<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Yassine BENAMEUR - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/benameur-yassine/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/benameur-yassine/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Oct 2023 15:25:06 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Yassine BENAMEUR - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/benameur-yassine/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>VERDI, La traviata — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-clermont-ferrand-clermont-ferrand-juste-une-mise-au-point/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Feb 2018 05:25:09 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/juste-une-mise-au-point/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pas l’ombre d’un doute : Serenad Uyar incarne au superlatif cette Traviata impressionnante de ferveur vocale doublée d’une tragédienne accomplie, voulue par Olivier Desbordes. Ainsi que le racontait Charlotte Saulneron-Saadou à Saint-Céré en août 2016, l&#8217;opéra de Verdi est envisagé comme un  long flash-back, où Violetta se reconnait dans la fantomatique doublure muette de la comédienne &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-clermont-ferrand-clermont-ferrand-juste-une-mise-au-point/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, La traviata — Clermont-Ferrand</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-clermont-ferrand-clermont-ferrand-juste-une-mise-au-point/">VERDI, La traviata — Clermont-Ferrand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pas l’ombre d’un doute : <strong>Serenad Uyar</strong> incarne au superlatif cette Traviata impressionnante de ferveur vocale doublée d’une tragédienne accomplie, voulue par <strong>Olivier Desbordes</strong>. Ainsi que le racontait Charlotte Saulneron-Saadou à <a href="https://www.forumopera.com/la-traviata-saint-cere-deux-violetta-ne-valent-pas-mieux-quune">Saint-Céré en août 2016</a>, l&rsquo;opéra de Verdi est envisagé comme un  long flash-back, où Violetta se reconnait dans la fantomatique doublure muette de la comédienne <strong>Fanny Aguado</strong>, tandis qu’un caméraman suit les moindres expressions de son visage douloureux retransmises sur grand écran. A travers ce regard croisé, la dévoyée se fait le témoin de sa propre déchéance dont elle convoque la mémoire depuis son lit qu’elle ne quitte pas si ce n’est pour errer parfois à la recherche des fantômes qui la hante. Des souvenirs qu’elle invoque pour mieux en accepter la fatalité et s’en revendiquer plus qu’elle ne semble les subir. A cet échec à aimer et à s’aimer, Desbordes confère une dimension durassienne, déclinaison de La <em>Maladie de la Mort</em>. Un drame de l’incommunicabilité aussi : les protagonistes ne s’adressent qu’à une ombre sans voix, pâle reflet d’une Violetta pourtant omniprésente mais qu’ils ne voient pas. La vidéo en scrute les moindres attitudes et les derniers souffles à la manière d’un documentariste qui suit la lente agonie d’un animal traqué par des prédateurs. Seule Violetta est consciente de son échec et de sa chute que fixe le regard froid de la caméra voyeuriste.</p>
<p>Cette austérité janséniste est scrupuleusement portée par un orchestre à effectif spartiate : les dix sept musiciens de l’Orchestre de l’Opéra Eclaté sous la direction au scalpel de <strong>David Molard</strong>. Pas une once de gras : une conduite déterminée et d’une concision sans raideur, révèle des couleurs et une précision verdiennes trop souvent noyées sous d’inutiles effets de manches. Sa lecture vive et incisive va droit au but : la théâtralité verdienne conjuguant éloquence et netteté des reliefs et chromatismes.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_traviata_-c-_nelly_blaya-31_1.jpg?itok=GM_xKCC3" title="© Nelly Blaya" width="468" /><br />
	© Nelly Blaya</p>
<p>Dans un décor d’un ascétisme mortifère, les scènes festives en noir et blanc, prennent des allures de danse macabre à peine troublées par des déambulations à minima. Mais le sens est toujours au-delà des signes qui en attestent. Cette triangulation entre les trois figures de Violetta peut et doit aussi se comprendre comme la manifestation de la versatilité des sentiments humains et de la fugacité de l’existence. Et comment ne pas y percevoir « la trace éphémère d’un sens inépuisable » pour reprendre la formule du philosophe Stéphane Mosès ? Desbordes apporte la preuve par trois que bien des lectures sont encore ouvertes même si l’on est bien dans la permanence d’une tragédie dont l’acmé demeure le sacrifice consenti de Violetta, intemporelle Iphigénie.</p>
