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	<title>Bettina Maria BAUER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bettina Maria BAUER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Siegfried &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-siegfried-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un <em>Ring</em> à Versailles, c&rsquo;était peut-être le rêve inaccompli de Louis II de Bavière et il se réalise depuis deux saisons à l&rsquo;Opéra Royal de Versailles, le château construit par Louis XIV, l&rsquo;absolu modèle du mécène de Richard Wagner. Après un <em>Rheingold</em> en 2022-2023 fort réussi, après <em>Die Walküre</em> non moins applaudie en 2023-2024, en attendant <em>Götterdämmerung</em> l&rsquo;an prochain, les musiciens et chanteurs du <strong>Théâtre national de la Sarre</strong> <strong>de Särrebruck</strong> ont livré un <em>Siegfried</em> de toute beauté, dirigés par leur directeur musical <strong>Sébastien Rouland</strong>. Opéra actant la fin de l&rsquo;ère des dieux, des nains et des géants et le temps venu pour l&rsquo;humanité grâce à l&rsquo;amour de Brünnhilde et Siegfried, ses défis sont considérables tant pour les chanteurs que pour l&rsquo;orchestre, ce dernier fort beau, quoiqu&rsquo;en difficulté à quelques reprises. Donnée en version concert (un avantage pour les wagnerolâtres dont je suis), l&rsquo;œuvre concentre l&rsquo;attention sur l&rsquo;essentiel, c&rsquo;est-à-dire les musiciens, la direction, les chanteurs qui ont le bon goût de ne pas se contenter de livrer leur partition. En effet louera-t-on jamais assez les bienfaits des versions de concert depuis que l&rsquo;union des arts théorisée par Wagner est dangereusement battue en brèche par les Trissotin, dont on nous inflige trop souvent les mises en scène aussi laides que vaniteuses ?</p>
<p>Le <em>Vorspiel</em> du premier acte, déçoit quelque peu, tant la noirceur et le fracas attendus, faisant redouter les machinations mortifères de Mime, les forces du mal que peuvent délivrer à tout moment les Nibelungen et le réveil du dragon Fafner sur son tas d&rsquo;or, bref ce qu&rsquo;on a appelé la « symphonie de l&rsquo;obscur » manque singulièrement de ténèbres et surtout de force tellurique. Pourquoi le chef bride-t-il les menaces venues des cuivres graves ? On ne le saura pas – même si la sonorité de l&rsquo;orchestre (au format adapté pour l&rsquo;écrin de l&rsquo;Opéra Royal) sera pendant quatre heures de musique le plus souvent très belle, transparente, moirée, aux timbres fondus comme l&rsquo;exige parfois aussi ici l&rsquo;art de la transition wagnérien. Le monologue de Mime, interprété par l&rsquo;incroyable <strong>Paul McNamara</strong>, nous épargnant les délires grotesques dont certains de ses collègues abusent parfois dans la peinture de ce caractère, fait éclater tout son talent de nouveau sur la scène versaillaise. Avec l&rsquo;appel du cor, Siegfried et son ours en laisse, le héros enfant cherchant désespérément un compagnon, surgit. Cheveux longs dénoués, l&rsquo;élégant <strong>Tilmann</strong> <strong>Unger</strong> semble avoir du mal à entrer dans son personnage et le chant laisse à désirer en termes de puissance, de ligne et de projection. Une entrée en matière qui fait craindre pour la suite, mais qui sera vite effacée par une envoûtante incarnation du rôle par le ténor allemand. La fougue bravache et l&rsquo;impétuosité de Siegfried ne seront pas les traits prégnants de son Siegfried mais plutôt son invincible mélancolie d&rsquo;orphelin solitaire, élevé par un nain qu&rsquo;il exècre. Ce parti pris romantique s&rsquo;affirmera d&rsquo;acte en acte, sans nous priver des épisodes de vaillance aux moments idoines. Voici qui nous change des <em>heldentenor</em> braillards. Son Siegfried privilégie pour notre plus grand plaisir l&rsquo;intelligence et la subtilité du liedersänger (qu&rsquo;a voulu également il y a peu <strong>Kent Nagano</strong> avec son <em>Siegfried</em> en version historiquement informée à la Philharmonie). En quête de ses origines, le Wälsung est ici un être qui sait être voué au malheur (comme son père Siegmund).</p>
