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	<title>Emilie Rose BRY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Emilie Rose BRY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Palmarès franco-roumain pour le 6e Concours Enesco</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2019 19:22:27 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa sixième édition, qui s&rsquo;est déroulée à Paris du 9 au 11 octobre, le Concours international de chant George Enesco a décerné ses prix à deux finalistes, l&rsquo;une française, l&rsquo;autre roumaine. Sur les 19 candidats (dont un seul homme), parmi les 12 demi-finalistes, 6 chanteuses avaient été retenues pour la finale avec orchestre. Après avoir âprement débattu, le jury a accordé le prix Mélodie contemporaine à <strong>Emilie Rose Bry</strong>, vue notamment dans un <em>Couronnement de Poppée </em>présenté <a href="https://www.forumopera.com/le-couronnement-de-poppee-vichy-nouvelle-jeunesse-dapres-lantique">à Vichy</a> et <a href="https://www.forumopera.com/lincoronazione-di-poppea-versailles-resurrection-fidele-mais-sans-ardeur">à Versailles</a> par l&rsquo;Opéra de Lyon, tandis que le prix Opéra et le prix Enesco étaient décernés à <strong>Aida Pascu</strong>, qui a également été désignée pour le prix du public. On regrettera que ce palmarès n&rsquo;ait pu distinguer certaines candidates, pénalisées par des choix malheureux, plus brillantes les deux premiers jours que le dernier, ou tout simplement mal aiguillées vers des tessitures improbables. Et même si les œuvres d&rsquo;Enesco brillaient par leur absence lors de la finale, rappelons que tous les candidats inscrits devaient interpréter une de ses mélodies lors de leur premier passage devant le jury, bon moyen de faire découvrir ces pages écrites en français (sur des poèmes de Marot, d&rsquo;Albert Samain ou Jules Lemaître) mais scandaleusement négligées par nos compatriotes.</p>
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		<title>BIZET, Carmen — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-versailles-le-cirque-est-plein-cest-jour-de-fete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Dec 2017 06:38:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La salle de l’Opéra royal de Versailles est bondée, le public est en délire. Pourquoi ? Parce qu’on donne Carmen, pourtant pas si rare en ces lieux : en octobre 2012, on y donnait plusieurs représentations de la production venue de Rouen, avec Vivica Genaux dans le rôle-titre. En ce 19 décembre, la seule star à l’affiche &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La salle de l’Opéra royal de Versailles est bondée, le public est en délire. Pourquoi ? Parce qu’on donne <em>Carmen</em>, pourtant pas si rare en ces lieux : en octobre 2012, on y donnait plusieurs représentations de la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/delocalisee-et-deluree">production venue de Rouen</a>, avec Vivica Genaux dans le rôle-titre. En ce 19 décembre, la seule star à l’affiche ne chante pas, puisque c’est le chef (encore que l’on entende parfois sa voix lorsqu’un grognement préalable est censé communiquer son énergie à l’orchestre). Quand <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong> s’attaque à <em>Carmen</em>, on peut se douter qu’il ne fera pas les choses comme n’importe qui. Pour un baroqueux, et donc soucieux de retour aux partitions originales, la version avec dialogues parlés s’imposait. Sauf que, lorsqu’on choisit des chanteurs non francophones, que fait-on desdits dialogues ? On embauche un(e) récitant(e). On ne l’aurait pas deviné, mais <strong>Tatiana Spivakova </strong>est francophone. Déclame-t-elle les dialogues de Meilhac et Halévy ? Non, ce serait trop simple. Jean-Christophe Spinosi en personne a conçu un discours qui emprunte à la fois aux didascalies et aux dialogues, mais où « Andalouse » rime avec « gagner du flouze »… Et bien sûr, ce monologue de la narratrice intervient dans les pauses, et les musiques destinées à être interprétées en mélodrame se retrouvent mises à nu. Quant au côté semi-scénique de ce concert, s’il est agréable d’entendre des chanteurs libérés de tout pupitre, on se demande ce qu’on gagne, dans « Les tringles des sistres tintaient », à voir Carmen finir son pas de danse dans les bras du chef…</p>
