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	<title>Charlotte BONNET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Charlotte BONNET - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>d&#8217;après VERDI, Falstaff, les joyeux joujoux de Windsor &#8211; Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dapres-verdi-falstaff-les-joyeux-joujoux-de-windsor-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est sur ces paroles, librement traduites en français, que s’achève ce singulier Falstaff. Depuis le Théâtre de la Foire, les XVIIIe et XIXe siècles pratiquèrent intensément les parodies d’opéras. Le public populaire riait au détournement facétieux des ouvrages les plus sérieux, réduits à la farce.  Cet opéra participatif, pour petits et grands, sous-titré « Les joyeux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est sur ces paroles, librement traduites en français, que s’achève ce singulier <em>Falstaff</em>. Depuis le Théâtre de la Foire, les XVIIIe et XIXe siècles pratiquèrent intensément les parodies d’opéras. Le public populaire riait au détournement facétieux des ouvrages les plus sérieux, réduits à la farce.  Cet opéra participatif, pour petits et grands, sous-titré « Les joyeux joujoux de Windsor » (1), en rejoint l’esprit. Il a subi un régime amincissant (2), puisque sa durée a été ramenée à 1h 10, soit à peu près la moitié de l’habituelle version. L’intrigue a été transportée dans le monde des jouets. Depuis la poupée mécanique, chère aux romantiques, jusque <em>Casse-noisette</em> et sa descendance, l’opéra et le ballet ont intégré cette dimension ludique et souriante. Tous les acteurs sont supposés être des automates. Falstaff, autrefois le jouet préféré de la famille se sent délaissé et « veut reconquérir le cœur des enfants ». Avec la même lettre écrite aux deux nouvelles poupées, Alice et Meg, s’amorce l’action. Ainsi, avec ses complices Bardolfo et Pistola, comme avec le Dr Caïus et Ford, l’action rejoindra-t-elle la trame originale, avec des textes français, et six interventions chantées du public. Avant le lever du rideau, celui-ci était convié à répéter ou apprendre ces six pièces, et une centaine de personnes étaient rassemblées pour la circonstance, dispersées dans la salle. Arrivé avec un bon quart d’heure de retard à la répétition (2), quelles n’ont pas été ma surprise et mon admiration : elle était conduite avec sourire et efficacité et les fruits en paraissaient évidents, l’enthousiasme des jeunes (et moins jeunes), manifeste, promettait.</p>
<p>L’orchestre a pris place, nourri, mais réduit (les vents à un par pupitre, avec un saxophone baryton). Apparait alors devant le rideau de scène une figure clownesque de Super Mario (qui se révèlera être Pistola) désopilante, colorée, bientôt rejointe par son double (ou contraire si l’on en juge au costume), Bardolfo (voix de soprano, à moustaches, puisque le rôle est nomalement dévolu à un ténor). Leur numéro, hilarant, leste, introduit l’ouvrage et lui donne sa dimension : une farce. <strong>Carlo Merico</strong> et <strong>Jasmine Monti</strong> se révèleront ensuite comme de remarquables chanteurs. Chacune de leurs apparitions sera bienvenue. Le décor figure une chambre d’enfant, où les jouets, colorés à souhait, arborent des tenues cocasses, très caractérisées, du costume aux coiffures (les nattes de Mrs Quickly, la perruque blonde de Fenton). Falstaff est sans doute parent lointain d’Obélix, ne serait-ce que par la bedaine, Alice a des traits communs avec Barbie&#8230; La référence à l’enfance est constante. Le seul handicap visuel réside dans le caractère indigent des décors, indignes d’une scène lyrique. Le jeu des chanteurs est inégal : si Bardolfo et Pistoia s’y montrent très professionnels, la distribution française paraît en retrait, quelque peu convenue.</p>
<p>Le travail de réduction orchestrale, et d’assemblage cohérent n’appelle que des éloges. L’amoureux de l’ouvrage original y retrouve sans peine les moments-clés, dans l’ordre dramatique initial. Les assemblages sont réalisés de façon fluide et efficace, y compris les incises du chœur formé par le public. L’orchestre, conduit par <strong>Frédéric Rouillon</strong> traduit fidèlement la partition, et même réduite, l’écriture en est sauve. Les bois s’y montrent colorés, véloces et parfaitement en place.  Un grand bravo pour la fugue finale, si complexe, au final de laquelle prend part le public (« Dans la farine »).</p>
<p>Le parti-pris bouffon a certainement infléchi l’approche vocale des solistes, les privant d’une partie de la richesse de leur personnage. <strong>Nicolas Rigas</strong> s’empare du rôle dont la dimension bouffe lui convient. S’il n’a pas toute la truculence attendue, et que l’aspect pathétique est délibérément gommé (ce sont des joujoux…) il faut préciser que c’était Florent Karrer qui avait été distribué à l’origine. Notre Ford, <strong>Samuel Namotte</strong>, superman de circonstance, a la voix sonore, bien projetée, parfois instable, mais dans ce contexte, là n’est pas l’essentiel. Son dialogue avec Pistola, puis avec Falstaff, travesti en Monsieur Fontaine, son monologue « est-un rêve ou la réalité » sont de bonne tenue. Fenton, épris de Nannetta, exprime bien sa sensibilité. La voix de <strong>Blaise Rantoanina </strong>séduit toujours et son sonnet amoureux est un des moments vocaux les plus appréciés. <strong>Julien</strong> <strong>Desplantes</strong>, artiste du chœur, nous vaut un Caius qui a de la prestance, s’acquittant fort bien de ce rôle ingrat. Alice, la rusée, est <strong>Charlotte Bonnet</strong>, fraîche, piquante, aux jolis aigus. Ravissante lorsqu’elle entraîne Fenton derrière le paravent. Mais comment croire un instant que Nannetta est sa fille ? Ce sera là la seule réserve à l’endroit de<strong> Raphaële Andrieu</strong>, dont le chant traduit une maturité réjouissante, mais un peu hors-sujet. Pris hors contexte son air de la reine des Fées est fort beau. Une Mrs Quickly de luxe,<strong> Marie Gautrot</strong>, dont l’assurance vocale et comique est constante. La voix est ample, aux graves solides, sans la vulgarité affectée de certaines interprètes. Ses généreuses tresses rousses trouvent leur pendant blond chez Meg (<strong>Clélia Moreau</strong>), que le livret et la partition placent un peu en retrait. On a dit tout le bien que l’on pensait du jeu de<strong> Jasmine Monti</strong>, Bardolfo cocasse. Le chant s’accorde idéalement au personnage et au jeu collectif, dès les premières répliques. Les mêmes observations valent pour son comparse Pistola, <strong>Carlo Merico,</strong> joli baryton.</p>
<p>Au final, une matinée dont on sort partagé, réductrice par son approche, qui fleure bon la comédie musicale, et sa destination. Certes, la proposition méritait d’être retenue, et le plaisir des auditeurs était visible. Cependant, on en mesure les limites : le sourire, même ponctuellement teinté de tendresse, ne suffit pas à qui connaît son <em>Falstaff</em>. La proposition aura-t-elle participé du renouvellement des publics et de la transmission des répertoires ? C’est tout ce qu’on espère.</p>
<ol>
<li>
<pre>1. Judicieux rappel de l’ouvrage de Shakespeare qui fournit le plus de matière au livret (<em>Les joyeuses commères de Windsor</em>).. 
