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	<title>Chiara BRUNELLO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Chiara BRUNELLO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VIVALDI, L&#8217;Olimpiade &#8211; Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-lolimpiade-beaune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jul 2023 06:50:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment oublier l’Olimpiade que Rinaldo Alessandrini offrit ici même en 2002, avant de l’enregistrer ? Après avoir très longuement mûri son projet, c’est maintenant le tour de Jean-Christophe Spinosi, dont la familiarité à Vivaldi est connue. La production, prévue en 2022, avait été compromise par la pandémie. Elle sera reprise à Paris au TCE, dans une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment oublier <em>l’Olimpiade</em> que Rinaldo Alessandrini offrit ici même en 2002, avant de l’enregistrer ? Après avoir très longuement mûri son projet, c’est maintenant le tour de <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong>, dont la familiarité à Vivaldi est connue. La production, prévue en 2022, avait été compromise par la pandémie. Elle sera reprise à Paris au TCE, dans une mise en scène d’Emmanuel Daumas, et une distribution totalement renouvelée (1) en juin 2024, en prélude à l’ouverture des Jeux olympiques. Le respect de la partition est absolu : ni coupure, ni altération de tel ou tel passage, le fait est suffisamment rare pour être signalé.</p>
<p>De Caldara à Donizetti, le livret de Métastase fut illustré plus de cinquante fois. L’histoire, complexe, repose sur deux couples – réunis pour une fin heureuse. Les deux hommes sont amis, qui se découvrent rivaux, la princesse Aristea étant promise par son père au vainqueur des Jeux. Mais l’authentique vainqueur, ayant concouru sous le nom de son ami et à sa demande, est aimé de la princesse. De multiples péripéties, allant de la tentative de meurtre du roi, au sacrifice de la fiancée abandonnée comme à la reconnaissance de l’enfant sacrifié vont autoriser toutes les situations dramatiques propres à émouvoir le public.</p>
<p>L’ouverture, nerveuse, incisive, contrastée à souhait, augure bien de la suite. La direction, énergique et souple, équilibre et sculpte avec un bonheur constant. Maîtrisant l’ouvrage comme la syntaxe et la grammaire vivaldiennes, Jean-Christophe Spinosi construit le drame en soulignant les richesses (ainsi les figuralismes, tel galop de cheval dans « Qual destrier… », le violoncelle solo de « Sciagurato, in braccio a morte »…).  L’Ensemble Matheus, précis, articulé, dynamique, coloré, est au service du chant : peut-on mieux servir l’œuvre ?</p>
<p>Si l’orchestre et la direction sont exemplaires, la distribution réserve autant d’excellences que de prises de rôle un tantinet laborieuses, parce qu’insuffisamment assimilées ou desservies par les moyens vocaux. Les trois brèves interventions du « coro », ici les solistes rassemblés à l’unisson, déçoivent, sympathiques mais bâclées.</p>
<p>Aristea, convoitée par Licida, aimée de Megacle, est <strong>Francesca Ascioti</strong>. Malgré d’incontestables moyens, on demeure sur sa faim, faute d’une pleine appropriation du rôle, jusqu’au deuxième acte. Le bon et noble Megacle, accablé par le sort, partagé entre l’amitié et l’amour, est le contre-ténor<strong> Rémy Brès-Feuillet</strong>. Inégal dans les registres, il mettra du temps avant d’imposer son autorité, vocale et dramatique. Asservi par la lecture, il ne s’en échappe vraiment qu’au travers des récitatifs. Ce n’est qu’au dernier acte (« Lo seguitai felice ») qu’il parviendra à nous émouvoir. Le duo Aristea-Megacle qui ferme le premier acte ne convainc pas pleinement. <strong>Jean-Jacques L’Anthoën </strong>a l’autorité vocale et dramatique requise pour incarner