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	<title>Flore BOIXEL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Flore BOIXEL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>La Périchole d’Opéra éclaté continue sa tournée par Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-perichole-dopera-eclate-continue-sa-tournee-par-massy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Dec 2016 11:22:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Périchole mise en scène par Olivier Desbordes et Benjamin Moreau, créée à Montpellier en 2015 puis reprise à Saint-Céré en 2015 et 2016 avant de partir en tournée avec une seconde distribution quasi inchangée, présente toutes les qualité habituelles d’Opéra éclaté : une troupe solide, un dispositif scénique minimaliste, un spectacle bien rodé.  Aujourd’hui à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Périchole</em> mise en scène par <strong>Olivier Desbordes</strong> et B<strong>enjamin Moreau</strong>, créée à <a href="http://www.forumopera.com/la-perichole-montpellier-conventions-et-conviction">Montpellier en 2015</a> puis reprise à <a href="http://www.forumopera.com/la-perichole-saint-cere-le-parti-pris-de-la-gaite">Saint-Céré en 2015</a> et <a href="http://www.forumopera.com/la-perichole-saint-cere-amusez-vous-on-vous-a-paye-pour-ca">2016</a> avant de <a href="http://www.forumopera.com/la-perichole-clermont-ferrand-clermont-ferrand-offenbach-sous-amphetamines">partir en tournée</a> avec une seconde distribution quasi inchangée, présente toutes les qualité habituelles d’Opéra éclaté : une troupe solide, un dispositif scénique minimaliste, un spectacle bien rodé.  Aujourd’hui à Massy, les chanteurs retrouvent une scène où ils viennent régulièrement, mais peinent un peu à se remettre en train. Après un démarrage laborieux des trois cousines menées par l’excellente <strong>Flore Boixel </strong> (2<sup>e</sup> cousine), <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> (Piquillo), <strong>Christophe Lacassagne</strong> (le vice-roi) et surtout <strong>Sarah Laulan</strong> prennent la main. Sa Périchole a de l’abattage et de la voix, à défaut de profondeur psychologique, et de fait c’est un peu ce que l’on peut dire de tout le spectacle : une imagerie qui se voudrait subversive mais qui fait un peu pétard mouillé, surtout si on la compare à la mise en scène de la même œuvre par Jérôme Savary. Celle-ci, pourtant, ne brillait pas par son adaptation musicale. Ici, on regrette encore plus un orchestre squelettique et aigre, et surtout une orchestration qui ne rend guère hommage au génie d’Offenbach. On en perd même parfois le fil musical. La direction de<strong> Gaspard Brécourt </strong>est pourtant solide et expressive, mais les décalages entre les chœurs et cet orchestre juché en fond de scène sont trop fréquents. Tout finit par se remettre en place après l’entracte, et la seconde partie du spectacle suscite enfin l’enthousiasme des spectateurs.</p>
<p>Massy, opéra de Massy, dimanche 4 décembre 2016, 16 h</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-clermont-ferrand-clermont-ferrand-offenbach-sous-amphetamines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Nov 2016 08:29:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le rideau de scène donne le ton de cette Périchole peroxydée et pyrotechnique à l’Opéra de Clermont-Ferrand : mur lépreux couvert d’affiches lacérées. Les plis et replis de la toile nous offre le choix entre « Vilement le fond de gâche » ou « Vivement le Front de Gauche » nous disent les plus visibles sinon les plus lisibles des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rideau de scène donne le ton de cette <em>Périchole</em> peroxydée et pyrotechnique à l’Opéra de Clermont-Ferrand : mur lépreux couvert d’affiches lacérées. Les plis et replis de la toile nous offre le choix entre « Vilement le fond de gâche » ou « Vivement le Front de Gauche » nous disent les plus visibles sinon les plus lisibles des options… à moins qu’il n’y soit question d’affront ! Celui du dénuement et de la misère du peuple invité à l’insu de son plein gré à la fête du prince, histoire de nous rappeler à la dure réalité, appelée aussitôt à disparaître sous les rires et les farandoles. Les choix dramaturgiques d’<strong>Olivier Desbordes</strong> qui signe la mise en scène aux côtés de <strong>Benjamin Moreau</strong> est tout en ombres sous-jacentes et lumières crues. Plus les ficelles, voire les cordes à nœud sont grosses et moins on est dupes. Ubuesque, cette république bananière pour n’exhiber que ses oripeaux bariolés n’en est, réflexion faite, que plus ambigüe.</p>