2. L’arrangement dramaturgique est signé Andrea Piazza, celui de la musique étant dû à Massimo Fiocchi Malaspina.. 
3. Mon TER ayant été purement et simplement supprimé au dernier moment, il m’a fallu prendre le train (de la répétition) en marche,</pre>
</li>
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		<title>Mateo, opéra tango à Monaco</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/mateo-opera-tango-a-monaco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Sep 2025 09:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Théâtre du Fort Antoine à Monaco proposera le weekend prochain trois représentations de Mateo, un opéra du compositeur argentin Martín Palmeri, mis en scène par Carlos Branca et dirigé par l&#8217;auteur. Martín Palmeri est notamment connu pour sa Misa a Buenos Aires, également connue sous le nom de Misatango, créée en 1996 et régulièrement reprise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Théâtre du Fort Antoine à Monaco proposera le weekend prochain trois représentations de <em>Mateo</em>, un opéra du compositeur argentin <strong>Martín</strong> <strong>Palmeri</strong>, mis en scène par <strong>Carlos</strong> <strong>Branca</strong> et dirigé par l&rsquo;auteur. Martín Palmeri est notamment connu pour sa <em>Misa a Buenos Aires</em>, également connue sous le nom de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=pIFPovw8iGk"><em>Misatango</em></a>, créée en 1996 et régulièrement reprise depuis dans de nombreux pays, notamment par des chorales d&rsquo;amateurs. Créé en 1999 et proposé ici par la compagnie <em>La Corde à bulles</em>, <em>Mateo</em> conte l&rsquo;histoire d&rsquo;un charretier confronté à la modernisation de l&rsquo;Argentine en pleine révolution industrielle du début du XXe siècle, et attaché à son cheval, celui-ci donnant son nom à l&rsquo;ouvrage. Le style musical se rapproche de l&rsquo;opéra vériste, avec une dose d&rsquo;humour complémentaire et, bien sûr, des rythmes de tango. La distribution est composée d&rsquo;excellents chanteurs lyriques (<strong>Fabrice</strong> <strong>Alibert</strong>, <strong>Matthieu</strong> <strong>Lécroart</strong>, <strong>Charlotte</strong> <strong>Bonnet</strong>, <strong>Diego</strong> <strong>Godoy</strong>, <strong>Simona</strong> <strong>Caressa</strong> et <strong>Rémy Mathieu</strong>) de deux danseurs, d&rsquo;un quintette à cordes, d&rsquo;un pianiste, de deux bandonéonistes et d&rsquo;un chœur. Le spectacle sera donné en version espagnole originale surtitrée. Les représentations auront lieu les 12, 13 et 14 septembre à 20h. L&rsquo;amphithéâtre est en plein air et donne face à la mer (température annoncée : 20° !). Tarifs : 20 et 30 €. <a href="https://my.weezevent.com/mateo-opera-tango">Réservations ici</a>.</p>
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		<title>REYER, Sigurd &#8211; Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/reyer-sigurd-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au soir du 3 décembre 1924, la foule se presse pour assister à la réouverture de l’Opéra de Marseille, entièrement reconstruit après un incendie qui n’avait épargné que les murs extérieurs du bâtiment. Le directeur du théâtre a choisi pour cette grande occasion de mettre à l’affiche une œuvre alors renommée et admirée : Sigurd, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au soir du 3 décembre 1924, la foule se presse pour assister à la réouverture de l’Opéra de Marseille, entièrement reconstruit après un incendie qui n’avait épargné que les murs extérieurs du bâtiment. Le directeur du théâtre a choisi pour cette grande occasion de mettre à l’affiche une œuvre alors renommée et admirée : <em>Sigurd</em>, composé par Ernest Reyer, un enfant du pays.</p>
<p>Cent ans plus tard, en 2025, <em>Sigurd</em> et son compositeur – dont la statue trônait autrefois devant l’Opéra, avant d’être transférée au Parc Longchamps – sont bien loin de jouir de la même glorieuse popularité. L’œuvre a été redonnée récemment à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/sigurd-nancy-les-nibelungs-sont-a-tout-le-monde/">Nancy</a> dans une version de concert (là aussi pour célébrer le centenaire de l’Opéra de Nancy, inauguré avec <em>Sigurd</em>, décidément un hit au début du siècle&nbsp;!) et en version scénique à Erfurt. Il faut cependant remonter trente ans en arrière, en 1995, à Marseille déjà (en coproduction avec Montpellier), pour relever la présence sur une scène française du chef-d’œuvre de Reyer. Quel heureux choix de l’Opéra de Marseille, donc, de redonner sa chance à <em>Sigurd</em> pour célébrer le centenaire de la réouverture du bâtiment actuel !</p>
<p>On dit souvent que le crépuscule de l’œuvre de Reyer est en grande partie due à son sujet, identique à celui des deux derniers volets de la Tétralogie de Wagner. En effet : Sigurd, c’est Siegfried, et on retrouve à ses côtés Brunehilde, Hagen, Gunther… Est-ce qu’un de ces deux héros devait écraser l’autre pour survivre ? Pourtant, les Manon de Massenet et de Puccini parviennent à cohabiter…</p>
<p>Le livret de Camille du Locle (co-auteur de <em>Don Carlos</em>) et d’Alfred Blau (co-auteur de <em>Werther</em>) est plus fidèle à la source originelle des <em>Niebelungen</em> que ne l’est le Ring. S’il fallait résumer l’action brièvement (pour plus de détails, voir <a href="https://www.forumopera.com/zapping/7-janvier-1884-une-tetralogie-du-pauvre/">l’article de notre collègue</a>), on dirait que c’est l’histoire de deux héros « purs » – Sigurd et Brunehilde – dont l’union est empêchée par les manipulations de deux humains viciés par leurs passions — le roi Gunther et sa sœur Hilda. En effet, la jeune Hilda fait absorber un philtre à Sigurd pour qu&rsquo;il tombe sous son charme tandis que Gunther se sert de lui pour délivrer Brunehilde, endormie dans un palais de flammes. La vierge guerrière ne peut être délivrée que par un « héros au cœur de diamant », « vierge de corps et d’âme », ce qui correspond très exactement au signalement de Sigurd. Gunther exige que Sigurd lui livre Brunehilde après l’avoir sauvée et il pourra en échange épouser sa sœur Hilda. Dissimulé sous la visière de son casque, Sigurd réveille Brunehilde (qui se rendort aussitôt) et la ramène au palais de Gunther. Elle ne reconnaît pas son vainqueur en Gunther : elle n’a pas vu le visage de son sauveur, mais sent que ce n’est pas lui. Elle accepte cependant d’épouser le roi, tandis que Sigurd s&rsquo;unit à Hilda. Au moment de bénir l’union des jeunes amants, Brunehilde touche la main de Sigurd et un éclair fend le ciel : elle comprend que quelque chose (ou quelqu&rsquo;un) a contrarié le destin. C’est finalement Hilda elle-même, jalouse et orgueilleuse, qui avoue à Brunehilde la supercherie (Gunther n’est pas son sauveur) et la guerrière comprend que Sigurd est la proie d’un enchantement. Elle désenvoute le héros et celui-ci découvre qu’il aime Brunehilde, comme les dieux l’avait voulu en le désignant comme le seul capable de la délivrer de son sommeil. Mais Gunther, encouragé par son conseiller Hagen, tue Sigurd ; Brunehilde expire au même instant, tandis qu’Hilda se suicide en maudissant son frère et appelant sa chute, comme la Camille de Corneille et la Didon de Berlioz.</p>