<p>L&rsquo;entrée majestueuse de Wotan dans la deuxième scène hisse encore le spectacle à un niveau remarquable grâce au génie de <strong>Simon Bailey</strong>. Cache-oeil et long manteau, tous les attributs du Maître des Corbeaux devenu Wanderer ne manquent pas, non plus que son baryton puissant pour camper un dieu encore arrogant, qui cherche pendant tout l&rsquo;opéra à aider Siegfried sur le chemin de sa destinée. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il met Mime sur la bonne voie (« seul celui qui ne connaît pas la peur » pourra reforger l&rsquo;épée Notung). Le concours des questions consacrera bien sûr la supériorité du dieu sur Mime. Dans la dernière scène du premier acte, Siegfried reforge en effet l&rsquo;épée de Sigmund alors que l&rsquo;orchestre s&#8217;embrase, secoué de rythmes fous pour les épisodes de la fonte et de la forge, jusqu&rsquo;à l&rsquo;éclat final éblouissant. A l&rsquo;acte deux, celui de la grande révélation de Siegfried, l&rsquo;orchestre délivre ses motifs ténébreux jusqu&rsquo;au fortissimo espéré, préparant l&rsquo;intervention de l&rsquo;Alberich luxueux de <strong>Werner Van Mechelen</strong>. Le baryton-basse donne à son personnage la noirceur et l&rsquo;effroi d&rsquo;un malheureux avide de pouvoir, ce qui en fait un exact équivalent infernal de l&rsquo;Albe brillant du Walhalla ; alors que ce dernier l&rsquo;assure de sa renonciation à l&rsquo;anneau. L&rsquo;Alberich du baryton-basse, au pouvoir d&rsquo;attraction tissé de méchanceté et à la volonté inflexible, compose un personnage incisif, en tous points opposé à son frère, le Nibelung Mime (n&rsquo;incarnant jamais un réel danger) – toujours <strong>Paul McNamara</strong> au chant (très réussi) tout d&rsquo;abrupte faiblesse dans leur dernière rencontre à venir.</p>
<p>Le magnifique épisode de la forêt, dont les précieux alliages timbriques décrivent les murmures sylvestres, donne malheureusement une impression un peu brouillonne aux cordes. Mais l&rsquo;aria tout en souplesse d&rsquo;émission de <strong>Tilmann Unger</strong> dont le timbre s&rsquo;est maintenant verni et doré (« Dass der mein Vater nicht ist ») marque la satisfaction de Siegfried après le départ de Mime. Sa tentative comique de répondre à l&rsquo;Oiseau qu&rsquo;il ne comprend pas encore (avec un très beau solo du cor), est accompagnée par un orchestre qui a retrouvé ses prérogatives. Avec le dramatisme exacerbé du réveil de Fafner (fabuleux <strong>Hiroshi Matsui</strong>) et l&rsquo;accord des trompettes fortissimo soulignant le coup d&rsquo;épée de Siegfried, les amples mouvements musicaux et le très beau dialogue avec le dragon laissent place aux accents heurtés de la dispute entre les Nibelungen. Siegfried, désormais éveillé au chant de l&rsquo;oiseau (<strong>Bettina Maria Bauer</strong> au timbre frais ayant un peu trop recours au vibrato) grâce au sang du dragon, se débarrasse de Mime et sent son coeur exulter, prêt à se laisser enivrer par la joie d&rsquo;aimer – et réveiller Brünnhilde à l&rsquo;acte suivant.</p>
<p>Offrant un prélude tempétueux au troisième acte, le chef <strong>Sébastien Rouland</strong> malaxe une pâte orchestrale assez fascinante, semblant réveiller des forces profondément enfouies en galvanisant les pupitres des cuivres. L&rsquo;affrontement entre le Wotan de <strong>Simon</strong> <strong>Bailey</strong>, décidément chanteur des plus nobles, et Erda tient toutes ses promesses en terme de dramatisme et de frissons. L&rsquo;effet de l&rsquo;entrée en scène de la jeune <strong>Melissa Zgouridi</strong>, impressionnante déesse aux moyens vocaux fantastiques et au beau timbre ombreux, frappe par sa présence magnétique après le trépignement sauvage de l&rsquo;orchestre. La fin des dieux que prophétise Wotan se matérialise par sa lance