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	<title>Richard BERNSTEIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 06 May 2026 14:32:34 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Richard BERNSTEIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>TCHAïKOVSKI, Eugène Onéguine – New-York (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-new-york-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 06:01:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opéra retransmet pour la troisième fois dans les cinémas Eugène Onéguine dans la production de Deborah Warner. Diffusée lors de sa création en septembre 2013, avec dans les rôles principaux Anna Netrebko et Mariusz Kwiecen, spectacle qui a fait l’objet d’une parution en DVD, puis  lors de la reprise de 2017, toujours avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opéra retransmet pour la troisième fois dans les cinémas Eugène Onéguine dans la production de Deborah Warner. Diffusée lors de sa création en septembre 2013, avec dans les rôles principaux Anna Netrebko et Mariusz Kwiecen, spectacle qui a fait l’objet d’une parution en DVD, puis  lors de la reprise de 2017, toujours avec Netrebko face à Peter Mattei dans le rôle-titre, la voici de retour sur les écrans ce samedi 2 mai, sans doute pour mettre à l’honneur l’une des meilleures titulaires actuelles du rôle de Tatiana.</p>
<p>Deborah Warner a déplacé l’action à l’époque de la création de l’œuvre comme en témoignent les superbes costumes de <strong>Chloe Obolenski</strong> notamment lors du bal du dernier acte. En début de soirée, le rideau se lève sur l’intérieur de la propriété des Larina, le décor de <strong>Tom Pye</strong> représente une sorte de grange tout en longueur dans laquelle se trouvent des tables, des chaises, de la vaisselle. Le tableau du duel se situe sous la neige dans une campagne quasi désertique, faiblement éclairé par les premières lueurs du jour. Enfin le décor du troisième acte frappe par sa sobriété : quatre paires de colonnes gigantesques se détachant sur un fond bleuté et quelques chaises disséminées sur le plateau figurent la salle de bal dans laquelle les voix ont tendance à se perdre. Le dernier tableau ne se situe pas, comme à l&rsquo;accoutumée, à l&rsquo;intérieur de la demeure de Tatiana, mais en extérieur, avec toujours les mêmes colonnes au premier plan, derrière lesquelles on devine à nouveau un paysage enneigé dans la nuit.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/EUGENE_ONEGIN_EVAN_ZIMMERMAN_8044_v002-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-212846"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Eugène Onéguine © Evan Zimmermann / Met</sup></figcaption></figure>


<p>La distribution, de haute volée, réunit pour les seconds rôles des chanteurs familiers de l’ouvrage. Ainsi, Filipievna et Madame Larina sont incarnées par <strong>Larissa Diatkova</strong> et <strong>Elena Zaremba</strong>, déjà présentes en 2017 dans les mêmes rôles. Les deux chanteuses ont conservé leurs moyens intacts, notamment Zaremba qui affiche une voix riche et pleine. Doté d’un timbre sonore, <strong>Richard Bernstein</strong> ne passe pas inaperçu en témoin de Lenski. Fine comédienne, <strong>Maria Barakova</strong> est une Olga à la voix fluide et juvénile qui évolue sur scène avec grâce et légèreté. Grand habitué du rôle, qu’il incarne depuis 2009, <strong>Tony Stevenson</strong> est un Monsieur Triquet délicieux à la diction française impeccable et au phrasé élégant. Ses couplets à l’attention de Tatiana sont chaleureusement applaudis. Le Prince Grémine trouve en <strong>Alexander Tsymbalyuk</strong> un interprète de choix, la noblesse de sa ligne de chant, la profondeur de son timbre et l’émotion qu’il insuffle à son air du dernier acte lui valent une ovation méritée. <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> campe un Lenski sanguin aux moyens imposants. Sa jalousie vis-à-vis d’Onéguine éclate de façon spectaculaire au cours de la fête chez les Larina mais c’est son grand air « Kouda, kouda, vy oudalilis » chanté tout en nuances, dans lequel transparait l’ampleur de son désespoir, qui déclenche l’enthousiasme du public. <strong>Iurii Samoilov</strong> possède un physique de jeune premier et un timbre onctueux qui ne manque pas de séduction, autant de qualité qui font de lui un Onéguine de choix. On pourrait cependant lui reprocher un excès d’arrogance au cours du premier acte. En revanche durant le bal à Saint-Pétersbourg et