Clistene, le roi. Si les moyens sont réels, l’articulation des traits reste en deçà des attentes. La plénitude vocale n’interviendra qu’avec le trouble de « Non son donde viene ». L’ Alcandro de <strong>Matthieu Toulouse </strong>est desservi autant par une émission inégale que par la lecture appliquée de ses interventions. Ces réserves émises, il faut maintenant insister sur les qualités des trois autres solistes. L’inconstant et fougueux Licida est <strong>Fernando Escalona</strong>, contre-ténor vénézuélien, exceptionnel d’aisance, de maturité et de couleur. Il s’est pleinement approprié la partition et son jeu, libre et habité, impressionne. Son « Mentre dormi », où les cors se joignent aux cordes, est admirable, voix longue et agile aux mezza voce idéaux, avec une ornementation juste, virtuose, jamais ostentatoire. Toutes ses interventions confirmeront cette maîtrise, doublée d’un incontestable investissement dramatique. <strong>Chiara Brunello</strong>, contralto aux graves profonds, est Argene. Elle associe sa maîtrise vocale à son sens dramatique, servis par une élocution et un débit exemplaires. Ses trois airs (un par acte) sont autant de réussites. Enfin, pour couronner le tout,<strong> Ana Maria Labin </strong>campe un Aminta d’excellence. Le précepteur avisé, mûr, est servi par des moyens vocaux qui ne se démentent jamais. La voix est sonore, souple, homogène, aux aigus brillants, avec un sens de l’ornementation d’un répertoire où elle confirme toutes ses qualités. Son air « Siam navi » est un modèle tant par la virtuosité des traits que par l’égalité des registres. Il en ira de même tout au long de l’ouvrage (« Son qual per mare ignoto », aux superbes couleurs). La liberté du jeu, associée à un investissement exemplaire participent à notre bonheur.</p>
<p>Pour résumer, un chef aguerri, un brillant ensemble et une distribution peu homogène, où l’excellence voisine une lecture vocale qui peine parfois à convaincre.</p>
<pre>(1) <strong>Jakub Józef Orliński</strong><strong> - </strong>Licida <strong>; </strong><strong>Marina Viotti</strong><strong> - </strong>Megacle<strong> ; </strong><strong>Varduhi Abrahamyan</strong><strong> - </strong>Aristea<strong> ; </strong><strong>Delphine Galou</strong><strong> - </strong>Argene<strong> ; </strong><strong>Jodie Devos</strong><strong> - </strong>Aminta<strong> ; </strong><strong>Luigi De Donat</strong>o - Clistene<strong> ; </strong><strong>Christian Senn</strong><strong> - </strong>Alcandro. On nous promet une dimension contemporaine (breakdance, slam, street art…) ainsi que la participation d’athlètes de l’équipe de France.</pre>
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		<title>Alessandro Stradella &#8211; Amare e fingere</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/alessandro-stradella-amare-e-fingere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Feb 2022 05:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La vie de Stradella, aventureuse, romanesque à souhait, le mêla à des affaires de jeu, d’escroquerie, à des enlèvements. Il aurait été tué par des spadassins à la solde d’un noble vénitien dont il aurait enlevé la maîtresse (*). Son existence inspira trois opéras au XIXe siècle (Niedermeyer, Flotow et Moscuzza). L’existence de six opéras de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La vie de Stradella, aventureuse, romanesque à souhait, le mêla à des affaires de jeu, d’escroquerie, à des enlèvements. Il aurait été tué par des spadassins à la solde d’un noble vénitien dont il aurait enlevé la maîtresse (*). Son existence inspira trois opéras au XIXe siècle (Niedermeyer, Flotow et Moscuzza). L’existence de six opéras de Stradella était connue, jusqu’à ce qu’on en découvre trois, écrits à Rome au début de sa carrière, dont cet <em>Amare e fingere</em>. Cet enregistrement est donc une première mondiale. Sa production s’inscrit dans le <em>Stradella Project</em>, dont c’est le septième volume.</p>