<p>Du reste, ce n’est pas le seul sujet d’étonnement. La direction de Spinosi surprend, à moins qu’au contraire elle n’ait rien de surprenant, connaissant le personnage : l’ouverture est prise à toute allure, comme pour en renforcer le clinquant, et les tempos retenus oscillent entre le très (trop) rapide et le très lent. La disposition de concert, avec solistes tournant quasiment le dos au chef, s’avérera fatale pour la page la plus délicate de la partition, et l’on rage d’assister au naufrage du quintette des contrebandiers, où les chanteurs sont presque constamment en sérieux décalage avec l’orchestre. Ce passage, qui nécessite une élocution particulièrement déliée, présente aussi des difficultés redoutables pour des artistes ne maîtrisant qu’en partie le français.</p>
<p>Sur ce plan-là aussi, Jean-Christophe Spinosi a fait un pari inattendu, surtout pour une tournée de cinq concerts dont trois en France : engager sur audition de jeunes chanteurs aux moyens vocaux importants, mais dont certains n’avaient encore jamais vraiment interprété de rôle en français. Le résultat s’avère bien plus satisfaisant qu’on ne pouvait le craindre, mais des progrès sont encore possibles, surtout pour nos impitoyables e muets. <strong>Ekaterina Bakanova</strong> prête à Micaëla une voix superbe, avec une admirable science des nuances, mais elle est sans doute la moins intelligible de toute la distribution. <strong>Kostas Smoriginas </strong>est un Escamillo puissant, mais comment le chef a-t-il pu lui autoriser une telle vulgarité d’accents, avec un recours au parlando tout à fait déplacé ? <strong>Migran Agadzhanian</strong> possède lui aussi des moyens extrêmement solides ; dans l’air de la Fleur, la fameuse phrase « Et j’étais une chose à toi » est intégralement prise en falsetto pour lui permettre de respecter la nuance pianissimo. Son français est correct bien que souvent nasal, mais on déplore une tendance au vérisme qui se manifeste dès le premier acte. Avec <strong>Dara Savinova</strong>, enfin, on découvre une nouvelle Carmen blonde venue de l’est, dans la lignée d’une Elina Garanča, à cela près que la jeune soprano estonienne se montre infiniment plus scrupuleuse que son illustre consœur en matière de diction. Le timbre est parfaitement adapté au personnage, que l’expérience l’aidera à s’approprier plus en profondeur. Sans doute sur la suggestion du chef, elle s&rsquo;autorise même quelques ornements inattendus quand revient le couplet de la Habanera.</p>
<p>Parmi les petits rôles, on trouve les deux seuls francophones de l’équipe, notamment <strong>Emilie Rose Bry</strong>, dont la prononciation pourrait être plus soignée (faute de R plus nets, le mot « pierreries » n’est que bouillie). Le chœur aussi chante dans sa langue, et cela s’entend immédiatement ; on entend aussi qu’<strong>Unikanti</strong> se compose de tout jeunes chanteurs aux voix claires, mais, à qui fait encore un peu défaut ce que des professionnels plus âgés sauraient mettre de caressant dans le chœur des cigarières ou de mordant dans « La Manuelita disait… ».</p>
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		<item>
		<title>MONTEVERDI, L&#039;Incoronazione di Poppea — Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lincoronazione-di-poppea-versailles-resurrection-fidele-mais-sans-ardeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Apr 2017 06:01:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Devenu un des hauts lieux de la musique ancienne depuis la réouverture de l’Opéra il y a sept ans, le Château de Versailles ne pouvait bien sûr pas manquer de célébrer le 450e anniversaire de la naissance de Monteverdi et sa programmation se révèle à la hauteur de l’événement. Inaugurées le 8 mars avec L’Orfeo &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Devenu