tout le duo final avec Tatiana, il exprime sa passion ardente et son tourment avec des accents poignants. <strong>Asmik Gregorian</strong> est sans conteste la grande triomphatrice de la soirée. Son incarnation traduit avec subtilité l’évolution psychologique du personnage, de la jeune fille naïve et un peu gauche du premier acte, à la femme élégante et maîtresse d’elle-même de la scène finale. Même si elle n’a plus tout à fait l’âge de la jeune Tatiana elle parvient à rendre convaincante la scène de la lettre en exprimant avec une sincérité désarmante l’intensité du premier amour. Lors du dernier tableau, c’est avec des accent déchirants qu’elle repousse les avances d’Onéguine. Une incarnation magistrale de bout en bout.</p>
<p>Au pupitre, le jeune chef <strong>Timur Zangiev</strong> propose une direction extrêmement dramatique avec des tempos retenus, notamment dans les airs, qui laissent s’épanouir les voix des protagonistes. Oublions quelques légers décalages dans le quatuor qui ouvre le premier acte et soulignons les splendeurs orchestrales qu’il déploie dans les danses et la polonaise du troisième acte.</p>
<p>Le 30 mai prochain, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live, <em>Le</em> <em>Dernier Rêve de Frida et Diego</em> de Gabriela Lena Frank, avec Isabelle Leonard dans le rôle de Frida Khalo.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-new-york-streaming/">TCHAïKOVSKI, Eugène Onéguine – New-York (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>GIORDANO, Andrea Chénier – New-York (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/giordano-andrea-chenier-new-york-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 06:46:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa quatrième retransmission de la saison dans les cinémas, le Metropolitan Opéra a choisi Andrea Chénier dans la production de Nicolas Joël, créée en avril 1996, avec Luciano Pavarotti et Aprile Millo. Cette fois, les deux rôles principaux ont été dévolus à Piotr Beczala et Sonya Yoncheva dans l’espoir sans doute qu’ils renouvellent le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa quatrième retransmission de la saison dans les cinémas, le Metropolitan Opéra a choisi <em>Andrea Chénier</em> dans la production de <strong>Nicolas Joël</strong>, créée en avril 1996, avec Luciano Pavarotti et Aprile Millo. Cette fois, les deux rôles principaux ont été dévolus à <strong>Piotr Beczala</strong> et <strong>Sonya Yoncheva</strong> dans l’espoir sans doute qu’ils renouvellent le triomphe qu’ils avaient obtenu dans un autre opéra d’Umberto Giordano, <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/fedora-new-york-en-direct-de-new-york-la-somptueuse-fedora-de-sonya-yoncheva/">Fedora</a></em>, en janvier 2023. Pari en partie gagné comme nous le verrons plus bas.</p>
<p>Fidèle à sa réputation, le metteur en scène français respecte scrupuleusement le cadre spatio-temporel dans lequel se situe l’intrigue qui, dans cet ouvrage, est particulièrement indissociable de son contexte historique. Cette production, si traditionnelle soit-elle, ne comporte pas moins quelques idées intéressantes. Au premier acte le salon de la Comtesse est orné d’un immense miroir, avec pour seul mobilier de luxueux canapés, et une harpe. Les invités portent de somptueux costumes d’époque imaginés par <strong>Hubert Monloup</strong>, également auteur des décors. Le miroir dans lequel se reflètent les convives, suggère l’aveuglement de cette classe dirigeante qui se complait dans un entre-soi confortable, sans regarder le monde autour d’elle. Le deuxième acte se déroule sur une place avec des bâtiments au teintes grisâtres et des arcades derrière lesquelles les espions peuvent se cacher pour écouter les conversations des passants. Au centre trône la statue de Marat. La salle d’audience du troisième acte, également en pierres grisâtres, comporte des gradins sur lesquels le peuple vient s’installer comme dans un théâtre et manifester bruyamment lors des jugements. Au dernier acte, devant la prison, une statue renversée et brisée gît sur le sol tandis que sur son socle ensanglanté est écrit le mot « Liberté ». Au fond de la scène, trône, menaçante, une immense guillotine. La direction d’acteurs, actualisée par <strong>J. Knighten Smit</strong>, est à la fois sobre et efficace.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="699" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025-26-Andrea-Chenier-Karen-Almond.-metopera-3-1024x699.jpg" alt="" class="wp-image-205167"/><figcaption class="wp-element-caption"> Andrea Chénier (©)  Karen Almond. metopera </figcaption></figure>