<p>Desbordes sollicite sans cesse notre vigilance, et réveille nos consciences par le biais d’incessants autant que brefs rappels à l’ordre. Comme ces apparitions fugaces mais inquiétantes et entêtantes d’une soldatesque en tenue de camouflage ; ou cette sépulcrale salle du trône à degrés, aux sièges en forme de pierres tombales ; ou ce monarque et sa cour aux perruques choucroutées à l’oxygène et vêtus du noir et blanc d’un deuil prémonitoire ; ou encore le codétenu de Piquillo clin d’œil au masque de fer grimaçant du visage décharné de la mort. La fête appartient à la rue, nous dit Desbordes. Elle est la sève du peuple frondeur et insouciant mais faussement innocent, tandis que les hiérarques et leurs concubines sont confits dans un protocole mortifère et une ignorance suicidaire.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_perichole_-c-_nelly_blaya-55.jpg?itok=0jIibU4G" title="Pierre-Emmanuel Roubet et Sarah Laulan ©  Nelly Blaya" width="468" /><br />
	© Nelly Blaya</p>
<p>Pourtant rien d’idéologiquement surligné, foin de message philosophico-existentiel appuyé. On est dans l’allusif à double sens, dans le refus presque obstiné de toute justification militante. Le spectre de la mort et les fantômes de la dictature, pas plus tôt qu’entre-aperçus, s’effacent sous les cotillons et les flonflons d’un orchestre aux allures de banda à laquelle il emprunte la tonicité débridée. Peu de décors mais judicieux ; juste de la couleur et de la vie. Paroles et musique se suffisent à elles-mêmes et remettent les pendules à l’heure d’une vérité où l’ivresse de la fête populaire masque sous des outrances débonnaires, l’injustice d’une société corrompue et cynique.</p>
<p>La direction sous amphétamines de <strong>Gaspard Brécourt</strong> est là pour nous rappeler les fondamentaux : la vertu cardinale de l’opéra-bouffe offenbachien en général, et de <em>La Périchole </em>en particulier, est de se faire le héraut de l’effondrement annoncé d’un second empire à bout de souffle. En ce sens Offenbach est bien le témoin de cette agonie et Desbordes son lecteur avisé et Brécourt son traducteur affuté.</p>
<p>La troupe se fait complice sans retenue de cette sarabande endiablée. Quitte à forcer le trait histrionique au détriment du drame (quand même !) omniprésent et d’une incontestable finesse de propos que regretteront certains ? La métaphore d’une charge sans pitié contre l’absolutisme désinvolte et anachronique en pleine révolution industrielle ne saurait faire l’économie d’une certaine verve outrancière. La gouaille populacière de la Périchole de <strong>Sarah Laulan</strong> en est la figure de proue de cette production désormais bien rodée. Que l’on ne s’y trompe pas : si l’on en croit les témoignages de l’époque, la prestation de l’actuelle généreuse mezzo serait plus proche de celle d’Hortense Schneider, créatrice du rôle, que de la fragile chanteuse de rue où beaucoup la cantonne aujourd’hui. Sarah Laulan ne rechigne pas davantage à tirer son personnage vers les aigus flamboyants d’une ivresse lyrique décomplexée, à l’image d’un provoquant et bien nommé « Je l’ose », typique de ce registre bouffe.</p>
<p>Le contraste n’en est que plus évident et pertinent avec le Piquillo au grain sensible et au timbre d’une délicate séduction de <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong>, parfait dindon de la farce en dépit des dénégations trop larmoyantes pour être honnête de sa traitresse de dulcinée.</p>
<p><strong>Christophe Lacassagne</strong> n’est pas seulement le comédien rossard et libertin que l’on attendait dans le rôle de Vice-roi. Son baryton est au diapason du personnage : graves chaleureux et bien trempés servie par une projection aux solides appuis. Plus ridiculement félon et traitreusement grotesque que le duo <strong>Benameur</strong> et <strong>Vignau</strong> doit être difficile à égaler tout comme la rouerie perverse des trois cousines. Avec une prime à la pétillante 2<sup>e</sup> Cousine de <strong>Flore Boixel</strong>. Et une « déprime » à l’endroit du priapique Marquis de Tarapote dont le long sevrage sexuel ne nécessitait sans doute pas autant d’explicite insistance.</p>