un des hauts lieux de la musique ancienne depuis la réouverture de l’Opéra il y a sept ans, le Château de Versailles ne pouvait bien sûr pas manquer de célébrer le 450<sup>e</sup> anniversaire de la naissance de Monteverdi et sa programmation se révèle à la hauteur de l’événement. Inaugurées le 8 mars avec L’<em>Orfeo</em> dirigé par Paul Agnew, les célébrations se poursuivaient les 19 et 20 avril avec la reprise de <em>L’Incoronazione di Poppea </em>de Grüber et Minkowski créée à Aix en 1999 et déjà remontée à Lyon et <a href="/le-couronnement-de-poppee-vichy-nouvelle-jeunesse-dapres-lantique">Vichy</a>. Suivront les <em>Vêpres</em>, d’abord confiées à Raphaël Pichon (10 et 11 juin) puis à John Eliot Gardiner (8 octobre), des duos héroïques par les Prégardien père et fils (10 novembre) et la <em>Selva morale e spirituale </em>confiée à William Christie (17 décembre). Voilà qui devrait combler les admirateurs du divin Claudio et lui gagner de nouveaux suffrages.</p>
<p>Si la production aixoise de <em>L’Incoronazione di Poppea </em>(<a href="http://www.forumopera.com/v1/critiques/poppea_aix_dvd.htm">immortalisée en DVD</a>) n’avait pas fait l’unanimité, les critiques ne portaient pas tant sur la scénographie de <strong>Gilles Aillaud</strong>, parfaitement reconstituée par <strong>Bernard Michel</strong> qui en exalte la puissance symbolique, que sur les choix musico dramatiques de Marc Minkowski et <strong>Klaus Michael Grüber</strong>. S’appuyant principalement sur le manuscrit vénitien de l’opéra, ils supprimaient plusieurs monologues et même la scène du couronnement ainsi que la figure de Nutrice pour mieux souligner la solitude d’Ottavia, autant de choix discutables, mais cette version remaniée de <em>L’Incoronazione di Poppea </em>possédait aussi sa propre cohérence et une force souvent mésestimée par les interprètes de l’ouvrage : celle de la suggestion.</p>
<p>« <em>Une façon originale et sincère d’être fidèle à cette partition inouïe</em>, écrivait Marc Minkowski, <em>était d’en dégager la courbe dramatique et d’y privilégier l’intimité et la sensualité, c’est-à-dire l’univers amoureux de Néron et Poppée dans lequel se consument peu à peu toutes les résistances, morales, physiques ou politiques.</em> » L’acte sexuel n’intéresse nullement Grüber, et il a mille fois raisons : les héros de Busenello et Monteverdi sont ivres de désir, une ivresse qu’il faut donner à voir et à entendre. Ils ne s’enlacent jamais et leur seul baiser se dérobe à nos yeux, mais leurs mouvements, leurs visages, leurs mains, tout exprime, avec une précision admirable, cette tension irrésistible. Chargée de la dramaturgie en 1999, <strong>Ellen Hammer</strong> était sans doute la mieux placée pour régler cette gestuelle virtuose que les membres du <strong>Studio de l’Opéra de Lyon</strong> se sont appropriée avec un indéniable brio.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/lecouronnementdepoppee-rjeanlouisfernandez122_0.jpg?itok=rQb2odX4" title="L'incoronazione di Poppea © Jean-Louis Fernandez" width="468" /><br />
	Laura Zigmantaite © Jean-Louis Fernandez</p>
<p>En dehors des amants, la direction d’acteurs paraît relativement classique, sinon conventionnelle, le traitement d’Arnalta semblera même fort sage en regard des extravagances que la nourrice a déjà inspirées. Toutefois, n’allons trop vite pour en juger. Ainsi, le contraste, frappant, entre la raideur d’Ottone, comme pétrifié, et les corps si mobiles de Drusilla et Poppea prend tout son sens à la lumière du livret. En effet, seuls l’ordre d’exécution et les menaces proférées par Ottavia arrachent à sa torpeur le mari floué, dont l’interprète, jusque-là entravé (e) par une tessiture ingrate, réussit souvent à tirer son épingle du jeu – <strong>Aline Kostrewa</strong>, en l’occurrence, ne déroge pas à la règle, la silhouette comme le chant, longtemps contraints, s’animant enfin.  </p>