<p>La distribution, est homogène jusque dans les plus petits rôles<strong>. Alexander Birch Elliott</strong>, <strong>Maurizio</strong> <strong>Muraro</strong>, <strong>Tony Stevenson</strong>, <strong>Jeongcheol Cha</strong> et <strong>Richard Bernstein</strong> sont des interprètes solides et aguerris tant sur le plan vocal que théâtral. Doté d’un timbre sonore, <strong>Brenton Ryan</strong> est un « Incroyable » obséquieux et sournois, tandis que <strong>Christopher Job</strong> campe un Fouquier-Tinville autoritaire et inflexible. <strong>Guriy Gurev</strong>, servi par un timbre chaleureux, campe avec conviction l’ami fidèle de Chénier. <strong>Nancy Herrera Fabiola</strong> excelle à exprimer les deux facettes de la Comtesse de Coigny, autoritaire et méprisante au début du premier acte, dépassée par les événements lors de l’intrusion des pauvres dans son salon. <strong>Olesya</strong> <strong>Petrova</strong> se montre touchante mais un peu effacée dans son monologue du troisième acte, on a connu par le passé des Madelon bien plus poignantes. Avec des moyens modestes mais dotée d’une indéniable présence, <strong>Siphokazi Molteno</strong> incarne une Bersi attachante et crédible. <strong>Igor Golovatenko</strong> est l’un des triomphateurs de la soirée si l’on en juge par les acclamations qui l’ont accueilli au rideau final. Le baryton russe possède une voix large et bien projetée avec un medium solide et un aigu puissant. Son « Nemico della patria » déchirant a littéralement galvanisé les spectateurs du Met. <strong>Sonya Yoncheva</strong> a paru en petite forme au lever du rideau. Sa voix était affectée d’un vibrato qu’elle avait du mal à contrôler. Puis, au fil de la représentation la soprano bulgare a retrouvé la quasi plénitude de ses moyens pour nous offrir un troisième acte captivant, avec une « Mamma morta » absolument bouleversante et un duo final de haut niveau en harmonie avec son partenaire. Le temps ne semble pas avoir de prise sur les moyens de <strong>Piotr Beczala</strong> qui, à l’approche de la soixantaine, a gardé une voix quasiment intacte avec ce timbre solaire et ce chant à la fois élégant et sensible qui le caractérisent. Scéniquement, le ténor polonais se réfugie dans une réserve de bon aloi. Cependant, son attitude compassée sur le plateau convenait davantage au Comte Loris Ipanov qu’au fougueux André Chénier.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="715" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025-26-Andrea-Chenier-Karen-Almond.-metopera-1-1024x715.jpg" alt="" class="wp-image-205165"/><figcaption class="wp-element-caption"> Andrea Chénier (©)  Karen Almond. metopera </figcaption></figure>


<p>L’autre triomphateur de la soirée est <strong>Daniele Rustioni </strong>dont la direction vigoureuse et théâtrale a galvanisé à la fois le plateau et l’assistance. Soucieux du moindre détail, il a embrasé la partition avec une énergie et une précision de chaque instant. Sa scène du procès au troisième acte, absolument spectaculaire, a mis la salle à genoux. Depuis le début de la saison, le chef italien a obtenu le titre de principal chef invité du Metropolitan Opera.   </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/giordano-andrea-chenier-new-york-streaming/">GIORDANO, Andrea Chénier – New-York (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>GOUNOD, Roméo et Juliette – New-York (Streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-new-york-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 06:25:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce samedi 23 mars, le Metropolitan Opera proposait dans les cinémas Roméo et Juliette dans la production de Bartlett Sher créée fin 2016 et déjà retransmise en janvier 2017 avec Vittorio Grigolo et Diana Damrau. Cette fois, c’est au tour de Benjamin Bernheim et Nadine Sierra d’incarner les amants maudits au sein d’une distribution entièrement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce samedi 23 mars, le Metropolitan Opera proposait dans les cinémas <em>Roméo et Juliette</em> dans la production de <strong>Bartlett Sher</strong> créée fin 2016 et déjà retransmise en janvier 2017 avec Vittorio Grigolo et Diana Damrau. Cette fois, c’est au tour de <strong>Benjamin Bernheim</strong> et <strong>Nadine</strong> <strong>Sierra</strong> d’incarner les amants maudits au sein d’une