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		<title>WEILL, Die Dreigroschenoper — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lopera-de-quatsous-saint-cere-quand-le-cabaret-fait-son-cirque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charlotte Saulneron-Saadou]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Aug 2016 08:10:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette programmation de L’Opéra de Quat’Sous, sous la direction musicale de Manuel Peskine et mis en scène par Éric Perez et Olivier Desbordes, est représentative de l’association des festivals de Figeac (avec son « théâtre ») et de Saint-Céré (avec son « théâtre musical ») étant donné que plusieurs représentations de ce spectacle se sont déroulées en juillet dernier &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette programmation de <em>L’Opéra de Quat’Sous</em>, sous la direction musicale de <strong>Manuel Peskine</strong> et mis en scène par <strong>Éric Perez</strong> et <strong>Olivier Desbordes</strong>, est représentative de l’association des festivals de Figeac (avec son « théâtre ») et de Saint-Céré (avec son « théâtre musical ») étant donné que plusieurs représentations de ce spectacle se sont déroulées en juillet dernier dans le cadre du premier pour arriver ce mois d’août au nouveau théâtre de l’usine du second.</p>
<p>Il ne s’agit pas d’une première pour les deux acolytes d’Opéra Eclaté puisque Éric Perez et Olivier Desbordes avait déjà monté la pièce à Saint-Céré en 2003. Entre temps, <a href="http://www.forumopera.com/cabaret-massy-entre-pabst-et-von-sternberg">le succès de <em>Cabaret</em></a> les a conduits à cette nouvelle proposition allant même jusqu’à refaire travailler un bon nombre des comédiens-chanteurs de ce dernier spectacle. Nous voilà donc entraînés dans le cirque-cabaret de Jenny des Lupanars qui remplace la chiffonnerie de Monsieur Peachum initialement prévue par Brecht. Pourquoi pas… Mais cette alliance donne surtout l’impression qu’aucun de ces deux mondes n’est réellement abouti, le spectateur comprenant mal la cohésion d’ensemble entre un french cancan, une cage à fauves et la pantomime d’une orgie dans une maison close. Il y a pourtant de bonnes idées du côté du cirque même si l’univers du cabaret paraît plus conforme à l’esprit de cette « musique dégénérée. »</p>
<p>Nous regrettons de ce fait le manque d’exploitation de l’une ou l’autre de ces deux ambiances, la mise en scène ne permettant que trop peu de se rapprocher de l’idéal du « théâtre épique » poursuivi par Brecht.</p>
<p>Appartenant au genre du théâtre chanté (<em>L’Opéra de Quat’Sous </em>n’est que modérément joué sur les grandes scènes lyriques), l’œuvre est souvent considérée comme l’une des premières comédies musicales en Europe. Sur la piste aux étoiles, évoluent ainsi en toute logique des comédiens-chanteurs et non des artistes lyriques. Alors que le compositeur exigeait des interprètes capables d’assumer les difficultés vocales de sa musique, nous ne sommes pas sure que cette distribution ait relevé ce défi, à l’image de <strong>Nicole Croisille</strong> et <strong>Patrick Zimmermann</strong> en Madame et Monsieur Peachum. Le couple dégoulinant de gouaille et de perversité, est homogène autant dans ses défauts que ses qualités. Leur timbre de voix est totalement adapté à cet univers. La diction est excellente, le chanté/parlé pleinement respecté. Mais tout ceci ne nous fera pas oublier leur justesse trop souvent approximative avec un <strong>Patrick Zimmermann</strong> marquant de manière bien trop prononcée les fins de phrases, alourdissant ainsi son chant bien plus qu’il ne faudrait (c’est en français mais tout de même !).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/4sous2.jpg?itok=tnDY3Hty" title="© Fredericstephan" width="468" /><br />
	© Fredericstephan</p>