<p>Imaginez un opéra à six personnages, quatre nobles et deux de condition plus modeste, avec des changements d’identité, des travestissements, qui autorisent tout, ou presque. Vous pensez à <em>Cosi fan tutte</em>, naturellement. Antérieur de plus d’un siècle, l’ouvrage de Stradella n’en partage que la distribution, la vivacité et les imbroglios. Dans une Arabie de fantaisie, Cloris et Rosbaldo s’aiment, mais conviennent de feindre l’indifférence pour ne pas éveiller la jalousie d’Oronta, reine d’Arabie, amoureuse de ce dernier. Artaban, l’ami de Rosbaldo, s’éprend de Cloris, alors qu’il est à la recherche de sa sœur, enlevée par des bandits. Jalousie, rivalités, conflits risquent d’aboutir à la violence, lorsque cette sœur se révèle être Cloris. Les deux couples convoleront au terme de l’ouvrage. Les personnages du précepteur et de la vieille animent les scènes comiques.</p>
<p>L’ouvrage s’inscrit dans la production de son temps : les très longs récitatifs, ici particulièrement soignés, <em>secco</em> comme <em>accompagnato</em>, ou encore arioso, animés, vigoureux comme interrogatifs ou plaintifs, sont entrecoupés d’arias, parfois très brèves, et de duos. Entre 7 et 9 arias, deux duos pour chaque acte, un « coro a 4 » pour les deux derniers. La fluidité du discours, la variété des expressions permettent d’éviter la lassitude. La distribution, équilibrée, ne comporte aucune faiblesse.</p>
<p>Fileno/Artabano est confié à <strong>Mauro Borgioni</strong>, beau baryton, voix ample, égale dans tous les registres, avec des graves bien timbrés. Son dernier air du II (« Qual fiera tenzone ») traduit idéalement ses sentiments contradictoires. Les quelques traits sont fort bien conduits. Le ténor <strong>Luca Cervoni</strong> incarne Coraspe/Rosalbo. L’émission claire trouve les accents héroïques attendus dans les récitatifs, mais excelle également dans les arias, y compris les plus brèves (« Che chi non più dormire » au II). Son rôle est le plus riche en airs et duos, à l’égal de celui de Clori/Despina que chante <strong>Paola Valentina Molinari</strong>, soprano au timbre séduisant. La joie dansante de l’amour inspire le « F’a pur quanto vuoi ».  Sa peine (« Misera, e che mi resta …/ Prendi quest’ ultime tenera lacrime ») est émouvante. Oronta / Celia est confiée à <strong>José Maria Lo Monaco</strong>. De ses nombreuses interventions, retenons le « Stella rea, stella infierita », décidé, vigoureux et douloureux. <strong>Chiara Brunello</strong>, alto, prête sa voix à Silvano, rôle secondaire, qui ne démérite jamais. C’est <strong>Silvia Frigato</strong>, soprano, qui chante Erinda. Si la voix paraît pincée dans les aigus des récitatifs, ses trois arias du dernier acte sont autant de réussites, à l’émission pleinement épanouie.</p>
<p>Outre les cinq instruments à archet, un théorbe, un archiluth, une harpe, un clavecin et un positif animent l’ensemble <em>Mare Nostrum</em>, dirigés par <strong>Andrea De Carlo</strong>, avec un réel sens dramatique et une attention portée à chacun. Le continuo, renouvelé en fonction des scènes, est un modèle de vie et de couleurs, auquel l’orgue apporte beaucoup.</p>
<p>La prise de son, proche, généreuse, met chaque voix, chaque instrument ou pupitre, en valeur, mais diffère considérablement de la perception d’un auditeur en salle. Confortant la stature de Stradella, sans en renouveler la perception, cette découverte, servie avec engagement, réjouira tous les amateurs de lyrique baroque.</p>
<p>La riche notice, trilingue (italien, anglais et français), outre la présentation de l’ ouvrage, comporte l’intégralité du livret et sa traduction.</p>
<p>______________</p>
