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	<title>Benjamin LAVERNHE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 14 Jun 2026 17:16:15 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Benjamin LAVERNHE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH, La Vie parisienne &#8211; Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-la-vie-parisienne-paris-chatelet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 06:17:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre du Châtelet a choisi d’achever sa saison avec La Vie parisienne, un spectacle fastueux coproduit avec la Comédie-Française. Suivant l’exemple de La Fontaine dans ses fables et surtout de Grandville dans Les Métamorphoses du jour, qui se livrent à une satire de la société en passant par des animaux  anthropomorphe, Valérie Lesort, tout &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Théâtre du Châtelet a choisi d’achever sa saison avec <em>La Vie parisienne</em>, un spectacle fastueux coproduit avec la Comédie-Française. Suivant l’exemple de La Fontaine dans ses fables et surtout de Grandville dans <em>Les Métamorphoses du jour</em>, qui se livrent à une satire de la société en passant par des animaux  anthropomorphe, <strong>Valérie Lesort</strong>, tout en situant l’action dans son époque, transforme les protagonistes en animaux civilisés à l’aide de prothèses, notamment des groins, des oreilles de phacochères et une queue en tire-bouchon pour les hommes, des becs et des plumes  pour les femmes, ce qui nous vaut des personnages hauts en couleur qui déclenchent l’hilarité du public dès leur apparition, comme le baron de Gondremark et son épouse, elle en grue emplumée, lui en goret. De plus, les comédiens ont suivi au préalable un stage animalier afin de rendre crédibles leurs gestes et leurs postures. Enfin, les dialogues ont été légèrement modifiés afin d’y inclure des allusions à la condition animale des personnages. <strong>Vanessa Sannino</strong> a habillé toute la troupe avec des costumes aux couleurs chatoyantes, ceux des femmes en particulier, à dominante jaune, orange, rose ou Fuschia. Enfin <strong>Eric Ruf</strong> a conçu quatre décors magnifiques adaptés à chacun des actes : un hall de gare bleuâtre au premier, un appartement, somme toute modeste, au deux, un salon teinté de bleu au trois, le même en rouge au quatre. Les éclairages astucieux de <strong>Pascal Laajili</strong> donnent l’illusion qu’un seul décor évoque deux lieux différents. La direction d’acteurs est extrêmement précise, les gags s’enchainent sans aucune baisse de tension, le comique de situation alterne avec le comique de langage, parfois savoureux, pour la plus grande joie du public, le tout est ponctué par les chorégraphies entraînantes de Rémy Boissy, en particulier le cancan qui clôt le troisième acte. Enfin, la pièce se termine par une grande scène d’orgie à laquelle participe toute la troupe.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="377" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-Vie-parisienne-Theatre-du-Chatelet-cThomas-Amouroux-5-1024x377.jpg" alt="" class="wp-image-215200"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Thomas Amouroux</sup></figcaption></figure>


<p>Ce spectacle permet aux comédiens français d’exploiter toutes les facettes de leur talent. Conformément au vœu d’Offenbach qui souhaitait des comédiens chanteurs et non des chanteurs qui jouent la comédie, tous rendent justice à la partition avec un réel bonheur et une diction irréprochable. C’est d’ailleurs une tradition pour cette troupe d’aborder régulièrement des ouvrages qui comportent des parties chantées, on se souvient de <em>L’Opéra de quat’sous</em> à Aix en 2023 ou d’une autre <em>Vie Parisienne</em>, salle Richelieu en 1997.</p>
<p>Les voix des chanteurs sont valorisées par une sonorisation discrète. <strong>Melissa Polonie</strong> est impeccable dans son double rôle d&rsquo;Urbain et d&rsquo;Employée, tout comme <strong>Sefa Yeboah</strong> (Joseph/ Alphonse) et <strong>Nicolas</strong> <strong>Lormeau</strong> (Prosper/Gontrand). <strong>Véronique Vella</strong> est une Pauline accorte et <strong>Yoann Gasiorowski,</strong> habilement travesti, est impayable en baronne de Gondremark. Dans le rôle de son époux, <strong>Christian Hecq</strong> ressemble à un porc libidineux. Tout au long de la soirée sa prestation désopilante réjouit le public. <strong>Serge Bagdassarian</strong> campe un Brésilien truculent et démonstratif dans le final du dernier acte. On lui pardonnera quelques décalages dans son air d’entrée qui le cueille à froid. <strong>Jérémy Lopez</strong> et <strong>Marie Oppert</strong> forment un duo tout à fait irrésistible, lui incarne un bottier au timbre rocailleux, elle, dotée d’une authentique voix de soprano léger, campe une