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	<title>Robin BAILEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Robin BAILEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>SULLIVAN, The Mikado — Harrogate</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-mikado-harrogate-averses-passageres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Aug 2015 05:12:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Mikado est à la fois le « Comic Opera » de Gilbert &#38; Sullivan qui a connu le plus de succès à sa création (672 représentation d’affilée), encore le plus souvent représenté aujourd’hui, et le plus connu sur le plan international, même en France… Mais aujourd’hui son succès s’appuie sur des éléments beaucoup moins convaincants qu’à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le Mikado </em>est à la fois le « Comic Opera » de Gilbert &amp; Sullivan qui a connu le plus de succès à sa création (672 représentation d’affilée), encore le plus souvent représenté aujourd’hui, et le plus connu sur le plan international, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/le-mikado-a-quitte-titipu-pour-saint-quentin-en-yvelines">même en France</a>… Mais aujourd’hui son succès s’appuie sur des éléments beaucoup moins convaincants qu’à l’époque, qui connaissait un colonialisme triomphant et adorait l’exotisme de bon aloi qui en découlait. Maintenant, les choses ont beaucoup changé, et c’est surtout un public vieillissant qui vient essayer de retrouver ses souvenirs d’enfance : qui en effet, en Angleterre tout particulièrement, n’a pas joué à l’école dans une production de fin d’année du <em>Mikado</em> ?</p>
<p>Paradoxalement, ou pour toutes ces raisons, l’œuvre est difficile à monter. En effet, malgré sa notoriété, elle n’est pas très bien construite : dès le premer acte, les plus belles cartouches on été brûlées, de sorte que le second acte se traîne sans éveiller d’intérêt majeur, sinon pour l’arrivée tardive du Mikado, et pour quelques-uns des morceaux musicaux les plus réussis. Et dès lors, pour retenir l’attention, il faut vraiment donner à fond dans le jeu théâtral, les accessoires et les mouvements scéniques. Et il faut choisir entre deux options : soit mettre l’accent sur le japonisme archéologique, ce qu’avait fait avec bonheur la Compagnie D’Oyly Carte en 1926 comme on peut le voir sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=O08j4ERSk58">un film promotionnel</a>, et à d’autres reprises par la suite, soit repenser l’argument et le transcrire avec décalage, comme l’a fait avec un art consommé l’Australian Opera de Sydney en 1987 (toujours disponible sur DVD).</p>
<p>Ce soir, la production a tout misé sur les costumes, et peu sur le décor, surtout au second acte, qui fait bien pauvre. Mais son grand mérite est d’avoir un peu dépoussiéré le propos visuel grâce aux costumes élégants de <strong>Tony Brett</strong> mêlant le rouge, le noir et le blanc, encore que l’on puisse regretter que toutes les jeunes femmes soient habillées absolument de la même manière, de sorte que si l’on est en fond de salle, on ne distingue pas qui est qui (sauf par ce que chacune chante). Surtout, sa grande qualité est de ne singer ni ne pasticher le Japon en une « japoniaiserie » de pacotille. Tout y est clair et simple, et même si les époques se mélangent un peu comme il est devenu de règle au théâtre, rien n’est ridicule.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="292" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/p1080256.jpg?itok=zf1wH8CE" width="468" /><br />
	Richard Gauntlett, « I&rsquo;ve Got a Little List » © Festival International Guilbert &amp; Sullivan / Photo Jean-Marcel Humbert</p>
<p>Les chœurs d’hommes et de femmes, au début du premier acte, sont remarquablement en place, et chantent et dansent à la perfection sur la chorégraphie de <strong>Phillip Aiden</strong>. La mise en scène de <strong>John Savournin</strong>, en elle-même, est relativement efficace quand elle touche aux ensembles. Mais dès qu’il s’agit de moments où il aurait fallu ménager des zones de jeu et adapter le plateau à l’évolution de l’histoire, elle est beaucoup moins convaincante, au point qu’après l’entracte, un véritable ennui s’installe. Mais peut-être doit-on mettre cela sur le compte de la fatigue qui ne peut pas ne pas avoir de prise sur une troupe et des solistes qui jouent en quatre jours quatre opéras différents, dont deux – dont <em>Le Mikado</em> – en matinée et en soirée.</p>
<p>Cela est particulièrement flagrant au second acte dans le duo Katisha / Ko-Ko, perdu sur le plateau. De ce fait, pas grand-chose ne passe (en dehors de « Titwillow »), alors que c’est un des moments d’émotion de la partition. Il semble que la direction d’acteurs soit laissée un peu à ce que chacun connaît de son métier, et comme on a vu quatre jours de suite la plupart d’entre eux dans des rôles différents, on commence à connaître les ficelles qu’ils emploient, d’autant qu’ils sont les titulaires des même rôles dans d’autres productions qui tournent dans le Royaume Uni. <em>Le Mikado</em> aurait été joué en tête de série, peut-être l’effet eut-il été différent.</p>
<p>Les deux amoureux Nanki-Poo (<strong>Robin Bailey</strong>) et Yum-Yum (<strong>Claire Lees</strong>), menacés d’avoir l’un la tête tranchée – ce qui l’amène à vouloir se pendre – et l’autre d’être enterrée vivante, traversent l’œuvre avec un certain détachement scénique et vocal tempéré par leur professionnalisme, montrant bien là les risques de la routine traditionnelle. On peut en dire autant de la Katisha bien fade d’<strong>Amy J. Payne</strong>, alors que l’on avait vu quelques jours plus tôt dans le cadre du festival une jeune cantatrice universitaire (Charlotte Baly), chanter et jouer le rôle d’une manière ô combien plus convaincante.</p>