sacrée brisée par l&rsquo;épée de Siegfried. Le Wanderer paraît, lors du duo avec celui qui ignorera toujours qu&rsquo;il est son petit-fils, soudain vulnérable. Il bouleverse avec son phrasé nuancé et ses accents émouvants, avant de disparaître définitivement du <em>Ring, </em>peut-être enfin en paix. Un des plus longs duos d&rsquo;amour peut commencer entre la Walkyrie, renonçant difficilement à ses attributs de déesse, et un Siegfried mûri, plein d&rsquo;un amour humain dont l&rsquo;orchestre fait un hymne glorieux, éprouvant enfin la peur. Le réveil de Brünnhilde et son salut au soleil, puis au jour, est gâché par l&rsquo;absence de contrôle vocal de <strong>Aile Asszonyi.</strong> L&rsquo;excellente acoustique de ce bijou qu&rsquo;est l&rsquo;Opéra Royal mériterait plus de nuances et de poésie. Certes, la soprano estonienne veut faire la preuve de l&rsquo;étendue de ses moyens, considérable, mais ce malheureux effet produit par des cris poitrinés et un contre-ut au métal acéré lasse le tympan le plus endurant. Heureusement la chanteuse dose ensuite un peu plus ses supplications, nous laissant goûter à la délicate mélodie aux cordes de la <em>Siegfried Idyll</em>. Le Siegfried de <strong>Tilmann</strong> <strong>Unger</strong> ne renonce pas, et c&rsquo;est heureux, à sa sensibilité et il confère à cette scène d&rsquo;amour finale une intensité généreuse.</p>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lor-du-rhin-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Jun 2023 13:10:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Exceptionnel après-midi à l&rsquo;Opéra Royal de Versailles où ont retenti pour la première fois sous les ors du superbe théâtre les accents du Prologue du <em>Ring</em>, <em>L&rsquo;Or du Rhin. </em>L&rsquo;Opéra du Château de Versailles a noué un partenariat avec le Théâtre national de la Sarre pour fêter l&rsquo;anniversaire prochain (1876 &#8211; 2026) de la création de <em>L&rsquo;Anneau du Nibelung</em>. Comment mieux marquer en effet les esprits qu&rsquo;en offrant le chef-d&rsquo;oeuvre du compositeur préféré du Roi de Bavière dans le château de Louis XIV, ce roi-soleil qu&rsquo;admirait par dessus tout Louis II, « l&rsquo;auguste ami » et mécène de Richard Wagner ? L&rsquo;idée excellente d&rsquo;un <em>Ring</em> à Versailles (un palais recréé à Herrenchiemsee) a cependant été reportée pour raison de pandémie. Cette première tétralogie en version de concert a donc été heureusement reprogrammée. En 2023 le Prologue, <em>La Walkyrie</em>, sera donnée quant à elle le dimanche 17 mars 2024 à 15 heures. Les autres journées sont programmées respectivement en 2025 et 2026, qui nous amènera à la fameuse commémoration de la création des quatre volets de <em>L&rsquo;Anneau</em> au Festival de Bayreuth, il y a cent cinquante ans.</p>
<p>Idée plus qu&rsquo;heureuse quand on connaît l&rsquo;excellente tenue de cette phalange musicale et vocale : confier ce <em>Ring</em> à L&rsquo;Orchestre et à la Troupe de l&rsquo;Opéra de Sarrebruck sous la direction de son Generalmusikdirektor depuis 2018, <strong>Sébastien Rouland</strong>. La règle pour les chanteurs : chanter sans partition en jouant vraiment leurs rôles. Accompagnés par un orchestre très investi dont le chef français a obtenu un son somptueux et raffiné, magnifié par l&rsquo;excellente acoustique des lieux, les interprètes nous ont proposé en ce dimanche de Pentecôte un Prologue de très haute volée. Et puis disons-le, aucune mise en scène nulle ou médiocre s&rsquo;interposant entre l&rsquo;œuvre et le public, n&rsquo;est-ce pas un rêve ? </p>