<figure id="attachment_186666" aria-describedby="caption-attachment-186666" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-186666 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1760264-©-photo-Christian-DRESSE-2025-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-186666" class="wp-caption-text">Nicolas Cavallier (Hagen), Florian Laconi (Sigurd), Alexandre Duhamel (Gunther) et Marc Barrard (le Prêtre d&rsquo;Odin) © Christian Dresse</figcaption></figure>
<p>Musicalement, <em>Sigurd</em> est bien moins wagnérien que ne pourrait le laisser présager l’admiration de Reyer pour le maître de Bayreuth. D’ailleurs, l’œuvre a été composée bien avant le Ring et on y perçoit plus l’influence de <em>Lohengrin</em> et <em>Tannhaüser</em> que des œuvres ultérieures de Wagner. Certes, on retrouve l’utilisation des leitmotivs (celui de Gunther, en tierces mineures, se repère assez facilement), mais ce n’est pas une invention du compositeur allemand. L’œuvre s&rsquo;inscrit plutôt dans la tradition du Grand Opéra français à la Meyerbeer (duquel Wagner s’est lui-même beaucoup inspiré) et on remarque surtout beaucoup de tournures berlioziennes dans l&rsquo;orchestration ou la prosodie. Au-delà, c&rsquo;est bien sûr Gluck et Weber qui semblent inspirer le compositeur marseillais : plus d&rsquo;une fois, on a l&rsquo;impression d&rsquo;entendre des réminiscences de la scène de la Gorge au Loup du <em>Freischütz</em> et quelque chose de l&rsquo;atmosphère d&rsquo;<em>Euryanthe</em> plane sur l&rsquo;œuvre.</p>
<p>Certaines scènes d&rsquo;ensemble du premier acte, ainsi qu&rsquo;une phrase ascendante pleine d&rsquo;élan exposée dans l&rsquo;ouverture, sonnent pour le coup très wagnériennes. On a pourtant devant les oreilles une œuvre à numéros, bien que la musique soit <em>durchkomponiert</em> : l&rsquo;air de la nourrice Uta et le chant du Barde se démarquent ainsi comme les moments forts de ce premier acte. Le deuxième acte cultive d&#8217;emblée une ambiance plus mystérieuse, avec les prières et le récit du Grand prêtre d&rsquo;Odin, tandis que Sigurd entonne son air fameux « Esprits, gardiens de ces lieux », très longtemps un pilier du répertoire des forts ténors. Le réveil de Brunehilde qui suit est une merveille de lyrisme et de délicatesse. Mais c’est dans le quatrième et dernier acte que Reyer atteint le sommet de son inspiration, qui voit se succéder un air pour Brunehilde plein d&rsquo;émotions variées, une scène de confrontation entre les deux rivales qui ravira les amateurs du genre et un duo du désenvoûtement entre Sigurd et Brunehilde, paradoxalement enivrant. Hélas, l&rsquo;œuvre est à Marseille (et comme ailleurs) abondamment coupée, ce qui a pour effet de rendre confus certains passages et d&rsquo;enlever aux personnages un peu de leur densité. Il faut dire que l&rsquo;œuvre est longue, la prosodie parfois difficile à suivre (on a là un langage singulier comme l&rsquo;est celui de Berlioz) et l&rsquo;harmonie plus ou moins inventive : il y a des passages plus inspirés que d&rsquo;autres, mais le dernier acte au moins (l&rsquo;air de Brunehilde et l&rsquo;apothéose des amants surtout) mériterait d&rsquo;être donné intégralement.</p>
<figure id="attachment_186674" aria-describedby="caption-attachment-186674" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-186674 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1770283-©-photo-Christian-DRESSE-2025-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-186674" class="wp-caption-text">Catherine Hunold (Brunhilde) et Florian Laconi (Sigurd) © Christian Dresse</figcaption></figure>
<p>La mise en scène de <strong>Charles Roubaud</strong> situe l’action dans les années 1930/1940 – c’est ce que semble nous indiquer en tout cas les costumes soignés de <strong>Katia Duflot</strong>. On est cependant bien en peine de percevoir ce qu’apporte cette transposition, sinon qu’elle contourne les écueils de la littéralité (lances, casques à pointe, armures), dans laquelle versait encore la production de 1995. Brunehilde arbore tout de même une longue tresse blonde et son costume est moins ancré historiquement, si bien qu’elle semble issue d’un autre monde, plus éternel. La proposition ne manque pas d’élégance et la scénographie du premier acte (signée <strong>Emmanuelle Favre</strong>), avec ses pans coupés digne d’un décor de Fritz Lang, est particulièrement réussie. L’espace se transforme de tableaux en tableaux avec fluidité et clarté, tandis que les lumières de<strong> Jacques Rouveyrollis</strong> mettent l’accent sur tel ou tel événement comme s’il s’agissait de plans rapprochés (le versement du philtre, le coup de foudre). La direction d’acteur manque cependant de précision et l’ensemble demeure trop statique. Les vidéos projetées au deuxième acte, représentant la lutte de Sigurd avec les Nornes et les kobolds sont une honnête tentative de substitution aux effets scéniques, mais le numérique peine toujours à s’élever au rang de la magie. Malgré quelques scènes réussies, l’ensemble de la soirée manque cruellement d’élan, de feu, de foudre – c’est pourtant une musique et un livret qui n’en sont pas avares.</p>
<p class="" data-start="74" data-end="582">Dans le rôle-titre, <strong>Florian Laconi</strong> impressionne par l’homogénéité de sa voix, d’un beau métal, et par la vaillance avec laquelle il assume crânement la tessiture exigeante du rôle. Sigurd demande en effet une endurance vocale redoutable, des aigus vigoureux et une projection solide, qualités que le chanteur français déploie avec une assurance remarquable. Il se montre particulièrement à l’aise dans les passages héroïques, sculptant chaque phrase avec autorité. Cependant, l’interprète peine à totalement fendre l’armure dans les passages plus lyriques et intimes et reste scéniquement très statique. Il parvient enfin à toucher dans le duo du désenvoûtement, où son interprétation gagne en intensité et en sensibilité. Face à lui, <strong>Alexandre Duhamel</strong> campe un Gunther fascinant, véritable double sombre de Sigurd. Tout dans sa présence scénique évoque une gémellité troublante avec le héros : même silhouette imposante, même coiffure, même barbe soigneusement taillée. Son baryton aux couleurs riches et à l’émission assurée confère au personnage une autorité naturelle. Le début du troisième acte le révèle particulièrement à son aise : sa voix se colore de subtiles demi-teintes et on se surprend à s&rsquo;émouvoir du destin du roi, pourtant pas le plus sympathique des personnages.</p>