<p>Heureusement restent les morceaux de bravoure que tout le monde attend, et qui ne déçoivent pas : « Three Little Maids from School » est joliment défendu – même si ces petites filles perverses paraissent un peu trop sages –, par Claire Lees, <strong>Nichola Jolley</strong> et <strong>Úna McMahon</strong>. « I&rsquo;ve Got a Little List » est également un morceau de bravoure qui revient à <strong>Richard Gauntlett</strong>, qui en profite comme il est de règle pour égratigner tous les corps politiques du moment. Et il montre dans le bel air « Titwillow » que sa palette d’interprétation est plus étendue qu’il n’y paraît de prime abord. <strong>Donald Maxwell </strong>joue le Mikado avec autant de faconde que Mr Doolittle au Châtelet dans <em>My Fair Lady</em> il y a quelques années. Bref, une soirée menée tambour battant par le chef <strong>David Steadman</strong> et remarquablement défendue par les seconds rôles et les choristes, mais sans réussir à nous ravir ni nous émerveiller.</p>
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		<title>SULLIVAN, The Gondoliers — Harrogate</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-gondoliers-harrogate-leger-grain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2015 05:16:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Salle comble à nouveau ce soir pour Les Gondoliers, douzième œuvre et dernier triomphe des deux compères Gilbert &#38; Sullivan (1889, 554 représentations à la création). Le synopsis est pourtant assez conventionnel, mais pas plus inepte que celui du Trouvère, et prétexte comme toujours chez G&#38;S à des jeux de mots intraduisibles et à une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Salle comble à nouveau ce soir pour <em>Les Gondoliers</em>, douzième œuvre et dernier triomphe des deux compères Gilbert &amp; Sullivan (1889, 554 représentations à la création). Le synopsis est pourtant assez conventionnel, mais pas plus inepte que celui du <em>Trouvère</em>, et prétexte comme toujours chez G&amp;S à des jeux de mots intraduisibles et à une musique toujours aussi humoristique et divertissante, mêlant des réminiscences de Mozart, Rossini, Bellini et Bizet à l’habituel pastiche de Purcell ou de Haendel. Le plus intéressant et subversif d’un livret compliqué se situe au moment où les deux gondoliers, rois par intérim mais bons républicains, ont entrepris de réorganiser le royaume sur des principes égalitaires. Les résultats sont surprenants, car maintenant le seul moyen qu’ils ont d’obtenir quelque chose est de le faire eux-mêmes.</p>
<p>On voit tout les partis que l’on peut tirer d’une histoire aussi abracadabrantesque mêlant de façon incompréhensible l’Italie et l’Espagne, y compris une révision comme <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/v1/concerts/gondoliers_london06.html">celle réalisée à l’ENO en 2006</a> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://où">où</a> toute l’œuvre avait été transposée avec grande réussite dans les années 1950. Car si l’époque change, pas le propos, il s’agit de se moquer de la société de son temps, comme G&amp;S le faisaient de leurs contemporains et de la cour de la reine Victoria (et comme Offenbach l’avait fait pour celle de Napoléon III). On est d’autant plus surpris d’apprendre que Victoria demanda en 1891 une représentation privée des <em>Gondoliers</em> à Windsor et y prit grand plaisir.</p>
<p align="left">Malheureusement, ce soir, c’est la « grande tradition » qui prime, on n’ose dire la « pire » tradition, celle de Mogador de <em>Valses de Vienne</em> dans les années 60, avec des décors et des costumes kitsch, des éclairages hors de propos et des ballets ineptes et trop répétitifs. Heureusement que la mise en scène de <strong>John Savournin</strong>, bien que peu inventive, est globalement plutôt bien pensée, et que le plateau est parfait. Car, comme pour toutes les représentations, ce sont souvent les mêmes artistes qui chantent tous les soirs ; la distribution nous offre donc un échantillonnage remarquable de chanteurs lyriques-acteurs dont l’emploi habituel est le grand répertoire, mais qui prennent aussi un vrai plaisir à jouer ces <em>Comic Operas</em> impertinents.</p>
<p><img decoding="async" alt="" height="277" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/p1070912.jpg?itok=s3ieJFOM" width="468" /><br />
	Richard Gauntlett, Elinor Jane Moran et Sylvia Clarke © Gilbert &amp; Sullivan Festivals / Photo Jean-Marcel Humbert</p>
<p align="left">On retrouve donc avec intérêt <strong>Elinor Jane Moran</strong> en Cassilda, dont la voix souple est particulièrement adaptée à ce type de rôle. Ses parents <strong>Richard Gauntlett</strong> et <strong>Sylvia Clarke</strong> forment un couple princier impayable, et assurent avec grand professionnalisme des scènes hautement comiques. Plus sages sont nos gondoliers <strong>Robin Bailey</strong> et <strong>Kevin Greenlaw</strong>, et leurs épouses respectives <strong>Claire Lees</strong> et <strong> McMahon</strong>, mais tous ont à la fois le physique de leurs rôles, des voix fraîches et bien timbrées et un allant communicatif. Une mention spéciale au très bon Luiz de <strong>Nick Sales</strong>, au vétéran <strong>Bruce Graham</strong> (Le Grand inquisiteur Don Alhambra Del Bolero), et à tout le reste de la troupe, absolument épatante. La direction de <strong>David Steadman</strong> est comme toujours alerte et bien en situation, sans que l’on ait à remarquer le moindre décalage dans d’incessants démarrages et des rythmes plus que soutenus.</p>
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