distribution entièrement renouvelée. Loin des places ensoleillées de Vérone, le décor unique imaginé par <strong>Michael Yeargan</strong> est constitué de gigantesques façades de couleur sombre, ornées de colonnades et de balcons qui encadrent un espace rectangulaire, tour à tour salle de bal, jardin de Juliette, place de marché, chambre à coucher ou tombeau. Au quatrième acte, le lit nuptial est figuré par un gigantesque drap disposé sur le terre-plein central et au cinquième, quelques tombes alignées figurent la crypte des Capulet. Ce décor monumental crée une atmosphère oppressante dans la salle du Met à laquelle échappent en partie les spectateurs des cinémas puisque les caméras se concentrent davantage sur les mouvements des personnages et leurs expressions que sur les plans d’ensemble. L’action est transposée au dix-huitième siècle comme en témoignent les beaux costumes de <strong>Catherine Zuber</strong>, en particulier les somptueuses tenues que porte Juliette. La direction d’acteurs est particulièrement soignée, au deuxième acte par exemple, le duo entre Roméo et Juliette est traité comme un jeu de cache-cache entre adolescents. Remarquablement réglés par <strong>B. H. Barry</strong>, les duels du troisième acte, aussi réalistes que spectaculaires, paraissent tout droit issus d’un film de cape et d’épée.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Romeo-Juliette-©-Marty-Sohl.-Met-Opera-9-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-158850"/><figcaption class="wp-element-caption">Roméo et Juliette © Marty Sohl. Met Opera</figcaption></figure>


<p>La distribution est globalement d’un niveau élevé. Si le duc de Vérone de <strong>Richard Bernstein</strong> a paru quelque peu falot, <strong>Thomas Capobianco</strong> et <strong>Jeongcheol Cha</strong>, respectivement Benvolio et Gregorio, se sont montrés pleinement crédibles dans leurs rôles ainsi que <strong>Daniel Rich</strong>, Pâris déplaisant à souhait. <strong>Eve Gigliotti</strong> campe une Gertrude truculente avec une voix ronde et cuivrée. En revanche le vétéran <strong>Nathan Berg</strong> n’est plus que l’ombre de lui-même. Avec son timbre émacié, Il incarne un comte Capulet vieilli prématurément. <strong>Will Liverman</strong> possède une voix riche et sonore, sa ballade de « la reine Mab » lui a valu un franc succès de même que la scène sa mort, sobre et émouvante. Très à son aise sur le plateau lors de ses deux duels, <strong>Frederick Ballentine</strong> manie l’épée avec dextérité. Son Tybalt agressif est servi par une voix sonore et bien projetée. Le page espiègle et facétieux de <strong>Samantha Hankey</strong> n’est pas dépourvu de charme, son air « Que fais-tu blanche tourterelle » chanté avec grâce et une pointe d’humour était tout à fait convaincant malgré un suraigu légèrement acide. <strong>Alfred Walker</strong> possède un timbre sombre et un registre grave profond, néanmoins son Frère Laurent débonnaire a paru quelque peu en retrait.</p>
<p><strong>Nadine Sierra</strong> se trouve désormais à l’apogée de sa carrière comme en témoignait sa récente Violetta à Paris. L’ampleur de ses moyens, ses aigus glorieux, sa ligne de chant nuancée et sa diction superlative font d&rsquo;elle une Juliette de grande classe. D’aucuns pourraient trouver sa voix un peu trop opulente à l’acte un pour évoquer une jeune fille à son premier bal mais on ne se plaindra pas que la mariée soit trop belle. Son air du poison, incarné avec une émotion et un engagement spectaculaires, lui a valu une interminable ovation de la part du public. Enfin, son duo final poignant aura arraché des larmes à plus d’un spectateur. <strong>Benjamin Bernheim</strong> réitère à trente ans d’intervalle le miracle de Roberto Alagna. Son Roméo se hisse d’emblée parmi les plus grands titulaires du rôle. On ne sait qu’admirer le plus, l’élégance de son phrasé, la perfection de sa diction, la suavité caressante de son timbre, les nuances dont il parsème sa ligne de chant ou son engagement dramatique hallucinant. Sa voix se marie idéalement avec celle de Nadine Sierra au point que leurs duos aux affects contrastés comptent parmi les plus grands moments de la soirée. Soulignons également la belle prestation des chœurs préparés par Donald Palumbo.</p>
<p>Au pupitre <strong>Yannick Nézet-Séguin</strong>, très à l’aise dans ce répertoire dont il maîtrise parfaitement le style, offre une direction grandiose tant dans les pages dramatiques comme le final de l’acte trois, que dans les scènes purement élégiaques comme le duo qui ouvre le quatrième acte.</p>