<p>Malheureusement, ce n’est pas avec <strong>Clément Chébli</strong> (Filch) et le reste des brigands que la troupe remontera la pente. Leur jeu (je surjoue, tu surjoues, il surjoue, nous surjouons…) comme leur chant ne disposent d’aucune nuance, « la chanson de noces » de ces quatre gangsters étant particulièrement criarde. Seul <strong>Josselin Michalon</strong> tire son épingle du jeu par une interprétation juste qui ne permettra pas malgré tout de faire revenir ses compères à la raison. <strong>Flore Boixel</strong> (Jenny) et <strong>Marc Schapira</strong> (Brown) proposent quant à eux une performance somme toute honorable. Alors que la première maitrise la technique caractéristique des chanteuses du cabaret populaire, l’on ressent parfois chez le second les limites de son chef policier véreux.</p>
<p>Tel un lion en cage, Eric Pérez (Mackeath) offre une belle intensité dramatique dans la « ballade de Mackie-le-Surin ». Séducteur (il n’arrête pas de peloter allégrement chaque femme qu’il rencontre), cynique et tyrannique, le comédien expose une belle palette de jeu à travers un timbre clair et une projection assurée. Seules, <strong>Anandha Seethanen</strong> (Polly) et <strong>Sarah Lazerges</strong> (Lucy) se démarquent d’une distribution globalement décevante. On applaudit le parfait numéro d’équilibriste de la première, entre une voix profonde et ample d’une chanteuse de guinguette dans « Jenny la pirate »  ̶  chef d’œuvre de la chanson de cabaret qui nous surprendra toujours par sa vigueur rythmique et son grand raffinement de la ligne mélodique ; et une volubile finesse notamment dans les aigus au moment de son duo d’amour avec Mackeath. Alors que son visage manque d’expressivité en début de soirée, sa prestation scénique est particulièrement aboutie par la suite. Constante dans sa prestation, Sarah Lazerges est une formidable actrice, talent complété par une projection franche, des aigus clairs et de belles nuances. Les deux femmes nous offriront le meilleur moment de la soirée avec le célèbre crêpage de chignons entre Polly et Lucy (duo de la jalousie) grâce à un jeu vif, incisif et un chant parfaitement maitrisé.</p>
<p>Tout en prenant le risque de tenir le rôle du sixième brigand, Manuel Peskine, par sa direction, permet amplement de savourer les rythmes modernes du boston, du foxtrot ou du tango qui se baladent dans la partition. Le petit ensemble orchestral (9 musiciens) swingue certainement autant que les musiciens du <em>Lewis-Ruth-Band </em>de la première version de Weill, dirigé tout comme ce soir par un pianiste « jazzy. » Cette fougue musicale ne permettra pas toutefois au plus grand succès de la République de Weimar, de devenir pour nous celui du festival lyrique de Saint-Céré.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-amusez-vous-on-vous-a-paye-pour-ca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charlotte Saulneron-Saadou]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Aug 2016 06:55:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette production de La Périchole, déjà programmée au festival lyrique de Saint-Céré l’année dernière alors que sa création à Montpellier ne datait que de quelques jours, est revenue cet été dans le Sud-Ouest pour deux représentations avant de repartir en tournée jusqu’à la fin de l’année 2016. C’est dans le nouveau théâtre de l’usine, exploité &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette production de<em> La Périchole</em>, déjà programmée au festival lyrique de Saint-Céré l’année dernière alors que <a href="http://www.forumopera.com/la-perichole-montpellier-conventions-et-conviction">sa création à Montpellier ne datait que de quelques jours</a>, est revenue cet été dans le Sud-Ouest pour deux représentations avant de repartir en tournée jusqu’à la fin de l’année 2016. C’est dans le nouveau théâtre de l’usine, exploité pour la première année par le festival, que nous avons retrouvé la musique d’Offenbach servie par une troupe comme il n’en existe que trop rarement aujourd’hui, la compagnie « Opéra éclaté. »</p>
<p>Pour ce retour, les 400 fauteuils rouges de l’amphithéâtre – tous occupés ce soir-là – ont remplacé les bancs de la Halle des Sports de Saint-Céré. C’est enfin une véritable salle de spectacle à la hauteur de la programmation de ce festival dont s’est dotée la ville. Celle-ci offre une excellente visibilité à tous et une bonne acoustique même aux derniers rangs. Les particularités de ce nouveau théâtre ont largement influencé la direction musicale, la mise en scène et le jeu des interprètes, chacun ayant su savamment aborder toutes ces singularités en nous laissant toutefois un peu interrogatif concernant les prochains spectacles lyriques dans ce lieu.</p>