<p>(*) La relation détaillée de Bourdelot, reproduite par Fétis (vol.8, p. 149) mérite d’être lue.</p>
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		<item>
		<title>Romilda e Costanza</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/romilda-e-costanza-une-lacune-enfin-comblee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Jan 2021 05:40:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quatrième opéra composé par Meyerbeer et premier opéra écrit pour un théâtre italien, Romilda e Costanza restait le seul ouvrage lyrique italien du compositeur à ne pas disposer d’enregistrement commercial (encore que L&#8217;Esule Di Granata n&#8217;existe qu&#8217;en extraits). Réalisée sur le vif en 2019, cette captation du Festival de Wilbad (concert chroniqué à l&#8217;époque par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quatrième opéra composé par Meyerbeer et premier opéra écrit pour un théâtre italien, <em>Romilda e Costanza</em> restait le seul ouvrage lyrique italien du compositeur à ne pas disposer d’enregistrement commercial (encore que <em>L&rsquo;Esule Di Granata</em> n&rsquo;existe qu&rsquo;en extraits). Réalisée sur le vif en 2019, cette captation du Festival de Wilbad (<a href="/romilda-e-costanza-bad-wildbad-genereuse-prise-de-risque">concert chroniqué à l&rsquo;époque par notre confrère Maurice Salles</a>) vient enfin combler cette lacune. L&rsquo;intrigue de l&rsquo;ouvrage est tellement compliquée et pleine de rebondissements invraisemblables que nous renonçons à trop entrer dans son détail. L’action, totalement fantaisiste, se déroule au Moyen Âge dans le palais des Comtes de Provence. Teobaldo, prince de Provence et fils d’Arrigo, revient victorieux d’une campagne contre le duc de Bretagne où son père a perdu la vie. Romilda et Costanza aiment toutes deux le prince : Costanza (fille de Lotario, du comte de Sisteron) a été promise à Teobaldo depuis son enfance, mais le prince a épousé en secret Romilda (fille du duc de Bretagne). Costanza conçoit des soupçons sur la fidélité de Tebaldo, et craint qu’il ne soit amoureux de Romilda, et inversement. Parallèlement, le jaloux Retello complote avec Albertone l’assassinat de son frère jumeau Teobaldo afin de prendre la place de celui-ci sur le trône. Enfin, Pierotto, frère de lait de Teobaldo, doit épouser Annina, nièce d’Albertone. Selon les dernières volontés de son père, Teobaldo doit finalement épouser Romilda (ce qui tombe bien me direz-vous puisque c’est déjà fait). Retello se propose pour épouser celle-ci, ce qui n’obligerait pas Teobaldo à revenir sur son engagement officiel vis-à-vis de Costanza, mais celui-ci refuse, à la grande confusion de Retello, Lotario, Costanza et leurs partisans. Teobaldo finit par dévoiler son mariage avec Romilda. Après une courte échauffourée, Teobaldo est fait prisonnier par son frère jumeau. L’acte II débute par quelques péripéties sans beaucoup d’importance, puis Costanza vient se lamenter sur son sort. Les jeunes mariés Pierotto et Annina lui apprennent qu’un prisonnier masqué est enfermé au château et qu’on l’a entendu crier le nom de Romilda (ce qui met en fureur Costanza). Déguisée en page, Romilda informe Pierotto de l’arrestation de Teobaldo. Costanza, qui n’a pas reconnu Romilda, fait le serment d’aider à sauver Teobaldo, et Romilda lui promet de lui livrer sa rivale (!). Pour trouver dans quelle cellule le prince est enfermé, Pierotto propose à Costanza de chanter une ballade (quel manque de psychologie…) mais son chant ne suscite aucune réponse de l’intéressé, ce qui n’est bien évidemment pas le cas quand c’est Romilda déguisée qui chante (le jeune homme répond donc à un page plutôt qu’à sa fiancée : voilà de quoi égayer les psychanalystes). Teobaldo est délivré. La petite troupe tombe sur ses ennemis et, pour faire cesser le combat, Teobaldo dévoile l’identité réelle de