<p><strong>Catherine Hunold</strong> retrouve le rôle de Brunehilde qu’elle avait déjà incarné à Nancy, et elle le défend ici avec une aisance éclatante. Ce répertoire semble fait pour elle : elle y évolue avec une autorité naturelle. La voix est parfois couverte par l&rsquo;orchestre dans le bas médium, mais c&rsquo;est plus le fait de l&rsquo;acoustique du parterre ou de la direction orchestrale, car c&rsquo;est une donnée générale, surtout en première partie. Autrement, l&rsquo;aigu est glorieux et le timbre a ce qu&rsquo;il faut de noblesse et de de tranchant pour l&rsquo;amener à composer un portrait puissant de la vierge guerrière. Dans le rôle très touchant (car trop humain) de Hilda, <strong>Charlotte Bonnet</strong> fait feu de tout bois : son timbre onctueux, son engagement scénique et sa projection précise impressionnent. Son duo avec Brunhilde au dernier acte, où les deux femmes se bravent à coup de passionnés « Sigurd m&rsquo;aime ! », est le sommet de la soirée, tant la chanteuse y infuse frémissements et fougue, face à la sévérité contenue de la Brunehilde de Catherine Hunold. Les graves de <strong>Marion Lebègue</strong> sont eux aussi un peu happés par l&rsquo;effectif orchestral ou l&rsquo;acoustique du lieu, mais elle est d&rsquo;une élégance scénique naturelle si grande que son Uta convainc complètement, d&rsquo;autant plus que son jeu est nuancé et sa diction soignée.</p>
<figure id="attachment_186663" aria-describedby="caption-attachment-186663" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-186663 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1760064-©-photo-Christian-DRESSE-2025-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-186663" class="wp-caption-text">Charlotte Bonnet (Hilda) et Marion Lebègue (Uta) © Christian Dresse</figcaption></figure>
<p>Dans le rôle du conseiller du roi Hagen, <strong>Nicolas Cavallier</strong> marque les esprits par une voix qui a gardé toute sa souplesse et par une présence scénique séduisante. Il a cependant tendance à trop couvrir son émission, pour homogénéiser son timbre sans doute, ce qui rend le texte un peu flou par moments. <strong>Marc Barrard</strong> est un Prêtre d&rsquo;Odin vocalement solide et convaincant, mais un peu réservé scéniquement. Ce n&rsquo;est pas le cas de <strong>Gilen Goicoechea</strong> qui remporte la mise sur tous les plans dans le petit rôle du Barde. Le quatuor des soldats, composé de <strong>Marc Larcher, Kaëlig Boché, Jean-Marie Delpas </strong>et<strong>Jean-Vincent Blot</strong>, complète idéalement une distribution qui rend honneur au chant français actuel.</p>
<p>Le grand effectif prévu par Reyer oblige l&rsquo;<strong>Orchestre de l&rsquo;Opéra de Marseille</strong> à déborder un peu sur les loges à côté de la scène : les deux harpistes et les deux percussionnistes sont ainsi exilés du reste de leurs collègues. Cela entraine quelques décalages dans la très belle ouverture de l&rsquo;œuvre, mais permet par la suite de savourer plus intensément les parties de harpes et d&rsquo;être mieux percuté par les interventions des percussions. <strong>Jean-Marie Zeitouni</strong> dirige l&rsquo;œuvre avec une grande intensité, révélant les mouvements de poussée ménagés par Reyer dans de nombreux numéros de l&rsquo;œuvre. Les passages les plus lyriques, comme la fin du deuxième acte, sont particulièrement électrisants. Mais cette attention à l&rsquo;écriture orchestrale se fait parfois au détriment des voix qui se retrouvent couvertes. Mais ne serait-ce pas, comme évoqué plus haut, le fait de l&rsquo;acoustique de la salle ? Les membres du <strong>Chœur de l&rsquo;Opéra de Marseille</strong> se mettent en place tardivement, à partir du deuxième acte, mais la suite de la représentation n&rsquo;appelle que des louanges.</p>
<p>Finissons ce compte-rendu avec une remarque (et une prière) : si la statue de Reyer autrefois dressée devant l&rsquo;Opéra de Marseille semble se boucher les oreilles, c&rsquo;est peut-être parce que l&rsquo;audition de son œuvre a été perturbée en cette soirée de première par le sifflement strident de certains appareils auditifs. Ce n&rsquo;est pas la première fois que cela nous arrive : il serait judicieux, comme l&rsquo;a fait un membre du personnel de l&rsquo;Opéra de Gand lorsque nous sommes allé y voir <em>Der Freischütz</em> dernièrement et qu&rsquo;un bruit aigu avait perturbé la première partie de la représentation, de rappeler aux spectateurs, dès le début de la représentation, de veiller au bon fonctionnement de leur sonotone, car cela perturbe vraiment l&rsquo;audition de l&rsquo;œuvre par les autres spectateurs et même très certainement les artistes sur le plateau et dans la fosse&#8230;</p>
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		<title>GOUNOD, La nonne sanglante &#8211; Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-la-nonne-sanglante-saint-etienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 May 2023 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les douze coups de minuit énoncés par l’orchestre (les cors) au début de l’ouverture donnent le ton. Nous allons être plongés dans le fantastique. Initialement programmée pour la saison 2020-21, cette Nonne sanglante réapparaît à Saint-Etienne, dont la défense et l’illustration de l’opéra français sont le fil rouge. Bien que tombé dans un profond oubli &#8230;</p>
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<h2 class="wp-block-heading"></h2>


<p>Les douze coups de minuit énoncés par l’orchestre (les cors) au début de l’ouverture donnent le ton. Nous allons être plongés dans le fantastique. Initialement programmée pour la saison 2020-21, cette <em>Nonne sanglante</em> réapparaît à Saint-Etienne, dont la défense et l’illustration de l’opéra français sont le fil rouge. Bien que tombé dans un profond oubli (2), le second opéra de Gounod avait connu le succès, attesté par des recettes par soirée supérieures à celles des <em>Huguenots</em>. Mais il fut vite cassé par le nouveau directeur de l’Opéra, qui en arrêta brutalement les représentations, qualifiant l’ouvrage d’«&nbsp;ordure&nbsp;» (1). Inspiré d’une légende médiévale revue par nombre d’auteurs (Lewis, puis Nodier), le livret de Scribe (et Casimir Delavigne), n’était pas son premier à répondre au goût du temps pour le fantastique, les fantômes et revenants (3). Meyerbeer, Auber, Halévy, Verdi aussi, un temps intéressés, puis Berlioz, avaient renoncé à l’écriture de l’ouvrage, qui échut au jeune Gounod.&nbsp;</p>
