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	<title>Paolo BATTAGLIA - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Paolo BATTAGLIA - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Manon, Manon, Manon &#8211; Turin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/manon-manon-manon-turin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2024 04:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Manon, nymphe légère, sphynx étonnant, créature indéchiffrable. L’héroïne de l’Abbé Prévost a inspiré trois opéras majeurs qui la présentent chacun sous un jour différent : frivole (Auber,) tourmenté (Massenet), rebelle (Puccini). Trois femmes dans la même femme, pourrait-on écrire si Les Contes d’Hoffmann n’avaient déjà breveté la formule. Il Teatro Regio de Turin les réunit &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Manon, nymphe légère, sphynx étonnant, créature indéchiffrable. L’héroïne de l’Abbé Prévost a inspiré trois opéras majeurs qui la présentent chacun sous un jour différent : frivole (Auber,) tourmenté (Massenet), rebelle (Puccini). Trois femmes dans la même femme, pourrait-on écrire si <em>Les Contes d’Hoffmann</em> n’avaient déjà breveté la formule. Il Teatro Regio de Turin les réunit pour la première fois. Trilogie improbable tant chaque ouvrage possède son caractère propre. Une source d’inspiration identique n’en justifie pas seule le rapprochement. Trilogie pourtant par l’effet d’une mise en scène commune et par la volonté du Teatro Regio de repousser les limites du possible. Qu’on en juge : vingt-et-une représentations concomitantes des trois opéras, du 26 septembre au 29 octobre, en soirée, en matinée avec les contraintes qu’une telle fréquence impose en termes de présence et d’engagement pour les forces vives de la maison : chœur, orchestre, techniciens, administratifs&#8230; Afin d’assurer la cohérence de l’ensemble, le metteur en scène, <strong>Arnaud Bernard</strong>, a utilisé comme dénominateur commun le cinéma français à travers trois de ses âges : le muet (Auber), le réalisme (Puccini), les années 60 (Massenet). L’idée tombe à pic dans une ville qui accueille un des plus grands musées dédiés au septième art.</p>
<p>De l’avis de Mathieu Jouvin, le surintendant du Teatro Regio à l’initiative du projet, c’est par Puccini qu’il est recommandé d’aborder le cycle, puis Massenet et Auber, à rebours de la chronologie. Les impératifs de notre calendrier en ont décidé autrement : Massenet, Auber puis Puccini avec pour conséquence le contre-pied de l’adage qui aurait voulu que le meilleur – scénique – soit gardé pour la fin.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Manon-Massenet-Foto-MattiaGaidoSimoneBorrasi-%C2%A9-Teatro-Regio-Torino_003-1294x600.jpg">© Mattia Gaido &amp; Simone Borrasi / Teatro Regio Torino </pre>
<h4><strong><em>Manon </em>de Massenet sous l&rsquo;oeil de Clouzot : la rencontre des arts</strong></h4>
<p></p>
<p>Car, pour commencer, le collage des images de <em>La Vérité</em> de Clouzot (1960) sur la <em>Manon </em>de Massenet relève d’une telle évidence que l’on pourrait croire que le cinéaste avait cet opéra en tête lorsqu’il a réalisé son film. Sur le plateau, les costumes et décors, en noir et blanc, se réfèrent à l’œuvre cinématographique avec pour toile de fond la réplique du tribunal dans lequel Dominique, l’héroïne de Clouzot, est jugée pour avoir tué son amant. Quelques libertés prises avec le livret – notamment l’assassinat de Guillot de Morfontaine par Manon à la fin de l’acte de Transylvanie – accentuent les correspondances entre les deux ouvrages. Mais pourquoi avoir supprimé le ballet, une des pages les plus célèbres de la partition, pastiche délicieux qui ne souffre d’aucune longueur, et rouage utile à la compréhension du drame&nbsp;?</p>