<p>Donner à voir, mais aussi à entendre le désir, écrivions-nous : nous touchons ici aux limites de cette louable résurrection. Nous n’attendions évidemment pas des jeunes membres du Studio de l’Opéra de Lyon qu’ils éclipsent les vedettes de la création, Anne Sofie Von Otter et Mireille Delunsch, alors au sommet de leur art. Par contre, le talent n’attend pas le nombre des années ni l’éclosion de la personnalité. Si <em>L’Incoronazione di Poppea</em> n’a nul besoin d’une représentation explicite du sexe, c’est parce que les vers de Busenello et leur habillage musical ruissellent de sensualité, l’érotisme culminant dans les cris de jouissance du fils d’Agrippine lors de son duo avec Lucano. <strong>Josefine Göhmann</strong> convainc surtout dans le <em>stile concitato </em>où s’exprime la pugnacité de Poppea, en revanche, son soprano manque de pulpe et son chant de séduction, à l’image de celui de <strong>Laura Zigmantaite</strong> (Nerone), dotée de beaux moyens mais qu’elle doit encore dompter. Il faut pourtant saluer le remarquable travail de préparation mené par <strong>Jean-Paul Fouchécourt</strong> (Arnalta à Aix en 1999) avec les chanteurs, un travail d’abord stylistique puisque la plupart n’avaient encore jamais abordé Monteverdi. Josefine Göhmann et Laura Zigmantaite donnent l’impression de ne pas s’en être émancipées et de réciter, impeccablement, leur leçon plutôt que d’habiter leur partie au fil d’échanges dont elles peinent à restituer l’ardeur amoureuse.</p>
<p>Distribuée dans des emplois secondaires le 20 avril, <strong>Emilie Rose Bry</strong> défendait le rôle-titre la veille, comme du reste l’automne dernier sous la direction de Jean-Christophe Spinosi. Son soprano affiche une autre ampleur ainsi qu&rsquo;un mordant appréciable et son interprétation de Drusilla revêt les accents passionnés qui font défaut à Poppea. Quelques notes, quelques mots peuvent suffire à poser un personnage et l’entrée d’Ottavia en offre un exemple particulièrement édifiant. Hélas, « Disprezzata regina » tombe à plat et montre d’emblée qu’<strong>Elli Vallinoja </strong>n’a ni l’étoffe vocale ni la grandeur tragique que requiert la figure de l’impératrice outragée. <strong>Pawel Kolodziej</strong> campe un philosophe sans majesté et par trop débonnaire qui n’offre d’ailleurs qu’une piètre résistance à son impétueux disciple – Laura Zigmantaite n’en fait qu’une bouchée et leur affrontement tourne court.</p>
<p><strong>André Gass</strong>, par contre, trouve le ton juste en Arnalta, même si sa berceuse ne tient pas encore toutes ses promesses. Quand surgit Pallade, nous tendons l’oreille, intrigué par un timbre singulier et ambigu, puisque nous recherchons dans le programme le nom d’une chanteuse pour tomber sur celui de <strong>James Hall</strong> (d’autres spectateurs manifestement bluffés s’étonneront également de l’absence de contre-ténor dans la distribution). L’opulent continuo de Marc Minkowski à Aix alignait une quinzaine d’instruments quand <strong>Sébastien d’Hérin</strong> se contente de la moitié, mais <strong>Les Nouveaux Caractères</strong> enveloppent avec d&rsquo;autant plus de délicatesse les voix dans les moments fusionnels. Hormis la confrontation finale après la tentative avortée d&rsquo;assassinat de Poppea, l’intimité réussit mieux au chef que les sommets dramatiques de la partition (la joute de Nerone et Seneca, les scènes d’Ottavia, la déchirante prière des Famigliari) où la vision d’un chef devrait suppléer l’inexpérience des solistes et libérer la théâtralité de l&rsquo;opéra.</p>
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		<item>