<p>Nous sommes au XIe siècle, en Bohême. Deux familles rivales se livrent une guerre sans merci. Pierre l’Ermite, qui prêche la croisade, met fin aux combats et propose avec autorité d’unir la fille de l’une au fils aîné de l’autre. Or Agnès aime et est aimée du fils cadet, Rodolphe. Ajoutez à cela la vengeance que veut assouvir la Nonne, elle aussi prénommée Agnès, victime du père, et vous aurez les principaux ingrédients d’un drame renouvelé, sombre à souhait, où le sang coule, même si nos amoureux en sortent saufs. (4)</p>
<p>Comment éviter le grand-guignol auquel l’intrigue invite ? Véritable défi pour la mise en scène que cette histoire complexe, où le surnaturel se conjugue de façon constante à un récit bien concret. Dans sa reprise, l’Opéra-Comique avait fait le choix de la transposition (costumes « gothic » du rock métal, recours au noir et blanc, références psychanalytiques etc.). Ce soir, rien de tel. Point de décors, juste quelques éléments mobiles, étranges, païens, d’origines et de cultures archaïques, intemporelles : une masse rocheuse élément de forteresse, un portique de bois sculpté, cinq totems-tikis apparentés, inégaux, aux figures fascinantes, une dizaine de colonnes lumineuses, changeantes, c’est à peu près tout. Les variations du cadre de scène, tant dans ses dimensions que dans sa profondeur, les éclairages recherchés et pertinents suffiront à renouveler les tableaux. La couleur y est essentielle, que l’on verra magnifiée dans les costumes, somptueux, de la plus belle facture, s’inscrivant dans le droit fil de ceux que dessina Nicolas Roerich pour la création du <em>Sacre du printemps</em>. Le recours ponctuel à la tournette, à la trappe, contribuera à l’animation du plateau. Mais surtout, la diffusion irrégulière, inexorable, depuis les cintres, de fines particules écarlates, jusqu’à constituer un tapis rouge, entraîne le spectateur dans l’horreur des dernières scènes.</p>
<p>L’ouvrage aurait dû s’intituler «&nbsp;Rodolphe&nbsp;», car c’est lui le personnage central, dont les interventions sont les plus nombreuses et les plus riches. Mais «&nbsp;la Nonne sanglante&nbsp;» accrochait davantage. Pour la plupart des chanteurs, il s’agit d’une prise de rôle. Dans celui, écrasant, de Rodolphe, <strong>Florian Laconi</strong> n’a rien à envier à l’incarnation qu’en donnait superbement Michael Spyres. Tous deux figurent parmi les meilleurs ténors propres à restituer dans toutes leurs qualités les grandes figures de nos opéras du XIXe S. Si la partition ne confie que deux véritables airs à notre héros, il est de la plupart des ensembles, et l’on admire son endurance vocale. La suprême aisance, la souplesse, l’égalité des registres, les aigus rayonnants sans qu’il lui soit nécessaire de projeter, les couleurs, tout est là.</p>
<p><strong>Erminie Blondel</strong> donne à Agnès la fraîcheur et la passion attendues. Ses deux duos, avec Rodolphe, puis, à la fin avec le comte, sont remarquables. La Nonne de <strong>Marie Gautrot</strong> impressionne par son autorité. Ses imprécations, les passages recto-tono sont servis par une voix sonore, aux appuis solides, toujours intelligible. Arthur, le page de Rodolphe, est confié à la délicieuse <strong>Jeanne Crousaud</strong>. Juvénile, ardente, ses couplets «&nbsp;l’espoir et l’amour dans l’âme&nbsp;» nous touchent, comme «&nbsp;un page de ma sorte&nbsp;», avec son contre-ut de toute beauté.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-130746 alignright" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC7743-4-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200"></p>
<p>Des trois basses, <strong>Jérôme Boutillier</strong>, le Comte Luddorf, et son rival, le baron Moldaw, ici <strong>Luc Bertin-Hugault</strong>, participaient déjà à la distribution parisienne. L’un comme l’autre s’y montrent exemplaires&nbsp;: les phrasés, les couleurs, la parfaite articulation, le sens dramatique sont au rendez-vous. Les couplets du premier sont un moment de bonheur vocal. Le Pierre l’Ermite que campe <strong>Thomas Dear</strong> est spectaculaire. La carrure comme la voix sont à la mesure du personnage, tyrannique et inquiétant. Bien qu’Anna et Fritz soient de petits rôles, il faut souligner les qualités d’émission de <strong>Charlotte Bonnet</strong> et de <strong>Raphaël Jardin</strong>, dans leur charmant duetto.</p>
<p>Les chœurs, magnifiques de cohésion et de projection, préparés par <strong>Laurent Touche</strong>, n’appellent que des éloges. Obligés, mais originaux, le chœur des soldats, celui des buveurs, mais surtout le chœur des morts (4) impressionnent par leurs caractères propres et leur force. Malgré sa longueur, la partition, d’une grande richesse d’invention, fait la part belle aux petits ensembles comme aux soli, illustrant fort bien l’action. Les nombreuses pages purement symphoniques, de l’ouverture au ballet, en n’oubliant pas la grande scène des morts, après l’intermède fantastique, sont autant de réussites. Familier du répertoire lyrique français, émule de Georges Prêtre, <strong>Paul-Emmanuel Thomas</strong> permet à l’Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire, aux solistes et aux nombreux chœurs de donner le meilleur d’eux-mêmes. La direction, tour à tour, énergique, dramatique et poétique, restitue avec bonheur les climats et les évolutions propres à chaque scène.</p>
<p>Laurent Bury, rendant compte pour <em>Forumopéra</em> de la recréation conduite par Laurence Equilbey, concluait en souhaitant à <em>la Nonne sanglante</em> de «&nbsp;toujours se situer aux mêmes sommets&nbsp;». Non seulement, cette nouvelle production y parvient sans peine, par une distribution quasi idéale, mais, aussi par une mise en scène beaucoup plus pertinente. &nbsp;De longues ovations d’un public conquis ont salué chacun et tous. On souhaite à cette courageuse et belle réalisation d’être partagée par d’autres institutions lyriques, elle le mérite pleinement.</p>
<p></p>
<p>(1) Depuis 1854, il avait fallu attendre 2018 pour que l’Opéra-Comique l’inscrive à son programme. <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-nonne-sanglante-game-of-nonnes/">Un DVD (Naxos) en a conservé la réalisation</a>. Auparavant, en 2010, CPO avait diffusé en CD une intégrale où la distribution ne comportait aucun chanteur francophone…</p>
<p>(2) Imposé par le Second Empire à ses débuts, l’ordre moral ne pouvait supporter ni le titre, ni le livret.</p>
<p>(3) Il avait déjà signé <em>La Dame blanche</em> (Boieldieu, 1825), une <em>Somnambule</em> (Hérold, 1827), <em>Robert le Diable</em> (Meyerbeer, 1831), entre autres.</p>
<p>(4) Un dossier fort complet relatif à cet ouvrage, signé Yonel Buldrini,<a href="https://www.forumopera.com/v1/dossiers/nonne_sanglante/Nonne_sanglante_gounod.pdf"> a été publié sur le site</a>.&nbsp;</p>