<p>Que Serenad Uyar en soit la parfaite incarnation s’impose d’emblée comme une urgence qui ne faiblira pas depuis le vertige de ses aigus sur le fameux « Gioir » et la pure folie extatique du « Dee volare il mio pensier ». Souplesse et sincérité engagée du timbre, sensualité et finesse du grain s’accordent exemplairement à la psychologie du personnage condamné à la solitude ainsi qu’à l’enjeu dramaturgique sublimé sur un saisissant « Morro ! la mia memoria ». Elle est Violetta, fragile et déterminée. Elle est courtisée plus que séductrice. Elle est prisonnière de son absolu de pureté amoureuse : « Oh, come dolce mi suona ». Elle est condamnée à demeurer incomprise, victime de son charisme.  Et lorsqu’enfin, dans l’ultime scène, les amants se retrouvent physiquement dans une étreinte partagée, c’est pour mieux sceller leur échec consommé.</p>
<p>Alfredo altier et de bel prestance, <strong>Gino Nitta</strong> l’est dans ce contexte avec vaillance et autorité dès le cultissime « Misterioso » dont il gravit les aigus avec une ardeur conquérante. Des vertus qui culminent dans un impressionnant « Ogni suo aver tal femmina ». Pas davantage de réserve sur le Germont de <strong>Christophe Lacassagne</strong>, toujours dans ce parti-pris intimiste. Fierté de la tenue vocale, plasticité de l’expression et surtout la consistance de son étoffe dynamique dans les graves, imposent la juste dimension verdienne de son phrasé. Une production qui se distingue par l’équilibre de son casting, particulièrement sensible sur le reste de la distribution qu’il s’agisse entre autres de la Flora de <strong>Sarah Lazerges</strong> , d’<strong>Eric Vignau</strong> en Gaston, de <strong>Yassine Benameur</strong> et bien sûr de <strong>Nathalie Schaaff</strong>, sobre mais émouvante Annina.</p>
<p>______</p>
<p>En tournée : 15 mars 2018 au Théâtre de Cahors ; 16 mars à Figeac ; 18 mars à la Maison de la Culture de Nevers ; 27 mars à l’Avant Seine de Colombes ; 29 mars au Théâtre de Mende ; 3 avril 2018 à La Rotonde de Thaons les Vosges</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-clermont-ferrand-clermont-ferrand-juste-une-mise-au-point/">VERDI, La traviata — Clermont-Ferrand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>OFFENBACH, La Périchole — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-clermont-ferrand-clermont-ferrand-offenbach-sous-amphetamines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Nov 2016 08:29:28 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-sous-amphtamines/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le rideau de scène donne le ton de cette Périchole peroxydée et pyrotechnique à l’Opéra de Clermont-Ferrand : mur lépreux couvert d’affiches lacérées. Les plis et replis de la toile nous offre le choix entre « Vilement le fond de gâche » ou « Vivement le Front de Gauche » nous disent les plus visibles sinon les plus lisibles des &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-clermont-ferrand-clermont-ferrand-offenbach-sous-amphetamines/"> <span class="screen-reader-text">OFFENBACH, La Périchole — Clermont-Ferrand</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-clermont-ferrand-clermont-ferrand-offenbach-sous-amphetamines/">OFFENBACH, La Périchole — Clermont-Ferrand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rideau de scène donne le ton de cette <em>Périchole</em> peroxydée et pyrotechnique à l’Opéra de Clermont-Ferrand : mur lépreux couvert d’affiches lacérées. Les plis et replis de la toile nous offre le choix entre « Vilement le fond de gâche » ou « Vivement le Front de Gauche » nous disent les plus visibles sinon les plus lisibles des options… à moins qu’il n’y soit question d’affront ! Celui du dénuement et de la misère du peuple invité à l’insu de son plein gré à la fête du prince, histoire de nous rappeler à la dure réalité, appelée aussitôt à disparaître sous les rires et les farandoles. Les choix dramaturgiques d’<strong>Olivier Desbordes</strong> qui signe la mise en scène aux côtés de <strong>Benjamin Moreau</strong> est tout en ombres sous-jacentes et lumières crues. Plus les ficelles, voire les cordes à nœud sont grosses et moins on est dupes. Ubuesque, cette république bananière pour n’exhiber que ses oripeaux bariolés n’en est, réflexion faite, que plus ambigüe.</p>