Romilda. Costanza essaie sans succès de tuer Romilda et Teobaldo est renvoyé en cellule. Ugo, l’écuyer de Teobaldo, surprend le projet de Retello de tuer Teobaldo. Avec les soldats restés fidèles au prince, et des paysans révoltés contre Retello, Ugo s’apprête à attaquer le château. Retello demande à Albertone de tuer Teobaldo. Costanza essaie de retourner son père afin d’obtenir son pardon et menace Retello de révéler ses complots contre son frère. Une fois vaincu, Retello accuse Albertone d’avoir assassiné Teobaldo malgré sa défense. Mauvaise idée : en définitive, Albertone, repentant, n’a pas exécuté les ordres de Retello, et Teobaldo est vivant. Comme nous sommes dans un opéra semi seria, Costanza pardonne au prince le manquement à sa parole et promet sa fidélité à Romilda.</p>
<p>Ce livret abracadabrantesque est dû à la plume de Gaetano Rossi, que Meyerbeer connaissait comme auteur du texte de <em>La cambiale di matrimonio</em> et du <em>Tancredi</em> rossinien. A l&rsquo;instigation de Meyerbeer, il avait également composé le livret de sa cantate pour soprano et clarinette <em>obbligato</em>, <em>Gli Amori di Teolinda</em>, créée à Vérone la même année. Rossi écrira plus tard les livrets de<em> Semiramide</em>, d’<em>Emma di Resburgo</em> et d’<em>Il Crociatto</em> <em>in Egitto</em>. Le librettiste est ici beaucoup moins inspiré que pour <em>Tancredi</em>, ces situtations dramatiques factices n&rsquo;étant guère propices à l&rsquo;expression des émotions.  A l’origine, l’opéra devait être créé pour le Teatro San Benedetto de Venise. Meyerbeer compose gratuitement et paye même le librettiste (pas assez, compte tenu du résultat). Voyant les sacrifices financiers que le compositeur est prêt à consentir pour son œuvre, le directeur du San Benedetto essaie de lui faire payer une partie des coûts de production. C’en est trop et l’ouvrage sera créé au Teatro Nuovo de Padoue. La première est un succès et sera reprise à Venise (contre rétribution cette fois), Florence, Milan, Copenhague et Munich.</p>
<p>Encore sous le choc de <em>Tancredi</em>, Meyerbeer est ici très influencé par le style rossinien et on retrouvera quelques formules familières qui se limitent généralement à un accord introductif, une ou deux mesures ici ou là, qui nous semblent familières. Certaines arias féminines nous évoquent au contraire une époque antérieure et même (vaguement) Mozart. L’inspiration mélodique n’est pas à la hauteur de celle du Cygne de Pesaro, toutefois la musique est plaisante et variée, et de plus en plus inspirée au fur et à mesure de l&rsquo;ouvrage, comme si le compositeur se dégageait progressivement du modèle rossinien. L&rsquo;orchestration est fouillée et on retrouve également ce grand sens du développement typique de Meyerbeer. A titre d&rsquo;exemple, le quatuor « Ah ! vive ! è desso !  » s&rsquo;articule en deux parties de près de 4 minutes chacune, puis se transforme en grand ensemble concluant la scène 1 de l&rsquo;acte II (il s&rsquo;agit du moment où Teobaldo est délivré grâce à Pierotto, Costanza et Romilda déguisée en page). Autre illustration avec le duo Romilda &#8211; Pierotto où Meyerbeer ne se contente pas de reproduire la même mélodie dans deux tonalités. Quoiqu&rsquo;encore débutant, le compositeur cherche clairement à se démarquer des simples imitateurs de Rossini et, à ce titre, la découverte de cette ouvrage est passionnante.</p>