<p>L’orchestre tout d’abord. Ce soir, la fosse est en hauteur sur le côté droit de la scène rendant visible les musiciens à l&rsquo;exception du batteur (pour une fois que ce n’est pas un contrebassiste !), ainsi que les gestes nets et énergiques du chef <strong>Dominique Trottein</strong>, grand habitué de la direction d’opéras, d’opérettes et de comédies musicales avec « Opéra éclaté. » Mais cette disposition rend quasiment impossible l’interaction avec les chanteurs, imposant au chef une direction musicale rigoureuse, voire métronomique. Est-ce un point faible ? Absolument pas ! Et cela pour deux raisons : la similitude de cet orchestre avec un Big Band est largement assumée, tant au niveau de sa composition, de son jeu franc et dynamique laissant tout de même peu de place aux nuances, que de la direction d’un chef indiquant le nombre de mesures avant certains passages tel un chef de fanfare. La seconde raison est l’osmose incontestable entre la scène et la fosse. Nous ne ressentons par conséquent aucune faille (les chœurs « C’est lui ! » à l’acte I et celui des courtisans à l’acte II sont d’une précision insolente) même si Piquillo doit lancer quelques regards pour jouer de son accordéon avec l’orchestre.</p>
<p>La mise en scène et le jeu des acteurs ensuite. Sans délimitation entre le plateau et le premier rang, les artistes ont pleinement profité de cette configuration pour créer un lien étroit avec le public. Piquillo fait ainsi l’aumône auprès des gens assis en première catégorie (tant qu’à faire !) après son interprétation avec la Périchole de « L’Espagnol et de la jeune Indienne. » Dans le même esprit, une des cousines s’incruste après l’entracte dans la fosse pour remplacer le chef d’orchestre. Afin d’accorder les instruments, elle demande le <em>la</em> à un public ne souhaitant qu’une chose : participer à la fête. L’apparition de la deuxième puis de la troisième cousine entraînera même un « olé » d’une salle conquise.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/perichole5.jpg?itok=TbkhPzbX" title="© guy rieutort" width="468" /><br />
	© guy rieutort</p>
<p>C’est qu’on se délecte pleinement de cette symbiose entre ces trois actrices, pourtant si différentes que sont <strong>Sarah Lazerges</strong>, <strong>Dalila Khatir</strong> et <strong>Flore Boixel</strong>. Chaque interaction de la troupe fonctionne à l’image du duo très « gay » d’<strong>Éric Vignau </strong>(Don Andrès de Ribeira) et de <strong>Yassine Benameur</strong> (Don Miguel de Panatellas). Hilarants avec leurs costumes de péruviennes, leurs mimiques et leurs danses grotesques, leur performance très personnelle reste longtemps en mémoire après la fin de leur prestation.</p>
<p>Le trio de vaudeville incarné par <strong>Sarah Laulan</strong> (La Périchole), <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> (Piquillo) et <strong>Christophe Lacassagne</strong> (le Vice-Roi) pétille, ce dernier confirmant avec ce rôle périlleux une bonne présence scénique et ses grandes qualités de baryton. Afin de se promener dans les rues de Lima sans être repéré, il débarque sur scène grimé en rappeur provoquant les rires du public et du chœur l’ayant vite démasqué.</p>
<p><strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> est quant à lui un Piquillo largement convaincant grâce à un jeu d’acteur sans faille et une interprétation précise que ce soit au niveau technique comme de l’intention avec notamment l’air « On me proposait d’être infâme » au début de l’acte III où l’on savoure de belles nuances sur les notes tenues en fin de phrase.</p>
<p>Mais la belle découverte de la soirée reste la Périchole de <strong>Sarah Laulan</strong>. La chanteuse dispose d’un timbre de mezzo sombre et ample et un jeu impertinent conforme à l’effronterie et au côté un peu rustre du personnage. Comme nous l’espérions, elle est particulièrement émouvante pour rédiger sa fameuse lettre, l’un des moments les plus exquis de la partition.</p>