<p>Desbordes sollicite sans cesse notre vigilance, et réveille nos consciences par le biais d’incessants autant que brefs rappels à l’ordre. Comme ces apparitions fugaces mais inquiétantes et entêtantes d’une soldatesque en tenue de camouflage ; ou cette sépulcrale salle du trône à degrés, aux sièges en forme de pierres tombales ; ou ce monarque et sa cour aux perruques choucroutées à l’oxygène et vêtus du noir et blanc d’un deuil prémonitoire ; ou encore le codétenu de Piquillo clin d’œil au masque de fer grimaçant du visage décharné de la mort. La fête appartient à la rue, nous dit Desbordes. Elle est la sève du peuple frondeur et insouciant mais faussement innocent, tandis que les hiérarques et leurs concubines sont confits dans un protocole mortifère et une ignorance suicidaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_perichole_-c-_nelly_blaya-55.jpg?itok=0jIibU4G" title="Pierre-Emmanuel Roubet et Sarah Laulan ©  Nelly Blaya" width="468" /><br />
	© Nelly Blaya</p>
<p>Pourtant rien d’idéologiquement surligné, foin de message philosophico-existentiel appuyé. On est dans l’allusif à double sens, dans le refus presque obstiné de toute justification militante. Le spectre de la mort et les fantômes de la dictature, pas plus tôt qu’entre-aperçus, s’effacent sous les cotillons et les flonflons d’un orchestre aux allures de banda à laquelle il emprunte la tonicité débridée. Peu de décors mais judicieux ; juste de la couleur et de la vie. Paroles et musique se suffisent à elles-mêmes et remettent les pendules à l’heure d’une vérité où l’ivresse de la fête populaire masque sous des outrances débonnaires, l’injustice d’une société corrompue et cynique.</p>
<p>La direction sous amphétamines de <strong>Gaspard Brécourt</strong> est là pour nous rappeler les fondamentaux : la vertu cardinale de l’opéra-bouffe offenbachien en général, et de <em>La Périchole </em>en particulier, est de se faire le héraut de l’effondrement annoncé d’un second empire à bout de souffle. En ce sens Offenbach est bien le témoin de cette agonie et Desbordes son lecteur avisé et Brécourt son traducteur affuté.</p>
<p>La troupe se fait complice sans retenue de cette sarabande endiablée. Quitte à forcer le trait histrionique au détriment du drame (quand même !) omniprésent et d’une incontestable finesse de propos que regretteront certains ? La métaphore d’une charge sans pitié contre l’absolutisme désinvolte et anachronique en pleine révolution industrielle ne saurait faire l’économie d’une certaine verve outrancière. La gouaille populacière de la Périchole de <strong>Sarah Laulan</strong> en est la figure de proue de cette production désormais bien rodée. Que l’on ne s’y trompe pas : si l’on en croit les témoignages de l’époque, la prestation de l’actuelle généreuse mezzo serait plus proche de celle d’Hortense Schneider, créatrice du rôle, que de la fragile chanteuse de rue où beaucoup la cantonne aujourd’hui. Sarah Laulan ne rechigne pas davantage à tirer son personnage vers les aigus flamboyants d’une ivresse lyrique décomplexée, à l’image d’un provoquant et bien nommé « Je l’ose », typique de ce registre bouffe.</p>
<p>Le contraste n’en est que plus évident et pertinent avec le Piquillo au grain sensible et au timbre d’une délicate séduction de <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong>, parfait dindon de la farce en dépit des dénégations trop larmoyantes pour être honnête de sa traitresse de dulcinée.</p>
<p><strong>Christophe Lacassagne</strong> n’est pas seulement le comédien rossard et libertin que l’on attendait dans le rôle de Vice-roi. Son baryton est au diapason du personnage : graves chaleureux et bien trempés servie par une projection aux solides appuis. Plus ridiculement félon et traitreusement grotesque que le duo <strong>Benameur</strong> et <strong>Vignau</strong> doit être difficile à égaler tout comme la rouerie perverse des trois cousines. Avec une prime à la pétillante 2<sup>e</sup> Cousine de <strong>Flore Boixel</strong>. Et une « déprime » à l’endroit du priapique Marquis de Tarapote dont le long sevrage sexuel ne nécessitait sans doute pas autant d’explicite insistance.