<p>Transmutée en clone de Bardot, la silhouette souple, la tignasse blonde, Manon chantée par <strong>Martina Russomanno</strong> – 2e distribution, la première étant assurée par Ekaterina Bakanova– nous entraîne à la confluence des arts. En plus de surmonter un parti pris scénique inconfortable – se mesurer au mythe Bardot –, la soprano possède un éventail de nuances et de couleurs qui lui permet de traduire avec le même à-propos l’introspection nostalgique de la « petite table » et les ornementations brillantes du Cours la Reine. L’aigu est précis même si prudemment écourté, l’articulation correcte et la voix duveteuse, riche de mille intentions distille textes parlés et chantés avec une égale justesse. Face à elle, <strong>Andrei Danilov</strong> apparaît exotique. D’école russe, son ténor musclé à l’émission centrale se montre avare des demi-teintes requises par l’opéra français, même si capable de sentiments dans le « rêve » de Des Grieux. Du foisonnement des seconds rôles, saillit <strong>Ugo Rabec</strong>, Comte Des Grieux à la diction limpide dont le cantabile de Saint-Sulpice «&nbsp;épouse quelque brave fille&nbsp;» voudrait plus d’étoffe, Guillot de Morfontaine confié à <strong>Thomas Morris</strong>, ténor de caractère veule et libidineux comme il se doit, et les trois grisettes chantées avec bonne humeur par <strong>Olivia Doray</strong>, <strong>Marie Kalinine</strong> et <strong>Lilia Istratii</strong>.</p>
<p>Attentive aux chanteurs mais crispée, la direction d’<strong>Evelino Pido </strong>peine à unifier un propos musical dont on sait combien il mélange les styles. C’est dans la conversation en musique, entre Manon et le Comte au deuxième acte notamment, et non dans le lyrisme éperdu de Saint-Sulpice que le chef d’orchestre se montre le plus convaincant.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Manon-Lescau-ph-Daniele-Ratti-%C2%A9-Teatro-Regio-Torino-7-1294x600.jpg">© Daniele Ratti / Teatro Regio Torino</pre>
<h4><strong><em>Manon Lescaut</em> d&rsquo;Auber : l&rsquo;opéra au temps du muet</strong></h4>
<p><em>Manon Lescaut</em> d’Auber conserve le cinéma pour fil rouge mais d’une manière différente. Il ne s’agit plus d’établir un parallèle troublant entre deux œuvres, l’une cinématographique, l’autre lyrique, mais de procéder à une mise en abyme judicieuse pour mettre en relief un livret qui n’est pas le meilleur de Scribe – la vénalité de Manon y est transmutée en une candeur proche de la sottise. Dans un décor inspiré par l’atelier de Méliès à Montreuil, se déroule le tournage de <em>La romance de Manon</em>, un film muet d’Alan Crosland (1927) dont sont projetés de larges extraits au début de chaque acte.</p>
<p>Comme la veille, la représentation est dominée par le rôle-titre dans un tout autre registre. Chez Auber, Manon ne prend corps qu’à la fin de l’opéra, dans le dernier tableau. Auparavant, elle n’est que coloratures, légèreté et vocalises perlées que <strong>Roc</strong><strong>ío Pérez</strong> surmonte avec une facilité déconcertante, sans tension ni acidité. Virtuose, la soprano peut aussi compter sur un médium substantiel pour ciseler le « Comme un doux rêve » final dans lequel s’exprime le meilleur de la partition. Le rôle du Marquis d&rsquo;Hérigny, développé car originellement dévolu au célèbre baryton Jean-Baptiste Faure, s’avère trop grave pour <strong>Armando Noguera</strong>, pris en défaut de projection dans ses airs. Égaré dans un répertoire qui n’est plus son genre depuis que son ténor a gagné en ampleur, <strong>Sébastien Guèze</strong> chante Des Grieux à la hussarde, d’une voix métallique à l’intonation souvent approximative. En arrière-plan, les seconds rôles font meilleure figure. L’émission haute et souple du ténor <strong>Anicio Zorzi Giustiani</strong> rappelle dans les couplets de Gervais la dette contractée par Auber à l’égard de Rossini. En Marguerite, <strong>Lamia Beuque</strong> fait valoir un soprano sain et articulé, à se demander pourquoi le personnage est absent des Manon de Massenet et Puccini ; <strong>Paolo Battaglia</strong> bougonne son Durozeau à bon escient ; et il suffit de quelques phrases pour qu’<strong>Albina Tonkikh</strong> en Zaby accroche l&rsquo;oreille.</p>