Gabrielle malicieuse et pleine d’humour. Son air « Je suis veuve d’un colonel » est chanté avec brio et un sens aigu du second degré. <strong>Elsa Lepoivre</strong>, récemment récompensée lors de la dernière cérémonie des Molière, fait une forte impression en proposant une Métella sensuelle et provocante au timbre délicatement ambré. <strong>Baptiste Chabauty</strong> forme une paire de « frères ennemis » tout à fait réjouissante avec <strong>Benjamin Lavernhe</strong>. Celui-ci, encore tout auréolé de son récent triomphe dans <em>Le Cid</em> au Théâtre de la Porte Saint-Martin, incarne avec un même bonheur un personnage diamétralement opposé au héros cornélien. Son Raoul de Gardefeu, jouisseur inventif et dynamique, mène la danse avec brio tout au long de la soirée.   </p>
<p>Saluons enfin les prestations irréprochables du chœur Ensemble La Marquise et des danseurs.</p>
<p>A la tête de l’Orchestre de chambre de Paris, <strong>Alexandra Cravero</strong> propose une direction alerte et contrastée en dépit de quelques décalages qui s’estomperont au fil des représentations.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-la-vie-parisienne-paris-chatelet/">OFFENBACH, La Vie parisienne &#8211; Paris (Châtelet)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WEILL, L&#8217;Opéra de quat&#8217;sous &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/weill-lopera-de-quatsous-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Jul 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ouvrir la 75e édition d’un Festival d’art lyrique désormais incontournable par L’Opéra de quat‘sous est certainement un geste important. Surtout dans un contexte où le rôle de l’art dans une société divisée et violente, la place de l’opéra comme genre encore prisonnier d’un monde privilégié et la verticalité qui fonde la plupart des rapports, restent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ouvrir la 75<sup>e</sup> édition d’un Festival d’art lyrique désormais incontournable par <em>L’Opéra de quat‘sous </em>est certainement un geste important. Surtout dans un contexte où le rôle de l’art dans une société divisée et violente, la place de l’opéra comme genre encore prisonnier d’un monde privilégié et la verticalité qui fonde la plupart des rapports, restent à questionner. Où tout pourrait – ou devrait – être à transformer.</p>
<p style="text-align: left">Anti-opéra mais encore opéra, geste de création salutaire dans le contexte de la fin des années 1920 mais aussi de la fin des années 1940 et encore aujourd’hui (l’ajout par Brecht d’une mise en garde contre les « fascismes d’aujourd’hui », en 1948, repris à la fin de la production glace par son actualité), cet « opéra pour les clochards » constitue une parodie de l’<em>opera</em> <em>seria </em>haendélien, soit un genre fortement codifié, virtuose, réservé à des chanteurs professionnels et à un public « averti » (c’est-à-dire bourgeois). Et ce « public averti » est mis face aux clochards – à ceux qu’il ne voit ou ne veut pas voir – qui font l’opéra et qui, en même temps, en sont les spectateurs. Il ne s’agit jamais de montrer une réalité autre (car tout le monde admet que la misère est la norme) ou d’esthétiser les bas-fonds pour les rendre plus supportables ou, ce qui revient peut-être au même, plus moraux, voire moralement supérieurs. Il s’agit de montrer une création et son processus, de faire exploser les cadres du réel et de la narration (les acteurs n’hésitant pas à sortir des personnages) pour tenter de faire émerger les puissances de ce qu’on appelle encore fiction.</p>
<pre style="text-align: center"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lopera-de-quatsous-Festival-dAix-en-Provence-2023-%C2%A9-Jean-Louis-Fernandez_6-1294x600.jpeg" alt="" />
© Jean-Louis Fernandez</pre>
<p>Les clochards ne sont pas des chanteurs lyriques. Ils ne montrent pas d’actions vertueuses. Dans un esprit proche du <em>Sprechgesang </em>et de la seconde école de Vienne, le choix est fait de confier les rôles à des acteurs qui chantent (et qui dansent et qui, au demeurant, savent tout faire) et d’assumer pleinement le parti du chanté-déclamé. Les voix ne sont pas ou peu timbrées, elles ne sont pas toujours travaillées (certaines le sont à l’évidence) et on utilise des micros. Pour autant, la maîtrise est extrême : le poids de chaque syllabe, le rythme de chaque phrase a visiblement été minutieusement pesé. L’équilibre est ainsi parfaitement atteint. S’il chantait plus et déclamait moins, le Jonathan Jeremiah Peachum de <strong>Christian Hecq </strong>aurait sans doute du mal à maîtriser un vibrato qui provoquerait des problèmes de justesse. Mais l’équilibre est remarquable et c’est un personnage convaincant, qui incarne parfaitement la bassesse d’une bourgeoisie qui fonde sa prétendue grandeur sur l’exploitation