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-clermont-ferrand-clermont-ferrand-offenbach-sous-amphetamines/">OFFENBACH, La Périchole — Clermont-Ferrand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-amusez-vous-on-vous-a-paye-pour-ca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charlotte Saulneron-Saadou]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Aug 2016 06:55:41 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/amusez-vous-on-vous-a-pay-pour-a/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cette production de La Périchole, déjà programmée au festival lyrique de Saint-Céré l’année dernière alors que sa création à Montpellier ne datait que de quelques jours, est revenue cet été dans le Sud-Ouest pour deux représentations avant de repartir en tournée jusqu’à la fin de l’année 2016. C’est dans le nouveau théâtre de l’usine, exploité &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-amusez-vous-on-vous-a-paye-pour-ca/"> <span class="screen-reader-text">OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-amusez-vous-on-vous-a-paye-pour-ca/">OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette production de<em> La Périchole</em>, déjà programmée au festival lyrique de Saint-Céré l’année dernière alors que <a href="http://www.forumopera.com/la-perichole-montpellier-conventions-et-conviction">sa création à Montpellier ne datait que de quelques jours</a>, est revenue cet été dans le Sud-Ouest pour deux représentations avant de repartir en tournée jusqu’à la fin de l’année 2016. C’est dans le nouveau théâtre de l’usine, exploité pour la première année par le festival, que nous avons retrouvé la musique d’Offenbach servie par une troupe comme il n’en existe que trop rarement aujourd’hui, la compagnie « Opéra éclaté. »</p>
<p>Pour ce retour, les 400 fauteuils rouges de l’amphithéâtre – tous occupés ce soir-là – ont remplacé les bancs de la Halle des Sports de Saint-Céré. C’est enfin une véritable salle de spectacle à la hauteur de la programmation de ce festival dont s’est dotée la ville. Celle-ci offre une excellente visibilité à tous et une bonne acoustique même aux derniers rangs. Les particularités de ce nouveau théâtre ont largement influencé la direction musicale, la mise en scène et le jeu des interprètes, chacun ayant su savamment aborder toutes ces singularités en nous laissant toutefois un peu interrogatif concernant les prochains spectacles lyriques dans ce lieu.</p>
<p>L’orchestre tout d’abord. Ce soir, la fosse est en hauteur sur le côté droit de la scène rendant visible les musiciens à l&rsquo;exception du batteur (pour une fois que ce n’est pas un contrebassiste !), ainsi que les gestes nets et énergiques du chef <strong>Dominique Trottein</strong>, grand habitué de la direction d’opéras, d’opérettes et de comédies musicales avec « Opéra éclaté. » Mais cette disposition rend quasiment impossible l’interaction avec les chanteurs, imposant au chef une direction musicale rigoureuse, voire métronomique. Est-ce un point faible ? Absolument pas ! Et cela pour deux raisons : la similitude de cet orchestre avec un Big Band est largement assumée, tant au niveau de sa composition, de son jeu franc et dynamique laissant tout de même peu de place aux nuances, que de la direction d’un chef indiquant le nombre de mesures avant certains passages tel un chef de fanfare. La seconde raison est l’osmose incontestable entre la scène et la fosse. Nous ne ressentons par conséquent aucune faille (les chœurs « C’est lui ! » à l’acte I et celui des courtisans à l’acte II sont d’une précision insolente) même si Piquillo doit lancer quelques regards pour jouer de son accordéon avec l’orchestre.</p>
<p>La mise en scène et le jeu des acteurs ensuite. Sans délimitation entre le plateau et le premier rang, les artistes ont pleinement profité de cette configuration pour créer un lien étroit avec le public. Piquillo fait ainsi l’aumône auprès des gens assis en première catégorie (tant qu’à faire !) après son interprétation avec la Périchole de « L’Espagnol et de la jeune Indienne. » Dans le même esprit, une des cousines s’incruste après l’entracte dans la fosse pour remplacer le chef d’orchestre. Afin d’accorder les instruments, elle demande le <em>la</em> à un public ne souhaitant qu’une chose : participer à la fête. L’apparition de la deuxième puis de la troisième cousine entraînera même un « olé » d’une salle conquise.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/perichole5.jpg?itok=TbkhPzbX" title="© guy rieutort" width="468" /><br />
	© guy rieutort</p>