<p>Paradoxalement pour une partition moins flatteuse que celle de Massenet, l&rsquo;orchestre, dirigé par <strong>Guillaume Tourniaire</strong>, s’épanouit davantage. Idem pour le chœur, à son meilleur dans une scène de la guinguette que n’aurait pas reniée Offenbach, doté de plus d’une solennelle intervention à la fin de l’opéra qui anticipe « On est grand par les pleurs » des <em>Contes d’Hoffmann</em>. Sur cette déploration finale, Arnaud Bernard projette les trois visages cinématographiques de Manon : Brigitte Bardot, Michele Morgan et la ravissante Dolorès Castello – d&rsquo;où la recommandation d&rsquo;achever la trilogie par ce dernier opéra.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Manon-Puccini_Foto-Simone-Borrasi_DSC7571-1294x600.jpg">© Simone Borrasi / Teatro Regio Torino</pre>
<h4><strong><em>Manon Lescaut</em> de Puccini : la limite du procédé</strong></h4>
<p>A la manière d’un film d’avant-guerre, le générique de <em>Manon Lescaut</em> de Puccini défile sur les premières mesures de la partition avant qu’Edmondo ne crève l’écran de papier pour amorcer la scène de l’auberge. Dans les deux premiers actes, le rapport avec le cinéma se fait discret, suggéré par des trépieds de lumière de part et d’autre du décor, et par la projection des <em>Enfants du Paradis</em>, le film de Marcel Carné, dans l’appartement de Manon au deuxième acte. C’est de mouvement que se préoccupe d’abord Arnaud Bernard, soucieux de fluidifier entrés sorties et déplacement des artistes du choeur en un respect scrupuleux du livret que vient contredire le coup de revolver tiré par Manon sur Géronte – en écho à l’assassinat de Guillot de Morfontaine chez Massenet. Le retour des images se fait ensuite invasif. Illustré sur grand écran par les plus beaux baisers de Jean Gabin, l’<em>intermezzo</em> ne convainc pas de la valeur ajoutée du procédé, en décalage avec la musique de Puccini contrairement à Massenet l’avant-veille. D’envahissant, le dispositif devient carrément importun au dernier acte, parasité par la projection de la scène finale du <em>Manon</em> de Clouzot (1949) sur « Sola, perduta, abandonnata » (bien que les images du film possèdent un indéniable pouvoir évocateur). Si le parti pris scénique de ce dernier opéra ne se hisse pas à la hauteur des précédents, sa réalisation musicale le place en pole position.</p>
<p>Sous la baguette de <strong>Renato Palumbo</strong> dépurée de tentation vériste, impressionniste par son souci d’atmosphère mais épique par son sens de la narration, se confirme l’assertion qui veut un orchestre meilleur lorsque la partition lui est consanguine – l’occasion de rappeler en cette année de commémoration du centième anniversaire de la mort de Puccini que <em>Manon Lescaut</em> fut créée à Turin. Jamais dans les deux <em>Manon </em>précédentes, le dosage instrumental ne nous avait semblé aussi pertinent, les cordes aussi chatoyantes, les traits des bois dessinés avec autant de souplesse, le prisme des couleurs aussi large. Le constat s’étend au chœur qui s’ébat avec une aisance supérieure dans les premier et troisième actes, si exigeants en termes de polyphonie.</p>
<p>A l’instar des deux autres opéras, Manon dispose d’une interprète à la hauteur des enjeux de la partition. Nous avions perdu de vue <strong>Erika Grimaldi</strong> depuis Alice dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/falstaff-verbier-enorme-terfel/"><em>Falstaff </em>à Verbier en 2018</a>. Son soprano possède à présent la maturité nécessaire pour triompher d’un rôle éprouvant ne serait-ce que par l’endurance demandée pour surmonter la longueur et les tensions de la scène finale. <em>Lirico spinto</em> donc, le médium étoffé, l’aigu puissant, l’émission égale sur l’étendue de la tessiture sans aucune de ces ruptures de registre qui feraient Manon matrone. Cette adéquation des moyens à l’écriture du rôle aide à composer un portrait juste, sur la réserve comme il convient dans le premier acte, espiègle puis ardent dans le deuxième avant de se hisser à la hauteur tragique imposée par son dernier air ovationné par le public sans même attendre la fin de l’opéra. <strong>Roberto Aronica</strong> est un Renato Des Grieux à sa mesure, héroïque, robuste, égal lui aussi sur la longueur, affrontant les notes les plus exposées sans reculer pour délivrer une interprétation dont l’excès de testostérone compense l’absence de velours. Du Musico de <strong>Reut Ventorero</strong> au ténor clair de <strong>Giuseppe Infantino</strong> en Edmundo, le reste de la distribution ne souffre d’aucune faiblesse, avec une mention spéciale pour <strong>Alessandro Luongo</strong>, Lescaut si élégant qu’il parvient à rendre sympathique un personnage pourtant trouble, et <strong>Carlo Lepore</strong> dont l’interprétation de Géronte n’a rien à envier à celle, fameuse, de ses barbons rossiniens.</p>