<p>Le discours musical dense, fluide et riche d&rsquo;un réseau thématique inouï jusqu&rsquo;alors (en 1869 à  sa création à Munich) est ici traité avec une maîtrise achevée de la variation sous la baguette souple de Sébastien Rouland. Pour ce voyage dans le passé mythique des dieux, des nains et des géants président au commencement du monde, au sein d&rsquo;une nature qui émerge superbement dans ces modulations aux cordes graves bientôt rejointes par tous les pupitres en une fusion parfaite (et quelle finesse dans l&rsquo;entrée des violons !). Les Filles du Rhin à la distribution luxueuse (<strong>Valda Wilson</strong>, <strong>Melissa Zgouridi</strong> qui sera aussi Erda, et <strong>Bettina Maria Bauer</strong>, Woglinde un peu fragile en regard de ces deux voix royales) donnent aussi le ton de ce spectacle face à un Alberich faisant craindre au début une problématique gestion du souffle (dans une entrée réputée difficile). <strong>Werner van Mechelen</strong> sera néanmoins un Alberich de première classe par la suite, excellent dès son renoncement à l&rsquo;amour, effrayant à souhait dans la scène du Nibelheim (« Obéissez au Maître de l&rsquo;Anneau ») bien secondé à l&rsquo;orchestre, avant sa déconfiture. Très soigneux dans l&rsquo;accompagnement du chant, l&rsquo;orchestre tantôt déchaîné, magnifique de tension dès cette première scène du vol de l&rsquo;or, tantôt limpide, ne manquera ensuite ni de brillance ni du sens du drame jusqu&rsquo;aux motifs ultimes, dont celui de l&rsquo;Epée. </p>
<p>Ce <em>Rheingold</em>&nbsp;ne cessera en effet d&rsquo;enchanter. Le jeune Wotan de <strong>Peter Schöne</strong>, voix superbe aux nuances mordorées, solide dans toute la tessiture, et dont l&rsquo;entrée évoque irrésistiblement quelque roi allemand du siècle passé, se montrera également formidable, incarnant finement tout l&rsquo;arc des sentiments du dieu « altier » (de la condescendance face aux géants à l&rsquo;inquiétude finale communiquée par l&rsquo;anneau maudit par Alberich). Si Fricka et Freia convainquent un peu moins, l&rsquo;arrivée des deux géants constitue un autre événement avec d&rsquo;incroyables Fasolt (<strong>Markus Jaursch</strong>) et Fafner (<strong>Hiroshi Matsui</strong>) aux moyens considérables ; le premier au timbre magnétique et le second aux graves abyssaux qu&rsquo;on imagine sans peine en futur dragon. Le Loge bien caractérisé d&rsquo;<strong>Algirdas</strong> <strong>Drevinskas</strong>, rôle éminemment important dans le Prologue, s&rsquo;imposera sans peine en rusé mais critique conseiller de Wotan, malgré une voix plus claire que puissante, pas toujours sûre dans son assise mais aux beaux accents.&nbsp;</p>
<p>Un Mime excellent (<strong>Paul McNamara</strong>) maîtrisant lui aussi l&rsquo;arioso (avec le récit de l&rsquo;esclavage des Nibelungen) viendra compléter une distribution parfaitement pensée. Les scènes extraordinaires s&rsquo;enchaînent : enclumes du Nibelheim, transformation d&rsquo;Alberich sous le Tarnhelm en dragon, orage de Donner (avec un <strong>Stefan Röttig</strong> au format de voix ici peu adapté au rôle), retour au Walhalla et son pont d&rsquo;Arc-en-ciel, et les leitmotive toujours parfaitement dessinés dans cette pâte sonore mouvante par un orchestre au sens théâtral aigu. Ce dernier nous aura décidément ravis en termes d&rsquo;attaques précises, d&rsquo;homogénéité et cependant de contrastes, nous accompagnant sur un chemin tracé dans l&rsquo;oeuvre afin de nous en faire découvrir les détails et beautés. On ne peut enfin que comprendre Wotan (et son chant à la projection et à l&rsquo;intelligibilité délectables) cédant au sublime chant de bronze étincelant de l&rsquo;Erda de <strong>Melissa Zgouridi</strong>, jeune mezzo idéalement wagnérienne, qui nous enchaîne passionnément à chacun de ses mots (« Je sais tout ce qui fut, tout ce qui sera »). Venue de l&rsquo;Ur-Walla et messagère de l&rsquo;Eternité, sa mise en garde mystérieuse a les accents supérieurs des grandes tragédiennes du passé. Après la splendeur des motifs (dont celui du Walhalla et de l&rsquo;Or « Rheingold ! Rheingold ! »), alors que la fin de la suprématie des dieux plane sur ce finale, la coda à l&rsquo;orchestre sonnera grandiose. Vivement l&rsquo;année prochaine pour <em>La Walkyrie</em> !&nbsp;</p>
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