<p>(5) Où Gounod va aussi loin que Weber dans la scène de la Gorge aux loups du <em>Freischütz.</em></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-la-nonne-sanglante-saint-etienne/">GOUNOD, La nonne sanglante &#8211; Saint-Etienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Le concert des 20 ans d&#8217;ODB Opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-concert-des-20-ans-dodb-opera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Mar 2023 03:46:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le site de discussion des passionnés d&#8217;art lyrique ODB Opéra fêtera ses 20 années d&#8217;existence avec un concert parisien affichant une impressionnante brochettes d&#8217;artistes : Marlène Assayag,&#160;Alexandre Baldo,&#160;Charlotte Bonnet,&#160;Marie Andrée Bouchard-Lesieur,&#160;Isabelle Carrar,&#160;Géraldine Casey,&#160;Camille Chopin,&#160;Fabienne Conrad,&#160;Anouk Defontenay,&#160;Fabrice Di Falco,&#160;Faustine Egiziano,&#160;Juliette Gauthier,&#160;Eve-Maud Hubeaux,&#160;Yara Kasti,&#160;Jacques-François Loiseleur des Longchamps,&#160;Lucie Louvrier,&#160;Kristian Paul,&#160;Sahy Ratia,&#160;Hanna Rees,&#160;Adrian Salman,&#160;Stéphane Sénéchal,&#160;Marie Vasconi,&#160;Zyuang Wang,&#160;Ania Wozniak et&#160;Blerta &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le site de discussion des passionnés d&rsquo;art lyrique <a href="https://www.odb-opera.com">ODB Opéra</a> fêtera ses 20 années d&rsquo;existence avec un concert parisien affichant une impressionnante brochettes d&rsquo;artistes : Marlène Assayag,&nbsp;Alexandre Baldo,&nbsp;Charlotte Bonnet,&nbsp;Marie Andrée Bouchard-Lesieur,&nbsp;Isabelle Carrar,&nbsp;Géraldine Casey,&nbsp;Camille Chopin,&nbsp;Fabienne Conrad,&nbsp;Anouk Defontenay,&nbsp;Fabrice Di Falco,&nbsp;Faustine Egiziano,&nbsp;Juliette Gauthier,&nbsp;Eve-Maud Hubeaux,&nbsp;Yara Kasti,&nbsp;Jacques-François Loiseleur des Longchamps,&nbsp;Lucie Louvrier,&nbsp;Kristian Paul,&nbsp;Sahy Ratia,&nbsp;Hanna Rees,&nbsp;Adrian Salman,&nbsp;Stéphane Sénéchal,&nbsp;Marie Vasconi,&nbsp;Zyuang Wang,&nbsp;Ania Wozniak et&nbsp;Blerta Zhegu accompagnés au piano par&nbsp;Guillem Aubry, Denis Dubois, Maxime Neyret et Genc Tukiçi. Le spectacle sera donné à la Salle Rossini de la Mairie du IXe arrondissement,&nbsp;<span style="font-size: 16px;font-style: normal">6 rue Drouot,&nbsp;</span>le 18 mars à 14h30. Le tarif est de&nbsp;25 € (8 € pour les moins de 28 ans) et les recettes seront reversées à la Ligue contre le cancer.</p>
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		<item>
		<title>DELIBES, Lakmé — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lakme-paris-tce-une-lakme-de-porcelaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Dec 2022 07:59:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Proposer Lakmé en version de concert, n’est-ce pas prendre le risque de réduire le chef d’œuvre de Léo Delibes à une succession de numéros au détriment d’une substance théâtrale qui lui vaut de n’avoir jamais quitté le répertoire ? Dans un Théâtre des Champs-Elysées occupé jusqu’au dernier balcon, la mayonnaise peine à prendre lorsqu’en tenue de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Proposer <em>Lakmé</em> en version de concert, n’est-ce pas prendre le risque de réduire le chef d’œuvre de Léo Delibes à une succession de numéros au détriment d’une substance théâtrale qui lui vaut de n’avoir jamais quitté le répertoire ?</p>
<p>Dans un Théâtre des Champs-Elysées occupé jusqu’au dernier balcon, la mayonnaise peine à prendre lorsqu’en tenue de gala, les chanteurs entrent et sortent au gré de leurs interventions. Pourtant, passé l’entracte, l’étau se resserre ; le drame se noue ; la gorge aussi. A quoi tient l’émotion quand elle surgit ainsi, sans crier gare ? A une conjonction de facteurs on le sait. A un alignement des planètes dans un système artistique dominé par un couple de chanteurs en totale osmose scénique et vocale : <strong>Cyrille Dubois</strong> ; <strong>Sabine Devieilhe</strong>.</p>
<p>Lui, feu follet qui se consume dans les braises ardentes d’une inconséquente jeunesse, le timbre légèrement pincé, l’émission haute, la ligne souple, héroïque quand il le faut, poétique sinon, un rien affecté dans la manière de surligner les contours gracieux de « fantaisie, ô divin mensonge », l’aigu d’abord tendu puis au fur et à mesure que la voix s’échauffe, de plus en plus libre, de plus en plus juste, de plus en plus vrai jusqu’à se confondre avec Gérald, intensément.</p>
<p>Elle, également légère mais plus introvertie, Lakmé d’une pureté immatérielle dont la virtuosité impressionne moins que la finesse du trait et la longueur du souffle. Précédé d’un long silence durant lequel le public se suspend à ses lèvres, l’air des Clochettes est applaudi à tout rompre. Pourtant ce que l’on retient, ce que l’on fredonne à la sortie de la salle, ce sont les cantilènes : le duo du jasmin dans lequel la voix en apesanteur s’enlace à celle, capiteuse, de <strong>Fleur Barron</strong> (Mallika) ; « Pourquoi dans les grands bois » sensible, frémissant ; la pâle lumière de « sous le ciel tout étoilé » ; et le « plus doux rêve » exhalé dans un ultime soupir, aérien, ailé.</p>
<p>Si délicate est cette Lakmé de porcelaine que <strong>Lionel Lhote</strong>, pour ne pas la briser, prend le parti d’un Nilankatha vulnérable, non fou de Brahma aveuglé par la haine mais homme blessé, baryton feutré aux rares éclats et aux stances chantées à mi-voix, comme un aveu amoureux.</p>
<p>Autour d’eux, il faut un certain temps pour que les seconds rôles parviennent à s’affirmer, la prononciation d’abord hasardeuse avant que dans la scène du marché, un effort de diction n’aide chacun à caractériser son personnage. Humour, coquetterie, séduction – <strong>Svletana Lifar</strong> (Mistress Bentson), <strong>Charlotte Bonnet</strong> (Rose), <strong>Erminie Blondel</strong> (Ellen) dangereuse rivale de Lakmé car fruitée, incarnée au contraire de la fille du brahmane  – sont alors les ingrédients pittoresques d’un trio féminin que <strong>Pierre Doyen</strong> (Frédéric) s’évertue à cornaquer. Tapi dans l’ombre d’Hadji, <strong>Matthieu Justine</strong> est un serviteur timide et attachant.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/178-lakme_c2022_-_alain_hanel_-_omc_26.jpg?itok=HrTaon0Y" title="© Alain Hanel" width="468" /><br />
	© Alain Hanel</p>