<p>Dans l’attente d’une diffusion à plus grande échelle, cette trilogie turinoise est retransmise sur Rai Cultura et Rai 5 les 24 (Auber), 25 (Massenet), 26 octobre (Puccini) à 21h15, et en direct sur Rai Radio 3 à 20h.</p>


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		<item>
		<title>VERDI, Simon Boccanegra — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/simon-boccanegra-montpellier-drole-de-mise-en-cene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2019 03:55:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La production de Simon Boccanegra que vient de présenter l’Opéra de Montpellier était précédée d’une réputation flatteuse, puisqu’elle avait été saluée par 4 cœurs tant lors de sa création à Anvers que de son passage par Luxembourg. Certes, la distribution serait en partie différente, mais le spectacle resterait inchangé, et l’on s’attendait d’autant plus à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La production de <em>Simon Boccanegra</em> que vient de présenter l’Opéra de Montpellier était précédée d’une réputation flatteuse, puisqu’elle avait été saluée par 4 cœurs tant lors de sa <a href="https://www.forumopera.com/simon-boccanegra-anvers-conjonction-de-phenomenes-rares">création à Anvers</a> que de son <a href="https://www.forumopera.com/simon-boccanegra-luxembourg-coup-de-maitre-de-david-hermann">passage par Luxembourg</a>. Certes, la distribution serait en partie différente, mais le spectacle resterait inchangé, et l’on s’attendait d’autant plus à un choc visuel que <strong>David Hermann</strong> a l’art de proposer des mises en scène intelligentes, riches d’un feuilletage de sens où les époques et les styles s’entrecroisent. On avait notamment pu être ébloui par sa vision de l’<a href="https://www.forumopera.com/armide-nancy-lornement-la-gargouille-et-la-double-spirale"><em>Armide </em>de Lully</a> ou d’<a href="https://www.forumopera.com/ariadne-auf-naxos-nancy-elektra-chez-fragonard"><em>Ariane à Naxos</em>, à Nancy</a> dans les deux cas. Sauf que cette fois, on a l’impression qu’à vouloir être trop malin, monsieur Hermann s’est un peu pris les pieds dans le tapis, ou a du moins succombé au piège du trop démonstratif.</p>
<p>L’intrigue de <em>Simon Boccanegra</em> n’est pas des plus limpides, du moins dans son exposition liminaire, et sur ce plan les choses commencent assez mal. Le héros est présent pendant tout le prologue, sans doute parce qu’il se remémore les événements, mais cela a pour inconvénient de rendre parfaitement incompréhensible la succesion rapide des épisodes, dont certains auxquels il doit explicitement ne pas avoir assisté. Passons sur l’opposition entre sa tenue moderne (un costume trois pièces qu’il conservera pendant toute la soirée) et les habits Louis XIII qu’arborent Paolo et les « plébéiens » – au moins un certain décalage temporel est-il ainsi suggéré. Mais dès la fin du prologue, les mêmes « marins et artisans » reviennent, cette fois en vêtements d’aujourdhui, et fêtent l’élection comme cela doit se pratiquer aujourd’hui dans les QG de campagne. Le reste du spectacle laisse penser que la suite de l’action restera fermement inscrite dans le XXIe siècle, mais pour le tableau du conseil, la plèbe fait irruption habillée comme la foule dans un péplum, tandis que Gabriele Adorno, jusque-là en jean et blouson de cuir, arrive déguisé en centurion romain tout droit sorti d’<em>Astérix</em>. Certes, Simon plaide l’amour et la paix, et il dénonce la présence d’un traître, donc  le clin d’œil à la Cène de Léonard de Vinci n’a rien d’aberrant. Mais fallait-il vraiment que les protagonistes troquent discrètement leur costume pour la toge des Apôtres ? Surtout, même si Maria est son vrai prénom, Amelia devait-elle se changer en la plus sulpicienne des Vierges Marie ? On entend quelques gloussements dans le public, et cela se comprend, comme lors du recours répété aux téléphones (fixes) pour les échanges entre Paolo et Pietro.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/simon4_0.jpg?itok=RiSiTJeZ" title=" © Marc Ginot" width="468" /><br />