<p>C’est qu’on se délecte pleinement de cette symbiose entre ces trois actrices, pourtant si différentes que sont <strong>Sarah Lazerges</strong>, <strong>Dalila Khatir</strong> et <strong>Flore Boixel</strong>. Chaque interaction de la troupe fonctionne à l’image du duo très « gay » d’<strong>Éric Vignau </strong>(Don Andrès de Ribeira) et de <strong>Yassine Benameur</strong> (Don Miguel de Panatellas). Hilarants avec leurs costumes de péruviennes, leurs mimiques et leurs danses grotesques, leur performance très personnelle reste longtemps en mémoire après la fin de leur prestation.</p>
<p>Le trio de vaudeville incarné par <strong>Sarah Laulan</strong> (La Périchole), <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> (Piquillo) et <strong>Christophe Lacassagne</strong> (le Vice-Roi) pétille, ce dernier confirmant avec ce rôle périlleux une bonne présence scénique et ses grandes qualités de baryton. Afin de se promener dans les rues de Lima sans être repéré, il débarque sur scène grimé en rappeur provoquant les rires du public et du chœur l’ayant vite démasqué.</p>
<p><strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> est quant à lui un Piquillo largement convaincant grâce à un jeu d’acteur sans faille et une interprétation précise que ce soit au niveau technique comme de l’intention avec notamment l’air « On me proposait d’être infâme » au début de l’acte III où l’on savoure de belles nuances sur les notes tenues en fin de phrase.</p>
<p>Mais la belle découverte de la soirée reste la Périchole de <strong>Sarah Laulan</strong>. La chanteuse dispose d’un timbre de mezzo sombre et ample et un jeu impertinent conforme à l’effronterie et au côté un peu rustre du personnage. Comme nous l’espérions, elle est particulièrement émouvante pour rédiger sa fameuse lettre, l’un des moments les plus exquis de la partition.</p>
<p>Suivis sans complexe par le costumier <strong>Jean-Michel Anagys</strong>, <strong>Olivier Desbordes</strong> et <strong>Benjamin Moreau</strong> aiment mélanger allégrement les époques et les références culturelles dans une mise en scène rythmée. Ces anachronismes apparaîtront jusque dans la musique, Offenbach se plaisant également à citer des pages célèbres en son temps. Ces clins d’œil amusants, grande habitude de Desbordes, prennent judicieusement à parti un public n’ayant pas forcément une culture de l’opéra.</p>
<p>Ainsi, malgré les costumes d’indiennes de Don Andrès de Ribeira et de Don Miguel de Panatellas, nous ne sommes pas au Pérou ; les ouvriers « Fellinien » ne nous propulsent pas dans la banlieue de Rome ; l’imposant trône argenté et la couronne grossière du Vice-Roi ne nous immiscent pas dans un palais, les touristes et les rappeurs ne nous entraînent pas au XXI<sup>e</sup> siècle… Nulle part et partout à la fois, cette disparité met en exergue l’universalité de cet opéra. Les baskets fluo côtoient de ce fait avec une cohérence surprenante les tenues de soirées, les costards sombres et les perruques blanches de type XVIII<sup>e</sup>. Judicieusement équilibrés, ces costumes sont parfois d’une simplicité déroutante ou tombent dans le grotesque. Pour Jean-Michel Angays, les courtisans, les magistrats et le Vice-Roi « c’est le ministère de la Culture aujourd’hui : on s’agite, les dames en tailleur Chanel, les messieurs en petits costumes noirs cintrés. Juste la petite note de fantaisie qui montre que, tout de même, on est dans la Culture… ». Le ministère a certainement bien reçu le message !</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-amusez-vous-on-vous-a-paye-pour-ca/">OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-le-parti-pris-de-la-gaite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Donatienne du Jeu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2015 04:24:34 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/le-parti-pris-de-la-gat/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alors que le second Empire brille de ses derniers feux avant la débâcle franco-prussienne, la fête bat son plein au théâtre des Variétés. Offenbach y crée La Périchole en 1868, une opérette tirée de la comédie de Prosper Mérimée, Le Carrosse du Saint-Sacrement. On a du mal à imaginer que l’auteur qui inspira aux fidèles &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-le-parti-pris-de-la-gaite/"> <span class="screen-reader-text">OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-le-parti-pris-de-la-gaite/">OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le second Empire brille de ses derniers feux avant la débâcle franco-prussienne, la fête bat son plein au théâtre des Variétés. Offenbach y crée <em>La Périchole</em> en 1868, une opérette tirée de la comédie de Prosper Mérimée, <em>Le Carrosse du Saint-Sacrement</em>.</p>