<p>Si la clarté du Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo se trouve parfois prise en défaut, notamment lorsque les pupitres sont dissociés, l’orchestre, lui, célèbre la luxuriance d’une partition que l’image d’un orient fantasmé pare de multiples raffinements. <strong>Laurent Campellone</strong> imprime à l’ensemble l’élan imposé par l’action sans barouf, ni lyrisme racoleur. La musique française n’a pas de secret pour celui qui a dirigé pendant plusieurs années l’ex Festival Massenet. L’épanchement de la ligne mélodique expurgée de sanglots, le choix d’un nuancier d’où sont exclues les teintes les plus criardes, la volonté de transparence témoignent de la compréhension du style. Ainsi le ballet, de passage obligé dont on regrette trop souvent qu’il suspende la narration, devient fresque multicolore que l’on se plait à contempler. Le troisième acte est un tour de force où jamais la vigueur du geste ne froisse la soie sonore. Lakmé achève de se dissoudre dans un fracas orchestral que prolonge la clameur de la salle.</p>
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		<title>MASSENET, Cendrillon — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/paris-bastille-la-machine-feerique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ilyesse Hamra]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Apr 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/la-machine-ferique/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Malgré son succès et le nombre important de nouvelles productions ces cinquante dernières années, l’Opéra national de Paris affiche Cendrillon pour la première fois de son histoire dans une saison lyrique. Au contraire du dessin animé de Walt Disney que nous avons tous en mémoire, l&#8217;opéra de Massenet évite tout sentimentalisme pour s&#8217;ancrer dans son époque.  Mariame Clément &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré son succès et le nombre important de nouvelles productions ces cinquante dernières années, l’Opéra national de Paris affiche <em>Cendrillon</em> pour la première fois de son histoire dans une saison lyrique. Au contraire du dessin animé de Walt Disney que nous avons tous en mémoire, l&rsquo;opéra de Massenet évite tout sentimentalisme pour s&rsquo;ancrer dans son époque. </p>
<p><strong>Mariame Clément</strong> qui signe sa deuxième collaboration avec l’Opéra de Paris, après <em>Hänsel und Gretel</em> d’Humperdinck, entreprend de faire redécouvrir ce joyau méconnu. Sa mise en scène s’attache tout au long de la représentation à rester solidement enracinée dans l’esprit de la Belle Epoque, soucieux du progrès et confiant en un futur idéalisé avant le traumatisme des guerres mondiales. Chaque acte est précédé d’une vidéo en noir et blanc qui narre le tableau à venir, dans un style qui essaye de rendre hommage au cinéma de George Méliès. Sur les quatre actes de l’opéra, trois se déroulent dans une immense manufacture où trône en majesté une imposante machine aux rouages aussi complexes que multiples. La bête métallique est constituée de plusieurs turbines, de cylindres, d&rsquo;engrenages, des tableaux de bords démultipliés, de capsules futuristes et autres joyeuses machineries. La scène est littéralement écrasée par cette immense machine qui remplace la demeure bourgeoise suggérée par le livret.</p>
<p>Cette plongée au cœur de l’industrialisation n’est en aucun cas dans le geste dramaturgique de Mariame Clément une occasion de dévoiler le caractère sombre, inégalitaire et mortifère de l’accroissement de l’industrialisation. Les références aux progrès techniques ne sont jamais négatives, la machine n’exerce pas une prédation diabolique, mais au contraire tente de nous fasciner par son gigantisme et son attrait magique. L’accoutrement des servantes et même de Lucette, censé être un haillon défraichi, laisse place à des habits campagnards qui respirent l’opulence et la gaité. Madame de la Haltière est grimée en contremaitre tyrannique d&rsquo;une chaine industrielle qui fabrique des femmes aseptisées en robe de fleur rose, dans le pur cliché de la poupée Barbie, capables de trouver un mari pour assurer leur survie sociale. La bonne fée électricité quant à elle irradie de luminosité, le corps et la tête parsemés d’ampoules d’une blancheur aveuglante.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/monika_rittershaus_opera_national_de_paris-cendrillon-21-22-monika-rittershaus-onp-42-.jpg?itok=Htf9zJTt" title="Monika Ritterhaus / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	© Monika Ritterhaus / Opéra national de Paris</p>
<p>La distribution se hisserait au diapason de la mise en scène si une diction aventureuse du français ne nuisait pas à l&rsquo;impression générale. Conséquence certainement inexorable de chanteurs à majorité non francophones. La direction de <strong>Carlo Rizzi</strong> est soucieuse de faire ressortir les voix. L’orchestre est soyeux, notamment les cordes et les cuivres qui délivrent un legato subtil et enchanté tout au long de la soirée. Dommage que la théâtralité des scènes comiques ne soit pas assez soulignée.</p>
<p><strong>Tara Erraught</strong> joue et chante une Lucette fragile, sans cesse en désarroi. Cette faiblesse assumée n’empêche pas de puissants graves. Les aigus, bien que tendus, apparaissent cristallins, dans les monologues où la féerie laisse place au tragique. Le duo qu’elle forme avec <strong>Anna Stéphany </strong>est tout à fait remarquable par la complémentarité de leurs voix, toujours exemplaire. La mezzo-soprano anglaise campe un prince charmant rebelle et affirmé dont la fraicheur du timbre frais émeut. Ensorcelant, le duo à la fin de l’acte III évoque les effluves lyriques de <em>Tristan</em>. <strong>Daniela Barcellona</strong> domine le plateau par son incarnation burlesque de Madame de la Haltière et cependant tout en nuances. Elle sait se faire dominatrice avec son époux peureux, d’une cruelle bienveillance avec ses filles Noémie et Dorothée, d’une dédaigneuse condescendance face à l’invisible Lucette tandis qu’elle devient balourde et disgracieuse à la cour du roi. <strong>Kathleen Kim </strong>qui fait ses débuts à l’Opéra national de Paris enchante par sa voix mélodieuse et des suraigus totalement maitrisés. <strong>Lionel Lhote</strong>, seul protagoniste masculin déçoit par son manque de puissance, malgré un texte prononcé avec soin. Les graves sont étouffés et dans le médium le chant confine à la déclamation. Cette faiblesse vocale renforce le trait de personnalité lâche et fuyant de Pandolfe dont l&rsquo;autorité ne s&rsquo;exerce réellement que lors de la scène de la répudiation de sa femme et ses belles filles. Ces dernières interprétées par <strong>Charlotte Bonnet</strong> et <strong>Marion Lebègue</strong> n’ont que très peu d’occasion de se distinguer, souvent anéanties par la présence excessive de leur mère.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="318" src="/sites/default/files/styles/large/public/monika_rittershaus_opera_national_de_paris-cendrillon-21-22-monika-rittershaus-onp-22-.jpg?itok=YC0tcxJn" title="© Monika Ritterhaus / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	© Monika Ritterhaus / Opéra national de Paris</p>