	© Marc Ginot</p>
<p>Heureusement, sur le plan musical, le bonheur est nettement plus grand. D’abord, l’Orchestre national Montpellier Occitanie sonne fort bien dans la fosse du Corum, et <strong>Michael Schønwandt</strong> le dirige sans esbroufe, dosant judicieusement les effets pour que la musique du dernier Verdi triomphe sans éclats intempestifs. Le chœur de l’Opéra se montre lui aussi tout à fait à la hauteur de l’enjeu.</p>
<p>Quant aux solistes, ils se révèlent d’un niveau bien mieux que satisfaisant. Vu récemment en Nabucco à Nancy et Montpellier ou en Renato du <em>Bal masqué</em> à Nancy, <strong>Giovanni Meoni</strong> est un baryton aux belles couleurs, qui aurait bien des atouts pour s’épanouir dans le répertoire verdien, s’il possédait en outre cette aura indispensable qui lui fait ici cruellement défaut : son appel à la fin de la scène du conseil manque de cette puissance qui lui permettrait de s’imposer vraiment. Heureusement, les deux autres clefs de fa sont tout à fait remarquables. On est d’emblée frappée par la noirceur du timbre de <strong>Leon Kim</strong>, par le mordant de ses interventions, qui l’aident à camper un méchant sans rien de caricatural, sans la moindre grimace, contrairement à d’autres titulaires du rôle : le pouvoir seul de la voix lui suffit. Dans ce qui est vraisemblablement sa prise de rôle en Fiesco, <strong>Jean Teitgen </strong>propose une incarnation majestueuse, avec une puissance et un creux dignes comme on n’en entend pas si souvent. On rêve désormais de pouvoir l’applaudir en Philippe II ou en Procida, surtout dans les versions originales de ces opéras écrits pour Paris, où il ferait merveille, à n’en point douter.</p>
<p>Pour ce qui a tout l’air d’être ses premiers pas en France, le ténor <strong>Vincenzo Costanzo </strong>fait valoir de belles teintes « pavarottiennes » dans l’aigu et se tire avec les honneurs du rôle peu gratifiant d’Adorno. Avec son élégance et sa silhouette de jeune fille, <strong>Myrtò Papatanasiu </strong>a fière allure en Amelia, alors même que la mise en scène nous la présente tantôt en névrosée prête à tuer Boccanegra par tous les moyens disponibles à la fois, tantôt en Madone bénissant l’assemblée. Sur le plan strictement musical, le rôle exige la quadrature du cercle puisqu’il faudrait une voix apte à assurer les amples lignes que Verdi lui destine et les nuances angéliques de la jeune héroïne ; on pardonnera donc à la soprano grecque – seule interprète à avoir été présente dans les diffrentes étapes de cette coproduction – de ne pas toujours satisfaire à ces exigences contradictoires.</p>
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		<title>DONIZETTI, Anna Bolena — Parme</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/anna-bolena-parme-la-musique-au-secours-du-theatre-bis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jan 2017 07:02:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La vie des théâtres n’a jamais été un long fleuve tranquille, et celle du Regio de Parme ne fait pas exception : à deux jours de la première d’Anna Bolena, donnée en ouverture de la saison, il manquait deux ténors pour les rôles de Percy et d’Hervey ! Si trouver un ténor en mesure de chanter le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La vie des théâtres n’a jamais été un long fleuve tranquille, et celle du Regio de Parme ne fait pas exception : à deux jours de la première d’<em>Anna Bolena</em>, donnée en ouverture de la saison, il manquait deux ténors pour les rôles de Percy et d’Hervey ! Si trouver un ténor en mesure de chanter le rôle du conseiller du roi ne relevait pas de