<p>On a du mal à imaginer que l’auteur qui inspira aux fidèles librettistes d’Offenbach, Halévy et Meilhac, le livret de <em>Carmen</em> (en 1875), soit le même qui leur fournit le sujet de <em>La Périchole</em>… Et pourtant. <em>La Périchole</em>, c’est un peu l’envers du décor, la face sombre – parce qu’elle brille artificiellement – de <em>Carmen</em>. Alors que la gitane tragique va jusqu’au bout de sa liberté, la « jeune Indienne » se soumet aux caprices du pouvoir, simplement parce qu’elle a faim.</p>
<p>Comment supporter cette abdication, si ce n’est en s’enivrant ? Le petit peuple l’a bien compris, qu’on a « payé pour s’amuser » dès le début de ce drame qui a des allures de vaudeville. <strong>Olivier Desbordes</strong> et <strong>Benjamin Moreau</strong> ont donc pris le parti de faire de cette « griserie » généralisée le moteur de leur mise en scène. Trépidante, effrénée, l’opérette est un cocktail de « tubes » étourdissant, dont le rythme tient à la réduction maximale des dialogues. Desbordes a sabré dans le texte pour ne garder que l’essentiel et enchaîner les couplets que le public se retient de chanter à tue-tête – on aura quand même le droit de brailler tous en chœur : « Il grandira, il grandira, car il est espagnol (gno-gno-gno-gno-gnol) » !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_perichole_c_guy_rieutort-38.jpg?itok=ndFXGSTf" title="© Guy Rieutort" width="468" /><br />
	© Guy Rieutort</p>
<p>Dans ce contexte, le brio l’emporte sur les défauts, et l’on n’a pas le temps de s’appesantir sur une voix qui pèche (<strong>Flore Boixel</strong>, une des trois cousines) ou un chanteur qui cabotine un peu trop (<strong>Philippe Ermelier</strong>, le Vice-Roi) – puisqu’après tout, il faut surjouer son rôle pour survivre dans ce monde de paillettes et d’apparences. La gaîté doit l’emporter sur tout, et le duo délibérément très « gay » formé par Don Pedro de Hinoyosa (<strong>Éric Vignau</strong>) et le comte Miguel de Panatellas (<strong>Yassine Benameur</strong>) n’est pas en reste dans la tonalité un peu égrillarde de cette comédie.</p>
<p>On regrettera toutefois qu’<strong>Héloïse Mas</strong> (La Périchole), n’ait pas un jeu théâtral aussi délié que certains de ses collègues, comme <strong>Antoine Baillet-Devallez </strong>qui fait une apparition très « folle » en marquis de Tarapote. Malgré sa belle voix sombre, l’interprète du rôle titre n’a pas le brillant de son personnage, dont on perd à la fois l’insolence et le caractère émotif. A ses côtés, le ténor<strong> Marc Larcher</strong> possède non seulement le physique de l’emploi mais un jeu expressif et charmant qui lui donne finalement la première place, en dépit d’une voix aux inflexions parfois empruntées.</p>
<p>Autour de ce duo de chanteurs assez dégourdi, un chœur de taille réduite contribue largement à ces folies dramatiques et met à profit de façon remarquable les conseils de la chorégraphe Pascale Péladan. <em>In fine</em>, l’ensemble du plateau bénéficie de l’énergie exceptionnelle du chef d’orchestre, <strong>Jérôme Pillement</strong>. Menant d’une main à la fois nonchalante et vive un ensemble musical de taille réduite, J. Pillement fait sonner la fosse comme un <em>big band</em>, traversé de temps à autre par les accents nostalgiques et populaires d’un accordéon.</p>
<p>Malgré quelques décalages entre les musiciens et les chanteurs, peut-être dus à la frénésie du chef ou à la place latérale de l’orchestre, cette production d’Opéra Éclaté, créée <a href="http://www.forumopera.com/la-perichole-montpellier-conventions-et-conviction">début juillet aux Folies d’O à Montpellier</a>, convainc par son enthousiasme et son foisonnement. Difficile de sentir, entre deux cancans endiablés, la critique du pouvoir que les metteurs en scène se targuent d’avoir voulu faire entendre. Tout au plus perçoit-on la noirceur des rapports d’argent et de pouvoir à travers des allusions musicales qui nous tirent d’emblée vers le second degré. La flûte de Papageno accompagne ainsi le suicide manqué de Piquillo, et l’accusation publique de la Périchole par son amant n’est pas sans rappeler la scène la plus tragique de <em>La Traviata </em>de Verdi. Mais cela ne dure pas, un éclat de rire vient tout emporter.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-le-parti-pris-de-la-gaite/">OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