<p>L’accueil du public fut enthousiaste malgré un bon nombre de places vides. Espérons que ce taux de remplissage insuffisant ne découragera pas l&rsquo;Opéra de Paris de programmer des opéras peu souvent joués. Malheureusement la nouvelle saison récemment dévoilée, avec bien peu de surprises et de nouveautés, laisse planer un grand doute sur le renouvellement de ce type de projet musical et scènique. </p>
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		<title>Première édition du Concours International de Chant de Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/premiere-edition-du-concours-international-de-chant-de-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jun 2017 06:00:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le jury* de la première édition du Concours International de Chant de Marseille a finalement retenu dix-neuf candidats sur les deux-cent-douze inscrits. Si aucun ne lui a semblé mériter le Grand Prix, toutes les autres récompenses ont été décernées. En catégorie Opéra le premier prix couronne le ténor polonais Maciej Kwasnikowski, dont la voix bien &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le jury* de la première édition du Concours International de Chant de Marseille a finalement retenu dix-neuf candidats sur les deux-cent-douze inscrits. Si aucun ne lui a semblé mériter le Grand Prix, toutes les autres récompenses ont été décernées. En catégorie Opéra le premier prix couronne le ténor polonais <strong>Maciej Kwasnikowski</strong>, dont la voix bien posée, la souplesse, la longueur, la tenue, la fermeté et l’intensité ont impressionné dans l’air de Don Ottavio « Il mio tesoro » et dans un extrait de <em>Dobrynya Nikitich</em>, opéra créé en 1903 au Bolchoï. La soprano française <strong>Cécile Achille </strong>reçoit le deuxième prix, après l’air de Leïla « Comme autrefois », d’une prenante musicalité, et un « No word from Tom » auquel ses ressources vocales donnent une résonance qui subjugue. Dans la catégorie Opérette le baryton canadien <strong>Geoffroy Salvas</strong> est l’élu logique du premier prix, pour un « Adieu je pars » tiré de <em>Véronique </em>et un piquant « Par Dieu ! C’est une aimable charge » dû à Offenbach dans <em>La jolie parfumeuse</em>, tandis que le deuxième prix échoit à la mezzo-soprano <strong>Claire Peron</strong>, excellente diseuse qui distille savamment « l’air de Diane » des <em>Aventures du Roi Pausole</em> d’Honegger et les couplets de « l’Aveu » de <em>La Périchole</em>. <strong>Claudia Sasso</strong>, soprano italienne, reçoit le prix du public, toujours sensible aux pyrotechnies de l’air des clochettes et probablement ému par un « No word from Tom » en phase avec la douceur d’Ann Trulove. Le jury a-t-il à discuter du prix décerné par le Centre Français de promotion Lyrique ? Le président de cette association remettra le prix à <strong>Charlotte Bonnet</strong>, soprano française, pour « Regnava nel silenzio » et l’air du poison de <em>Romeo et Juliette. </em>Pourquoi pas ? Nous aurions aussi bien récompensé le ténor <strong>François Pardailhe</strong>, dont la romance de Mylio et le « Frisch zum Kampfe » de L’Enlèvement au sérail portaient une jolie lumière. Enfin le prix de la « Meilleure interprétation française » échoit à <strong>Cecilia Arbel</strong>… éliminée en demi-finale mais dont la Manon avait su conquérir Renée Auphan, chargée par un mécène de choisir la destinataire. On regrette l’absence de la soprano<strong> Julie Goussot</strong>, dont la musicalité concentrée, dans « Embroidery aria » tiré de <em>Peter Grimes</em> et « Il est bon, il est doux » de Massenet nous avait profondément séduit. L’accompagnement était excellemment assuré par les pianistes <strong>Marion Liotard </strong>et <strong>Caroline Oliveiros. </strong>Pour l’édition 2018, dont la finale est fixée au 9 juin, l’orchestre de l’Opéra sera dans la fosse.</p>
<p><strong>*Membres du jury</strong><br />
Directeur général de l&rsquo;Opéra de Marseille et du Théâtre de l&rsquo;Odéon Maurice XIBERRAS &#8211; Présidente du jury Renée AUPHAN &#8211; Président du CFPL et conseiller artistique de l&rsquo;Opéra Grand Avignon Raymond DUFFAUT &#8211; Journaliste Roselyne BACHELOT <br />
	Artiste lyrique Béatrice URIA-MONZON &#8211; Agent artistique Dominique RIBER &#8211; Directeur général de l&rsquo;Opéra de Rouen Frédéric ROELS -Directeur d&rsquo;Opera Magazine Richard MARTET &#8211; Directeur général du Deutsche Oper de Berlin Christoph SEUFERLE <br />
	Directeur général du Capitole de Toulouse Jean-Jacques GROLEAU</p>
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		<title>Sheva Tehoval, star du Concours de Marmande 2016</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/sheva-tehoval-star-du-concours-de-marmande-2016/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Aug 2016 05:12:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du 24 au 27 août se sont déroulées les épreuves de la 28e édition du Concours international de chant de Marmande. Le jury, présidé par Phillipe Mestres, directeur musical des Nuits lyriques de Marmande, et composé de chefs d’orchestre (Guy Condette, Jean-Yves Ossonce, entre autres), de directeurs de maison d’opéra (Marc Clemeur, Frédéric Roels…) et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Du 24 au 27 août se sont déroulées les épreuves de la 28<sup>e</sup> édition du Concours international de chant de Marmande. Le jury, présidé par Phillipe Mestres, directeur musical des Nuits lyriques de Marmande, et composé de chefs d’orchestre (Guy Condette, Jean-Yves Ossonce, entre autres), de directeurs de maison d’opéra (Marc Clemeur, Frédéric Roels…) et d’autres figures du monde lyrique, a eu à départager 171 candidats de 25 nationalités différentes. Il a manifestement été séduit par la personnalité  de la soprano bruxelloise <strong>Sheva Tehoval</strong>, 25 ans, élève de Christoph Prégardien et finaliste du Reine Elisabeth en 2014 : avec son interprétation brillante des « Filles de Cadix » et de <em>La Dame de Monte-Carlo</em>, elle rafle à la fois le 1<sup>er</sup> prix d’opéra (femme), le 1<sup>er</sup> prix de mélodie française, le Prix du Public et le Prix Jeune Espoir ! Le Grand Prix d’opéra a néanmoins été décerné à la soprano italienne <strong>Francesca Sorteni</strong> (membre du Studio de l’Opéra du Rhin et Voix du Ciel dans le récent <em>Don Carlo</em> strasbourgeois), mais le 1<sup>er</sup> prix d’opéra (homme) n’a pas été attribué. La soprano <strong>Charlotte Bonnet</strong> remporte le 2<sup>e</sup> prix d’opéra et un 2<sup>e</sup> prix de mélodie française ex aequo avec le baryton <strong>Jérôme Boutillier</strong>, ainsi que le Prix de l’Office franco-québécois pour la jeunesse.</p>
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