		<title>MONTEVERDI, L&#039;Incoronazione di Poppea — Vichy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-couronnement-de-poppee-vichy-nouvelle-jeunesse-dapres-lantique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Mar 2017 12:55:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour le festival annuel de l’Opéra de Lyon, Serge Dorny a eu cette année l’étrange idée de ressusciter, sous l’appellation « Mémoires », trois productions germaniques âgées de quinze à trente ans. Viendront bientôt l’Elektra de Ruth Berghaus et le Tristan de Heiner Müller, mais les festivités s’ouvrent avec le Couronnement de Poppée monté en 1999 à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour le festival annuel de l’Opéra de Lyon, Serge Dorny a eu cette année l’étrange idée de ressusciter, sous l’appellation « Mémoires », trois productions germaniques âgées de quinze à trente ans. Viendront bientôt l’<em>Elektra</em> de Ruth Berghaus et le <em>Tristan</em> de Heiner Müller, mais les festivités s’ouvrent avec le <em>Couronnement de Poppée </em>monté en 1999 à Aix-en-Provence par Klaus Michael Grüber. Cet illustre homme de théâtre allemand étant décédé en 2008, c’est à sa dramaturge, <strong>Ellen Hammer</strong>, qu’a été confié le soin de remonter le spectacle avec une fidélité quasi-totale. Gilles Aillaud ayant lui aussi rejoint le monde des défunts, <strong>Bernard Michel</strong> a recréé les décors à l’identique. Cette production ayant été filmée lors de sa reprise en 2000 et commercialisée en DVD par Bel Air Classiques, il serait facile de se livrer au petit jeu de la comparaison. Même si le mistral aixois ne soulève plus le rideau dans la cour de l’Archevêché, même si l’on n’entend pas les cigales dans le cadre somptueux de l’Opéra de Vichy, on retrouve bien ici tout ce qui faisait la séduction de ce monde romain fantasmé, les citronniers du jardin de Sénèque ou le palais d’Octavie au rouge plus pompéien que Pompéi. On retrouve aussi ces personnages délibérément laissés énigmatiques, ce Néron animé de rictus, cette Poppée opaque qui danse son rôle plus qu’elle ne le joue. Il y a dix-huit ans, la critique avait souligné le caractère enfantin attribué aux protagonistes, et leur jeunesse est encore ravivée par celle, bien réelle, des artistes réunis cette fois, puisqu’il s’agit des membres du Studio de l’Opéra de Lyon, encadrés par celui qui était Arnalta à Aix, <strong>Jean-Paul Fouchécourt</strong>. Si l’on peut donc comparer le spectacle à son ancêtre, il faut évidemment oublier tout rapprochement avec les artistes confirmés qui y brillèrent en 2000 et 2001 : personne n’a ici pour objectif d’égaler les Mireille Delunsch, Anne Sophie von Otter, Lorraine Hunt ou Sylvie Brunet de la distribution initiale.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/lecouronnementdepoppee-rjeanlouisfernandez014.jpg?itok=QMEo3eyc" title="© Jean-Louis Fernandez" width="468" /><br />
	© Jean-Louis Fernandez</p>
<p>Parmi ces jeunes artistes venus des quatre coins de la planète, on soulignera l’excellente impression produite par Poppée et Néron, <strong>Josefine Göhmann</strong> et <strong>Laura Zigmantaite</strong>, même si la différence n’est peut-être pas assez nette entre ces deux voix, le mezzo-soprano de la seconde étant tellement clair qu’il ne se distingue guère du soprano de la première. <strong>Elli Vallinoja</strong> compose une belle Octavie, même si l’on aimerait parfois des couleurs plus sombres pour ce personnage tourmenté. Le timbre féminin le plus grave est ici celui d’<strong>Aline Kostrewa</strong>, Othon androgyne à souhait mais dont la voix manque hélas un peu de puissance. <strong>Pawel Kolodziej</strong> est un Sénèque plein de bonhomie, et <strong>André Gass</strong> assure avec aplomb la succession de Jean-Paul Fouchécourt, auquel il ne ressemble pourtant ni physiquement ni vocalement. <strong>Emilie Rose Bry </strong>se contente ce soir-là de Drusilla mais chantera aussi, un soir sur deux, cette Poppée qu’elle était déjà pour Jean-Christophe Spinosi en novembre dernier. Tous les rôles secondaires sont très dignement tenus.</p>
<p>La déception vient en fait de la direction de <strong>Sébastien d’Hérin</strong>, qui semble refuser les contrastes qu’appellent pourtant la partition et le livret. L’ensemble baigne dans une sonorité certes non dénuée de sensualité, mais là où les chanteurs n’hésitent pas à s’investir dans leurs interventions, les instrumentistes sont comme piégés par une certaine retenue de bon ton qui prive un peu l’œuvre de sa dimension théâtrale.</p>
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