<p>Le samedi 20 avril, le Metropolitan Opera retransmettra dans les cinémas du réseau Pathé Live <em>La Rondine</em> avec Angel Blue et Jonathan Tetelman.   </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-romeo-et-juliette-new-york-streaming/">GOUNOD, Roméo et Juliette – New-York (Streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>GLASS, Akhnaten — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/akhnaten-streaming-new-york-akhnaten-au-premier-degre-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2020 03:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le contexte de ses Nightly Opera Streams, le Metropolitan Opera diffusait du 20 au 21 juin sa récente et nouvelle production d’Akhnaten de Philip Glass, acclamée par la critique dès sa création à l’English National Opera en 2016 tout comme lors de sa première arrivée au Met à l’automne dernier. Si elle avait d’ailleurs &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le contexte de ses <em>Nightly Opera Streams</em>, le Metropolitan Opera diffusait du 20 au 21 juin sa récente et nouvelle production d’<em>Akhnaten</em> de Philip Glass, acclamée par la critique dès sa création à l’English National Opera en 2016 tout comme lors de sa première arrivée au Met à l’automne dernier. Si elle avait d’ailleurs envoûté <a href="https://www.forumopera.com/breve/en-direct-du-met-un-spectacle-envoutant">notre collègue de Forum Opera</a>, notre enthousiasme, ce coup-ci, est modéré, très modéré.</p>
<p>La mise en scène confiée à <strong>Phelim McDermott</strong>, habitué à l’univers de Glass (il a créé la production de <em>Satyagraha</em> du Met en 2008), n’est pas très inspirée ; elle prend même le contrepied de l’esprit de l’œuvre. En effet, comme le rappelle Joyce DiDonato en introduction, chez Glass, le propos est « <em>abstrait</em> », la narration, toujours secondaire, l’œuvre, articulée autour de tableaux. Or cette mise en scène insiste très lourdement pour nous raconter une histoire, à tout prix. La recontextualisation de l’Egypte, via les décors de <strong>Tom Pye</strong> et les costumes de <strong>Kevin Pollard</strong> est dès lors très travaillée, même si elle a le mérite d’être ambiguë, puisqu’il s’agit plus d’une Egypte orientalisée façon XIXe siècle. A chaque instant, malheureusement, la mise en scène se construit autour de l’action dramatique, alors qu’elle devrait plutôt construire des visions et autres tableaux poétiques hallucinatoires. Il en ressort une pauvreté généralisée, le sentiment d’un décalage désagréable entre musique et mise en scène qui frise parfois le ridicule : ainsi de la scène du siège de la ville de l’acte III qui lorgne du côté de la scène d’action de série B américaine des années 1980.</p>
<p>Le jeu de mise en abîme des époques serait intéressant s’il n’était pas si hollywoodien, <a href="https://www.forumopera.com/dvd/religieusement-blonde">assez typique de la patte du Met, s&rsquo;agissant de l&rsquo;Egypte</a> notamment. Les décors <em>steampunk</em> ne servent que de cadre, plus ou moins esthétique, à l’action. Surtout, le metteur en scène a décidé de faire la part belle au jonglage, sous la direction du spécialiste <strong>Sean Gandini</strong>. L’idée est de mimer et traduire sur scène, par la jonglerie permanente, l’aspect répétitif de la musique de Glass. L’approche, si premier degré à nouveau, prête à sourire. Pire, le tout n’a rien de spectaculaire, au contraire, dans la mesure où les chanteurs du chœur, forcément amateurs, se joignent aux professionnels pour jongler ; l’espace d’un instant, le public croira assister au spectacle de gymnastique d’un lycée du fin fond de l’Ohio&#8230; La gêne culmine à l’<em>Epilogue</em> durant lequel des créatures marchent à quatre pattes devant Akhnaten ; le manque d’inspiration et de créativité est cruel.</p>
<p>Seuls deux tableaux ne ratent pas leur cible (<em>Akhnaten and Nefertiti</em> et <em>Hymn</em>) : dans ces moments-là, l’action est délaissée et l’approche se recentre autour du pouvoir évocateur de la musique ainsi que du charisme mystérieux de ces figures historiques aussi fascinantes qu’étranges. Le duo Néfertiti/Akhnaten avançant l’un vers l’autre dans d&rsquo;immenses et sobres robes rouges est profondément touchant ; de même que la prière au soleil d’Akhnaten captive l’auditoire de bout en bout, notamment grâce au sublime décor de cette boule immense et ardente vers laquelle s’élève doucement le Pharaon.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="301" src="/sites/default/files/styles/large/public/tom-pye-philip-glass-akhnaten-karen-almond-00101-ogt20tvpndfx0dfyt0p82b8w17m4cw2si0gwwzkyzs.jpg?itok=5l8uVViK" title="Karen Almond / Met Opera" width="468" /><br />