<p>Suivis sans complexe par le costumier <strong>Jean-Michel Anagys</strong>, <strong>Olivier Desbordes</strong> et <strong>Benjamin Moreau</strong> aiment mélanger allégrement les époques et les références culturelles dans une mise en scène rythmée. Ces anachronismes apparaîtront jusque dans la musique, Offenbach se plaisant également à citer des pages célèbres en son temps. Ces clins d’œil amusants, grande habitude de Desbordes, prennent judicieusement à parti un public n’ayant pas forcément une culture de l’opéra.</p>
<p>Ainsi, malgré les costumes d’indiennes de Don Andrès de Ribeira et de Don Miguel de Panatellas, nous ne sommes pas au Pérou ; les ouvriers « Fellinien » ne nous propulsent pas dans la banlieue de Rome ; l’imposant trône argenté et la couronne grossière du Vice-Roi ne nous immiscent pas dans un palais, les touristes et les rappeurs ne nous entraînent pas au XXI<sup>e</sup> siècle… Nulle part et partout à la fois, cette disparité met en exergue l’universalité de cet opéra. Les baskets fluo côtoient de ce fait avec une cohérence surprenante les tenues de soirées, les costards sombres et les perruques blanches de type XVIII<sup>e</sup>. Judicieusement équilibrés, ces costumes sont parfois d’une simplicité déroutante ou tombent dans le grotesque. Pour Jean-Michel Angays, les courtisans, les magistrats et le Vice-Roi « c’est le ministère de la Culture aujourd’hui : on s’agite, les dames en tailleur Chanel, les messieurs en petits costumes noirs cintrés. Juste la petite note de fantaisie qui montre que, tout de même, on est dans la Culture… ». Le ministère a certainement bien reçu le message !</p>
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		<title>WEILL, L’Opéra de quat’sous — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lopera-de-quatsous-clermont-ferrand-mackie-le-surineur-fait-son-cirque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Nov 2015 06:44:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Insaisissable et irréductible charivari que L’Opéra de quat’sous. Toute la difficulté de monter ce casse-tête tient à la quadrature du cercle : mettre la main sur un casting d’oiseaux rares, à la fois chanteurs et comédiens. Il faut marier pour le meilleur, parodie et tragédie. Quant au pire, Brecht s’en charge dans un texte à couteaux tirés &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Insaisissable et irréductible charivari que <em>L’Opéra de quat’sous</em>. Toute la difficulté de monter ce casse-tête tient à la quadrature du cercle : mettre la main sur un casting d’oiseaux rares, à la fois chanteurs et comédiens. Il faut marier pour le meilleur, parodie et tragédie. Quant au pire, Brecht s’en charge dans un texte à couteaux tirés avec la morale et les bonnes mœurs. Il faut parvenir à cerner tout le génie de Kurt Weill pour en affuter le tranchant. Difficulté d’autant plus grande pour <strong>Olivier Desbordes</strong> qui en cosigne la mise en scène avec <strong>Eric Perez</strong>, que ces deux-là ont choisi la version française de Jean-Claude Hémery samedi à l’Opéra de Clermont-Ferrand dans la saison du Centre Lyrique d’Auvergne.</p>
<p>Décor de bastringue bancal, ambiance circassienne, parfums de cabaret glauque tendu à la va-comme-je-pousse de draps douteux où dansent des caricatures équivoques brossés à grands traits. Un portique famélique s’endimanche d’une guirlande d’ampoules paresseuses. La piste aux étoiles à des allures de claque. Au fond, un orchestre encanaillé en casquettes et marinières, trousse une musique crapuleuse sur des rythmes syncopés. Banjo, saxo, trompette, orgue des rues, clarinette, saxo, trompette, trombone, guitare, contrebasse, timbales, caisse claire : la bande est au complet, survitaminée par un <strong>Manuel Peskine </strong>sous haute tension. Que la fête commence ! Desbordes et Perez mènent le bal. La marque du premier est sensible : un savant équilibre entre joyeux délire et cruauté implicite.</p>
