citation et surtout par le dernier geste de Negar qui se retourne à la toute fin pour finir de contempler la catastrophe.<strong> Sonia Ben-Santamaria</strong> dirige avec une précision d&rsquo;orfèvre cet ensemble bigarré, somme d&rsquo;excellents musiciens, en même temps qu&rsquo;elle assure le lien avec une scène déportée à laquelle elle tourne le dos. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="769" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/11.-Negar-OONM-@-Marc-Ginot-1024x769.jpg" alt="" class="wp-image-159976"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Marc Ginot</sup></figcaption></figure>


<p>Juste, la réalisation scénique aussi simple qu’inventive imaginée par Marie-Eve Signeyrole et «&nbsp;performée&nbsp;» par une équipe technique mise à forte contribution. <em>Negar</em> veut montrer les coulisses de la société iranienne, montrer l’intime d’une identité, celle de Shirin, déchirée entre la France et l’Iran, montrer les corps qu’on interdit dans leur sensualité même, le cinéma documentaire « pornographique » (dixit les bassidjis) d’Aziz, le frère de Negar. La mise en scène montrera les coulisses du théâtre pour mieux le propulser au cœur de l’illusion. Le public entre par les coulisses de bord de scène côté cours sur ce qui est normalement la scène de la Comédie de Montpellier. Passée la scène de la boite de nuit, le public s’assoit sur deux gradins qui se font face, les acteurs chanteurs à quelques mètres devant lui, l’orchestre à jardin commente l’action en même temps qu’il y participe quand des musiciens viennent jouer dans les scènes du quotidien (un repas, un thé partagé en terrasse). Les éléments de décors (un tapis et quelques plats, la fenêtre de la cuisine, une voiture des années 90 etc.) défilent dans cet espace scénique comme dans un long travelling. La direction d’acteur s’intensifie de scène en scène. La joviale simplicité des scènes de repas, l’étreinte manquée dans le hammam, la longue torture d’Aziz et de Shirin… absolument tout acquiert une justesse en effet proche du documentaire.</p>
<p>Juste enfin, l’incarnation des six chanteurs engagés corps et âmes dans cette narration. <strong>Matthew Cossack</strong> et <strong>Arianna Manganello</strong> nous glacent les sangs en bassidjis violents et grossiers, dans des rôles où la précision rythmique est clé. <strong>Leander Carlier</strong> forge le portrait du petit frère traditionnaliste de la famille dans un metal sombre et une projection confortable. Il saura rendre son personnage sympathique quand on comprendra que sa défense de l’ordre moral est bien moins idéologique qu’un reflexe de peur et de protection pour ses frères et sœurs. Aziz d’ailleurs trouve en <strong>Julian Arsenault</strong> un baryton aux harmoniques riches, à la présence scénique intense et à l’engagement total. Il parvient à faire d’Aziz ce frère sensible et amoureux, jouet de ses sentiments et de son obsession de vidéaste qui provoquera la catastrophe (ses vidéos sont autant de preuve de la «&nbsp;perversion&nbsp;» de nos héros), alors que le personnage ne dispose pas d’un seul monologue. Après <em>Macbeth Underworld</em>, <strong>Katarina Bradić</strong>&nbsp;finit de s’imposer en France comme un mezzo incontournable. On ne sait que louer le plus du timbre mat au métal identifiable immédiatement, à l’interprétation sensible jusqu’au magnétisme aussi simple qu’hypnotisant. <strong>Aida Nosrat</strong> pour finir, réalise une prise de rôle impressionnante. Arrivée tardivement dans le projet, forte d’une technique où le chant lyrique ne prédomine pas, elle se débat avec brio dans une écriture parfois inconfortable pour sa tessiture. Intelligemment elle se sert de cette altérité sonore pour imposer discrètement Negar comme le personnage pivot, celui qui cristallise nos sympathies. Toutes ces justes notes font de <em>Negar </em>un spectacle nécessaire et déjà mémorable.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/chemirani-negar-montpellier/">CHEMIRANI, Negar &#8211; Montpellier</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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