 © Karen Almond, Met Opera</p>
<p>Côté musique, la réussite est glorieuse et sauve la production. <strong>Karen Kamensek</strong> fait une entrée fracassante au Met, par son excellente maîtrise du style de Glass. Les réverbérations soutenues, les superpositions d’accents, les jeux de canons : toutes les techniques chères au compositeur américain sont sublimement restituées. Loin du piège mécanique que peut constituer l’aspect répétitif de la musique, la cheffe d’orchestre imprime un remarquable relief à la partition, prodiguant des effets tantôt incisifs tantôt lancinants. Sous sa baguette, la répétition se fait pulsation vivante, travaillée de l&rsquo;intérieur. Enfin, son choix de tempo est un sans-faute, en ce qui nous concerne.</p>
<p><strong>Anthony Roth Costanzo</strong> maîtrise à la perfection le rôle d&rsquo;Akhnaten qu’on croirait écrit pour lui. Déjà titulaire lors de la création de la production en 2016, le contre-ténor brille autant dans les moments qui requièrent puissance vocale (<em>Window of Appearance</em>) que les scènes intimistes où la pureté de la voix rappelle que le chanteur excelle également dans le répertoire baroque. Sa présence scénique est bouleversante, ses talents d’acteur lui permettent de transmettre avec grande subtilité bon nombre d’émotions. La mezzo-soprano <strong>J&rsquo;Nai Bridges</strong> fait d’excellents débuts au Met . La profondeur de sa voix, ainsi que sa texture sombre et brumeuse, sied parfaitement au rôle de l’envoûtante Néfertiti. Son charisme et son jeu dramatique lui confèrent une prestance magnétique. En Reine Tye, <strong>Dísella Lárusdóttir</strong> est convaincante même si son costume n’est vraiment pas des plus heureux. Ses talents de chanteuse et d’actrice lui permettent de constituer un très beau trio aux côtés de Bridges et Costanzo.</p>
<p>Le reste de plateau vocal est de très bonne facture ; <strong>Will Liverman</strong> propose un Horemhab tout en puissance, tandis que le grand prêtre d’Amon trouve en <strong>Aaron Blake</strong> un très bon interprète. <strong>Richard Bernstein</strong> en Aye complète efficacement ce trio, par une performance aboutie et crédible. Enfin, <strong>Zachary James</strong> campe un Amenhotep III de luxe, même s’il a parfois tendance à déclamer de son texte d’une voix par trop chevrotante. Le chœur est également de bonne facture même si sa pugnacité reste perfectible.</p>
<p>Le Met Opera poursuit sur sa lancée Philip Glass et dévoile ces jours-ci sa production de <em>Satyagraha </em>par Phelim McDermott créée en 2008.</p>
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		<title>BIZET, Carmen — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-new-york-new-york-en-attendant-la-releve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marceau Ferrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2018 06:41:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le principal mérite de la production new-yorkaise de Carmen signée Richard Eyre est d’avoir réuni Elīna Garanča et Roberto Alagna lors de sa création en 2009. La présence magnétique de ces derniers avait occulté une mise en scène très prosaïque, platement reprise cette saison par Paula Williams. La transposition dans l’Espagne de la guerre civile &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le principal mérite de la production new-yorkaise de <em>Carmen</em> signée <strong>Richard Eyre</strong> est d’avoir réuni Elīna Garanča et Roberto Alagna lors de sa création en 2009. La présence magnétique de ces derniers avait occulté une mise en scène très prosaïque, platement reprise cette saison par <strong>Paula Williams</strong>. La transposition dans l’Espagne de la guerre civile n’apporte rien sinon des casques franquistes et des costumes insipides. En guise de décors, les ruines des remparts de Séville encombrent la scène et ne laissent qu’un proscenium étroit sur lequel les protagonistes s’entassent rapidement. La taverne de Lilias Pastia est surplombée par des poutres rouges sur lesquelles tombe une lumière bleue du plus mauvais goût.</p>