<p>L’exécution musicale n’est pas tout à fait à la hauteur des enjeux. Direction et orchestre manquent un peu de d&rsquo;incisivité et de précision. A la décharge du chef <strong>Luciano Acocella</strong>, maître d&rsquo;œuvre de cette résurrection et qui a reconstruit l&rsquo;ouvrage, il semblerait que les corrections de la partition aient pris beaucoup de temps sur les répétitions, au détriment du travail musical et dramatique. En Romilda, <strong>Chiara Brunello</strong> a pour elle un beau médium et un timbre naturellement émouvant qui rappelle celui de Martine Dupuy. Mais les parties les plus virtuoses la voient à la peine, avec des aigus tendus autour du sol. La Costanza de <strong>Luiza Fatyol </strong>est encore moins assurée techniquement. Le timbre est intéressant et la voix dispose d&rsquo;une belle assise dans le médium, mais les nombbreux contre-ut de sa grande scène de l&rsquo;acte II sont autant d&rsquo;épreuves. En revanche, le Teobaldo de <strong>Patrick Kabongo </strong>est absolument excellent et domine le plateau. Le ténor français d’origine congolaise a pour lui un timbre d’un beau métal, une grande musicalité et une bonne technique belcantiste, avec notamment une belle facilité à émettre des sons piano dans le registre aigu, sans recourir à la voix mixte ni détimbrer, un peu à la manière de Rockwell Blake. Sollicité jusqu&rsquo;au contre-ut, le suraigu ne lui pose aucun problème. A l’occasion, il sait également émouvoir, comme dans son air (plus mozartien que rossinien)  « Ombra amata ». On appréciera l’abattage du baryton <strong>Giulio Mastrototaro</strong>, dans le rôle comique du frère de lait de Teobaldo (rôle qui rappelle à l&rsquo;occasion le Don Magnifico de <em>La Cenerentola</em>) mais là encore les moyens vocaux sont insuffisants avec trop de tensions dans le haut de la tessiture. Autre personnage comique, l&rsquo;Albertone d&rsquo;<strong>Emmanuel Franco</strong> est un peu léger mais plaisant si l&rsquo;on passe sur un léger vibratello. Les seconds rôles sont très bien tenus, en particulier les deux basses<strong> </strong><strong>Javier Povedano</strong> (Retello) et <strong>Timophey Pavlenko</strong> (Ugo).</p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>MEYERBEER, Romilda e Costanza — Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/romilda-e-costanza-bad-wildbad-genereuse-prise-de-risque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jul 2019 06:28:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour être élu à Bad Wildbad, il ne suffit pas à un titre d’être rare : il faut aussi qu’il n’existe pas d’enregistrement de la version retenue. Aussi Emma di Resburgo a-t-elle dû laisser la place à Romilda e Costanza, toujours de Meyerbeer. Créé à Padoue en 1817 l’opéra a été composé sur un livret de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour être élu à Bad Wildbad, il ne suffit pas à un titre d’être rare : il faut aussi qu’il n’existe pas d’enregistrement de la version retenue. Aussi <em>Emma di Resburgo </em>a-t-elle dû laisser la place à <em>Romilda e Costanza</em>, toujours de Meyerbeer. Créé à Padoue en 1817 l’opéra a été composé sur un livret de Gaetano Rossi, le même qui avait écrit le <em>Tancredi </em>dont la découverte, deux ans plus tôt, a bouleversé le compositeur allemand. Ils se connaissaient pour avoir déjà travaillé ensemble à une cantate, mais Meyerbeer veut à tout prix que le collaborateur de Rossini devienne le sien pour son premier opéra en Italie.</p>
<p>Hélas, si l’on juge de l’efficacité d’un livret par sa simplicité, celui de <em>Romilda e Costanza </em>n’est pas loin d’un record de complication. Au Moyen-Age, le duc de Provence, qui a deux fils jumeaux, vient de mourir. L’un deux, Teobaldo, revient victorieux de la guerre contre le duc de Bretagne. Son frère Retello, qui administre la Provence depuis le décès du père, le voit comme un rival à neutraliser.  