<p>Il nous fait l’immense plaisir de ne pas trop en faire, de se tenir toujours à distance des trop faciles complaisances pour laisser parler la musique et cet art difficile du chanter-parler, marque de fabrique du compositeur. Sa mise en scène bannit tout remplissage, l’idée fait mouche. Il sait que la misère se suffit à elle-même et se passe aisément de métaphore. La cruauté, à elle-seule théâtre à part entière, se contente de peu ; c’est-à-dire de l’essentiel : une malle d’oripeaux, deux ou trois meubles au goût douteux brandis crânement par une bande d’argousins de sac et de cordes qui occupent l’espace de leur morgue insolente. La crapulerie a aussi sa fierté. Et c’est là encore toute l’habileté de cette production.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/_dsc5425_0.jpg?itok=LdVGLzwE" title="Patrick Zimmermann (Peachum) © Thierry Lindauer" width="468" /><br />
	Patrick Zimmermann (Peachum) © Thierry Lindauer</p>
<p>Desbordes et Perez ont le bon sens de ne pas chercher à singer le Berlin spartakiste. Version française oblige, on est dans la veine des beuglants et caf’conc’ dans la grande tradition des Bruant, Yvette Guilbert, Damia et Frehel. Le Peachum plus vrai que nature de <strong>Patrick Zimmermann</strong> est un régal avec son air matois, son arrogance boulevardière, sa sous-ventrière avantageuse et ses œillades férocement cyniques. En (in)digne Monsieur Loyal de cette basse-cour des miracles il psalmodie la harangue « Toi, lève-toi mauvais chrétien » avec une faconde à la Galabru. La gouaille populacière du « Chant de la vanité » de ce maquignon des bas-fonds sur un air d’accordéon est un morceau d’anthologie. Une bête de scène qui trouve en <strong>Nicole Croisille</strong>, poissarde satisfaite, sa digne moitié.</p>
<p>Elle farde avec délectation la « Complainte de Mackie » de relents vaniteux à souhait. Elle a la gouaille savoureusement toxique, la mesquinerie cultivée comme une vertu, la méchanceté ordurière élevée au rang des beaux-arts. Les bougres font un duo d’enfer d’une gouleyante perversité dans « Au lieu de dormir bien gentiment ». Pas davantage l’ombre d’une réserve à l’endroit du Mackie d’Eric Perez, « petit Néron » cruel et violent, sans foi cela va de soi et sans autre loi que sa concupiscence et sa rapacité. L’animal n’a pas seulement la gueule de l’emploi. Il en a la voix : l’arrogance et la vindicte pour jouir d’un malicieux « Messieurs au lieu de prêcher l’abstinence » et l’énergie et la rouerie pour se délecter d’un narquois « De quoi l’homme vit-il… ». Jusqu’à brocarder « L’amour ça dure » dans le registre de haute-contre. Durée plurielle apprend à ses dépens Polly la tendre oie blanche vite déniaisée. Bouleversante dans le fameux « Navire des corsaires », <strong>Anandha </strong> passe ainsi de sa naïve et émouvante « Prière d’enfant » à la femme d’affaire sans scrupule qui n’hésite pas à sacrifier son Mackie avec des aigus assassins. Et la pamoison des saintes femmes au pied d’un Mackie crucifié vaut son pesant de félonie iconoclaste.</p>
<p>Il fallait toute la force de conviction et le timbre bien trempé de <strong>Sarah Lazerges</strong> pour lui tenir tête avec sa Lucie volontaire, vocalement bien dotée et investie en femme trahie. <strong>Flore Boixel</strong>, jolie Jenny, remplit son contrat sans démériter face à ses solides partenaires. A une exception près mais de taille quand même : le Tiger Brown de <strong>Samuel Theis</strong> trop poli pour être malhonnête ressemble plus à un stagiaire de l’Ena de sous-préfecture qu’au flic corrompu de l’histoire et au fauve qui assoit sa réputation. Pour aggraver la situation, Smith son adjoint est affligé de cette même et incompréhensible tétanie.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-le-parti-pris-de-la-gaite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Donatienne du Jeu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2015 04:24:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le second Empire brille de ses derniers feux avant la débâcle franco-prussienne, la fête bat son plein au théâtre des Variétés. Offenbach y crée La Périchole en 1868, une opérette tirée de la comédie de Prosper Mérimée, Le Carrosse du Saint-Sacrement. On a du mal à imaginer que l’auteur qui inspira aux fidèles &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le second Empire brille de ses derniers feux avant la débâcle franco-prussienne, la fête bat son plein au théâtre des Variétés. Offenbach y crée <em>La Périchole</em> en 1868, une opérette tirée de la comédie de Prosper Mérimée, <em>Le Carrosse du Saint-Sacrement</em>.</p>