la gageure, en trouver un susceptible d’interpréter le personnage créé par Rubini relevait de l’exploit, après le retrait de Maxim Mironov, contraint de renoncer in extremis en raison d’un refroidissement tenace. Certes, la version donnée n’était pas celle de 2015 à Bergame, aux ambitions philologiques, où le ténor russe avait intrépidement affronté la tessiture originale, mais même revu à la baisse le rôle reste d’une difficulté qui peut faire reculer, et d’autant plus dans ces conditions. On entrait donc au théâtre, où se déployait l’apparat des premières, tapis rouge, plantons vêtus d’uniformes de la garde de la duchesse de Parme – notre ex-impératrice Marie-Louise – et débauche de fourrures dont le froid polaire justifiait l’ostentation, avec quelque inquiétude.</p>
<p>C’est un fait bien connu qu’au Teatro Regio des nostalgiques d’un âge d’or que beaucoup n’ont pas connu directement se permettent de contester hautement ce qui leur déplait. Ils n’étaient qu’une poignée de <em>loggionisti</em> mais très bruyants à huer <strong>Fabrizio Maria Carminati</strong> lors des saluts. Pourquoi ? On n’essaiera pas d’éclaircir leurs motivations, probablement fort peu musicales. Dans les conditions indiquées le rôle du chef a été un modèle de savoir-faire : sans jamais grossir le son il a soutenu les chanteurs tout en maintenant la dynamique des situations. Les musiciens ont répondu avec précision et souplesse, les passages à découvert permettant d’apprécier la haute qualité de nombreux pupitres. Aurait-on pu souhaiter une lecture parfois plus nerveuse, parfois plus dramatique ? Oui, mais la mesure choisie par le chef permet d’une part de porter l’exécution à son terme sans aucun accident, d’autre part elle va de pair avec un soin à l’équilibre des ensembles qui en fait des réussites proprement captivantes.</p>
<p>En revanche les contestataires étaient largement répartis dans la salle lorsque l’équipe de la réalisation scénique est apparue, conduite par <strong>Alfonso Antoniozzi</strong>. Le sourire narquois du chanteur devenu metteur en scène n’a fait qu’alimenter la bronca, à se demander si c’était la cerise sur le gâteau d’une proposition scénique qui se voulait provocante. Personnellement, nous l’avons trouvée bien plus insignifiante que scandaleuse. <strong>Monica Manganelli </strong>a conçu pour cette mise en scène un dispositif unique : un large podium central surélevé est l’espace où se meuvent les solistes et leur entourage, les bas-côtés accueillant les chœurs, quelques marches en front et probablement en fond de scène permettant la circulation. Des panneaux mobiles imitant le bois ouvragé dans un style néogothique fleuri forment, selon la disposition qu’on leur donne, un bloc central, ou des angles, et créent ainsi des lieux différents, avec quelques accessoires – deux cathèdres en guise de fauteuil royal ou de trône &#8211; et des fonds de scène dont certains d’inspiration art-déco, et d’autres où des projections vidéos suggèrent ces atmosphères. Un premier problème est que pour modifier la position des panneaux le metteur en scène introduit des personnages qui sont, révèle-t-il dans le programme, l’incarnation des obsessions, des désirs et des peurs d’Anna et d’Henry. Quatre sont des jeunes femmes et quatre des hommes. Ces derniers ont pour mission de fournir une assise à la reine, et ce trône humain nécessairement instable manifeste la précarité de la position d’Anna. Mais si une idée peut sembler pertinente, la concrétiser permet de savoir si on doit la conserver. Alfonso Antoniozzi a-t-il cru sincèrement que la présence de ces mimes- accessoiristes enrichirait le spectacle ? Grâce aux mouvements chorégraphiés par <strong>Sergio Paladino</strong> leurs évolutions ne sont guère perturbantes, mais on peut les trouver superflues, voire incongrues : la musique n’a pas été conçue pour servir de base rythmique. Leurs costumes, en revanche, ont de quoi agacer. <strong>Gianluca Falaschi</strong> revêt les femmes de longues robes à traine de soie blanche, évoquant irrésistiblement le cinéma des années trente et quarante, une période historique dont