<p>Plus dérangeante est l’obsession de Richard Eyre de meubler les préludes, pourtant très courts, avec de la danse et autres déplacements de décors. Ces scènes de danse sont au mieux plaisantes, au pire néfastes, comme le flamenco chez Lilas Pastia où les danseurs frappent du pied au point de couvrir « Les tringles des sistres tintaient ».</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="302" src="/sites/default/files/styles/large/public/carmen_6448-s.jpg?itok=cP3wexro" title="Clémentine Margaine (Carmen), Acte II - Photo: Marty Sohl/ Met Opera" width="468" /><br />
	Clémentine Margaine (Carmen), Acte II ©  Marty Sohl/ Met Opera</p>
<p>Mettre en avant la violence et la crudité de l’intrigue de <em>Carmen</em>, c’est une chose. En faire étalage avec vulgarité jusqu’au grotesque, c’en est une autre. Le jeu est souvent outrancier et sans subtilité ; Carmen passe ainsi la moitié de la soirée les jupons relevés et à califourchon sur Don José. La gaucherie des scènes sensuelles finit par mettre le public aussi mal à l’aise que les chanteurs eux-mêmes.</p>
<p>On aurait souhaité à <strong>Omer Meir Wellber</strong> un meilleur début au Metropolitan Opera. Le futur chef principal de l’orchestre de la BBC laisse paraître un manque de préparation assez évident de l’œuvre. Sa direction fait penser à ces cahiers d’écoliers aux premières lignes soigneusement calligraphiées qui deviennent brouillons la première page tournée. De préludes magnifiques de brillance et de vivacité, on passe à des ensembles décousus et un orchestre trop souvent en décalage avec les solistes.</p>
<p>La Carmen mutine de <strong>Clémentine Margaine</strong> lui a ouvert les portes des plus grandes maisons. On pouvait alors s’attendre à une interprétation maîtrisée de bout en bout de la part de celle qui chantera le rôle plus d’une vingtaine de fois cette saison. Pourtant, la Française semble ne jamais trouver d’équilibre au cours de la représentation. La ligne est hachée et oscille entre aigus éclatants et graves puissants sans jamais trouver de médium stable. A un timbre raide et sans séduction vient s’ajouter une prononciation hasardeuse, ce qui est bien dommage pour une Carmen francophone. Le Don José de <strong>Yonghoon Lee</strong> ne connaît que deux expressions : la stupeur et la colère. A ce titre, son interprétation relève plus d’un pastiche de Franco Corelli que d’une véritable appropriation du rôle. Le français est plus qu’approximatif et la ligne tendue et monochrome. Après un « Parle-moi de ma mère » inutilement <em>forte</em>, le ténor sud-coréen se rattrape avec un « La fleur que tu m’avais jetée » plus nuancé. Son absence d’alchimie avec Carmen ne tire pas cette première représentation vers le haut.</p>
<p>Les autres rôles sont plus heureusement distribués. Le charmant vibrato de la Micaëla de <strong>Guanqun Yu</strong> apporte un peu de fraîcheur au plateau vocal. Bien que superbement exécuté, son « Je dis que rien ne m’épouvante » pourrait encore gagner en puissance et en intériorité. <strong>Kyle Ketelsen</strong> incarne un Escamillo dandy, dont le timbre clair est compensé par une excellente diction et une interprétation convaincante. Les rôles secondaires permettent de rattraper cette représentation. Malgré une bonne projection, le Zuniga de <strong>Richard Bernstein</strong> ne correspond pas exactement aux exigences du rôle. La Frasquita de <strong>Sydney Mancasola</strong> et la Mercédès de <strong>Sarah Mesko </strong>sont des Bohémiennes piquantes qui brillent dans la scène des cartes. <strong>Adrian Timpau </strong>(Moralès), <strong>Javier Arrey</strong> (Le Dancaïre) et <strong>Scott Scully</strong> (Le Remendado) viennent solidement compléter la distribution. Le chœur du Met livre une magnifique prestation dès « La cloche a sonné » mais se perd au gré de la direction encore mal assurée d&rsquo;Omer Meir Wellber.</p>
<p>Espérons que la venue début 2019 de Louis Langrée, Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak relèvera le niveau de cette <em>Carmen</em> bien morne.</p>