et l’immoralité, qui est ainsi révélé. Son épouse, Celia Peachum, incarnée par <strong>Véronique Vella</strong> est une femme soumise mais lucide. Au fond, toute l’œuvre peut être lue comme un propos sur l’amour où les hommes dominent mais où les femmes résistent depuis le lieu qui leur a été assigné (lorsqu’elle rend visite à son époux en prison, Polly n’abandonne-t-elle pas un mari désormais impuissant pour tirer tout le parti de la gestion des affaires que l’homme avait confié à sa femme, la considérant en dernière instance comme une extension de son propre pouvoir momentanément neutralisé ?). Les rapports amoureux hétérosexuels pourraient-ils être lus en termes de rapports de propriété ? Musicalement, Véronique Vella incarne comme personne la chanson des pavés. Gouailleuse remarquable, elle offre une vulgarité vocalement maîtrisée qui lui donne l’épaisseur du clochard sous la fourrure de la bourgeoise. La Polly Peachum de <strong>Marie Oppert</strong> est sensible, drôle et violente. L’interprète a une voix timbrée et bien projetée qui s’accommode des contraintes de la sonorisation. À l’évidence, elle est rompue tant au chant qu’à la comédie, ce que confirme sa biographie. <strong>Birane Ba </strong>est un Macheath (Mac-la-lame) élégant, railleur mais, lui, jamais violent. Un charmeur. Vocalement, il atteint vite ses limites, en particulier dans l’aigu qui est abondamment mobilisé, et se fatigue au fil de la pièce. Il peine parfois à rester parfaitement juste. Mais, dans la cadre de cette œuvre, c’est presque sans importance. La Jenny d’<strong>Elsa Lepoivre </strong>et la Lucy de <strong>Claïna Clavaron </strong>complètent idéalement la distribution féminine, tandis que le Brown de <strong>Benjamin Lavernhe</strong>, le Robert de <strong>Nicolas Lormeau</strong>, les Filch et Saul de <strong>Sefa Yeboah</strong>, le Matthias de <strong>Jordan Rezgui</strong> et le Jacob de <strong>Cédric Eeckhout </strong>convainquent principalement par leurs qualités dramatiques.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Thomas Ostermeier </strong>est à la fois minimale et élaborée. Le décor est réduit à une croix renversée sur laquelle défilent les titres des numéros qui se succèdent, comme si l’intrigue toute entière s’édifiait contre une doctrine déjà bancale : y-a-t-il quelque chose à racheter, une morale à rechercher, lorsque l’on n’a rien à grailler ? Quelques projections (parfois en forme de mécanisme horloger) évoquent le contexte artistique de création de l’œuvre, ainsi que des mouvements de soulèvements populaires. Des éléments de chronophotographies renvoient sans doute aux techniques naissantes du début du 20<sup>e</sup> siècle (on devinera d’ailleurs la lune de Méliès) mais aussi à la place de l’individu dans le grand mouvement de la production capitaliste qui semble ne jamais devoir s’arrêter. Chaque geste, chaque déplacement, semble avoir été soigneusement étudié (quant à sa nécessité, sa vitesse, son intensité…) et, pourtant, tout porte le naturel des miséreux.</p>
<p>Conformément aux intentions du compositeur, les musiciens de l’orchestre touchent chacun à plusieurs instruments. <strong>Maxime Pascal</strong> a pris le parti de revoir l’instrumentation pour y intégrer de nouvelles sonorités, notamment électroniques. La couleur qui en résulte est remarquablement homogène et évite le côté <em>vintage </em>et un peu kitsch du banjo ou de la guitare hawaïenne par exemple (instruments qui sont ici conservés aux côtés de la guitare ou de la basse électriques). On regrette un final de guitare électrique tonitruant et peut-être inutile. Avec <strong>Le Balcon</strong>, le chef donne sa cohérence musicale à l’ensemble de la pièce. L’orchestre est ainsi plutôt un liant qu’un personnage à part entière. S’il reste en retrait, c’est pour mieux souligner ce qu’est cette œuvre si singulière : une pièce avec musique, un anti-opéra (qui, dès lors, ne peut se passer de l’opéra contre lequel il se positionne et avec lequel il doit donc dialoguer).</p>
<p>Le pari aurait pu se réduire à un geste provocateur. Il est ici pleinement réussi. Comment imaginer un Festival important qui ne réfléchirait pas constamment à sa pratique ? Comment imaginer un Festival important qui ne reposerait pas constamment la question de la place de l’opéra – genre réputé bourgeois – dans un monde pluriel où la misère est la norme ? Comment imaginer un Festival important situé aux portes de la Méditerranée qui ne poserait pas la question morale du rapport à une humanité rendue invisible ? <em>L’Opéra de quat’sous </em>ne célèbre ni la grandeur du clodo (elle n’existe pas), ni la bassesse du bourgeois (ce serait bien trop simple) parce que, en dernière instance, toutes les hiérarchies doivent à présent être rebattues.</p>
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