Costanza, promise à Teobaldo depuis l’enfance, rêve à ces retrouvailles mais est inquiète : le bruit court qu’il est amoureux de Romilda, la fille du Duc de Bretagne et qu’elle l’accompagne. Pour la calmer son père, un seigneur provençal, lui dit qu’en refusant de l’épouser Teobaldo devrait renoncer au trône. Elle est en train de sonder les sentiments du jeune homme quand surgit un écuyer qui n’est autre que Romilda qui n’a pu se résigner à attendre en Bretagne que Teobaldo l’appelle. La méfiance réciproque est immédiate entre les deux femmes. Or à l’ouverture du testament qui dicte les volontés paternelles, Teobaldo est désigné comme son successeur et délié de l’engagement envers Costanza afin de s’unir à Romilda pour établir une alliance avec la Bretagne. Le père de Costanza, Lotario, est furieux mais Retello propose d’épouser lui-même Romilda, ce qui contraint Teobaldo à révéler qu’ils sont déjà mariés. Le frère frustré décide alors, aidé par des nobles provençaux mécontents, de combattre son frère et la lutte commence, au grand effroi de Romilda et Costanza qui tremblent pour Teobaldo. Défait par le nombre, ce dernier est jeté en prison.</p>
<p>Et cela n’est évidemment que le premier acte ! Au deuxième dans le château isolé où Pierotto, qui ignore l’arrestation de son frère de lait Teobaldo, exulte car il se marie, des soldats amènent un prisonnier mystérieux. Puis arrive Costanza, partagée entre chagrin, jalousie et colère, qui promet à Romilda – pour elle l’écuyer fidèle de Teobaldo – de tout faire pour sauver l’ingrat. En échange Romilda s’engage à lui livrer sa rivale. Désormais sans frein, Retello confie à son conseiller la mission d’exécuter son frère. Après avoir trouvé l’endroit où est enfermé Teobaldo grâce à un chant familier, Pierotto le délivre mais ils sont surpris et arrêtés. Pour sauver Romilda Teobaldo révèle qui elle est et Retello doit la protéger de Costanza qui s’est jetée sur elle pour la tuer. Cependant les amis de Teobaldo ont agi et la capitale de la Provence s’est déclarée pour lui. Une troupe de fidèles conduite par le véritable écuyer donne l’assaut. Retello accuse alors accuse son conseiller d’avoir tué son frère, mais un homme masqué surgit ; c’est Teobaldo, que le bourreau a épargné, et qui s’apprête à jouer les Titus. Costanza ne peut faire moins que de pardonner l’infidélité de Teobaldo et devenir l’amie de Romilda.</p>
<p>Défini comme mélodrame semi-serio, cet opéra n’a pas sombré mais en dehors de quelques reprises européennes après la création, auxquelles la fortune de Meyerbeer a peut-être contribué, il ne lui a pas survécu. Ce concert contribuera-t-il à le relancer ? De l’aveu des principaux intéressés, la préparation en a été laborieuse, en raison d’un grand nombre d’erreurs dans les partitions disponibles, dont la correction a pris beaucoup de temps et réduit d’autant le temps disponible pour les répétitions. Encore pouvons-nous nous estimer heureux qu’une soprano en troupe en Allemagne ait accepté de remplacer Silvia Della Benetta, contrainte par des motifs familiaux à renoncer à incarner la tourmentée Costanza.</p>
<p>D’autres l’ont déjà dit, Meyerbeer quand il écrit cette œuvre est sous influence. Mais plutôt que d’imitation il nous semble plus juste de parler d’imprégnation. Il admire tellement Rossini qu’il adopte des utilisations de timbres ou des traits d’écriture pour les cordes ; par ailleurs sa science de l’orchestration est réelle et il sait jouer lui aussi des reprises rythmiques, des accroissements, des accélérations et du crescendo. Mais ces moyens tournent aux procédés dont la juxtaposition trahit la recherche d’effets et l’absence d’un projet musical. En fait, l’admiration de Meyerbeer pour Rossini devient un corset qui étiole sa personnalité, et on le perçoit dès l’ouverture, où les couleurs et la puissance des timbres sont utilisées pour annoncer la succession des climats avec une sagesse qui sent l’application.</p>