les souvenirs restent pesants en Italie. Les hommes sont enveloppés de robes tuniques noires et leur tête disparaît sous des masques à long bec surmontés d’un cimier qui en ont fait pour nous des coquecigrues. Ce disparate qui se veut certainement liberté esthétique se confirme dans les costumes des protagonistes, du manteau royal violet d’Henry VIII, à traine orné de broderies dorsales, à la dalmatique brillante comme une mosaïque byzantine un moment portée par Anna, dont la robe grenat semble inspirée de 1830. Cet éclectisme esthétique a pu déplaire ; dans la mesure où il fait fi d’une temporalité précise on peut l’interpréter moins comme un choix audacieux que comme une dérobade devant la recherche d’une cohérence plus exigeante.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="208" src="/sites/default/files/styles/large/public/093227546-82abba8f-e8ee-4506-9be3-0c470ecc3fd2.jpg?itok=163eH4hz" title="© Roberto Ricci" width="468" /><br />
	© Roberto Ricci</p>
<p>Et pourtant ces errements n’ont pas suffi à nous gâcher la soirée, grâce à la direction de Fabrizio Maria Carminati, nous l’avons déjà dit, et à l’engagement du plateau. D’une haute tenue les chœurs du théâtre, qui savent allier force et raffinement. <strong>Alessandro Viola</strong> est un Hervey sans reproche, tout comme le Rochefort de <strong>Paolo Battaglia, </strong>qui donne une réplique convaincante à Percy dans leur duo de l’acte II. Véritable sauveur de la soirée, <strong>Giulio Pelligra </strong>n’a ni la prestance scénique ni les suraigus de Maxim Mironov, mais probablement des graves plus assurés. En tout cas la manière sans bavure dont il remporte un enjeu rendu si problématique par les circonstances en dit long sur la solidité de ses moyens mentaux et vocaux. Il soutient vaillamment les passages les plus tendus, et si l’émission trahit quelquefois l’effort, ce qui est antithétique à la notion de belcanto, sa prestation est néanmoins absolument digne de respect. Autre découverte, la jeune et belle <strong>Martina Belli </strong>dont le timbre profond et la voix longue et souple font un Smeton de premier ordre, avant qu’elle ne devienne vraisemblablement une rossinienne de plein droit. La haute stature de <strong>Marco Spotti</strong> impose d’emblée le personnage d’Henry VIII et sa voix de basse, à la fois profonde et longue, serait idéale pour le rôle s’il savait la moduler avec la souplesse et l’expressivité requises ; mais elle reste trop souvent rogue et bien qu’impressionnante elle ne convainc pas vraiment dans ce répertoire. <strong>Sonia Ganassi</strong>, en revanche, connaît si bien la grammaire belcantiste que sa Seymour semble une démonstration de style, et comme les moyens accompagnent les intentions, on retrouve avec bonheur les raffinements vocaux de l’interprète, dont la participation au jeu dramatique est à la fois sobre et convaincante. Sur le plan stylistique, le chant de <strong>Yolanda Auyanet </strong>est moins orthodoxe, les subtilités qui rendent le belcanto enivrant, comme les sons filés arachnéens, ne sont pas de mise ; mais l’étendue de la voix, son homogénéité et sa fermeté permettent à l’artiste de répondre sans faiblesse aux exigences du rôle, et quant au plan dramatique, il est constamment maîtrisé, le jeu de l’actrice correspondant aux moindres nuances du personnage. Cette composition culmine dans la scène finale, qui lui vaudra un triomphe prolongé.</p>
<p>Si, en dépit des réserves exprimées à propos du spectacle en tant que tel, nous sommes sorti le sourire aux lèvres, c’est que la qualité vocale et musicale, et particulièrement celle des duos – bouleversant celui des rivales – ou du quintette du premier acte, ou des ensembles, nous a ému, nous a comblé, et a annihilé la frustration qu&rsquo;aurait pu induire cette proposition scénique essentiellement et arbitrairement décorative.</p>
<p>NB : Avant le lever de rideau, la directrice générale a dédié la représentation à Georges Prêtre, en témoignage de respect pour un artiste que le Regio avait accueilli plusieurs fois en concert.</p>
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