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		<title>VERDI, Simon Boccanegra — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/simon-boccanegra-new-york-long-live-levine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Apr 2016 22:36:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux jours après sa nomination en tant que Directeur musical Emeritus du Metropolitan Opera, James Levine y dirigeait l&#8217;ultime représentation de Simon Boccanegra de cette saison, autour d&#8217;une distribution composée des glorieux aïeux du Met – Placido Domingo et Ferruccio Furlanetto – et de la nouvelle génération – Lianna Haroutounian et Joseph Calleja. Le temps &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux jours après sa nomination en tant que Directeur musical Emeritus du Metropolitan Opera, <strong>James Levine</strong> y dirigeait l&rsquo;ultime représentation de <em>Simon Boccanegra</em> de cette saison, autour d&rsquo;une distribution composée des glorieux aïeux du Met – <strong>Placido Domingo</strong> et <strong>Ferruccio Furlanetto</strong> – et de la nouvelle génération – <strong>Lianna Haroutounian</strong> et <strong>Joseph Calleja</strong>. Le temps passe et les soirées ne se ressemblent pas. Très handicapé par des tremblements le mercredi pour la pénultième, le maestro jouait tout comme en sourdine et ne parvenait qu&rsquo;en de rares moments à concentrer les forces de tous au service du drame. Le lendemain le communiqué de Met confirmait ce que l&rsquo;on sentait : James Levine se retirait de son poste de directeur musical.</p>
<p>	Une dernière soirée donc, pour une œuvre que James Levine affectionne tout particulièrement et qu&rsquo;il aura présentée dans cette salle à de nombreuses reprises, les captations en témoignent. Une dernière soirée aussi peut-être avec deux vieux compagnons de route, briscards infatigables. Une dernière soirée en apesanteur, libéré du mal qui le paralyse parfois. On peut décrire techniquement une direction de James Levine, mais c’est passer à coté de l’essentiel : la sensibilité. La mer irisée du couchant jaillit dans la fluidité des phrases, la ductilité de pupitres soyeux, les couleurs et les teintes. La colère du peuple gronde dans des crescendo millimétrés et des tutti gargantuesques. L&rsquo;amour, le filial et le passionnel, s&rsquo;épanche dans un lyrisme jamais vulgaire ou trop appuyé. La mort rôde enfin dans ces notes égrenées avec lenteur et de longs accords en forme de requiem.</p>
<p>	Est-ce l&rsquo;urgence de cette dernière soirée qui transporte ainsi ses interprètes ? Dépouillés de l&rsquo;acidité qui entache parfois leurs aigus, les sopranos et le chœur du Metropolitan Opera stupéfient la salle dans les deux scènes d&rsquo;émeutes. <strong>Placido Domingo</strong> est dans un grand soir, ceux où rien ne lui résiste. Fi du débat sur la couleur vocale, « il Doge è qui » autoritaire et charitable. Sa grande adresse du deuxième acte dans la salle du Conseil se gorge des accents de l&rsquo;orateur et survole en volume ses partenaires. Mais la voix sait s&rsquo;alléger aussi pour dépeindre l&rsquo;amour du père dans des demi-teintes, où les affres de l’agonie dans une scène finale poignante. Souffle et ligne ne sont jamais pris en défaut chez <strong>Ferruccio Furlanetto</strong> qui met à profit nasalité et profondeur pour asseoir son personnage de Fiesco dans sa dignité meurtrie et vengeresse. La voix de <strong>Lianna Haroutounian, </strong>opulente et puissante se déploie dans un long phrasé au légato soigné. Son Amelia est une jeune femme forte et aimante, où la fragilité perce dans des piani peut-être encore trop parcimonieux. En Adorno <strong>Joseph Calleja</strong> trouve un emploi qui convient davantage à sa vocalité que certains rôles pucciniens. Le chant est nuancé, grâce aussi à ce vibrato très serré qui soit caractérise, soit handicape. A l’aigu l’émission ne passe qu’en forte, et la vibration donne l’impression de saturer dans la gorge du chanteur. Paolo (<strong>Stephen Gaertner</strong>) et Pietro (<strong>Richard Bernstein</strong>) ne dépareillent pas.</p>
<p>	Un mot enfin de cette production de <strong>Giancarlo del Monaco</strong> connue par le DVD  (Te Kanawa et Domingo en jeunes amoureux; Domingo déjà en Doge sur cette même scène…) idéal pour les goûts du public new-yorkais mais qui ne trouve désormais sa vie propre que dans le talent des interprètes qui viennent l’habiter.</p>
<p>	Aux saluts, devant une salle debout qui s&rsquo;époumone en bravi, des chanteurs émus – Placido Domingo ne retenait pas ses larmes – se sont tournés vers la fosse. Cette fosse d’où le Maestro ne peut plus bouger, ironique incapacité pour celui qui en fit son domicile il y a plus de 40 ans et y aura méticuleusement trôné pendant plus de 2500 représentations. Cette fosse où demain peut être encore – on l&rsquo;espère pour lui, on l&rsquo;espère par hédonisme égoïste – il dessinera instinctivement, avec la poésie de ses gestes et de ses doigts, les fils ténus des drames et des chants qui les accompagnent.</p>
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