<p>Les conditions de la préparation expliquent sans doute que certains aspects de certains rôles ne soient pas nettement relevés. Ainsi Pierotto, le premier en scène, est un balourd sympathique dont le peuple raille la fierté qu’il exprime naïvement d’être le frère de lait du prince Teobaldo. Il devrait être comique, mais pour <strong>Giulio Mastrototaro </strong>comme pour presque tous ses partenaires, jouer et chanter simultanément serait une prise de risque inconsidérée. Le chœur réussit pourtant la gageure de donner un semblant de spontanéité à ses assauts empressés autour de la nièce de Pierotto, petit rôle qui suffit à <strong>Claire Gascoin</strong> pour exposer une belle couleur. <strong>Javier Povedano </strong>s’impose en mauvais frère, la voix et le visage sont sombres à souhait et la rapidité de la reprise en chant syllabé est bien soutenue avant le final où la voix élargie manifeste la volonté de puissance. Auprès de lui dans le rôle du conseiller qui se voudrait machiavélique sans avoir le cynisme nécessaire, <strong>Emmanuel Franco</strong>, très remarquable dans l’insinuation et qui distillera plus tard très subtilement une sorte de recette des ambitieux. Ils forment un quatuor dont le final semble puisé dans l’encrier de Rossini.</p>
<p>Seule en scène, Costanza chante alors une cavatine qui laisse à découvert <strong>Luiza Fatyol </strong>dans un premier aperçu mitigé, avec une articulation un peu molle et des aigus tirés ; ces impressions se corrigeront, en particulier dans le duo avec Romilda avant le final de l’acte I et dans la scène en solo de l’acte II, où l’interprète fera valoir nuances, souplesse, une certaine agilité, sans que les aigus aient gagné en moelleux. Le rôle de Lotario, son père qui a tout intérêt au mariage prévu, est rempli sans indignité par le ténor <strong>César Cortès</strong>.</p>
<p>Paraît Teobaldo et avec <strong>Patrick Kabongo</strong> une leçon de chant. Son air est structuré en plusieurs moments correspondant à des sentiments différents, ce qui entraîne un chant différent. Le premier est une évocation douloureuse du père disparu, où le sentiment tantôt rétrécit la voix, qui monte à l’aigu en falsetto, tantôt se fait plus intense, et alors la voix enfle et l’aigu devient vigoureux. Moment repris avec force ornements ! Mais le chœur pousse le héros à se souvenir de sa gloire, alors le chant devient affirmation de soi, ce qui l’amène à évoquer celle qu’il aime, et la gloire devient le baume de la douleur. C’est un moment admirable où l’on entend non des sons articulés – la prononciation de l’italien est parfaite – mais une ligne qui garde sa pureté et un souffle devenu musique.</p>
<p>Dans la scène suivante Romilda fait son entrée sur une cavatine. Le timbre clair de mezzo de <strong>Chiara Brunello </strong>déconcerte, comme l’impression qu’elle s’élance parfois sans filet, et une palette de couleurs peu étendue. Peut-être sommes-nous victime de l’habitude, pour les rôles en travesti, de voix plus corsées, plus fermes et plus incisives ? Après tout, Romilda n’a jamais été un homme, peut-être est-il erroné d’apprécier la voix de Chiara Brunello à l’aune de ces personnages masculins. Reste que la projection reste modeste et au deuxième acte, peut-être fatigue, certains élans frôleront le cri. Peu ou pas perceptible le substrat comique de la scène avec Pierotto, avec ses équivoques.</p>
<p>Il serait injuste de ne pas mentionner, dans le bref rôle du véritable écuyer de Teobaldo, la basse <strong>Timophey Pavlenko </strong>que la profondeur et la portée de son organe devraient aider à sortir rapidement du lot.</p>
<p>Dans les conditions dont nous avons parlé, les chœurs, l’orchestre et le chef font de leur mieux. <strong>Luciano Acocella</strong> ne s’estime pas satisfait du résultat. Il est le mieux placé pour en juger ; mais n’ayant pas ses critères de connaissance de l’œuvre et d’exigence nous voudrions dire bravo et merci à tous les artistes qui ont osé prendre des risques.</p>
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