<p>On a du mal à imaginer que l’auteur qui inspira aux fidèles librettistes d’Offenbach, Halévy et Meilhac, le livret de <em>Carmen</em> (en 1875), soit le même qui leur fournit le sujet de <em>La Périchole</em>… Et pourtant. <em>La Périchole</em>, c’est un peu l’envers du décor, la face sombre – parce qu’elle brille artificiellement – de <em>Carmen</em>. Alors que la gitane tragique va jusqu’au bout de sa liberté, la « jeune Indienne » se soumet aux caprices du pouvoir, simplement parce qu’elle a faim.</p>
<p>Comment supporter cette abdication, si ce n’est en s’enivrant ? Le petit peuple l’a bien compris, qu’on a « payé pour s’amuser » dès le début de ce drame qui a des allures de vaudeville. <strong>Olivier Desbordes</strong> et <strong>Benjamin Moreau</strong> ont donc pris le parti de faire de cette « griserie » généralisée le moteur de leur mise en scène. Trépidante, effrénée, l’opérette est un cocktail de « tubes » étourdissant, dont le rythme tient à la réduction maximale des dialogues. Desbordes a sabré dans le texte pour ne garder que l’essentiel et enchaîner les couplets que le public se retient de chanter à tue-tête – on aura quand même le droit de brailler tous en chœur : « Il grandira, il grandira, car il est espagnol (gno-gno-gno-gno-gnol) » !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_perichole_c_guy_rieutort-38.jpg?itok=ndFXGSTf" title="© Guy Rieutort" width="468" /><br />
	© Guy Rieutort</p>
<p>Dans ce contexte, le brio l’emporte sur les défauts, et l’on n’a pas le temps de s’appesantir sur une voix qui pèche (<strong>Flore Boixel</strong>, une des trois cousines) ou un chanteur qui cabotine un peu trop (<strong>Philippe Ermelier</strong>, le Vice-Roi) – puisqu’après tout, il faut surjouer son rôle pour survivre dans ce monde de paillettes et d’apparences. La gaîté doit l’emporter sur tout, et le duo délibérément très « gay » formé par Don Pedro de Hinoyosa (<strong>Éric Vignau</strong>) et le comte Miguel de Panatellas (<strong>Yassine Benameur</strong>) n’est pas en reste dans la tonalité un peu égrillarde de cette comédie.</p>
<p>On regrettera toutefois qu’<strong>Héloïse Mas</strong> (La Périchole), n’ait pas un jeu théâtral aussi délié que certains de ses collègues, comme <strong>Antoine Baillet-Devallez </strong>qui fait une apparition très « folle » en marquis de Tarapote. Malgré sa belle voix sombre, l’interprète du rôle titre n’a pas le brillant de son personnage, dont on perd à la fois l’insolence et le caractère émotif. A ses côtés, le ténor<strong> Marc Larcher</strong> possède non seulement le physique de l’emploi mais un jeu expressif et charmant qui lui donne finalement la première place, en dépit d’une voix aux inflexions parfois empruntées.</p>
<p>Autour de ce duo de chanteurs assez dégourdi, un chœur de taille réduite contribue largement à ces folies dramatiques et met à profit de façon remarquable les conseils de la chorégraphe Pascale Péladan. <em>In fine</em>, l’ensemble du plateau bénéficie de l’énergie exceptionnelle du chef d’orchestre, <strong>Jérôme Pillement</strong>. Menant d’une main à la fois nonchalante et vive un ensemble musical de taille réduite, J. Pillement fait sonner la fosse comme un <em>big band</em>, traversé de temps à autre par les accents nostalgiques et populaires d’un accordéon.</p>
<p>Malgré quelques décalages entre les musiciens et les chanteurs, peut-être dus à la frénésie du chef ou à la place latérale de l’orchestre, cette production d’Opéra Éclaté, créée <a href="http://www.forumopera.com/la-perichole-montpellier-conventions-et-conviction">début juillet aux Folies d’O à Montpellier</a>, convainc par son enthousiasme et son foisonnement. Difficile de sentir, entre deux cancans endiablés, la critique du pouvoir que les metteurs en scène se targuent d’avoir voulu faire entendre. Tout au plus perçoit-on la noirceur des rapports d’argent et de pouvoir à travers des allusions musicales qui nous tirent d’emblée vers le second degré. La flûte de Papageno accompagne ainsi le suicide manqué de Piquillo, et l’accusation publique de la Périchole par son amant n’est pas sans rappeler la scène la plus tragique de <em>La Traviata </em>de Verdi. Mais cela ne dure pas, un éclat de rire vient tout emporter.</p>
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